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25 janvier 2017 3 25 /01 /janvier /2017 06:00

Maximes sur la guerre

suivi de Supplément aux maximes sur la guerre

René Quinton

Ouvrage étonnant que ce petit livre.

Engagé volontaire dès le début de la Grande Guerre bien que son âge ait pu lui permettre de rester à l'arrière, il sert aux armées jusqu'à sa démobilisation en 1919 comme officier d'artillerie, de campagne ou lourde. Entré en guerre comme capitaine de réserve, il retourne à la vie civile comme lieutenant-colonel à titre définitif. Il sert en particulier sur l'Yser, sur la Somme, à Verdun, en Champagne, sur l'Aisne, huit fois blessé, il arbore sur le ruban de sa croix de guerre les sept clous et palmes qui correspondent aux citations reçues. Pour compléter le portrait du personnage, rappelons-nous qu'il fut au début du XXe siècle l'un des plus célèbres physiologistes et naturalistes, parfois comparé à un Darwin français.

C'est ce scientifique autodidacte et adepte de l'expérimentation qui, à la fin de l'année 1917, après trois ans de guerre, commence à jeter sur le papier de brèves phrases : "J'ai travaillé à jeter les bases de ce qui pourrait constituer une petite brochure sur la guerre. Peut-être, en 300 ou 400 maximes, pourrait-on dire sur le sujet cinq ou six nouveautés. J'y fais la théorie que vous connaissez, à savoir que la guerre est un chapitre de l'amour, l'état naturel des mâles". Ces maximes (qui parfois se répètent un peu) sont donc profondément marquées par son époque et par sa double expérience de biologiste et de soldat. La guerre y est toujours présente, dans un environnement d'amour et de mort, d'héroïsme et de sacrifice, d'instincts et de devoirs. Les citations (qui pour certaines peuvent choquer ou surprendre dans un XXIe siècle individualiste et matérialiste) pourraient être multipliées à l'envie : "Les êtres ne sont beaux qu'en amour et à la guerre, parce que le dévouement et l'abnégation sont les deux vertus de l'amour et de la guerre", "L'héroïsme est de servir", "Les hommes qui font la guerre ne songent pas à la guerre. Les braves la font et y pensent sans répit. Ils en acquièrent une expérience réfléchie et en deviennent les physiciens", "La guerre est un jeu terrible où l'on gagne toujours, sauf une fois", "Les soldats paient de leur vie les erreurs de l'avancement", "Les pertes sont la honte du chef" et pourtant "Il y a des moments où la vie du chef importe plus que celle de la moitié de ses hommes", "L'observation est rarement à la guerre ce qu'elle doit être. A chaque échelon, le chef la confie à un subordonné, en sorte que les yeux de l'armée tombent au dernier rang de la hiérarchie", "Sur la ligne de feu, il n'y a plus de discipline ; il y a le consentement mutuel. La discipline recommence à l'arrière", "Le drame moral vient du conflit entre l'instinct de vivre et l'instinct de servir", et cette phrase définitive : "La mort au combat est la fin naturelle des mâles".

Il serait intéressant de retrouver les carnets personnels et correspondances de subordonnés de Quinton pendant la guerre, ne serait-ce que pour y rechercher comment ils appréciaient leur commandant. Des maximes qui s'inscrivent, on le voit, dans les courants philosophiques de la fin du XIXe s.- début du XXe s., qui annoncent le culte du héros et de mise en valeur du sacrifice naturel pour des élites conscientes. Un mélange de réalisme froid et d'intellectualisation du combat et de la violence considérés comme inhérents aux âmes hautes. Un livre étonnant, qui en creux nous éclaire aussi sur les courant de pensée des années 1900-1920.

Editions Energeia, Saint-Nazaire-en-Royans, 2016, 158 pages, 18,- euros.
ISBN : 979-1093492-22-3.

Réflexions et pensées
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10 janvier 2017 2 10 /01 /janvier /2017 06:00

Les Héraultais dans la Grande Guerre

Louis, Jean-Luc et Guilhem Secondy

Une étude sur un département très éloigné du front, qui tout en confirmant beaucoup de points déjà connus sur la vie de la population à l'Intérieur pendant la Grande Guerre apporte avec beaucoup de précisons une vraie plus-value régionale.

Le livre est organisé en grands chapitres thématiques. Après une présentation du départ des jeunes hommes lors de la mobilisation, les auteurs présentent longuement "La vie des soldats sous les armes", à partir de nombreux témoignages de soldats de la région, dont des manuscrits inédits. De la réputation de lâcheté des combattants méridionaux (effet secondaire de "l'affaire du XVe corps") aux relations ambigües avec les Alsaciens (dont certains n'attendent pas nécessairement leur "libération" par l'armée française), un large tableau du quotidien des poilus est brossé. Les auteurs semblent plutôt avoir choisi de mettre en exergue ce qui constitue des différences par rapport aux innombrables autres témoignages, et l'on a parfois le sentiment d'une succession d'exemples isolés plus que d'une synthèse, mais l'intérêt est toujours présent. Les neuf chapitres qui suivent traitent sujet par sujet des aspects économiques, sociaux et culturels des conséquences de la guerre : les prisonniers, la pénurie de main d'oeuvre, la financement de la guerre, le rationnement, la place de la religion, la censure de la presse, la solidarité ou les établissements hospitaliers. Dans une dernière partie en cinq chapitres, ils abordent l'immédiat après-guerre, des fêtes populaires à l'annonce de l'armistice à la démobilisation et au retour des soldats dans leurs familles, puis la création des associations locales d'anciens combattants et l'érection des monuments aux morts.

Dans leur brève conclusion, ils soulignent la grande diversité des situations personnelles pendant et après la guerre ("le policier qui redouble d'intelligence pour démasquer les espions, le commerçant qui tient une chance de vendre plus de vin, la femme enfin libérée d'un conjoint jugé odieux ou pénible ... Le soldat musicien sera sollicité et accroîtra ses compétences et son expérience du jeu, le téléphoniste assistera à des stages et progressera dans son art, la femme travaillera à l'usine peut-être pour la seule fois de sa vie. Le jeune conducteur d'ambulance de condition modeste deviendra chauffeur d'un préfet puis d'un grand industriel"). Une présentation "pointilliste" de la vie d'un département de la république, qui s'appuie sur une solide bibliographie et de nombreuses sources référencées en fin de volume.

Le papillon rouge éditeur, Villeveyrac, 2014, 286 pages. 20,50 euros.

ISBN : 978-2-917875-51-3.

Front intérieur
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25 décembre 2016 7 25 /12 /décembre /2016 06:00

Le journal de ma captivité

21 juin 1916 - 29 octobre 1917

Edmond Tournier

Un journal de guerre relativement moins courant que la plupart de ceux généralement publié, puisqu'il nous raconte le quotidien d'un brancardier du 132e RI fait prisonnier en 1916 sur le front de Verdun, à l'ouest du fort de Vaux, et qui retrouve la France via la Suisse à la fin de l'année 1917.

Retrouvé dans un ensemble de vieux papiers de famille à la suite d'un décès, ce journal a été directement tenu par Edmond Tournier, puis "retranscrit au propre" et dactylographié par son fils, avant d'être publié par son petit-fils. Conduit au fort de Vaux désormais occupé par les Allemands, il est brièvement employé comme infirmier auxiliaire, avant de rejoindre Baroncourt d'où commence son périple de prisonnier. Sur l'immédiat arrière-front, ses geôliers allemands se conduisent fort bien avec les Français (soins, alimentation, couchage). La première halte est au camp de Pouru-Saint-Rémy, dans une grande ancienne filature transformée en camp de prisonniers, qui travaillent aux champs pendant la journée (même si la description du nombre de faux brisées en une journée peut prêter à sourire), jusqu'à ce qu'il refuse de travailler et exige, comme auxiliaire sanitaire d'être employé au sein du service de santé, ce qui le fait désigner comme "forte tête". Tant qu'il reste en Alsace-Lorraine, il bénéficie fréquemment, comme ses camarades, des gestes amicaux de la population aussi bien que de soldats originaires du Reichland. Transféré à Mouzon, puis à Stenay (il assiste au bombardement du QG du Kronprinz par les aviateurs alliés), et à Brieulles dans l'arrière-front où les conditions de vie sont plus dures, dans un camp entouré de barbelés et de miradors : "Voici la nourriture, le matin à cinq heures et demie un quart d'eau de gland, le midi une soupe d'orge ou de betteraves cuites à l'eau. Le soir, 250 grammes de pain noir, un quart d'eau de gland et une demi-cuillère de marmelade de betteraves". Et pour cela, onze heures de travail en extérieur par jour, quel que soit le temps... Mais les déplacements continuent et, du fait de son refus persistant de travailler comme les autres prisonniers, doit subir de véritables tortures avant d'être menacé de mort au prochain refus. Est-ce le fait de sa détermination ? Il est finalement désigné comme interprète entre un groupe de prisonniers français et leurs gardiens allemands pendant quelques jours, avant de rejoindre le camp de représailles de Vilosnes-sur-Meuse, où les conditions de vie sont encore pires (y compris la privation d'eau) et où il est contraint de travailler à décharger des wagons dans une gare voisine (approvisionnement des troupes allemandes de Verdun), jusqu'au 19 novembre, date à laquelle il st enfin reconnu comme auxiliaire sanitaire et autorisé à prendre son service à l'infirmerie du camp. Début décembre, il est transféré par voie ferroviaire (le convoi compte plus de 1200 prisonniers venus de toute la région) dans un camp en Allemagne proprement dite, près de Darmstadt, où il peut bénéficier des colis adressés par la Croix-Rouge, écrire à sa famille, et où des sous-officiers français participent à l'encadrement "de contact" des prisonniers. La vie est bien moins dure dans ce camp rigoureusement administré très loin du front, mais il doit partir fin janvier pour un autre, plus éloigné encore, proche de Chemnitz, en Saxe. Le régime est encore différent : "Une cuisinière, payée par une société française de secours aux prisonniers de guerre, est installée dans un local prêté par les Allemands". Surtout, le camp compte des prisonniers de toutes les nations alliées et son fonctionnement répond (presque) parfaitement aux conventions internationales. Mais ce répit ne dure que quelques jours et, le 20 février, il est déclaré "Bon pour les mines" : le manège, le "jeu" des refus de travailler et des demandes pour être affecté dans un hôpital reprend, entre tentatives d'intimidation et menaces, et finalement le 24 mars obtient satisfaction : officiellement dispensé de travail par le général commandant les camps de prisonniers en Saxe, il travaille très ponctuellement à de légères activités de service au bénéfice des prisonniers français (ce qui nous vaut une bonne description du processus d'enregistrement et de distribution des colis arrivant de France), aménage un petit jardin, se lance dans l'apprentissage de l'anglais. Finalement, en septembre, il quitte ce camp pour être rapatrié en France via Leipzig, Francfort, Mannheim. Le trajet se prolonge, l'attente dure, jusqu'à la fin du mois d'octobre où il peut enfin arriver en Suisse : "Un cri part de toutes nos bouches : 'Vive la Suisse !'. Auquel la foule entière répond 'Vive la France !' Ces scènes sont émotionnantes et je m'en souviendrai toujours".

Un ouvrage d'autant plus intéressant que l'on y retrouve une grande partie de la diversité des situations que les prisonniers ont pu vivre. Ce qui était vrai ici ne l'était plus là. En ce sens, un témoignage sur des situations aussi variées marque bien la complexité de la Grande Guerre, au front comme à l'arrière, ou comme prisonnier.

Editions Esneval, Dieppe, 2015, 218 pages. 18,50 euros.

ISBN : 978-2-9545082-4-5.

Prisonnier de guerre
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23 décembre 2016 5 23 /12 /décembre /2016 06:00

Cent jours au front en 1915

Un sapeur du Quercy dans les tranchées de Champagne

Dominique Camusso

Oeuvre de souvenir familial (un "vouloir de mémoire"), ce petit volume nous présente sept mois de campagne sur le front de Champagne d'Armand Truel, mobilisé à la fin de l'année 1914 et présent en première ligne à partir d'avril 1915.

Après un peu plus de trois mois de formation initiale du génie au 2e RG de Montpellier, il rejoint le secteur de Perthes-les-Hurlus sur le front du 16e CA, alternant période de repos et de relève. Grièvement blessé dans la nuit du 13 au 14 juillet, Armand Truel est évacué sanitaire et quitte le front. Au cours de ces quelques mois, il participe activement à toutes les missions qui relèvent de sa spécialité. A partir de souvenirs de famille et de nombreux documents d'archive (nombreux JMO du génie identifiés en fin de volume), Dominique Camusso reconstitue le détail de son parcours. Il précise sa démarche dans l'introduction : "Ma première intention était de tenter de rédiger le journal personnel qu'il n'avait pas tenu. Ce choix aurait nécessité de recourir à une forme romancée ... Le contresens risquait d'être total", et il nous propose un récit "au ras des évènements", dont il reconnaît que "le plan d'ensemble échappe au soldat". Au bilan, nous avons là une (très) bonne présentation de l'aménagement défensif du front, des tranchées de première ligne, des travaux de sape et contre-sape, et au fil des pages des précisions concrètes sur les crapouillots, les aérostiers, les modalités de préparation des mines et leurs effets, etc. Le lecteur y apprendra beaucoup sur la réalité du rôle du génie au quotidien, avec la diversité des matériels nécessaires, et plus ponctuellement sur les rapports avec les fantassins.

Un petit livre sans prétention, mais précis, détaillé, et à cet égard extrêmement utile pour mieux saisir la réalité de la vie aux tranchées.

L'Harmattan, Paris, 2016, 165 pages, 16,- euros.

ISBN : 978-2-296-55472-6.

Un sapeur au front
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14 décembre 2016 3 14 /12 /décembre /2016 06:00

Renseignement et avant-guerre en Grande région

Gérald Arboit

Les études réunies par Gérald Arboit offrent un regard inédit sur les raisons qui firent des Lorraine françaises, allemandes et belges, ainsi que du Luxembourg, l’épicentre de la Première Guerre mondiale. L’angle choisi, le renseignement, offre une mise en perspective nouvelle, d’autant que l’étude sur le premier service serbe, souvent rendu responsable d’avoir fourni la première étincelle du conflit, montre un autre jeu géopolitique induit par les changements de frontière, après l’annexion de la Bosnie par l’Autriche-Hongrie en 1908. Mais ce fut l’espace stratégique de la « Grande Région », entre France, Allemagne, Belgique et Luxembourg, qui a été une terre d’élection de l’espionnage et, ce livre le démontre bien, un laboratoire de la modernité du renseignement avant-même 1914.

L’échelle de cet espace frontalier stratégique où se déploient les rivalités stratégiques des futurs belligérants marque l’avant-guerre. Pour pénétrer l’intention de manœuvre et l’axe d’offensive stratégique comme les défenses adverses, des postes de renseignements militaires couvrirent des espaces de surveillance qui s’avancèrent en territoire étranger par le recrutement et le maniement d’agents de différentes nationalités. Les pratiques locales des services de renseignement y conduisirent souvent à des réponses et des adaptations jusqu’à leur forme d’organisation, entre géopolitique régionale, nationale et européenne. L’ouvrage offre une compréhension des pratiques de l’espionnage au point de vue des populations. Celles-ci cristallisent d’abord les peurs au plus profond des populations d’où naissent des rumeurs, des psychoses et des comportements qui s’inscrivent dans le souvenir des guerres passées depuis le XIXe siècle. L’espionnage tient une place singulière parce qu’il offre un continuum entre le temps de paix et de guerre. Agents, occasionnels ou permanents, informateurs, stipendiés ou mus par le seul patriotisme, espions professionnels, délimitent les contours d’un monde interlope de part et d’autre de la frontière. Sans cesse dénoncé dans les obsessions complotistes et du danger ennemi qu’armaient les ligues dont celle d’Action française, l’espionnage a marqué durablement la vie des frontaliers et des habitants des territoires plus de ceux de l’intérieur.

Par son analyse fine des modèles nationaux de services de renseignement, qu’il s’agisse des expériences belge, française, allemande ou serbe, cet ouvrage confirme la nature limitée des moyens humains, techniques ou budgétaires qui arment les services secrets avant 1914. Il met en relief l’écart entre la représentation qu’en donnent l’époque et les contemporains, et la réalité de leurs actions.

CNRS Editions, Paris, 2016, 168 pages, 22,- euros.

ISBN : 978-2-271-09085-0.

Renseignement
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10 décembre 2016 6 10 /12 /décembre /2016 06:00

Guerre des Vosges et guerres de montagne

1914-1918

Ce gros volume est constitué par les actes du colloque, dirigé par François Cochet et Jean-Noël Grandhomme, qui s'est tenu à Epinal et à Colmar du 21 au 23 mai 2015.

Après les introductions des élus et celle plus scientifique de François Cochet, le livre s'ouvre une double présentation géographique (par Jean-Paul Fizaine et Philippe Boulanger), essentielle puisque, dans la guerre de montagne plus qu'ailleurs, le terrain commande. Une première grande partie s'intéresse directement aux combats dans le massif des Vosges, à travers les hommes et le matériel, du côté français comme du côté allemand. Parmi les présentations plus originales, on retiendra l'étude de Christian Benoit sur la préparation et la mobilisation des unités du 21e corps d'armée, celle de Cédric Mas sur la campagne des Vosges du lieutenant Rommel et celle de Philippe Springer-Fijal sur la compagnie de skieurs du bataillon de montagne wurtembergeois. L'immédiat arrière-front n'est pas oublié, avec en particulier la communication de Joseph Schmauch sur "Les vallées vosgiennes : un laboratoire de l'Alsace française". La seconde partie est encore beaucoup plus inattendue, et donc intéressante, puisqu'elle s'intéresse aux autres fronts de montagne de la Grande Guerre : "La guerre italienne des Alpes" avec Hubert Heyriès, la guerre dans les Balkans et dans les Carpates ; mais aussi les fronts perse et ottomans ainsi que la guerre de montagne dans l'empire colonial (Maroc et Tonkin). Enfin, une troisième partie nous ramène dans l'est de la France avec les questions liées aux traces de la guerre et au tourisme de mémoire. Ariane Pinauldt évoque "Les Vosges au musée des troupes de montagne" (Grenoble), tandis que Yann Prouillet et Delphine Pierrat traite de l'aménagement des sites à travers l'exemple de l'Hartmannswillerkopf.

Ce volume très riche, très varié, particulièrement intéressant par les informations qu'il donne comme par les pistes qu'il ouvre, doit impérativement figurer dans toute bibliothèque bien tenue sur la Grande Guerre.

Bernard Giovanangeli éditeur, Paris, 2016, 508 pages, 25,- euros.

ISBN : 9782758701736.

Guerre en montagne
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9 décembre 2016 5 09 /12 /décembre /2016 06:00

1918

L'étrange victoire

Jean-Yves Le Naour

Voici Jean-Yves Le Naour parvenu au terme de sa présentation en cinq volumes de la Grande Guerre (1914 = ici, 1915 = ici, 1916 = ici, 1917 = ici). Le chantier était immense, et il offre à tous les amateurs, en plus de 2000 pages, une fresque très complète du conflit.

Ce dernier opus, dont le sous-titre résonne bien sûr en écho à L'étrange défaite, détaille donc les événements politiques, militaires, sociaux, diplomatiques de l'ultime année du conflit. Quelques détails sujets à discussion (le général Pershing prononçant "La Fayette nous voici" au cimetière de Picpus ?), et des formules vives, parfois un peu abruptes (comme les Portugais qui en avril 1918 "se sont pris les 100.000 hommes de l'armée von Quast en pleine figure"), qui suscitent des réactions (le processus de nomination de Foch comme commandant en chef des armées alliées) : le livre a les qualités (et les défauts) des tomes précédents. Dans le chapitre consacré à la lente entrée en ligne des Américains, par exemple, le général Pershing (souvent à très juste titre) est sévèrement critiqué, mais pour cela Joffre, Foch, Haig, qui étaient pratiquement inaptes au commandement au cours des deux années précédentes, retrouvent quelques vertus et sont cités à témoigner... Enfin, le récit est souvent au niveau stratégique du politico-militaire (en particulier les relations entre les autorités gouvernementales et le haut commandement) avec quelques incursions du côté de la base, des simples soldats, mais le niveau du théâtre d'opération (la manoeuvre coordonnée des armées et des corps d'armée) est en grande partie absent, ou résumé en quelques mots, alors qu'il conditionne en grande partie la réalité des engagements.

Un style enlevé, une lecture aisée, un tableau général du cours des événements très complet, mais aussi des raccourcis ou des affirmations péremptoires qui demandent à être précisées. Pour paraphraser une formule célèbre, un bilan globalement positif. Un solide ensemble pour aborder la Grande Guerre dans sa diversité, avant de poursuivre avec des études plus détaillées.

Perrin, Paris, 2016, 411 pages, 23,- euros.

ISBN : 978-2-262-03038-4.

Dernière année
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7 décembre 2016 3 07 /12 /décembre /2016 06:00

Souvenirs de guerre du recteur Georges Lyon

1914-1918

Jean-François Condette (Dir.)

Ce volume, à partir d'un manuscrit conservé à la bibliothèque universitaire de Lille, permet de découvrir comment un membre éminent des élites régionales, seul recteur d'académie resté en zone occupée par les Allemands, voit, vit comprend et analyse à la fois la politique de l'occupant et les réactions de ses concitoyens.

Après avoir présenté le manuscrit conservé et la carrière du recteur Georges Lyon, surnommé "le ministre de l'Instruction publique des régions envahies", en un peu plus de 80 pages, l'essentiel du volume (sur 300 pages environ) est consacré à ces souvenirs de guerre, de 1914 à 1918. Les chapitres se suivent par thèmes successifs, sans que des précisions de date n'indiquent quand exactement ont été rédigés les textes, dont l'importance va d'une ("Noël 1914", p. 188) à presque cinquante pages ("Nous entrons dans l'année 1915", pp. 194-241). L'un des fils rouges de ce livre est la question des otages (dont certains seront transférés jusqu'en Lituanie !), procédé systématiquement utilisé par l'armée allemande à l'égard des populations civiles et des autorités locales des territoires occupés. Dans chaque partie, une (ou plusieurs) affaire(s) d'otages et/ou de justice militaire d'occupation est ainsi longuement détaillée. De même, dans cette chronique d'une occupation particulièrement dure, suit-on le détail des difficultés, et de la détérioration, des conditions matérielles de vie des Lillois (Combien de temps encore aurons-nous de quoi nous nourrir ?"), le récit des évacuations forcées d'avril 1916 ("On m'apprenait que M. Labbé, l'actif secrétaire général du Comité d'alimentation, venait d'être avisé par un officier allemand que 50.000 personnes dont 30.000 femmes seraient prélevées dans les trois villes et conduites dans les Ardennes où les bras manquaient"), la rapacité de l'occupant qui multiplie les taxes, les prélèvements, les amendes (A propos de l'impôt forcé 1916 : "23 millions pour six mois, c'est à dire plus de 47 millions par an imposés à une ville dont le budget normal atteint à peine le sixième d'une telle somme. Pourquoi pas la totalité de ce qui peut rester encore dans cette ville, sucée jusqu'aux moelles"). Contrairement à ce que l'on pourrait croire du fait des fonctions du rédacteur, les questions d'éducation ne sont que rarement présentes.

Ni "journal quotidien", ni récit ponctuel des petits évènements, un texte de référence, soigné, pesé, pour quiconque s'intéresse à l'occupation allemande dans le nord de la France.

Presses universitaires du Septentrion, Villeneuve d'Asq, 2016, 476 pages, 35,- euros.

ISBN : 978-2-7574-1360-9.

Souvenirs d'un notable en territoire occupé
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6 décembre 2016 2 06 /12 /décembre /2016 06:00

Emile Guillaumin

Paysan-écrivain bourbonnais, soldat de la Grande Guerre

Nadine-Josette Chaline

Lorsque Emile Guillaumin est mobilisé en août 1914, il dispose déjà d'une notoriété certaine depuis une dizaine d'années comme romancier. Jusqu'à la fin de l'année 1918, il va entretenir une abondante correspondance, non seulement avec sa famille, mais également avec d'autres représentants du monde des lettres, avec des amis politiques et des syndicalistes. Ce volume nous apporte donc une vision à la fois propre au front et à la zone des armées, mais aussi décalée, presque distanciée parfois, du fait de la personnalité de son auteur.

Socialiste, pacifiste, collaborateur de L'Humanité, Emile Guillaumin n'en répond pas moins sans hésitation à l'ordre de mobilisation, par attachement à sa patrie : "Son antimilitarisme ne se traduit pas par un refus de faire son devoir en cas d'attaque ennemie". Mobilisé comme sergent dans la territoriale, il sert essentiellement sur le front d'Alsace et des Vosges ("Nous sommes toujours dans les mêmes parages, beaucoup moins calmes que l'an dernier sans être vraiment mauvais" écrit-il en juin 1916). Au fil de ses lettres, il pose donc sur sa vie et sur les événements le regard d'un homme d'âge mûr, qui n'aime pas la guerre mais qui ressent le devoir d'y participer : "Peut-être partirai-je un de ces jours vers Besançon, où sont les camarades des classes plus jeunes. J'ai eu grande envie de partir comme volontaire dans la section de marche que nous avons formée ces jours-ci et qui se tient prête". Il décrit longuement les environnements immédiats des lieux où il stationne, fait état des nombreuses rumeurs qui circulent dans la troupe ("Ce matin, je suis rentré avec un bon tuyau que j'ai servi aux camarades, sans aucune espèce de garantie bien entendu, mais qui m'a valu un succès tellement on a besoin de se raccrocher à un espoir"), raconte ses activités dans des secteurs globalement calmes sauf rares exceptions ("Les péripéties de ma campagne demeurent sans grand relief"). Il rassure sa famille (sur le contrôle de la correspondance, sa santé, les questions financières, etc.) et estime à propos de la censure : "C'est tellement bête au 5e mois de notre séjour, alors qu'il y a des permissionnaires depuis 3 semaines, de nous défendre de dire où nous sommes et de divulguer des opérations militaires, là où nous ne faisons que tenir le front !", opinion qui évolue négativement par la suite. Il parle souvent du travail (en particulier de nuit) aux tranchées, mais n'oublie pas de commenter les propos des responsables politiques nationaux ("Je ne suis pas autrement étonné que Clemenceau persiste dans l'attitude qu'il s'est donné depuis le début ... C'est le propre des optimistes à tout crin de ne pas se souvenir de leurs théories de la veille" ; "Pour Caillaux, que je crois volontiers aussi dénué de sens moral que la plupart des membres de son personnel dirigeant, de nos hautes classes, je me sentirais plus à l'aise pour l'affirmer répugnant") et revient fréquemment sur le projet d'un journal syndical agricole pour la fin de la guerre. Alternativement vaguemestre, observateur, en charge du ravitaillement, en service aux tranchées, ou chargé de travaux d'entretien dans l'immédiat arrière-front, il connaît bien le front mais (généralement installé entre deux et vingt à vingt-cinq kilomètres de la première ligne) n'est pas le plus souvent personnellement en danger : "Nous en avons une autre (une chambre) dans une toute petite maison très tranquille. Elle communique avec celle d'un camarade de la mitraille où il y a un poêle. C'est propre et le lit est bon. C'est tout ce qu'il faut. Je me ferai faire demain un bon feu et resterai couché à peu près toute la journée sans doute" (décembre 1916), mais il voit aussi des camarades craquer, perdre tout espoir, voire la raison. A la fin du printemps 1917, ses propos sur la Russie, sur les mouvements sociaux à l'intérieur, sur l'échec de l'offensive Nivelle semblent parfois peu engagés, mais l'on se rend bien compte que les difficultés minent le moral : "La définition des régiments territoriaux est maintenant celle-ci : ceux que l'on tue à petit feu, par opposition aux régiments d'active que l'on fait tuer d'un coup". Il se garde toutefois de prononcer des jugements à l'emporte-pièce : "Le fait d'y participer (à la guerre) obscurément depuis bientôt 39 mois, ne me permet pas de rien discuter avec l'objectivité désirable ... J'ai comme tous les camardes un lot de rancoeurs et de haines qu'il n'est pas l'heure d'étaler. Nous, là-bas, nous sommes les pions du damier à la disposition des joueurs : nous sommes, suivant une expression charmante, et dont on a nulle pudeur à user sans cesse, 'du matériel humain'. Restons dans notre rôle". Parmi les nombreux passages intéressants, notons celui au cours duquel il explique comment il commande ses hommes de troupe, dans une lettre du 27 juillet 1918, une forme de "renégociation" du commandement avec le double souci de l'humanité et de remplir la mission. A partir de l'été, il parle assez souvent des Américains, qui commencent à prendre des tours de service dans le secteur, bien différents des poilus français en guerre depuis plusieurs années : "Ma grande distraction est toujours de voir vivre et s'agiter la fourmilière américaine, de les voir jouer, de les entendre chanter, de goûter leur cuisine parfois déconcertante pour nos habitudes", et dont il laisse entendre qu'il ne les voit pas obtenir de brillantes victoires à brève échéance.

En résumé, un livre de témoignage tout à fait intéressant, en particulier pour tous ceux qui s'intéressent plus particulièrement à ce secteur Alsace-Vosges du front, bien mal connu en dehors des importants combats de l'année 1915.

PUPS, Paris, 2014, 408 pages, 27,- euros.

ISBN : 978-2-84050-963-9.

Un paysan-écrivain en guerre
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1 décembre 2016 4 01 /12 /décembre /2016 06:00

Petites histoires pour l'histoire

Annick Etienne-Jumeau

Dans de nombreux cas, les correspondances et les témoignages publiés de poilus de la Grande Guerre multiplient à l'envie les considérations personnelles et privées souvent très ressemblantes, ce qui finit par lasser le lecteur et donne l'impression d'une grande banalité. Tel n'est absolument pas le cas ici, où Annick Etienne-Jumeau a réalisé un vrai travail de sélection des extraits publiés de l'abondante correspondance de son grand-père, en s'efforçant visiblement d'en sélectionner les passages les plus significatifs.

Sur quelques 950 courriers, elle nous offre donc des extraits qui apportent réellement quelque chose, directement, à notre connaissance du quotidien militaire d'un soldat. Entre avril 1915, lorsque sa classe est appelée, et septembre 1919, date de sa démobilisation, nous pouvons suivre le parcours d'André Jumeau, de l'Aube (1915) à la Somme (1916), de l'arrière-front à la Meuse (1917), de la Lorraine à l'Oise et à la Somme (1918), en occupation en Allemagne enfin en 1919. Pas de "militarisme" ou de nationalisme outrancier dans ces correspondances, quelques critiques sévères du déroulement et de la prolongation de la guerre avec son interminable cortège de morts, blessés et disparus, mais surtout le "simple" récit du quotidien d'un soldat qui fait son devoir, sait parfois profiter d'une opportunité pour rester quelques temps à l'abri : "Voici par ordre d'importance les désirs du poilu qui sont les seuls sujets de sa conversation : d'abord la fin de la guerre avec la victoire, ensuite le retour dans la vie civile, la permission avec toutes ses joies, la bonne blessure, les lettres et colis". Le travail aux tranchées est fréquent et l'aménagement du front avant une attaque importante une vraie priorité, mais il souligne aussi la différence de perception entre "l'avant" et "l'arrière" : "Si les tranchées ont un certain cachet poétique aux yeux de quelques civils, je les conseille à venir patauger un peu dans la mélasse et ils verront qu'il y a loin des images ou description à la réalité vécue" (sur la Somme en juin 1916). Blessé au printemps 1917, il se fait plus amer ("Comme disent les boches classe 14 : patriote ; 15 : pas patriote ; 16 : prisonnier") et il évoque rapidement le "stupide sacrifice" des soldats français. Fantassin, signaleur, mitrailleur, planton, observateur, il sera aussi bûcheron et carrier pour les besoins de la guerre ; et au hasard de ses déplacements et de ses rencontres décrit ici un faux "arbre creux" dans lequel monte un observateur, ou évoque là l'installation d'une "école de camouflage" à Nancy. Ses compétences techniques lui valent à quelques reprises d'être retiré des charges de la première ligne pour dessiner les plans de pièces métalliques ou d'installations d'infrastructure, mais il participe aussi aux opérations de la victoire retrouvée à partir de l'été 1918 : "Ce que j'ai vu de magnifique pendant l'offensive, c'est la charge de la cavalerie canadienne ... Ils filaient au triple galop dans un nuage de poussière chargeant sur les batteries ennemies et sabrant tout autour d'eux", et observe les nouveaux chars en action : "Les tanks aussi ont fait des merveilles les deux premiers jours, seulement ces machins-là flambent assez facilement" (19 août). Lorsqu'il est en occupation en Allemagne (par ailleurs globalement bien accueilli par la famille où il loge), il indique comme lieu non pas une province ou une région, mais "Bochie"... Les dernières pages du livres sont consacrées à la reproduction pro-format, d'une belle écriture facilement lisible, de son séjour sur la Somme entre le 7 et le 12 août 1918, où "la division est amenée la nuit en camion", véritable avantage stratégique des Alliés et en particulier des Français par rapport à l'armée allemande.

Un petit livre tout à fait intéressant et un témoignage qui mérite de figurer sans hésitation dans la bibliothèque de tout amateur de la Grande Guerre.

Auto-édition, 2015, 153 pages, 15,- euros.

ISBN : 9782746686144.

Pour commander directement : ici.

Dense témoignage
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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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