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21 juillet 2017 5 21 /07 /juillet /2017 06:00

La guerre de Succession d'Autriche

(1741-1748)

Louis XV et le déclin de la France

Fadi El Hage

Remarqué depuis la publication de sa thèse en 2012 sous le titre Histoire des maréchaux de France à l'époque moderne (ici), Fadi El Hage (que l'on retrouve régulièrement dans Guerres & Histoire, ce qui prouve que l'on peut être un excellent chercheur dans le domaine scientifique et un bon "vulgarisateur" au sens noble du terme) revient aux armées du XVIIIe s. à travers l'étude de cette guerre de Succession d'Autriche, dont on ne retient trop souvent que la bataille de Fontenoy et l'expression de "se battre pour le roi de Prusse".

Dans ce volume aussi précis que documenté, l'auteur nous entraîne, dans un style fluide tout à fait agréable à lire, dans un voyage d'une dizaine d'années à travers l'Europe et nous présente tous les aspects (militaires, diplomatiques, politiques, économiques même parfois) de cette guerre qui "clôt un siècle hégémonique français". Le livre commence par la description de l'abaissement militaire de la France pour des raisons essentiellement financières et budgétaires après les guerres de Louis XIV, par un tour d'horizon européen et par la description d'un commandement français vieillissant. A la mort du dernier des Habsbourg mâles, Paris se voit en arbitre d'une succession qu'ambitionne en particulier l'Electeur de Bavière, tandis que le jeune royaume de Prusse aspire à la puissance et entame les hostilités. Tandis que les Prussiens occupent la Silésie et que les Bavarois bivouaquent à quelques dizaines de kilomètres de Vienne sans oser tenter de s'emparer de la capitale autrichienne, tandis que Maurice de Saxe et les Français prennent Prague, permettant à Charles-Albert de Bavière d'être élu empereur. Alors qu'une victoire politique et diplomatique totale semble acquise en quelques mois, le manque de cohésion du commandement français, le jeu personnel des souverains alliés et la résistance déterminée de Marie-Thérèse, restée reine de Hongrie et maîtresse des possessions héréditaires des Habsbourg, brouillent les cartes et prolongent le conflit. L'armée française de Bohème, également victime de graves carences logistiques, s'enlise au coeur de l'Europe, tandis que l'Angleterre entre dans le jeu, en accusant d'abord Versailles de vouloir instaurer une "monarchie universelle". Fadi El Hage décrit alors les affres de l'armée française à Prague, isolée et menacée tout au long de l'année 1742, alors que les généraux français s'opposent entre eux et qu'une armée de secours ne parvient pas à les rejoindre. 1743 est clairement "l'année terrible" : l'armée est affaiblie, les maladies et la malnutrition font des ravages, le roi d'Angleterre et de Hanovre met en marche ses troupes, le commandement français hésitant, l'Electeur de Bavière un allié peu fiable alors que l'on se bat pour lui, et une coalition européenne de plus en plus importante se noue contre une France dont on perçoit désormais à l'extérieur les faiblesses. Contraint d'entrer officiellement en guerre contre l'Angleterre et l'Autriche en 1744, Louis XV prend la tête de ses armées en Flandres, mais l'ennemi attaque sur le Rhin et pénètre en Alsace : "La promenade militaire avait pris une tournure imprévue". Dans le même temps, le roi de Prusse, fort discret depuis trois ans, entre de nouveau en campagne ; enfin l'Espagne à son tour devient partie prenante au conflit à propos de ses possessions d'Italie du Nord : toute l'Europe est entraînée dans le conflit et l'on se bat désormais aux portes de la Provence, dans le comté de Nice et en Savoie. En 1745, la France est victorieuse en Flandres mais après de premiers succès en Italie du Nord doit déchanter devant le peu de fiabilité de l'allié espagnol. A cette date, "il était devenu évident que la Succession d'Autriche n'était plus l'objet du conflit" et que la France s'était laissée entraîner dans une guerre dont elle ne maîtriser ni les buts ni les grandes évolutions. Dans les Pays-Bas espagnols, la gloire du maréchal de Saxe est telle qu'il devient "le héros de la France", mais il s'oppose à un autre chef militaire, le prince de Conti, par ailleurs prince de sang... Il n'en est pas moins considéré comme le successeur de Turenne, avant de devoir se retirer. Finalement, le traité d'Aix-la-Chapelle en 1748 n'est pas aussi mauvais pour la France que les chroniqueurs ultérieurs ont bien voulu l'écrire, en particulier sur la frontière du nord et du nord-est, mais le roi de Prusse conserva lui ses conquêtes silésiennes... : "En 1748, la France était arrivée au maximum de ses capacités militaires avant l'épuisement et un éventuel effondrement face à un effort de guerre trop coûteux". Enfin, les désordres et les querelles d'ego qui nuisent tant à l'unité et à l'efficacité du commandement français sont trop souvent minorés, et Fadi El Hage sait leur redonner toute leur importance. Désormais, l'Angleterre règne sur les mers et la Prusse a intégré le concert des puissances.

Un livre important sur le règne de Louis XV, mais aussi sur les campagnes des armées françaises. Un livre-plaisir autant qu'un livre d'intérêt.

Economica, Paris, 2017, 239 pages, 27,- euros.

ISBN : 978-2-7178-6964-4.

Victoire militaire, défaite politique ?
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8 juillet 2017 6 08 /07 /juillet /2017 06:00

La bataille de Lépante

(1571)

Henri Pigaillem

Lorsqu'à l'automne 1571 la flotte de la Sainte Ligue, sous les ordres de Don Juan d'Autriche, affronte celle du sultan Sélim III au large des côtes grecques, la marine ottomane est encore invaincue. A l'issue de la bataille, les rapports de forces vont progressivement s'inverser.

Parmi une déjà abondante littérature, cette réédition revue et augmentée conserve toutes ses qualités de style et permet de retrouver avec une forte probabilité de vraisemblance à la fois les manoeuvres diplomatiques préalables et le déroulement à proprement parler de l'engagement. Le récit a cependant ses propres limites, puisque les sources ne sont pratiquement jamais citées. De la présentation des armées belligérantes aux derniers préparatifs des deux côtés à la veille de la bataille, du détail de la flotte chrétienne aux difficultés durant l'engagement naval et au faible engagement semble-t-il de l'amiral génois Doria sur l'aile droite, l'essentiel vous est raconté, jusqu'aux récits ultérieurs (dont celui de Voltaire). L'ouvrage n'est sans doute pas le plus scientifique sur le sujet, mais il est agréable à lire.

Pour en savoir plus sur une bataille emblématique dans l'histoire de l'Europe, lorsque le Pape s'efforçait de coaliser les grandes puissances de l'époque contre les Ottomans.

Economica, Paris, 2017, 132 pages, 25,- euros.

ISBN : 978-2-7178-6965-1.

Sauver la Chrétienté
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28 juin 2017 3 28 /06 /juin /2017 06:00

Brève histoire de l'Ancien régime

Emmanuel Le Roy Ladurie

Constatons d'abord pour nous en réjouir que cette histoire générale de quelques 350 ans d'histoire de France n'a rien de "bref", bien au contraire.

A l'origine historien du climat et de l'environnement, Emmanuel Le Roy Ladurie organise en particulier son propos au rythme chronologique des crises alimentaires et de subsistance qui frappe la France à partir du milieu du XVe s., fil rouge que l'on aperçoit régulièrement au fil des chapitres, sous les grandes évolutions politiques, institutionnelles, sociales, etc. Au fil des pages et des siècles, il nous propose ainsi une synthèse très complète, abordant l'organisation du pouvoir et ses évolutions, la vie dans les villes et les campagnes, les querelles religieuses et les finances du royaume, les grands personnages de chaque époque et les ruptures politiques, les relations diplomatiques et les opérations au-delà des frontières ou des mers, l'économie et la guerre, etc.

On quitte le livre en ayant le sentiment d'avoir mieux compris certaines périodes, mais aussi avec une perception plus claire de grands ministres ou des souverains du temps passé, sans jamais oublier le peuple, bourgeois et paysans, aisés ou misérables, peuple des villes ou peuple des campagnes. Un volume qui s'impose par sa densité (tout en étant facile à lire) et que complète dans les dernières pages une utile chronologie.

Fayard Histoire, Paris, 2017, 415 pages, 24,- euros.

ISBN : 978-2-213-68728-5.

Du climat à la politique
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19 décembre 2016 1 19 /12 /décembre /2016 06:00

L'Edit de Nantes

Bernard Cottret

Réédition, revue et augmentée, d'un ouvrage publié pour la première fois il y a près de 10 ans et qui, dans le débat très actuel entre "politique" et "religion(s)", conserve tout son intérêt, bien au-delà de la seule étude historique.

Bernard Cottret ne se contente pas de retracer la chronologie des événements qui conduisent à la ratification du célèbre texte par Henri IV en 1598. Le livre s'ouvre sur une introduction qui pose de la question de la laïcité, puis est organisé en trois grandes parties chrono-thématiques. La première, sur 160 pages environ, nous remet en mémoire la chronologie qui s'étend du développement de la religion réformée en France à l'assassinat d'Henri III et à la Ligue. La seconde est centrée autour de la marche vers le trône d'Henri de Navarre, la personnalité du souverain, la rédaction de l'édit et ses détails, les modalités de son application, ses effets et les conséquences immédiates qui s'ensuivent. La troisième enfin traite de la postérité de ce texte fondateur, avec une paix à peu près totale dans le royaume pendant presque un siècle jusqu'à sa révocation par Louis XIV. Au long du livre, l'auteur conserve, en fil rouge, la question du protestantisme en France et celle de la cohabitation des deux religions sur un même territoire et sous une même autorité, thème que l'on retrouve en conclusion avec quelques développements intéressants sur "le protestantisme entre mythe et histoire". On note également la phrase d'appel, extraite de l'édit lui-même, que Bernard Cottret fait figurer au tout début de sa première partie consacrée au "Devoir de mémoire" : "La mémoire de toutes choses passées d'une part et d'autre, depuis le commencement du mois de mars 1585, jusqu'à notre avènement à la couronne, et durant les autres troubles précédents et à l'occasion d'iceux, demeurera éteinte et assoupie, comme chose non advenue". Beau sujet de réflexion pour un historien : peut-on "éteindre" la mémoire ?

Un volume au format poche qui intéressera autant les passionnés d'histoire national que ceux qui veulent en savoir plus en histoire religieuse.

'Tempus', Paris, 2016, 760 pages. 12,50 euros.

ISBN : 978-2-262-06664-2.

Histoire et mémoire de l'Edit de Nantes
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16 septembre 2016 5 16 /09 /septembre /2016 06:00

Louis Mandrin

La mondialisation de la contrebande au siècle des Lumières

Michael Kwass

Original et passionnant. A partir du cas particulier de Louis Mandrin, pendu en 1755 comme "chef des contrebandiers" et pour "crime de lèse-majesté", Michael Kwass procède par aller-retour permanent avec des considérations plus générales pour traiter de l'explosion du commerce international à cette, époque, du monopole d'Etat et des efforts de la Ferme générale pour recouvrer les taxes, de la politique économique mais aussi judiciaire au XVIIIe s., tout cela sans jamais oublier le détail des opérations de contrebande, les embuscades et les véritables combats parfois très violents entre contrebandiers et représentants de l'Etat.

L'ouvrage s'ouvre ainsi sur deux importants chapitres qui, en une centaine de pages, font plus que planter le décor car ils expliquent à la fois la mondialisation de la consommation européenne, en particulier avec les produits nouveaux venus des colonies comme le tabac, et les efforts réglementaires en France pour à la fois protéger l'industrie nationale et percevoir des taxes sur tous ces mouvements. D'où le développement extrêmement important sur toutes les zones frontalières de trafics de plus en plus "professionalisés". Dans ce cadre général, jeune commerçant failli, de bonne éducation, Mandrin se lance dans la contrebande entre le royaume de France et le duché de Savoie à partir de son Dauphiné natal comme on se lance dans le commerce, et avec la solide volonté de réussir. Cette activité de contrebande est largement répandue tout autour du royaume : "Jusqu'à 45% des produits envoyés en France par le biais de l'Angleterre y pénétraient clandestinement". Ces trafics portent sur pratiquement tous les produits, du chocolat au sucre et au poivre jusqu'aux livres, aux cuirs et aux montres. Mais comme l'Etat lutte avec énergie pour protéger ses revenus, une complexe organisation clandestine se développe, propre à cette économie grise qui permet de survivre à des milliers de personnes. S'organise également une véritable hiérarchie, des bandes qui franchissent lourdement chargées la frontière et qui combattent les gardes de la Ferme générale (les contemporains parlent d'une véritable guerre) aux détaillants et petits revendeurs des grandes agglomérations, jusqu'à la capitale. Dans ce milieu très spécifique, Mandrin se distingue avec une importante bande de cavaliers. Il exerce son activité de la Franche-Comté au Languedoc et n'hésite pas à se présenter publiquement, "en grand équipage", en pleine ville (occupation du marché de Millau). Le phénomène devient si fréquent et fortement présent dans certaines régions que les autorités politiques et religieuses locales protègent de fait les trafiquants, les paysans pauvres en venant parfois à défendre par les armes les contrebandiers : "On se fait un plaisir de tromper la fiscalité et le complot est général ; on s'en applaudit, et l'on s'en vante. Les trafiquants et leurs clients ... se délectaient de la manière dont ils égratignaient la Ferme". En 1754-1755, Mandrin multiplie les coups de force, tout en réalisant de substantiels bénéfices, y compris par vente forcée à l'administration elle-même (Rodez, Brioude), soucieuse de ne pas voir s'effondrer le marché ! La campagne conduite à l'automne 1754 est menée avec plus de 100 hommes, militairement organisés, et voit Mandrin investir successivement trois capitales provinciales. Au Puy-en-Velay, cela donne lieu à de véritables combats de rues. Ces périples "militaro-commerciaux", qui font de lui un homme extrêmement riche, sont scrupuleusement décrits, sur la base d'une masse considérable de documents d'archives (procédures et jugements, rapports des Intendants et des représentants de la Ferme). Ils sont à l'origine de la renommée de Mandrin et d'une solide notoriété de son vivant, faisant même l'objet de mentions assez fréquentes dans les journaux européens du temps, comme la Gazette de Cologne ou le Courrier d'Avignon. Entre code d'honneur et de bonne conduite d'une part et attaques ciblées contre l'administration de la Ferme, nait la légende du "Robin des Bois français", "fringant héros de l'économie souterraine". Devant l'importance des méfaits commis, la résistance du royaume de France s'organise par l'aménagement défensif des communes et l'engagement résolu des gardes armés de la Ferme, de la Maréchaussée et de l'armée. A l'occasion de la "campagne" de décembre 1754, les mêmes procédés sont mis en oeuvre, les prises de ville et les ventes forcées se succèdent jusqu'à Autun, mais déjà les chasseurs royaux le pressent de plus en plus et il doit se replier. Dès lors, l'impératif de sécurité lui fait abandonner une grande partie de ses bonnes manières et son comportement (comme celui de ses hommes) se rapproche de ceux des bandits de grands chemins poursuivis par les forces de l'ordre : "Sur le plan commercial, la campagne de décembre fut un fiasco ... Mais Mandrin avit désormais affronté l'armée française et survécu pour le raconter". Mandrin est finalement pris grâce à une véritable manoeuvre politico-militaire, basée sur le renseignement (agent infiltré dans la bande), le contrôle strict de la frontière avec la Savoie et finalement son enlèvement dans un Etat étranger, "coup de force totalement illégal" : "Craignant à juste titre les mesures de rétorsion diplomatiques, le ministre commença immédiatement à masquer l'engagement de l'armée dans l'enlèvement de Mandrin" et en le présentant comme une initiative individuelle de qelques officiers de la Ferme. Condamné et rapidement exécuté par la Commission de Valence (la plus détestée de France pour sa rigueur par tous les contrebandiers), Mandrin entre dans la légende.

Un livre tout à fait passionnant, qui mèle événements historiques, emploi de la force armée, opérations intérieures et problèmes économiques internationaux en toile de fond d'une aventure individuelle.

Editions Vendémiaire, Paris, 2016, 637 pages, 26,- euros.

ISBN : 978-2-36358-206-5.

Bandit de grand chemin ou héros populaire ?
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28 juillet 2016 4 28 /07 /juillet /2016 06:00

Les rois de France

et Les reines de France

Patrick Weber

Deux petits volumes à considérer comme des outils de travail immédiatement disponibles sur un coin de la table. Sans prétention de recherche, une présentation en quelques lignes ou quelques pages de chaque roi (vol. 1) et de chaque reine (vol. 2) de France, à partir de Clodion le Chevelu et de Clotide de Burgondie.

Cette nouvelle édition (légèrement) complétée d'un ouvrage basique mais devenu (depuis 2004 pour l'un et depuis 2006 pour l'autre) un classique permet pour un coût très modique de disposer d'un "minimum vital" pour trouver les premiers éléments de réponse à une question. Observons que le volume 1, consacré aux rois de France, intègre également les régentes qui exercent effectivement le pouvoir entre deux règnes masculins. Savez-vous que régna entre 923 et 936 un roi prénommé Raoul ? (non, les dialogues ne sont pas d'Audiard !). Que le bref règne de Jean Ier le Posthume (5 jours) en 1316 fait définitivement entrer dans les usages "la loi de masculinité du trône" ? Dans le volume 2 consacré aux reines, c'est également dans les périodes les plus anciennes que l'on apprend le plus et la diversité des origines de ces reines montre bien la politique dynastique des maisons de France, en particulier à partir des Caroligiens et dont les Adélaïde de Savoie, Aliénor d'Aquitaine, Blanche de Castille, Jeanne de Navarre et son homonyme de Bourgogne, Marie d'Anjou, Anne de Bretagne, Catherine de Médicis ou Anne d'Autriche sont autant d'exemples. On a une pensée émue pour Anne de Kiev, épouse de Henri Ier en 1051, et bien sûr pour la malheureuse Marie Stuart, fille de Jacques V d'Ecosse et épouse de François II.

On regrette la piètre qualité des quelques cartes qui présentent l'accroissement du domaine royal dans le volume 1 et, pour chacun, une bibliographie minimale figure heureusement en fin d'ouvrage. Néanmoins, pour 3,- euros pièce, aucune hésitation. L'investissement sera rentabilisé, en particulier pour les lycéens et étudiants.

Librio Mémo, Paris, 2016, 111 pages et 95 pages, 3,- euros chacun

ISBN : 978-2-290-13403-0 et 978-2-290-13404-7.

Outils de travailOutils de travail
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14 juillet 2016 4 14 /07 /juillet /2016 06:00

Saint-Simon

Marc Hersant

Qui ne connaît pas le nom de Saint-Simon ? Mais combien sont capables d'en citer quelques formules ? Le premier mérite de cette biographie est donc d'en (re)mettre l'essentiel à la disposition du plus grand nombre pour un prix modique en citant longuement l'auteur d'origine et en remettant l'ensemble en contexte.

Cette biographie tout à fait passionnante (car elle remet en cause nombre d'a priori et certaines idées reçues) est solidement argumentée et s'appuie sur de multiples références. Au fil du texte (chronologique) de larges extraits des Mémoires sont cités, et toutes les célébrités de l'époque défilent peu à peu sous la plume d'un rédacteur qui ne fait grâce d'aucune ciirconstance atténuante. On observe que celui qui "croque" si bien le monde de son époque (dans lequel on sent bien qu'il n'est ni à l'aise, ni en accord) est souvent particulièrement discret sur sa propre famille. Il participe personnellement à de nombreuses intrigues de cour, noue des relations parfois ambigues avec les uns ou les autres en fonction de ce qui l'intéresse et des objectifs qu'il se fixe. Au-delà du règne de Louis XIV, Saint-Simon est toujours présent sous la Régence, mais son influence, au moins officiellement, ne cesse de diminuer. Ardent défenseur de l'ordre ancien, il n'a pas de commentaires assez durs pour ceux auxquels il reproche soit d'accélérer sa remise en cause, soit de ne pas en être issu. Pour Marc Hersant, en conclusion, Saint-Simon fut "un vieux duc et pair ronchon et passéiste, radoteur et obsédé d'étiquette, réactionnaire et un peu maniaque", mais il "nous plonge de manière si vivante dans le passé" que l'on ne peut ignorer ses textes ciselés.

Un très bon "Folio" qui vous dépaysera dès la première page.

Folio biographies, Paris, 2016, 338 pages. 9,20 euros.

ISBN : 978-2-07-046138-7.

Le grand mémorialiste
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6 juillet 2016 3 06 /07 /juillet /2016 06:00

Les armées du Roi

Le grand chantier

XVIIe - XVIIIe siècle

Olivier Chaline

On ne présente plus Olivier Chaline, grand spécialiste d'histoire moderne à l'université de Paris IV Sorbonne et auteur en particulier de nombreux ouvrages sur les XVIIe et XVIIIe siècles. Avec ce volume, il nous offre une remarquable synthèse sur l'impressionnant développement de l'armée royale à l'époque de Louis XIV.

Avec méthode, pédagogiquement, Olivier Chaline nous présente l'exceptionnel effort administratif, technique, de formation, de réflexion, financier aussi pour le pays, qui permet au roi-soleil de disposer à l'apogée de son règne de la plus puissante armée d'Europe. Il ne se contente d'ailleurs pas d'étudier l'armée de terre et présente longuement la marine au fil des différentes parties ("Sousl'autorité du roi ?", "Au service du roi", "Aux frais du roi"). A ce propos, l'auteur explique parfaitement le caractère "industriel" de l'entreprise de guerre, développe les aspects liés aux armements et à leur fabrication. De même, il s'intéresse au recrutement de la troupe, aux règles d'avancement, à la composante noble du corps des officiers ; il revient également sur le rapport au volontariat et à l'engagement.

En résumé, LE livre qu'il vous faut si vous vous intéressez à l'histoire de l'armée française dans le temps long, dans ses différents aspects, et aux armées du Grand siècle. On apprécie à la fin du volume un index des régiments : le "Colonel-Général", la "Compagnie écossaise de la gendarmerie", ou le "Royal-Deux-Ponts", autant de noms qui font rêver. Plus de trente pages de notes fournissent d'utiles références et la bibliographie est particulièrement complète. A lire, à connaître, à conserver.

Armand Colin, Paris, 2016, 339 pages. 24,90 euros.

ISBN : 978-2-200-61415-7.

Création d'une armée exceptionnelle
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16 mai 2016 1 16 /05 /mai /2016 06:00

Joseph II

Un Habsbourg révolutionnaire

François Fejtö

Français d'origine hongroise (décédé il y a huit ans) spécialiste de l'Europe centrale et orientale à l'époque communiste et de l'empire austro-hongrois, François Fejtö est fidèle fidèle à ses racines bien que réfugié à Paris dès 1938. Cette réédition de sa biographie de l'empereur François II mérite pleinement une réédition en format poche.

Le fils ainé de la grande Marie-Thérèse, premier des Habsbourg-Lorraine, reste un personnage controversé de l'histoire autrichienne, considéré par les uns comme le réformateur de l'empire, et par les autres comme son premier fossoyeur. Le livre est divisé en 23 assez brefs chapitres regroupés en deux grandes parties : 1741-1780 et 1780-1790. La première couvre la période du règne de sa mère, au terme d'une succession difficile qui voit la Prusse émerger sur la scène européenne, qui fait de lui un roi de Rome puis un empeeur romain germanique. La seconde correspond au règne effectif de Joseph II, marqué par une intense volonté de réformes intérieures mais aussi un certain aventurisme à l'extérieur. François Fejtö met d'ailleurs à plusieurs reprises en relief cette complexité de la personnalité de l'empereur et sait illustrer sa démonstration avec de nombreux exemples référencés et judicieusement choisis. On note également que Joseph II fut un grand voyageur au-delà de ses Etats, qu'il rencontre Catherine II de Russie et séjourne aux Pays-Bas comme à la cour de France, mais aussi qu'il témoigne d'un sens particulièrement aigu de l'économie des deniers de l'Etat que certains n'hésitent pas à comparer à de la pingrerie. Ses efforts de rationalisation de l'administration et d'économie publique font que son "système de gouvernement représente un mélange de bureaucratisme, d'esprit militaire, d'absolutisme et de libéralisme ... Le gouvernement n'était pas pour lui un privilège, mais un devoir", ce qui ne l'empêche pas "d'avoir au coeur la liberté de penser". Cet empereur, qui "avait la passion de la connaissance exacte des faits", n'est pas encensé par l'auteur, bien au contraire, mais François Fejtö sait insister sur ses réussites : "S'il fut un médiocre chef d'armée, un discutable politicien en matière d'affaires extérieures, un économiste sans éclat, il occupe une place de premier plan dans l'histoire de l'administration, car il a créé dans ce domaine une oeuvre durable". Pour ajouter quelques pages plus loin : "D'une main, il démolissait l'Autriche féodale et cléricale, de l'autre il construisait une monarchie moderne, aux lignes rationnelles et simples". Finalement, reste sa volonté d'unifier l'organisation et le fonctionnement de la mosaïque des territoires autrichiens et de moderniser la Hongrie, ce qui était un moyen de la lier à l'Autriche et de diminuer le pouvoir des familles nobles. Ce double effort de modernisation et de centralisation suscite de nombreuses révoltes, qui noircissent les dernières années du règne et conduisent à de douloureux reniements.

Un ouvrage très intéressant sur une période mal connue en France de l'histoire autrichienne.

'Tempus', Perrin, 2016, 486 pages, 11,- euros.

ISBN : 978-2-262-06521-8.

Réformateur impérial
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13 mars 2016 7 13 /03 /mars /2016 06:00

Michel de L'Hospital

Un humaniste Chancelier de France au temps des guerres de religion

Jean-Paul Autant

Cette biographie nous présente avec un grand souci de précisions et d'analyses un personnage que l'on connaît un tout petit peu dans l'histoire générale de la période, mais au sujet duquel rares sont sans doute ceux qui peuvent en dire plus.

Les dix premiers chapitres nous entraînent, en pleine période de Réforme religieuse, au temps des guerres de religion, auprès de cet auteur, poète et moraliste qui accède progressivement aux plus hautes responsabilités, d'abord aux côtés de Marguerite de Valois, puis auprès de la maison de Savoie, enfin en 1560 à la Chancellerie de France. Les dix chapitres qui suivent décrivent son action auprès du roi, les hauts et les bas de son influence dans les conseils du souverain, ses efforts et leurs aléas pour restaurer et conforter l'autorité royale pendant les premières guerres de religion, jusqu'à la Saint-Barthélemy, "un véritable séisme dans la vie et la pensée de Michel de L'Hospital". Le penseur de la modération, de la bonté, de la mesure des sentiments et des décisions se sent alors impuissant (et trop vieux), se retire de la vie publique et meurt l'année suivante, après avoir exercé pendant de longues années l'une des plus hautes fonctions du royaume.

Un beau livre en hommage à un homme fidèle à ses convictions en des temps très troublés.

Lavauzelle, Panazol, 2015, 378 pages. 28,30 euros.

ISBN : 978-2-7025-1636-2.

Chancelier humaniste
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Qui Suis-Je ?

  • : Guerres-et-conflits
  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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