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12 mai 2017 5 12 /05 /mai /2017 06:00

CENTAC

Le Centre d'entraînement au combat

20 ans de préparation à l'engagement

Cet album de prestige n'est pas seulement un objet de communication. S'agissant d'un organisme très peu connu du grand public mais aussi dans sa réalité quotidienne de la plupart des chercheurs civils sur les questions militaires et de défense. Il permet (enfin) d'avoir une approche à peu près exhaustive de ce centre de formation par lequel, depuis une vingtaine d'années, toutes les unités projetables passent.

Ouvrage de communication institutionnelle, il présente les qualités et les limites de ces publications. Mais si l'esprit critique peut être aiguisé lorsqu'il s'agit d'un régiment un peu ancien ou d'une arme prestigieuse, le fait que le CENTAC soit un centre d'instruction (le plus réaliste possible et en toute sécurité) peu connu dans ses missions et son organisation en fait un outil tout à fait utile. Le volume est superbement illustré par de très nombreuses photos de grande qualité. Installé sur le camp de Mailly à la suite de la guerre du Golfe, le Centre est déclaré opérationnel après trois ans d'expérimentation et de montée en puissance. L'album est divisé en quatre grandes parties. La première présente le séjour d'un sous-groupement tactique en rotation d'instruction sur le camp pendant deux semaines ; la seconde détaille les processus de formation, adaptés aux missions et aux futurs terrains de déploiement, et insiste sur le rôle des "observateurs-arbitres-conseillers" ; la troisième apporte un éclairage rare sur la modernité des moyens d'instruction, la simulation, l'apport du numérique ; la quatrième enfin rappelle les unités étroitement associées au CENTAC, 5e Dragons et 1er Chasseurs dont il a repris les traditions et relevé le nom, tout en soulignant que les évolutions y sont permanentes : "Le programme Cerbère est l'outil qui permettra d'entraîner les SGTIA dotés du système d'infovalorisation Scorpion".

Enfin, le livre se termine sur une double page consacrée au Mémorial des morts pour la France en opérations extérieures, aménagé depuis 2013 en limite du camp. Un bel album, mais aussi un volume indispensable pour tous ceux qui souhaitent en connaître davantage sur les évolutions récentes et en cours de l'armée de Terre, dans ses missions, ses équipements et sa formation.

Editions Pierre de Taillac, Paris, 2017, 128 pages. 29,90 euros.

ISBN : 978-2-36445-100-1.

Capacité opérationnelle
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3 mai 2017 3 03 /05 /mai /2017 06:00

Officiers

Des classes en lutte sous l'uniforme

Christel Coton

Voilà une étude originale, qui jette un éclairage cru, mais répétitif et parfois biaisé, sur les rapports internes au sein du corps des officiers. En résumé, la thèse est simple : sous une apparente unité, l'institution militaire entretient (voire favorise) une forme de "suprématie" des saint-cyriens sur les autres statuts.

Objectivement, c'est assez exact. Et l'intérêt de livre de Christel Coton est bien de donner de nombreux exemples très concrets, personnellement observés et notés à l'occasion de deux séjours prolongés au sein de l'armée de terre, un régiment des forces et une école. Toutefois, l'auteure semble souvent trop impliquée dans son sujet et manque de distance par rapport aux observations qu'elle souligne. Il est d'abord surprenant que cela puisse apparaître comme une "découverte" et que l'auteure l'assimile à une forme de tension sociale, ou de "lutte des classes". Elle multiplie ainsi les exemples et les citations pour illustrer le fait que les officiers de recrutement semi-direct ou tardif seraient désavantagés, surtout s'ils n'appartiennent pas à une "arme combattante" (si possible prestigieuse) et si, en plus, ils ne commandent pas une unité de combat. On ne peut alors que conseiller la rédaction d'une étude similaire sur les rapports entre professeurs des universités et maîtres de conférences dans l'enseignement supérieur, ou entre médecins chefs et internes dans les hôpitaux. Toute organisation est hiérarchisée, et toute hiérarchie a tendance à entretenir à son sommet un groupe dominant. Dans le cas de l'armée de Terre, le fait d'avoir réussi à 18 ou 19 ans le concours de Saint-Cyr et d'en être sorti officier à 21 ou 22 ans donne un indiscutable avantage, renforcé lorsque les intéressés parviennent à être brevetés de l'école de guerre. C'est vérifié, connu, ... et globalement admis même si à l'occasion des "conversations de popote" tel ou tel se fait régulièrement brocardé car jugé trop jeune ou pas assez expérimenté. Car il y a un paramètre que Christel Coton ne prend pas assez en compte pour avoir limité son étude à un régiment et à l'école d'état-major : l'âge est un facteur essentiel. Celui qui devient lieutenant à 25 ou 30 ans a, dès le premier jour et au-delà de toute autre considération, 5 à 10 ans "de retard" sur ses camarades (saint-cyriens) plus jeunes, alors même que le processus de sélection interne vise entre autres à sélectionner des chefs le moins âgés possible. Sans compter qu'il est peut-être préférable pour commander par exemple une compagnie de soutien (et tenir tête aux chefs de service), il vaut mieux avoir une certaine ancienneté ? Par ailleurs, un corps constitué de plusieurs dizaines de milliers d'hommes et de femmes ne saurait être monolithique : l'armée de Terre ne l'est pas davantage que la préfectorale ou les autres grands corps de l'Etat. Pourrait-on mettre en parallèle les évolutions de carrière ou tout simplement les relations interpersonnelles dans les entreprises entre des ingénieurs des Mines ou des Ponts avec leurs "camarades" issus d'écoles moins prestigieuses ? Qu'en est-il du chemin tracé aux énarques ou aux anciens élèves d'HEC ? Alors, bien sûr, il y a fréquemment sentiment d'injustice pour ceux qui n'ont pas pu, su, ou voulu réussir un concours à 20 ans (et il y a là une spécificité française), et dans certains cas il peut-être avéré. Bien sûr les officiers sous contrat constituent une forme de "marge de gestion" pour les responsables RH : c'est parfois injuste, mais c'est dans la définition même du statut. Bien sûr, un chef de corps peut avoir parfois tendance à "surnoter" le Cyrard aux dépends d'un autre officier subalterne d'une autre origine, ou passer plus facilement sur une "erreur de jeunesse". Bien sûr, les ressources humaines sont parfois gérées de façon peu individualisées et certaines affectations peuvent étonner. La sélection des "hauts potentiels" semble parfois reposer autant sur des données objectives que sur des critères plus subjectifs et la publication du tableau d'avancement comme de la liste d'aptitude en décembre réserve son lot de bonnes et de moins bonnes surprises. Mais le phénomène n'est ni nouveau (cf. les débats dans la presse à la fin du XIXe s. et au début du XXe sur la sélection des futures élites militaires lorsque l'Ecole de guerre est née puis lors de la création du Centre des hautes études militaires), ni systématique, et il n'interdit en aucun cas la reconnaissance des mérites des autres officiers, tandis que les règles de gestion protègent aussi contre les abus injustifiés.

Le discours officiel sur une forme "d'égalité" de traitement entre tous les militaires, au moins à grade égal, est à la fois indispensable (par la nature profonde des missions confiées) et faussé. Que des missions extérieures opérationnelles, surtout lorsqu'elles sont réussies, comptent davantage que des postes plus traditionnels dans l'hexagone n'a rien de surprenant au sein d'une institution dont c'est justement la mission première. Que celui qui a pu, su ou voulu réussir davantage de stages, de formations et de concours que certains de ses camarades en soit récompensé peut paraître normal. Et l'on ne peut oublier ce maudit facteur "chance", cette opportunité qui se présente à l'un qui sait la saisir et pas à l'autre, cette réglementation qui change une année plus tôt ou une année trop tard, cette mutation ou cette désignation qui survient juste au bon moment, ce chef qui poussera l'un de ses subordonnés et pas l'autre, etc. La vie, avec ses risques. Une question qui n'est pas posée dans le livre mériterait d'ailleurs que l'on s'y intéresse : quelles ont été par catégorie de grades et de statuts les conséquences des réductions massives d'effectifs depuis une vingtaine d'années ?

En résumé, un livre très intéressant par les détails précis qu'il donne, mais qui n'apporte aucune nouveauté à qui connaît déjà l'institution militaire d'une part et dont les analyses semblent trop profondément marquées (répétitions systématiques des mêmes conclusions partielles) par la volonté de démontrer une idée pré-conçue sans chercher à comprendre "pourquoi". Oui, l'armée de Terre présente (et doit présenter) une image "égalitaire", mais oui (aussi) comme tous les grands corps constitués elle entretient en son sein une "élite" qui se distingue des autres statuts et en quelque sorte se protège (encore faudrait-il comptabiliser les saint-cyriens qui ne terminent pas pour diverses raisons une carrière au sommet de la hiérarchie). Oui, la cohésion interne est une réalité car la notion de service du pays prime le tout, et pourtant cela n'interdit ni les regrets éventuels ni les états d'âme ponctuels. Finalement, l'armée de Terre est bien une grande institution de l'Etat, avec son discours officiel, et une institution humaine, de son temps, avec ses réalités. Est-ce surprenant ? Il reste alors, à titre individuel, la capacité de vivre sa passion, mais aussi les questions d'ego et d'image de soi...

Agone, Marseille, 2017, 283 pages, 19,- euros.

ISBN : 978-2-7489-0329-4.

Sociologie militaire
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6 mars 2017 1 06 /03 /mars /2017 06:10

1604-2004

Du collège royal au prytanée militaire

Quatre cent ans d'éducation à La Flèche

Un album de prestige, préfacé par le président de la République et la ministre de la Défense (MAM), qui retrace toute l'histoire du site, depuis la création du collège des Jésuites en 1604, jusqu'à sa transformation en Collège royal militaire en 1764, devenu Collège national militaire en 1792 et enfin Prytanée national militaire en 1808. Le volume est divisé en neuf grands chapitres et est très largement illustré. On y retrouve en particulier de nombreuses photos issues de collections privées, et des reproductions de quelques ouvrages pièces exceptionnelles de la bibliothèque.

Au-delà du traditionnel album, un complément très utile pour mieux connaître le "vieux bahut".

Association amicale des anciens élèves du Prytanée militaire, 2004, 209 pages.

Le siège de l'association : ici.

Brutions (2)
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4 mars 2017 6 04 /03 /mars /2017 06:00

La grande histoire de l'infanterie française

Des origines à nos jours

Paul Rascle

Plus de 400 pages, denses, en petits caractères (c'est l'une des rares réserves que l'on peut émettre), pour nous présenter "la reine des batailles", dans le temps long et dans sa diversité.

Le livre, monumental, de présentation très classique, est divisé en deux grandes parties équilibrées. La première, chronologique, commence par présenter la filiation des régiments d'infanterie, avant d'en décliner l'histoire siècle après siècle. L'essentiel est néanmoins consacré aux deux derniers siècles, des soldats du Premier empire à la quatrième génération du feu (chapitres 4 à 14). Il est parfois inutile de vouloir trop prouver et l'on peut rester dubitatif sur "l'héritage romain" des légions galliques ou sur le caractère "OPEX" des croisades... L'ensemble toutefois constitue une telle masse documentaire, avec les chiffres, les dates, les lieux, les références administratives, les effectifs, etc. que quiconque veut travailler sur l'infanterie, ou tout simplement se renseigner, doit désormais nécessairement consulter ce volume. La seconde partie s'intéresse plus particulièrement aux subdivisions d'arme, toujours existantes ou disparues : Légion, TDM, tirailleurs, goumiers, bat d'Af., zouaves, méharistes et sahariens, parachutistes, jusqu'aux corps francs et autres "troupes spéciales". Elle s'ouvre par ailleurs sur une présentation des évolutions de l'armement au fil des siècles et sur les uniformes, attributs, coiffures, insignes de grade et même fanions des unités, saints patrons et fêtes traditionnelles. Enfin, la bibliographie finale est un peu brève et inégale, et le ton général est parfois hagiographique, mais, ici également, le nombre d'informations rassemblées en un seul volume est absolument impressionnant.

Au bilan, en dépit des quelques réserves émises, il y a là un document de référence qui mérite absolument de figurer parmi les outils de travail indispensables et doit figurer dans toute bonne bibliothèque. On dira sans doute bientôt "Le Rascle", et cela suffira à comprendre.

Editions Privat, Toulouse, 2016, 447 pages, 39,- euros.

ISBN : 978-2-7089-9344-0.

Monumental
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16 janvier 2017 1 16 /01 /janvier /2017 06:00

Les sapeurs à l'ancre d'or

Le 6e régiment du génie, de Madagascar à Tombouctou

Dans son avant-propos, le général Bosser souligne à juste titre que la devise du 6e RG s'écrit au futur (Je continuerai), orientant ainsi l'action du régiment vers l'avenir. Or, et cet album le montre, cet avenir s'inscrit dans une histoire du régiment qui se confond depuis 120 ans avec l'histoire de France.

Installé dès sa création en 1894 au quartier Eblé, à Angers, le 6e RG participe en effet à toutes les grandes campagnes dès l'opération de Madagascar en 1895, puis à celle de Chine en 1900, par la suite à travers le bassin méditerranéen d'Afrique du Nord au Levant. Le chapitre 1 est consacré à cette exceptionnelle aventure, puis le chapitre 2 traite de la période de la Grande Guerre, avec quelques portraits tout à fait intéressants (l'évasion du sapeur Charrier) et ce chiffre, dont on peine à imaginer spontanément la réalité : 85 citations accrochées aux fanions de ses compagnies : 12 compagnies d'active, 57 compagnies de réserve et 54 compagnies territoriales à l'apogée du régiment ! Après la Seconde guerre mondiale, rapidement traitée, on trouve un assez bref aperçu des missions en Algérie, puis le volume se concentre sur les quarante dernières années, depuis la création de la 59e compagnie de génie de la division d'infanterie de Marine en 1977. Nous suivons alors les sapeurs à l'ancre d'or sur tous les théâtres d'opérations, des Balkans au Sahel en passant par l'Afghanistan. Le dernier grand chapitre, enfin, présente les neuf compagnies du régiment (dont les spécialités NEDEX, intervention nautique, etc.), y compris la 6e compagnie de réserve. Au titre des traditions et de la symbolique, une page est consacrée à la présentation des insignes successifs du régiment, depuis celui en émail créé en 1939, et les lecteurs retrouvent en fin de volume les chants de tradition des troupes de Marine, de la 9e DIC et du régiment.

Un bel album, qui s'inscrit dans une belle collection en cours de développement, et qui mérite d'être largement connu au-delà des seuls sapeurs-marsouins.

Editions Pierre de Taillac, Paris, 2017, 176 pages, 35,- euros.

ISBN : 978-2-3644-5090-5.

Colonial historique
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7 janvier 2017 6 07 /01 /janvier /2017 06:00

Paris et ses sapeurs-pompiers

Didier Sapaut

Préfacé par le général commandant la brigade, le livre-album se compose de quatre parties de formats très différents. Le premier, en une vingtaine de pages, reprend l'histoire des pompiers à Paris depuis 1716, avec leurs évolutions statutaires, d'équipement et les spécialisations. La seconde, sur une quinzaine de pages, présente l'évolution des casernes et des engins sur les deux derniers siècles. La troisième constitue le coeur du livre. En cent trente pages, elle détaille arrondissement par arrondissement l'histoire et le souvenir des pompiers de Paris : anciens lieux d'installation, casernes actuelles, incendies célèbres, etc. Le récit est ponctué d'anecdotes historiques,du récit d'interventions particulières (incendie de l'ambassade d'Israël en 2002) et très richement illustré par de nombreuses photos (souvent venant des fonds de la brigade), anciennes et récentes. Ponctuellement des encarts mettent en valeur un personnage particulier (le caporal Thibault), des ruines historiques (l'enceinte de Philippe Auguste dont il reste des éléments dans trois casernes), des situations de crise (les attentats de 1995 à 2015), d'incendie ayant joué un rôle dans l'évolution de la brigade (bal de l'ambassade d'Autriche en 1810), les combats de la libération, les hommages aux morts au feu, le musée des sapeurs-pompiers, etc. Enfin, la dernière partie, en moins de vingt pages, revient sur quelques oeuvres d'art particulières : tableaux de maître, statuaire, fresque.

L'ouvrage n'a pas de vocation exhaustive, mais il se lit facilement et avec plaisir. La "militarité" des pompiers de Paris n'y est pas particulièrement mise en exergue, mais l'on a, en refermant le livre, une bonne approche de ce corps particulier. Il se termine par une bibliographie indicative fournie et permet tout à la fois de mieux connaître l'histoire de ce corps particulier et plus largement de retrouver celle de la capitale.

Editions Massin, Issy-les-Moulineaux, 2016, 192 pages. 25,90 euros.

ISBN : 978-2-7072-1003-6.

BSPP
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12 décembre 2016 1 12 /12 /décembre /2016 06:00

Nouvelle histoire de la Légion étrangère

Patrick de Gmeline

La quatrième de couverture ne ment pas : "ce livre raconte l'histoire officielle". Et pourtant l'auteur affirme dans son avant-propos que "la Légion n'a pas besoin d'hagiographie". Est-ce à dire que l'histoire officielle est suffisamment hagiographique pour qu'il ne soit pas nécessaire d'en ajouter ?

Construit chronologiquement en 25 chapitres qui nous entraîne de 1831 aux missions et adaptations du début du XXIe s., l'ouvrage apporte de très nombreux éléments factuels, multiplie les informations et les témoignages, et en ce sens il intéressera tous ceux que l'histoire de ces régiments étrangers intrigue ou passionne. Mais, s'il ne déforme pas la réalité, il conforte toujours la position officielle. La Grande Guerre n'est pas "La" guerre des légionnaires, qui y tiennent une place à la hauteur de leurs quelques régiments sur 8,5 millions de mobilisés. Ces régiments se battent fort bien, certes, mais le font-ils mieux que les chasseurs, les coloniaux, les fantassins "longue capote", voire tout simplement même quelques régiments de Territoriaux ? Au Levant en 1941, "la Légion ne tire pas sur la Légion", à l'exception d'une poignée de légionnaires du 3e bataillon du 6e REI, puis la grande majorité du régiment refuse de rejoindre les FFL et fait le choix de rentrer dans la zone Sud de l'hexagone. Parler des combats de Syrie sera longtemps de fait interdit dans les popotes légionnaires... N'oublions pas Bir Hakeim, où effectivement la Légion "va se couvrir de gloire", mais au moins au même titre que le bataillon du Pacifique et celui de l'Oubangui, que les artilleurs ou les sapeurs du camp retranché. Et puis, si la résistance sur place pendant de si longues et dures journées impose le respect, les pertes lors de l'exfiltration finale sont également bien réelles... Sur El-Alamein enfin, qui voit la mort du colonel Amilakhvari, l'auteur jette rapidement un voile pudique : les Français ne sont pas au point décisif et leur action dans leur secteur n'est pas couronnée que de succès... Le livre se poursuit de même pour les combats ultérieurs, d'Indochine, d'Algérie, puis les OPEX.

En synthèse, un livre important qui apporte une nouvelle pierre au monument éditorial à la gloire de la Légion. Une gloire certes indiscutablement méritée, mais qui ne peut prétendre à aucune exclusivité. N'observer l'histoire de la Légion dans les campagnes des armées françaises que sous l'angle de la Légion elle-même conduit nécessairement à entretenir le mythe légionnaire au détriment de ceux qui étaient également présents et dont on ne parle pas (ou si peu)...

Perrin, Paris, 2016, 648 pages, 26,- euros.

ISBN : 978-2-262-06829-5.

Troupe d'élite
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24 novembre 2016 4 24 /11 /novembre /2016 06:00

CPA

Les commandos parachutistes de l'air

Entre ciel et terre

Jean-Marc Tanguy

Des unités dont on parle beaucoup dès qu'il s'agit de forces spéciales, et qui restent bien mal connues du grand public. Il fallait sans doute toute l'empathie de Jean-Marc Tanguy (blog 'Le Mamouth') pour ces soldats afin de pouvoir produire un tel album.

Dans le style de ses publications récentes chez le même éditeur (ici et ici par exemple), l'auteur nous propose un volume très richement illustré (plus de 200 photos, de lui-même ou institutionnelles) organisé en trois grandes parties. La première, relativement brève, raconte l'histoire de ces commandos parachutistes de l'air entre leur création en 1956 en Algérie (quelques pages sont même consacrées aux premiers parachutistes dès 1937) et la création du COS en 1992. La seconde s'intéresse aux CPA depuis cette date, évolutions de structures (bien utile), des missions, du matériel, le RETEX des différentes opérations, etc. La troisième enfin, la plus importante en volume, nous permet d'approcher toute une galerie de portraits, pas moins de 17 personnalités différentes, de l'appelé de la guerre d'Algérie au sous-officier engagé en BSS, qui racontent une expérience particulière ou décrivent une ambiance. Les dernières pages enfin donne la liste (avec un bref résumé des missions principales) des OPEX de ces dernières années. Un (très) utile index ferme cet album : fort heureusement pour le néophyte, car certaines pages débordent littéralement de sigles et acronymes. Et puis, il y a les photos, parfois un peu posées certes, mais presque toujours de grande qualité, des hommes et des espaces souvent immenses...

Un album bienvenu, à la fois documenté et esthétique, qui plaira autant aux amateurs d'opérations discrètes qu'à ceux qui préfèrent s'intéresser aux unités, à leur organisation et à leurs missions.

Editions Pierre de Taillac, Paris, 2016, 199 pages. 29,90 euros.

ISBN : 978-2-36445-086-8.

CPA
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16 octobre 2016 7 16 /10 /octobre /2016 06:00

Histoire des gendarmes

De la maréchaussée à nos jours

Jean-Noël Luc (Dir.)

Depuis de nombreuses années, le professeur Luc a ouvert et développé un très large chantier de recherches et de publications autour de la gendarmerie et des forces de sécurité. Ce gros volume en format poche, véritable et large synthèse d'années de travail, réédition augmentée et actualisée d'un premier ouvrage collectif paru en 2013 (ici), va sans aucun doute s'imposer très rapidement comme une absolue référence.

Les 17 copieux chapitres sont organisés en trois grandes parties : "La maréchaussée et la gendarmerie à l'épreuve des siècles", "Les gendarmes à l'oeuvre dans les campagnes et les villes", et "Le gendarme au coeur de l'imaginaire national". La première part de la naissance de la maréchaussée au XIVe siècle, passant par les évolutions de la Révolution et de l'Empire, le XIXe siècle, la Grande Guerre, les spécialisations de l'entre-deux-guerres, l'Occupation et la Libération, la décolonisation et la Ve République, pour terminer avec l'entrée dans le XXIe siècle enfin. La seconde nous parle du rôle et de la place des gendarmes à la guerre et dans les OPEX, en police judiciaire, dans le maintien de l'ordre (avec les centres de formation), et au service de nos concitoyens lors des catastrophes naturelles. La troisième enfin aborde des thèmes plus culturels, dans la littérature, la bande dessinée, le cinéma ou le petit écran. Enfin, après ces quelques 360 pages chrono-thématiques, les auteurs nous proposent plus de vingt pages de bibliographie en partie commentée, et une douzaine d'annexes qui donnent ponctuellement des chiffres précis et permettent de nombreux points de situation, en particulier au cours du XXe siècle.

Un volume d'une exceptionnelle densité, absolument indispensable pour quiconque s'intéresse à ces questions, qui fourmille d'informations utiles et qui brosse un large panorama de l'évolution des politiques de sécurité dans le temps long.

Nouveau Monde éditions poche, Paris, 2016, 446 pages. 9,90 euros.

ISBN : 978-2-36942-237-2.

"La" référence gendarmique
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4 septembre 2016 7 04 /09 /septembre /2016 06:00

Entreprendre et réussir

Histoire du 19e régiment du génie

Christophe Lafaye

L'émergence d'une "nouvelle génération" des albums régimentaires, que nous évoquions il y a quelques mois, se confirme avec ce beau volume consacré au 19e régiment du génie. Rédigé pour l'essentiel pour un jeune (mais déjà reconnu) historien, qui apporte à son texte toute la rigueur et la richesse de sa méthodologie, il nous transporte tout au long des 140 ans d'existence de ce régiment, de l'Afrique du Nord à la fin du XIXe siècle aux missions extérieures les plus récentes (la Guyane en 2015).

Préfacé par le général CEMAT, il nous permet non seulement de retrouver la quasi-totalité des campagnes des armées françaises durant cette période, mais aussi de s'y retrouver dans la "généalogie" souvent compliquée des unités du génie, entre les compagnies, bataillons et régiments plus ou moins spécialisés au plan technique ou localisés géographiquement et dont la succession dans le temps laisse parfois perplexe l'amateur. Divisé en huit parties chronologiques, il montre bien que le génie possède des caractéristiques tout-à-fait essentielles en terme de spécialités, indispensables aux autres armes, dans des domaines très divers, et très souvent acquises (individuellement et collectivement) sous le feu. Alternativement, des coups de projecteur sont donnés aux opérations mais aussi à la vie quotidienne, aux réorganisations mais aussi aux équipements.

Un bel album qui ravira tous les amateurs et sera d'une réelle utilité aux historiens.

Editions Pierre de Taillac, Paris, 2016, 175 pages, 35,- euros.

ISBN : 978-2-3644-5067-7.

Honneur aux sapeurs
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Qui Suis-Je ?

  • : Guerres-et-conflits
  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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