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6 février 2015 5 06 /02 /février /2015 06:00

Corps à corps

Essai de transmission mémorielle par le cimetière militaire

Emile S. Fouda et Eve Comandé

Pour entretenir la mémoire et le souvenir, peut-on faire dire aujourd'hui aux cimetières militaires autre chose que ce pour quoi ils ont été aménagés ?

Le livre s'ouvre sur un étonnant avant-propos, vestige de souvenirs familiaux ?, mélange entre la brutale répression des Héréros dans le Sud-ouest africain allemand et le génocide des Juifs par les Nazis, puis évoque les combats de la libération et les cimetières de Normandie, autour de la personnalité d'un grand père qui aimait l'Allemagne... Puis l'introduction commence par une évocation de la rafle du 16 juillet 1942 à Paris pour s'interroger ensuite sur la mémoire et poser la question du cimetière militaire et de ce qu'il peut et doit transmettre aujourd'hui. L'itinéraire suivi n'a rien de la ligne droite... Le volume est ensuite divisé en cinq parties principales. La première tente de définir "Les cadres fondamentaux de la sociabilité du cimetière militaire", dans ce qu'il doit représenter et dans la façon dont il est organisé. La seconde partie reprend depuis la Grèce antique le traitement réservé aux morts (et en particulier aux guerriers morts) jusqu'à la Seconde guerre mondiale, en insistant sur le moment particulièrement important de la Première. La troisième partie nous en apprend beaucoup sur le fonctionnement et les modes de gestion des cimetières militaires dans les principales nations occidentales (France, USA, Royaume-Uni, Allemagne), à travers leurs grandes organisations étatiques ou para-étatiques (American Battle Monuments Commission, Commonwealth War Graves Commission, etc.). La quatrième s'intéresse, à partir d'exemples normands de la Seconde guerre mondiale essentiellement, à l'agencement interne propre à chaque cimetière, en recherche les points communs ou les différences (ordonnancement, végétation, pierres tombales, constructions, etc.). A titre anecdotique, on y apprend par exemple l'existence près de Caumont-L'Eventé du "plus petit cimetière du monde", puisqu'il ne compte qu'une seule tombe : "ce minuscule site est un espace clos, disposé et entretenu de la même manière que tout autre cimetière militaire". La cinquième et dernière partie enfin s'attache aux circuits mémoriels, à travers les personnes (les conservateurs des sites et les différentes catégories de visiteurs), la réglementation (ce qui y est autorisé et ce qui y est interdit), et jusqu'aux profanations. Le livre se termine sur une analyse de la "Place du corps dans les récits des témoins civils", intéressante mais à bien des égards trop inutilement intellectualisée pour être opérative. Considérant en conclusion que les soldats morts, assimilés aux héros antiques, ont toujours un message à transmettre, les auteurs en viennent toutefois à considérer que celui-ci a évolué et doit continuer à évoluer : "Aujourd'hui la valeur de liberté prend racine ailleurs et les jeunes adultes n'ont plus aucun lien avec la guerre, sauf si la famille raconte, sauf si la conscientisation se fait par les proches. La jeunesse, protégée par l'absence d'une expérience de guerre semblable à celle des grands-parents, veut rompre avec ce passé là. Les nouvelles valeurs sociales mettent en avant l'individu et ses droits aux dépens de son rapport à la collectivité et de son devoir de mémoire ... Une réponse s'impose : revaloriser les espaces de paix. Pour cela il importe de montrer les conséquences des processus de guerre. Leçon sans livres, les cimetières militaires s'y emploient". Le plus petit commun dénominateur, et le plus facile, est-il vraiment le plus pertinent ? On peut en effet se demander si "l'avenir" des cimetières est de "se transformer en éclaireurs de paix", sans que l'on ne sache plus pourquoi ces guerres et pourquoi ces morts.

Editions Codex, Talmont Saint-Hilaire, 2015, 219 pages, 24 euros.

ISBN : 978-2-918783-09-1.

Cimetières militaires
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5 février 2015 4 05 /02 /février /2015 05:42

Les Plantagenêts et leur empire

Construction d'un territoire politique

Fanny Madeline

A travers le prisme de la construction territoriale de l'empire Plantagenêts, qui a marqué aussi bien les îles britanniques que la France, Fanny Madeline nous aide également à comprendre comment évoluent la notion de monarchie et le pouvoir royal autour du XIIe siècle.

Ouvrage scientifique et référencé, le livre s'ouvre sur une première partie (peut-être un peu laborieuse pour le non-spécialiste) qui présente dans le détail l'organisation du pouvoir des Plantagenêts, le fonctionnement et le financement de leurs Etats, l'administration de leurs domaines et la garde de leurs châteaux. La seconde partie s'intéresse aux relations de pouvoir entre le monarque et l'Eglise, le monarque et les villes, le monarque et les féodaux ; c'est-à-dire qu'elle s'attache à recherche comment les souverains Plantagenêts struturent et organisent en quelques dizaines d'années leur pouvoir. Pour ce faire, l'auteure attache une importance particulière aux décisions prises dans le domaine "immobilier" (constructions, destructions, aménagements, pour les châteaux et grandes voies de communication), ce qui lui permet de traiter aussi des rapports d'influence relatifs entre les différentes communautés ou groupes qui peuplent les territoires du roi Richard ou du roi Jean. La troisième partie s'attache à la question des frontières de ce territoire composite et de sa protection dans les "marches" d'Anjou, d'Aquitaine et de Normandie, mais aussi en Pays de Galles, face à l'Ecosse ou à l'Irlande, face à des vassaux remuants, des voisins ambitieux et aux rois de France. Du comté de Toulouse au Berry et au Vendômois, les Capétiens ne sont jamais bien loin et souvent derrière nombre d'oppositions aux Plantagenêts, d'où une nécessité complémentaire pour "armer" et "garnir" des frontières parfois floues et pour le moins peu stables. La quatrième et dernière partie enfin s'intéresse à un procédé particulier de gouvernement, qui est celui du déplacement du souverain, de sa cour et de sa haute administration d'un territoire à l'autre, à un rythme soutenu, ce qui pose des difficultés particulières de liaisons et de soutien. Il y a ainsi non pas une mais des "capitales", mais "alors qu'elle est restée plutôt aux marges des activités de la cour tout au long de la période, Londres devient progressivement le point focal autour duquel l'administration royale tend progressivement à se concentrer", même si le souverain réside plus souvent sur ses terres continentales. Dans les différentes grandes villes où ils résident, les rois Plantagenêts témoignent de leur grandeur et de leur puissance par la construction ou l'aménagement de châteaux mais aussi par la mise en scène de cérémonie qui impressionnent les contemporains. Au terme d'une longue période de crise toutefois, cette époque se termine par l'émergence des principes qui seront à la base du développement particulier de la monarchie britannique. Nouvel héritage laissé par les rois Plantagenêts.

Outre les classiques annexes, index et références de source et de bibliographie, le livre se termine sur un série de cartes et graphiques très éclairants (dont on peut regretter qu'ils aient été rassemblés en fin de volume pour des raisons d'impression sans doute). Un volume très solide qui passionnera tous les amoureux du Moyen Âge et tous ceux qui garde de l'empire Plantagenêts un souvenir nimbé de rêves.

Presses universitaires de Rennes, 2014, 368 pages, 21 euros.

ISBN : 978-2-7535-3494-0.

De l'Ecosse aux Pyrénées
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5 février 2015 4 05 /02 /février /2015 05:41

Mémoire sur mon séjour à Paris

Bernin

Un autre regard, décalé, sur la France du XVIIe siècle et ses "grands", nous est offert avec ce petit volume.

Architecte et artiste attitré des Souverains pontifes au XVIIe siècle, Gian Lorenzo Bernini, dit Bernin, séjourne à Paris pendant cinq mois à l'été et à l'automne 1665 à la demande de Louis XIV, et rédige en cette occasion un "mémoire" dans lequel il présente et commente ses rencontres, accompagnant le tout de commentaires parfois peu élogieux pour les grands de France : "Pourquoi donc y a-t-il tant de Français qui se sentent manifestement français, et si peu qui sachent ce que c'est que la France ?". Le propos peut être dur ("Un je-ne-sais-quoi de froid et d'affecté s'est répandu sur les arts ; l'éloquence est suspecte, l'anonymat général"), mettant en avant ce paradoxe d'une quasi-dictature (intellectuelle) rigoriste voire religieuse et dans le même temps d'un esprit très critique à l'égard de Rome. Tout en présentant ses travaux (buste du roi, statue équestre) et ses propositions pour Le Louvre, il décrit les travers de la cour ("On a ici le rire niais et insolent") et brosseau fil des pages le portrait de noms bien connus, de Colbert à Le Nôtre et de Perrault à La Fontaine. Un tableau peu commun de la cour de Louis XIV, et par certains traits du roi lui-même.

Amusant et intéressant. Surtout, un point de vue extérieur qui change des lectures habituelles. Comme quoi on n'est pas toujours vu comme on aimerat l'être...

Berg international, Paris, 2015, 69 pages, 8 euros.

ISBN : 978-2-37020-035-8.

Un Italien à Paris
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4 février 2015 3 04 /02 /février /2015 06:00

Offensive éclair au Mali

Rémi Scarpa - Bernard Barrera

Un ouvrage de quasi-communication institutionnelle, avec les points forts et les points faibles, les qualités et les défauts de ce type de publication. Ecrit par l'assistant militaire du général commandant la force projetée, donc aux premières loges, ce dernier étant devenu depuis le n° 2 de la DICoD, le livre est une ode à l'action du premier mandat "Serval", dont le prologue donne le ton : "Une brigade au coeur de l'Histoire".

Cet écueil étant souligné (l'historien n'aime pas les qualificatifs emphatiques), force est de reconnaître que le volume est tout particulièrement riche d'informations sur l'engagement rapide, résolu, efficace, des soldats français au nord-Mali. Les opérations sont chronologiquement décrites dans le détail et le texte courant est accompagné de nombreux témoignages de soldats, gradés et officiers. On note également la présence de "focus" sur telle ou telle composante de la force (unités, spécialités, matériels, armement, etc.), et on remarque la place laissée (dans un discours par ailleurs très politiquement correct) aux unités africaines et en particulier aux Tchadiens du général Déby (fils du président). Les combats dans le massif de l'Adrar des Ifoghas sont présentés de façon extrêmement détaillée (mais dans les autres secteurs aussi), et de ce point de vue aussi le livre apporte une véritable plus-value à notre connaissance des événements, y compris dans les missions dévolues à chaque sous-GTIA. Aux différentes étapes, enfin, un indispensable coup de chapeau est donné à plusieurs reprises aux logisticiens et à tous ceux qui, derrière les "combattants de première ligne", permettent aux troupes de vivre (de façon rustique) et de conduire les opérations actives. 

On apprécie particulièrement le nombre et la qualité des cartes et les (absolument) remarquables photos (dont certaines en double page) qui illustrent le volume, sans oublier le DVD qui accompagne le volume. Un livre-album au bilan absolument indispensable pour tous ceux qui s'intéressent aux OPEX, et en particulier à cette campagne, mais que l'on croisera bien sûr avec les autres livres et articles publiés sur le sujet, dont il est absolument complémentaire et auxquels il apporte par la masse d'informations communiquées une indiscutable plus-value. 

Editions Pierre de Taillac, Villers-sur-Mer, 2014, 239 pages. 24,90 euros.

ISBN : 978-2-36445-049-3.

Serval
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4 février 2015 3 04 /02 /février /2015 05:50

César, chef de guerre

Yann Le Bohec

Publié pour la première fois en 2001, ce livre du plus grand spécialiste français de l'armée romaine, méritait indiscutablement d'être réédité.

A la fois biographie et livre d'histoire militaire, cet ouvrage témoigne de l'intérêt (de l'estime ? de l'admiration ?) de l'auteur pour son sujet, phénomène classique, mais aussi de sa maîtrise des questions stratégiques et tactiques. La première partie, sorte de longue mise en contexte, nous présente César avant ses campagnes, dans sa famille et comme chef politique à Rome, qui construit au préalable "son" armée. La deuxième partie traite de la guerre des Gaules et des campagnes successives à partir de 58 av. J.-C., du territoire des Helvètes à celui des Belges, d'Aquitaine en Bretagne et en Germanie. Pour chacune, Yann Le Bohec présente avec soin les forces en présence de part et d'autre, les choix opérationnels, l'évolution de la tactique, les modalités de la guerre de siège et les difficultés du ravitaillement. En conclusion de cette partie, il nous livre son appréciation sur les qualités militaires dont fait preuve César et tente une typologie des principaux engagements. Il lui reconnaît d'éminentes qualités mais sait conclure : "César ne pouvait donc pas perdre la guerre des Gaules. Le déséquilibre des forces jouait beaucoup trop en sa faveur". La troisième partie s'intéresse au rôle du chef romain pendant la guerre civile qui suit à partir de 50 avant J.-C. Yann Le Bohec décrit d'abord les pré-requis politiques et les forces en présence, puis s'intéresse à nouveau chronologiquement aux différentes campagnes, en Itaie d'abord, puis en Occident et en Orient contre les autres triumwirs. Quelques pages retiennent l'attention, comme celles sur "la guerre dans les îles", les batailles d'Egypte ou la reconquête de l'Espagne. Le livre se termine sur l'action politique de César de retour à Rome (finalement, qu'est-ce que le "césarisme" ?) et les préparatifs de la guerre contre les Parthes, de son élévation au titre de "dictateur perpétuel" aux ides de Mars. Comme pour la guerre des Gaules, Yann Le Bohec dresse un bilan complet des décisions et actions de César, comme tacticien et stratège, tout en relevant les fautes et erreurs commises par ses adversaires successifs.

Tout au long de cette étude, l'auteur s'appuie non seulement sur un très large panel de textes, mais aussi sur les trouvailles de l'archéologie. De riches annexes judicieusement choisies terminent ce volume, dont le texte courant bénéficie de très complètes notes de bas de page, tandis que de nombreuses cartes et différents graphiques illustrent le volume. Un livre aussi agréable et important que dense et riche.

Coll. 'Texto', Tallandier, Paris, 511 pages. 11,50 euros.

ISBN : 979-10-210-0449-8.

Ave Julius !
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3 février 2015 2 03 /02 /février /2015 06:15

OSS, la guerre secrète en France

Les services spéciaux américains, la résistance et la Gestapo

1942-1945

Fabrizio Calvi

Déjà auteur en 1990 d'un premier ouvrage sur l'OSS en France, et ayant par ailleurs beaucoup travaillé sur la mafia, Fabrizio Calvi nous propose une plongée au coeur de l'Office of Strategic Services (OSS), en particulier sous l'angle de son action à partir de l'Afrique du Nord et dans ses rapports avec la Résistance.

A partir des archives des services américains récemment ouvertes, l'auteur reconstitue pour nous ce que fut la création en pleine guerre d'un service de renseignement puis ses nombreuses opérations en France occupée. Organisé en trois grandes parties, le livre commence par nous présenter quelques uns des fondateurs de l'OSS et les débats qui entourent sa naissance. Puis, à travers quelques personnages-clefs, il nous entraîne en Afrique du Nord autour du débarquement anglo-saxon et en Suisse, dont la frontière commune avec la France facilite les premières actions clandestines dans l'hexagone. Nous passons ainsi, au fil des missions décrites, de la côte méditérannéenne à la région lyonnaise, avec les risques pris par les opérateurs radios, les rendez-vous dans des endroits discrets, la problématique des parachutages, les trahisons aussi. La deuxième partie s'intéresse à la préparation et aux suites du débarquement de Normandie, des maquis alpins au Mur de l'Atlantique, à travers toute la moitié sud de la France, en tenant compte des différences (voire des oppositions) avec les services britanniques et des relations avec les services de la France Libre et en fonction de la répression conduite par l'Occupant et ses collaborateurs. Cette partie se termine avec les réseaux parisiens et du Nord-ouest, et leur rôle au cours des semaines et des jours qui précèdent immédiatement le débarquement. La troisième partie commence avec les lointains préparatifs de l'opération de débarquement en Provence, les réseaux en haute Provence, les maquis du Vercors et des Alpes, la remontée par la vallée du Rhône vers l'Alsace et le Rhin, les derniers mois de guerre en Allemagne et la chasse aux collaborateurs ou aux nazis, pour les juger mais aussi pour les "récupérer". L'épilogue du livre revient sur le devenir de la plupart des personnages rencontrés dans les pages qui précèdent, sur fond de transition entre l'OSS et la CIA et d'engagement plus actif dans la lutte anticommuniste, déjà commencée.

Une quinzaine de pages de bibliographie complètent ce volume, qui propose une approche presque individuelle et humaine de la question, à partir de situations personnelles et d'exemples concrets. On aurait parfois aimé, d'ailleurs, un peu plus de synthèse et de hauteur d'analyse. D'une lecture facile, il offre néanmoins un tableau intéressant, presque du "quotidien" des agents de ce service dans une période aussi trouble et dangereuse. 

Nouveau Monde éditions, Paris, 2015, 743 pages, 24 euros.

ISBN : 978-2-36583-984-6.

Services américains
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3 février 2015 2 03 /02 /février /2015 06:00

La Seconde guerre mondiale

1939-1945

Jean Quellien

L'anniversaire 1945-2015 nous promet-il un flot de publications sur la Seconde guerre mondiale ? Le mouvement semble bien parti, avec plusieurs imposantes études d'ensemble dont voici la première.

Objectif ambitieux pour l'ancien responsable de l'équipe de recherches sur la Seconde guerre mondiale du Mémorial de Caen et du Centre de recherches d'histoire quantitative. En un peu plus de 700 pages, partant d'ailleurs curieusement du massacre de Nankin et de l'offensive japonaise en Chine mais en laissant pratiquement un "blanc" sur la situation en Europe en 1938 et au premier semestre 1939, il raconte avec brio, chronologiquement, l'ensemble des événements importants, sur tous les fronts et tous les continents, sans réellement omettre de points significatifs, même si certains sont nécessairement traités de façon extrêmement rapide (premiers ralliements à de Gaulle à l'été 1940 par exemple). Pour la deuxième partie, consacrée à "L'Angleterre seule en lutte contre l'Axe, juin 1940 - juin 1941", nous passons ainsi d'un portrait de Churchill à la bataille d'Angleterre, puis à la bataille de l'Atlantique, aux théâtres d'opérations méditerranéens ensuite et à la présentation des gouvernements continentaux refugiés à Londres enfin. De même, la huitième partie, "La guerre totale, printemps 1943-printemps 1944", nous entraîne de la construction du mur de l'Atlantique aux résistances, des bombardements stratégiques alliés aux offensives de l'Armée rouge, de la campagne d'Italie à celle de Birmanie. L'auteur n'oublie pas tous les autres aspects de la période, au-delà des seules questions politiques et militaires : les cinquième et sixième parties en particulier traitent des aspects sociaux, économiques, industriels et de la (sur)vie des populations civiles, en dépit du pillage systématique de l'Euroe occupée, du STO et de la "solution finale". La dernière partie enfin, "Sorties de guerre, 1945-1946" évoque le bilan des pertes, les déplacements de population, les tristes réalités de la vie quotidienne dans une Europe détruite et ruinée, les conséquences du conflit et les procès des criminels de guerre. On le voit, un volume très complet, auquel quelques uns reprocheront sans doute de passer trop rapidement sur certains aspects, ou d'user de "raccourcis" pour évoquer certaines situations, mais qui apporte indiscutablement au lecteur non spécialiste un bilan complet.

Les cartes et graphiques ponctuent le texte courant, qui se termine sur une bibliographie indicative assez complète et sr deux utiles index des personnes et des lieux.

Tallandier, Paris, 2015, 781 pages. 24,90 euros.

ISBN : 979-10-210-0759-8.

Histoire générale
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2 février 2015 1 02 /02 /février /2015 06:10

La France, les Français en guerre(s) et l'Europe médiane

au XIXe et XXe siècles

(Coll.)

Deuxième volume de la collection lancée par la jeune maison Codex sur le thème des relations entre la France et l'Europe centrale, en particulier la Hongrie, avec la publication des actes d'un colloque tenu au printemps 2014.

Les neuf communications sont particulièrement intéressantes car elles présentent, pour la plupart, le point de vue hongrois (ou au moins non français), à partir de sources peu connues dans l'hexagone. Parmi les sujets qui nous intéressent plus directement, relevons "La coopération militaire de la France avec ses partenaires en Europe centrale pendant l'entre-deux-guerres", par Istvan Majoros, bonne synthèse même si elle est un peu convenue (mais à replacer dans le contexte particulier de la Hongrie) ; avec "Juin 1940 : du sauvetage des soldats polonais pris au piège de l'immense cul-de-sac breton", Lech Maliszewski revient sur un épisode peu connu de la fin de la campagne de France (et l'on peut pour mémoire y ajouter les archives du major général du GQG français) ; l'article "Les services de renseignement militaire hongrois aux derniers jours de la Seconde guerre mondiale", traite de cette brève période de la fin de l'hiver 1944-1945 durant laquelle deux gouvernements hongrois s'opposent. On regrette que la contribution d'Emre Saral, "Territories in Anatolia under French Occupation and Turco-French Relations (1918-1923)", tout en proposant par ailleurs d'intéressantes pistes et références dans les domaines politique et diplomatique aux chercheurs francophones, n'évoque pas en dépit de son titre la situation en Cilicie, ce qui semble un comble sur le sujet. Un petit volume utile et intéressant sur des thématiques rarement traitées dans l'hexagone.

Editions Codex, Talmont-Saint-Hilaire, 2015, 147 pages, 20 euros.

ISBN : 978-2-918783-08-4.

France - Hongrie
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2 février 2015 1 02 /02 /février /2015 06:00

Canada, Israël, Maroc

Batailles & Blindés - n° 65

Si la couverture du magazine fait référence à l'article sur les canons d'assaut allemands, trois autres articles retiennent notre attention. En quelques pages, le "Blindorama" présente un rapide panorama des engins produits par... le Canada pendant la Seconde guerre mondiale. "Du sang, de la sueur, de la poussière et des larmes !" revient sur les opérations de la 14e brigade blindée israélienne pendant la guerre du Kippour. "Des chars au Maroc" s'intéresse à l'emploi de chars d'assaut français par l'armée espagnole pendant la guerre du Rif. Que les amateurs de Panzer se rassurent, il y a aussi trois articles sur les combats de la Seconde guerre mondiale.

Blindés de tous les pays
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1 février 2015 7 01 /02 /février /2015 06:15

L'ennemi

Inflexions - n° 28

Le nouveau numéro de la revue du dialogue entre civils et militaires en sciences humaines et sociales est cette fois consacré à une question qui doit interpeller tout soldat : comment définir, comprendre et agir contre son ennemi.

Pour y parvenir, pas moins d'une douzaine d'articles très divers, qui donnent à l'ensemble une exceptionnelle richesse. La question de la connaissance de l'ennemi revient avec force du fait de l'actualité et elle est bien sûr, explicitement ou de façon sous-jacente, au coeur de plusieurs textes ("De la nécessité de l'ennemi", "Un pari sur l'autre", etc.), mais aussi en inversant le regard envisager ce que l'ennemi peut penser de nous ("Quel ennemi somms-nous ?"), et la question de sa définition ("La France peut-elle avoir un ennemi ?"). Plusieurs contributions prennent appui sur des périodes passées ("Définir l'ennemi en révolution, France 1789-1799", "Il était une fois l'ennemi conventionnel", "L'ennemi utile" -à propos de l'Indochine-, etc.), tandis que d'autres abordent des thématiques ("Face au danger chimique" -expérience de la guerre du Golfe-, "L'ennemi cyber, entre nécessité épistémologique et bourrage de crâne", "Les drones ou la disparition de l'ennemi ?"). Avec un tel volume de textes sur le sujet principal, le nombre d'articles en varia ne peut être que limité : trois, parmi lesquels nous retenons en particulier "Quand l'armée fait son autocritique" -sur le thème du red teaming, ou de l'analyse critique transdisciplinaire.

Un numéro qui doit figurer sur la table, ou dans la cantine, de chacun.

Définir l'ennemi
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Qui Suis-Je ?

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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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