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9 janvier 2017 1 09 /01 /janvier /2017 06:00

La duchesse de Berry

L'oiseau rebelle des Bourbons

Laure Hillerin

Quelle vie ! Marie-Caroline de Bourbon-Sicile, digne héroïne d'un roman romantique. Cette nouvelle édition d'une belle biographie est bienvenue : elle constitue un vrai plaisir de lecture.

Belle-fille de Charles X et mère d'Henri V, elle ne laisse le plus souvent (et au mieux) que le souvenir de sa brève aventure vendéenne : la duchesse de Berry a traversé notre histoire d'un pied léger". Morte en 1870, elle est aussi acteur et témoin de l'essentiel du XIXe siècle. Chronologiquement découpé en cinq grandes parties, le livre nous présente d'abord la jeune princesse, petite enfant lors de la fuite de ses parents de Naples à Palerme en 1798. Entre deux exils, une enfance et une adolescence relativement libres ("elle vagabonde en liberté, sous la vague surveillance de sa gouvernante"), jusqu'à son mariage en 1816 avec le duc de Berry, de vingt ans son aîné. Un mariage arrangé au début de la Restauration dans l'espoir de conforter la dynastie qui vient d'être rétablie. Aussitôt mariée, elle es considérée, de tous les membres de la famille royale, comme celle qui est "de loin la plus apte à susciter l'adoration des Français". Au fil des pages, Laure Hillerin dresse quelques portraits assez "croquignolesques" de ces Bourbons, "dans ce nid de guêpes", pris en otage entre un cérémonial dépassé et la peur des mouvements populaires. Sa troisième grossesse, en 1819, permet de donner au couple une fille, mais son époux est assassiné au début de l'année 1820 alors qu'elle est à nouveau enceinte et donne enfin naissance, à 22 ans, à un fils, qui se trouve aussitôt placé dans l'ordre de succession au trône, au grand déplaisir des Orléans. Alors que les débats politiques font rage et que les attentats (plus ou moins sérieux) se succèdent, la jeune veuve s'installe au château de Rosny, où elle peut mener une vie beaucoup plus libre qu'à Paris : "Bref, la duchesse défie la chronique, et s'en moque éperdument". Outre qu'elle contribue par sa générosité en enrichir toute la région, son fils, devenu duc de Bordeaux, approche du trône lorsqu'en 1824 Charles X succède à Louis XVIII. Elle devient même la plus populaire des derniers Bourbons et effectue en 1828 un voyage triomphal en Vendée, où elle est accueillie par les "anciens" des guerres de l'armée de Charette : "La vérité c'est que cette princesse raffinée, parfumée et vêtue de soie, est la soeur de ces paysans crasseux, incultes et superstitieux. Comme eux, elle est fille de la terre et des sortilèges". Fin juillet 1830, éclatent les Trois glorieuses, qui entrainent l'exil de Charles X et portent sur le trône Louis-Philippe d'Orléans. Tandis que se dessine à nouveau l'exil, pour l'Angleterre via Cherbourg, elle pense à son fils auquel la couronne de France doit revenir : "Une chose est certaine, elle ne restera pas prisonnière de ce tombeau ... Caroline ne supporte plus d'être enchaînée à cette famille de fossiles". Cela nous donne quelques pages bien senties sur l'exil de la famille royale et sur l'opposition entre légitimistes et orléanistes, sur fond de difficultés financières. Devenue "le point de fixation de tous les fantasmes légitimistes", et alors que "l'Europe a les yeux sur la duchesse de Berry, entourée de jeunes gens à l'âme ardente tous un peu amoureux de leur princesse", elle se décide à tenter un retour en France en 1832. Mais "le mouvement a été organisé par des rêveurs" et le débarquement en Provence est un échec mais, plutôt que de reprendre la mer, elle fait se choix de rejoindre les provinces de l'Ouest. Pendant que la police de Louis-Philippe la cherche, elle parvient à rejoindre la région de Saintes où elle trouve ses partisans divisés. Mais la Vendée militaire "n'est plus qu'un mythe", la population a changé et le pays évolué depuis trente ans. Le 15 mai, Marie-Caroline signe l'ordre du soulèvement général : "un beau rêve, un pari absurde", car déjà la plupart de ses partisans importants reculent. Mauvaise chronologie, mauvaise organisation ordres et contre-ordres, dissensions internes, trahisons : "aucune illusion n'est possible, les conjurés vont droit à l'abattoir". La "troisième guerre de Vendée" n'a pas lieu et les quelques brefs affrontements ne traduisent que la désorganisation des légitimistes : "une guerre minuscule". La mère d'Henri V tente pendant plusieurs semaines, tout en se cachant, de nouer des liens étroits avec différents souverains européens, de trouver des subsisdes, recevoir des émissaires. Trahie à l'automne, arrêtée dans des circonstances tout aussi rocambolesques que son épopée vendéenne, mais pour elle "rien n'est perdu tant qu'on a du coeur et des amis fidèles". Enfermée à la citadelle de Blaye, elle n'est finalement pas jugée pour éviter tout trouble intérieur et Chateaubriand devient son dernier défenseur : "Illustre captive de Blaye, Madame que votre héroïque présence sur une terre qui se connaît en héroïsme, amène la France à vous répéter ce que mon indépendance politique m'a acquis le droit de vous dire : Votre fils est mon roi !". Renvoyée en exil, repoussée par Charles X et les siens, privée de ses enfants, elle refait sa vie avec un noble italien, s'installe à Venise et bientôt abandonne toute activité politique. Henri  V ne sera jamais roi de France, mais ceci est une autre histoire.

Une belle biographie, qui se lit facilement et avec plaisir, et nous replonge tout à la fois dans un premier XIXe siècle politiquement très troublé et dans la vie d'une jeune femme assez exceptionnelle.

Flammarion, Paris, 2016, 541 pages, 24,- euros.
ISBN : 978-2-0813-9511-4.

Une femme hors du commun
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16 novembre 2016 3 16 /11 /novembre /2016 07:00

Les fondateurs de l'école républicaine

La première génération des instituteurs sous la IIIe République

Jérôme Krop

L'instituteur, "qui doit en savoir beaucoup plus qu'il n'en enseigne, ... qui doit vivre dans une humble sphère et qui doit pourtant avoir l'âme élevée, ... n'ignorant pas ses droits mais pensant beaucoup plus à ses devoirs", a longtemps été un personnage essentiel dans les petites communes et, au début de la IIIe République, se voit confié l'immense responsabilité de modeler les futures générations de citoyens.

L'étude s'attache en particulier aux instituteurs du département de la Seine (Paris et petite couronne), y compris pour l'école maternelle, dont elle recherche les origines sociales, familiales et la formation, leur situation personnelle et matrimoniale, leurs notations et évolutions de carrière, pour les hommes (la grande majorité) comme pour les quelques femmes. Au fil des chapitres, Jérôme Krop met en relief les heurts, les oppositions, les difficultés, entre enseignants et monde politique, entre enseignants et parents d'élèves, face aux religieux et aux congrégations (les facteurs religieux et la question de la laïcité reviennent à plusieurs reprises), le fonctionnement hiérarchique avec l'importance des inspecteurs dont les rapports peuvent avoir de rapides conséquences (notation d'un instituteur : "Il a oublié que l'instituteur public a mission de faire connaître et aimer nos institutions ; c'est la loi qui l'investit de cette mission"...) ; mais aussi leur implantation locale, les débuts du syndicalisme, leur notoriété et leur participation à la vie des communes et des quartiers. Le tout est accompagné de nombreux graphiques et tableaux statistiques, qui permettent de mieux appréhender cette population particulière, autour de laquelle de véritables mythes ont été créés et entretenus par la suite.

Un petit volume tout-à-fait intéressant, facile et agréable à lire en dépit de son caractère assez spécialisé et de sa grande précision. A bien des égards très utile pour tous ceux qui travaillent sur les premiers temps de la IIIe République et son enracinement dans la société française.

Presses universitaires du Septentrion, Villeneuve d'Ascq, 2016, 333 pages, 32,- euros.

ISBN : 978-2-7574-1382-1.

Les hussards noirs
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27 septembre 2016 2 27 /09 /septembre /2016 06:00

Mémoires d'un avocat au coeur des révolutions

1789-1830

Jean-Baptiste Louis

Première édition des souvenirs d'un témoin de premier ordre des événements politiques qui secouent la France jusqu'à la monarchie de Juillet. En quelques quarante ans de vie professionnelle, maître Louis ne connaît pas moins de 8 régimes au cours de l'une de périodes les plus mouvementées de notre histoire. C'est son histoire, personnelle, professionnelle et familiale, qu'l nous raconte dans ce contexte troublé.

Arrivé à Paris venant de ses Ardennes natales quelques années avant le début de la révolution de 1789, procureur au parlement de Paris dès 1786, il est en effet aux premières loges. Monarchiste modéré (l'Ancien régime tempéré par la loi en quelque sorte), il considère par exemple que "l'année 1789, féconde en événements épouventables, vit s'ammonceler les orages qui devaient submerger la France et son roi dans une mer de sang". L'orientation générale est donc claire. Il échappe à l'échafaud sous la Terreur mais connaît une vraie misère ("J'ai eu ma part des souffrances de la famine"). Il se félicite de la chute de Robespierre et se lance ultérieurement dans la carrière d'avocat après avoir touché de l'administration des Finances sous le Directoire. En dépit de cette stabilisation professionnelle, la vie quotidienne reste extrêmememnt difficile. Il prend parfois la parole en public pour critiquer le régime, mais se garde de dévoiler ses vrais sentiments politiques : "J'allais crier 'Vive le Roi'. Je m'en serais bien gardé ; je pouvais bien me permettre de faire apercevoir le but, mais y frapper, c'eût été une grande imprudence, à ces premières lueurs de liberté". La première référence au futur Napoléon Ier est d'ailleurs intéressante, lorsque Jean-Baptiste Louis en entend parler. Evoquant le maintien de l'ordre dans la capitale par Barras, il précise que ce dernier "en donnait le commandement ... à un jeune sergent d'artillerie qui ne s'était recommandé jusque-là aux yeux de quelques-uns quepar son dénuement et l'exaltation d'un patriotisme cherchant fortune, à ce Bonaparte en un mot, dont la réputation militaire a commencé par la mitraillade des Parisiens la fameuse journée du 13 Vendémiaire, qui lui a valu le généralat". Il détaille longuement ses activités commerciales (il peut acquérir un fermage, doit multiplier les procédures pour faire respecter ses droits) et sa vie familiale, ce qui fait aussi du livre un bon témoignage sur l'évolution de la société et les préoccupations d'une partie désormais relativement aisée de la population. On appréciera également (sans toujours tout accepter) son état des lieux de la justice à la fin de la période révolutionnaire. Durant l'empire, il se consacre exclusivement à ses affaires personnelles et l'un des rares portraits qu'il dresse d'un personnage célèbre est celui du docteur Corvisart, devenu son ami et nommé "premier médecin du consul Bonaparte en l'an VIII". Nous apprenons également beaucoup sur la naissance et l'organisation de l'ordre des avocats au début du XIXe s. ainsi que sur son fonctionnement. Son approche des événements révolutionnaires de 1830 est prévisible : "Une révolte de trois jours dans Paris, manifestée par des barricades, le bris des réverbères, une explosion inouïe de la plus vive populace, d'abord contre le petit nombre de troupes qui n'étaient intervenues que pour mettre le holà et rétablir l'ordre", et finalement l'expulsion de "trois générations de rois légitimes, en faveur d'une branche cadette associée de longue main à tous les troubles révolutionnaires". Les Orléans sont habillés pour l'hiver... Jean-Baptiste Louis se retire alors de la vie professionnelle et publique, et les dernières pages dressent le tableau de ce que devient la vie d'un retraité aisé ayant quité  Paris. Elles nous laissent également comprendre, en creux, qu'un monde disparaît. Une forme d'éducation et de culture, datée du XVIIIe s., n'est plus adaptée et c'est en fait le "survivant" d'une époque révolue qui écrit la fin du livre.

Un ouvrage extrêmement intéressant pour quiconque veut mieux connaitre cette période d'intenses transformations.

Editions La Mémoire du Droit, Paris, 2016, 292 pages, 24,- euros.

ISBN : 978-2-84539-042-3.

Révolutions en France
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21 septembre 2016 3 21 /09 /septembre /2016 06:00

Un écrin du Second empire

Médailles et décorations du maréchal Niel, ministre de Napoléon III

Stéphane Faudais

Cette petite brochure, complémentaire de la biographie du général Niel signée par l'auteur chez Bernard Giovanangeli éditeur (ici), est absolument splendide.

Editée à compte d'auteur, elle présente après une solide introduction les différentes décorations du maréchal Niel. Outre les décorations françaises (Légion d'honneur, médaille militaire, médaille d'Italie), on apprécie surtout la description et les photos des superbes décorations des puissances de l'époque : empire d'Autriche (ordre de Saint-Etienne de Hongrie), empire ottoman (ordre du Médjidié et ordre de l'Osmanié), Portugal (ordre de la Tour et de l'épée), royaume de Sardaigne puis d'Italie (ordre des Saints Maurice et Lazare, ordre de l'Annonciade, ordre militaire de Savoie), royaume des Deux-Siciles (ordre royal et militaire de la Réunion), Grande-Bretagne et Irlande (ordre du Bain, médaille de la Baltique, médaille de Crimée), royaume de Suède et Norvège (ordre de l'Epée, ordre des Séraphins) et  Wurtemberg (ordre de Frédéric).

Pour chaque décoration, une fiche d'une page présente ses caractéristiques, organisation, conditions d'attribution, évolutions dans le temps. Et, une nouvelle fois, avec un très bel accompagnement de photos grand format.

A commander (20,- euros) directement chez l'auteur. Merci de nous adresser la demande, nous retransmettrons aussitôt.

 

Phaléristique
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5 janvier 2016 2 05 /01 /janvier /2016 06:00

Aux origines de l'Entente cordiale

La reine Victoria à l'exposition universelle de Paris, 17-28 août 1855

Frédéric Médard

Préfacé (élogieusement) par l'ambassadeur du Royaume-Uni en France, ce livre nous entraîne sur les pas et dans l'environnement immédiat de la reine Victoria à l'occasion de la première visite d'Etat d'un souverain britannique en France après Waterloo.

Le récit de Frédéric Médard (dont les travaux antérieurs relatifs à la guerre d'Algérie et à la gendarmerie en particulier sont bien connus) est parfaitement chronologique, du débarquement de la souveraine britannique à Boulogne le 18 août 1855 à son embarquement dans le même port le 27. Après une très solide et intense préparation, ces neuf jours de voyage officiel "audacieux" doivent permettre d'inscrire une alliance entre Paris et Londres dans la durée, même si cette idée ne séduit pas encore tout le monde des deux côtés de la Manche en dépit de la campagne commune en Crimée. Frédéric Médard raconte ainsi par le menu la traversée de Paris par Victoria sous les vivats lors de son arrivée (occasion pour le lecteur d'une visite du Paris de l'époque), le détail des activités protocolaires et des visites au programme de la reine, mais surtout bien sûr ses déplacements sur les sites de l'exposition universelle et ses entretiens avec Napoléon III. Quelques moments lourds de sens, comme la visite nocturne au tombeau de Napoléon, ou la grande réception offerte à Versailles, mais aussi des déjeuners plus intimistes qui favorisent une meilleure connaissance mutuelle des deux souverains. Ce réel succès diplomatique, préparé, conduit, mis en scène et popularisé par l'administration impériale, méritait d'être mieux connu, ne serait-ce que parce qu'il annonce l'alliance plus forte entre Paris et Londres au cours des deux guerres mondiales du XXe siècle. Le récit est d'une grande richesse de détails : on a l'impression de suivre le cortège officiel, d'être à la table des conversations, de participer aux réceptions.

Un livre passionnant, qui passe intelligemment de l'anecdote historique à l'analyse politique ou diplomatique. A lire par tous ceux qui se passionnent pour le Second empire ou les relations franco-britanniques.

Editions Anovi, 2015, 294 pages, 19,- euros.

ISBN : 978-2-914818-83-4.

Pour commander directement chez l'éditeur : ici.

1855, journées d'une reine
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10 décembre 2015 4 10 /12 /décembre /2015 05:45

Citoyenneté, République, Démocratie en France 1789-1899

Louis Hincker (Dir.)

Ce manuel d'histoire contemporaine, assez austère dans sa présentation mais d'une lecture plutôt aisée (malgré une police d'impression franchement petite) offre à l'historien une sorte de boîte à outils commode pour parfaire sa culture générale, ou dans l'optique de travaux ultérieurs sur cette période charnière dans le développement de la nation française qui voit l’affirmation progressive d’un nouveau type de régime.

Une pléiade de spécialistes, chacun étant compétent dans une sphère particulière de la complexe fabrication du XIXe siècle, entrelacent leurs savoirs dans un tout sans aridité. De nombreux intertitres aèrent un ensemble à la texture serrée, bien documenté, la qualité rédactionnelle globale aidant à la mémorisation. Outre l'absence d'iconographie dans un texte où sont fréquemment convoqués les aspects visuels, comme celle de webographie, le principal regret concerne la propension à considérer comme une sorte de « trou noir » la période du Second empire, alors que les deux phases successives - mais nullement jumelles - de la restauration sont assez longuement évoquées. Tout se passe comme si les anathèmes de Victor Hugo avaient perduré, écrasant les impératifs de recul historique qui devraient logiquement prévaloir à propos d'événements remontant à un siècle et demi. Cette période de prospérité économique et culturelle (évoquée notamment ici et ici) semble susciter un certain malaise dans la construction intellectuelle de l'histoire « à la française » (voir recension http://guerres-et-conflits.over-blog.com/2014/04/un-autre-napoleon-iii.html). Une attention appréciable est portée aux mots du XIXe siècle, une appréhension correcte de leurs glissements sémantiques constituant une clé de compréhension non-négligeable. Un trait saillant est la bonne prise en compte de sous-sujets qui ne sont pas traités comme périphériques, mais au contraire analysés et mis en relation. Citoyenneté, République, Démocratie en France 1789-1899, parcouru de solides nervures théoriques, présente de manière synthétique des enjeux complexes, restitués dans leur entrecroisement, tout en proposant un éventail très large de pistes bibliographiques. Intéressant, le tour d'horizon historiographique gagnerait à être rédigé dans un langage plus simple et sur un mode moins affirmatif, cette partie étant présentée plus efficacement et plus sobrement dans d'autres manuels de la collection. Un pan important du livre est consacré à la formation et aux mutations des représentations, au rôle de la parole publique (apport de la sociologue Paula Cossart), aux modes de sociabilité au XIXe siècle. Malgré une légère impression de réécriture de l'histoire a posteriori, phénomène sans doute d'essence plus idéologique que méthodologique, et un certain arbitraire des dates retenues comme terminus ante quem et terminus post quem (puisqu'il s'agit de correspondre au programme de l'agrégation), la lecture en est plutôt agréable. En somme, adoptant un parti-pris multiscalaire appréciable, cette partition à plusieurs mains apparaît comme relativement convaincante et surtout très instructive.

Editions Atlande, Neuilly, 2014, 573 pages, 25,- €.

ISBN :

Candice Menat

Concours
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12 octobre 2015 1 12 /10 /octobre /2015 06:00

La chute du Second empire

Reichshoffen - Sedan - Metz

Jean Tabeur

Le livre revient sur les événements de l'été et de l'automne 1870 qui, de la Dépêche d'Ems à la mise en place u gouvernement provisoire, scandent les étapes de la disparition du Second empire. Spécialiste du XIXe siècle, et en particulier des campagnes impériales, Jean Tabeur nous propose donc ici une synthèse militaire et politico-militaire.

L'auteur articule son propos en trois grandes parties, chacune étant chronologiquement centrée sur l'une des armées en campagne : "L'armée du Rhin", "L'armée de Châlons" et "L'armée de Metz". La première est marquée par l'inutile opération initiale sur Sarrebruck, puis par les combats de Wissembourg, Reichshoffen et Forbach avant la retraite, où le sacrifice des hommes le dispute à l'incompétence d'une grande partie du commandement ; la seconde nous permet de suivre Napoléon III lui-même de Champagne aux Ardennes, à partir du plan préparé en dernière minute du général comte Palikao jusqu'à l'investissement de Sedan. Napoléon III, fatigué, y apparaît néanmoins décidé à partager le sort de son armée, jusqu'à ce conseil de guerre qui rassemble trente-deux généraux et qui décide d'accepter le principe d'une capitulation. La troisième partie enfin est logiquement centrée sur Bazaine et Metz, aussi bien en ce qui concerne ses "réactions" à l'encerclement (et surtout ses préoccupations intérieures) que pour les liaisons que l'on cherche à établir avec les autorités parisiennes.

L'auteur alterne les passages consacrés aux questions tactiques (tel corps d'armée déployé de telle façon, telle division se déplaçant vers tel point, etc.) et ceux qui traitent des conséquences politiques nationales de la situation militaire, ce qui donne à l'ensemble une qualité de présentation de la campagne tout à fait intéressante, et il souligne au fur et à mesure les forces et les faiblesses de cette armée française. On appréciera également les nombreux chiffres (effectifs engagés, pertes, etc.) qui émaillent les différents chapitres. Pas de nouveautés toutefois, et ce volume permettra une solide première approche du conflit, avant d'être éventuellement complété par d'autres lectures.

Economica, Paris, 2015, 174 pages, 29,- euros.

ISBN : 978-2-7178-6817-3.

L'année terrible
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26 septembre 2015 6 26 /09 /septembre /2015 06:00

Souvenirs de Paris

Edmondo de Amicis

Un témoignage exceptionnel sur le Paris de l'exposition universelle de 1878, par un écrivain et journaliste italien.

Le volume se divise globalement en deux grandes parties, d'une part les textes d'Edmondo de Amicis à proprement parler, d'autre part unesérie d'analyses sur l'auteur et son oeuvre. De Amicis nous décrit avec verve et humour une ville qu'il aime, on le sent à chaque page : "On est à peine sorti du boulevard Beaumarchais, on n'est pas encore parvenu au fond du boulevard des Filles-du-Calvaire que déjà on devine, on sent, on respire, allais-je dire, l'immensité de Paris. Et l'on pense avec stupeur à ces petites villes solitaires et silencieuses d'où l'on est parti, qui s'appellent Turin, Milan, Florence". C'est parti ! Les descriptions de la foule parisienne, toujours sous un angle favorable, se succèdent avec une permanente note d'humour et de deuxième degré : "Sur le pont de Constantinople, on voit défiler tout l'Orient ; ici, tout l'Occident". Des étonnements peut-être pour nos contemporains ("Le boulevard de Strasbourg-Sébastopol, verdoyant et splendide"), la foule aux théâtres, les jolies femmes (bien sûr !) et enfin l'exposition elle-même : "En arrivant sur pont d'Iéna, on ressent le besoin de fermer les yeux un moment, tout comme, en arrivant sur cette place on éprouverait le besoin de se boucher les oreilles". Le Trocadéro devient une "énorme fanfaronnade architecturale", et à ses pieds "un labyrinthe indescriptible de potagers et de jardins, de rochers et de lacs, de chemins qui montent et qui descendent, de grottes, d'aquariums, de fontaines, d'escaliers, d'allées flanquées de statues : un monde en miniature, une plaine et une colline sur lesquelles chaque peuple de la terre a déposé son joujou, une crèche internationale peuplée de boutiques et de cafés africains et asiatiques, de villas, de musées et d'ateliers". La description du palais du Champ-de-Mars est éblouissante ("Certes, c'est un peu un décor de carton-pâte, mais c'est beau ; un joli caprice"), et l'on se surprend à circuler soi-même entre les allées et les stands : "On circule un moment au milieu des cristaux les plus purs, des céramiques, des ors, des meubles, des objets d'art qui portent la trâce des inspirations de tous les temps et de tous les peuples ; fruits du travail et de la patience, ils joignent le beau à l'utile". Une société triomphe. A propos du stand du Japon : il "expose des vases colosssaux peints sur fond d'or, ses salons meublés de porcelaine, ses tableaux de soie brodés d'oiseaux et de fleurs, ses marquetteries d'ivoir, de laque et de bronze, et milles petites merveilles son nom ; et en toute chose on retrouve cette netteté cristalline, cette perfection désespérée des plus infime détails, cette finesse aristocratique des couleurs". Mais on trouve aussi plus loin les grandes réalisations et les réussites technologiques de l'époque, les miroirs géants, les marteaux-pilons monstrueux, "une armée de cyclopes métalliques, menaçants et splendides", et les achats à prix d'or des grandes familles européennes, car "il n'y a pas moyen de meubler une maison à son goût, par l'imagination, sans dépenser un petit million en un quart d'heure". Les derniers chapitres nous proposent une analyse par divers spécialistes de l'oeuvre d'Edmondo de Amicis, souvent intéressants par les aspects que l'on avait pas remarqué et qui sont mis en relief. Mais, indiscutablement, l'ouvrage vaut par le vouyage dans le temps qu'il nous propose. En un temps où l'avenir semblait encore radieux et où Paris en était le phare.  

Editions de la rue d'Ulm, Paris, 2015, 195 pages, 16,- euros.

ISBN : 978-2-7288-0534-1.

Paris, Paris !
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29 août 2015 6 29 /08 /août /2015 07:00

Vendetta

Bandits et crimes d’honneur en Corse au XIXe siècle

Caroline Parsi

Partant du double constat qu’à la fin du XIXe siècle la Corse « possède un nombre d’homicides qui, rapporté à la population, est … quinze fois supérieur à la moyenne française », et que la notion ‘d’honneur’ irrigue de façon sensible, épidermique presque, l’ensemble de la vie familiale et sociale insulaire, l’auteure se penche sur ce phénomène devenu presque légendaire, celui de la vendetta et du banditisme « comme deux étapes différentes dans l’évolution d’un même phénomène : la réponse à l’honneur offensé ». Elle s’appuie pour cela sur un vaste corpus d’archives départementales et nationales, sur de nombreux extraits de presse (en particulier régionale) et sur une très riche bibliographie.

Caroline Parsi organise son livre en cinq grandes parties très cohérentes qui permettent d’embrasser l’ensemble de la question. Dans un premier temps, elle précise ce qu’est la Corse au XIXe siècle, son territoire, ses populations, ses ressources, son organisation sociale, etc., mais aussi l’image que Paris a de cette terre méditerranéenne « pauvre et dure »« l’agriculture est encore aux procédés de Virgile ». Elle s’intéresse ensuite aux représentations du « peuple corse », en particulier dans la littérature, de Mérimée (Colomba) à Alexandre Dumas (Frères corses) et Maupassant (Vendetta), et dans la presse parisienne où les situations corses permettent d’alimenter des articles « sensationnels » réguliers. Elle observe pourtant que la vendetta supposée avoir commencée pour des motifs futiles (une poule tuée, un chien dans le champ d’un voisin, etc.) repose souvent sur l’opposition de deux familles « de longue date dans les luttes électorales ». Au bilan, déjà, « l’île apparaît comme un espace de non-droit, où la loi de l’Etat peine à s’appliquer ». Caroline Parsi pose ensuite la question de la définition de ce code d’honneur et de son éventuel particularisme corse, où « l’importance de la respectabilité, de la famille et de la mémoire des défunts régit l’ensemble des relations sociales entre les villageois ». Elle procède alors par comparaison avec d’autres provinces françaises, mais aussi avec d’autres motivation comme la cupidité, le sens de la propriété, voire une dénonciation jugée abusive mais aussi souvent à des questions électorales : « La mairie peut alors se transformer en une véritable forteresse. Le camp du maire s’y barricade, attendant, armé, la venue des adversaires. L’ennemi politique devient l’ennemi de sang ». Elle observe également que le déroulement de la vendetta répond à des règles presque codifiées, que les femmes y jouent un rôle important et que l’ensemble de la famille comprise au sens large est concernée : « C’est ce qui explique la disparition presque totale de certaines familles » ! Parfois, la fin de la vendetta est solennellement actée par un véritable « traité de paix », signé par les représentants des deux familles concernées devant les autorités civiles ou militaires de la République. Une quatrième partie nous plonge dans la vie au bandit d’honneur en fuite au cœur du maquis. Il s’agit le plus souvent d’hommes « ordinaires » que « la nécessité pousse à se venger d’un déshonneur », protégés par leurs familles, et même de la maréchaussée par le reste de la population au point que certains maires prennent la défense des bandits contre les gendarmes venus les arrêter. Cette réalité n’est pas contradictoire avec un « phénomène de folklorisation », et les fugitifs deviennent « des figures de gloire pour les écrivains locaux et un sujet de curiosité pour les touristes », au point qu’il « est à la mode de leur rendre visite » ! La dernière partie enfin s’attache à retracer l’histoire des efforts des autorités pour rétablir l’ordre public, maintenir le calme et réprimer les crimes. En dépit d’un arsenal juridique spécifique et d’un important déploiement de forces, « les véritables arrestations sont finalement assez rares » et « la persistance de la criminalité à un niveau élevé à la fin du XIXe siècle montre bien l’ampleur de l’échec du dispositif répressif ». Lorsqu’enfin un bandit peut être traduit devant un tribunal, les jurés « énoncent un verdict clément toutes les fois où l’accusé fait preuve d’un comportement conforme aux valeurs de la société insulaire »

Un héritage culturel complexe, dont on sait bien qu’il perdure sous différentes formes aujourd’hui même si l'on sent bien qu'il est désormais encore plus inadapté au siècle. Un livre passionnant, parfaitement référencé, où les analyses s’appuient sur de très nombreux exemples précis et qui se termine par des annexes chiffrées particulièrement éclairantes.

Editions Vendémiaire, Paris, 2015, 186 pages, 18,- euros.

ISBN : 978-2-36358-060-3.

Crimes "d'honneur"
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17 juin 2015 3 17 /06 /juin /2015 06:00

La Deuxième République et le Second Empire

Au jour le jour

Francis Choisel

Cette période de l'histoire de France, désormais assez peu étudiée, mérite pourtant que l'on s'y intéresse car elle correspond à un certain nombre d'évolutions profondes sinon de ruptures. D'où l'intérêt de cette présentation chronologique de milliers d'événements de tous ordres et de tous domaines.

L'auteur nous invite donc à le suivre entre le 24 février 1848 et le 4 septembre 1870, de l'abdication de Louis-Philippe à celle de Napoléon III. Si il ne prétend pas à l'exhaustivité, du moins doit-il s'en approcher car la diversité des faits cités (et souvent commentés) est impressionnante, dans les domaines politique, constitutionnel et législatif, diplomatique, militaire et colonial, en France, sans oublier les événements européens intéressant ou ayant des échos dans l'hexagone (le 2 mars 1848, révolte séparatiste à Menton, faisant perdre à la principauté de Monaco l'essentiel de son territoire et de ses ressources ; et le lendemain 3 mars adresse à l'empereur d'Autriche de la chambre basse de Hongrie exigeant un régime parlementaire). Au hasard des pages, on découvre le travail parlementaire de Victor Hugo, le Comité de résistance des Basses-Alpes contre le coup d'Etat de décembre 1851, le décret du 13 août 1854 réglant l'aménagement futur de la place de l'Etoile, la loi décidant de la création de la forêt des Landes en juin 1857, la condamnation de Proudhon pour son ouvrage De la justice dans la Révolution et dans l'Eglise un an plus tard, les premiers chemins de fer en Algérie, les expéditions ultramarines du Second empire, les principaux articles et ouvrages publiés par les grands publicistes du temps, les pièces de théâtre et les nouveaux opéras, l'aménagement du territoire et les remaniements ministériels, etc.

Un livre à conserver soigneusement, et que l'on peut soit lire d'un trait, du début à la fin, soit "picorer" à la recherche de l'information originale ou inattendue, soit utiliser comme outil de travail thématique, soit ..., soit ... Par sa diversité et la richesse de son contenu, il pourra être utile et plaire à tous.

Biblis, CNRS Editions, 2015, 664 pages, 12,- euros.

ISBN : 978-2-271-08322-7.

Chronologie commentée
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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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