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26 septembre 2016 1 26 /09 /septembre /2016 06:00

Pourquoi les Khmers rouges

Henri Locard

Le régime de terreur dit "du Kampuchéa démocratique", instauré par les Khmers rouges au Cambodge, a été accueilli en 1975 en Occident, et particulièrement en France, par des textes systématiquement optimistes et positifs de l'intelligensia (on se reportera aux articles du Monde de l'époque par exemple). Il a duré en tant que tel moins de quatre ans, mais le drame est insoutenable. La réalité est en effet tout autre que la présentation qu'en firent les "idiots utiles" : celle d'un système concentrationnaire et d'exécutions massives à l'échelle d'un pays.

Le livre d'Henri Locard, réédition enrichie et complétée du volume (déjà excellent !) publié en 2013 (ici) mérite d'autant plus que l'on si attarde qu'il permet de comprendre comment un quart des habitants du Cambodge a pu disparaître. Il utilise en particulier les enquêtes et déclarations lors des procès de 2014 des derniers dirigeants Khmers rouges. On se reportera à notre première présentation, et l'on retiendra cette phrase de la conclusion : "Dans le Kampuchéa soi-disant démocratique, toutes les libertés avaient été abolies et le mot même de 'liberté' avait disparu de la constitution".

Un ouvrage indispensable pour qui s'intéresse aussi bien à l'histoire de l'évolution des idées politiques qu'à celle de l'extrême-Orient.

Editions Vendémiaire, Paris, 2016, 381 pages, 25,- euros.

ISBN : 978-2-36358-239-3.

Trois ans, huit mois, vingt jours
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19 septembre 2016 1 19 /09 /septembre /2016 06:00

Les Chinois

Alain Wang

Partant du constat que ce qui distingue les Chinois du reste du monde est "un mode de pensée, une façon de percevoir et d'aborder les choses", mais aussi que "la mondialisation économique bouscule leur vie quotidienne depuis des décennies", l'auteur, journaliste et enseignant, nous présente un tableau très complet de la Chine d'aujourd'hui.

Les six chapitres thématiques s'intéressent successivement aux Chinois dans leur diversité ("La population : 19 humains sur 100"), y compris les minorités nationales et religieuses ; aux cadres dirigeants du pays ("De Mao à Xi Jinping"), dont les noms sont plus ou moins connus sans que l'on distingue toujours les différences entre eux ; à l'organisation politique et étatique ("A quoi sert le parti communiste aujourd'hui ?") avec cette contradiction entre économie mondialisée et parti unique sur fond de corruption généralisée ; aux catastrophes écologiques et sanitaires connues et à celles qui s'annoncent ("Du désastre écologique à la révolution numérique") ; aux fondamentaux culturels en cours d'évolution ("La famille et la révolution des moeurs"), de la limitation remise en cause des naissances à la place des enfants, des femmes, etc. ; et à la formidable explosion des richesses qui remet en cause à la fois les valeurs traditionnelles et les fondamentaux politiques du part ("Nouveaux riches et nouveaux pauvres"), avec l'abandon des campagnes, la paupérisation mais aussi les nouveaux milliardaires, les régions et les familles déclassées, etc. Tout ceci donne le sentiment d'une bouilloire dont le couvercle politique tient de moins en moins bien.

En à peine plus  d'un demi-siècle (1950-2016), la Chine a, au sens propre, changé de monde, souvent à la suite de situations humainement violentes. Pour l'auteur, aujourd'hui, "l'usine du monde est en panne et l'absence d'un système de protection sociale généralisé et efficace freine la transformation vers une économie basée sur la consommation intérieure". Et le retour proclamé des valeurs traditionnelles, affichées mais systématiquement bafouées, "a tout d'un combat d'arrière-garde". Avec cette annonce finale : "Si le président Xi Jinping arrive à se maintenir au pouvoir jusqu'à la fin de ses deux quiquennats et à fêter le centième anniversaire de la fondation du parti en 2021, la sixième génération de dirigeants communistes pourra difficilement s'opposer à une réforme politique profonde". L'avenir n'est peut-être pas radieux ?

Un livre qui permet de mieux comprendre les choix diplomatiques et stratégiques chinois alors que les menaces de crise(s) sont régulièrement agitées en Extrême-Orient. A conserver.

Tallandier, Paris, 2016, 299 pages. 20,90 euros.

ISBN : 979-10-210-1748-1.

Mystérieux empire du Milieu
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6 août 2015 4 06 /08 /août /2015 07:00

Port-Arthur

8 février 1904 - 5 janvier 1905

Bruno Birolli

L'auteur, auquel on doit une biographie récente du général Ishiwara Kanji, "l'homme qui déclencha la guerre", nous le rappelle à la fin de son bref préambule : "Du point de vue de l'histoire militaire, le 20e siècle commence en 1904 devant Port-Arthur", à l'occasion de cette guerre russo-japonaise qui marque l'émergence du Japon comme grande puissance.

Les premiers chapitres posent le cadre du prochain conflit en présentant successivement la situation en Mandchourie, objet de toutes les convoitises et prélude suppose-t-on à l'ultime démembrement de la Chine, la politique américaine d'Open Door et l'alliance entre Londres et Tokyo, les deux armées en présence avec leurs forces et leurs faiblesses, la situation locale enfin avec la topographie de Port-Arthur et le détail de ses nombreuses positions fortifiées, fortifications souvent dépassées qui n'ont plus que l'apparence de la puissance. Le chapitre 5 est consacré au début des opérations militaires japonaises, avec un raid naval de nuit, le 8 février 1904, contre la flotte russe à l'ancre dans le port. Sans réel succès, cette attaque est prolongée par des escarmouches maritimes pendant plusieurs semaines, les Japonais hésitant à s'approcher sous le feu des batteries côtières, mais l'étau se resserre néanmoins peu à peu sur la garnison que commande visiblement fort mal le général Stoessel (avant d'être relevé d'une partie de ses prérogatives militaires) et que la 3e Armée japonaise commence à débarquer prudemment à une petite centaine de kilomètres de la place forte. Les premières batailles voient déjà l'emploi systématique des tranchées, des réseaux de fil de fer (Nanshan) et Bruno Birolli souligne la qualité de la coordination interarmées chez les Japonais et l'opiniâtreté du soldat russe qui résiste bravement. A la fin du mois de mai, les Russes se sont repliés à 25 km. environ du port et les combats sur les hauteurs de Kenzan se terminent à la baïonnette. L'auteur observe également à plusieurs reprises que les jeunes officiers nippons savent faire preuve d'initiatives et d'idées novatrices, contrairement aux chefs plus âgés, "peu imaginatifs" et qui respectent scrupuleusement la doctrine en vigueur. Les assauts japonais successifs sont soigneusement préparés par l'artillerie (en dépit du manque de pièces lourdes), qui dispose d'un réseau téléphonique complet pour la première fois dans l'histoire militaire : "Une des photos de presse qui étonnent le plus les contemporains de la guerre russo-japonaise est celle du général Oku dirigeant la bataille de Nanshan de derrière un bureau couvert d'une dizaine de téléphones". Mais cela n'empêche pas les pertes d'être très élevées : lors de pratiquement tous les engagements, les Russes perdent beaucoup moins d'hommes que l'armée du Mikado. Le 19 août, lors de l'assaut de la cote 174 défendue par quelques mitrailleuses et deux canons, "malgré le feu incessant de dix batteries japonaises, les Russes tiennent quatre jours. Quand ils se retirent, ils abandonnent 350 morts. Les Japonais payent cette victoire de 1.400 morts et blessés". Déjà, l'artillerie se montre relativement impuissante à détruire les réseaux de fil de fer et malgré la puissance de l'effort japonais, les vieux forts russes tiennent et les régiments de tirailleurs sibériens résistent : les combats sont "d'une rare sauvagerie" et souvent du côté japonais par "une suite d'assauts improvisés et désordonnés, de tâtonnements brouillons". A compter du mois de septembre, comprenant que la victoire sera difficile et longue à obtenir, le commandant en chef japonais doit se résoudre à un siège en règle, marqué par de petites opérations terrestres qui restent extrêmement coûteuses, les pertes se chiffrant à 5000 hommes par mois. L'artillerie tient souvent le premier rôle (y compris avec l'arrivée d'obusiers japonais de 280 mm. ou la mise au point de mortiers de tranchée rudimentaires par les Russes), mais les sapeurs entrent aussi en ligne, aident l'infanterie à se protéger et à progresser, multiplient les sapes contre les forts : "90% des 600 hommes du régiment du génie de la 1ère division meurent". D'autres innovations sont développées : le chemin de fer de campagne facilite la logistique de l'armée nippone, les grenades à main font leur apparition et les torpilles bangalore sont mises au point, les anciennes mines dont les chambres comptent parfois plusieurs tonnes d'explosif sont reises à l'honneur. Une à une, les positions russes sont (très difficilement) écrasées. La place forte tient cependant toujours et parvient même à résister à un nouvel assaut général le 30 octobre : 30.000 hommes attaquent sur un front de 3 kilomètres. C'est un échec cuisant. Si les tranchées russes de première ligne sont (parfois) emportées, les Japonais ne progressent presque pas : "L'armée de siège découvre que le soldat russe est un défenseur hors de pair qui s'accroche dans les ruines des forts et meurt aussi bien qu'un Japonais ... Cet échec est une humiliation". Les assauts reprennent, les attaques se poursuivent, les milliers de morts s'accumulent. Fin novembre-début décembre, l'artillerie se déchaîne tandis que peu-à-peu, mais toujours au prix de pertes très élevées du fait de la résistance et des contre-attaques locales russes, les assaillants progressent : "Lentement, sûrement, mètre par mètre, en les tuant un à un, les Japonais acculent les ultimes défenseurs (de la colline 203) sur le versant-est". Le 15 décembre, la mort à 100 m. des lignes japonaises du général Kondratenko, "l'âme de la défense, celui qui plus que tout autre a fait résister la forteresse", annonce la chute de la place, effective le 31 décembre dans l'après-midi. 

Une bataille qui annonce visiblement les combats de la Grande Guerre (y compris dans une étonnante "fraternisation" le 2 décembre 1904, pendant quelques heures avant que les combats ne reprennent avec autant de violence qu'auparavant), avec son artillerie et ses mitrailleuses d'infanterie. Mais les enseignements n'en sont tirés par aucun pays, "paradoxalement, les enseignements du siège ne sont pas mieux perçus au Japon". Un très bon volume, à méditer, qui se termine par une chronologie détaillée et une petite bibliographie commentée.

Economica, Paris, 2015, 125 pages, 19,- euros.

ISBN : 978-2-7178-6802-9

La page FB de l'auteur : ici.

Première grande bataille du XXe siècle
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4 juin 2015 4 04 /06 /juin /2015 06:00

Le Japon d'Hiroshima

L'abîme et la résilience

Barthélémy Courmont

L'ouvrage est original grâce à un double regard dans le temps long : d'une part, il replace dans leur contexte de l'époque les événements de 1945 en Extrême-Orient, et d'autre part il s'interroge sur les effets et conséquences au fil des années sur la société japonaise dans son ensemble.

Dans les premiers chapitres, Barthélémy Courmont prend en compte la situation de l'ensemble du Japon au premier semestre 1945, qu'il s'agisse des choix de l'armée et du gouvernement, de la position de l'empereur, ou des réactions de la population. Il s'interroge également sur la perception de la prochaine défaite (annoncée ? attendue ?) dans une société à laquelle cette notion est pratiquement étrangère. Il pose ensuite la question de l'utilisation d'une deuxième bombe atomique sur Nagazaki le 9 août 1945, dans le contexte particulier du Japon d'une part, et des Etats-Unis d'autre part à l'époque. Le chapitre "Ici, pas une âme" est particulièrement poignant, car il décrit avec rigueur ce que les deux villes étaient devenues au lendemain de l'explosion et pendant les mois qui suivent  : "Jusqu'à 500 mètres de l'épicentre, toutes les constructions contenant du métal furent détruites" ; "Jusqu'à 1,5 km., les constructions en briques n'étaient pus que des ruines ; jusqu'à 2 km, tous les bâtiments avaient subi des dommages irréparables ... On comptait encore d'importants dommages matériels à 3,2 km de l'épicentre". Au-delà des destructions matérielles, ce sont des centaines de milliers de Japonais qui décèdent ou ont à souffrir des effets de l'explosion, dans deux villes pratiquement rayées de la carte : "La plupart des historiens ont choisi le 31 décembre 1945 comme limite aux décès consécutifs à l'explosion atomique. Cela signifie que si 3000 personnes sont décédées le 1er janvier 1946 de brûlures ou autres blessures, elles ne sont pas répertoriées comme victimes de la bombe". La description de deux cas cliniques (un survivant, une décédée) aux pages 114-115 est assez impressionnante (y compris par la froideur apparente du rapport médical). S'ouvre alors la grande deuxième partie du livre, qui nous entraîne de la fin des années 1940 aux années 1990 dans l'analyse et l'évolution du rapport de la population au nationalisme et aux questions de sécurité et défense, jusque dans les grands rassemblements annuels qui se succèdent à Hiroshima. Paradoxalement, cela n'empêche pas le Japon d'être l'un des tous premiers pays à se tourner, dès la deuxième moitié des années 1950, vers l'énergie nucléaire civile. La relation ambigüe avec les Etats-Unis est profondément modifiée par la guerre de Corée puis la guerre froide, et elle est étudiée au fil des pages (sans que l'ambigüité soit d'ailleurs toujours levée). Enfin, l'auteur s'intéresse aux survivants (il y en a), aux (ré)écritures de l'histoire et à la présence américaine dans le pays depuis la fin de la guerre, y compris dans ce qu'elle entraîne comme renouveau nationaliste (un "nationalisme culturel"), dans la littérature et le cinéma aussi bien qu'au sein de la société (dont les jeunes).

Un livre très intéressant qui passionnera sans aucun doute ceux qui s'intéressent au concept de dissuasion nucléaire, comme ceux qui se passionnent plutôt pour le Japon lui-même.

Editions Vendémiaire, Paris, 2015, 285 pages, 20 euros.

ISBN : 978-2-36358-176-1.

Poids et influence d'Hiroshima
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8 janvier 2015 4 08 /01 /janvier /2015 06:00

La dynastie rouge

Corée du Nord, 1945-2014

Pascal Dayez-Burgeon

Nouvel ouvrage en quelques semaines sur le royaume de la Schizophrénie. Après Cher Leader (ici), témoignage personnel d'un ancien privilégié du régime en exil, voici un livre d'histoire sur la mystérieuse dynastie rouge des Kim.

Avec Kim Jong-sung, puis Kim Jong-il et enfin Kim Jong-un (qualifié dans l'introduction "d'ahuri dodu" et de "buté, belliqueux, cruel"), l'étonnante et kafkaïenne monarchie communiste de Corée du Nord semble un îlot paradoxal dans le monde moderne, de stabilité (à quel prix !) et d'absurdité. L'auteur prend ses précautions : "Cette première biographie croisée n'entend en aucune manière légitimer une dictature dont les crimes sont odieux", mais de façon assez étonnante pour un tel sujet adopte un ton presque froid et détaché, tout en disant nettement les choses. Cette distance donne à l'ouvrage l'allure d'une surprenante étude à froid. Pascal Dayez-Burgeon prend soin de systématiquement replacer les événements qu'il décrit dans le temps long de la culture coréenne et de préciser le contexte culturel qui est le leur (le mont Paektu, berceau du fondateur mythique du pays, "récupéré" par Kim Jong-sung et ses successeurs). De ce fait, non seulement on apprend énormément de choses sur la Corée du Nord des Kim, mais aussi sur l'ensemble de l'histoire du pays et sa civilisation. L'étonnant système nord-coréen, ses administrations pléthoriques, ses services de sécurité redondants, sa richissime élite et sa population affamée (entre 500.000 et 1,5 million de morts du fait de la famine à la fin des années 1990 selon les estimations), la volonté du dernier héritier de faire entrer cet étrange Etat dans le monde d'Internet tout en le contrôlant ("En 2006, (il) rend l'enseignement informatique obligatoire, sans se rendre compte que la plupart des écoles n'ont ni les moyens de se procurer des ordinateurs, ni même l'électricité nécessaire pour les faire fonctionner"), la place laissée aux sciences humaines revues et relues à l'aune du juché, cette doctrine qui puise ses principes d'autosuffisance et d'indépendance dans le vieux fond confusiasniste et coréen. D'où la course à l'arme nucléaire ("L'arme nucléaire est leur assurance-vie"). D'où aussi l'industrialisation de la corruption et de tous les trafics, dont celui de la drogue : "Une escouade de chimistes est réquisitionnée pour transformer l'opium en héroïne ou reprendre la production des méthamphétamines ... Moscou, Tokyo et Washington ne tardent pas à dénoncer la filière coréenne. Pyongyang nie, mais plusieurs ambassadeurs nord-coréens sont pris sur le fait, leurs valises diplomatiques bourrées de stupéfiants, et avouent avoir agi sur ordre. Le Nord nie également les trafics de cigarettes, de CD piratés, d'antiquités contrefaites ou de fausse monnaie, mais avec si peu de conviction qu'il ne convainc personne". Des personnages mégalomes, "d'une stature surhumaine" selon la propagande qui les entoure, que l'on voit vivre et tout faire pour maintenir un pouvoir qui, malgré tout, peu à peu se fissure (Oh ! Bien modestement encore !). Pour nos esprits rationnels et cartésiens, des détails pour le moins surprenants, comme l'attribution "à titre posthume" à Kim Jong-il par le Parti des travailleurs, en 2012, du titre de "Secrétaire général éternel"

La conclusion est sans ambigüité et l'auteur évoque un "Disneyland de l'horreur" : "Les Kim sont encore là pour un certain temps. Mais ce temps est incertain". Indiscutablement, à lire. 

Perrin, Paris, 2014, 446 pages, 24 euros.

ISBN : 978-2-262-04043-7.

Au pays du "Phare de l'espoir" !
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5 janvier 2015 1 05 /01 /janvier /2015 06:00

Chine

Une certaine vision de l'histoire

Yves Wintrebert et Han Huaiyuan

Pour nous permettre de mieux comprendre l'ancienne culture chinoise et son influence aujourd'hui, les auteurs nous propose un recueil d'histoires et d'anecdotes datant de plusieurs siècles avant notre ère, mises en parallèle de données chiffrées récentes.

Traduites de la plus ancienne littérature chinoise, les anecdotes qui nous sont contées appartiennent à l'histoire de ces nombreux royaumes du nord-est (Jin, Qin, Chu, Wu, Song, Yue, Qi, Lu, etc.) à l'époque des premières dynasties, où naissent les principes de "bon gouvernement" et de l'harmonie sociale. On constate en effet que la plupart des récits traitent de situations gouvernementales et politiques, et rappellent l'importance essentielle (judicieuse ou apaisante) du "bon conseiller du prince", celui qui évite à son souverain les décisions instinctives ou inadaptées. A contrario, les données récentes et chiffrées fournies après chaque petite histoire sont extrêmement concrètes et (si elles font parfois écho aux récits qui les précèdent, ce qui n'est pas toujours le cas) laissent perplexes sur les évolutions de la Chine actuelle. Au-delà des reportages de la grande presse, il semble que les fondamentaux du pays ne soient pas aussi seins que cela, du chômage des étudiants à la corruption galopante, de la cherté de la vie aux les affres de l'existence quotidienne... L'ouvrage peut sans problème se lire par chapitre, en "picorant" littéralement ici une histoire ancienne, là une donnée actuelle. Une impression curieuse en refermant le volume : une très longue histoire de recherche de la sagesse et de mise en valeur de l'équilibre, et une actualité faite d'excès et de chiffres un peu fous. Est-ce ce le message que souhaitaient faire passer les auteurs ? Je ne sais, mais à la lecture de ce livre très intéressant, j'en retire le sentiment que la Chine n'est peut-être pas l'horizon indépassable de notre avenir. Un paradoxe ou une contradiction ? Au final, très intéressant par les réflexions qu'il suscite, les précisions qu'il apporte et l'ouverture d'esprit qu'il offre.

Editions de l'Aube, La Tour d'Aigues, 2014, 238 pages, 22 euros.
ISBN : 978-2-8159-0793-4.

Chine éternelle
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19 novembre 2014 3 19 /11 /novembre /2014 22:24

Fortunes et infortunes d'un exilé cambodgien

Kim Ang Srun

Un livre-témoignage sur le parcours totalement hors norme d'une vie, qui se termine après quarante ans d'exil sur un retour au Cambodge.

Kim Ang Srun a vécu des expériences personnelles assez exceptionnelles. Etudiant cambodgien au Maroc lorsque les Kmers rouges entrent dans Phnom Penh (ce qui n'est déjà pas courant), enlevé par le Front Polisario il séjourne dans un camp de rebelles sahraouis, devient apatride lorsque la validité de son passeport arrive à échéance et que le nouveau régime ne le renouvelle pas, connaît la vie un peu bohème et instable d'un étudiant désargenté. Tout en racontant son enfance et sa jeunesse en Extrême-Orient, il poursuit son récit : se fait piéger par la police marocaine qui veut le recruter comme informateur et tente de faire pression sur lui en lançant de fausses accusations de viol, envisage un exil aux Etats-Unis mais rejoint finalement la France où il passe un DEA et peut s'inscrire en thèse, devient citoyen français, fonde une famille et se lance dans la vie professionnelle. Un parcours exemplaire et la "reconstruction" d'une vie. Lorsque naît son fils en 1989, il lui donne le prénom de Francis, "un prénom qui comporte la racine 'franc', comme France". Et toujours, de loin, quelques nouvelles éparses de son pays d'origine, redevenu royaume du Cambodge en 1993, tandis que sa femme et lui font le choix de donner à leurs enfants la culture française la plus solide. En 2012 enfin, il a la possibilité et le souhait de retourner au Cambodge, pour une étude sur la gestion de l'eau, son domaine de spécialité, et constate (parfois avec étonnement) tous les changements intervenus depuis quarante ans.

Un témoignage humain, simple, naturel, sur une vie à la fois exceptionnelle et (presque) ordinaire. Un récit qui se lit comme un roman. Naturel dans le ton comme dans la forme. Et qui souligne à de nombreuses reprises les qualités d'accueil et d'intégration de notre pays. 

Riveneuve éditions, Paris, 2014, 255 pages, 18 euros.
ISBN : 978-2-36013-274-4.

Retour au pays
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2 novembre 2014 7 02 /11 /novembre /2014 06:00

Cher Leader

Une plongée hallucinante en Corée du Nord

Jang Jin-Sung

Voici un témoignage exceptionnel, au point que l'on en arrive parfois à se demander si tout est bien réel. Un intellectuel nord-coréen ayant appartenu à la haute nomenklatura avant de fuir son pays raconte ce que fut sa vie de privilégié du régime.

Le prologue nous raconte comment l'auteur fu choisi par le maître du pays à l'occasion d'un repas privé au milieu de la nuit sur une île isolée au fond de la province... Mise dans l'ambiance on ne peut plus adaptée. Le livre est ensuite organisé en trois grandes parties chronologiques qui raconte d'abord les doutes qui assaillent peu à peu Jang Jin-Sung ("Guerre psychologique"), puis la fuite via la Chine communiste ("Le fugitif"), enfin la difficile, voire rocambolesque exfiltration vers l'ouest après un long séjour en Chine ("La liberté"). Au fil des chapitres, outre le récit des événements eux-mêmes qui marquent cette longue progression vers le monde libre, l'auteur nous raconte ses souvenirs de Corée du Nord et émaille son propos d'anecdotes aussi sombres qu'ubuesques. Jang Jin-Sung était employé dans les services de propagande du régime, priorité du "Cher Leader" aussi bien à usage interne qu'externe, chargé d'écrire l'histoire officielle du maître : "Chargé de cette glorieuse mission, je travaillais à la section V (littérature), division 19 (poésie), du bureau 101. Malgré une mystérieuse et involontaaire évocation -la salle 101 d'Orwell-, ce bureau était, ironiquement, appelé ainsi afin d'éviter toute allusion à la nature de notre travail". Nous touchons du doigt la misère et la famine qui frappent le peuple : "Ce soir-là, au dîner préparé par la mère de Youg-nam, il me fallut encore ravaler mes larmes quand elle nous expliqua fièrement qu'elle avait pu m'offrir à moi, son invité, un demi-bol de riz -elle en avait mis de côté dix grainsà chaque repas ... Quand je lui demandai depuis combien de temps elle économisait le riz, elle me répondit : 'Trois mois'. Je n'aurais jamais cru que ces gens en aient été réduits à compter leurs grains de riz". Il nous raconte l'équivalent nord-coréen de la Révolution culturelle, décrit l'organisation familiale du pouvoir et ses évolutions paranoïaques, le fils détenant le pouvoir réel là où le père conserve les titres et les fonctions officielles, "ce qui rendait impossible pour les étrangers d'analyser le fonctionnement de la Corée du Nord, dans la mesure où la hiérarchie officielle ne servait qu'à faire taire la vieille garde tandis que le vrai pouvoir était tenu par des personnes de confiance qui échappaient à tout contrôle public. Autrement dit, les partisans de Kil Il-sung pouvaient bien avoir tenu des postes prestigieux, l'autorité reposait entre les seules mains des collaborateurs de Kim Jong-il". Il s'attarde également sur les manoeuvres qui entourent les purges régulières, qui peuvent atteindre plusieurs dizaines de milliers de cadres du parti, tandis que le peuple continue à mourir de faim. On sait que toutes les organisations sont strictement contrôlées par le parti communiste, y compris les structures religieuses officielles, mais l'on apprend même que dans les rares églises de Pyongyang "les assemblées sont composées exclusivement d'agents du DFU et des membres de leurs familles, obligés d'assister à la cérémonie par devoir pour le parti. Aucun Nord-Coréen moyen ne pourrait seulement songer à venir célébrer un quelconque culte dans ces bâtiments, dans la mesure où ceux-ci se trouvent dans des zones opérationnelles dont l'accès est strictement réservé au personnel du DFU". En clair, employé par le parti à faire semblant d'être croyant !!! L'auteur nous explique également en quoi la politique de "réchauffement" (dite "du rayon de soleil") du Sud à l'égard du Nord de la péninsule a contribué à consolider le régime des Kim sur le point de se désintégrer après cinq années de famine généralisée : "Au milieu de 1998, Kim Jong-il avait ordonné au département du Front uni d'exprimer une stratégie d'Exploitation du rayon de soleil qui permettrait au parti de tirer de la Corée du Sud des bénéfices économiques indispensables tout en faisant le moins de concessions possibles". Les exemples pourraient être ainsi multipliés ("A Pyongyang, siège du parti, aucun des rares piétons circulant dans la nuit obscure ne passerait jamais pour un citoyen en goguette. Tous autant qu'ils sont -y compris les enfants, les étudiants et les soldats- ne pourraient être que des citoyens mobilisés pour un événement politique ou pour des exercices"), et pourtant l'auteur termine presque par une pirouette : "Chez nous, il existe deux Corées du Nord : une réelle et une imaginaire, créée par le régime. Ce n'est qu'après ma fuite que j'ai reconnu l'existence d'une troisième Corée du Nord : théorique. Celle construite par le monde extérieur"... 

J'ai parfois du mal à comprendre quels facteurs, quels héritages culturels ou religieux, peuvent expliquer le complet asservissement d'un peuple jusqu'à un tel stade. Car enfin, la peur n'explique pas tout et même dans les pires dictatures des mouvements de résistance s'organisent. Quoi qu'il en soit, voici une lecture absolument indispensable pour quiconque souhaite s'intéresser à l'immense camp de prisonnier "du Matin calme". 

Ixelles éditions, Paris, 2014, 366 pages. 23,90 euros.

ISBN : 978-2-87515-229-9.

Stupéfiant
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25 mars 2014 2 25 /03 /mars /2014 06:30

Géopolitique de la Corée du Sud

Une puissance paradoxale

Arnaud Leveau

Dans la jeune collection "GéopolitiqueS", les éditions Argos proposent aujourd'hui un petit volume tout à fait intéressant, en particulier au regard de la documentation qui existe en France.

En 200 pages, Arnaud Leveau présente tous les termes des problèmes qui se posent au pays. Après avoir rappelé quelques notons générales de base, il organise son livre en deux grandes parties : "Eléments fondamentaux de l'équation de puissance sud-coréenne", et "Les perspectives stratégiques de la Corée du Sud au XXIe siècle". La première détaille les facteurs objectifs de puissance économique du pays, l'histoire complexe des relations privilégiées avec l'allié américain, la double question des rapports avec la Corée du Nord et avec la Chine. La seconde nous précise les orientations diplomatiques de Séoul, sa place et son rôle dans les instances internationales, ses intérêts régionaux et son importance en Extrême-Orient.

Des graphiques, des encarts, des cartes ponctuent ce petit volume qui se termine par plusieurs pages de bibliographie et qui apportera à tous ceux qui veulent s'intéresser à la Corée du Sud, amateurs et étudiants, de nombreuses données précises. Un livre utile sur un pays dont on parle finalement assez peu et que l'on connait moins bien encore.

Editions Argos, Paris, 2014, 204 pages. 14,90 euros.

ISBN : 978-2-36614-012-5.

Géant économique, nain politique ?
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3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 06:25

Guerre du Vietnam :

la faute à Kennedy ?

Laurent Pericone

J. F. K., qui a fait passer le nombre de "conseillers" militaires américains au Sud-Vietnam de 680 à 17.000 est-il responsable de l'engagement américain en Extrême-Orient ? Etait-il un homme de paix ou de guerre ? La polémique continue.

Laurent Paricone organise son livre en trois grandes parties chronologiques : "1961, la poudrière", "1962, l'illusion de l'efficacité", et "1963, en plein bourbier". Chacune comporte trois ou quatre parties qui permettent de détailler certains aspects, comme le chapitre 2 : "Les hommes du président : les meilleurs et les plus intelligents ?", qui nous montre l'entourage civil et militaire, les conseillers, leurs caractéristiques et leurs limites. De même le chap. 3, "Diem, l'homme incontournable du Sud-Vietnam", qui fait le point sur ce personnage dont le nom est connu mais que auquel peu d'auteurs prennent le temps de s'intéresser. Durant le mandat de Kennedy, la priorité (ou la communication) est mise sur l'emploi des unités spéciales et une action que l'on peut déjà qualifier de "contre-insurrectionnelle". Il n'est pas encore question de déployer de grandes unités combattantes et, d'ailleurs, le président ordonne même le rapatriement de quelques centaines de "conseillers" américains. Mais, pour l'auteur, "le pli est pris". De même, il souhaite obtenir au cours d'un second mandat un règlement politique du conflit. Alors, Kennedy responsable ? Finalement Laurent Pericone ne tranche pas, et sans doute a-t-il raison. Il est bien difficile de dire que les décisions prises en conduite, et souvent en réaction aux événements, pendant la durée de son mandat correspondaient à une volonté "offensive" ou à un souci de simplement aider à limiter la progression du Vietcong.  Peut-être peut-on considérer que J. F. K. a initié un processus qu'il n'envisageait pas de mener à son terme ?

En accordant une place importante à la fois au rôle des proches du président, aux analyses des déficiences sud-vietnamiennes et aux handicaps du régime Diem, l'ouvrage est d'un réel intérêt pour cette période qui précède l'engagement massif de l'armée américaine et qui ne fait en général l'objet que de quelques lignes. A lire avec intérêt et à croiser, bien sûr, avec d'autres livres qui donnent une image toute autre de Kennedy.

Economica, Paris, 2013, 143 pages, 19 euros.
ISBN : 978-2-7178-6644-5

Responsabilité de Kennedy ?
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Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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