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6 janvier 2015 2 06 /01 /janvier /2015 06:00

La fin de l'empire romain d'Occident

Chronique de son dernier siècle, de 375 à 476

Georges-André Morin

Période essentielle de notre histoire qui fait toujours l'objet d'un débat historiographique sur les causes et modalités de la disparition de l'empire romain d'Occident, le Ve siècle de notre ère bénéficie de la réédition complétée d'une importate étude, initialement parue en 2007.

Dans son avant-propos à la nouvelle édition, l'auteur confirme que "si l'affaissement et l'effacement de l'empire d'Occident n'ont à l'évidence pas eu un caractère cataclysmique, les analyses divergent sur leurs conséquences" et défend ensuite le principe du respect de la chronologie et l'idée d'un retour au "déroulement cohérent des faits, y compris en démythifiant quelques belles légendes bien installées" . La question des sources est assez rapidement évacuée cependant : "les matériaux abondent, mais les ouvrages existants et accessibles sur cette période relèvent soit du roman historique, soit de la thèse spécialisée" (les deux sont-ils comparables ?). Pour traiter de cette "époque cruciale et mal connue de notre histoire", Georges-André Morin dresse d'abord le tableau d'ensemble du siège du pouvoir impérial (Ravenne), de l'administration et de l'organisation de l'empire au IVe siècle, puis reprend chronologiquement à partir du chapitre 3 les règnes des empereurs successifs, de Valentinien Ier et de ses problèmes de succession jusqu'à Glycerius, Nepos et Romulus-Augustule, dont seul le nom du dernier est entré dans l'histoire. On (re)découvre au passage les conflits entre quelques grandes familles, les décès aussi inattendus qu'étonnants, les relations ambigües avec les principaux chefs barbares aussi bien qu'avec l'empereur d'Orient à Constantinople, les prises successives de Rome, les révoltes militaires en Italie comme dans ce qu'il reste des "provinces", l'importance de Théodose et l'irruption des Huns, puis au cours des vingt dernières années une succession extrêmement rapides d'empereurs quasiment inconnus, dont un étonnant Avitus, d'origine auvergnate et mis en place par le Wisigoth Théodoric II ! Dans le "brouillard" des dernières années de l'empire, certains titulaires de la plus haute charge restent même douteux, tandis que d'autres sont directement nommés par l'empereur d'Orient. Désormais, l'ensemble du territoire de ce qui fut l'empire romain d'Occident est divisé en royaumes barbares autonomes et distincts et l'empereur nominalement sur le trône ne contrôle plus en propre qu'une partie de la côte adriatique. Si tout ne se termine pas avec la déposition de Romulus-Augustule, ou s'est peut-être terminé avant, la date est retenue car elle marque une rupture définitive : "L'importance du 4 septembre 476 ne réside pas dans une déposition impériale de plus, ... mais dans le fait que le vainqueur d'un jour, Odoacre, ne juge utile ni de se proclamer empereur, ni d'en désigner un. Il se proclame roi, dénomination usuelle chez les Barbares ; mais roi d'Italie, pas roi de Rome, le titre mythique refusé à César".

Un récit essentiellement factuel, ce qui pour une période aussi troublée et globalement mal connue est une qualité. Un récit historique parfois étonnant, dont chacun peut au fur et à mesure envisager les conclusions.

Editions du Rocher, Monaco, 2014, 447 pages, 23 euros.

ISBN : 978-2-26807-640-9.

Fin d'un monde ?
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5 janvier 2015 1 05 /01 /janvier /2015 06:15

Napoléon perd l'Europe

(janvier-avril 1814)

Gérard Bouan

Un nouvel et dernier ouvrage sur la campagne de 1814, qui présente dans le détail les ultimes opérations militaires de l'empereur.

Gérard Bouan organise son livre en six grands chapitres chronologiques à partir de la situation à l'été 1813 qui permet de poser le contexte. Après avoir dans le chapitre 2 évoqué assez rapidement l'environnement politique et diplomatique du début de l'année 1814, aussi bien à l'intérieurde l'empire qu'en Europe, il s'intéresse longuement aux opérations militaires à proprement parler, traitant successivement de tous les fronts et de toutes les armées, du Nord aux Pyrénées, de la région lyonnaise à l'Est de la France et à la Suisse. Il traite ensuite avec beaucoup de détails aux opérations de fin janvier - fin février 1814, période qui suscite souvent l'admiration et qu'il qualifie d'époque des "fausses victoires", et s'attarde enfin sur les batailles de mars 1814 de Soissons à La Ferté et à Troyes, jusqu'aux portes de Paris. Le dernier chapitre nous mène à l'abdication à travers la dernière semaine de mars et le "quasi-coup d'Etat" de Talleyrand.

Globalement, le livre n'apporte pas à proprement parler de nouveautés sur ce trimestre de combats et de batailles sur le sol de France (voir la bibliographie finale assez longue mais classique), mais descent jusqu'à un niveau de détail rarement atteint récemment dans les ouvrages grand public, au point que j'ai pu reconstituer l'itinéraire presque d'origine, dans un "staff ride" personnel, l'approche des colonnes alliées à l'est de Paris. Le lecteur trouvera au fil des pages tous les éléments pour suivre les évolutions, les marches et contre-marches, les engagements même mineurs de chaque corps d'armée, le détail des pertes au fur et à mesure des jours, l'indication précise de l'état d'esprit des maréchaux et généraux de l'empereur, et ponctuellement une analyse critique des décisions prises au plan militaire.

Un livre qui a certes ses limites mais qui complète très utilement d'autres ouvrages plus orientés sur les questions diplomatiques ou politiques.

Economica, Paris, 2014, 288 pages, 29 euros.

ISBN : 978-2-7178-6746-6.

1814
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5 janvier 2015 1 05 /01 /janvier /2015 06:00

Chine

Une certaine vision de l'histoire

Yves Wintrebert et Han Huaiyuan

Pour nous permettre de mieux comprendre l'ancienne culture chinoise et son influence aujourd'hui, les auteurs nous propose un recueil d'histoires et d'anecdotes datant de plusieurs siècles avant notre ère, mises en parallèle de données chiffrées récentes.

Traduites de la plus ancienne littérature chinoise, les anecdotes qui nous sont contées appartiennent à l'histoire de ces nombreux royaumes du nord-est (Jin, Qin, Chu, Wu, Song, Yue, Qi, Lu, etc.) à l'époque des premières dynasties, où naissent les principes de "bon gouvernement" et de l'harmonie sociale. On constate en effet que la plupart des récits traitent de situations gouvernementales et politiques, et rappellent l'importance essentielle (judicieuse ou apaisante) du "bon conseiller du prince", celui qui évite à son souverain les décisions instinctives ou inadaptées. A contrario, les données récentes et chiffrées fournies après chaque petite histoire sont extrêmement concrètes et (si elles font parfois écho aux récits qui les précèdent, ce qui n'est pas toujours le cas) laissent perplexes sur les évolutions de la Chine actuelle. Au-delà des reportages de la grande presse, il semble que les fondamentaux du pays ne soient pas aussi seins que cela, du chômage des étudiants à la corruption galopante, de la cherté de la vie aux les affres de l'existence quotidienne... L'ouvrage peut sans problème se lire par chapitre, en "picorant" littéralement ici une histoire ancienne, là une donnée actuelle. Une impression curieuse en refermant le volume : une très longue histoire de recherche de la sagesse et de mise en valeur de l'équilibre, et une actualité faite d'excès et de chiffres un peu fous. Est-ce ce le message que souhaitaient faire passer les auteurs ? Je ne sais, mais à la lecture de ce livre très intéressant, j'en retire le sentiment que la Chine n'est peut-être pas l'horizon indépassable de notre avenir. Un paradoxe ou une contradiction ? Au final, très intéressant par les réflexions qu'il suscite, les précisions qu'il apporte et l'ouverture d'esprit qu'il offre.

Editions de l'Aube, La Tour d'Aigues, 2014, 238 pages, 22 euros.
ISBN : 978-2-8159-0793-4.

Chine éternelle
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4 janvier 2015 7 04 /01 /janvier /2015 07:00

Une femme dans la Grande Guerre

Madeleine Blocher-Saillens

Préface et notes de Franck Belloir

Les éditions Ampelos publient avec ce volume un journal de guerre tout à fait intéressant. Rédigé par celle qui est à cette date une très jeune femme mais devienda un pasteur engagé, il est tenu de juillet 1914 à juillet 1919 et complété par des correspondances personnelles (dont on sent bien d'ailleurs quelles ne sont pas sur le même ton et n'abordent pas les mêmes sujets).

Ces considérations personnelles, souvent longues, sont écrites à intervalles irréguliers, parfois tous les quinze jours, voire tous les mois. Elle rapporte, sans doute très scrupuleusement, ce qu'elle entend et ce qu'elle lit, y compris dans les journaux anglais qui ne sont pas soumis (au début au moins) à la même forme de censure, et commente les événements, en les agrémentant souvent d'anecdotes. Les premières semaines sont très nettement marquées par l'ignorance dans laquelle se trouve l'arrière du déroulement des opérations : les rumeurs se multiplient, les blessés et réfugiés arrivent par trains entiers, et dans les informations contradictoires cette phrase : "Où est la vérité ? On nous cache beaucoup de choses. C'est le plus énervant". Au fil des pages, des nouvelles (?) d'Alsace, du front russe, d'Angleterre, etc., autant d'éléments qui témoignent d'un esprit vif et curieux, attitude facilitée par le large réseau familial de la rédactrice et ses déplacements assez réguliers au Royaume-Uni. Ses séjours permettent d'ailleurs au lecteur francophone d'avoir une approche rare de la vie sur le sol britannique pendant le conflit. Les rumeurs d'ailleurs ne cessent pas (annonce d'une "bataille merveilleuse pour la prise de Constantinople" au printemps 1915) et les lettres de la famille sont parfois éclairantes : "Les soldats commencent à trouver très long cette vie de tranchées, ils attendent avec impatience la grande offensive" (mars 1915). Très patriote, elle ne doute jamais du succès final des armées alliées, et très croyante elle fait régulièrement intervenir (comme beaucoup de gens à l'époque) la volonté divine : "Au moment le plus terribl de cette bataille (Verdun), Dieu a envoyé une tempête de neige qui a dû sérieusement empêcher l'avance de l'offensive" (mars 1916). Les textes s'espacent ensuite, même s'ils se poursuivent ponctuellement jusqu'à la fin de la guerre. Quelques considérations sur la révolution russe et la défaite italienne de Caporetto en 1917, les échos des offensives allemandes du printemps en 1918 et finalement la victoire à l'automne : "Les cloches sonnent à toute volée, le canon tonne coup après coup, et c'est la fin de la plus formidable alerte que le monde ait connue. La guerre est finie ! L'armistice est signé ! Des larmes de joie coulent de mes yeux. Nous osons à peine croire que nous sortons de cet horrible cauchemar. Et nous en sortons vainqueurs. Le Kaiser est en fuite en Hollande avec son sinistre fils, tout deux ont dû abdiquer devant la révolution grandissante. La Bavière a déclaré déchue leur vieille dynastie des Witclobach (sic !) et ont acclamé la république. Les grandes villes hanséatiques sont au pouvoir des soviets, le jeune Henri de Prusse a dû fuir Brème. Francfort a un Comité de salut public. Le nouveau chancelier allemand est un social-démocrate, un certain Eber. Les événements vont si vite, la tempête souffle avec tant de rage que nous ne savons ce que nous réserve l'heure prochaine" (11 novembre). Une nouvelle ère s'ouvre, que les dernières lignes datées du 13 juillet 1919 décrivent : "Nous avons eu la signature définitive de la paix le 28 juin. Grande cérémonie à Versailles. Canonnades à Paris. Foule immense dans les rues, mais foule assez tranquille. Les deuils sont trop grands et la paix ne nous donne que de si petits avantages que nous ne pouvons nous réjouir beaucoup"...

Un témoignage intéressant, en particulier parce qu'il offre souvent un regard décalé sur les faits, les hommes et les événements par rapport aux lectures les plus courantes. Un témoignage à conserver.

Editions Ampelos, 2014, 176 pages, 15 euros.

ISBN : 978-2-35618-081-0.

Journal d'une jeune femme
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3 janvier 2015 6 03 /01 /janvier /2015 06:50

La France pouvait-elle gagner en 1870 ?

Antoine Reverchon

Dans ce livre original, l'auteur s'efforce de raconter comment l'histoire de la guerre de 1870-1871 aurait pu s'écrire autrement.

Pour se faire, le livre est construit de façon aussi didactique et méthodique que possible. Une première grande partie fait en quelque sorte l'inventaire des deux armées en présence dans leurs effectifs, leurs armements, leur organisation, leur doctrine d'emploi et l'organisation de leur commandement, puis rappelle ce que fut effectivement le déroulement de la guerre (août-septembre) avant de tirer les premières conclusions : que serait-il passé si les autorités et généraux français avaient dès la  mi-août compris les leçons du début de la campagne ? Dans un ultime chapitre de cette première partie, il en conclue sur les conséquences ultérieures : en dépit des résultats obtenus par la défensive tactique, l'offensive est de plus en plus privilégiée et la guerre sur deux fronts (France à l'ouest, Russie à l'est) menace l'Allemagne. La seconde partie s'attache à la réaction du gouvernement provisoire à partir de septembre et analyse les éléments constitutifs des armées de Gambetta levées dans l'urgence, puis traite des choix stratégiques des deux belligérants et enfin des différents secteurs d'opérations. Comme pour la première partie, il s'intéresse alors à ce qui aurait pu se passer si... (questions en particulier de l'emploi coordonné des armées de la Loire et de Paris ou de la marche conjointe des différentes armées vers Paris). Poursuivant ces hypothèses, Antoine Reverchon imagine que le siège de Paris est levé, que les Prusso-Allemands incapables de faire face à la fois aux contre-offensives des armées régulières et à l'insurrection des populations rurales (un peu exagérée et traité rapidement) se replient et que l'agresseur, menacé sur ses voies de communication et soumis aux aléas d'un ravitaillement de plus en plus difficile, fait le choix de négocier : "L'empire allemand est proclamé à Francfort le 1er février, en présence de Thiers qui congratule le nouvel empereur. Non sans lui souhaiter narquoisement que le titre d'empereur lui porte plus de chance qu'à celui des Français, désormais en exil à Londres". On apprécie en particulier l'excellente connaissance des armées en présence et leur présentation très complète au début de chaque partie. On est parfois moins convaincu par le "what if ?", d'autant que le texte est constitué de phrases assez courtes dont l'enchaînement rapide interdit d'insérer des réserves ou du conditionnel.

Affirmer que les choses auraient pu se passer autrement, certes, pourquoi pas ? Même si l'on est pas totalement convaincu par les conclusions de l'auteur, les questions qu'il pose interpellent et il dresse un tableau réaliste des insuffisances et des défauts des deux armées en présence.

Economica, Paris, 2014, 183 pages, 19 euros.
ISBN : 978-2-7178-6759-6.

What if ?
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2 janvier 2015 5 02 /01 /janvier /2015 06:45

"Ne vous mettez pas le coeur à l'envers"

Echanges épistolaires de Joseph, Laurencie et Marie-Rose Charrasse

Alain Fouqué

Nouvelle édition d'une correspondance entre un soldat et sa famille, installée dans l'arrière pays vauclusien. Une correspondance intéressante car Joseph Charrasse passe par plusieurs régiments, connait différents secteurs du front jusqu'aux Dardanelles et surtout exerce des fonctions variés, de simple poilu à "adjudant" dentiste en passant par brancardier et infirmier. Il lui est ainsi possible de raconter aux siens bien des choses, avec des angles d'observation originaux.

L'un des intérêts du volume est de souvent présenter dans l'ordre chronologique ces échanges de courriers, ceux de Joseph Charrasse étant imprimées en lettres bâtons, ceux de sa famille en italiques. Il est ainsi possible de suivre les préocuppations qui s'expriment entre le soldat et les siens à l'arrière, de pointer les thèmes qui reviennent plus ou moins fréquemment, d'évaluer la manière dont Charrasse raconte sa guerre et comment sa famille le comprend. Quelques anecdotes au fil des rencontres, comme avec les Britanniques en Orient : "Hier soir,, nous avons été nous promener dans le camp anglais (artillerie). Malheureusement, on ne peut guère s'entendre ; par signes on arrive tout de même à se comprendre" ; ou (lu en creux) cet aveu non volontaire, au retour des Dardanelles, de ce que peut comprendre un simple soldat : "Sur le Doukkala je n'ai pas eu d'émotion du tout parce que je n'ai su que nous avions été torpillés qu'un quart d'heure après et, à ce moment-là, le danger étant signalé était à moitié conjuré". Comme pour beaucoup de poilus, on observe que Charrasse prend soin de ne pas inquiéter les siens en relativisant (ou minimisant) les dangers auxquels il est (ou pourrait être) confronté. Ce n'est qu'à partir de 1916 qu'un corps de dentistes militaires est officiellement créé, et il peut l'intégrer au printemps 1917, dans une unité en pleine réorganisation : "Nommé dentiste militaire depuis trois jours que je suis arrivé à mon bataillon, j'en suis à mon troisième régiment". Désormais à l'abri des mauvais coups de la première ligne, il bénéficie également d'une augmentation de solde puisqu'il porte désormais les galons d'adjudant. Les permissions, les conditions matérielles de vie, les éventuels besoins d'argent, l'état de santé, l'envoi de journaux reviennent avec une grande régularité dans ces courriers, où l'on se rend bien compte (même si le rédacteur cherche surtout à ne pas inquiéter et met donc en avant les petits faits les plus ordinaires) que le quotidien s'organise le moins mal possible dès que les hommes ne sont pas en première ligne.

C'est-à-dire éditions, Forcalquier, 2014, 328 pages, 26 euros.

ISBN : 9782918235125.

Dentiste dans la Grande Guerre
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2 janvier 2015 5 02 /01 /janvier /2015 06:30

Forces aériennes du Moyen-Orient

Air Combat - n° 10

Pour ce numéro de janvier 2015, le magazine de la guerre aérienne nous propose en particulier la première partie d'un dossier très complet sur les flottes aériennes militaires d'une quinzaine d'Etats du Moyen-Orient. Certains chiffres bruts sont impressionnants et témoignent des régulières acquisitions d'armements dans cette région de crise(s). Une question toutefois : parmi ces milliers d'appareils (de l'ordre de 850 avions en Egypte par exemple), combien sont effectivement opérationnels ? Pour chaque pays, l'article donne en particulier un historique (rapide) de son armée de l'air. On remarque également un article original sur le Northrop B-2 Spirit  (bombardier furtif) et le concept "d'aile volante".

Moyen-Orient
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1 janvier 2015 4 01 /01 /janvier /2015 07:00

Excellente année 2015 à tous !

Merci pour votre fidélité

"A l'an qui vient,

si nous ne sommes pas plus, que nous ne soyons pas moins !"

Bonne année !
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1 janvier 2015 4 01 /01 /janvier /2015 06:45

Les armes secrètes du IIIe Reich

Laurent Tirone

Un ouvrage plus sérieux que le titre et l'image de couverture pourraient le laisser supposer. En fait, l'auteur nous dresse la tableau d'une douzaine d'années de recherche militaro-industrielles en Allemagne.

Dans un récit chronothématique, après une introduction qui fait le lien entre les interdictions du traité de Versailles et la politique de contournement de la république de Weimar, Laurent Tirone divise son livre en quatre parties principales : "Les grands programmes d'armement (1933-1939)", "Les années victorieuses (1939-1942)", "La fin des illusions (1943)" et "L'accélération des programmes de recherche (1944-1945)". Au long du texte, il fait l'aller-retour entre les décisions politiques et les besoins exprimés par les armées d'une part, les travaux des chercheurs et les réalisations des entreprises d'autre part, mais aussi précise les conséquences tactiques de l'emploi des matériels en fonction de leurs caractéristiques. Au sein de chaque partie, les présentations sont faites par armée et grands programmes (la Heer, la Kriegsmarine, la Luftwaffe, les fusées, l'arme atomique), et au sein de chaque chapitre par programme majeur ou type de matériels. Laurent Tirone souligne que les principaux programmes n'ont pas été conduits à leur terme, parfois par décision d'Hitler dans un premier temps, parfois par suffisance des dirigeants nazis et des militaires qui s'illusionnent après les premières victoires relativement faciles, parfois aussi parce que les contraintes techniques ne pouvaient pas être résolues avec la technologie disponible. Les réalisations les plus modernes (blindés, aviation, arme sous-marine, V1 et V2) arrivent trop tard et en nombre insuffisant pour inverser la conclusion de la guerre. Soumise au blocus et pressée sur tous les fronts, l'Allemagne n'avait en fait aucune possibilité de remporter la victoire. Il n'en demeure pas moins que certaines réalisations, comme le sous-marin "Typ XXI", sont particulièrement en avance sur leur temps mais n'auront pas le temps d'être déclarés opérationnels ; ou que d'autres, comme les missiles ou les avions à réaction qui causent de réels soucis aux Alliés dans les derniers mois et dernières semaines de guerre, sont trop peu nombreux. Les dernières pages, qui traitent rapidement de la récupération des savants nazis par les vainqueurs, laissent subsister un doute (mesuré) sur d'hypothétiques "soucoupes volantes nazies" (p. 289-290). C'est l'un des rares points inutiles et irritants du volume. 

Un livre qui mérite d'être lu car il remet les événements dans leur contexte et relativise bien des affirmations excessives, sout le double angle de la production industrielle et de l'emploi opérationnel des matériels. On remarque que la bibliographie ne comporte presque que des titres récents (entre 1997 et 2013, parfois des rééditions), parmi lesquels les volumes sont de qualité diverse. Un index complète le tout, et un petit cahier photos apporte quelques illustrations.

Ixelles éditions, Paris, 2014, 318 pages. 22,90 euros.

ISBN : 978-2-87515-236-7.

Technique et idéologie
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31 décembre 2014 3 31 /12 /décembre /2014 06:00

Ils étaient cinq dans les tranchées

De Gaulle, Hitler, Mussolini, Churchill et Patton en 14-18

Philippe Conrad et Nicolas Sevaux

L'idée est originale : tenter de mettre en parallèle la participation à la Grande Guerre de cinq personnages dont le rôle fut majeur pendant la Seconde guerre mondiale quelques vingt ans plus tard.

L'ouvrage est donc constitué de cinq grands chapitres successifs, qui présentent à tout de rôle la carrière de chacun des hommes de pouvoir pendant la Première Guerre mondiale. De Gaulle, l'officier blessé et fait prisonnier devant Verdun ; Hitler, le caporal agent de liaison qui dessine sa perception de la guerre et y puise une partie de ses idées ultérieures ; Mussolini le leader socialiste parti au front comme simple soldat, blessé de quarante éclats dans le corps lors d'un tir d'instrucction ; Churchill, premier Lord de l'Amirauté tombé à la suite de l'échec des Dardanelles et qui vient sur le continent prendre un commandement dans la troupe ; Patton, le cavalier qui s'ennuie en état-major et devient le chef de la première unité américaine de blindés. Autant de parcours individuels (très) différents, d'aventures humaines passionnantes. Les articles (peu critiques au demeurant) sont bien écrits et se lisent facilement. Mais, finalement, pourquoi ces cinq futurs grands chefs et dirigeants et pas d'autres ? Qu'ont-ils éventuellement en commun ? Ou de différent ? Qu'est-ce qui les rapproche ? Ou les sépare ? Il manque ainsi, soit sous forme d'une solide introduction, soit en conclusion, les quelques pages qui permettraient d'aller au-delà d'une succession de récits juxtaposés.

Un petit livre intéressant, agréable à lire et qui rappelle de nombreuses anecdotes, mais qui laisse un goût de "trop peu".

Heimdal, Damigny, 2014, 112 pages (+ photos), 16 euros.

Portraits
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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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