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5 juin 2016 7 05 /06 /juin /2016 06:00

Djihad à Paris

Marc Bowman

L'actualité inspire des vocations, et ce livre nous est présenté comme ayant été écrit sous un pseudonyme par un officier général "ayant occupé un poste important au coeur de la Défense nationale". Admettons, même si ce type de publication n'est pas "notre tasse de thé" quotidienne.

Finalement, on se laisse prendre par le récit, car le style est vif, dynamique, sans fioriture inutile, et l'auteur quel qu'il soit connaît visiblement son sujet. On n'échappe pas bien sûr à quelques poncifs (l'agent de la DGSE ne s'appelle pas Marcel Dupont mais Aymar de Milandre, ce qui sonne indiscutablement mieux... ; Julie, Christine ou Brigitte ne sont pas que des laiderons... ; et l'on voyage beaucoup en Europe, au Moyen-Orient comme en Afrique à la rencontre de personnage plus mystérieux -et douteux- les uns que les autres). Mais finalement il s'agit d'un roman, assez réaliste dans ses descriptions, qui présente le monde "obscur" du renseignement et des opérations spéciales en y mêlant des éléments politiques, diplomatiques, techniques, cohérents avec son récit. Alors, Aymar de Milandre va-t-il sauver la France ? Vous le saurez en vous plongeant dans ces presque 450 pages aux rebondissements multiples, où les alliés ne sont pas toujours très honnêtes, ni les politiques très déterminés.

Un bon roman de plage pour l'été qui approche, ou pour lire pendant un aller-retour en TGV, voire à laisser au service de semaine de la compagnie pour que chacun puisse le feuilleter !

Editions Pierre de Taillac, Paris, 2016, 446 pages. 11,90 euros.

ISBN : 978-2-36445-076-9.

Roman
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27 mai 2016 5 27 /05 /mai /2016 06:00

Terrorisme

Mensonges politiques et stratégies fatales de l'Occident

Jacques Baud

Auteur reconnu pour ses différents ouvrages sur le renseignement et le terrorisme depuis une quinzaine d'années, Jacques Baud nous propose aujourd'hui une large synthèse sur ce thème d'une actualité brûlante.

L'auteur se fixe pour objectif de "tenter de comprendre les erreurs commises" depuis la fin du XXe siècle et il commence pour cela par présenter trois acteurs étatiques essentiels : les Etats-Unis ("Depuis la fin de la Secone guerre mondiale, à part quelques victoires à la Pyrrhus dans des conflits de dimension tactique-opérative -Grenade, Panama, Koweit- les forces armées américaines ont été relativement inefficaces dans les conflits nécessitant une approche stratégique complexe dépassant l'usage de la force"), Israël ("Travaillant dans un véritable carcan idéologique, les autorités et les services de renseignement n'ont pas créé les outils nécessaires à la lutte contre le terrorisme au niveau stratégique. La lutte est donc menée avec une certaine efficacité au niveau tactique, mais tend à générer davantage de terrorisme") et l'Iran ("En dépit d'écarts verbaux provocateurs, les dirigeants iraniens se sont montrés très rationnels dans leurs choix. Les déclarations spectaculaires contre Israël et les Etats-Unis doivent être prises pour ce qu'elles sont : une rhétorique"), sans oublier la Turquie ("A tort ou à raison, pour l'Etat turc, l'image de la menace est constituée par les Kurdes, alors que l'Etat islamique ne figure pas dans cette image, du moins pas directement") et les monarchies pétrolières ("Il existe dans ces pays des forces concurrentes, indépendantes de l'Etat, suffisamment puissantes et riches pour déstabiliser la région , mais qui contribuent à leur stabilité intérieure"). Une analyse sans concession pour conclure : "On se trouve face à une succession de décisions prises dans l'urgence, sans vision de long terme et basées sur une grande méconnaissance de l'environnement politico-militaire ; avec comme conséquence une absence de cohérence". Notons également que la France et l'Europe sont totalement absentes de ce tableau initial, ce qui en dit long sur leur poid réel dans la région.

Le livre revient ensuite longuement sur l'histoire de la nébuleuse Al-Qaïda depuis les années 1990, sur les conflits d'Afghanistan, d'Irak, de Libye et de Syrie, avec cette conclusion partielle après avoir évoqué les attentats de 2015, qui résonne de la même façon : "Nos mesures ne sont pas intégrées dans une cohérence stratégique, mais ne sont qu'une suite d'opérations tactiques". L'auteur aborde plus largement la problématique générale du terrorisme dans les deux dernières parties, en s'intéressant aux définitions du Djihad, son rapport à la guerre asymétrique (la notion d'espace, celle de "victoire") puis aux djihadistes eux-mêmes, ni psychopathes, ni fous, mais dont au contraire on constate qu'ils sont statisquement à la fois jeunes et éduqués et que la religion n'est finalement parfois qu'une apparence : "Par crainte d'excuser, on n'écoute pas, on n'explique pas et, donc, on ne comprend pas". Il s'intéresse également à la notion de "Djihad ouvert" et au "Djihad individuel", qui laissent désarmés les Etats occidentaux. Enfin, il revient longuement sur les logiques de fonctionnement de nos sociétés, sur les services de renseignement, leur déficit analytiqye et leurs carences stratégiques, sur l'illusion du "tout électronique" et sur la distinction entre contre-terrorisme (préventif) et antiterrorisme (préemptif). Rappelant la formule de Sun Tsu, selon lequel "la tactique sans stratégie n'est que du bruit avant la défaite", Jacques Baud observe en conclusion que la laïcité (ou la disparition de la religion chrétienne) favorise la radicalisation contre les "impies" et "apostats", et appelle à une cohérence retrouvée sous la forme d'une véritable volonté stratégique.

 Un livre dense et intéressant, qui ne peut que susciter de nombreuses réflexions. L'auteur ne mâche jamais ses mots et ne se cache pas vers des circonvolutions de langage, tout en nous faisant part de sa longue pratique de ces sujets : un ouvrage utile pour décrypter les situations récentes et en cours.

Editions du Rocher, Monaco, 2016, 423 pages, 21,- euros.

ISBN : 978-2-268-08403-9.

Hypocrisie et insuffisances
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10 avril 2016 7 10 /04 /avril /2016 06:00

L'Etat islamique en 100 questions

Mathieu Guidère

Dans la nouvelle collection qui ambitionne de présenter de manière aussi simple et complète à la fois que possible différents pays et territoires, voici un volume consacré à "l'Etat islamique", proto-Etat à cheval sur l'Irak et la Syrie et dont les ramifications s'étendent largement vers la péninsule arabique, l'Asie et l'Afrique.

Les cent brefs chapitres sont organisés en neuf grands chapitres qui permettent de "ratisser" très large parmi toutes les thématiques, de l'origine de l'acronyme Daech à la réaction des instances musulmanes aux attentats en France. Au fil des pages, il revient bien sûr sous différents angles sur la question du califat, s'efforce de définir l'organisation et les modes de fonctionnement de l'Etat islamique, à ses ressources et à sonfinancement, s'intéresse aux formes de sa propagande et de son recrutement, à ses racines religieuses et à son idéologie, et ses forces "militaires" enfin dans leur organisation, leur armement, leur constitution, mais aussi les défections, et les modes d'action. Une partie aborde le sujet des "filiales" de l'E.I. hors du Moyen-Orient et de ses rapports avec d'autres organisations comme les Frères musulmans. Enfin, la géopolitique de l'Etat islamique, essentiellement dans le monde arabe et musulman qu'à l'égard de la France font l'objet des dernières parties. Au final, bon connaisseur de ces régions et de ces phénomènes, Mathieu Guidère nous offre un livre vif, aussi précis que possible même si les limites de la collection apparaissent rapidement : il est difficile avec des chapitres de deux ou trois pages d'aller au fond des choses.

Un volume à considérer comme une première approche utile et à conserver sur un coin de sa table de 

Tallandier, Paris, 2016, 284 pages. 12,90 euros.

ISBN : 979-10-210-1922-5.

Proto-Etat
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11 janvier 2016 1 11 /01 /janvier /2016 06:00

Les enfants de Loyada

La prise d'otages de Loyada et l'indépendance de Djibouti

Jean-Luc Riva

Qui se souvient de la prise d'otages de février 1976 à Loyada, modeste poste frontière entre le Territoire français des Afars et des Issas et la république de Somalie ? Peu de monde sans doute. Et pourtant, cette affaire exceptionnelle en son temps a des échos très actuels et le récit qu'en fait Jean-Luc Riva rappelle très heureusement ces évènements, dans un contexte politique particulièrement compliqué, tout en nous donnant mine de rien des éléments de réflexion pour aujourd'hui.

Dans sa préface, le général (2S) Soubirou, qui était à l'époque capitaine au 2e REP engagé dans l'action, écrit : A ce jour, aucune technique moderne n'a pu remplacer l'assaut, ultima ratio de l'action militaire. C'est pourquoi il faudra toujours des hommes d'abnégation capables d'exposer leur vie pour sauver celle des autres. C'est ce qui donne sa vraie grandeur et sa spécificité à l'éthique du soldat". Il ajoute un peu plus loin : "Au moment où notre pays est confronté à la recrudescence du terrorisme, Jean-Luc Riva démontre avec 'Les enfants de Loyada' que la réponse pérenne face à cette menace est d'abord une affaire d'hommes". Après avoir présenté le cadre général (l'indépendance de l'ancienne Côte française des Somalis est en route), l'auteur raconte avec un souci scrupuleux du détail les événements qui se succèdent sur les lieux mêmes où le car scolaire transportant les enfants kidnappés est retenu, à Djibouti, à Mogadiscio en Somalie et à Paris. Il décrit le déploiement et l'oeuvre du jeune GIGN, commandé sur place par son fondateur, le jeune lieutenant Prouteau, et les relations avec l'état-major des forces armées sur place, avec les unités du 2e REP et de la 13e DBLE. On est pris par le récit, reconstitué avec patience en particulier grâce à de nombreux entretiens avec les acteurs des événements, et Jean-Luc Riva sait, fréquemment, faire l'aller-retour entre le terrain et ses conditions tactiques d'une part et les cercles décisionnels politiques d'autre part. Les lecteurs y apprécieront en particulier le rôle de Jean Froment, haut-commissaire français adjoint, mais aussi ceux des politiciens indépendantistes locaux très préocccupés par le partage du pouvoir qui doit leur revenir. Le scénario et le déroulement de la libération des enfants est parfaitement décrit et ses enseignements tactiques ne manquent pas d'intérêt. Une fillette de 5 ans est finalement tuée par les terroristes au moment de l'assaut et un garçonnet de 7 ans emmené en otage en Somalie. On remarque dans cette dernière partie que l'ambassade de France fut contrainte de passer par les moyens télécoms de l'ambassade américaine, dont les comptes rendus à Washington sont retranscrits. On observe aussi que les récompenses seront bien maigres au retour en métropole... L'Etat sait donner des ordres, il sait rarement récompenser ses fidèles serviteurs : "Il faut attendre le 30 avril 2012 pour que le 2e REP soit décoré de la croix de la valeur militaire avec palme pour son intervention à Loyada en 1976, en même temps que pour son intervention à Kolwezi. Une décoration pour deux actions d'éclat". Au moins cette opération conforte-t-elle le jeune GIGN, qui y gagne ses lettres de noblesse.

Un volume à lire aussi bien pour l'histoire qu'il raconte que pour les pistes de réflexion qu'il autorise aujourd'hui.  

Editions Nimrod, Paris, 2016, 281 pages, 21,- euros.

ISBN : 978-2-91524-366-6.

A l'origine du GIGN
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6 janvier 2016 3 06 /01 /janvier /2016 06:00

Histoire du terrorisme de l’Antiquité à Daech

Gérard Chaliand et d’Arnaud Blin (Dir.)

Ce livre représente une somme de connaissances encore inégalée en langue française. Comprenant plus de 800 pages, il offre une histoire exhaustive et chronologique d’un phénomène aujourd’hui bien connu de nos contemporains mais dont l’interprétation est souvent source de confusion.

Les huit auteurs de ce livre nous offrent un panorama complet des actes terroristes et de leurs auteurs au cours de l’histoire. Si le tyrannicide était un devoir dans l’Antiquité grecque et romaine, le fait d’assassiner une personne célèbre ou un quidam n’est devenu au fil du temps une forme de « doctrine politique » qu’assez récemment, au 19e siècle, avec notamment Bakounine. Le terrorisme d’Etat est toutefois apparu à la fin du 18e siècle avec la répression déclenchée par la Révolution française aux pires moments de sa survie politique et militaire, même si cette répression a culminé lors des idéologies communiste et nazie du 20e siècle. Ariel Merari, professeur à Harvard et à Tel Aviv, après avoir donné du terrorisme une définition opératoire en tentant de le confronter aux notions de guérilla et de « combattant de la liberté », en définit la stratégie qui s’appuie sur l’intimidation des populations et la provocation à l’égard de l’autorité ou de l’adversaire. Cette stratégie devient assez rapidement, à la fois, une stratégie du chaos et une stratégie d’usure dont le but est de faire évoluer l’état politique de la région ou du pays où ils opèrent. Ensuite Gérard Chaliand et Arnaud Blin étudient la « préhistoire » du terrorisme en centrant leurs propos sur les zélotes juifs de la période de l’occupation romaine de la Palestine et sur cette secte chiite de l’époque des Croisades que constituaient les célèbres « Assassins ». Dans un chapitre consacré à la terreur à travers les âges, ces deux historiens étudient le cas du tyrannicide sous l’Antiquité et celui du « terrorisme de masse » apparu avec les invasions mongoles. Gengis Khan serait ainsi à l’origine de la notion de terrorisme d’Etat. Cette notion se perpétue au 17e siècle durant la terrible guerre de trente ans en Europe où, cette fois-ci, c’est dans la conduite de la guerre que les objectifs civils sont systématiquement recherchés de manière à provoquer l’exode massif de populations en suscitant la terreur. La révolution française est, quant à elle, symptomatique d’une terreur érigée en régime politique visant à imposer un nouvel ordre politique, social et économique par ce moyen et à mettre les forces armées au service d’un pouvoir politique, d’une minorité s’imposant par la force à la majorité. Olivier Hubac –Occhipinti traite ensuite de la naissance des terroristes anarchistes, d’abord en France, puis en Italie, en Espagne, contre le système monarchique, en Amérique du Nord et surtout en Russie. Dans ce pays, les sources doctrinales sont ailleurs mais font floraison en raison de l’extrême pauvreté des étudiants et du prolétariat à la fin du 19e et au début du 20e siècle. A côté de la doctrine de l’anarchisme, se construit maintenant en Russie celle du terrorisme de masse, puis celle du nihilisme. Tous ces mouvements philosophiques et littéraires s’accompagnent déjà de la volonté de détruire la société traditionnelle religieuse et bourgeoise et de reconstruire une société « nouvelle » qui n’obéirait plus à aucune loi contraignante d’un Etat policier. Les propagandistes de l’homme révolutionnaire entraînent derrière eux des étudiants mais cherchent à gagner des paysans. En 1878 est créé le parti « social-révolutionnaire ». Malgré la répression policière, les nouveaux révolutionnaires, appelés désormais « terroristes », commettent de nombreux attentats contre des personnalités militaires et politiques, dont le Tsar Alexandre II en mars 1881. Le terrorisme russe continue tout au long des trente années suivantes jusqu’à la Première Guerre mondiale et la Révolution éponyme, profitant notamment de chaque opportunité politique et économique, prospérant sur les difficultés intérieures et extérieures du gouvernement. Après un chapitre intéressant par Yves Ternon, historien spécialisé sur le négationisme et les génocides, Gérard Chaliand et Arnaud Blin brossent les contours de cette « Belle Epoque » du Terrorisme que constitue partout en Occident le début du XXe siècle. Le point culminant en est l’attentat de Sarajevo, nommé « l’attentat du Siècle », qui entraîne le cataclysme de la Première Guerre mondiale et l’instauration des « terrorismes d’Etat » que sont le Léninisme, le Stalinisme, le Fascisme et le Nazisme. La troisième et dernière partie du livre consacrée au Terrorisme contemporain de 1968 à nos jours et essentiellement sur le terrorisme islamiste que l’ on n’évoquera pas car déjà suffisamment détaillé et connu par d’autres ouvrages. Cette somme colossale est accompagnée en dernière partie de la rétrospective littéraire du Terrorisme, depuis un manifeste écrit contre Cromwell et qui encourage la population anglaise au Tyrannicide jusqu’aux derniers manifestes d’Al Qaida et de l’E.I.

En conclusion, ce livre volumineux devrait figurer dans toutes les bibliothèques de ceux qui cherchent à comprendre un phénomène devenu très actuel, sous un angle davantage stratégique que social, politique, ou religieux. Les terroristes ne deviennent réellement dangereux pour l’équilibre du monde que lorsqu’ils s’emparent d’Etats et des attributs de la puissance régalienne qui les accompagnent.

V. A.

Fayard, Paris, 2015, 840 pages, 24,- euros.

ISBN : 978-2213687308.

Profondeur historique
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2 juillet 2013 2 02 /07 /juillet /2013 06:42

Terrorisme et risk management

World Trade Center, 26 février 1993

Jacques Charbonnier

Comment utiliser une discipline issue des sciences sociales dans le domaine de l’entreprise ? Tel est le défi que Jacques Charbonnier souhaite relever dans cet ouvrage. Il ne s'agit pas d'un ouvrage d'histoire : l'auteur est titulaire d’un doctorat de l’université Lyon 3 avec une thèse portant sur « les institutions et les pratiques d’assurance en Afrique du Nord, des origines à nos jours ». Spécialiste du domaine des assurances et du management du risque, disciplines qu’il a enseigné à Lyon 3, à l’institut du management des risques de Bordeaux et lors de nombreux séminaires de formation, il a publié une vingtaine d’ouvrages dont un Dictionnaire de la gestion des risques et des assurances (2004), le risk management méthodologie et pratique (2007),  Islam : droit finance et assurance (2011). C'est par contre, à notre connaissance, le premier livre traitant en France de l'attentat de février 1993 au WTC, que les dramatiques événements du 11 septembre 2001 ont presque effacé des mémoires. Le risk management est une discipline relativement nouvelle, issue des sciences sociales et théorisée dans les années 1950 aux Etats-Unis. L’auteur montre que cette discipline n’a pas totalement percé au sein des entreprises et notamment au sein des fonctions supports. Ce livre, en forme de cas pratique, a pour but de démontrer l’utilité et l'importance du management des risques et la manière dont on peut l’intégrer au sein des entreprises.

La première partie est largement descriptive et présente le contexte des attentats du World Trade Center (WTC) de 1993. Jacques Charbonnier donne ainsi une définition personnelle du terrorisme. Il présente ensuite le statut des musulmans aux États-Unis. Plus directement, l’auteur dresse le portrait de la Port Authority of New York et du WTC. Le contexte étant en place, la seconde partie présente un historique de l’attentat du 26 février 1993, de son déroulement et enfin de ses conséquences matérielles et pénales. La dernière partie de l’ouvrage est consacrée au risk management à proprement parler, à sa définition et à son application au cas du WTC. Jacques Charbonnier fait état des manquements qui n’ont pas permis de prendre des mesures à hauteur de la menace. Il se fonde sur ces manquements pour proposer des pistes de réflexion et des modalités d’action qui auraient pu, non pas éviter, mais mieux prévenir de tels évènements.

Cet ouvrage est une réussite car il répond clairement à la question posée : démontrer l’intérêt de la pratique du management des risques au sein des entreprises. En effet, l’auteur démontre que l’intégration de structures de management du risque au sein de l’entreprise est profitable car elles préviennent des coûts engendrés par l’apparition des risques. L’analyse du contexte est quant à elle moins convaincante, la définition du terrorisme étant par exemple une question énormément travaillée depuis de longues années et qui demande de larges connaissances dans différents domaines. C’est la partie sur le risk management qui possède donc l’intérêt le plus évident, cette discipline étant vraiment le cœur de métier de l’auteur. La forme d’un cas pratique est un choix des plus judicieux, car il donne aux lecteurs intéressés par ce domaine un mode de raisonnement et une méthodologie aisés à reproduire. Le cas concret choisi étant un exemple pratiquement inconnu en France, le volume n'en a que plus d'intérêt.

Thibault Laurin

                                                                                                                                                   Lavauzelle, Panazol, 2013, 254 pages.

ISBN : 978-2-7025-1569-3.

Analyse du risque
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18 janvier 2013 5 18 /01 /janvier /2013 07:00

Opération Geronimo

John Weisman

  GERONIMO

Il est malheureusement devenu fréquent de voir des éditeurs rebondir sur l’actualité et publier, dans l’urgence, des ouvrages sinon bâclés en tout cas superficiels, relatant des évènements d’actualité qui n’ont pas encore rejoint la sphère de l’histoire. Certains, même, relèvent parfois de l’esbroufe ou de l’escroquerie intellectuelle…

L’opération secrète et combinée des Forces spéciales américaines et de la Central Intelligence Agency dans la ville pakistanaise d’Abbotabad, le 2 mai 2011, qui a conduit à la mort d’Oussama Ben Laden (opération Neptune Spear -Trident de Neptune-, appelée également Opération Geronimo) est l’un de ces faits marquants qui a suscité ces derniers temps une forte mobilisation éditoriale, en France et à l'étranger. Du fait de sa portée et de ses conséquences, à la fois stratégiques et tactiques, l’action a focalisé (et continue de concentrer) l’attention de nombreux spécialistes, quant à son déroulement et à ses répercussions géopolitiques comme sur le front de la lutte contre le terrorisme islamique. Aux Etats-Unis, John Weisman, considéré comme l’un des meilleurs auteurs sur les opérations spéciales de la Marine américaine, et sur les SEALs (Sea-Air-Land - les commandos-marine) en particulier, en dehors de fictions sur les guerres secrètes et l’emploi des services actions, a publié récemment un ouvrage sur ladite opération Neptune Spear ; ouvrage que François de Saint-Exupéry, qui dirige les éditions Nimrod, a eu la bonne idée de publier en France, traduit par Franck Mirmont et adapté par Véronique Duthille.

Avec cette publication, c’est à un tout autre niveau que l’on se place quant à l’analyse de cette opération Nepture Spear-Geronimo. Assurément, c’est le meilleur livre que nous avons pu découvrir sur le sujet. On est captivé, séduit par une alchimie bien rodée – que l’on retrouve certes avec plus ou moins de brio dans ce type d’ouvrages –  : un récit enlevé, écrit – et surtout traduit – dans un style fluide, le tout enrichi d’une multitude de données. L’ensemble témoigne d’un travail très approfondi, avec une description précise, exhaustive même, des rouages méthodologiques, conceptuels et culturels qui caractérisent tant le monde du renseignement que celui des opérations spéciales américaines. On y trouve donc de vraies informations, des données en quantité, au gré d’un texte dense qui accroche le lecteur. Entre stratégie et tactique, études psychologiques, portraits de figures politiques et militaires ou d’opérateurs restés dans l’ombre, présentation des contextes géopolitiques…Tout y est. Du général au particulier, entre les prémisses de l’opération, son application fouillée et ses retombées. Les mentalités transparaissent aussi à travers ce large panorama. On perçoit nettement la véritable "haine" que portent les services américains aux islamistes ; une hostilité devenue quasiment culturelle en leur sein, depuis les années 1990. L’auteur, on peut le déplorer, ne prend d’ailleurs pas de distance par rapport à ces regards peu nuancés, optant lui-même pour des qualificatifs pour le moins inopportuns pour définir Ben Laden ou quelqu’autre islamiste notoire… L’ennemi est donc souvent largement déconsidéré au lieu d’être respecté a minima, ce qui renvoie à ce vieil adage d’une certaine culture américaine transposable pour tous les ennemis des Etats-Unis depuis les guerres indiennes : « un bon […] est un […] mort ». Du coup, c’est aussi très éclairant sur l’état d’esprit des milieux autorisés en prise directe avec le djihadisme international.

Quoi qu’il en soit, ce livre sera précieux pour tout lecteur désireux de parfaire ses connaissances, chacun pouvant aborder l’ouvrage à divers niveaux. Pour les plus fins connaisseurs des questions relatées, l’essentiel est connu mais ce sont les détails, les exemples concrets et réels qui suscitent un véritable intérêt. Pour les néophytes, cet écrit sera une mine d’informations captivantes.

C’est devenu suffisamment rare, ces dernières années, pour que l’on puisse le souligner : pour le genre dans lequel il s’inscrit, il s’agit d’un ouvrage d'une réelle qualité, d’autant plus intéressant qu’il vient en complément d’autres publications sur un sujet dont nous ne découvrirons (peut-être) les archives que dans de longues années.

Pascal Le Pautremat

Editions Nimrod, Paris, 2012, 325 pages, 21 euros.

ISBN : 978-2-915243-51-2.

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12 décembre 2012 3 12 /12 /décembre /2012 06:55

La machine de guerre américaine

La politique profonde, la CIA, la drogue, l'Afghanistan, ...

Peter Dale Scott

Machine639.jpg

Canadien, enseignant à l'université de Berkeley, actvement engagé contre la guerre du Vietnam, Peter dale Scott a été l'un des principaux promoteurs de la notion de "politique profonde", cherchant dans les rouages les plus secrets de l'Etat les explications aux événements contemporains. Il s'est par ailleurs depuis longtemps intéressé aux questions des trafics internationaux en tous genres et aux rôles des servies spéciaux : à la conjonction des deux, "cette interaction pernicieuse, meurtrière, permanente et souvent criminelle, entre les forces des opérations secrètes et celle du trafic de drogue", voici son dernier livre en français.

L'ouvrage est divisé en quatre grandes parties de tailles inégales ("Vue d'ensemble", pp. 47-76 ; "La C.I.A. et la drogue dans le monde", pp. 79-212 ; "Les événements profonds, la connexion narcotique globale et le terrorisme", pp. 215-315 ; et "Les Etats-Unis et l'Afghanistan aujourd'hui", pp. 317-343) qui permettent de dresser un tableau sans doute très complet des relations entre des services officiels bien que secrets, théoriquement organes de défense d'un Etat démocratiques, et les responsables ou parrains des trafics les plus illicites. D'évidence, de Thaïlande en Amérique du Sud, du Laos en Afghanistan, du Mexique au Moyen-Orient, les contacts (pour ne pas dire les liens) entre des membres de la C.I.A et les réseaux internationaux de trafic de drogue ont été (sont ?) nombreux. D'évidence, les trafics illicites les plus divers ont été ici ou là couverts ou protégés pour favoriser telle ou telle action politique. D'évidence, le discours politique officiel n'est pas toujours conforme (loin de là) à la réalité des actions sur le terrain. Bien sûr, la "privatisation de la guerre" ouvre la porte à de nombreuses dérives ou compromissions.  Faut-il pour autant en conclure que la C.I.A. manipule les présidents américains ? Est-ce suffisant pour affirmer que les Américains favorisent le trafic de drogue par al-Quaïda et en profitent ? 

Il y a là, on le voit bien, un pas qu'il est très difficile de franchir, sauf (en l'état actuel des connaissances) à adhérer à une mystérieuse "théorie du complot", qui dépossèderait tous les dirigeants gouvernementaux de volonté d'action pour n'en faire que des jouets, des marionnettes aux mains de quelques puissants personnages de l'ombre. Vieux fantasme amplifié par la complexité et les contradictions de nos sociétés, qui ne se prévalent que des notions de "bien" et des idéaux les plus purs, alors que la réalité de l'action publique est, et a toujours été, dans certaines de ses méandres, bien moins honorable. 

Nous avons, en fait, la faiblesse de considérer que Peter Dale Scott a raison pour de nombreux exemples et qu'il met justement en évidence de vraies dérives, mais nous ne pouvons nous résoudre en synthèse à valider ses conclusions, faites de généralisations à notre sens trop hâtives. Peut-être est-ce une marque d'un indéracinable optimisme ? En conclusion, le livre est non seulement intéressant mais important. Il lève le voile sur une "histoire de l'ombre", certes peu glorieuse et peu honnête, de Truman à George W. Bush, mais (hélas) aussi vieille en réalité que les Etats organisés depuis qu'il en existe. Il faut également souligner que le livre est enrichi d'une utile liste des acronymes utilisés, ce qui permet au lecteur peu au fait de toutes ces subtilités de s'y retrouver dans le dédale des organisations, et de 130 pages de notes, bibliographie et index. Un travail militant marqué par une opposition ancienne à l'interventionnisme américain (l'une des dernières phrases précise : "Ma dernière acclamation va aux pacifistes américains qui nous ont donné, en pleine guerre froide, des exemples exceptionnels de la façon dont une société peut être refaçonnée de manière significative par la persuasion non violente issue de la base"), mais sous cette réserve un travail d'une rare densité et d'une particulière richesse.

Coll. 'Résistances', Editions Demi-Lune, Plogastel Sant-Germain, 2012, 501 pages, 23 euros.

ISBN : 978-2-917112-19-9

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9 juin 2012 6 09 /06 /juin /2012 07:01

La mort de Ben Laden

Jean-Dominique Merchet

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Dix ans. Il aura fallu presque dix ans aux Américains pour "obtenir la peau" de Ben Laden ! 

Dans ce récit presque minute par minute, Jean-Dominique Merchet, journaliste bien connu et animateur du site Secret Défense, déjà auteur de Mourir pour l'Afghanistan en 2008 chez le même éditeur, nous fait le récit des événements, autant que les informations disponibles le permettent.

Facile à lire, avec des phrases courtes et sobres, le livre ne suit pas un plan chronologique, puisqu'il commence par aborder l'opération de mai 2011 en elle-même ("un raid en plein coeur d'un pays souverain, surarmé ... Qui plus est, à quelques centaines de mètres de son Académie militaire"). Vous êtes alors dans les hélicoptères américains avec les Navy Seals, puis à l'assaut dans la maison ("Tous les détails ne sont pas connus, ou plus exactement n'ont pas été rendus publics", mais "n'en doutons pas, il faut plus de temps pour raconter et lire le déroulement de l'action qu'elle n'a duré en réalité. Tout est affaire de quelques secondes -de comportements réflexes appris au cours d'innombrables séances d'entraînement"). En réalité, au total, dix-huit minutes, puis une vingtaine de minutes pour fouiller les lieux dont ils se sont rendus maîtres. Le chapitre 2 traite des suites de l'opération et de ses conséquences. L'immersion du corps est décrite, "en présence d'un aumônier musulman", tandiis qu'un "détachement de marins rend les honneurs militaires". On peut alors suivre les réactions officielles, officieuses et privées dans le monde, parfois dubitatives car "la communication laisse le champ libre à un certain doute et à toutes les fantaisies". Les trois derniers chapitres évoquent des événements antérieurs : la traque de Ben Laden depuis l'attentat des Twin Towers, l'organisation et la préparation en amont de l'opération, et une biographie de Ben Laden qui replace bien l'individu dans son cadre familial, social et culturel.

Un beau travail d'analyse et de synthèse de la documentation disponible et un très bon récit de journaliste. Un livre à conserver en attendant que les historiens puissent (quand ?) se pencher à leur tour sur ce dossier.

On suivra la présentation de son livre par l'auteur sur France Info ici : http://dai.ly/KZsPV8

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Published by guerres-et-conflits - dans Terrorisme - Contre-terrorisme
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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