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23 novembre 2016 3 23 /11 /novembre /2016 06:00

Les ducs et duchesses de Bretagne

Philippe Tourault

Réédition d'un ouvrage initialement paru en 2009, ce volume étudie l'histoire politique (dynastique, diplomatique, militaire) des souverains qui régnèrent sur la Bretagne de la fin de l'éphémère royaume au Xe siècle à l'union avec la France dans la première moitié du XVIe.

Le style est classique et le récit simplement chronologique (souvent le plus efficace). Mais Philippe Tourault sait aussi contextualiser chaque événement, replacer dans leur environnement les décisions souvent difficiles, diplomatiques ou militaires, que les ducs successifs doivent (fréquemment) prendre pour sauvegarder l'indépendance de leur Etat, longtemps fragile et toujours menacé. De l'opposition aux princes voisins de Normandie ou d'Anjou, à la menace des Plantagenêts et à la guerre de Cent ans, nous voici dans la Bretagne de la maison de Dreux, qui renforce considérablement le pouvoir ducal, à la guerre de Succession entre les maisons de Montfort et de Blois-Penthièvre, avec une (provisoire) victoire anglaise et enfin les derniers ducs "pro-français", de Jean IV à la duchesse Claude, avec cette apogée du règne de François II, "duc par la grâce de Dieu", "couronné à Rennes en 1459" et qui fait le choix de Nantes pour capitale. Au fil des pages, c'est également toute la géopolitique ouest-européenne du Moyen-Âge qui nous est décrite, au gré des mariages et des héritages, des alliances et des trahisons. Au passage, bien sûr, le combat des Trente, du Guesclin, la bataille d'Auray, etc. S'il s'agit indiscutablement d'un livre d'histoire sérieux et efficace, le lecteur peut aussi se laisser entraîner vers une forme de "rêve éveillé"... Et si la Bretagne...

On apprécie tout particulièrement la bibliographie finale, les listes, index et arbres généalogiques. Au bilan, un ouvrage classique au meilleur sens du terme.

'Tempus', Paris, 2016, 406 pages, 10,- euros.

ISBN : 978-2-262-06618-5.

Six siècles d'histoire bretonne
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19 novembre 2016 6 19 /11 /novembre /2016 06:00

Chasser les Juifs pour régner

Juliette Sibon

Peu connues, mal renseignées et donc souvent mal interprétées, les expulsions successives des Juifs par les rois de France entre le XIIe et le début du XVIe siècle constituent autant de phénomènes complexes et pour tout dire paradoxaux.

Du règne de Philippe Auguste à celui de Charles VIII, en passant par Louis IX et Louis X, les Juifs installés sur les terres du roi de France sont à plusieurs reprises expulsés puis autorisés à se réinstaller avant d'être expulsés à nouveau. Comment et surtout pourquoi furent prises ces décisions, telles sont les questions de l'auteure, sur fond d'antisémitisme médiéval. On sait que les accusations contre les usuriers juifs ont été nombreuses, surtout dans les périodes de disette et de difficultés économiques. De même, plusieurs travaux ont mis en avant les spoliations, saisies et ventes forcées (ou dans l'urgence absolue) qui permettent ponctuellement d'abonder le trésor royal et éventuellement de construire tel ou tel grand ensemble immobiliser défensif. Certains enfin privilégient la volonté de forcer les conversions au catholicisme. Les objectifs sont variés et parfois peu honorables : "Il est vraisemblable que si l'expulsion constituait désormais une épée de Damoclès pour les Juifs du royaume de France, Louis IX n'en usait finalement que comme un moyen de pression parmi d'autres afin de les rançonner". Pour Juliette Sibon, qui cite de nombreuses sources d'époque, mais souligne aussi leurs lacunes, il faut en fait en revenir à une analyse politique opportuniste, en fonction des résistances à l'expansion du pouvoir royal. Elle observe par exemple que, finalement, les racines religieuses de cet antisémitisme sont bien légères, d'apparence, et surtout mise en avant en fonction de la situation du moment et tout aussi rapidement oubliées ou tues. Elle dresse également quelques comparaison avec les situations à la même époque dans les royaumes voisins (Angleterre, Espagne, Etats italiens et pontificaux), et constate que les mesures favorables ou défavorables (souvent des demi-mesures partiellement appliquées) sont prises dans des circonstances critiques d'opposition plus ou moins déterminée au grands féodaux. La population juive n'aurait alors été qu'un instrument de pression sur ces derniers ? Pour conclure (qu'il s'agisse de conclusions partielles des parties ou de la fin de l'ouvrage), elle affirme que "les mesures sr les Juifs s'inscrivaient dans un contexte politique et édictal destiné à construire l'Etat". Paradoxe : "Rejetés, ils (les Juifs) étaient aussi convoités et disputés ... En apparence contradictoire ou versatile, le fait de chasser ou de rappeler les Juifs relevait d'une même logique, celle de renforcer la souveraineté et d'étendre la réalité du pouvoir royal à la totalité du royaume".

Un livre tout-à-fait intéressant en ce qu'il replace ces situations particulières (et parfois dramatiques certes) dans le cadre plus large de la volonté des souverains de renforcer le pouvoir royal.

Perrin, Paris, 2016, 298 pages. 21,50 euros.

ISBN : 978-2-262-03668-3.

Expulsions, rappels, expulsions, etc.
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19 juillet 2016 2 19 /07 /juillet /2016 06:00

L'âge des guerriers

ou l'aube du Moyen-âge, 476-711

Philippe Richardot

Bien qu'ayant travaillé il y a quelques années sur la fin de l'empire romain, Philippe Richardot nous était indiscutablement plus connu ces derniers temps pour ses ouvrages sur la période de la Seconde guerre mondiale. Il revient en quelque sorte à ses préoccupations antérieures avec ce livre tout-à-fait atypique qui nous propose un très vaste panorama des guerres et des opérations militaires durant cette époque charnière qui va de la fin de l'empire romain d'Occident à la disparition du royaume wisigoth d'Espagne.

Le livre s'ouvre sur une chronologie détaillée de ces quelques deux cent cinquante ans, puis s'organise ensuite en huit grandes parties chrono-thématiques : "Bouleversement géopolitique et changement de civilisation" (en particulier le chapitre 2 consacré aux sources sur la période), "Les armées de Byzance : toujours romaines ?" (dans son organisation, son recrutement, son commandement, son emploi et sa tactique), "Contenir l'empire perse et les montagnards d'Asie" (autour de l'empire perse, de son armée et des combats en Mésopotamie et en Syrie), "Refouler les hordes des steppes" (les Huns, les Avars, mais aussi les Slaves et bientôt -déjà- les questions balkaniques), "Combattre les tribus du désert et du djebel" (les Maures d'Afrique du Nord d'abord, puis les Sarrasins "glaive de l'Islam"), "Résister encore aux Germains dans l'Occident latin" (avec les cas particuliers des Bretons, des Basques et la question de l'héritage militaire romain des royaumes barbares), "Jusqu'où reconquérir l'Occident latin ?" (question posée à Byzance, en guerre en Afrique du Nord, en Italie et plus marginalement en Espagne, et place des Lombards en Italie du Nord), "Guerres entre barbares blonds" (car Francs, Burgondes, Angles et Saxons ne cessent pratiquement jamais de se faire la guerre). Philippe Richardot s'interroge en conclusion sur "la guerre médiévale" et son rapport à "la guerre antique", sur les héritages et les ruptures, sur les fractures géopolitiques nouvelles : "711 ne marqe pas seulement l'intrusion arabe en Espagne, elle date la fin des Goths  comme puissance politique en Europe. Ce peuple qui a contribué à la chute de l'empire d'Occident disparaît de l'histoire. La transition est achevée, une ère nouvelle est née, émondée par le glaive".

Un livre volumineux, extrêmement dense, dont les développement s'appuient sur de très nombreuses citations et références. Un ouvrage qu'il faut "assimiler" progressivement, tant le nombre d'informations est important sur des lieux et des hommes au sujet desquels nous n'avons souvent que des connaissances assez vagues. L'auteur fait ainsi régulièrement la critique des sources contemporaines des événements, aussi bien que de la mémoire qui nous en est restée. Il faut donc, à chaque fois, revenir autant que possible aux faits, ce qui n'est pas toujours facile. Mais indiscutablement un ouvrage absolument essentiel pour quiconque s'intéresse à la période.

Centre littéraire d'impression provençal, 2016, 694 pages, 30,- euros.

ISBN : 978-2-35897-539-1

Âges sombres
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8 juin 2016 3 08 /06 /juin /2016 06:00

Pourquoi Byzance ?

Un empire de onze siècles

Michel Kaplan

Une plongée réussie à la fois dans l'histoire, la mémoire et même le rêve. Spécialiste internationalement reconnu des études byzantines, auxquelles il a consacré l'essentiel de sa carrière universitaire, Michel Kaplan nous propose ici une synthèse sur l'histoire et l'héritage de cet empire réellement millénaire.

L'auteur a la bonne idée de commencer son livre par ce qu'il nomme "L'actualité de Byzance", prologue d'une cinquantaine de pages illustré par ce simple constat : "Qui déambule aujourd'hui dans l'aéroport d'Athènes aura la surprise d'entendre la voix grecque appeler à l'embarquement les passagers pour Constantinople, tandis que la voix anglaise appellera les passagers pour Istanbul sur le même vol". Au-delà la l'anecdote, on comprendra mieux "l'indéfectible solidarité que la Démocratie hellénique à témoigné à la Serbie à la fin de la période Milosevic". Michel Kaplan traite ensuite chronologiquement, et dans le détail, de l'histoire de l'empire romain d'Orient, de son établissement par Constantin à sa disparition le 29 mai 1453, avec la mort au combat de Constantin XI Dragasès. L'histoire d'un combat au-delà du temps pour une certaine conception de l'empire et du pouvoir, dont tous les chefs et rois "barbares" d'Europe occidentale s'inspireront. Au fil de cette longue histoire faite de drames et de rétablissements de dernière minute, de reconquêtes et de crises internes, d'assauts extérieurs et de querelles religieuses, émergent des noms plus ou moins connus, de Justinien à la dynastie des Commènes et aux Lascaris (voir leur palais dans la vieille ville de Nice). Il revient bien sûr sur la prise de la capitale par les Croisés en avril 1204 : la rapacité de Venise et l'appât du gain font que "durant trois jours, la ville est livrée à un massacre furieux et à un pillage insensé" : "Les Chrétiens pillent la première ville de la Chrétienté". L'auteur s'intéresse régulièrement aux évolutions politiques et institutionnelles d'un Etat qui, pour rester autocratique n'en est pas moins fondé sur le droit, et qui doit dans le même temps gérer finement ses dissenssions intérieures et les agressions extérieures (pas uniquement ottomanes). Entre partage volontaire et imposé du pouvoir entre différents héritiers, effets secondaires de la lointaine guerre de Cent ans, conséquences du Grand Schisme d'Occident, la situation ne cesse de se dégrader au XIIIe et au XIVe siècles : lorsque Jean VIII meurt en 1448, l'Eglise refuse "de lui rendre le dernier hommage", ce qui donne une idée de l'état de délabrement de la situation et de la dépreciation de la dignité impériale. Lorsque la deuxième Rome tombe, il ne reste que quelques 7.000 hommes, pour s'opposer aux 100.000 du sultan Mehmet, et elle va pourtant résister plusieurs mois aux assauts, avant que tout ne s'effondre le 29 mai, après une ultime messe à Sainte-Sophie. Dernier paradoxe, au-delà encore, les Ottomans, sous certains aspects, relèveront la dignité impériale.

Une belle, longue et riche histoire, qui nous dit aussi que l'illusion d'un bénéfice matériel immédiat peut gravement compromettre la survie dans la durée.... 

Folio Histoire, Paris, 2016, 490 pages. 8,70 euros.

ISBN : 978-2-07-034100-9.

Histoire et héritage
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25 mars 2016 5 25 /03 /mars /2016 07:46

D'Azincourt à Marignan

1415 - 1515

Musée de l'Armée

L'exposition éponyme au musée de l'Armée est maintenant terminée, mais fort heureusement il nous en reste ce beau volume, presque davantage ouvrage en lui-même que catalogue d'exposition.

Publié sous la direction de Sylvie Leluc, Antoine Leduc et Olivier Renaudeau, commissaires de l'exposition, le livre ne compte pas moins de quinze textes, qui permettent de suivre l'évolution de l'organisation militaire "De l'ost féodal à l'armée royale", puis de s'intéresser à l'armement, à l'équipement et au souvenir de ces troupes, enfin de passer "De l'histoire à la mémoire". Au fil des pages, toutes magnifiquement illustrées de superbes reproductions de matériels, armes et armures, cartes, gravures et tableaux, etc., nous passons de la fin du Moyen-âge à la Renaissance. Comme l'écrit Valérie Toureille dans son introduction, "La victoire de Marignan est aussi l'héritière de plusieurs décennies de guerres. A un siècle de distance, François Ier recueille les fruits de ce que ses prédécesseurs valois ont semé. Il nous faut donc revenir sur ce lent cheminement par lequel Marignan s'éclaire des ombres d'Azincourt". Le cheval d'une part, l'artillerie d'autre part, sont bien sûr particulièrement à l'honneur, en fil rouge en quelque sorte dans de nombreuses contributions. Les grands textes de la période sont évoqués (dont la diffusion des "Traités d'ingénieurs italiens et leur diffusion en France"), tout comme le renouveau du combat d'infanterie, la montée en puissance de l'artillerie, les armes médiévales, etc., et les objets et oeuvres qui furent exposés sont bien sûr présentés (dont un "orgue à douze canons", véritable précurseur du LRM). La dernière partie revient donc sur quelques personnages emblématiques de l'époque comme le maréchal de France Boucicaut, le seigneur de Bayard et sa conception de la guerre, ou Louis II de La Trémoille. On relève enfin un texte très intéressant sur le siège et la bataille de Castillon (1453), entre armée royale et bandes anglo-gasconnes.

Une production qui mérite pleinement de figurer dans cette collection "Beaux Livres" et qui séduira tout autant par la magnifique iconographie que par la qualité des textes. 

Gallimard, Paris, 2015, 271 pages, 35,- euros.

978-2-07-014949-0.

Du Moyen-âge à la Renaissance
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15 mars 2016 2 15 /03 /mars /2016 06:00

Rollon

Le chef viking qui fonda la Normandie

Pierre Bouet

On connaît la réputation sulfureuse des Vikings fondateurs de la Normandie au Xe siècle, mais on ignore généralement qui ils étaient et comment s'organisa le territoire qui leur fut confié.

Dans ce volume, Pierre Bouet nous conte l'histoire des raids dévastateurs de ces hommes du Nord, de plus en plus puissants et prolongés au IXe siècle, au fur et à mesure que l'empire caroligien s'étiole. Une carte nous en montre d'ailleurs la répartition géographique, jusque dans des cités improbables comme Bourges, Clermont et Rodez. L'auteur précise la généalogie de Rollon, chef viking somme toute secondaire au départ, et le cadre culturel qui était le sien, puis s'intéresse aux raids qu'il conduit lui-même jusqu'en 911, en Angleterre, sur le territoire des futurs Pays-Bas et bien sûr le long de la Seine et jusqu'à Paris. Les négociations préalables au traité de Saint-Clair-sur-Epte entre Rollon et Charles le Simple et le traité lui-même font l'objet d'un chapitre complet, puisque celui-ci est considéré comme "l'acte de naissance" de la Normandie (on note l'original tableau de synthèse de l'évolution des propositions et négociations), à une époque où des territoires importants (en Bourgogne ou au sud de la Seine) s'émancipent de la tutelle royale. Le rôle clefs de certains évêques dans ces négociations, puis dans la pérennité de la sédentarisation des Vikings, est également lié à leur conversion au christianisme et aux dons généreux que Rollon et les siens font à l'Eglise. Les vingt premières années de l'installation des Vikings sont difficiles, du fait de la poursuite des raids par d'autres bandes, mais Rollon reste fidèle à sa parole et loyal au roi Charles et impose sur ses terres un pouvoir fort. Le livre se termine sur "La construction du mythe", jusqu'à la mise en scène d'une origine "troyenne" des Normands et faisant de Rollon "l'élu de Dieu". L'aventure se poursuivra au siècle suivant, vers l'Italie du Sud et la Sicile. Mais ceci est une autre histoire...

Document et bien référencé (l'auteur sait critiquer les sources très discutables du Moyen-Âge), l'ouvrage n'est pas très volumineux et se lit facilement. Un sujet original et traité de manière agréable.

Tallandier, Paris, 2016, 220 pages. 19,90 euros.

ISBN : 979-10-210-1746-7.

Naissance de la Normandie
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29 janvier 2016 5 29 /01 /janvier /2016 06:00

Mahomet et Charlemagne

Henri Pirenne

Effet de mode avec les difficultés internationales actuelles, ou simple "redécouverte" d'un ouvrage un peu ancien au prisme des conflits moyen-orientaux ? Toujours est-il que ce livre, paru en 1937, donne une interprétation peu courante du passage de l'empire romain au Moyen-Âge : les invasions barbares n'y seraient pour rien et il faudrait en rechercher la cause dans l'irruption de l'Islam en Méditerranée au VIIe siècle.

Sur la forme tout d'abord : le style est vif, les phrases courtes, mais souvent péremptoires et ne laissant la place à aucune discussion. L'auteur affirme et mène sa démonstration comme celle d'une équation mathématique. Des formules comme "En réalité", "On peut affirmer", etc... scandent de brefs paragraphes qui ne laissent pas vraiment la place à d'autres interprétations, même si Henri Pirenne reconnaît ici ou là que les sources manquent et qu'il s'agit parfois de suppositions qu'il veut logiques. Ceci étant dit, le livre est d'une extraordinaire richesse factuelle pour quiconque s'intéresse à l'histoire de l'Europe entre les Ve et IXe siècles. S'appuyant sur une connaissance quasi encyclopédique de cette époque, pratiquant avant l'heure une histoire globale qui accorde une place importante à l'économie, aux mouvements des populations, à la circulation monétaire ou à l'organisation politique, l'auteur commence par expliquer que, contrairement à une croyance largement répandue, la civilisation romaine perdure longtemps en Occident après la fin théorique de l'empire romain lorsque Odoacre dépose Romulus Augustulus en 476. Il s'appuie pour cela sur l'analyse des flux économiques d'Afrique et d'Orient vers l'Europe occidentale et le statut que les souverains barbares acceptent, voire revendiquent, par rapport à l'ancien empire, dont subsiste à Byzance l'expresson orientale. C'est avec l'expansion de l'Islam en Méditerranée au VIIe siècle que, selon lui, la situation se dégrade rapidement, les Occidentaux perdant la maîtrise des voies maritimes, alors que les questions politiques aussi bien que religieuses empoisonnent les relations entre autorités religieuses et pouvoir séculier aussi bien qu'entre Constantinople et Rome. Il accorde ainsi une place essentielle à "l'unité méditerranéenne", dont la disparition favorise l'émergence d'un nouvel empire centré sur le nord de l'Europe (au détriment des provinces méridionales qui s'appauvrissent), celui de Charlemagne : "La transition a été longue. On peut dire qu'elle occupe tout le siècle, qui va de 650 à 750. C'est pendant cette période d'anarchie que la tradition antique se perd et que les éléments nouveaux prennent le dessus. L'évolution s'achève en 800". On peut certes discuter la thèse ("Sans l'Islam, l'empire franc n'aurait sans doute jamais existé, et Charlemagne sans Mahomet serait inconcevable"), mais il faut aussi reconnaître que la précision des descriptions, des données chiffrées, etc. est impressionnante. On est avec le duc de Bénévent en lutte contre les rois lombards, avec le pape dans ses difficiles rapports théologiques et temporels avec Constantinople pour rester le premier prince de l'Eglise, avec les derniers Mérovingiens et les premiers Carolingiens, dans Gènes pillée par les Arabes, avec Bélisaire rétablissant la prééminence de l'empire en Italie ou avec Charles en guerre contre les Frisons ou les Saxons, etc.

Un ouvrage indiscutablement important, dont il faut savoir qu'il a été très critiqué ; qu'il faut lire attentivement tout en le complétant avec les apports de l'historiographie depuis une soixantaine d'années. Mais une indiscutable mine de renseignements.

'Texto', Tallandier, Paris, 2016, 363 pages, 8,- euros.

ISBN : 979-10-210-1426-8.

Influences méditérranéennes
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1 octobre 2015 4 01 /10 /octobre /2015 06:00

Bertrucat d'Albret

ou le destin d'un capitaine gascon du roi d'Angleterre

pendant la guerre de Cent Ans

Nicolas Savy

Nous écrivons souvent qu'il ne faut jamais oublier la richesse des productions régionales et l'importance de ces historiens quis se disent trop modestement "locaux". En voici une nouvelle preuve avec cette excellente biographie d'un personnage haut en couleurs, grand capitaine et acteur essentiel de la guerre de Cent Ans dans le grand Sud-ouest. Nous chroniquions il y a quelques mois le très intéressant Robert de Sarrebrück, ou l'honneur d'un écorcheur, de Valérie Toureille (ici), dont les évènements se déroulent sur les marches de l'Est entre le royaume de France et l'empire germanique, voici une véritable avancée dans notre connaissance des évènements et des opérations militaires entre le Quercy et l'Espagne.

Fin connaisseur du Moyen-âge et de la guerre de Cent Ans dans sa région, Nicolas Savy nous offre en effet plus qu'une biographie. Si Bertrucat d'Albret est bien sûr au coeur du livre, dont il constitue le personnage principal et le fil rouge, l'auteur sait en effet s'intéresser plus largement à la société du temps, à la question des lignages et des fidélités entre suzerain et vassal, et surtout aux aspects proprement militaires et tactiques de cette "petite guerre" dans la grande. Issu "par la cuisse gauche" de l'une des plus grande famille d'Aquitaine, il appartient à la branche fidèle au roi d'Angleterre et duc d'Aquitaine, au service duquel il met ses châteaux et son épée. C'est dans la deuxième partie des années 1350 que se développe son épopée régionale, à partir d'une chevauchée dans la région de Figeac. Dès lors, sa carrière se développe jusqu'en Castille avec Du Guesclin puis le prince Edouard, pillant et rançonnant au fil de ses déplacements presque constants,mais se constituant aussi au fil du temps un patrimoine important. Entre Franco-Castillans et Anglo-Gascons, les accrochages, embuscades, prises de villages et de châteaux se succèdent : Bertrucat d'Albret est devenu "une figure marquante du milieu militaire anglo-gascon", célèbre pour son courage et pour son audace, dont les alliances locales et les traités plus ou moins familiaux font régionalement un acteur incontournable de la lutte entre les deux royaumes : "Il installait en quelque sorte un système féodo-vassalique parallèle et, s'il ne tirait pas forcément parti financièrement de toutes les actions réalisées par les chefs routiers, il n'étendait pas moins son pouvoir sur un large territoire en s'appuyant sur la clientèle qu'ils constituaient ... On pouvait considérer qu'il rassemblait sous sa bannière les capitaines qui le reconnaissait comme supérieur tout comme un suzerain aurait rassemblé ses vassaux". Après une campagne en Navarre puis de nouvelles opérations dans le Périgord, il se lance aussi dans les affaires commerciales, et en particulier le commerce du vin avec Londres, où il séjourne longuement. Parvenu au faîte de sa puissance au début des années 1380, il est l'un des principaux représentant du roi d'Angleterre dans le Sud-ouest et se bat désormais autant sinon plus sur le terrain juridique pour faire reconnaître ses droits (ou ceux qu'il estime devoir lui revenir) sur telle ou telle propriété ou pour telle ou telle charge officielle, que sur le champ de bataille.

Fidélité à son lignage, fidélité au roi d'Angleterre, fidélité à l'organisation hiérarchique de la société féodale : "Si Bertrucat se distingue des autres membres de la noblesse, ce n'est pas tant par ses activités guerrières -ce n'était finalement qu'une façon de faire la guerre- que par la durée, l'intensité et la diversité de sa carrière. Il fut en effet de tous les combats pendant plus de trente ans, ... en cela sa vie fut une véritable chanson de geste où l'esprit d'aventure fut omniprésent". Une belle et riche biographie, toujours référencée, illustrée de cartes, qui mérite d'être largement connue. Sans compter que ces randonnées du Quercy à l'Ardèche et en Castille vous ont un goût d'aventures...

Editions Archeodrom, Pradines, 2015, 476 pages, 30,- euros.
ISBN : 978-2-9534952-3-2.

Routier et capitaine
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14 septembre 2015 1 14 /09 /septembre /2015 06:00

Réédition en format poche de deux ouvrages intéressants

Les Plantagenêts

Origines et destin d'un empire

Jean Favier

Paru pour la première fois en en 2004, cet ouvrage de l'un des plus grands spécialistes de la période nous présente toute l'histoire d'une dynastie exceptionnelle qui connaît son âge d'or entre Aliénor d'Aquitaine et Richard Coeur de Lion, et dont les possessions s'étendent finalement des Pyrénées à l'Irlande. Une analyse à la fois chronologique et thématique qui n'oublie jamais le contexte, cette société du Moyen-Âge avec ses liens de féodalité et sa diplomatie familiale. Un plaisir de lecture et une grande richesse sur le fond.

'Texto', Tallandier, Paris, 2015, 960 pages. 12,90 euros

ISBN : 979-10-210-0881-6.

L'ordre des Templiers

John Charpentier

A propos de la même époque, une histoire (régulièrement rééditée en France depuis 1977) de l'ordre le plus célèbre de moines-soldats pendant les croisades. Plutôt spécialiste des biographies des grands hommes du XVIIIe et du XIXe siècles, John Charpentier nous propose une histoire somme toute classique des deux siècles d'existence de l'ordre du Temple et de son organisation, en Orient comme en Occident. Plusieurs annexes ("Pièces justificatives") complètent le livre, qui s'intéresse à la fois à la vie quotidienne des chevaliers et aux questions géopolitiques de l'époque. 

'Texto', Tallandier, 2015, 364 pages, 10,- euros.

ISBN : 979-10-210-0878-6.

Moyen-ÂgeMoyen-Âge
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3 juin 2015 3 03 /06 /juin /2015 06:00

Secrets et mystères des Templiers

Gilles Van Grasdorff

Encore un livre sur les Templiers et, bien sûr, sur leurs "mystères", nous annonce le titre. En lisant la bibliographie personnelle de l'auteur au début de l'ouvrage, on se rend compte que l'essentiel de ses nombreux ouvrages concerne le Thibet et le Dalaï Lama, et parmi les derniers titres publiés on voit passer les secrets de l'île de Paques et les SS dans l'Himalaya. L'introduction fait longuement référence à Marcel Jullian et à son adaptation des Rois maudits, évènement télévisé mais sans doute pas référence historique. L'étonnement augmente lorsque l'on trouve Le matin des magiciens de Pauwels et Bergier dans les notes de référence...

C'est donc avec une réserve certaine que la lecture du livre a été poursuivie. Peu à peu pourtant, on se prend à lire avec plus d'attention car l'auteur consacre très sérieusement certains chapitres à des aspects moins connus de la puissance templière. Ainsi, le développement de l'Ordre dans certaines régions (Provence, Lorraine, etc.), son rôle économique en Occident, la réalité de sa marine (thème très rarement abordé) et son rôle de banquier. On regrette toutefois que les très nombreuses informations mises bout-à-bout sur ces derniers sujets ne fassent pas l'objet d'une analyse plus développée. On apprend que le Temple reçoit de tels et tels seigneurs et nobles une maison ici, un champ là, un moulin ailleurs, mais on attend une synthèse qui ne vient pas. Tout cela pour quoi ? Qu'est-ce que cela représente ? Quel est le poids relatif de cette puissance économique dans l'équilibre des forces dans certaines régions ? De même, la dernière partie, "Tempêtes", précise-t-elle avec beaucoup de détails les longs déplacements à travers l'Europe que Jacques de Molay entreprend à la fin du XIIIe s., dans les mois qui précèdent les arrestations et le procès, mais sans en tirer d'enseignements généraux : pour quel objectif ?, avec quel résultat ? Et si le récit des arrestations effectuées partout le même jour pour abattre la puissance de l'Ordre est intéressant, la conclusion enfin manque singulièrement d'ampleur.

Un sentiment finalement mitigé donc pour ce livre qui donne indiscutablement beaucoup d'informations. Un livre que l'on pourra utiliser comme "source indirecte" pour compléter d'autres travaux. Mais, finalement, bien peu de "secrets" ou de "mystères", sans parler de "trésor"...

Presses du Châtelet, Paris, 2015, 299 pages. 19,95 euros.

ISBN : 978-2-84592-605-9.

Ordre du Temple
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Qui Suis-Je ?

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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

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doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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