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26 janvier 2017 4 26 /01 /janvier /2017 06:00

La liberté, pour quoi faire ?

Georges Bernanos

"L'avenir est quelque chose qui se surmonte. On ne subit pas l'avenir, on le fait". Cet extrait de la citation qui figure en 4e de couverture ne peut que recevoir mon approbation, et c'est avec plaisir que j'ai commencé la lecture de ce petit volume format "poche".

Détournant la célèbre formule de Lénine, nous retrouvons dans ce volume cinq conférences peu connues des non spécialistes (Bernanos reste surtout l'auteur de La grande peur des bienpensants et du Journal d'un curé de campagne), prononcées par l'auteur dans les dernières années de sa vie : "La France devant le monde de demain", "La liberté, pour quoi faire ?", "Révolution et liberté", "L'esprit européen et le monde des machines", et "Nos amis les saints". La première est le constat d'une "crise de civilisation" à laquelle il répond par une ode à l'idée qu'il se fait de la France et de son histoire : "On voudrait faire de la France aujourd'hui, sur le plan de la politique extérieure comme sur le plan de la pensée elle-même, une espèce d'intermédiaire qui touche des pourboires de tout le monde. Je dis que la France a un autre rôle à jouer que celui d'intermédiaire". Il constate, mais refuse, l'abaissement de la France de l'immédiat après-Deuxième guerre mondiale. Oui, "la France court aujourd'hui le plus grand risque et la plus grande chance de son histoire ... C'est parce que la France court son plus grand risque qu'elle court aussi sa plus grande chance". Et malgré toutes les difficultés, malgré la supériorité apparente de la technique, de la modernité, des technostructures, la puissance de la pensée et la force des traditions séculaires peuvent être des armes formidables pour la résistance : "Je répète que la France est présente dans chacune de ces villes dont vous ne pouvez même pas voir le nom sur la carte, parce que le curé, le tabellion,l'hôtelier, le pharmacien ou le rédacteur en chef de la feuille hebdomadaire locale y parlent entre eux de mon pays avec la gravité religieuse d'un homme de 1848". La religion chrétienne y tient naturellement pour lui une très grande place, une place d'autant plus importante qu'un "monde est en train de se construire et le moins qu'on puisse dire de lui est qu'il ne s'organise certainement pas selon les principes et les méthodes de notre tradition spirituelle" ; et l'histoire dans le temps long est essentielle : "L'histoire d'un grand pays a des racines profondes, et qui vont très loin sous la terre, que la pensée d'un grand peuple n'est pas une idéologie abstraite, mais une nourriture vivante et son influence une sorte de fécondation". Il refait ainsi au fil du texte l'histoire des années précédentes, de la fin de la IIIe République, de la défaite de 1940, du régime de Vichy, de la Résistance et s'élève contre le matérialisme soviétique aussi bien que contre le "Trust-Roi, le Trust-Dieu" des Etats de l'Ouest : "La France n'est pas responsable de cette civilisation absurde. Cette civilisation s'est faite sans elle, s'est faite contre elle. Vis-à-vis de ce monde, la France est libre"... La deuxième conférence s'intéresse plus particulièrement à cette maladie spirituelle de l'humanité qui se manifeste par la disparition de la liberté (de penser), y compris au sein de la société occidentale qui "s'accomode si bien de la démocratie mais qui ne vise qu'à la dictature politique mondiale, à travers la dictature économique". Il y condamne la toute-puissance d'un Etat désormais menteur et tricheur : "L'Etat moderne n'a plus que des droits, il ne se reconnaît plus de devoirs, c'est précisément à ce fait qu'on a toujours reconnu les tyrans ... Qui prend l'habitude de voler court grand risque de devenir un tueur". Pour résumer en quelque sorte, "la France a été trahie par ses élites et ses élites intellectuelles l'ont encore plus trahie que les autres, car elle ont trahi sa tradition et son génie, en doutant systématiquement et l'une et de l'autre" . Dans la troisième et la quatrième, se présentant comme le "modeste interprète de millions de braves gens que je connais bien, parce que je suis l'un d'eux", il considère la maîtrise de la fission atomique comme le signe ultime de la catastrophe (morale d'abord) et s'en prend à la civilisation des machines et au machinisme, à "la barbarie technique", qui n'apporte rien sinon au mieux de gagner du temps, mais du temps pour quoi faire ? Il revient sur les drames récents de l'Europe, sur les massacres et la guerre total, sur la crise morale, sur les traficotages économiques, avant d'en appeler à "la civilisation européenne (qui a) un caractère universel ... Nous croyons que la civilisation européenne est inséparable d'une certaine conception de l'homme" et à retrouver confiance en nous-mêmes : "La civilisation européenne s'écroule et on ne la remplace par rien, voilà la vérité. A la place de ces immenses épargnes de civilisation, d'humanité, de spiritualité, de sainteté, on offre de déposer un chèque sans provision, signé d'un nom inconnu". Suivent plusieurs lignes magnifiques d'hommage à cette Europe que Bernanos ne conçoit qu'ayant la foi. Car la religion chrétienne est à la base, on l'a bien compris, de sa pensée et de ses écrits. La dernière enfin, subtile, délicate, presque amusante parfois, vise à redonner de l'espoir après le sombre tableau précédemment décrit. Une forme d'optimisme qui trouve bien sûr sa source dans la religion.

Attention toutefois à ne pas se méprendre : " il s'agit de relever l'homme, c'est à dire de lui rendre, avec la conscience de sa dignité, la foi dans la liberté de son esprit". Car telle est bien sa vérité, dont il veut nous convaincre : "le monde ne sera sauvé que par des hommes libres". Bref, un texte décapant par les temps qui courent, et que l'on peut apprécier sans être pour autant une grenouille de bénitier (ce que Bernanos n'était pas d'ailleurs).

Folio Essais, Paris, 2017, 245 pages. 9,30 euros.

ISBN : 978-2-07-270957-9.

Une voix libre
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25 janvier 2017 3 25 /01 /janvier /2017 06:00

Maximes sur la guerre

suivi de Supplément aux maximes sur la guerre

René Quinton

Ouvrage étonnant que ce petit livre.

Engagé volontaire dès le début de la Grande Guerre bien que son âge ait pu lui permettre de rester à l'arrière, il sert aux armées jusqu'à sa démobilisation en 1919 comme officier d'artillerie, de campagne ou lourde. Entré en guerre comme capitaine de réserve, il retourne à la vie civile comme lieutenant-colonel à titre définitif. Il sert en particulier sur l'Yser, sur la Somme, à Verdun, en Champagne, sur l'Aisne, huit fois blessé, il arbore sur le ruban de sa croix de guerre les sept clous et palmes qui correspondent aux citations reçues. Pour compléter le portrait du personnage, rappelons-nous qu'il fut au début du XXe siècle l'un des plus célèbres physiologistes et naturalistes, parfois comparé à un Darwin français.

C'est ce scientifique autodidacte et adepte de l'expérimentation qui, à la fin de l'année 1917, après trois ans de guerre, commence à jeter sur le papier de brèves phrases : "J'ai travaillé à jeter les bases de ce qui pourrait constituer une petite brochure sur la guerre. Peut-être, en 300 ou 400 maximes, pourrait-on dire sur le sujet cinq ou six nouveautés. J'y fais la théorie que vous connaissez, à savoir que la guerre est un chapitre de l'amour, l'état naturel des mâles". Ces maximes (qui parfois se répètent un peu) sont donc profondément marquées par son époque et par sa double expérience de biologiste et de soldat. La guerre y est toujours présente, dans un environnement d'amour et de mort, d'héroïsme et de sacrifice, d'instincts et de devoirs. Les citations (qui pour certaines peuvent choquer ou surprendre dans un XXIe siècle individualiste et matérialiste) pourraient être multipliées à l'envie : "Les êtres ne sont beaux qu'en amour et à la guerre, parce que le dévouement et l'abnégation sont les deux vertus de l'amour et de la guerre", "L'héroïsme est de servir", "Les hommes qui font la guerre ne songent pas à la guerre. Les braves la font et y pensent sans répit. Ils en acquièrent une expérience réfléchie et en deviennent les physiciens", "La guerre est un jeu terrible où l'on gagne toujours, sauf une fois", "Les soldats paient de leur vie les erreurs de l'avancement", "Les pertes sont la honte du chef" et pourtant "Il y a des moments où la vie du chef importe plus que celle de la moitié de ses hommes", "L'observation est rarement à la guerre ce qu'elle doit être. A chaque échelon, le chef la confie à un subordonné, en sorte que les yeux de l'armée tombent au dernier rang de la hiérarchie", "Sur la ligne de feu, il n'y a plus de discipline ; il y a le consentement mutuel. La discipline recommence à l'arrière", "Le drame moral vient du conflit entre l'instinct de vivre et l'instinct de servir", et cette phrase définitive : "La mort au combat est la fin naturelle des mâles".

Il serait intéressant de retrouver les carnets personnels et correspondances de subordonnés de Quinton pendant la guerre, ne serait-ce que pour y rechercher comment ils appréciaient leur commandant. Des maximes qui s'inscrivent, on le voit, dans les courants philosophiques de la fin du XIXe s.- début du XXe s., qui annoncent le culte du héros et de mise en valeur du sacrifice naturel pour des élites conscientes. Un mélange de réalisme froid et d'intellectualisation du combat et de la violence considérés comme inhérents aux âmes hautes. Un livre étonnant, qui en creux nous éclaire aussi sur les courant de pensée des années 1900-1920.

Editions Energeia, Saint-Nazaire-en-Royans, 2016, 158 pages, 18,- euros.
ISBN : 979-1093492-22-3.

Réflexions et pensées
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24 janvier 2017 2 24 /01 /janvier /2017 06:00

Comment fausser compagnie à ses geôliers allemands

Manuel d'évasion

Lieutenant Geraud de Bonnafos

Savoureux ! Voici le texte d'une conférence prononcée le 21 août 1942 dans un sanatorium de Haute-Savoie par un aspirant de l'armée française récemment libéré de son camp de prisonniers en Allemagne.

Considérant, après trois tentatives d'évasion, que la réussite (hors le facteur "chance") repose sur une solide préparation, le lieutenant Geraud de Bonnafos prononce devant ses camarades du sanatorium Martel de Janville une conférence visant à "raconte des histoires d'aventures arrivées à des camarades au cours des différents stades de la préparation et de l'exécution de l'évasion". Le plan de sa conférence est en quelque sorte chronologique, de la préparation très loin en amont, dès que la décision est prise de s'évader, au franchissement à pied de la frontière suisse. Bref chapitre par bref chapitre, tous les aspects sont successivement abordés, de la nécessité de trouver un équipier à la qualité de la carte dont il faut se munir, de la récupération ou de la confection de vêtements civils à l'obtention de faux papiers, de la question de la nourriture à celle de l'argent, des moyens de quitter le camp à l'achat d'un billet de train en gare. Pour comprendre la relative (et apparente) facilité de toutes ces tentatives, il faut se souvenir que le régime dans les camps d'officiers était relativement souple et que ces derniers disposaient pratiquement de tout leur temps. Le tout est en permanence émaillé de très nombreuses anecdotes, des "cas concrets" en quelque sorte, que l'auteur a soit vécu, soit été témoin, ou dont il a entendu parler par des camarades dignes de foi. Les officiers prisonniers évoqués par le lieutenant Geraud de Bonnafos font visiblement preuve d'imagination et d'originalité, de détermination et de sang-froid. Comme il le dit lui-même en conclusion : "Si les Allemands ont été les plus forts, les prisonniers leur ont montré, dans certaines occasions, qu'ils n'étaient pas les plus malins, et de loin". Cette conférence tient les cinquante premières pages du livre. La dernière partie est constituée d'un "dossier" rédigé par les petits enfants de l'auteur et qui permet de remettre le texte initial dans son environnement (conventions relatives aux prisonniers, organisation et fonctionnement d'un oflag, la Croix-Rouge, le courrier et la censure, le régime alimentaire, etc.

En résumé un excellent petit livre, qui se dévore d'une traite et qu'il peut être utile de conserver avec soin... Uniquement pour des travaux ultérieurs, bien sûr !

Editions Pierre de Taillac, Paris, 2016, 93 pages. 9,90 euros.

ISBN : 978-2-36445-080-6.

Guide pratique de l'évasion
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23 janvier 2017 1 23 /01 /janvier /2017 06:00

Le dernier camp de la mort

La tragédie du Cap Arcona, 3 mai 1945

Pierre Vallaud et Mathilde Aycard

Les deux auteurs, qui ont déjà publié plusieurs ouvrages sur les guerres du XXe siècle, nous proposent aujourd'hui une histoire aussi douloureuse que mal connue dans l'historiographie française, celle de la disparition du Cap Arcona à la veille de la fin de la guerre.

L'ouvrage part en fait de beaucoup plus loin, et commence par nous rappeler ce qu'était le Cap Arcona, luxueux fleuron des transatlantiques allemands des années 1920. Et le second chapitre nous apprend que Pierre Clostermann, le célèbre pilote Français Libre aux 34 victoires, appartenait aux escadrilles qui, le 3 mai 1945, attaquent le bâtiment à l'ancre dans la baie de Lübeck. Les chapitres 3 à 11 racontent en fait, au long de l'ensemble de la guerre, la politique d'arrestation, de déportation et d'assassinat dans les territoires occupés par la IIIe Reich, et la montée en puissance parallèle du système concentrationnaire, dont Neuengamme, près de Hambourg, est un élément important. Souvent, les auteurs multiplient les anecdotes, les brefs récits particuliers, sans qu'ils aient de lien direct, sinon ténu, avec le titre jusqu'au moment où les résistants arrêtés sont regroupés pour être transférés dans ce camp de concentration. Il s'agit plutôt nous semble-t-il, dans une première partie du livre, d'un ample récit de la déportation. A partir de la p. 179 ("Survivre à Neuengamme") et surtout p. 195 ("Les marches de la mort"), nous nous rapprochons de l'histoire tragique du Cap Arcona. Ce bâtiment, avec trois autres navires, a été réquisitionné pour servir de prison flottante à la fin de la guerre et recevoir les déportés que les SS font partir des camps de concentration à l'approche des armées alliées (Neuengamme est vide lorsque les Britanniques y entrent le 2 mai). Seul le Cap Arkona, qui a participé depuis le début de l'année à l'évacuation des populations allemandes de Prusse orientale, est effectivement littéralement rempli de malheureux (après que la Kriegsmarine ait tenté de s'y opposer et ait élevé une protestation officielle). A partir du 26 avril, les transferts commencent dans des conditions ignominieuses : "Bousculés, poussés sur les passerelles, des milliers d'hommes sont jetés à fond de cale. Frappés à coups de crosse, nous glissons plutôt que nous descendons à une vitesse vertigineuse par une échelle murale haute d'environ 10 mètres. Comme du charbon dans une soute, pêle-mêle, Russes, Français, Polonais, Belges sont enfournés dans cet immense tombeau". Au cours des dernières journées, tandis que les gardes séparent les prisonniers occidentaux des Soviétiques et que la Croix-Rouge parvient à faire libérer quelques centaines de prisonniers, le Cap Arcona finit par totaliser 6500 détenus et 500 SS, "c'est un camp flottant, ou plutôt un mouroir". L'administration concentrationnaire agonise, mais elle fonctionne toujours cahin-caha. Le 3 mai, les Alliés ont dépassé Lübeck et une agitation grandissante règne sur les navires. A 14h30, l'aviation britannique attaque. Le Deutschland qui ne compte aucun déporté à son mort coule en quatre heures, sur le Cap Arcona "des centaines d'hommes ne peuvent sortir des étroits couloirs où ils s'écrasent". Louis Maury raconte "avoir été porté des cales au pont par une sorte de vague humaine dont il ne fallait jamais quitter le sommet, au risque de périr broyé sous les pieds des détenus". Les auteurs décrivent avec de multiples détails, sur la base des témoignages des survivants, les scènes qui se déroulent alors sur ce cercueil flottant. Nombreux, parmi ceux qui arrivent à quitter le navire et à nager jusqu'à la plage, seront ceux qui seront purement et simplement assassiné par les enfants soldats de la SS, "postés là avec ordre d'éliminer tout déporté". Quelques uns sont sauvé par des vedettes anglaises ou de la Croix-Rouge, car ce drame se déroule pratiquement sous les yeux du monde : "En fin de soirée du 3 mai, une unité britannique quitte le port de Neustadt pour récupérer les survivants, notamment ceux qui ont réussi à se tenir agrippés à la partie émergée de la coque du Cap Arcona". Au total, pour l'ensemble des navires, 7.300 déportés meurent en quelques heures alors que la guerre est quasiment terminée. Sur les milliers entassés sur le navire, on compte environ 350 survivants...  La fin du livre permet de retrouver quelques uns des personnages (prisonniers ou Allemands) de cette tragédie, mais aussi bien au-delà puisque l'on croise dans la liste Anne Franck et un certain nombre de déportés passés par Neuengamme, dont Rémy Dumoncel, époux de Germaine Tallandier. La boucle est presque bouclée.

Un livre qui ne correspond pas toujours à son titre, mais dont les pages consacrées au camp de concentration et au destin des déportés jusqu'à ce funeste 3 mai sont absolument à connaître par tous ceux qui s'intéressent à cette période.

Tallandier, Paris, 2017, 297 pages. 20,90 euros.

ISBN : 979-10-210-2178-5.

Ultime martyre
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21 janvier 2017 6 21 /01 /janvier /2017 06:00

Les oubliés de la bataille d'Angleterre

Batailles aériennes  -  n° 79

Nouveau numéro consacré à l'action des squadrons de la RAF au deuxième semestre 1940, sous un angle tout-à-fait original. Alors que la bataille d'Angleterre n'est généralement présentée qu'à travers les combats aériens livrés au-dessus des îles britanniques, sont traitées ici les opérations montées contre les ports (de la frontière hollandaise à la Normandie) et les nombreuses embarcations très diverses que les armées allemandes y concentrent dans la perspective du débarquement espéré en Angleterre. Comme d'habitude, le texte courant manque à notre sens de hauteur en se consacrant jour par jour au détail des missions ponctuelles des uns et des autres, jusqu'à l'identification de l'appareil avec son équipage. Notons cependant qu'au fil du texte et en conclusion des encarts permettent de faire d'utiles synthèses. Par contre, comme pour les autres numéros également, il y a là une mine de renseignements factuels qui méritent d'être mis en phase, en résonance, avec le reste des opérations (à l'époque navales et surtout aériennes) militaires, ainsi qu'avec les décisions politiques et gouvernementales.

Nombreuses photos, profils, brèves biographies des pilotes, caractéristiques des appareils : au bilan des numéros toujours intéressants, surtout si l'on s'efforce de replacer les évènements décrits dans un cadre plus large.

R.A.F.
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20 janvier 2017 5 20 /01 /janvier /2017 10:43

Une histoire secrète de la révolution russe

Victor Loupan

Journaliste au Figaro et chroniqueur à Radio Notre-Dame, Victor Loupan a déjà publié plusieurs ouvrages sur la Russie et nous propose ici un livre atypique.

Evoquant à la fin de son introduction une "choquante et mystérieuse réalité", il s'intéresse aux parcours individuels des principaux responsables bolcheviques puis soviétiques (Lénine, Trotski, Staline, etc.), dont il détaille les origines familiales et les évolutions avant les évènements qui s'accélèrent à partir de 1917. Il insiste d'ailleurs assez lourdement sur les liens familiaux de Trotski au carrefour de l'émigration des Juifs russes et du monde bancaire anglo-saxon. Ces points ont été soulignés depuis fort longtemps (l'hostilité de l'émigration juive au régime tsariste -et à ses pogroms- est bien connue), mais leur répétition pendant plusieurs dizaines de pages finit par lasser. En résumé, la chute du tsar puis la révolution d'octobre ? Elémentaire mon cher Watson, les banquiers juifs de Wall Street ! Un peu simpliste, non ? Son analyse de la guerre civile est également sujette à discussion (Légion tchécoslovaque, rôle de Trotski et de l'Armée rouge naissante, etc.). La partie suivante, consacrée à Staline, commence mal : "Staline et Trotski se connaissent depuis 1907, année de l'écrasement de la première révolution russe". 1907 ? Un détail, s'il fallait s'arrêter à la chronologie ! La dernière grande partie, qui s'intéresse aux phénomènes de violence extrême qui accompagnent la période révolutionnaire, a pour but de démontrer que celle-ci trouve son origine dans les excès en amont des Bolcheviques, les Blancs et autres Cosaques se "contentant" de faire donner le knout, parfois un peu fort, c'est vrai. Suivent un certain nombre d'exemples (ce n'est pas ce qui manque) et le portait de l'inévitable Félix Dzerjinski. S'ensuit un ultime chapitre distinguant entre la terreur blanche et la terreur rouge : qui a tué le plus ? de la façon la plus horrible ? Etait-ce institutionnalisé ou le fait d'initiatives individuelles ? L'a-t-on regretté ou non ?... Curieuse balance des responsabilités, visant à faire émerger une forme de faute originelle de l'Etat soviétique, et plus largement des révolutions.

En résumé, un livre qui ne laisse pas indifférent, car il assène sans trop de précautions oratoires les certitudes de son auteur, qui ne manque pas d'intérêt tout en reprenant l'essentiel d'anciennes critiques contre-révolutionnaires, mais qu'il faut considérer comme une réflexion politico-idéologique sur fond d'exemples historiques plutôt que comme un livre d'histoire stricto sensu.

Editions du Rocher, Monaco, 2017, 194 pages. 17,90 euros.

ISBN : 978-2-268-08986-7.

Révolution russe
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19 janvier 2017 4 19 /01 /janvier /2017 07:14

Histoire militaire suisse

Des origines à nos jours

Pierre Streit

Pierre Sreit, historien et officier de l'armée de milice, a pendant plusieurs années dirigé le Centre d'histoire et de prospective militaires de Pully. Auteur de nombreux ouvrages, traitant soit de l'histoire suisse dans le temps long (Morgarten, ici), soit du XXe s. (le général Guisan ou Market Garden, ici et ici), soit de questions plus actuelles en lien avec un passé fondateur (l'héritage de Rütli, ici), il nous propose aujourd'hui la réédition (première parution 2006) d'une vaste synthèse d'une riche et complexe histoire militaire depuis l'Antiquité.

Après une solide introduction qui présente le cadre géopolitique suisse (caractéristiques géographiques, principe et histoire de la neutralité, origine et évolutions du système de milice), Pierre Streit commence globalement son récit avec "Nos ancêtres les Helvètes" et les auxiliaires helvètes de l'armée romaine, puis s'intéresse à la période burgonde (où l'on apprend qu'utiliser le terme "Helvetia" est abusif). A compter du début du XIIIe s., commence "la période héroïque" avec l'alliance des trois communautés d'Uri, de Schwytz et d'Unterwald et la nécessité de contrôler les voies de communication (Gothard) dans le massif alpin : "cette situation est à l'origine de la 'défense active', car elle combine une défense, ou un combat retardateur, appuyé sur le terrain ou sur son renforcement, et un élément dynamique, une attaque surprise ou une contre-attaque sur les flancs de l'adversaire, sur un large front et depuis un terrain favorable". Passant à la deuxième moitié du XVe s., période durant laquelle la Suisse figure parmi les grandes puissances militaires du continent, il explique : "Les Suisses doivent leur supériorité sur le champ de bataille à la masse de leur infanterie, formée en carré. Le carré suisse, comptant jusqu'à 6000 hallebardiers et piquiers, est capable de supporter une charge de cavalerie ; il est surtout bien moins onéreux que celle-ci", puis parle d'un véritable "système d'armes à la fois simple et robuste". On constate ainsi que Pierre Streit fait régulièrement l'aller-retour entre l'évolution politique, l'organisation "étatique", l'état des forces armées et les réalités du terrain ou des équipements. Il fait également un lien régulier entre l'organisation intérieure des cantons, leurs alliances longtemps fragiles (ruraux-urbains, catholiques-protestants, etc.), et les relations internationales avec les puissances européennes dans le cadre du "service étranger", dominé par quelques grandes familles : "A elle seule, la famille schwytzoise de Reding entretient jusqu'à douze compagnies (quatre en France, six en Espagne et deux à Naples)". Confédération d'Etats souverains, la Suisse exerce une réelle influence au plan militaire, jusqu'aux Etats-Unis naissants. Le livre se poursuit avec les effets des guerres de la Révolution et de l'empire après "l'effondrement militaire de 1798", qualifié de "faillite" politico-militaire ("Il ne s'agit pas d'une armée, mais de 13 milices cantonales avec des armements, des uniformes, des organisations et des drapeaux différents"), ce qui le conduit à établir une comparaison avec les problèmes "que rencontrent actuellement les pays européens, qu'ils soient membres de l'Union européenne ou de l'OTAN". Après le "Règlement militaire" de 1817 et la dernière guerre civile en 1848, avec un effort marqué sur la formation des officiers, nous arrivons au XXe s., durant lequel la Suisse parvient à éviter toute implication directe dans les deux guerres mondiales, non sans mobiliser ses citoyens, la question de la neutralité économique, la question de la "défense totale" et le principe du "réduit national". Les derniers chapitres traitent des évolutions les plus récentes, dont la confirmation d'un système de défense original par vote populaire en 2013 et le dossier d'Armée XXI.

Une excellent synthèse qui apportera beaucoup à tous ceux qui s'intéressent à la fois à l'histoire européenne, à l'histoire militaire, aux conflits des temps anciens comme aux débats les plus récents.

Le site de l'éditeur pour commande directe : ici.

Infolio éditions, Gollion (CH), 2016, 260 pages, 15,- euros.

ISBN : 9782884749619

Armée et Etat
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18 janvier 2017 3 18 /01 /janvier /2017 06:00

Buffalo Bill

Michel Faucheux

Fermez les yeux. Derrière vous disparaît la silhouette d'une modeste bourgade qui attend l'arrivée de la voie de chemin de fer. Devant vous s'étendent les Grandes plaines, où paissent d'immenses troupeaux de bisons. A côté de vous chevauche William Frederick Cody. Vous êtes dans un film de John Ford. Vous êtes avec Buffalo Bill.

Auteur de plusieurs volumes, dont une belle biographie de Mermoz (ici), Michel Faucheux se lance avec brio dans celle d'un personnage quasi-mythique, figure légendaire même si elle est aujourd'hui parfois controversée de l'Ouest américain. Il en restitue la réalité mais aussi les soubassements intellectuels et symboliques. En s'appuyant sur de nombreuses sources (même si elles sont parfois parcellaires), il reconstitue au sens propre l'ensemble d'une vie, d'une adolescence plus tournée vers l'apprentissage des réalités de la vie que vers les études, une vie dans les immenses espaces au-delà du Mississippi, en exerçant différents métiers, en cherchant fortune sans y parvenir, en étant éclaireur de régiments américains lancés dans la conquête et donc en participant à ce titre aux guerres indiennes. Une vie au cours de laquelle on croise les généraux Custer et Sheridan. Une vie au sujet de laquelle William Cody sait parfaitement créer, développer, entretenir sa propre légende de héros de l'Ouest. Sa vie commence à changer en 1872, lorsque un journaliste et publiciste se charge de populariser son nom sur la côte Est. La même année, la médaille d'honneur (plus haute décoration américaine) lui est décernée... mais elle sera retirée en 1917 car il servait alors comme guide civil ! Elu presque par hasard à l'assemblée du Nebraska et devient l'acteur de sa propre vie à l'automne de la même année. Dès lors, une nouvelle période s'ouvre : celle de la mise en scène d'un Ouest mythifié, idéalisé, où réalité et fiction se mêlent. "Depuis déjà plusieurs années, le légende de Buffalo Bill est entretenue et développée par les nombreux romans populaires bon marché dont il est le héros" : devenu "colonel" de la Garde nationale du Nebraska, il met au point par étapes son grand spectacle mondialement connu, le Wild West, qui met en scène la conquête de l'Ouest et la vie des cow-boys. La première représentation est donnée en 1884 à Saint-Louis, puis à Chicago, en 1886 à New York : "De 1884 à 1894, le Wild West va draîner plus de dix millions de personnes aux Etats-Unis et au Canada, ce qui fait de lui un spectacle de masse". Les acteurs, parmi lesquels de nombreuses femmes et jusqu'au célèbre Sitting Bull durant une période, donnent à voir à un public médusé un spectacle familial qui valorise les qualités traditionnelles : "Grâce à l'innovation technique, le spectacle devient une vaste machinerie qui reconstitue l'histoire pour en créer la mémoire". Buffalo Bill et son spectacle sont à Londres en 1887, où ils se produisent devant toutes les familles royales d'Europe réunies autour de la reine Victoria, puis en France en 1889, où les manifestations constituent "les plus remarquables tableaux de notre exposition universelle", en Italie et en Allemagne en 1890. Des séjours à Londres comme à Paris, Michel Faucheux décrit le détail. Devenu en 1893 le Buffalo Bill's Wild West and Congress of Rough Riders of the World, le spectacle adopte l'électricité et le train, s'associe en 1895 au grand cirque Barnum : "Le Wild West est désormais une entreprise prospère, regroupant sept cents personnes de tous les métiers". Son dernier voyage en France enfin, dans le midi, en 1905, est triomphal. Cody à soixante ans, il est grand-père et "l'éclaireur souhaite désormais devenir sédentaire", et en 1908 il vend ses parts de l'entreprise de spectacle. Fidèle à son rêve, il ne quitte pourtant la scène qu'après la tournée de 1911-1912, et alors que le cinéma muet s'est emparé de son histoire. Cependant, couvert de dettes, il connaît une fin difficile : "le tueur de bisons a été terrassé par l'homme d'affaires".

Une vie de roman, le roman d'une vie. A savourer sans modération.

Folio Biographies, Paris, 2017, 303 pages. 9,30 euros.

ISBN : 978-2-07-046213-1.

Rêve d'enfant
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17 janvier 2017 2 17 /01 /janvier /2017 06:00

La bataille des Ardennes

Hugues-Emmanuel Thalmann

La bataille des Ardennes, à l'hiver 1944-1945, fait régulièrement la Une des magazines grand public d'histoire militaire et de militaria et a été l'objet d'un nombre impressionnant d'études et de publications : l'auteur fait ici le choix de revenir sur le sujet dans un volume qui privilégie la photo.

Après trois ouvrages sur L'enfer des combats de la poche de Colmar, L'opération Nordwind (contre-offensive allemande en Alsace) et La bataille d'Alsace de l'hiver 1944-1945, Hugues-Emmanuel Thalmann déporte légèrement son regard vers le nord pour évoquer l'une des dernières grandes tentatives du IIIe Reich finissant pour renverser le cours de la guerre : l'offensive lancée à la mi-décembre 1944 dans les Ardennes belges, qui donne lieu à des combats acharnés pour défendre des positions comme celles de Bastogne et à laquelle le cinéma américain a consacré plusieurs grands classiques. L'originalité du livre (comme le veut l'esprit de la collection) est de privilégier l'image. Des dizaines et des dizaines de photos se suivent (pour l'essentiel issues des collections des archives nationales américaines et allemandes), accompagnant un texte courant qui résume les principaux évènements et les évolutions majeures de l'opération. Le sommaire suit un plan chronologique, voire chrono-thématique, de la présentation des forces en présence à la question des prisonniers et à celle des pertes (tués et blessés). Il n'oublie pas d'évoquer quelques anecdotes fameuses (replacées dans leur contexte), comme le "Ah Nuts !" du général McAuliffe aux émissaires allemands le 22 décembre, ou l'ordre donné par Patton à son aumônier d'écrire une prière pour que la météo s'améliore, ce que le film éponyme sur le général américain présente avec verve. Les photos illustrent bien à la fois l'extrême dureté des combats et les conditions climatiques très dures durant cette période, ce qui donne toute sa puissance au courage individuel dont font preuve les hommes sur le terrain. Le livre se termine par une succession de photos présentant des matériels allemands et américains, détruits, calcinés, en panne, et par un état des pertes pour chaque camp, puis par une bibliographie indicative qui, pour être limitée, n'en est pas moins solide.

Un bon petit volume pour compléter par l'image des études plus fouillées. A conserver avec soin.

Editions Sutton, Tours, 2016, 176 pages, 20,- euros.

ISBN : 978-2-8138-0942-1.

Décembre 1944 - janvier 1945
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16 janvier 2017 1 16 /01 /janvier /2017 06:00

Les sapeurs à l'ancre d'or

Le 6e régiment du génie, de Madagascar à Tombouctou

Dans son avant-propos, le général Bosser souligne à juste titre que la devise du 6e RG s'écrit au futur (Je continuerai), orientant ainsi l'action du régiment vers l'avenir. Or, et cet album le montre, cet avenir s'inscrit dans une histoire du régiment qui se confond depuis 120 ans avec l'histoire de France.

Installé dès sa création en 1894 au quartier Eblé, à Angers, le 6e RG participe en effet à toutes les grandes campagnes dès l'opération de Madagascar en 1895, puis à celle de Chine en 1900, par la suite à travers le bassin méditerranéen d'Afrique du Nord au Levant. Le chapitre 1 est consacré à cette exceptionnelle aventure, puis le chapitre 2 traite de la période de la Grande Guerre, avec quelques portraits tout à fait intéressants (l'évasion du sapeur Charrier) et ce chiffre, dont on peine à imaginer spontanément la réalité : 85 citations accrochées aux fanions de ses compagnies : 12 compagnies d'active, 57 compagnies de réserve et 54 compagnies territoriales à l'apogée du régiment ! Après la Seconde guerre mondiale, rapidement traitée, on trouve un assez bref aperçu des missions en Algérie, puis le volume se concentre sur les quarante dernières années, depuis la création de la 59e compagnie de génie de la division d'infanterie de Marine en 1977. Nous suivons alors les sapeurs à l'ancre d'or sur tous les théâtres d'opérations, des Balkans au Sahel en passant par l'Afghanistan. Le dernier grand chapitre, enfin, présente les neuf compagnies du régiment (dont les spécialités NEDEX, intervention nautique, etc.), y compris la 6e compagnie de réserve. Au titre des traditions et de la symbolique, une page est consacrée à la présentation des insignes successifs du régiment, depuis celui en émail créé en 1939, et les lecteurs retrouvent en fin de volume les chants de tradition des troupes de Marine, de la 9e DIC et du régiment.

Un bel album, qui s'inscrit dans une belle collection en cours de développement, et qui mérite d'être largement connu au-delà des seuls sapeurs-marsouins.

Editions Pierre de Taillac, Paris, 2017, 176 pages, 35,- euros.

ISBN : 978-2-3644-5090-5.

Colonial historique
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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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