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30 juillet 2020 4 30 /07 /juillet /2020 00:01

Inventions de la Seconde guerre mondiale

Philippe Bauduin

On sait bien que la guerre d'une part, la technologie et l'industrie d'autre part sont étroitement liées. Ce petit volume en apporte une nouvelle confirmation en se focalisant sur la période de la Seconde guerre mondiale.

L'auteur a choisi de traiter de sept domaines différents : l'agroalimentaire, la chimie, les communications, l'océanographie, la santé, les transports et la logistique et enfin la vie quotidienne. Certaines réalisations sont antérieures au conflit, mais c'est à l'occasion de la guerre qu'elles ont été mises en oeuvre et développées à grande échelle, comme le maïs hybride ou le Nescafé ("dont le lancement commercial en 1938-1939 avait été décevant"). Parmi les thèmes abordés, le bois lamellé-collé, les silicones, les plastiques armés, le magnétophone, le radar, l'appareil de plongée autonome, le DDT, les sulfamides, l'avion à réaction, le guidage gyroscopique, le scooter, le turbocompresseur, les bombes aérosols, les Ray-Ban, ou le T-shirt, "maillot de corps réglementaire des marins de l'US Navy, résultat d'un appel d'offres lancé en 1942". Il en va de même du développement des sous-marins de poche, ou de la Jeep : "Dès 1941, la production en série sera lancée et l'usine Willys de Toledo atteindra le record d'1 minute 20 secondes pour construire un véhicule".

Un petit volume qui se lit avec plaisir et dans lequel on apprend beaucoup de choses, qui a par ailleurs le mérite de nous rappeler l'importance de toutes les questions matérielles et logistiques dans le Débarquement et le succès des Alliés. 

OREP Editions, Bayeux, 2020, 80 pages. 13,20 euros

ISBN : 978-2-8151-0534-7.

50 découvertes

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8 juillet 2020 3 08 /07 /juillet /2020 00:01

Félix Amiot

Un industriel normand de l'aéronautique

et de la construction navale

Justin Lecarpentier

Issu d'une thèse remarquée, cette biographie d'un grand industriel de l'aéronautique et des constructions navales mérite de figurer dans toute bonne bibliothèque d'histoire militaire.

Chaque amateur de l'histoire militaire française connait le nom d'Amiot, jeune ingénieur essentiellement autodidacte qui fonde en pleine Première Guerre mondiale une société de construction d'avions, la SECM (Société d'emboutissage et de constructions mécaniques) et qui travaille d'abord principalement en sous-traitance des grands constructeurs de l'époque. Mais bien peu savent qu'il se distingue jusqu'au début des années 1970 dans la construction navale pour de nombreuses marines de guerre. Dans l'entre-deux-guerres, il devient rapidement un avionneur reconnu mais, paradoxalement, ses succès et l'accumulation de records n'empêchent pas qu'il se heurte à l'opposition du ministère de l'Air (nationalisation, paiements, volume des commandes, etc.). L'auteur nous propose ensuite quelques belles pages sur les difficultés de la mobilisation industrielle en 1939-1940 (86 Amiot 350 livrés pour 1800 commandés). Ses usines partiellement détruites pendant la campagne de France, il fait la rencontre à Vichy de Loustaunau-Lacau et doit cependant s'engager dans la collaboration industrielle avec l'Allemagne (tout en donnant pour consigne de ralentir au maximum la production). Le chapitre consacré à ce délicat exercice d'équilibriste pendant l'Occupation est tout à fait intéressant. Après la Libération, entre nationalisation et réquisition, Félix Amiot doit finalement se reconvertir et fait le choix de la construction navale à Cherbourg, d'abord dans le domaine de la pêche. Il devient ainsi le premier employeur de la ville et président de sa chambre de commerce. A partir du début des années 1950, il s'engage également dans la construction navale militaire, d'abord pour la France, puis à l'exportation, jusqu'à l'affaire des "vedettes de Cherbourg", sous embargo mais récupérées par les Israéliens.

Mort en 1974, Félix Amiot reste une personnalité incontournable à la fois de l'aéronautique et de la construction navale et, à ces titres, méritait bien cette biographie qui, par bien des côtés, complète notre connaissance des réseaux décisionnels entre monde des affaires, personnel politique et états-majors.

OREP Editions, Bayeux, 2020, 478 pages. 24,50 euros.

ISBN : 978-2-8151-0501-9.

Capitaine d'industrie

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27 octobre 2019 7 27 /10 /octobre /2019 00:16

Victimes et profiteurs de guerre ?

Les patrons du Nord (1914-1923)

Jean-Luc Mastin

S'appuyant sur une recherche impressionnante dans des fonds d'archives très différents, ce livre nous offre une vision contrastée des industriels "sinistrés" du Nord de la France pendant la Grande Guerre, à bien des égards différente de l'idée reçue régulièrement reprise.

 L'auteur commence par présenter ce qu'était le tissu industriel du département du Nord avant août 1914, en particulier les grandes sociétés textiles et leurs liens avec le système bancaire. Il consacre ensuite son chapitre 2 aux évolutions parfois dramatiques de la situation durant les premières semaines de guerre, qui se concluent cependant, à la fin du mois d'octobre, par une réelle reprise des affaires. On remarque cet extrait d'un rapport d'un responsable lillois de la Banque de France : "Quel singulier état d'esprit que celui de cette oligarchie patronale, gens égoïstes, qui enterrent leur or dans les jardins et qui trouvent inconcevable que nous mettions en lieu sûr une partie de la fortune publique". Voilà qui donne le ton. Les quatre années d'occupation allemande sont ensuite détaillées, et l'on se prend à considérer qu'il y a parfois loin des misères vécues par la majorité de la population, des réseaux de résistance et de la répression par l'occupant, de la déportation de populations civiles, et les "arrangements" d'une partie du patronat et du monde bancaire avec le même occupant. Mais c'est surtout dans le reste de la France que les industriels du Nord exercent désormais. Nombreux sont ceux qui se sont repliés en France non-occupée, où ils montent de nouvelles affaires (en particulier en région parisienne et en Normandie, mais plus largement aussi dans le grand Ouest), et Jean-Luc Mastin multiplie les exemples de reprise d'une activité industrielle : "La convergence d'intérêts particuliers, de ceux d'un territoire et de ceux de la nation favorise la reconstitution, loin de Roubaix-Tourcoing, d'un réseau intégré de firmes puissantes et alliées". L'auteur s'intéresse ensuite au financement de cette reconstitution industrielle et à la politique du crédit, tout en consacrant un chapitre (chap. 6) aux pressions (on dirait aujourd'hui au lobbying) constantes exercées sur les autorités politiques et les représentants de l'Etat. La production pour les armées se révèle extrêmement rentable. Vient ensuite le temps de la libération et du retour dans la région lilloise, avec toutes les difficultés liées à la réinstallation des activités industrielles et bancaires dans une région qui a été saignée pendant quatre ans et alors qu'il faut liquider les entreprises créées dans le reste de la France. Au bilan, "la guerre et l'occupation ont accru l'emprise du capitalisme du Nord sur l'économie nationale. Teinté désormais de régionalisme, le leitmotiv de leur attachement au territoire sonne encore plus faux qu'avant-guerre, même si le retour dans le Nord et la rhétorique victimaire, abondamment relayée par la presse, jettent un voile opaque sur les profits de guerre réalisés hors de la région". L'auteur insiste sur la place (et la puissance) du Crédit du Nord et revient dans un ultime chapitre sur "Les bénéfices de la rhétorique victimaire". Au regard des souffrances endurées par la population, ces pratiques laissent un goût amer.

Une pierre de plus à ajouter à notre connaissance de la Grande Guerre dans toute sa complexité et parfois ses contradictions, parfois bien loin aussi du discours officiel. Un ouvrage parfaitement référencé et accompagné de nombreux tableaux et graphiques qui illustrent utilement le texte courant. Un livre tout à fait utile et intéressant.

Presses universitaires de Rennes, 2019, 319 pages, 25,- euros.

ISBN : 978-2-7535-7794-7.

Réalités économiques et industrielles

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11 septembre 2019 3 11 /09 /septembre /2019 06:00

La firme Schneider dans la guerre industrielle

en 1914-1918

Hubert Bonin

Excellent connaisseur des aspects économiques et industriels de la Grande Guerre (ici et ici par exemple), Hubert Bonin nous propose aujourd'hui un ouvrage sur une société française indissociable de la Grande Guerre : Schneider.

Le livre a été préfacé par Jacques Frémeaux et l'auteur m'a demandé une postface de quelques pages. Il intéressera indiscutablement tous les amateurs de la Grande Guerre, car la question des équipements et des armements est absolument essentielle. Après avoir rappelé l'importance de Schneider dans l'économie française, Hubert Bonin raconte la contribution de l'entreprise à la mobilisation industrielle et consacre cinq solides chapitres aux questions relatives à l'artillerie lourde, à l'artillerie de campagne et aux mortiers, à leurs pièces de rechange et aux munitions d'artillerie. Il n'oublie pas (3e partie) l'importance du rôle de la société à l'international, vis à vis des armées belge, serbe, italienne, américaine et russe. La contribution à l'effort naval est bien rappelée, de même que celle (mieux connue) relative à la naissance du char d'assaut. L'ouvrage se termine sur une évaluation des innovations industrielles induites par ce formidable effort de guerre et par une estimation de l'état de l'entreprise à l'issue du conflit.

Un texte riche et clair, accompagné de nombreux tableaux et graphiques, qui donnent une bonne idée de l'importance des chiffres concernés. Un volume qui sera indiscutablement utile à un très large lectorat. 

Les Indes savantes, Paris, 2019, 257 pages, 28,- euros.

ISBN : 978-2-84-654-542-2.

Une firme emblématique

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31 mai 2017 3 31 /05 /mai /2017 06:00

Construire sur le front

La technique des éléments préfabriqués en béton,

une innovation de la Grande Guerre

Emmanuel Dubail

Voici à notre connaissance la seule étude sur cette forme d'industrialisation de la guerre représentée par l'utilisation de plus en plus systématique de béton et de blocs préfabriqués de béton pour aménager les organisations défensives du "système-tranchées", du côté allemand comme du côté français.

Bien que très précise au plan technique, la brochure est rédigé dans un style immédiatement accessible au néophyte. Elle est de plus très largement illustrée par un vaste choix de photos (d'hier et d'aujourd'hui), dessins et plans (toujours bien légendés) qui accompagne judicieusement le texte. Vous saurez ainsi tout des conditions et techniques de production dans l'immédiate arrière-front français ou allemand, du transport, de l'utilisation (première et deuxième parties), puis l'auteur vous donnera tous les détails ds conditions d'emploi dans les secteurs de la butte de Vauquois, du bois de la Gruerie et de Bolante, en extérieur comme en souterrain, pour des galeries, des abris ou des observatoires. Enfin, les différents types de poutrelles en béton destinées aux voutes importantes et aux pièces les plus larges sont présentés, avec le rappel de ce texte qui donne une idée de l'ampleur de la guerre industrielle : "Partout où le bois se trouve sur place, il est préférable de l'utiliser. L'acier est moins lourd, moins encombrant et plus cher que le béton armé à égalité de résistance, c'est donc ce dernier qu'il convient d'utiliser à défaut de bois. A défaut de bois ou de métal, on pourrait utiliser les pièces proposées, mais alors il sera bon de les faire confectionner à proximité du lieu d'emploi". En quelques lignes et pour un point somme toute particulier, tout est dit de la complexité de la mobilisation industrielle de guerre.

Une brochure qui témoigne de l'importance et de la qualité du travail réalisé par les courageux animateurs de l'association et qui mérite d'être connu de tous ceux qui souhaitent en savoir plus sur l'aménagement défensif du front continu.

Association des Amis de Vauquois et de sa région, Vauquois, 2013, 95 pages, 12,- euros.
ISBN : 2-9507638-3-9

Pour tout renseignement et toute commande, s'adresser à l'association :

amis.vauquois[at]wanadoo.fr, ou http://butte-vauquois.fr/

Bétonner le front

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18 mars 2017 6 18 /03 /mars /2017 06:00

Paris-Bordeaux en train

Les trois étapes de la modernisation ferroviaire

1844-2016

Hubert Bonin et Christophe Bouneau (Dir.)

Voilà un livre qui semble, a priori, bien éloigné de nos thématiques habituelles, mais qui pourtant les retrouve, sur le fond comme ponctuellement. L'histoire de la ligne de chemin de fer entre Paris et Bordeaux éclaire, à partir d'un exemple, bien des questions sur la prise en compte en France de la modernité.

Les différents contributeurs de cet ouvrage collectif développent l'histoire, depuis 1844, de la ligne Paris-Bordeaux, à la fois dans les questions qu'elle suscite sur le rapport à la modernité à différentes étapes de sa création ou de son développement, dans ses évolutions techniques à proprement parler (électrification, TGV), dans les rapports entre les sociétés privées et l'Etat, dans la course contre le temps ou dans l'importance stratégique des grands chantiers. Au total, un livre solide d'histoire industrielle à partir d'un objet particulier et, par extrapolation, une approche de la relation parfois ambigüe, "d'amour/haine", que notre société entretient avec la problématique de la modernité.

Presses universitaires du Septentrion, Villeneuve d'Ascq, 2016, 212 pages, 24,- euros.

ISBN : 978-2-7574-1283-1.

Débats autour de la modernité

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2 novembre 2015 1 02 /11 /novembre /2015 06:00

Le déluge

1916-1931

Adam Tooze

Une somme ! Une étude de fond sur la montée en puissance de l'hégémonie américaine à partir du milieu de la Première Guerre mondiale et jusqu'aux années 1930.

Faisant remonter l'émergence de la puissance américaine moderne au tournant des XIXe et XXe siècle, Adam Tooze date de 1916 sa reconnaissance comme puissance internationale, lorsque "l'Amérique serait reconnue comme l'égale de la Grande-Bretagne en force maritime", phénomène qui correspond au moment où "le centre du leadership financier mondial" se déplace "de l'autre côté de l'Atlantique". Son analyse économique et financière présente toutes les garanties de références et de sérieux, mais il faut bien admettre que les quelques incursions dans le domaine militaire, stratégique et tactique, sont assez approximatives et que les conclusions qu'il tire des décisions militaires sont pour le moins souvent trop rapides. Les lecteurs français y apprendront néanmoins beaucoup de choses sur les relations entre les Etats-Unis et le gouvernement provisoire russe après la révolution, sur les rapports tendus avec le Japon à propos de la Chine continentale (en dépit d'une incompréhension profonde des problèmes chinois), sur la première indépendance de l'Ukraine, sur les ingérences et tensions avec l'empire colonial britannique et l'Irlande, sur la réalité des Liberty Bonds, etc. Une grande partie centrale de l'ouvrage (sur le fond, à charge) est centrée sur le traité de Versailles, de l'arrivée du président Wilson à Paris à la mise en scène de son rôle et aux conversations entre les Grands jusqu'au refus final par les parlementaires américains de le ratifier (question des frontières polonaises, des réparations, etc.) et à "l'échec final du wilsonisme", avec quelques observations étonnantes comme : "La conception française d'une alliance militaire des démocraties occidentales était tournée vers l'OTAN, celle de Clémentel anticipait l'Union européenne" ??? L'auteur aborde enfin la longue liste des troubles intérieurs et internationaux qui se succèdent dans les années 1920, de l'Amérique latine à l'empire britannique (Inde, Egypte, Irlande, etc.). Il aborde dans le détail la conférence navale de Washington et l'utilisation des dettes de guerres interalliées comme moyen de pression puissant sur les Etats européens "anciennement alliés". Entre crises financières, conférences internationales, désarmement à l'Ouest et politique impérialiste du Japon, plan Young et annnonce de la "grande dépression" des années 1930, on en arrive à la domination de fait de l'économie américaine sur le monde. Wall Street a remplacé la City.

Un ouvrage dense (très dense même, écrit en petits caractères), qui apporte une infinité de renseignements précis sur la réalité des relations internationales et de puissance au-delà des lénifiants discours officiels. Un ouvrage un peu ardu, qui mérite d'être analysé voire critiqué sur certains points, mais d'une incontestable utilité pour tous ceux qui s'intéressent à l'histoire du XXe siècle.

Les Belles Lettres, Paris, 2015, 598 pages, 33,- euros.

ISBN : 978-2-251-38130-5.

De la puissance américaine

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4 octobre 2015 7 04 /10 /octobre /2015 06:00

Paradis fiscaux

Enjeux géopolitiques

Vincent Piolet

Chacun sait bien que l'argent est le nerf de la guerre, et au moins de la puissance, mais tout l'intérêt très concret et actuel de l'ouvrage est souligné dans la préface : "L'existence des paradis fiscaux est lié aux rivalités géopolitiques entre grandes puisances, qui cherchent à garder ou à prendre le contrôle de ces flux financiers... abrités dans des petits Etats faussement indépendants, en fait sous le contrôle d'un Etat plus puissant : les Bahamas pour les Etats-Unis, Monaco et Andorre pour la France, les îles anglo-normandes pour le Royaume-Uni, le Liechtenstein pour l'Allemagne, le Luxembourg et la Suisse pour tout le monde, Hong Kong et Macau pour la Chine, Chypre pour la Russie". Finalement, dans la course à l'hypocrisie, l'Europe n'est pas si mal placée...

En faisant très clairement le choix d'étudier la question des paradis fiscaux non pas sous l'angle plus ou moins technique de l'évasion fiscale mais sous celui de ses impacts géopolitiques, Vincent Piolet nous propose un petit livre tout particulièrement intéressant. Il est bien loin le temps (de la communication), où un président de la République pouvait proclamer devant les caméras "Les paradis fiscaux, c'est fini !". Non seulement ce n'est pas fini, mais ils croissent et prospèrent, y compris sous protection française. En quatre grandes parties, l'auteur nous démontre toute l'importance de ces "territoires de complaisance". Dans la première, il démontre l'hypocrisie absolue de nos dirigeants dans la dénonciation et la lutte contre les paradis fiscaux : Monaco a été sorti de l'éphémère liste noire internationale "grâce à des accords avec des pays comme Andorre, les Bahamas, le Liechtenstein, le Luxembourg, le Qatar, Samoa, Saint-Marin, Saint-Christophe-et-Niévès, etc... Des paradis fiscaux notoires s'accordant mutuellement des accords de coopération...".  A propos des îles anglo-normandes : "Bercy n'a peut-être pas été insensible à la forte présence des banques françaises sur l'île, à l'nstar de BNP Paribas qui dispose de 8 filiales et 350 employés. Après le rachat de la banque Hambros, la Société Générale en compte, elle, 150. Laisser Jersey sur la liste des ETCN ("Etats et territoires non coopératifs" dans la lutte contre l'évasion fiscale et les paradis fiscaux) aurait donc pénalisé ces banques françaises".  Vincent Piolet développe ensuite la notion de secret bancaire, dans son historique et dans sa réalité actuelle, puis détaille les caractéristiques de chaque territoire et l'intérêt qu'il représente pour l'Etat protecteur. Dés les années 1960, pour le Royaume-Uni, "les Bermudes sont les leaders pour les sociétés captives de réassurance, les îles Caïmans sont le premier lieu d'accueil au monde des hedge fund spéculatifs, les îles Vierges britanniques sont spécialisées dans la domiciliation et l'enregistrement des sociétés et Gibraltar représente le point d'entrée sur le marché unique européen". Une sorte de répartition internationale du travail en quelque sorte... La dernière grande partie du livre enfin revient sur la farce (pour les citoyens) du règlement fiscal américain Foreign Account Tax Compliance Act (FATCA), qui n'a pour but que de mettre à bas les places européennes pour... prendre leur place (sans jeu de mot) : "La manoeuvre est parfaite, le coup double : la finance américaine peut récupérer des milliards en gestion d'avoirs offshore et elle passe en même temps pour l'adversaire des paradis fiscaux". Conséquence : une "souveraineté mondiale américaine" renforcée. En restant simplement sur les affaires des douze à vingt-quatre derniers mois, "nous avons vu que les entorses à la loi de la part des banques ne sont pas des faits exceptionnels, mais la conséquence d'actes malveillants pour maximiser les profits et les rémunérations de leurs responsables". Et les banques françaises apparaissent aussi fréquemment que les autres dans ce "best off"... 

Dans sa postface, Jean-François Gayraud revient sur les "mouvements tactiques et brouillard médiatique à fin d'enrichissement oligarchique" : "Les crimes financiers ont désormais des effets macro-économiques et systémiques", "La finance mondialisée nous habitue à d'invisibles jeux de bonneteau consistant à se décharger des dettes massives et toxiques qu'elles créent en direction d'institutions publiques", "Les territoires sont mis aux enchères d'un mieux-disant pour les financiers et d'un moins-disant pour les peuples", etc. C'est au-delà même de ce que l'on peut craindre... Si elles sont encore possibles dans le carcan qui les écrase, il ne faudra surtout pas s'étonner des réactions violentes des peuples et des guerres de demain.

Editions Technip, Paris, 2015, 108 pages, 16,- euros.

ISBN : 978-2-7108-0989-0.

L'argent, l'argent, l'argent...

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17 janvier 2014 5 17 /01 /janvier /2014 06:30

Quelles perspectives pour les drones militaires ?

Pierre Pascallon et Jean-Christophe Damaisin d’Arès (Dir.)

Réalisé consécutivement au colloque organisé sur le thème des drones à l’Assemblée Nationale le 3 décembre 2012, l’ouvrage est articulé autour de deux grands thèmes : les besoins actuels et futurs des armées en matière de drones militaires d’une part, les réponses industrielles et européennes à court et moyen termes d’autre part.

En introduction, nous sont rappelées les étapes principales qui ont jalonné le parcours jusqu’aux formes actuelles des drones. Désormais icône médiatique et réalité forte de notre époque digitale et informationnelle, le drone représente un concentré de technologies et la convergence de besoins opérationnels développés dès la fin du XIXème siècle par le scientifique Nicolas Tesla avec des engins nautiques télécommandés, et accélérés par les "laboratoires" grandeur nature qu’ont constitué les deux Guerres Mondiales. Durant les dernières décennies, le développement et les réalisations en la matière ont vu la prédominance des drones aériens, sujet sur lequel se focalise le livre.

La première partie du livre alimente le lecteur non seulement par les réflexions et analyses des militaires français en termes d’insertion des drones dans la stratégie aérienne globale (renseignement, combat, temps réel, réseaux, persistance, guerres régulières et irrégulières…), mais aussi par le retour d’expérience concret sur les opérations réalisées par l’Armée de l’Air avec le drone Harfang, que ce soit en Afghanistan, Libye, mais aussi sur le territoire national. Ainsi, si « 100% des missions ont été réalisées en appui des forces terrestres » en Afghanistan, les utilisations et les plus-values apportées par les drones Harfang en Libye ont été concentrées sur la « compréhension de la situation au sol, l’accélération du tempo du ciblage et l’estimation des risques de dommages collatéraux », preuve de la gamme variée qu’ont permis ces effecteurs. De même, le RETEX des opérations par les drones tactiques de l’Armée de Terre en Afghanistan est tout aussi précis (« Les actions directes ont donné lieu à 312 identifications positives, dont 60% ont entraîné un traitement »). Dans les deux cas, l’ouvrage est très richement illustré de photos et schémas exclusifs, y compris en théâtre d’opérations. Une contribution sur l’intérêt représenté par les drones aériens pour la Marine Nationale vient utilement éclairer une actualité récente, avec la validation il y a quelques jours du concept d’utilisation par la DGA et DCNS du drone S100 Schiebel sur le patrouilleur l’Adroit. Pour clôturer cette première partie du livre, une mention particulière est à accorder aux contributions respectives -même si on aurait apprécié qu’elles soient encore pluslongues !-, d’attachés de défense américain et israélien sur les utilisations concrètes lors de conflits armés et perspectives d’utilisation de drones en opérations de combat.

Dans la seconde partie du livre, tout aussi richement illustrée, interviennent les représentants de grands groupes industriels européens concernés, soit Thalès (« Une coopération franco-britannique réussie en matière de drone : Watchkeeper »), Sagem (« Retour d’expérience pour les drones tactiques et perspectives »), Cassidian (« Perspectives industrielles des drones en Europe »), et Dassault Aviation (« Neuron, une coopération européenne efficace »). Une analyse sur « L’industrie française et européenne des drones militaires » par un expert de la CEIS vient très utilement éclairer à la fois la réelle domination américaine et israélienne sur le secteur des drones, et les conditions nécessaires que les pays de l’Union Européenne devront réunir pour demeurer des acteurs crédibles dans ce domaine à la fois dual et stratégique. A noter également, d’un point de vue plus technique, la contribution du responsable de programmes à l’ONERA sur le sujet des « Nouveaux drones de demain : l’option hypersonique ».

Dans la conclusion générale enfin, Pierre Pascallon, à la lumière des évènements intervenus dans la première partie de l’année 2013, dresse une perspective sur « L’avenir des drones militaires français après l’opération Serval et la publication du Livre Blanc ». L’intérêt et l’exclusivité de ce livre, Quelles perspectives pour les drones militaires ?, tiennent tout à la fois à la complémentarité et la profondeur des contributions réunies (militaires, industriels, experts, français et étrangers) et à la très belle richesse de son illustration.

Bertrand Quiminal

Editions Prividef, 2013, 25 euros.

ISBN : 979-1-09-148304-9.

 

Armes sans homme ?

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13 janvier 2014 1 13 /01 /janvier /2014 06:25

L'art de la guerre et la technique

Charles Ailleret

Après la recension en mars 2013 de l'Histoire de l'armement du colonel Ailleret, comportant une brève présentation biographique de l'auteur, voici un deuxième volet consacré à un ouvrage tout aussi classique paru en 1950. Écrit dans une langue claire et fluide qui en rend la lecture plaisante, ce mince volume fournit à la réflexion une solide armature intellectuelle toujours d'actualité. Le général Blanc s'interroge dans la préface l'officier technicien constituera-t-il l'ossature de notre armée de demain ?(p.8). En six chapitres s'enchaînant selon une progression logique qui paraît très naturelle, Ailleret répond de manière approfondie, envisageant la question, devenue centrale au XXe siècle, de la liaison entre l'art militaire et la technique. Il étudie les modifications survenues en cinquante ans - entrecoupés de deux guerres mondiales – dans les circonstances matérielles et politiques des conflits. Les évolutions qui affectent les moyens de combat et la structure des sociétés qui les mettent en œuvre forment la trame du livre, les rapports entre engins et méthodes de combat devenant de plus en plus étroits. Leur compréhension par les décideurs revêt un caractère de plus en plus indispensable. Les distances sur lesquelles se déroulent les affrontements s'accroissent de manière exponentielle, la part dévolue aux aéronefs, balbutiante au début du XXe siècle, étant de plus en plus significative. À une époque où les avancées se précipitent dans le domaine militaire, il s'agit de concevoir, d'organiser le combat dans les trois dimensions, en planifiant des programmes d'armement qui accompagnent cette évolution dominée par une imprévisibilité croissante. Marqué par les enseignements récents de la Seconde Guerre mondiale, et les développements envisagés de la « guerre froide », ce livre, rédigé à l'époque où plane la menace de l'holocauste atomique, expose néanmoins une pensée assez intemporelle sur la science et la technique. Il passe en revue les apports des ingénieurs, techniciens - dont il précise les rôles, ainsi que leur interface avec les militaires – de l'artillerie lourde au couronnement finalde l'explosif nucléaire (p.27). La France et ses forces se trouvent alors dans une situation où il s'agit de se projeter dans un avenir proche ou plus lointain, ce qui suppose de pratiquer des extrapolations plus ou moins hasardeuses. Le colonel Ailleret indique certaines grandes orientations de l'architecture future de la défense nationale, soulignant le rôle qu'il convient de réserver à la technique et à ceux qui s'y consacrent, en améliorant leur formation de manière à coordonner leur action avec celle de l'ensemble du corps militaire. La complexité croissante des processus aboutissant à la création d'armements soit inédits, soit perfectionnés, implique que s'établissent des synergies non seulement au sein du trinôme air-terre-mer, mais également entre les forces, le monde industriel et celui des savants. Les exemples récurrents choisis pour illustrer les démonstrations sont ceux des chars pour la Première Guerre mondiale. Pour la Seconde, ce sont les projectiles autopropulsés V1 et V2 élaborés par les Allemands et les premières bombes atomiques américaines. Les figures les plus citées sont Winston Churchill et le ministre de l'armement du IIIe Reich Albert Speer. Une nation moderne se doit de porter une attention soutenue au passage critique de la recherche désintéressée à la phase de la science appliquée, certaines découvertes pouvant être potentiellement mises au service des armées, sans qu'existe un lien de subordination rigoureux entre les différents univers. La conception et la réalisation de matériels convenables résulte forcément d'une coopération efficace allant de la stratégie à la science et à l'usine (p.101). Se dégage une possibilité de manœuvre nouvelle, celle des « recherches et études » qui consiste à mettre au point des armes qui surclassent en qualité celle de l'adversaire pour provoquer au dépens de celui-ci un déséquilibre décisif (p.29).Ménager le secret, condition du plein succès de ce type d'entreprise s'avère du reste plus difficile que d'obtenir une surprise tactique sur le terrain. Il est nécessaire de pouvoir engager massivement, et non ponctuellement, les engins ou dispositifs récents - l'adversaire élaborant dans tous les cas une riposte dont les effets se font sentir à plus ou moins longue échéance. Les matériels à la disposition des états-majors antagonistes façonnent, à un degré variable, les formes adoptées par les opérations. Stabilisation ou guerre de mouvement ne sont pas uniquement imputables au style de commandement, mais également aux conditions de l'armement (p.58). Le colonel Ailleret, un peu à rebours des tendances dominantes au sein de l'armée française contemporaine, insiste sur l'importance de l'acquisition d'une sérieuse culture technique par les officiers des différentes armes, qui toutes sont devenue « savantes », ce qualificatif n'étant plus l'apanage de l'artillerie ou du génie. Invitant à combattre toute cristallisation fâcheuse (p.179) de la pensée militaire, sa réflexion exigeante se teinte quelquefois d'ironie. Évoquant le sort des armes qui se périment malgré les efforts de leur défenseurs nostalgiques, telles la cavalerie dans sa fonction de combat ou l'aérostation, il utilise des formules assez piquantes. À propos des « saucisses » françaises à l'orée du second conflit mondial, il explique que toutes celles qui voulurent prendre l'air se firent héroïquement descendre (p.158). Les divergences traditionnelles entre marins et aviateurs, préjudiciables aux intérêts de la défense nationale - concept en devenir dans l'après 1945 – lui inspirent ce constat désabusé : la forme et les insignes de la casquette exercent une influence déterminante sur la manière de raisonner du cerveau qu'elle abrite (p.161). Embrassant les diverses modalités de l'action des forces, L’Art de la guerre et la technique traite de manière approfondie le passage d'un XIXe encore sous influence napoléonienne - le rythme d'évolution du matériel demeurant lent et relativement prévisible - aux conditions de la guerre du XXe siècle. Celles-ci imposent aux grandes puissances de penser les programmes d'armement dans une logique parfois semi-expérimentale, une responsabilité de plus en plus grande incombant aux décideurs. Il s'agit en effet de concilier la temporalité du progrès technique avec les avancées de la stratégie et de la tactique. L'ouvrage synthétique du colonel Ailleret, intellectuel et praticien, pose des axes de réflexion encore utiles pour l'appréhension des enjeux actuels.

Candice Ménat

Lavauzelle, Paris, 1950, 179 pages.

D'occasion à partir de 10 euros.

 

Guerre et technique

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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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