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31 mai 2017 3 31 /05 /mai /2017 06:00

Construire sur le front

La technique des éléments préfabriqués en béton,

une innovation de la Grande Guerre

Emmanuel Dubail

Voici à notre connaissance la seule étude sur cette forme d'industrialisation de la guerre représentée par l'utilisation de plus en plus systématique de béton et de blocs préfabriqués de béton pour aménager les organisations défensives du "système-tranchées", du côté allemand comme du côté français.

Bien que très précise au plan technique, la brochure est rédigé dans un style immédiatement accessible au néophyte. Elle est de plus très largement illustrée par un vaste choix de photos (d'hier et d'aujourd'hui), dessins et plans (toujours bien légendés) qui accompagne judicieusement le texte. Vous saurez ainsi tout des conditions et techniques de production dans l'immédiate arrière-front français ou allemand, du transport, de l'utilisation (première et deuxième parties), puis l'auteur vous donnera tous les détails ds conditions d'emploi dans les secteurs de la butte de Vauquois, du bois de la Gruerie et de Bolante, en extérieur comme en souterrain, pour des galeries, des abris ou des observatoires. Enfin, les différents types de poutrelles en béton destinées aux voutes importantes et aux pièces les plus larges sont présentés, avec le rappel de ce texte qui donne une idée de l'ampleur de la guerre industrielle : "Partout où le bois se trouve sur place, il est préférable de l'utiliser. L'acier est moins lourd, moins encombrant et plus cher que le béton armé à égalité de résistance, c'est donc ce dernier qu'il convient d'utiliser à défaut de bois. A défaut de bois ou de métal, on pourrait utiliser les pièces proposées, mais alors il sera bon de les faire confectionner à proximité du lieu d'emploi". En quelques lignes et pour un point somme toute particulier, tout est dit de la complexité de la mobilisation industrielle de guerre.

Une brochure qui témoigne de l'importance et de la qualité du travail réalisé par les courageux animateurs de l'association et qui mérite d'être connu de tous ceux qui souhaitent en savoir plus sur l'aménagement défensif du front continu.

Association des Amis de Vauquois et de sa région, Vauquois, 2013, 95 pages, 12,- euros.
ISBN : 2-9507638-3-9

Pour tout renseignement et toute commande, s'adresser à l'association :

amis.vauquois[at]wanadoo.fr, ou http://butte-vauquois.fr/

Bétonner le front
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18 mars 2017 6 18 /03 /mars /2017 06:00

Paris-Bordeaux en train

Les trois étapes de la modernisation ferroviaire

1844-2016

Hubert Bonin et Christophe Bouneau (Dir.)

Voilà un livre qui semble, a priori, bien éloigné de nos thématiques habituelles, mais qui pourtant les retrouve, sur le fond comme ponctuellement. L'histoire de la ligne de chemin de fer entre Paris et Bordeaux éclaire, à partir d'un exemple, bien des questions sur la prise en compte en France de la modernité.

Les différents contributeurs de cet ouvrage collectif développent l'histoire, depuis 1844, de la ligne Paris-Bordeaux, à la fois dans les questions qu'elle suscite sur le rapport à la modernité à différentes étapes de sa création ou de son développement, dans ses évolutions techniques à proprement parler (électrification, TGV), dans les rapports entre les sociétés privées et l'Etat, dans la course contre le temps ou dans l'importance stratégique des grands chantiers. Au total, un livre solide d'histoire industrielle à partir d'un objet particulier et, par extrapolation, une approche de la relation parfois ambigüe, "d'amour/haine", que notre société entretient avec la problématique de la modernité.

Presses universitaires du Septentrion, Villeneuve d'Ascq, 2016, 212 pages, 24,- euros.

ISBN : 978-2-7574-1283-1.

Débats autour de la modernité
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2 novembre 2015 1 02 /11 /novembre /2015 06:00

Le déluge

1916-1931

Adam Tooze

Une somme ! Une étude de fond sur la montée en puissance de l'hégémonie américaine à partir du milieu de la Première Guerre mondiale et jusqu'aux années 1930.

Faisant remonter l'émergence de la puissance américaine moderne au tournant des XIXe et XXe siècle, Adam Tooze date de 1916 sa reconnaissance comme puissance internationale, lorsque "l'Amérique serait reconnue comme l'égale de la Grande-Bretagne en force maritime", phénomène qui correspond au moment où "le centre du leadership financier mondial" se déplace "de l'autre côté de l'Atlantique". Son analyse économique et financière présente toutes les garanties de références et de sérieux, mais il faut bien admettre que les quelques incursions dans le domaine militaire, stratégique et tactique, sont assez approximatives et que les conclusions qu'il tire des décisions militaires sont pour le moins souvent trop rapides. Les lecteurs français y apprendront néanmoins beaucoup de choses sur les relations entre les Etats-Unis et le gouvernement provisoire russe après la révolution, sur les rapports tendus avec le Japon à propos de la Chine continentale (en dépit d'une incompréhension profonde des problèmes chinois), sur la première indépendance de l'Ukraine, sur les ingérences et tensions avec l'empire colonial britannique et l'Irlande, sur la réalité des Liberty Bonds, etc. Une grande partie centrale de l'ouvrage (sur le fond, à charge) est centrée sur le traité de Versailles, de l'arrivée du président Wilson à Paris à la mise en scène de son rôle et aux conversations entre les Grands jusqu'au refus final par les parlementaires américains de le ratifier (question des frontières polonaises, des réparations, etc.) et à "l'échec final du wilsonisme", avec quelques observations étonnantes comme : "La conception française d'une alliance militaire des démocraties occidentales était tournée vers l'OTAN, celle de Clémentel anticipait l'Union européenne" ??? L'auteur aborde enfin la longue liste des troubles intérieurs et internationaux qui se succèdent dans les années 1920, de l'Amérique latine à l'empire britannique (Inde, Egypte, Irlande, etc.). Il aborde dans le détail la conférence navale de Washington et l'utilisation des dettes de guerres interalliées comme moyen de pression puissant sur les Etats européens "anciennement alliés". Entre crises financières, conférences internationales, désarmement à l'Ouest et politique impérialiste du Japon, plan Young et annnonce de la "grande dépression" des années 1930, on en arrive à la domination de fait de l'économie américaine sur le monde. Wall Street a remplacé la City.

Un ouvrage dense (très dense même, écrit en petits caractères), qui apporte une infinité de renseignements précis sur la réalité des relations internationales et de puissance au-delà des lénifiants discours officiels. Un ouvrage un peu ardu, qui mérite d'être analysé voire critiqué sur certains points, mais d'une incontestable utilité pour tous ceux qui s'intéressent à l'histoire du XXe siècle.

Les Belles Lettres, Paris, 2015, 598 pages, 33,- euros.

ISBN : 978-2-251-38130-5.

De la puissance américaine
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4 octobre 2015 7 04 /10 /octobre /2015 06:00

Paradis fiscaux

Enjeux géopolitiques

Vincent Piolet

Chacun sait bien que l'argent est le nerf de la guerre, et au moins de la puissance, mais tout l'intérêt très concret et actuel de l'ouvrage est souligné dans la préface : "L'existence des paradis fiscaux est lié aux rivalités géopolitiques entre grandes puisances, qui cherchent à garder ou à prendre le contrôle de ces flux financiers... abrités dans des petits Etats faussement indépendants, en fait sous le contrôle d'un Etat plus puissant : les Bahamas pour les Etats-Unis, Monaco et Andorre pour la France, les îles anglo-normandes pour le Royaume-Uni, le Liechtenstein pour l'Allemagne, le Luxembourg et la Suisse pour tout le monde, Hong Kong et Macau pour la Chine, Chypre pour la Russie". Finalement, dans la course à l'hypocrisie, l'Europe n'est pas si mal placée...

En faisant très clairement le choix d'étudier la question des paradis fiscaux non pas sous l'angle plus ou moins technique de l'évasion fiscale mais sous celui de ses impacts géopolitiques, Vincent Piolet nous propose un petit livre tout particulièrement intéressant. Il est bien loin le temps (de la communication), où un président de la République pouvait proclamer devant les caméras "Les paradis fiscaux, c'est fini !". Non seulement ce n'est pas fini, mais ils croissent et prospèrent, y compris sous protection française. En quatre grandes parties, l'auteur nous démontre toute l'importance de ces "territoires de complaisance". Dans la première, il démontre l'hypocrisie absolue de nos dirigeants dans la dénonciation et la lutte contre les paradis fiscaux : Monaco a été sorti de l'éphémère liste noire internationale "grâce à des accords avec des pays comme Andorre, les Bahamas, le Liechtenstein, le Luxembourg, le Qatar, Samoa, Saint-Marin, Saint-Christophe-et-Niévès, etc... Des paradis fiscaux notoires s'accordant mutuellement des accords de coopération...".  A propos des îles anglo-normandes : "Bercy n'a peut-être pas été insensible à la forte présence des banques françaises sur l'île, à l'nstar de BNP Paribas qui dispose de 8 filiales et 350 employés. Après le rachat de la banque Hambros, la Société Générale en compte, elle, 150. Laisser Jersey sur la liste des ETCN ("Etats et territoires non coopératifs" dans la lutte contre l'évasion fiscale et les paradis fiscaux) aurait donc pénalisé ces banques françaises".  Vincent Piolet développe ensuite la notion de secret bancaire, dans son historique et dans sa réalité actuelle, puis détaille les caractéristiques de chaque territoire et l'intérêt qu'il représente pour l'Etat protecteur. Dés les années 1960, pour le Royaume-Uni, "les Bermudes sont les leaders pour les sociétés captives de réassurance, les îles Caïmans sont le premier lieu d'accueil au monde des hedge fund spéculatifs, les îles Vierges britanniques sont spécialisées dans la domiciliation et l'enregistrement des sociétés et Gibraltar représente le point d'entrée sur le marché unique européen". Une sorte de répartition internationale du travail en quelque sorte... La dernière grande partie du livre enfin revient sur la farce (pour les citoyens) du règlement fiscal américain Foreign Account Tax Compliance Act (FATCA), qui n'a pour but que de mettre à bas les places européennes pour... prendre leur place (sans jeu de mot) : "La manoeuvre est parfaite, le coup double : la finance américaine peut récupérer des milliards en gestion d'avoirs offshore et elle passe en même temps pour l'adversaire des paradis fiscaux". Conséquence : une "souveraineté mondiale américaine" renforcée. En restant simplement sur les affaires des douze à vingt-quatre derniers mois, "nous avons vu que les entorses à la loi de la part des banques ne sont pas des faits exceptionnels, mais la conséquence d'actes malveillants pour maximiser les profits et les rémunérations de leurs responsables". Et les banques françaises apparaissent aussi fréquemment que les autres dans ce "best off"... 

Dans sa postface, Jean-François Gayraud revient sur les "mouvements tactiques et brouillard médiatique à fin d'enrichissement oligarchique" : "Les crimes financiers ont désormais des effets macro-économiques et systémiques", "La finance mondialisée nous habitue à d'invisibles jeux de bonneteau consistant à se décharger des dettes massives et toxiques qu'elles créent en direction d'institutions publiques", "Les territoires sont mis aux enchères d'un mieux-disant pour les financiers et d'un moins-disant pour les peuples", etc. C'est au-delà même de ce que l'on peut craindre... Si elles sont encore possibles dans le carcan qui les écrase, il ne faudra surtout pas s'étonner des réactions violentes des peuples et des guerres de demain.

Editions Technip, Paris, 2015, 108 pages, 16,- euros.

ISBN : 978-2-7108-0989-0.

L'argent, l'argent, l'argent...
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17 janvier 2014 5 17 /01 /janvier /2014 06:30

Quelles perspectives pour les drones militaires ?

Pierre Pascallon et Jean-Christophe Damaisin d’Arès (Dir.)

Réalisé consécutivement au colloque organisé sur le thème des drones à l’Assemblée Nationale le 3 décembre 2012, l’ouvrage est articulé autour de deux grands thèmes : les besoins actuels et futurs des armées en matière de drones militaires d’une part, les réponses industrielles et européennes à court et moyen termes d’autre part.

En introduction, nous sont rappelées les étapes principales qui ont jalonné le parcours jusqu’aux formes actuelles des drones. Désormais icône médiatique et réalité forte de notre époque digitale et informationnelle, le drone représente un concentré de technologies et la convergence de besoins opérationnels développés dès la fin du XIXème siècle par le scientifique Nicolas Tesla avec des engins nautiques télécommandés, et accélérés par les "laboratoires" grandeur nature qu’ont constitué les deux Guerres Mondiales. Durant les dernières décennies, le développement et les réalisations en la matière ont vu la prédominance des drones aériens, sujet sur lequel se focalise le livre.

La première partie du livre alimente le lecteur non seulement par les réflexions et analyses des militaires français en termes d’insertion des drones dans la stratégie aérienne globale (renseignement, combat, temps réel, réseaux, persistance, guerres régulières et irrégulières…), mais aussi par le retour d’expérience concret sur les opérations réalisées par l’Armée de l’Air avec le drone Harfang, que ce soit en Afghanistan, Libye, mais aussi sur le territoire national. Ainsi, si « 100% des missions ont été réalisées en appui des forces terrestres » en Afghanistan, les utilisations et les plus-values apportées par les drones Harfang en Libye ont été concentrées sur la « compréhension de la situation au sol, l’accélération du tempo du ciblage et l’estimation des risques de dommages collatéraux », preuve de la gamme variée qu’ont permis ces effecteurs. De même, le RETEX des opérations par les drones tactiques de l’Armée de Terre en Afghanistan est tout aussi précis (« Les actions directes ont donné lieu à 312 identifications positives, dont 60% ont entraîné un traitement »). Dans les deux cas, l’ouvrage est très richement illustré de photos et schémas exclusifs, y compris en théâtre d’opérations. Une contribution sur l’intérêt représenté par les drones aériens pour la Marine Nationale vient utilement éclairer une actualité récente, avec la validation il y a quelques jours du concept d’utilisation par la DGA et DCNS du drone S100 Schiebel sur le patrouilleur l’Adroit. Pour clôturer cette première partie du livre, une mention particulière est à accorder aux contributions respectives -même si on aurait apprécié qu’elles soient encore pluslongues !-, d’attachés de défense américain et israélien sur les utilisations concrètes lors de conflits armés et perspectives d’utilisation de drones en opérations de combat.

Dans la seconde partie du livre, tout aussi richement illustrée, interviennent les représentants de grands groupes industriels européens concernés, soit Thalès (« Une coopération franco-britannique réussie en matière de drone : Watchkeeper »), Sagem (« Retour d’expérience pour les drones tactiques et perspectives »), Cassidian (« Perspectives industrielles des drones en Europe »), et Dassault Aviation (« Neuron, une coopération européenne efficace »). Une analyse sur « L’industrie française et européenne des drones militaires » par un expert de la CEIS vient très utilement éclairer à la fois la réelle domination américaine et israélienne sur le secteur des drones, et les conditions nécessaires que les pays de l’Union Européenne devront réunir pour demeurer des acteurs crédibles dans ce domaine à la fois dual et stratégique. A noter également, d’un point de vue plus technique, la contribution du responsable de programmes à l’ONERA sur le sujet des « Nouveaux drones de demain : l’option hypersonique ».

Dans la conclusion générale enfin, Pierre Pascallon, à la lumière des évènements intervenus dans la première partie de l’année 2013, dresse une perspective sur « L’avenir des drones militaires français après l’opération Serval et la publication du Livre Blanc ». L’intérêt et l’exclusivité de ce livre, Quelles perspectives pour les drones militaires ?, tiennent tout à la fois à la complémentarité et la profondeur des contributions réunies (militaires, industriels, experts, français et étrangers) et à la très belle richesse de son illustration.

Bertrand Quiminal

Editions Prividef, 2013, 25 euros.

ISBN : 979-1-09-148304-9.

 

Armes sans homme ?
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13 janvier 2014 1 13 /01 /janvier /2014 06:25

L'art de la guerre et la technique

Charles Ailleret

Après la recension en mars 2013 de l'Histoire de l'armement du colonel Ailleret, comportant une brève présentation biographique de l'auteur, voici un deuxième volet consacré à un ouvrage tout aussi classique paru en 1950. Écrit dans une langue claire et fluide qui en rend la lecture plaisante, ce mince volume fournit à la réflexion une solide armature intellectuelle toujours d'actualité. Le général Blanc s'interroge dans la préface l'officier technicien constituera-t-il l'ossature de notre armée de demain ?(p.8). En six chapitres s'enchaînant selon une progression logique qui paraît très naturelle, Ailleret répond de manière approfondie, envisageant la question, devenue centrale au XXe siècle, de la liaison entre l'art militaire et la technique. Il étudie les modifications survenues en cinquante ans - entrecoupés de deux guerres mondiales – dans les circonstances matérielles et politiques des conflits. Les évolutions qui affectent les moyens de combat et la structure des sociétés qui les mettent en œuvre forment la trame du livre, les rapports entre engins et méthodes de combat devenant de plus en plus étroits. Leur compréhension par les décideurs revêt un caractère de plus en plus indispensable. Les distances sur lesquelles se déroulent les affrontements s'accroissent de manière exponentielle, la part dévolue aux aéronefs, balbutiante au début du XXe siècle, étant de plus en plus significative. À une époque où les avancées se précipitent dans le domaine militaire, il s'agit de concevoir, d'organiser le combat dans les trois dimensions, en planifiant des programmes d'armement qui accompagnent cette évolution dominée par une imprévisibilité croissante. Marqué par les enseignements récents de la Seconde Guerre mondiale, et les développements envisagés de la « guerre froide », ce livre, rédigé à l'époque où plane la menace de l'holocauste atomique, expose néanmoins une pensée assez intemporelle sur la science et la technique. Il passe en revue les apports des ingénieurs, techniciens - dont il précise les rôles, ainsi que leur interface avec les militaires – de l'artillerie lourde au couronnement finalde l'explosif nucléaire (p.27). La France et ses forces se trouvent alors dans une situation où il s'agit de se projeter dans un avenir proche ou plus lointain, ce qui suppose de pratiquer des extrapolations plus ou moins hasardeuses. Le colonel Ailleret indique certaines grandes orientations de l'architecture future de la défense nationale, soulignant le rôle qu'il convient de réserver à la technique et à ceux qui s'y consacrent, en améliorant leur formation de manière à coordonner leur action avec celle de l'ensemble du corps militaire. La complexité croissante des processus aboutissant à la création d'armements soit inédits, soit perfectionnés, implique que s'établissent des synergies non seulement au sein du trinôme air-terre-mer, mais également entre les forces, le monde industriel et celui des savants. Les exemples récurrents choisis pour illustrer les démonstrations sont ceux des chars pour la Première Guerre mondiale. Pour la Seconde, ce sont les projectiles autopropulsés V1 et V2 élaborés par les Allemands et les premières bombes atomiques américaines. Les figures les plus citées sont Winston Churchill et le ministre de l'armement du IIIe Reich Albert Speer. Une nation moderne se doit de porter une attention soutenue au passage critique de la recherche désintéressée à la phase de la science appliquée, certaines découvertes pouvant être potentiellement mises au service des armées, sans qu'existe un lien de subordination rigoureux entre les différents univers. La conception et la réalisation de matériels convenables résulte forcément d'une coopération efficace allant de la stratégie à la science et à l'usine (p.101). Se dégage une possibilité de manœuvre nouvelle, celle des « recherches et études » qui consiste à mettre au point des armes qui surclassent en qualité celle de l'adversaire pour provoquer au dépens de celui-ci un déséquilibre décisif (p.29).Ménager le secret, condition du plein succès de ce type d'entreprise s'avère du reste plus difficile que d'obtenir une surprise tactique sur le terrain. Il est nécessaire de pouvoir engager massivement, et non ponctuellement, les engins ou dispositifs récents - l'adversaire élaborant dans tous les cas une riposte dont les effets se font sentir à plus ou moins longue échéance. Les matériels à la disposition des états-majors antagonistes façonnent, à un degré variable, les formes adoptées par les opérations. Stabilisation ou guerre de mouvement ne sont pas uniquement imputables au style de commandement, mais également aux conditions de l'armement (p.58). Le colonel Ailleret, un peu à rebours des tendances dominantes au sein de l'armée française contemporaine, insiste sur l'importance de l'acquisition d'une sérieuse culture technique par les officiers des différentes armes, qui toutes sont devenue « savantes », ce qualificatif n'étant plus l'apanage de l'artillerie ou du génie. Invitant à combattre toute cristallisation fâcheuse (p.179) de la pensée militaire, sa réflexion exigeante se teinte quelquefois d'ironie. Évoquant le sort des armes qui se périment malgré les efforts de leur défenseurs nostalgiques, telles la cavalerie dans sa fonction de combat ou l'aérostation, il utilise des formules assez piquantes. À propos des « saucisses » françaises à l'orée du second conflit mondial, il explique que toutes celles qui voulurent prendre l'air se firent héroïquement descendre (p.158). Les divergences traditionnelles entre marins et aviateurs, préjudiciables aux intérêts de la défense nationale - concept en devenir dans l'après 1945 – lui inspirent ce constat désabusé : la forme et les insignes de la casquette exercent une influence déterminante sur la manière de raisonner du cerveau qu'elle abrite (p.161). Embrassant les diverses modalités de l'action des forces, L’Art de la guerre et la technique traite de manière approfondie le passage d'un XIXe encore sous influence napoléonienne - le rythme d'évolution du matériel demeurant lent et relativement prévisible - aux conditions de la guerre du XXe siècle. Celles-ci imposent aux grandes puissances de penser les programmes d'armement dans une logique parfois semi-expérimentale, une responsabilité de plus en plus grande incombant aux décideurs. Il s'agit en effet de concilier la temporalité du progrès technique avec les avancées de la stratégie et de la tactique. L'ouvrage synthétique du colonel Ailleret, intellectuel et praticien, pose des axes de réflexion encore utiles pour l'appréhension des enjeux actuels.

Candice Ménat

Lavauzelle, Paris, 1950, 179 pages.

D'occasion à partir de 10 euros.

 

Guerre et technique
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11 janvier 2014 6 11 /01 /janvier /2014 06:20

Une histoire de la Fabrique Nationale de Herstal

Technologie et politique à la division "moteurs" (1889-1992)

Pascal DELOGE

L’ouvrage de Pascal Deloge sur la Fabrique Nationale de Herstal comble un vide informatif de l’histoire de l’armement. S’appuyant sur une documentation fournie, qu’il traite de façon rigoureuse, l’auteur détaille parfaitement les conditions qui ont présidé à sa création, à son expansion et enfin à son déclin.

La manufacture est née en 1889 de la volonté de l’État belge, désireux d’équiper ses troupes de fusils modernes et de disposer sur son propre sol d’une économie de défense. Les armuriers liégeois, à la compétence reconnue, installent alors une usine à Herstal, sur les bords de la Meuse, afin de produire en masse armes et munitions.

Un procès perdu avec l’Allemand Ludwig Loewe, qui avait concédé la licence initiale de fabrication, contraint rapidement la manufacture à diversifier sa production et à construire des cycles puis des cyclomoteurs et des voitures, ce qui est une façon de rester dans le domaine de la mécanique de précision. La Fabrique Nationale élargit ensuite son activité aux armes de chasse, après un accord avec la firme américaine Browning. Sous actionnariat allemand pendant la Première Guerre Mondiale, puis contrôlée à nouveau par des capitaux belges après 1918, la FN met dans l’entre-deux-guerres l’accent sur les produits à destination du monde civil plutôt que sur la fabrication d’armes de guerre. La crise de 29 entraîne cependant la fermeture de la chaîne automobile en 1935.

Après la Seconde Guerre mondiale, la FN élargit son offre et construit, sous licences britanniques, des avions avec le Néerlandais Fokker avant d’entamer une collaboration durable avec Rolls Royce. La guerre froide et la décolonisation s’avèrent pour elle l’occasion de vendre des armes et des munitions dans le monde entier. Toutefois, la course à la taille critique et la nécessité de développer un secteur « recherche », notamment dans le domaine aéronautique, ainsi que les chocs pétroliers de 1973 et 1979, fragilisent l’entreprise dont la gestion demeure un peu vieillotte.

La FN répond à cette situation, mais également à la globalisation de l’économie, en recourant à deux voies complémentaires. Elle établit des partenariats avec GIAT Industries (pour deux ou trois ans) dans le domaine de l’armement et avec la SNECMA et Pratt & Whitney dans le secteur aéronautique, créant à cet effet deux sociétés spécifiques, la FN et Techspace Aero. Parallèlement, elle réduit considérablement ses effectifs, passant entre 1964 et 1992 de 13 000 travailleurs à seulement 900 personnes pour les armes et 1 300 pour les moteurs.

Au bout du compte, l’ouvrage de M. Deloge offre nombre de points positifs. Fort bien écrit, parfaitement documenté, il donne une vision très exacte de l’histoire de la Fabrique Nationale et, à travers elle, contribue à éclairer l’évolution du secteur de l’armement. Mais ce livre contient également toute une réflexion sur la gouvernance d’entreprise, la relève des dirigeants et les choix stratégiques de financement. Peu fréquemment abordés, ces aspects d’histoire industrielle s’avèrent pourtant fondamentaux. Là encore, les analyses de Pascal Deloge apparaissent aussi novatrices que pédagogiques. Enfin, l’exemple de la FN pose clairement la question du coût de la recherche et du développement (le fameux sigle « R et D » si prisé de nos jours) mais également celle des ressources et des débouchés nationaux, trop exigus aujourd’hui pour les industries d’armement. La Belgique n’est pas seule en cause ! La France a connu des problèmes analogues : il suffit de penser à Giat Industries ou à l’aéronautique militaire. Décrivant le parcours de Herstal, Pascal Deloge ouvre ainsi la voie à une réflexion historique plus large, ce qui renforce le plaisir et l’intérêt que l’on éprouve à lire cette somme.

Jean-François Brun

Editions du Cefal, Liège (B), 2012, 442 pages. 30,50 euros.

ISBN : 2-87130-332-0.

Industrie belge
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10 décembre 2013 2 10 /12 /décembre /2013 06:22

L'enjeu énergétique dans les Balkans

Stratégie russe et sécurité européenne

Marina Glamotchak

Attention, très intéressant. L'actualité met l'Ukraine et la question des relations entre Kiev et Moscou au premier plan, comme chaque hiver. Voilà donc un livre qui arrive d'autant plus à propos que cette région des Balkans et de l'est européen constitue la prochaine zone d'élargissement de l'U.E.

Les tracés des oléoducs et gazoducs trans-européens ont déjà joué dans les années antérieures un rôle géopolitique très important et les troubles politiques des Balkans et d'Europe orientale ne font que l'accroître. Dans ce volume, préfacé par Georges-Henri Soutou, Marina Glamotchak met en relief les relations étroites qui unissent le pouvoir russe à la société Gazprom, leur volonté de maintenir l'Europe occidentale en état de sujétion énergétique et le rôle de "cheval de Troie" de la Serbie dans ce contexte. Divisé en 6 grands chapitres, le livre s'attache successivement aux "Etats et leurs politiques de conquête des marchés extérieurs", à "Gazprom pousse ses pions en Europe", aux "Relations Russie-Serbie : l'âme slave à l'épreuve de l'énergie", à "La Croatie, sur le point d'entrer dans l'Union européenne qui retire son 'niet' aux capitaux russes", aux "Intérêts énergétiques russes en Bosnie-Herzégovine", et au "Monténégro : les capitaux russes ne s'intéressent pas qu'à l'énergie". C'est en fait l'image d'un nouvel impérialisme russe à travers toute l'Europe orientale et les Balkans qui se dessine, auquel l'Union européenne, nain politique décervelé, n'est même pas capable de commencer à envisager une réponse. Une situation qui, si l'on suit le raisonnement de l'auteure, ne peut qu'aller en s'aggravant, plaçant de fait Bruxelles sous les fourches caudines de Moscou et faisant sans le dire de Moscou, selon l'expression du professeur G.-H. Soutou, un "membre honoraire" de l'U.E., mais le plus puissant et le plus influent.

Accompagné de nombreuses annexes et de plusieurs cartes, ce volume est passionnant (en dépit de son sujet très technique) et suscite de très nombreuses réflexions. 

Editions Technip, Paris, 2013, 195 pages, 35 euros.

ISBN : 978-2-7108-1033-9.

Le nerf de la politique et de la guerre
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21 septembre 2013 6 21 /09 /septembre /2013 06:35

La France, l'Allemagne et l'Europe monétaire de 1974 à 1981

La persévérance récompensée

Amaury de Saint-Périer

Dans le domaine de l’histoire économique, ce livre constitue sans aucun doute une véritable nouveauté. Amaury de Saint-Périer s’interroge en effet sur les modalités, les conditions, les formes d’action, etc., qui conduisent, « dans la logique du marché commun et du traité de Rome », de l’harmonisation progressive des politiques économiques à la création d’une monnaie unique.

Soulignons tout de suite que l’auteur non seulement ne remet pas en cause ce processus (le livre est publié avec le soutien de la mission historique de la Banque de France), mais y voit au contraire un facteur d’intégration croissante et pour tout dire une chance. Le cadre est donc fixé et sur ce point il sera inutile de chercher une critique nette de cette évolution. Ceci étant dit, l’ouvrage est particulièrement intéressant parce qu’il replace bien chacun dans son rôle et remet la création d’une monnaie unique dans son contexte politique et humain. Les seize chapitres de l’ouvrage sont organisés en quatre grandes parties : « Les initiatives de la France dans le domaine monétaire » (de la politique de relance de Jacques Chirac aux questions de ‘serpent monétaire’, de dispositifs de change et de dévaluation), « L’entente entre la France et l’Allemagne pour relancer l’Europe monétaire » (avec l’évolution des rapports entre Helmut Schmitt et Giscard d’Estaing, les relations au sein du G7, l’accord final sur le SME), « L’entrée en vigueur du SME » (partie plus technique peut-être, où il est question de montants compensatoires, et les négociations pour amener l’adhésion des hésitants comme le Royaume-Uni, l’Italie et l’Irlande), « Les premières épreuves » enfin (avec le second choc pétrolier, les tiraillements avec le dollar et des efforts accrus de convergence entre Paris et Bonn).

On le voit, les thèmes abordés résonnent avec une extraordinaire actualité par rapport aux difficultés actuelles et l’auteur, qui a pu non seulement consulter de très nombreuses archives mais aussi s’entretenir directement avec les principaux acteurs et recueillir leurs témoignages, fournit un luxe de détails et de précisions sur les événements politico-financiers de ces années 1974-1981, leurs interactions, le rôle particulier de certains hommes-clefs, les argumentaires utilisés pour convaincre les hésitants. Ne serait-ce que de ce point de vue, le livre est très riche d’informations et réellement intéressant. Puis, il y a le deuxième niveau de lecture (j'en suis désolé, mais du fait de l'environnement économique général, il s'impose rapidement à l'esprit) : peut-on finalement s’interroger sur la pertinence de certains choix relatifs à l’euro à partir de la description des modalités de création de l’Ecu et des objectifs qui lui étaient fixés ? Nous laisserons à chacun le soin de répondre en conscience, tout en ayant tendance à considérer pour notre part que persévérer (aggraver ?) dans une direction qui prive l’Etat de moyens d’action n’est peut-être pas le meilleur choix.

Un ouvrage parfois un peu ardu mais passionnant pour mieux comprendre les évolutions les plus récentes, jusqu’aux conséquences qui nous touchent presque quotidiennement, et décrypter les discours souvent convenus que l’on entend encore.

Les Presses de Sciences Po., Paris, 2013, 357 pages, 32 euros.
ISBN : 978-2-7246-1325-4.

Aux origines de l'euro
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18 juillet 2013 4 18 /07 /juillet /2013 06:35

Des mathématiciens et des guerres

Histoires de confrontations (XIXe-XXe siècle)

Antonin Durand, Laurent Mazliak et Rossana Tazzioli (Dir.)

Voici les actes d'un colloque qui s'était tenu en février 2012 au CNRS sur la place et le rôle des mathématiciens dans les conflits des XIXe et XXe siècles. Une dizaine de contributions très variées abordent des sujets aussi différents que "La participation des mathématiciens aux guerres d'indépendance italiennes" (Antonin Durand), "Painlevé et la guerre (1908-1933)" (Anne-Laure Anizan), le management mathématique de l'incertitude pendant la Seconde guerre mondiale par les Britanniques et les Américains ( William Thomas) ou "Laurent Schwartz et le Vietnam : la perte de l'innocence" (Pierre Journoud).

Au carrefour d'analyses effectuées par des historiens de différentes spécialités, de l'engagement d'un groupe à la prise de position d'un homme, ce petit volume permet indiscutablement d'élargir nos horizons et nos réflexions, de la guerre "chaude" à la guerre "froide", sur l'histoire des pratiques scientifiques et leur(s) rapport(s) avec la guerre. Extrêmement intéressant.

CNRS Editions, Paris, 2013, 124 pages, 16 euros.

ISBN : 9768-2-271-07668-7.

Mettre la guerre en chiffres
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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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