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18 avril 2016 1 18 /04 /avril /2016 06:00

 

Le Conseil de sécurité des Nations Unies

Entre impuissance et toute puissance

Alexandra Novosseloff (Dir.)

En associant dix-sept autres contributeurs, enseignants, doctorants ou diplomates pour la plupart, Alexandra Novosseloff a pu assurer une couverture extrêmement large du sujet, y compris par des praticiens.

 La première partie pose heureusement le cadre général en rappelant comment fonctionne le Conseil de sécurité, le processus d'adoption des résolutions et quelles ont été ses décisions depuis vingt-cinq ans. La seconde et la troisième parties intéresseront directement ceux qui travaillent sur les questions militaires avec la question du recours à la force armée (2e partie) et des opérations de maintien de la paix (3e partie). Pas de longues études de cas particuliers ici, mais des textes d'explication et de synthèse faisant ressortir le difficile passage des principes à l'action concrète et, par exemple, les critères pour la mise à disposition de troupes par les pays contributeurs. La quatrième partie, émergente en quelque sorte, nous parle en une seule longue contribution de presque quarante pages, de la question du droit international humanitaire et des droits de l'homme. La cinquième traite du sujet récurrent (véritable serpent de mer) de la réforme du Conseil de sécurité, avec un "état de la question" qui n'oublie pas la délicate question du maintien du droit de veto ... pour la France. La transition est ainsi assurée avec la sixième et dernière partie qui fait un point assez complet des relations et rapports entre Paris et le Conseil, à la fois dans la conception que la France se fait de son rôle et dans la contribution qu'elle lui apporte. Les annexes sont à la fois pragmatiquement utiles (liste des décisions adoptées depuis 25 ans, liste des membres non permanents), l'index des acronymes est parfois bien utile et le seul bémol tiendrait éventuellement à la relative brièveté de la bibliographie finale.

Un véritable outil de travail, très complet et d'une réelle densité, indispensable à tout étudiant en relations international et dont la lecture sera extêmement utile à tous ceux qui seront amenés à travailler avec l'ONU.

'Biblis', CNRS éditions, 2016, 421 pages, 10,- euros.

ISBN : 978-2-271-08684-6.

Omnipotent et impuissant ?
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17 février 2016 3 17 /02 /février /2016 06:00

Diplomates

Dans le secret de la négociation

Paul Dahan

Un petit volume intéressant, en format poche, visant à présenter la réalité des négociations internationales grâce au témoignage des acteurs.

Comme le précise l'auteur dans sa préface, "cette présentation n'a donc rien d'une approche scientifique et objective", mais il identifie quelques principes fondamentaux : "la supériorité du diplomate ne vient-elle pas de ce qu'il ne vise que des objectifs limités dans le champ du possible". Rappelant la formule de Talleyrand ("Ecouter, ne jamais être arrogant, être tout simplement poli"), Paul Dahan classe les témoignages recueillis en trois grandes catégories en élargissant au fur et à mesure la focale : "La négociation biltérale", "La négociation bilatérale multinationale" et "La négociation multilatérale universelle". Les dix témoignages portent ainsi sur les négociations franco-américaines de 2001 ou le nucléaire iranien, sur l'OSCE ou le Service européen pour l'action extérieure, sur le conseil de sécurité de l'ONU et son assemblée générale. L'ouvrage est plaisant, et l'on serait presque porté à croire leurs propos. Un bémol de taille néanmoins (mais qui prouve que je ne suis pas diplomate) : les bilans sont soit très mitigés (le bilan du Service européen...) soit très, très longs à obtenir sans réelle garantie définitive (les négociations sur le nucléaire iranien). Par contre, tout l'intérêt du livre tient aux témoignages eux-mêmes, aux réalités qu'ils évoquent, et en cela l'ouvrage est parfaitement complémentaire des études plus ou moins théorique de droit international ou de principe des négociations, avec cette évidence qui in fine s'impose : "Les relations internationales ne connaissent pas l'équité. Elles sont menées par des rapports de force, dont la brutalité est simplement parfois modérée par la Charte des Nations unies".

'Biblis', CNRS Editions, 2016, 250 pages, 10,- euros.
ISBN : 978-2-271-08970-0.

Négocier
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27 janvier 2016 3 27 /01 /janvier /2016 06:00

Souvenirs d'une ambassade à Berlin

1931-1938

André François-Poncet

Cette réédition d'un livre qui (à notre connaissance) n'a pas été republié depuis 70 ans mérite d'être soulignée, car il nous place "aux premières loges" pour la fin de la république de Weimar, la mise en place du régime national-socialiste et la marche vers la Seconde guerre mondiale.

Présentés et annotés par Jean-Paul Bled, ces souvenirs de l'ambassadeur de France à Berlin durant cette période charnière de l'histoire allemande et européenne méritaient en effet d'être remis à la disposition du grand public, et rappelés aux plus jeunes chercheurs. Il s'agit bien de "souvenirs", rédigés dès la fin de la guerre, et non pas de la retranscription d'un journal tenu au jour le jour avant celle-ci. Le sommaire est donc constitué sur une base thématique (même si la chronologie n'en est pas absente). Nous pouvons suivre, presque de l'intérieur grâce aux nombreuses conversations de François-Poncet avec des dirigeants allemands, l'échec annoncé de von Papen, puis ses illusions lorsqu'il favorise Hitler et le NSDAP en pensant naïvement pouvoir ultérieurement en tirer parti. Après l'accession au pouvoir du Führer en janvier 1933, la mise au pas de l'Allemagne commence immédiatement, en particulier au sein des ministères de l'Intérieur (Etat fédéral et Etats fédérés) et l'on a ici la confirmation que les différents diplomates en poste à Berlin échangent finalement beaucoup entre eux (des informations sur l'incendie du Reichstag parviennent à François-Poncet via l'ambassadeur soviétique). L'encadrement de la population allemande dans un étroit réseau d'associations n'a pas qu'un intérêt idéologique : "Le système offre pourtant deux avantages : il fournit des emplois, des grades, des traitements à beaucoup de gens, que l'intérêt, renforçant la conviction, rend solidaire du régime. En second lieu, il pénètre partout ; il diffuse partout les mots d'ordre venus d'en haut ; il transmet à l'échelon supérieur les faits observés, les réflexions recueillies en bas". En un mot, il contribue à la mise en place du système policier. On apprécie les "comptes rendus" que l'ambassadeur fait de ses entretiens avec Hitler (le plus souvent en présence de tierces personnes) et l'on observe qu'il fait de l'année 1934 "l'année cruciale" (question des SA -la "nuit des longs couteaux" dure trois jours-, mais aussi de von Papen, mort d'Hindenburg, etc.), à laquelle il consacre plus de 80 pages. De la "Reconstitution d'une armée allemande" à l'évolution des relations entre "Hitler et Mussolini", François-Poncet se révèle être un observateur à la fois attentif et pertinent de l'évolution du régime (au point que l'on peut se demander comment il était encore possible de douter à Paris). On reste un peu sur sa faim pour le sujet de la conférence et des accords de Munich, et il fait pour terminer le récit de son dernier entretien avec Hitler à l'automne 1938, avant de prendre le poste d'ambassadeur à Rome (compte rendu publié dès 1940 dans le Livre jaune français).

Un texte important, essentiel, pour quiconque s'intéresse à l'histoire europénne des années 1930.

Perrin, Paris, 2016, 509 pages, 24,- euros.

ISBN : 978-2-262-06111-1.

Avant la tempête
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31 décembre 2014 3 31 /12 /décembre /2014 05:50

Tito / Truman

Le coup d'arrêt à Staline

Alain Frerejean

Le rapprochement entre les deux hommes, l'un devenu président de la première puissance occidentale à la suite du décès de Roosevelt, l'autre communiste qui n'hésite pas à s'éloigner de l'URSS alors qu'elle triomphe en Europe de l'Est, peut surprendre. Elle se comprend et s'explique à la lecture du livre, même si l'on peut parfois considérer que l'auteur pousse un peu loin la "proximité".

Plutôt spécialiste jusqu'ici d'histoire technique et industrielle, Alain Frerejean commence dans les premières lignes par opposer les deux dirigeants, Tito et Truman, jusque dans leur vie privée : "A la différence de Tito..., Truman n'a jamais connu dans sa vie qu'une seule femme ... Quoique l'un et l'autre fils de petits fermiers ruinés, tout semblait opposer le flamboyant maréchal et le président si peu imbu de sa personne. Le roi de la manipulation et l'homme qui allait droit au but". La première partie est consacrée à raconter l'ascension croisée des deux hommes, leur marche vers le pouvoir dans leur pays respectif, en soulignant ce qui les distingue et en relevant déjà l'opposition encore discrète entre Staline et Tito. La seconde est centrée sur les derniers mois de la Seconde guerre mondiale, en particulier avec ce constat : "Avec la Grèce, la Yougoslavie est le seul pays d'Europe où la guerre civile l'ait emporté en horreur sur la guerre patriotique de résistance à l'occupant", et le rappel du sort que connurent des centaines de milliers de prisonniers russes rendus par les Occidentaux à Staline. C'est avec cette toile de fond, à laquelle il faut ajouter sur le front japonais les premiers emplois de l'arme atomique, que l'Europe est réorganisée. Faisant l'aller-retour entre Soviétiques et Américains, l'auteur brosse en fait un portrait psychologique des deux principaux dirigeants en suivant leurs décisions et réactions au fil des événements et des conférences internationales entre Alliés. C'est avec les troisième et quatrième parties que l'on arrive au coeur du sujet. Dans un premier temps, Alain Frerejean présente l'idée et le déploiement du plan Marshall et la première crise de Berlin, alors que l'URSS impose des gouvernements à sa solde en Europe orientale et que Tito, qui "pourtant apparaissait comme le meilleur lieutenant de Staline", manifeste les premières formes d'indépendance à l'égard de Moscou. Il détaille alors la détérioration relativement rapide des relations entre l'URSS et la Yougoslavie, marquée par les refus successifs de Tito de faire représenter son pays au réunion du Cominform et le quasi appel de Moscou à un coup d'Etat à Belgrade. Or, "la reculade de Staline à Berlin galvanise la résistance de Tito" et, tandis que le régime titiste durcit sa répression intérieure "le conflit avec Moscou apparait au grand jour". De faux procès en suicides organisés dans toute l'Europe de l'Est, le fossé se creuse alors que Truman, par le biais des agences internationales (Banque mondiale, Fonds monétaire, etc.), accorde relativement discrètement à la Yougoslavie des facilités croissantes. Etonnament, l'affaire de Corée constitue en 1950 l'ultime terrain de rapprochement entre les Etats-Unis et la Yougoslavie, lorsque Belgrade condamne l'agression nord-coréenne et, approuvant l'intervention internationale, dénonce "la menace que la Russie et ses satellites font courir à la paix du monde". En mars 1953, "à l'annonce de la mort de Staline, tous les visages rayonnent à Belgrade", et plutôt que de se rendre aux obsèques, "Tito part pour Londres sur son yacht Galeb". Une page de l'histoire de la Yougoslavie, et de l'Europe, se tourne.

Un ouvrage intéressant, d'abord parce qu'il traite d'un thème rarement abordé dans la littérature française, ensuite parce que l'argumentation générale et le raisonnement sont assez convaincants, même s'il y a encore loin "de la coupe aux lèvres". Une partie des secrets de la guerre froide levée dans les Balkans.

Editions de la Bisquine, Paris, 2014, 315 pages, 22 euros.

ISBN : 979-10-92566-04-8.

Les ennemis de mes ennemis...
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9 octobre 2014 4 09 /10 /octobre /2014 06:15

La France en Chine

de Sun Yat-sen à Mao Zedong

1918-1953

Nicole Bensacq-Tixier

Une véritable somme ! Un exemple de publication universitaire pour connaître et comprendre un sujet rarement traité !

Organisé en trois grandes parties comprenant au total douze chapitres, ce livre couvre une période extrêmement complexe de l'histoire de la Chine, entre la fin de la Première Guerre mondiale qui voit à la fois l'installation des puissants "seigneurs de la guerre", l'émergence du mouvement communiste et l'expression plus dure des exigences japonaises ; et la fin de la guerre civile après la Seconde guerre mondiale, avec la victoire de Mao et la disparition d'un régime inégalitaire né au siècle précédent. Chaque partie correspond à une grande phase chronologique et nous présente à la fois les grandes évolutions chinoises et la vie des agents diplomatiques de la France dans le pays. La première s'étend de 1918 à 1937, période de quasi-disparition du pouvoir central avant que Chiang Kai-Shek ne semble s'imposer à partir de Nankin. Nicole Bensacq-Tixier sait pratiquer un aller-retour quasi permanent entre les présentations de la situation chinoise elle-même et ses évolutions propres, et l'attitude des représentants de la France, fort nombreux à l'époque dans différents consulats sur le territoire chinois et souvent ballotés entre l'un ou l'autre des principaux dirigeants de l'immense territoire en crise. Le seconde partie correspond à la période de la guerre sino-japonaise et de la Seconde guerre mondiale. Elle décrit les principales opérations militaires, mais aussi les conséquences pour les représentants de la France qui, à partir de 1940, va entretenir deux représentations un temps parallèles, puis successives : celle de la France officielle, de Vichy et de l'Indochine fidèle à Pétain, en dépit des difficultés croissantes avec les Japonais ; et celle de la France Libre, qui devra lutter jusqu'en 1944 pour se faire reconnaitre dans un environnement très marqué par l'influence américaine. La période est également marquée par le retour à la Chine des concessions, et l'on voit apparaître dans le sud du pays Ho-Chi-Minh et un certain nombre de nationalistes vietnamiens. La période est extrêmement confuse et il faut saluer le travail de l'auteure qui parvient à rendre compréhensible des actions contradictoires et enchevêtrées, qui ne commncent à s'éclaircir qu'après le coup de force japonais en Indochine en mars 1945. La troisième partie enfin couvre la guerre civile chinoise entre "nationalistes" et communistes. Les relations entre la France et la Chine sont d'abord marquées par les traités de 1946 et la question indochinoise. Dans ce contexte, le réseau diplomatique français évolue une nouvelle fois et se rétracte. Nicole Bensacq-Tixier dresse un tableau très complet de la situation des différents postes jusqu'à la prise de contrôle de l'ensemble du territoire par Mao. En 1951, la rupture est consommée et les derniers représentants de la France vivent dans une situation difficile, presque semi-officielle, a minima en butte à l'hostilité affichée du nouveau régime du fait de l'évolution de la guerre d'Indochine.

La conclusion cite Paul Claudel, alors "consul à Tianjin", qui écrivait : "Le Chinois pense, apprend, agit plus lentemant que l'Européen. Notre brillant écrivain-diplomate manquait alors complètement de perspicacité et surtout faisait preuve, à l'instar de bon nombre de ses contemporains, d'une immense arrogance à l'égard du peuple jaune". Va-t-on vers une "revanche" au-delà du siècle ? Brillant !

Presses universitaires de Rennes, 2014, 751 pages, 28 euros.

ISBN : 978-2-7535-2925-0.

L'empire du Milieu
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18 novembre 2013 1 18 /11 /novembre /2013 06:00

Traité de relations internationales

Thierry Balzacq et Frédéric Ramel (Dir.)

1.200 pages, plus de 60 contributeurs : tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les relations internationales aujourd'hui sans oser le demander !

Jeunes doctorants et professeurs émérites, français mais aussi (et peut-être surtout) étrangers (avec une large place accordée à l'espace francophone), apportent tous des contributions de synthèse ou tout-à-fait originales qui seront particulièrement utiles aux étudiants, aux chercheurs débutants et au grand public qui souhaite "aller plus loin". Une petite observation pour les néologismes (le verbe "routiniser" ?), dont il faut quand même éviter la multiplication abusive.

L'ouvrage est divisé en quatre grandes parties dont les différents chapitres sont confiés à des auteurs différents. La première, "Contextualisation", nous fait approcher la discipline même des relations internationales à partir d'expériences, de compréhensions et d'histoire nationales différentes, aussi diverses que les grandes nations européennes et nord-atlantiques, bien sûr, mais aussi le Cameroun, le Liban, la Suisse ou le Vietnam. La seconde, "Production", s'intéresse aux différentes disciplines et matières qui interviennent dans le processus des RI ou interagissent avec elles : des classiques (histoire, géographie, économie, droit), mais aussi des approches plus originales commes la philosophie, la psychologie et la sociologie. La troisième partie traite des grands domaines de recherche et d'études au sein des RI, avec, au-delà de la seule diplomatie "classique" (si cela existe encore) des thèmes aussi différents que l'analyse et la révolution des conflits, , le droit international, l'économie politique, l'éthique, les questions de sécurité et de stratégie et de géopolitique bien sûr, les processus de négociation, l'environnement, etc. La dernière partie enfin, "Transmission", nous parle nous parle des voies, moyens et supports pour développer et diffuser les connaissances en matière de RI, de l'enseignement (en évolution) aux études de cas et cas concrets, des revues et publications aux conférences et colloques et même aux blogs et à internet (ce dernier sujet traité par deux animateurs de sites de qualité, Bénédicte Tratnjek et Olivier Schmitt). On mesure donc l'ampleur du champ parcouru par cet ouvrage, qui mérite bien son titre de "traité", référence ancienne dans le vocabulaire mais vraie nouveauté dans la forme et le fond.

Les questions qui nous intéressent plus particulièrement (histoire, questions militaires, de sécurité et défense, stratégie, etc.) ne constituent plus l'essentiel de la discipline (les questions strictement militaires ne sont qu'à peine abordées en tant que telles). Le constat est net. Elles transparaissent toutefois dans de nombreux textes, même si elles ne sont pas au coeur du sujet analysé : elles constituent ainsi toujours un socle de culture générale et une base de réflexion. Dans l'avant-dernier article, Frédéric Charillon pose (avec une fausse naïveté ?) la question de la place des RI en France, "Les RI, science royale?", prône une reconnaissance formelle comme discipline en tant que telle et évoque l'IRSEM (que ses historiens devraient quitter prochainement...) Peut-être aurait-on pu, dans différents textes, insister néanmoins davantage sur l'importance du temps long, des fondamentaux, en bref de l'histoire qui, dans bien des domaines parmi les plus "modernes", conditionnent encore largement (et souvent permet de comprendre) les comportements, le processus d'analyse et celui de prise de décision.

Chaque article est scrupuleusement référencé et accompagné d'une bibliographie indicative de qualité, tandis que l'ouvrage se termine par l'indispensable index. Un Traité indispensable pour aborder le domaine dans sa globalité actuelle.

Presses de Sciences Po., Paris, 2013, 1.228 pages, 39 euros.

ISBN : 978-2-7246-1330-8

A noter :

A l'occasion de la parution de l'ouvrage, une rencontre-débat est organisée

mardi 3 décembre, 15h00

CERI / Sciences Po., 56 rue Jacob, Paris 6e

http://www.sciencespo.fr/ceri/evenements/#/?lang=fr&id=2132

Du lourd !
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8 novembre 2013 5 08 /11 /novembre /2013 06:25

La IVe République et l'Alliance atlantique

Influence et dépendance (1945-1958)

Jenny Raflik-Grenouilleau

Ce sujet ardu et souvent polémique est traité avec beaucoup de finesse par l’auteure qui nous propose une vision équilibrée des rapports et relations entre la France et l’alliance atlantique, presque pourrait-on dire entre la France et les Etats-Unis.

Le livre, en grande partie issu de sa thèse, couvre l’ensemble de la période, de 1944 à 1958 et aborde des questions rarement prises en compte dans l’historiographie, comme l’organisation de l’alliance, son financement, etc., autant de sujets en réalité fondamentaux mais ardus en première approche et que l’on néglige trop souvent. Il faut également , avec elle, replacer ces relations dans leur contexte : celui d’une France en reconstruction dont tout le monde se souvient qu’elle a été sévèrement étrillée en 1940, puis rééquipée avec des matériels anglo-saxons, et qui doit conduire de longues campagnes ultramarines sans en avoir réellement les moyens, dans un environnement de guerre froide. L’ouvrage est organisé en trois grandes parties, divisées chacune en trois chapitres. « D’une guerre à l’autre » traite de l’émergence de l’idée de pacte transatlantique, de l’émergence progressive d’un « atlantisme de raison » dans l’hexagone, de la réalité et des déceptions lors de la mise en place effective de l’alliance. « La France dans le tourbillon atlantique » s’intéresse à la réalité d’une dépendance croissante à l’égard des Etats-Unis, au développement des capacités militaires de l’OTAN en dépit des difficultés intérieures et à la volonté de Paris de peser (plus que les moyens ne le permettent ?) sur le processus de prise de décision, avant que l’épisode de la CED ne vienne brouiller le paysage. « Les doutes », enfin, nous entraîne à travers les efforts gouvernementaux pour « contrôler » les sites de l’alliance dans l’hexagone, les manifestations anti-américaines, les oppositions au sujet de la guerre d’Algérie, la question de la suprématie liée à l’arme atomique, et toujours cet espoir de rechercher (sans réellement pousser à des réalisations effectives) dans une entente continentale européenne un contre poids à l’influence américano-otanienne. Le texte, dense, bénéficie de très nombreuses citations, est conforté par un solide appareil de notes, plusieurs annexes pertinentes et comporte ponctuellement des tableaux et graphiques de synthèse, réalisés par l’auteure à partir de la documentation rassemblée, qui sont tout à fait visuels et complètent très utilement le texte.

Un sujet parfois un peu aride, entre histoire diplomatique, politique et militaire, prenant en compte les données financières et presque de « sociologie des organisations », mais au bilan une très solide étude, indispensable à quiconque veut s’intéresser aux questions de sécurité et de défense sous la IVe République, dont il apparait que les dirigeants, dans un contexte particulièrement difficile, n’ont pas démérité.

Presses universitaires de Rennes, 2013, 323 pages, 18 euros.

ISBN : 978-2-7535-2800-0

Nuancer les idées reçues
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8 juin 2013 6 08 /06 /juin /2013 07:00

Penser le système international XIXe-XXIe siècle

autour de l'oeuvre de Georges-Henri Soutou

Eric Bussière, Isabelle Davion, Olivier Forcade et Stanislas Jeannesson (Dir.)

Penser le système international autour de l’œuvre de Georges-Henri Soutou est un ouvrage collectif dirigé par  Éric Bussière, Isabelle Davion, Olivier Forcade et StanislasJeannesson. Il rend  compte d’un colloque organisé le 30 septembre et le 1er octobre 2011 en l’honneur de Georges-Henri Soutou, éminent historien des relations internationales (mais pas seulement). Ces quatre auteurs ont tous en commun d’être des ‘disciples’ s’inscrivant dans sa conception de l’histoire. La multiplicité des thèmes de recherhce soulevés par les nombreux travaux et écrits du professeur Soutou est illustrée par la diversité des articles présents dans cet ouvrage. Il a ainsi contribué à enrichir la conception française des relations internationales dans la lignée de personnalités telles que Paul Renouvin ou Jean-Baptiste Duroselle. L’entretien donné par Georges-Henri Soutou lui-même, dans le dernier chapitre, montre qu’il ne reste pas inactif, bien que professeur émérite depuis plusieurs années : il s’attèle à 4 grands projets actuellement ! Ces contributions s’attachent donc à faire émerger, par des cas d’étude précis, la conception du système international du grand historien, et pour rendre compte d’une telle abstraction, il faut dénouer l’écheveau des interactions politiques, économique, sociales et autres qui influencent directement ou indirectement les relations internationales. Cette démarche implique d’observer les dynamiques historiques, les fonctionnements et les dysfonctionnements d’un tel système ainsi que les comportements des acteurs.

Ce qui frappe le lecteur dès le commencement de cet ouvrage est la place importante de l’Etat qui s’impose, de prime abord, comme l’acteur évident et constitutif du système international. L’organisation générale du livre suit les grandes questions posées par Georges-Henri Soutou au fil de son œuvre. La première partie (à notre goût un peu brève, mais chacun ses périodes de prédilection) est consacrée à la Première Guerre mondiale et ses conséquences ("La question polonaise au cours de la Première Guerre mondiale", par Thomas Schramm ; et "La Grande Guerre vue par Raymond Aron", par Martin Motte), la seconde traite de la Guerre froide et ses implications, la troisième partie est plus transversale et à pour objet les systèmes européens du XIXème au XXIème siècle. En apparence, le livre laisse entendre que l’Etat est le seul composant qui peut, de par ses interactions sur la scène mondiale, faire naître et vivre un système international. Cette idée est soulignée par la part considérable laissée à l’histoire des relations diplomatiques. Le moment national des deux premières parties de l’ouvrage se voit finalement dépassé par l’importance croissante de l’Europe dans la dernière partie. L’objectif de ce volume ne serait-il finalement pas, avant tout, de rendre compte des « forces profondes » chères à Georges-Henri Soutou, forces qui influencent la conduite de l’Etat au niveau international. Néanmoins, les stratégies des acteurs ne sont pas oubliées et l’on voit apparaître d’autres relais de l’influence étatique. A titre d’exemple on peut retenir l’article de Duslan T Batakovic sur « La mission d’Albert Malet, 1892-1894 : du précepteur au conseiller diplomatique », qui présente la manière dont l’évolution des conceptions politiques d’un précepteur royal peut incliner la politique d’un Etat.

La diversité des angles d'approche et la précision des exemples constituent l'une des richesses de ce livre. Tous les articles seraient à citer car, du statut d’abstraction le système international s’incarne au fur et à mesure des textes. Telle est donc la grande réussite de cet ouvrage. L’entretien qui clôt l’ouvrage montre également les différences entre les approches anglo-saxonne et française des relations internationales. L’école anglo-saxonne en fait une discipline à part entière, n’hésitant pas ainsi à faire travailler entre elles de nombreuses disciplines. Cette multidisciplinarité, elle aussi revendiquée mais sous une autre forme par Georges-Henri Soutou, a cependant du mal à transparaître dans le livre. Si les niveaux supra ou infra étatiques sont parfaitement abordés, la perspective reste essentiellement historico-diplomatique, alors même que Georges-Henri Soutou a traité longuement d’approches militaires, économiques ou sociales. Cette remarque mise à part, il faut dire que la réunion de ces textes réussit le vrai tour de force de penser le global grâce aux détails. C’est là l’une des grandes qualités de ce volume (qui offre par ailleurs un réel plaisir de lecture) en forme d’hommage.

Thibault Laurin.

PUPS, Paris, 2013, 446 pages, 26 euros.

ISBN : 978-2-84050-900-4.

En hommage
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27 février 2013 3 27 /02 /février /2013 07:00

Une indépendance contestée

La Lettonie face aux puissances européennes dans l'entre-deux-guerres, 1917-1939

Sophie Vilks Battaia

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Dans une pertinente préface, Elisabeth du Réau relève que « ce travail se fonde sur d’importantes sources puisées dans les archives historiques de l’Etat letton mais aussi dans les archives de nombreux Etats étrangers, notamment l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni et enfin dans les très riches collections de la Société des Nations à Genève » (ce qui donne une idée du volume et de la précision des sources consultées) et précise en particulier que, « paru un peu plus de vingt ans après les événements qui ont permis à la Lettonie de recouvrer son indépendance, cet ouvrage met en lumière des pages d’histoire qui donnent à cette renaissance toute sa signification » (c’est dire la qualité foncière du travail).

Une longue partie initiale (pp. 23-66, « Regard sur la Lettonie d’entre-deux-guerres ») permet au lecteur francophone peu au fait de la réalité de ce pays de se familiariser avec sa géographie, son histoire, ses ressources et ses institutions. Le livre se divise ensuite en deux grandes parties qui correspondent à de grandes phases de la chronologie. La première, « La lutte pour l’indépendance, la reconnaissance internationale et la mise sur pied d’une politique extérieure, 1917-1934 » (pp. 67-154), décrit par le menu, dans le contexte difficile de la fin de la Grande Guerre sur le front oriental, le processus de naissance d’un Etat letton, d’abord reconnu de facto, puis plus difficilement de jure. Dès leur installation et les premières décisions (réforme agraire), les nouvelles autorités sont à l’héritage semi-féodal de la colonisation germanique et aux revendications d’indemnisation des anciens propriétaires, alors que les Bolcheviques entretiennent les menaces aux frontières comme à l’intérieur. Le pays tente alors de se tourner vers ses voisins, autres Etats baltes, mais aussi Pologne et Finlande, tout en jouant sur l’intérêt suscité à Paris (« Pacte oriental » et projet d’Entente baltique). La seconde partie, « L’impossible équilibre entre l’Est et l’Ouest, 1934-1939 » (pp. 155-244), s’intéresse à la période qui court de l’instauration d’un régime autoritaire par Ulmanis au printemps 1934 au traité (très déséquilibré) « d’assistance mutuelle » soviéto-letton d’octobre 1939. On y remarque l’apparente impossibilité des trois républiques baltes à s’entendre, en dépit de très nombreuses rencontres internationales, face aux différentes menaces qui s’exercent contre elles, on y retrouve la question (récurrente en Europe orientale) de la minorité allemande et l’on observe (avec tristesse) l’incohérence (voire le manque d’honnêteté) des politiques anglaise et française à leur égard. L’avortement d’un projet de neutralité marque le début de la fin entre une menace germano-soviétique grandissante et l’incapacité occidentale à agir.

Un livre directement tiré d’un travail universitaire de grande qualité, très utilement complété par de nombreuses annexes qui donnent en particulier le texte des principaux traités internationaux. On y trouve aussi les biographies sommaires des principaux responsables lettons de la période, la liste des chefs de gouvernement, une chronologie, un index, une indication très précise des sources et de la bibliographie, etc. Un ouvrage en quelque sorte « pionnier » en français qui mérite indiscutablement d’être connu et lu.

Editions Codex, 2012, 394 pages, 38 euros.

ISBN : 978-2-918783-04-6.

 

Du fait de l'originalité du sujet en langue française, nous avons voulu demander à l'auteure quelques précisions :

Question : Pouvez-vous nous rappeler les conditions difficiles de la reconnaissance internationale des républiques baltes à l'issue de la Première Guerre mondiale ?

Réponse : Les conditions de la reconnaissance internationale des républiques baltes sont effectivement difficiles et compliquées compte tenu du contexte diplomatique et militaire de l'époque. Il leur a fallu trois ans avant d'obtenir la reconnaissance de jure de la part de la communauté internationale. Alors que la déclaration du Sovnarkom en 1917 décrète le droit des peuples de la Russie à l'autodétermination jusqu'à la sécession et la création d'Etats indépendants, déclaration renforcée  par le principe d'autodétermination des peuples à disposer d'eux-mêmes élaboré par le président américain  Wilson en 1918, ces pays sont encore le théâtre d'affrontements entre les armées allemandes et bolcheviques. D'autre part leur quête d'indépendance se heurte également à l'attentisme des alliés qui espèrent que la révolution bolchevique va échouer et défendent le dogme de l'indivisibilité de l'Empire russe. C'est seulement lorsque les territoires baltes seront totalement évacués des corps-francs avec l'aide de la mission interalliée en Baltique et que les alliés perdent l'espoir de voir l'ancien Empire russe se reconstituer que la reconnaissance de jure interviendra en 1921.

Question : Entre les deux grandes puissances voisines, l'Allemagne et la jeune URSS, laquelle est jugée la plus dangereuse par les gouvernements de Riga et observe-t-on, au fil des années, des changements ?

Réponse : Les deux Etats sont jugés comme étant très dangereux. L'Allemagne, car elle aspire toujours à reconstituer le Drang Nach Osten de l'époque médiévale. L'URSS, car elle n'admet pas la perte de territoires dans l'ancien Empire tzariste. En effet, à Riga on sait pertinemment que l'indépendance de la Lettonie est précaire et que, dès que l'occasion se présentera, l'URSS tentera de reconquérir les territoires récemment perdus. La propagande communiste y est récurrente et insistante ce qui amène le gouvernement letton à dissoudre des syndicats, interdire des journaux communistes et arrêter certains membres communistes. Toutefois, la menace soviétique est quand même plus forte du fait de la proximité territoriale. A la veille de la Seconde Guerre mondiale, la politique de neutralité choisie par la Lettonie montre bien que le danger vient autant de l'Est que de l'Ouest et que le pays n'a rien à gagner en choisissant l'un des deux camps.

LETTONIE 2

Question : Dans ce contexte difficile, comment s'organise l'armée lettone et représente-t-elle une véritable force opérationnelle à l'échelle de la région ?

Réponse : L'armée lettone va peu à peu s'organiser tout au long de l'entre-deux-guerres construisant une armée de terre, une marine et une armée de l'air d'environ 20 000 hommes. Les archives du SHAT montrent bien les nombreux échanges effectués par cette jeune armée avec l'étranger, les formations suivies par nombre d'officiers lettons, tout particulièrement en France, à l'Ecole supérieure de Guerre. On y voit également les achats de matériels (sous-marins, avions, munitions…) effectués en France, en Angleterre, en Belgique notamment, afin de renouveler un matériel un peu vieux. Même si l'état du matériel humain est qualifié d'excellent par les attachés militaires français, cette armée lettone ne peut constituer une véritable force régionale. Les Lettons en sont bien conscients, puisqu'ils auraient voulu constituer une véritable armée balte au sein de l'Union baltique créée en 1934, qui aurait pu être garante de leur indépendance. Pour compenser cette lacune, à partir de 1938,  la Lettonie se tourne de plus en plus vers la Grande-Bretagne, seul pays pouvant à ses yeux jouer ce rôle en Europe.

Question : La Pologne, dont l'opposition plus ou moins larvée à la Lituanie voisine est bien connue, ne joue-t-elle pas, par ricochet, un rôle extrêmement négatif dans l'évolution de la situation des Etats baltes à la fin des années 1930 ?

Réponse : Tout-à-fait. Le conflit qui existe entre la Pologne et la Lituanie concernant Vilnius -l'ancienne capitale lituanienne occupée de 1920 à 1938 par la Pologne- retarde la création de l'Union baltique entre l'Estonie, la Lettonie et la Lituanie. L'Estonie et la Lettonie ne veulent pas reconnaître les "problèmes spécifiques" territoriaux de la Lituanie et encore moins s'impliquer dans une éventuelle restitution de la ville. En plus, les volontés de la SDN de créer des ensembles stables en Europe de l'Est (union des pays riverains de la mer Baltique ou Locarno de l'Est)  regroupant entre autres la Pologne, les Etats baltes, la Finlande inquiètent énormément les Etats baltes. Ils craignent un déséquilibre au sein d'un tel futur groupe et une possible hégémonie de la Pologne en son sein. Par conséquent aucun des projets ne verra le jour.

LETTONIE 1

Question : Dans quels domaines se concentrent les relations franco-lettones dans l'entre-deux-guerres ?

Réponse : Outre la coopération militaire dont nous avons parlé auparavant, les relations franco-lettons étaient essentiellement culturelles, à travers l'organisation d'expositions d'art (peinture, sculpture et arts populaires), de conférences ou de cours de langue française. Cependant, l'élément le plus important concernant les relations entre la France et la Lettonie est sans conteste la diplomatie. La Lettonie attend un réel soutien diplomatique de la part de la France pour maintenir son indépendance. A Riga, on apprécie les initiatives des ministres français qui oeuvrent pour la garantie de sécurité et la paix en Europe. L'idée des "Etats-Unis d'Europe" d'Aristide Briand entre 1929 et 1932 est donc approuvée par le gouvernement letton. Le projet de "Pacte oriental" de Louis Barthou, en juillet 1934, qui est un systéme de garanties multilatérales dans l'Est européen entre Pologne, URSS, Allemagne, Tchécoslovaquie et Pays Baltes, est lui aussi accueilli favorablement. Il correspond tout-à-fait à la politique d'équilibre menée par la Letonie entre l'Est et l'Ouest, c'est à dire entre l'URSS et l'Allemagne. On peut penser que les initiatives françaises ne sont pas là pour garantir l'indépendance lettone, mais plutôt pour contenir l'Allemagne. Finalement, la Lettonie est pour la France un petit pays, qui ne revêt a priori en lui-même que peu d'intérêt et reste largement méconnu.

Merci pour ces compléments d'information et encore bravo pour votre livre.

Nota : nous avons déjà chroniqué, le 15 juin dernier, du même éditeur et pour le même espace géographique, 'Diplomate en Lettonie', paru en 2011 -cliquer ici-).

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16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 07:06

La France en Chine

du XVIIe siècle à nos jours

Bernard Brizay

France-Chine799.jpg

Journaliste et historien (on lui doit en particulier Le sac du palais d’Eté, seconde guerre de l’opium, éditions du Rocher, 2003) ; Bernard Brizay nous propose aujourd’hui une vaste synthèse près de trois siècles de relations entre la France et l’empire du Milieu. Le livre est divisé en près de 40 petits chapitres, de l’ordre d’une dizaine de pages chacun généralement, qui retracent chronologiquement l’histoire de ces relations franco-chinoises. Le style est donc proche du journalisme, ce qui ne saurait surprendre, mais au sens noble du terme. C’est bien écrit, précis, souvent référencé. Bref, un volume agréable à lire et qui peut se « déguster » par petites parties presque indépendantes les unes des autres.

A partir des premiers « Mathématiciens du roi » envoyés par Louis XIV à Pékin, nous voyons à l’œuvre les missionnaires, les marchands, les diplomates, jusqu’à l’installation du premier consulat à Canton au XVIIIe s. Quelques décennies plus tard, le rythme s’accélère : ambassades officielles, interventions militaires, implication de Français dans la vie chinoise, régime des concessions, affaire du chemin de fer du Yunnan (chap. 24, pp. 300-317, excellent), explorateurs et scientifiques, auteurs et romanciers au XXe siècle entre « La croisière jaune » et « Les canonnières du Yang-Sé ». La guerre civile, la guerre sino-japonaise et la Seconde guerre mondiale qui voit s’opposer « Les deux France face aux deux Chine », puis deux géants quelques années plus tard et de Gaulle enfin reconnaissant la république populaire de Mao !

Ouf ! Une véritable épopée spatiale et temporelle. Au fil des pages les anecdotes significatives se succèdent, souvent plaisantes ou étonnantes, et Bernard Brizay brosse systématiquement en quelques pages le tableau d’une situation particulière, tout en prenant en compte les éléments culturels et d’environnement. On sent que l’auteur est passionné par son sujet, c’est vif, agréable à lire et particulièrement instructif. A ne pas rater pour mieux connaître cette (presque) première puissance mondiale, à la fois si lointaine et par certains aspects si proche.

Perrin, Paris, 2013, 556 pages, 26 euros.

ISBN : 978-2-262-03345-3.

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Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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