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2 juin 2016 4 02 /06 /juin /2016 06:00

La bataille de la Somme

L'hécatombe oubliée, 1er juillet - 18 novembre 1916

Marjolaine Boutet et Philippe Nivet

A l'approche des commémorations du centenaire du déclenchement de l'offensive de la Somme, cette synthèse générale vient à point pour nous permettre de retrouver tous les éléments d'une histoire assez largement méconnue dans les mémoires françaises.

Les deux auteurs abordent en effet de façon large leur sujet, en six grands chapitres, de "La préparation de la bataille" à sa mémoire. Le chapitre 2 revient ainsi sur les combats eux-mêmes, en soulignant les difficultés britanniques et les succès (réels mais relatifs) français des premiers jours, puis l'émiettement des affrontements avant un ultime effort pour relancer une bataille d'ensemble. Le chapitre 3 fait le point des matériels déployés en masse dans cette guerre industrielle (les critiques contre les généraux britanniques et les commentaires tactiques autour des pages 86-90 demandent parfois à être repris avec plus de réalisme, il est peu exact de faire des mitrailleuses des fusils automatiques..., et objectivement le fait que les avions "piquent sur les tranchées en faisant retentir leurs sirènes d'alarme avant de commencer à tirer" me paraît anachronique en 1916 ? -Si quelqu'un a des témoignages, je suis preneur-). Les auteurs s'intéressent ensuite aux combattants, aux simples soldats des différentes armées, et sur certains points les "raccourcis" peuvent prêter à contre-sens (ou au moins interprétation erronée). Pour ce qui est par exemple de la participation des troupes coloniales françaises (p. 130) leur contribution est en réalité tout à fait aisée à évaluer puisque l'organigramme des grandes unités est parfaitement connu. Quant à l'idée que "l'état-major les (les bataillons indigènes) utilise notamment comme troupes de choc dans les secteurs difficiles pour terroriser les Allemands", elle est fait écho à une idée reçue des années 1970-1980 et est très largement contestée par la simple réalité du déploiement des unités sur le terrain pour les différentes phases. Le chapitre 5 propose une belle approche d'ensemble des arrière-fronts, qu'il s'agisse de l'établissement des formations militaires et des états-majors ou des populations civiles, parfois évacuées lorsque la bataille s'approche. C'est un domaine que les auteurs maîtrisent parfaitement et la synthèse est de grande qualité. Le sixième et dernier chapitre enfin, sur "La mémoire de la bataille", s'ouvre sur le tournage de The Battle of the Somme, projeté dès août 1916 en Grande-Bretagne et vu par ... 20 millions de personnes en six semaines ! Il se poursuit par l'évolution de cette mémoire (et des formes prises) au long de l'entre-deux-guerres puis après 1945 pour se terminer au XXIe siècle, en rappelant utilement "la volonté des chercheurs comme des pouvoirs publics de rappeler que cette bataille ne fut pas que britannique".

En dehors des quelques réserves signalées dans le domaine strictement militaire, une solide synthèse utile pour tous ceux qui s'intéressent aux armées britanniques et plus largement à la période. On apprécie le nombre de notes de référence et l'importante bibliographie présentée en fin de volume. Un ouvrage à conserver.

Tallandier, Paris, 2016, 259 pages. 20,90 euros.

ISBN : 979-10-210-1849-5.

Offensive sur la Somme
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1 juin 2016 3 01 /06 /juin /2016 06:00

La torture et l'armée pendant la guerre d'Algérie

1954-1962

Raphaëlle Branche

Réédition d'un volume qui a valu à son auteure une indiscutable notoriété dès sa publication après sa soutenance de thèse, ce volume doit impérativement être lu par quiconque s'intéresse à la guerre d'Algérie.

Suscitant fréquemment des polémiques avec les défenseurs d'une théorie de "l'armée française aux mains blanches", le livre fourmille d'informations précises et d'exemples avérés. Les faits sont là, vouloir nier est inutile. Encore faut-il toutefois (et c'est particulièrement difficile) ne pas raisonner avec esprit de système et essayer d'évaluer l'ampleur du phénomène, s'efforcer de distinguer entre ceux qui ont été impliqués dans ces actes et ceux qui y sont restés étrangers, soit que leurs fonctions ne les y prédisposent pas, soit qu'ils aient mis en avant un refus moral. Le problème peut alors prendre sa véritable dimension. Enfin, on ne saurait ignorer trois facteurs, d'intensité certes variable mais qui contribuent à la réalité des faits : la responsabilité politique dans ce qu'elle ordonne à demi-mots et tolère sans l'autoriser explicitement d'une part, le poids récent de la guerre perdue d'Indochine et le contexte général de guerre révolutionnaire et d'opposition entre les blocs d'autre part, un phénomène d'habitude aux violences avec la prolongation de la guerre, les exécutions par le FLN et les attentats terroristes enfin. Ceci étant posé (et qui contribue sur plusieurs points à relativiser les propos de l'auteure), une nouvelle fois, les faits sont acquis et il est stupide de nier une réalité établie, même si certains points particuliers peuvent prêter à discussion.

Le livre de Raphaëlle Branche se divise en quatre grandes parties chrono-thématiques. La première, pour la période 1954-1956, s'intéresse à ce "nouveau" (?) visage de la guerre, à la question des "fuyards abattus" et à la problématique de l'exécution des ordres reçus. La seconde, qui couvre les années charnières 1957-1958, est centrée sur la bataille d'Alger, avec en particulier les rôles spécifiques des officiers renseignement et des détachements opérationnels de protection. Rappelons simplement ici que des troupes non formées à cette mission particulière dans une grande ville ont été engagées à peine revenues de l'opération de Suez et, une nouvelle fois, dans un contexte de faiblesse (et de silence approbateur ?) de l'autorité politique, trop heureuse de pouvoir annoncer des succès rapides. La troisième partie, pour la fin de l'année 1958 et l'année 1959, est titrée "La grande impunité des militaires". Elle correspond aux débuts du plan Challe, semble témoigner d'une extension (ou d'une installation dans la "routine") de ces procédés et pose la question de l'implication du personnel de santé et des médecins, qui doivent parfois maintenir en vie un prisonnier torturé dont on attend de nouvelles informations. La quatrième et dernière partie enfin, pour les années 1960-1962, correspond à une forme de "Retour à la règle ?", c'est-à-dire à un retour du politique à la première place, avec toute la problématique des suites éventuelles à donner à ces exactions. Fallait-il en parler ? Les taire ? Oublier pour ne pas fracturer davantage un outil militaire qui se considère souvent comme victime des trahisons politiques ? "(La justice militaire) partage le désarroi des militaires mis en demeure de répondre juridiquement d'actes commis dans l'exercice de leurs fonctions. Le pouvoir politique fixe la mission, mais à chaque niveau de la hiérarchie appartient une décision sur les moyens". Dilemne sans doute quasiment insoluble dans de nombreux cas, entre mission immédiate, réserves morales et service de l'Etat. Bouclons la boucle : c'est par décret que sont amnistiés "les faits commis dans le cadre des opérations de maintien de l'ordre dirigées contre l'insurrection algérienne".

Considérée au plan moral comme la question centrale de la guerre d'Algérie, la torture ne doit faire oublier ni la responsabilité de ceux qui incitèrent à son emploi (on se reportera aux déclarations du général Massu au Monde en juin 2000), ni la réalité des crimes du FLN, ni le fait que des centaines de milliers d'hommes au total ont participé à cette guerre qui ne portait pas son nom sans se salir les mains, dans le quadrillage territorial ou dans les opérations actives. S'intéresser à cette question permet de réfléchir (au calme, aujourd'hui) à la responsabilité individuelle dans l'exécution d'ordres illégaux, mais ne dispense pas d'appréhender le conflit dans sa globalité.

Folio Histoire, Paris, 2016, 805 pages, 10,40 euros.

ISBN : 978-2-07-046920-8.

Torture
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31 mai 2016 2 31 /05 /mai /2016 06:00

Petit abécédaire de la vie militaire

Hugues Vial

En trois volumes d'un peu moins de 200 pages, l'auteur nous propose de retrouver l'origine et le sens de certains mots qui ont été (et parfois sont encore) fréquemment en usage dans les armées. Comme le souligne le chef d'état-major de l'armée de Terre dans son introduction, il "offre au lecteur, qu'il soit expert ou novice de la chose militaire, l'assurance d'un excellent moment".

Institutions, grades, fonctions, cérémonial

De A comme "adjudant" (l'officier en second, celui qui aide), à Z comme "Zouave" (y compris pontificaux), ce volume nous invite à (re)découvrir l'origine et les évolutions d'un large panel de mots liés aux sujets institutionnels. Autant que possible, l'auteur nous en donne également l'étymologie. Si les origines latines sont nombreuses, on note la présence de nombreux mots d'origine italienne ou germanique (fin du Moyen-Âge et Renaissance en particulier), mais aussi nord-africaine, ce qui n'est pas surprenant au regard de notre histoire militaire. Plus étonnant, l'origine du mot "vaguemestre" : "Avant de désigner le préposé du service postal (début du XIXe siècle), le vaguemestre est au XVIIe siècle l'officier chargé de la circulation des convois militaires. Le terme vient du néerlandais 'wagenmeester', littéralement : maître des voitures". Hugues Vial en profite également, souvent, pour souligner les expressions dérivées ou argotiques propres à la vie interne de la communauté militaire : si "fayot vient du provençal faiol ou fayol (XVe siècle)", l'expression "la fin des haricots" est bien d'origine militaire pour marquer "l'épuisement des vivres".

Champ de bataille

Le principe retenu est bien sûr le même, de A comme "Abri" à V comme "Victoire". On y apprend par exemple que l'étymologie de "Tuer" est incertaine, que les Anglo-Saxons utilisent le "Walkie-Talkie" au lieu et place du "Talkie-Walkie" français, que la "Guitoune" prend son sens actuel sous le Second empire à partir de l'arabe "qaitun" (de même de "Chouf", venu de l'arabe "Choufa" pour désigner l'action du guetteur), ou qu'une "Echauffourée" "fait référence au travail du 'chaufournier', chargé d'alimenter et d'entretenir les fours à chaux", le sens militaire prenant celui de brièveté.

Armes, équipements et uniformes

De A comme "Affut" et "Alidade" à Z comme "Zinc", nous rentrons essentiellement avec ce volume dans le monde du matériel et de la technique, en passant par la boussole, la carabine, le dolman, la gourde, le havresac, etc. On y apprend par exemple que la "Fourragère" a d'évidence la même racine que le fourrage pour les chevaux ("La fourragère est au XVIe siècle une cordelette que portent à l'épaule les dragons autrichiens de façon à pouvoir constituer aisément une botte de foin ou de paille pour leur monture"), mais signifie aussi au XIe siècle "se livrer au pillage". Nous sommes alors loin du sens des XIXe et XXe siècles. De même, l'origine de "Musette", "le sac de toile où le soldat range indifféremment son casse-croûte, ses grenades ou son bâton de maréchal", est à rechercher "par analogie de taille et de forme" dans un instrument de musique du XVIIe siècle.

Au bilan, un ensemble plaisant et instructif. Il n'est bien sûr pas question de lire ces ouvrages de la première à la dernière ligne d'une traite et dans l'ordre, mais il faut prendre le temps de musarder d'un volume à l'autre, d'une page à l'autre, progressivement, au hasard des idées, des interrogations et des coups de coeur. On apprécie enfin l'index final qui, pour chaque volume, liste les mots présentés dans les trois tomes.

Editions Pierre de Taillac, Paris, 2016. 12,90 euros le volume.

ISBN : 978-2-36445-071-4, 978-2-36445-072-1, et 978-2-36445-070-7.

Vocabulaire
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30 mai 2016 1 30 /05 /mai /2016 06:00

La campagne du Rhin

Les Alliés entrent en Allemagne (janvier-mai 1945)

Daniel Feldmann et Cédric Mas

Les deux auteurs nous ont proposé ces dernières années une biographie de Rommel et une de Montgomery. C'est dire si la Seconde guerre mondiale en particulier vue des Occidentaux est un terrain qu'ils connaissent. Ils nous offrent aujourd'hui une étude sur les derniers mois de guerre, souvent très rapidement évoqués, en Allemagne même à partir de janvier 1945.

La campagne d'Allemagne (ou du Rhin) est en effet rarement traitée en tant que telle. Il existe bien des études nationales propres à chaque allié, mais il manquait à ce jour dans la bibliographie française une approche de l'ensemble des opérations. Le livre est ainsi organisé en quinze rapides chapitres chronologiques à partir de la fin de la bataille des Ardennes. Les caractéristiques et la valeur opérationnelle de chaque pays belligérant sont précisées (Allemagne, Etats-Unis, Grande-Bretagne dont Canada, France) et le rôle de l'arme aérienne explicité. D'opération en opération, nous marchons sur les traces des Alliés, sans jamais perdre de vue la capacité de résistance allemande, de la fin de la campagne d'Alsace aux combats de Rhénanie, des offensives dans le Hochwald et le Reichswald à Remagen, de la Ruhr à la tête de pont de l'Elbe. Les auteurs consacrent un chapitre (14) à la décision de ne pas marcher rapidement sur Berlin et, à l'échelle du théâtre des opérations, les oppositions entre Eisenhower et les Britanniques constituent presque le fil rouge du côté allié. Les derniers combats d'avril et mai sont bien décrits, du nord de l'Allemagne aux Alpes (avec l'hypothèse du "réduit alpin") et, là aussi, les divergences entre de Lattre et Montsabert. Au fur et à mesure de la progression en territoire allemand, les points de vue des uns et des autres, les avantages et les difficultés, sont rappelés et pesés.

En proposant une lecture mesurée des opérations, avec un équilibre entre approche tactique, considérations opératives et contraintes stratégiques comme interalliées, le livre de Daniel Feldmann et de Cédric Mas apporte une contribution utile à notre connaissance des derniers mois de la guerre sur le front Ouest et séduira sans aucun doute les amateurs.

Economica, Paris, 2016, 351 pages, 29,- euros.

ISBN : 978-2-7178-6880-7.

Derniers mois de guerre
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29 mai 2016 7 29 /05 /mai /2016 22:15

Le Ku Klux Klan

Farid Ameur

Spécialiste de l'histoire des Etats-Unis du XIXe siècle (globalement autour de la guerre de Sécession), Farid Ameur nous plonge dans l'histoire bien mystérieuse du KKK, depuis sa fondation dans le Tennessee en 1866 jusqu'à nos jours.

Le seul sigle KKK suscite un nombre impressionnant de mythes et fantasmes, son histoire est à la fois violente et tortueuse, mais qui sait qu'il naît presque comme une fraternité étudiante avec pour but "de divertir ses membres et de resserrer les liens de camaraderie qui les unissent" ! Dans les anciens Etats confédérés où les pertes humaines comme les dégats matériels sont extrêmement importants et où les tensions politiques sont très vives, la société secrète exerce un réel attrait. Rapidement (mars 1867), le KKK aspire à "incarner l'esprit de revanche des Sudistes" et s'organise "en groupe paramilitaire". L'organisation mise en place s'inspire "d'une hiérarchie médiévale fantasmée" et d'une "gamme de titres ésotériques" ("Grand Dragon", "Grand Titan", "Grand Géant", "Grand Cyclope", "Grand Sorcier"), tandis que les opérations de nuit contre les anciens esclaves affranchis commencent, mais aussi contre l'administration fédérale : "Des dizaines de tribunaux, de bureaux de vote, d'écoles, d'églises et d'orphelinats noirs disparaissent en fumée". Officiellement dissout en 1869 après la réintégration des anciens Etats confédérés dans l'Union, le Klan n'en survit pas moins tout en éclatant en différentes organisations distinctes : "En 1873, des groupes extrémistes massacrent une compagnie entière de miliciens noirs à Colfax, en Louisiane. Bien qu'officiellement dissout, le Ku Klux Klan hante le Vieux Sud". Notons ici que jusqu'à la période la plus récente, la multiplication des scissions et des groupes antagonistes est une des caractéristiques de son histoire. Le rapport de force politique s'inverse cependant et, après quelques tentatives de répression, Washington rend une autonomie législative aux Etats du Sud et "la Cour suprême reconnaît toute la légalité des lois discriminatoires". Son objectif fondateur est atteint. Le KKK renaît toutefois en novembre 1915 en Géorgie et se trouve aussitôt "classée dans la longue liste des institutions bénévoles et charitables", mais il recrute difficilement jusqu'en 1920, année où son rayonnement est confié à de véritables professionnels de la communication (les questions financières personnelles ne sont pas étrangères à leur dynamisme...). Au-delà du racisme anti-Noirs, il met davantage encore en avant une moralité publique conservatrice et un engagement religieux (protestant) très traditionnel : "L'américanisme à cent pour cent séduit nombre d'Américains de la classe moyenne, aussi bien dans le Sud que dans le Middle West". Le Klan atteint un million d'adhérents en 1922, trois millions en 1924. Il en résulte que sa composition sociologique évolue, tout comme son implantation géographique, ... et la multiplication des violences sur le territoire américain. On dit même que les président Harding et Coolidge "auraient été admis dans ses rangs". Mais la roche tarpéienne est proche du Capitole et en quelques années, sous l'effet des procès et des scandales, des dissenssions internes et des réactions de ses opposants, le KKK s'effondre pour ne plus compter que 45.000 membres en 1930. L'entrée en guerre des Etats-Unis dans la Deuxième guerre mondiale lui porte un coup fatal, et le Klan est dissout une seconde fois en 1944 après... mise en liquidation judiciaire ! Mais à nouveau des groupes locaux subsistent ou se reconstituent et le KKK réapparaît dès 1946. Il est placé l'année suivante par le ministère fédéral de la Justice sur la liste des organisations subversives et ce n'est finalement qu'en 1956 qu'il retrouve un certain dynamisme dans le cadre de la lutte pour les droits civiques (mais aussi anti-communiste), sans toutefois dépasser les 20.000 membres en 1960. Les années 1960 sont marquées par une multiplication des actes de violence, mais aussi par l'augmentation des dissenssions internes et finalement par son quasi-démentèlement par le FBI entre 1964 et 1971 : "Malgré d'incessantes provocations, le Klan n'est plus qu'une coquille vide". Toujours condamné, toujours renaissant, le KKK ne cesse de disparaître pour réapparaître aussitôt, mais avec des effectifs à chaque fois plus faibles, en multipliant les excommunications et les scissions internes, en s'associant aux néo-nazis sur fond de détournements d'argent. De plus en plus proches des milieux survivalistes blancs violents, les différents groupes se proclamant héritiers du Klan s'émiettent entre grand guignol en robe et cagoule blanche et milices surarmées proches du terrorisme intérieur : "S'il ne faut pas surévaluer son importance, la société secrète assume désormais pleinement son statut d'organisation clandestine et terroriste. Quel que soit le nombre de ses activistes, elle ne rassemble plus que des irréductibles ... A l'aube du troisième millènaire, le Klan n'a pas fini de faire parler de lui". Organisés sur la base des Etats fédérés en groupes concurrents au noms plus ronflants les uns que les autres, il n'est cependant plus qu'un "mouvement marginal, fragile, peu visible et honni par la quasi-totalité des Américains ... A quelques exceptions près, leurs manifestations ne réunissent guère plus de quelques dizaines de personnes". Enfin, une dernière partie présente "Les secrets du Klan" : son organisation, ses rituels, ses adhérents célèbres, ses modes d'action, etc.

Au total, une plongée étonnante (parfois sinistre, parfois ridicule) dans un univers qui appartient pleinement à l'histoire de l'Amérique au cours des deux derniers siècles.

'Pluriel', Fayard, Paris, 2016, 222 pages. 7,50 euros.

ISBN : 978-2-818-50497-0.

L'empire invisible
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28 mai 2016 6 28 /05 /mai /2016 06:00

L'incertitude climatique et la guerre

Pierre Pagney

Préface de JP Bois. 10 schémas climatiques. Bibliographie spécialisée.

Le quatrième âge n'empêche pas le plus ancien de nos historiens militaires (96 ans) de poursuivre ses recherches dans son domaine de prédilection, et de montrer que les prévisions météorologiques et climatiques sont un des facteurs de l'art de la guerre.

Dans une première partie, scientifique, il met en lumière la variabilité météorologique prévisible à court terme et la variabilité climatique (celle de la mosaïque climatique du globe) qui implique le long terme et est chargée de plus d'incertitude. La décision militaire est ainsi confrontée à l'incertitude du temps météorologique et à celle du climat. Ce qui rejoint le schéma stratégique retenu par le Général Desportes (Décider dans l'incertitude). Il est donc impossible de tout prévoir, compte tenu de la variabilité météorologique et climatique, ce qui inclut le nouvel ordre climatique annoncé par le réchauffement lié à l'action des gaz à effet de serre d'origine anthropique. La deuxième partie, historique, décrit les opérations militaires du 20ème siècle, les unes contrôlées en dépit des risques, comme le débarquement en Normandie et l'offensive en Franche-Comté et en Alsace de l'armée de Lattre, les autres, catastrophiques comme l'offensive du Chemin des Dames et l'offensive allemande menant à la capitulation de Stalingrad. Quant aux opérations océaniques (guerre du Pacifique , 1941-1945), elles sont dominées par la méconnaissance, à l'époque, des conditions climatiques hostiles et en particulier de l'intervention des cyclones. La troisième partie insiste sur les conséquences que le réchauffement climatique doit avoir sur deux espaces géographiques significatifs. Si le progrès technologique réduit l'incertitude de l'avenir lié au réchauffement climatique, influencé sans doute par l'action de l'homme. (décrue glaciaire avérée de l'Arctique, mais glaces antarctiques plus résistantes, niveau marin en exhaussement mais de façon non catastrophique du fait de la maniabilité de l'évènement) , des constats majeurs sont là. L'Arctique, malgré la fusion de la banquise, surtout estivale, reste pour la navigation, particulièrement hasardeuse. Les routes maritimes tropicales et équatoriales gardent et garderont la priorité. D'un autre côté, et c'est là où l'on retrouve certaines conclusions d'un rapport demandé en son temps par le Pentagone sur le changement climatique, on constate une tension hydrique pouvant induire une crise alimentaire, dans l'espace saharo-arabique. La diminution de la ressource en eau est particulièrement préoccupante dans cet espace géographique et peut contribuer à l'accentuation de l'instabilité politique et militaire qui y règne.

Excellente leçon de géographie physique et humaine, ce livre propose donc une réflexion globale sur l'incertitude liée au temps et au climat dans ses relations avec l'art militaire, tout en proposant une réflexion nuancée sur les données du réchauffement climatique et de son influence stratégique.

Maurice Faivre

L'Harmattan, Paris, 2016. 229 pages, 24,- euros.

ISBN : 978-2-343-07282.

Impondérables et météo
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27 mai 2016 5 27 /05 /mai /2016 06:00

Terrorisme

Mensonges politiques et stratégies fatales de l'Occident

Jacques Baud

Auteur reconnu pour ses différents ouvrages sur le renseignement et le terrorisme depuis une quinzaine d'années, Jacques Baud nous propose aujourd'hui une large synthèse sur ce thème d'une actualité brûlante.

L'auteur se fixe pour objectif de "tenter de comprendre les erreurs commises" depuis la fin du XXe siècle et il commence pour cela par présenter trois acteurs étatiques essentiels : les Etats-Unis ("Depuis la fin de la Secone guerre mondiale, à part quelques victoires à la Pyrrhus dans des conflits de dimension tactique-opérative -Grenade, Panama, Koweit- les forces armées américaines ont été relativement inefficaces dans les conflits nécessitant une approche stratégique complexe dépassant l'usage de la force"), Israël ("Travaillant dans un véritable carcan idéologique, les autorités et les services de renseignement n'ont pas créé les outils nécessaires à la lutte contre le terrorisme au niveau stratégique. La lutte est donc menée avec une certaine efficacité au niveau tactique, mais tend à générer davantage de terrorisme") et l'Iran ("En dépit d'écarts verbaux provocateurs, les dirigeants iraniens se sont montrés très rationnels dans leurs choix. Les déclarations spectaculaires contre Israël et les Etats-Unis doivent être prises pour ce qu'elles sont : une rhétorique"), sans oublier la Turquie ("A tort ou à raison, pour l'Etat turc, l'image de la menace est constituée par les Kurdes, alors que l'Etat islamique ne figure pas dans cette image, du moins pas directement") et les monarchies pétrolières ("Il existe dans ces pays des forces concurrentes, indépendantes de l'Etat, suffisamment puissantes et riches pour déstabiliser la région , mais qui contribuent à leur stabilité intérieure"). Une analyse sans concession pour conclure : "On se trouve face à une succession de décisions prises dans l'urgence, sans vision de long terme et basées sur une grande méconnaissance de l'environnement politico-militaire ; avec comme conséquence une absence de cohérence". Notons également que la France et l'Europe sont totalement absentes de ce tableau initial, ce qui en dit long sur leur poid réel dans la région.

Le livre revient ensuite longuement sur l'histoire de la nébuleuse Al-Qaïda depuis les années 1990, sur les conflits d'Afghanistan, d'Irak, de Libye et de Syrie, avec cette conclusion partielle après avoir évoqué les attentats de 2015, qui résonne de la même façon : "Nos mesures ne sont pas intégrées dans une cohérence stratégique, mais ne sont qu'une suite d'opérations tactiques". L'auteur aborde plus largement la problématique générale du terrorisme dans les deux dernières parties, en s'intéressant aux définitions du Djihad, son rapport à la guerre asymétrique (la notion d'espace, celle de "victoire") puis aux djihadistes eux-mêmes, ni psychopathes, ni fous, mais dont au contraire on constate qu'ils sont statisquement à la fois jeunes et éduqués et que la religion n'est finalement parfois qu'une apparence : "Par crainte d'excuser, on n'écoute pas, on n'explique pas et, donc, on ne comprend pas". Il s'intéresse également à la notion de "Djihad ouvert" et au "Djihad individuel", qui laissent désarmés les Etats occidentaux. Enfin, il revient longuement sur les logiques de fonctionnement de nos sociétés, sur les services de renseignement, leur déficit analytiqye et leurs carences stratégiques, sur l'illusion du "tout électronique" et sur la distinction entre contre-terrorisme (préventif) et antiterrorisme (préemptif). Rappelant la formule de Sun Tsu, selon lequel "la tactique sans stratégie n'est que du bruit avant la défaite", Jacques Baud observe en conclusion que la laïcité (ou la disparition de la religion chrétienne) favorise la radicalisation contre les "impies" et "apostats", et appelle à une cohérence retrouvée sous la forme d'une véritable volonté stratégique.

 Un livre dense et intéressant, qui ne peut que susciter de nombreuses réflexions. L'auteur ne mâche jamais ses mots et ne se cache pas vers des circonvolutions de langage, tout en nous faisant part de sa longue pratique de ces sujets : un ouvrage utile pour décrypter les situations récentes et en cours.

Editions du Rocher, Monaco, 2016, 423 pages, 21,- euros.

ISBN : 978-2-268-08403-9.

Hypocrisie et insuffisances
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26 mai 2016 4 26 /05 /mai /2016 06:00

Françafrique

Opérations secrètes et affaires d'Etat

Pascal Airault et Jean-Pierre Bat

Nouvel ouvrage sur la Françafrique qui reste, plus de quarante ans après le départ de Foccart, un sujet récurrent d'interrogations et de débats (en particulier récemment ici et ici). Plutôt que d'insister sur l'organisation et le fonctionnement, ce volume présente le récit assez détaillé d'une succession de "cas concrets".

Les quelques 26 exemples choisis, entre 1956 et 2014, traités généralement en moins d'une dizaine de pages chacun, ne sont pas tous du même niveau. Le premier s'inscrit dans le contexte de la guerre d'Algérie avec le détournement de l'avion transportant Ben Bella et d'autres chefs historiques du FLN ; le dernier raconte le départ de Blaise Compaoré du Burkina Faso alors que les opérations contre les mouvements terroristes ont été engagées dans la bande sahélienne ; en passant par l'assassinat du commandant Galopin au Tchad en 1975. Les exemples touchent souvent à des départs en exil, à des coups d'Etat, bref à des changements brusques de l'autorité politique dans les pays de l'ancien pré carré colonial, "accompagnés" sinon suscités par l'ancienne puissance coloniale et l'on croise bien sûr aussi bien Bob Denard que Bokassa, Savimbi que Kadhafi, Kabila que Gbagbo. Sur fond d'intervention de parachutistes ou de forces spéciales mais aussi de coups douteux diplomatico-financiers, c'est une autre histoire de l'Afrique après les indépendances qui nous est racontée, même si la plupart des événements sont connus (nombreuses références à des articles de périodiques de la grande presse).

Entre anecdotes et histoire non officielle, une série de brefs récits qui se lisent facilement et qui peuvent compléter votre connaissance de cette relation particulière entre Paris et le continent noir, en se souvenant qu'en matière de relations internationales le principe de réalité prime : pour reprendre la célèbre formule de Raymond Aron, il n'y a ni Etats-loups, ni Etats-agneaux, mais des Etats qui défendent leurs intérêts...

Tallandier, Paris, 2016, 211 pages. 18,50 euros.

ISBN : 979-10-210-1877-8.

Pré carré
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25 mai 2016 3 25 /05 /mai /2016 06:00

La campagne d'Allemagne

Printemps 1945

Pierre Dufour

Pierre Dufour, dont les nombreux ouvrages souvent hagiographiques antérieurs sont bien connus, s'intéresse aujourd'hui (après la campagne d'Alsace de 1944, ici) à la campagne d'Allemagne de la 1ère Armée française de janvier à mai 1945.

Partant de la fin des combats en Alsace durant l'hiver 1944-1945, il nous entraîne dans le franchissement du Rhin, les batailles pour les principales communes sur la rive allemande, la prise de Stuttgart, la manoeuvre d'Ulm, Sigmaringen et Berchtesgaden, pour terminer (assez curieusement d'ailleurs) par le coup de force japonais en Indochine... Il y a certes dans le livre beaucoup d'informations factuelles (mais sont-elles toutes vérifiées ?) et le récit de cette chevauchée du Rhin aux Alpes par le pays de Bade et le Wurtemberg est indiscutablement celui d'une belle épopée, mais un style général systématiquement en faveur de l'armée de Lattre finit par être trop pesant. Ces mérites sont en grande partie mérités, mais n'y a-t-il pas de divergences entre les différents échelons politiques et militaires français ? Ni d'opposition entre Français et Alliés anglo-saxons ? Quelle est la part des aides, soutiens, mesures favorables des Américains ? On ne le saura pas. En un mot, pas de problématique, pas de doute, pas de questionnement.

Les références bibliographiques citées en fin d'ouvrage confirment ce sentiment de travail non scientifique : on y trouve pêle-mêle quelques livres un peu anciens, des publications antérieures de l'auteur et de nombreuses revues (très) généralistes ; par contre s'il indique une liste "d'organismes de recherche" il n'y a pas la précision d'une seule archive. Comme les ouvrages précédents, une présentation "héroïsée" des combats de l'armée française.

Editions Grancher, Escalquens, 2016, 336 pages, 22,- euros.

ISBN : 978-2-7339-1365-9.

Jusqu'au nid d'aigle
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24 mai 2016 2 24 /05 /mai /2016 06:00

L'armée française en Afghanistan

Le génie au combat 2001-2012

Christophe Lafaye

Rassemblant la substance d'une thèse soutenue en 2014, tout en restant accessible aux non-initiés (on pourrait parler de journalisme de très bon niveau), L'armée française en Afghanistan. Le génie au combat 2001-2012, s'ouvre sur une préface du général Georgelin, ancien CEMA, qui rappelle que « les militaires ont le devoir de réinvestir le combat intellectuel sur les affaires de défense ».

Se distinguant par sa qualité technique, cet ouvrage s'inscrit exemplairement dans la série récemment revivifiée - notamment par les travaux du général (2s) Jacques Defretin et du commandant Ivan Cadeau - des études sur le génie. Il s'agit d'un livre dense mais relativement facile à lire, le label CNRS étant un gage de sérieux et non la promesse d'une prose indigeste, bien au contraire. Malgré son aspect évoquant un pavé, les notes constituent en fait un tiers du volume. Le texte lui-même est riche de graphiques, cartes, tableaux, donnant à voir par exemple l'articulation des unités militaires  ou explicitant le fonctionnement des organisations en jeu, dans un contexte à la fois interarme et interallié. L'engagement en Afghanistan implique pour l'armée française une expérience renouvelée des combats de haute intensité, dont la dernière occurrence remontait à la guerre d'Algérie. Tout un pan de l'histoire de l'armée française se déploie travers l'action du génie, arme parfois méconnue, sur le territoire d'un pays si particulier. Pour le génie, cette expérience marque le retour au premier plan de savoir-faire nécessaires aux opérations de contre-guérilla. Dès 2003, les talibans utilisent les engins explosifs improvisés, ces dispositifs de plus en plus ingénieux représentant une menace redoutable et imprévisible pour les troupes au sol. Réactif, le génie se dote d'une chaîne complète de moyens pour lutter contre ces bombes artisanales, responsables de plus de la moitié des pertes de la coalition occidentale. Les phases de l'engagement (2001-2007 De la stabilisation à l'imposition de la paix, 2008-2009 De l'imposition de la paix à la contre-insurrection, 2009-2012 De la contre-insurrection au retrait) et les sous-phases qui se dégagent sont traitées dans une perspective relativement interdisciplinaire. L'importance accordée à la parole d'autrui, praticiens, experts formés sur le terrain, etc., donne à la démonstration un caractère animé, presque polyphonique. Sans aucune volonté de reformulation, les larges citations de témoignages, pris comme sur le vif, émanant des acteurs, confèrent au livre un caractère vivant aussi rocailleux que le réel. Le sens de l'adaptation, du renouvellement et de la pérennisation du savoir-faire du génie français est exposé sans que soient passées sous silence les difficultés, voire les impasses rencontrées. L'attention portée au concret n'entrave pas la réflexion, la nourrissant plutôt. Le livre contient une appréciable chronologie détaillée, un index facile d'utilisation et une traduction extensive (bilingue français/anglais) des sigles qui fourmillent inévitablement dans tout texte rendant compte d'opérations militaires. L'épais cahier central comporte des illustrations dans le ton grisâtre, sable et olivâtre du terrain, images d'une grande qualité présentant les hommes et leur matériel. Ce travail d'histoire immédiate, qui emprunte aux méthodes des sciences sociales tout en s'enracinant dans le modèle de rigueur propre au métier de l'historien, semble prouver que le souci d'objectivité n'est pas incompatible avec une certaine empathie.

Globalement, l'expérience guerrière du génie dans une zone du monde très éloignée démontre les capacités d’adaptation en interne de l’armée française et sa faculté à travailler en coopération, avec des alliés qui ne sont pas des pairs, tels les Américains. Un livre que tous ceux qui s'intéressent à ce conflit doivent connaître.

Candice Menat

CNRS Éditions, Paris, 2016, 502 pages, 27,- euros.

ISBN : 978-2-271-09008-9.

Afghanistan
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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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