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8 décembre 2020 2 08 /12 /décembre /2020 00:01

Allemagne et France

au coeur du Moyen-Âge

Dominique Barthélemy et Rolf Grosse (Dir.)

Une intéressante approche comparative à une époque où, certes, ni la France ni l'Allemagne n'existent sous leur forme actuelle, mais où les fondamentaux, en particulier culturels, sont déjà nettement perceptibles.

L'ouvrage compte une vingtaine de contributions d'une grande richesse et s'ouvre sur un texte, signé des deux directeurs, qui évoquent les relations, les proximités et les différences entre territoires français et allemands de l'époque romaine au XIIIe siècle. Parmi tous les sujets traités au fil du livre, dans le domaine des arts, de la culture, de la politique (dont une intéressante contribution sur le tournoi chevaleresque et la naissance des armoiries), nombreux sont ceux qui abordent les questions militaires et politico-militaires de l'époque ou qui évoquent quelques figures emblématique de la période. Celle de Stéphane Lebecq nous rappelle par exemple que Hugues Capet, fondateur d'ne de nos grandes dynasties, est le petit-fils d'Henri Ier l'Oiseleur, roi de Germanie. Une ascendance rarement évoquée. Jean-Louis Kupper dresse un portrait "implacable" du duc Gislebert de Lotharingie, qui oscille entre France et Allemagne : "Dans le domaine des armes, son audace était extrême, à tel point qu'il ne redoutait pas d'affronter tel obstacle tenu pour insurmontable". Les deux directeurs d'ouvrage reprennent la plume ensemble pour nous parler de la trêve de Dieu, "de la Catalogne à Cologne", dont ils relatent la naissance et l'évolution jusqu'à son apparition en Europe du Nord une cinquantaine d'années plus tard, et en décrivent les modalités. Gerhard Lubich nous raconte la campagne méconnue d'Henri V d'Allemagne contre la France en 1124, Jean-René Valette évoque "La métamorphose allemande de Perceval", devenu Parzival, et Dominique Barthélemy s'intéresse aux "Allemands à Bouvines" : "La bataille de Bouvines, du 27 juillet 1214, ne fut donc pas vraiment franco-allemande. Elle a été menée et gagnée par l'armée royale française contre la chevalerie de Flandre et du Hainaut, groupée autour du comte Ferrand, imparfaitement appuyée par un contingent impérial. Et un comte anglais a eu sa part de défaite à peu près autant que ce dernier. Au soir des combats, les vainqueurs ont répertorié 127 chevaliers prisonniers, dont à peine 25 Allemands".

Excellemment mis en page, superbement illustré, bénéficiant d'une impression de qualité sur un beau papier, ce livre passionnera tous les amateurs d'histoire du Moyen-Âge et au-delà tous ceux qui s'intéressent à l'histoire franco-allemande dans le temps long. Particulièrement apprécié sur le fond et dans la forme. La qualité de sa réalisation peut en faire un joli cadeau en cette période de fin d'année.

Passés/Composés, Paris, 2020, 238 pages, 29,- euros.

ISBN : 978-2-3793-3231-9.

Pour commander directement le livre : ici.

France / Allemagne

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16 novembre 2020 1 16 /11 /novembre /2020 00:01

1328 - 1453

Le temps de la guerre de Cent ans

Boris Bove

L'utile série "Histoire de France" de Folio est complétée par deux ouvrages que nous chroniquons aujourd'hui et demain. Le premier, sous la signature de Boris Bove, traite de la période de la guerre de Cent ans.

Dans la mémoire collective, ces XIVe et XVe siècles sont profondément marqués par la misère, les désolations, les famines, les épidémies et tous les malheurs de la guerre. Sans négliger cette réalité, Boris Bove nous montre aussi que cette vision exclusive est faussée. L'époque est également celle de la construction d'un Etat royal moderne qui se dégage du cadre féodal et de l'émergence d'un sentiment national dont Jeanne d'Arc est en quelque sorte le symbole.

Le volume est divisé en deux grandes parties. La première, en plus de douze chapitres et 500 pages, reprend chronologiquement le fil de l'histoire de cette période, avec un grand souci de la précision, en s'appuyant sur les chroniques du temps mais aussi en les critiquant. Durant cette période, la nécessité de financer l'effort de guerre voit le réaménagement du système fiscal, et les revenus de l'impôt permettent de solder des troupes, amenant à la naissance de l'armée permanente aux ordres du pouvoir royal. Les complexes questions de suzeraineté et de vassalité sont expliquées, le rôle des grands seigneurs précisé, mais aussi les conséquences économiques, agricoles et sociales de ces conflits récurrents. Dans une société fragilisée, la religion conserve une place absolument essentielle, et la forte mortalité enregistrée durant cette période favorise un indéniable mouvement d'ascension sociale. A la fin de la période, l'Etat royal est consolidé, le souverain dispose d'une armée permanente mais les grands princes (Bourgogne, Bretagne, Béarn) conservent encore l'essentiel de leurs prérogatives. La seconde partie, "L'atelier de l'historien", présente et analyse en quatre chapitres les très nombreuses sources disponibles et revient en particulier sur trois questions thématiques : la "crise" du Moyen-Âge, ses explications et conséquences ; Jeanne d'Arc, entre histoire et mémoire, de Charles VII aux années 2000 ; l'alimentation, avec ses difficultés, ses produits "phares" et ses spécificités. Tout au long du volume, chaque chapitre fait l'objet d'une utile conclusion partielle, et l'on apprécie la présence d'un encart central de cartes en couleurs qui permet de visualiser l'évolution des fiefs et apanages, ainsi que quelques phases de la guerre de Cent ans.

Complété par d'utiles annexes, bibliographie, etc., ce volume à la fois érudit et d'accès aisé est nécessaire à tout étudiant en histoire mais peut aussi aisément devenir pour tout un chacun un outil de travail et de référence à conserver à portée de main.

Folio Histoire, Paris, 2020, 850 pages. 12,90 euros.

ISBN : 978-2-07-279903-7.

Pour commander directement le livre : ici.

Chronologie et fondamentaux (1)

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1 novembre 2020 7 01 /11 /novembre /2020 00:01

Combattre au Moyen-Âge

Daniel Jaquet

Qu'en était-il exactement des moyens et techniques de combat au Moyen-Âge ? C'est à cette question que l'auteur s'efforce de répondre dans le court format d'un livre de poche.

Le texte est particulièrement édifiant. Il commence par essayer d'identifier qui se bat : finalement tout le monde, ou presque, et "l'art du combat" (avec l'épée ou le bâton long par exemple) n'est pas réservé à la noblesse, loin de là, même si celle-ci a les moyens financiers de disposer de tous les (meilleurs) équipements. Grâce à sa profonde connaissance des textes anciens, qu'il nous présente au fil du livre et en particulier au chapitre 3, Daniel Jaquet revient par exemple sur le combat en armure. A peu de chose près, le poids supplémentaire supporté par le combattant est sensiblement égal à celui que connaît le soldat d'aujourd'hui. Il a procédé à diverses expériences et a pu mesurer que l'amplitude des mouvements étaient peu touchée. Contrairement à une idée reçue répandue depuis le XIXe s., il n'était pas nécessaire de disposer d'un système de grue pour monter à cheval ainsi équipé et il était parfaitement possible de combattre à pied. De la même façon, Daniel Jaquet s'attarde sur le combat à la hache et surtout sur le combat à l'épée, notamment l'épée longue. Ici aussi, les idées reçues sont nombreuses et, s'appuyant sur les premiers ouvrages techniques sur l'art du combat, il nous offre de belles descriptions des combats ritualisés, jeux chevaleresques, joutes et "pas d'armes".

Le livre se termine sur une chronologie, un utile glossaire et une riche bibliographie. Un petit volume qui passionnera sans aucun doute tous les amateurs du Moyen-Âge et au-delà tous ceux qui s'intéressent aux sports de combat.

Editions Arkhé, Paris, 2020, 157 pages. 9,50 euros.

ISBN : 978 29 18682 79 0. 

Se battre

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20 octobre 2020 2 20 /10 /octobre /2020 00:01

Jeanne d'Arc

Valérie Toureille

Plusieurs ouvrages récents ont maintenu l'intérêt pour la sainte proclamée patronne de la France en 1922 (ici par exemple) et Valérie Toureille, spécialiste du Moyen-Âge (ici entre autre), explique en introduction sa volonté de rédiger cette biographie par, entre autres, l'exploitation de nouveaux gisements d'archives et souhaite en particulier "insérer son épopée dans son environnement". Elle explique très justement que "la recherche historique commence toujours par un travail de détective" et reconnaît que "la vérité à laquelle j'aspire est nécessairement partielle, mais elle s'efforce d'être impartiale en s'appuyant sur les textes, sans rien ignorer des difficultés de leur interprétation".

L'ouvrage présente ainsi un intérêt tout particulier qui est de nous donner de très nombreuses et précises informations sur ceux qui entourent et accompagnent Jeanne, ceux qu'elle rencontre. La contextualisation est particulièrement poussée ("A sa façon, Jeanne est une héritière d'Azincourt, comme l'étaient, à leur manière, Charles VII, le Bâtard d'Orléans, les capitaines de guerre, mais aussi tous les anonymes qui, spontanément, dans un pays abandonné par ses élites, se mirent à résister à l'occupation anglaise"), et on apprécie par exemple le chapitre 8, consacré à "Jeanne, les femmes et la guerre". Qu'il s'agisse de la description des ultimes combats autour de Paris et Compiègne, ou de son procès, la profusion de détails, d'explications, de descriptions est tout-à-fait passionnante et l'on prend rapidement conscience qu'il ne s'agit pas d'une Nième biographie, mais bien d'une étude originale sur, en quelque sorte, Jeanne d'Arc et son temps.

A ce titre (au moins), le livre de Valérie Toureille ne peut qu'intéresser au plus haut point tous les amateurs de l'épopée de la Pucelle, mais aussi bien au-delà tous ceux qui se passionnent ou s'interrogent sur la guerre de Cent ans et le Moyen-Âge. Les seize pages de bibliographie et sources permettront à ceux qui le souhaitent d'aller plus loin et un index très complet clôture le volume. Une lecture agréable et enrichissante.

Perrin, Paris, 2020, 427 pages, 24,- euros.

ISBN : 978-2-262-06394-8.

La Pucelle

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13 septembre 2020 7 13 /09 /septembre /2020 00:01

Atlas de la France médiévale

Hommes, pouvoirs et espaces

Antoine Destemberg

Chaque nouveau volume de cette collection est un plaisir de découverte. Avec ce nouveau volume, nous plongeons aux origines de notre pays, de la naissance du regnum francorum au royaume de France.

L'auteur nous entraîne sur près de dix siècles d'histoire politique et militaire, mais aussi économique, culturelle, religieuse, sociale. Les cartes, plans et graphiques, parfaitement lisibles, sont d'une grande précision (plans des abbayes de Cluny et de Fontenay par exemple). De l'empire de Charlemagne à la Francie occidentale, de la fondation des universités au Languedoc cathare, des sépultures royales de Saint-Denis à la peste noire, tout est expliqué et parfaitement illustré par la cartographie.

Un volume dès à présent indispensable à tous les amateurs de la période (l'esthétique couverture me rappelle certaines fresques du Palais des papes en Avignon).

Autrement, Paris, 2020, 95 pages, 24,- euros.

ISBN : 978-2-7467-5592-5.

Moyen-Âge

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8 septembre 2020 2 08 /09 /septembre /2020 00:01

Isabelle de France

Reine d'Angleterre

Sophie Brouquet

Fille de Philippe IV le Bel, surnommée "la Louve de France", Isabelle de France règne de fait sur l'Angleterre entre son mari, Edouard II, le plus mal aimé des rois d'Angleterre, qu'elle est (injustement) soupçonnée d'avoir fait assassiner, et son fils, Edouard III, pendant la minorité de celui-ci.

Loin des idées reçues véhiculées par la série "Les rois maudits", Sophie Brouquet, professeure d'histoire du Moyen-Âge, dresse le portrait d'une princesse capétienne dont le souvenir a été noirci par les romanciers populaires et utilise tout en les critiquant les sources disponibles. Pour l'auteure, "le retour aux sources médiévales permet de dessiner la personnalité beaucoup plus complexe et l'existence inouïe d'une femme placée au centre de la politique de son temps". En seize chapitres chronologiques, elle nous décrit non seulement la vie d'Isabelle, mais aussi l'Angleterre et moins directement la France de l'époque. D'une plume alerte, elle nous raconte également l'histoire compliquée des campagnes d'Ecosse et d'Irlande menées par les souverains anglais tendis que la misère et les calamités poussent le peuple à la révolte. Dans ce contexte très particulier, la jeune reine, par ailleurs très pieuse, commence à jouer son propre jeu politique, au milieu d'une cour non seulement itinérante mais en perpétuel déplacement. Elle remplit une importante et longue mission diplomatique auprès de son frère Charles IV à la cour de France, au terme de laquelle elle se sépare de son mari, soumis à l'influence néfaste de favoris. A partir du début de l'année 1326, elle complote effectivement contre son (ex)mari et prépare l'invasion de l'Angleterre, réalisée en septembre avec environ 1.500 hommes. Isabelle et son fils rallient les nombreux mécontents  et après moins de deux mois d'une campagne qui ressemble plus à une promenade militaire, la victoire est totale, ses ennemis défaits et exécutés, et Edouard II accepte sa déposition en faveur de son fils, âgé de 14 ans : "Désormais, Isabelle tient les rennes du pouvoir tout en préservant les apparences". La mort de son (ex)mari, les difficultés avec l'Ecosse et avec la France (toujours à propos de l'Aquitaine), la rébellion du comte de Lancastre jusque-là fidèle de la reine, marquent cette période, jusqu'à ce qu'Edouard III, à l'automne 1330, se révolte à son tour contre sa mère en faisant arrêter puis juger et exécuter son conseiller et amant et en assurant désormais la réalité du pouvoir. Retirée dans ses propriétés, elle décède en août 1358.

Une biographie tout à fait intéressante, complétée par d'utiles annexes, une chronologie, un état des sources et une bibliographie, etc.  L'histoire méconnue d'une princesse de France devenue reine d'Angleterre.

Perrin, Paris, 2020, 427 pages, 23,- euros.

ISBN : 978-2-262-07722-8.

REINE MAUDITE

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20 avril 2020 1 20 /04 /avril /2020 00:05

La vie dans un village médiéval

Frances & Joseph Gies

Rédigé par un couple d'historiens spécialistes du Moyen-Âge, ce livre nous transporte aux XIIe-XIIIe siècles dans le village anglais d'Elton, à 110 km. de Londres. Fort bien traduit par Christophe Jaquet, facile à lire, il apporte une indiscutable plus-value à notre connaissance de cette période et nombre de ses conclusions sont parfaitement transposables aux villages du continent.

En dix chapitres thématiques, les auteurs nous entrainent de l'apparition du village médiéval ("Sur le plan social, économique et politique, c'était une communauté", l'une des idées directrices du livre), essentiellement paysan, à sa (quasi) disparition à la suite d'épidémies et de très mauvaises récoltes à partir de la fin du XVe s. Successivement, nous sont présentés le seigneur (remise en perspective de l'organisation politique), rarement présent, et surtout les villageois ("Ils nous ressemblaient beaucoup, ils n'étaient ni des rustres ni des idiots, mais des hommes et des femmes qui vivaient dans un monde plus difficile"), dans leurs activités et leur mode de vie. Frances et Joseph Gies s'intéressent à la vie sociale et familiale des familles de paysans, à l'organisation de la paroisse ("le village formait une communauté religieuse aussi bien que laïque"), avec son fonctionnement, ses revenus, etc. L'organisation et le fonctionnement de la justice est enfin au centre de leurs préoccupations, avec le rôle des intendants, le déroulement des procès, etc.

Un ouvrage tout à fait passionnant, parfaitement référencé (plus de 20 pages de notes), ponctué de nombreuses illustrations (hélas en noir et blanc trop sombre), et qui se termine par une riche bibliographie, un utile glossaire et un index complet. 

Les Belles Lettres, Paris, 2020, 309 pages. 16,90 euros.

ISBN : 978-2-251-45083-4.

Vie quotidienne

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25 février 2020 2 25 /02 /février /2020 00:05

Aux origines de l'Etat breton

Servir le duc de Bretagne aux XIIIe et XIVe siècles

Yves Coativy

Avec la dynastie de la maison de Dreux, la Bretagne connaît aux XIIIe et XIVe siècles une période de paix mais aussi d'organisation interne qui annonce l'émergence d'un Etat indépendant.

Yves Coativy, professeur d'histoire médiévale à Brest, était sans doute le plus à même de rédiger cette belle étude sur l'une des périodes les moins connues de l'histoire bretonne. En onze chapitres, il décrit avec soin ce qu'est alors la Bretagne ducale. Après avoir rappelé d'où vient la dynastie (capétienne) et l'état de la société, il identifie les sources disponibles. Les chapitres 3 à 6 traitent de la personne des ducs de Bretagne et de leur environnement immédiat : "Le duc en son domaine" avec la question de l'agrandissement du domaine privé et les revenus personnels du duc, "Lieux de pouvoir" avec la présentation des principales résidences ducales et de leur rôle, "Le duc en son conseil" avec les principales charges des subordonnés immédiats et la naissance d'un parlement, et enfin "Le duc, ses proches et l'Hôtel" avec l'évolution de l'Hôtel ducal et les hommes au service du grand seigneur. Les chapitres 7 à 10 s'intéressent aux différentes strates de l'administration du territoire, des grands les plus proches du duc aux religieux, aristocrates et négociants internationaux, en descendant au niveau des baillages et châtellenies ducales (aux contours mouvants et à la durée de vie parfois éphémère), puis des sénéchaux et enfin des officiers domaniaux jusqu'aux agents subalternes comme les forestiers, les meuniers ou les éclusiers. Il précise les fonctions de chacun et note au fur et à mesure l'évolution du maillage du territoire. Le dernier chapitre enfin s'attache à déterminer l'importance relative et les effets des rémunérations, privilèges et cadeaux offerts par le duc à ses officiers et employés, en particulier dans leurs conséquences de progression sociale. Passant progressivement d'une organisation strictement féodale aux prémisses d'un Etat, dont les grandes fonctions de plus en plus administratives sont confiées à des clercs, la Bretagne des Dreux constitue un bon exemple de l'évolution des grands domaines à cette époque (comme le royaume capétien ou le duché de Savoie), en dépit de la rareté de certaines sources.

Etant depuis toujours passionné par l'histoire de la Provence et celle de la Bretagne (mon côté celto-ligure !), j'ai trouvé ce livre tout particulièrement intéressant. Il séduira indiscutablement, au-delà des seuls Bretons, tous ceux qui s'intéressent à l'évolution de leur province durant ces XIIIe et XIVe siècles.

Presses universitaires de Rennes, 2019, 342 pages, 26,- euros.

ISBN : 978-2-7535-7828-9.

Bretagne

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18 février 2020 2 18 /02 /février /2020 00:05

La chanson de Roland

Son récit (datant d'avant le cycle arthurien) a été très tôt repris dans toute l'Europe, et son héros a été honoré dans tous les pays de notre continent. La Chanson de Roland est indiscutablement un élément fondateur de la culture européenne.

Chacun connait plus ou moins l'histoire de cette expédition de Charlemagne en Espagne et de la disparition de l'arrière-garde commandée par Roland dans un col pyrénéen. Cette belle traduction, qui séduira tous les amoureux de grande littérature, restitue toute la poésie et le lyrisme de la chanson de geste et nous donne à (re)découvrir un Roland à la fois de chair et de légende. Les soixante premières pages sont consacrées à la présentation et à l'explication du texte original, puis s'ouvre la "Chanson" proprement dite. Il s'agit d'un véritable drame épique, avec sa trahison fatale, ses états d'âme, l'exacerbation du sens de l'honneur, l'esprit de sacrifice et la mort du héros.

Un récit qui n'est, bien sûr, pas à prendre comme un témoignage historique (les chiffres en particulier sont fantaisistes), mais qui participe indiscutablement de notre fond culturel et de valeurs commun et qui, à ce seule titre au moins, mérite d'être mieux connu. Un volume imprimé avec soin.

Les Belles Lettres, Paris, 2020, 248 pages, 25,- euros.

ISBN : 978-2-251-45043-8.

Geste épique

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27 janvier 2020 1 27 /01 /janvier /2020 00:05

Le peuple templier

1307 - 1312

Alain Demurger

Une véritable somme pour les spécalistes, plus difficile à utiliser pour le commun des amateurs.

Grand spécialiste des ordres religieux du Moyen-Âge (ici par exemple), Alain Demurger nous propose de partir à la recherche de données objectives chiffrées. Il s'efforce ainsi de recenser, autant que les archives disponibles le permettent, de "compter" véritablement, les Templiers du royaume de France à partir des procès-verbaux lors des procès faits à l'ordre au début du XIVe s. ll dresse ainsi trois listes : les Templiers français, les Templiers étrangers qui se trouvaient en France et les lieux Templiers. Ce catalogue prosopographique, qui rappelle dans une première partie les grandes étapes de la destruction de l'ordre par le roi de France, comptabilise ansi plus de 2300 noms, mais est loin d'être complet : "Pour autant, ces chiffres ne donnent qu'une indication partielle, précise mais partielle, de la réalité templière en 1307-1312. Nous n'avons là qu'une partie des templiers existant dans le royaume". De même, la liste de plus de 300 établissements templiers (classés par ordre alphabétique, en indiquant pour chacun son diocèse d'appartenance à l'époque et son département actuel) n'est pas exhaustive. Selon l'auteur lui-même, il s'agit "des plus justes des chiffres faux" ! Chaque brève notice biographique donne les quelques éléments disponibles pour le templier considéré (en particulier sa fonction -chevalier, sergent, chapelain- et Alain Demurger appelle d'autres historiens, à partir de ces listes, à compléter le travail et à établir (progressivement sans aucun doute, et il évoque en particulier la ressource de toutes les archives départementales) un véritable dictionnaire prosopographique. Une ambition au-delà de la vie d'un homme !

Un travail de fourmi impressionnant et pourtant loin de mettre un point final à la recherche. Combien de milliers de templiers en France à la fin de l'ordre ? La question reste posée.

CNRS Editions, Paris, 2019, 559 pages, 39,- euros.

ISBN : 978-2-271-11840-0.

Moines-soldats

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Qui Suis-Je ?

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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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