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1 avril 2017 6 01 /04 /avril /2017 08:01

Le livre noir de la CIA

Yvonnick Denoël

Réédition largement actualisée d'un ouvrage paru au début des années 2000, ce volume format poche dresse en quelque sorte le procès des actions illégales de la CIA, de sa création à la présidence Obama.

En six grandes parties qui suivent chronologiquement les mandats présidentiels américains, de Truman à Obama, l'auteur revient sur 26 affaires qui ont toutes, en leur temps, défrayé la chronique. Certaines sont bien connues ("Quand l'Amérique protégeait les criminels de guerre nazis"), d'autre beaucoup moins ("Quand la CIA espionne les sénateurs chargés de la contrôler"), mais elles forment ensemble un total assez sinistre, surtout si l'on observe qu'il s'agit dans de très nombreux cas d'une longue succession d'échecs : il n' y même pas la justification de l'efficacité ! De l'Iran et de l'Amérique centrale des années 1950 durant lesquelles la CIA multiplie les opérations pour renverser des gouvernements, à l'extrême-Orient des années 1960 et 1970 marquées par les dossiers indonésiens, vietnamiens, cambodgiens et laotiens en particulier, nous arrivons au Watergate, et donc à l'utilisation des hommes et des moyens de l'agence sur le sol américain et dans le cadre d'une opération de politique intérieure. Les années Reagan, Bush père et fils, Clinton ou Obama ne changent finalement pas grand chose : "Après une période de sidération, les faucons de l'administration Bush-Cheney ont reconnu publiquement que Barack Obama avait tout simplement chaussé les bottes de son prédécesseur" . Le récit de la traque finale de Ben Laden lui-même est aujourd'hui contesté.

Chaque dossier s'appuie sur de nombreux témoignages et parfois des archives, puisque l'agence américaine commence à déclassifier différents documents (avec prudence bien sûr). Le bilan donne naturellement le sentiment d'un livre "à charge", au point que l'on en vient à se demander si, à un moment ou à un autre, la CIA a joué un rôle positif dans l'histoire récente des USA. Se pose alors une question plus fondamentale : et si, finalement, ces dérives n'étaient que l'écume des choses, et l'action de l'agence tout simplement "logique" en termes de puissance ? Ce qui ouvre sur bien d'autres perspectives...

Chronos, Paris, 2017, 431 pages. 9,90 euros.

ISBN : 978-2-36942-476-5.

Actions clandestines
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22 février 2017 3 22 /02 /février /2017 06:00

Le Sud pouvait-il gagner la guerre de Sécession ?

Vincent Bernard

Déjà auteur de nombreux ouvrages, dont une biographie remarquée du général Lee (ici), et animateur du site Le Cliophage, Vincent Bernard nous propose aujourd'hui, dans l'esprit de la collection "Mystères de guerre", une analyse de la guerre civile avec, en toile de fond permanente, cette question : l'appréciation classique, courante, routinière presque, portée sur le déroulement de la guerre de Sécession correspond-t-elle à une analyse d'historien ? La victoire du Nord était-elle inéluctable ?

L'auteur organise son propos en quatre grands chapitres : "Etre ou ne pas être ? Quelle Confédération pour quelle guerre ?", "En avoir ou pas. Forces et faiblesses de la Confédération", "Masters & Commanders. Et si le Sud avait eu une meilleure stratégie et de meilleurs chefs ?", "A la recherche de la victoire perdue. Scénario alternatifs et occasions manquées". La logique de l'organisation du plan soutient la démonstration. Dans un premier temps Vincent Bernard présente le processus de naissance de la Confédération, avec la question des "Border States" esclavagistes et rappelle que "la Sécession n'est pas la guerre", puisque plusieurs mois s'écoulent avant que les opérations actives ne commencent. Dans une seconde partie, il analyse les forces et faiblesses de la Confédération, en particulier au regard du terrain dont les grandes zones sont très caractéristiques, et de la population (Blancs et Noirs, armées respectives, recrutements étrangers, armements, etc.), deux facteurs essentiels dans le déroulement du conflit. Le troisième chapitre passionnera tous ceux qui s'intéressent à ce type de question (qu'est-ce que la victoire et comment l'obtenir ?) et l'auteur revient sur la formation des officiers de l'armée confédérée. Les choix de chacun lors de la scission, la constitution des états-majors, l'encadrement des unités, les rapports politico-militaires, la cohésion interne de chaque Etat et sa motivation à poursuivre la guerre et à vaincre, sont successivement abordés, à l'aide de multiples exemples précis comme ces résultats de l'administration confédérée des Postes, en pleine guerre : "L'historiographie note, amusée, que l'administration des Postes confédérée sera même la seule à dégager du profit de toute l'histoire américaine", et ce constat d'ensemble : "Les services du matériel militaire et de l'armement, centralisés sous les ordres de Josiah Gorgas, fonctionneront quant à eux exceptionnellement bien compte tenu du dénuement initial de la Confédération". Enfin, la quatrième partie s'interroge sur les "Scénarios alternatifs et occasions manquées" : "10.000 engagements armés distincts (!). Parmi ces affrontements, 2.000 sont jugés significatifs et environ 400 méritent le nom de "bataille" ... Parmi ces batailles, 45 ont été classées en "catégorie A", c'est-à-dire ayant eu un réel impact d'ordre stratégique sur le déroulement de la guerre" . C'est dire si la matière est importante et Vincent Bernard retrace les événements par grande période d'opérations actives. Il pose en fin de volume l'ultime question : "Et si le Sud avait continué à se battre ?". Au terme de ce parcours, sans réécrire l'histoire, il reste finalement plus d'interrogations qu'il n'y a de réponses et finalement si "les" Sud (car le Sud est complexe et évolue dans le temps) "avaient été victorieux, (ils) n'auraient de toute façon pas non plus été les mêmes".

Cette belle étude se termine par une chronologie détaillée et par une bibliographie, dans laquelle les ouvrages d'uchronie sont commentés. Un livre qui se lit avec aisance, qui apporte de très nombreuses informations et remet bien des choses à leur place. A inclure sans hésitation dans votre bibliothèque.

Economica, Paris, 2017, 144 pages, 23,- euros.

ISBN : 978-2-7178-6916-3.

Guerre de Sécession
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18 janvier 2017 3 18 /01 /janvier /2017 06:00

Buffalo Bill

Michel Faucheux

Fermez les yeux. Derrière vous disparaît la silhouette d'une modeste bourgade qui attend l'arrivée de la voie de chemin de fer. Devant vous s'étendent les Grandes plaines, où paissent d'immenses troupeaux de bisons. A côté de vous chevauche William Frederick Cody. Vous êtes dans un film de John Ford. Vous êtes avec Buffalo Bill.

Auteur de plusieurs volumes, dont une belle biographie de Mermoz (ici), Michel Faucheux se lance avec brio dans celle d'un personnage quasi-mythique, figure légendaire même si elle est aujourd'hui parfois controversée de l'Ouest américain. Il en restitue la réalité mais aussi les soubassements intellectuels et symboliques. En s'appuyant sur de nombreuses sources (même si elles sont parfois parcellaires), il reconstitue au sens propre l'ensemble d'une vie, d'une adolescence plus tournée vers l'apprentissage des réalités de la vie que vers les études, une vie dans les immenses espaces au-delà du Mississippi, en exerçant différents métiers, en cherchant fortune sans y parvenir, en étant éclaireur de régiments américains lancés dans la conquête et donc en participant à ce titre aux guerres indiennes. Une vie au cours de laquelle on croise les généraux Custer et Sheridan. Une vie au sujet de laquelle William Cody sait parfaitement créer, développer, entretenir sa propre légende de héros de l'Ouest. Sa vie commence à changer en 1872, lorsque un journaliste et publiciste se charge de populariser son nom sur la côte Est. La même année, la médaille d'honneur (plus haute décoration américaine) lui est décernée... mais elle sera retirée en 1917 car il servait alors comme guide civil ! Elu presque par hasard à l'assemblée du Nebraska et devient l'acteur de sa propre vie à l'automne de la même année. Dès lors, une nouvelle période s'ouvre : celle de la mise en scène d'un Ouest mythifié, idéalisé, où réalité et fiction se mêlent. "Depuis déjà plusieurs années, le légende de Buffalo Bill est entretenue et développée par les nombreux romans populaires bon marché dont il est le héros" : devenu "colonel" de la Garde nationale du Nebraska, il met au point par étapes son grand spectacle mondialement connu, le Wild West, qui met en scène la conquête de l'Ouest et la vie des cow-boys. La première représentation est donnée en 1884 à Saint-Louis, puis à Chicago, en 1886 à New York : "De 1884 à 1894, le Wild West va draîner plus de dix millions de personnes aux Etats-Unis et au Canada, ce qui fait de lui un spectacle de masse". Les acteurs, parmi lesquels de nombreuses femmes et jusqu'au célèbre Sitting Bull durant une période, donnent à voir à un public médusé un spectacle familial qui valorise les qualités traditionnelles : "Grâce à l'innovation technique, le spectacle devient une vaste machinerie qui reconstitue l'histoire pour en créer la mémoire". Buffalo Bill et son spectacle sont à Londres en 1887, où ils se produisent devant toutes les familles royales d'Europe réunies autour de la reine Victoria, puis en France en 1889, où les manifestations constituent "les plus remarquables tableaux de notre exposition universelle", en Italie et en Allemagne en 1890. Des séjours à Londres comme à Paris, Michel Faucheux décrit le détail. Devenu en 1893 le Buffalo Bill's Wild West and Congress of Rough Riders of the World, le spectacle adopte l'électricité et le train, s'associe en 1895 au grand cirque Barnum : "Le Wild West est désormais une entreprise prospère, regroupant sept cents personnes de tous les métiers". Son dernier voyage en France enfin, dans le midi, en 1905, est triomphal. Cody à soixante ans, il est grand-père et "l'éclaireur souhaite désormais devenir sédentaire", et en 1908 il vend ses parts de l'entreprise de spectacle. Fidèle à son rêve, il ne quitte pourtant la scène qu'après la tournée de 1911-1912, et alors que le cinéma muet s'est emparé de son histoire. Cependant, couvert de dettes, il connaît une fin difficile : "le tueur de bisons a été terrassé par l'homme d'affaires".

Une vie de roman, le roman d'une vie. A savourer sans modération.

Folio Biographies, Paris, 2017, 303 pages. 9,30 euros.

ISBN : 978-2-07-046213-1.

Rêve d'enfant
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30 décembre 2016 5 30 /12 /décembre /2016 06:00

La France et l'indépendance américaine

Olivier Chaline, Philippe Bonnichon

et Charles-Philippe de Vergennes (Dir.)

Nous vous proposons aujourd'hui un volume datant de quelques années (2008), mais qui nous semble indispensable sur le sujet.

Actes d'un colloque tenu à Paris en 2006, il nous présente dans son ensemble la contribution de la France à la guerre d'indépendance américaine et à la victoire des Insurgents. Méthodiquement organisé en trois grandes parties ("Objectifs et stratégies", "Les théâtres d'opérations" et "La victoire et l'après-guerre"), ce volume permet d'aller au-delà de la représentation d'un La Fayette hégémonique ("Le rôle de la France dans l'indépendance des Etats-Unis ne se limite pas au départ des 150 volontaires qui prirent du service dans l'armée continentale de George Washington. L'aide fut également diplomatique, financière et militaire dans ce qui devint un conflit mondial"). Une quinzaine de contributions permettent ainsi d'en savoir plus sur les aspects logistiques d'un conflit qui ne fut pas une promenade romantique, sur la guerre sous d'autres cieux comme la Manche et la mer du Nord ou les Indes, sur les stratégies des principaux belligérants comme sur les aspects diplomatiques, avec leurs non-dits et leurs arrières-pensées. De même, les aspects tactiques (terrestres, navals et combinés) ne sont pas oubliés, tout comme le coût de cette guerre pour les finances de Paris et de Londres.

Alors que nous allons célébrer l'an prochain le centenaire de l'entrée des USA dans la Première Guerre mondiale, avec son inévitable cortège de protestations officielles d'amitié éternelle et ses "références" journalistiques approximatives, il n'est pas inutile de revenir au point de départ. Celui qui justifie le "La Fayette, nous voici !" du lieutenant-colonel Stanton (et non pas de Pershing) au cimetière de Picpus. Une solide présentation de la réalité d'un conflit trop souvent perdue dans les méandres brumeuses des commémorations institutionnelles.

PUPS, Paris, 2008, 278 pages, 26,- euros.

ISBN : 978-2-84050-632-6.

Guerre d'indépendance américaine
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22 décembre 2016 4 22 /12 /décembre /2016 06:00

Les Amériques

t. 1 : Du précolombien à 1830

t. 2 : De 1830 à nos jours

Michel Bertrand, Jean-Michel Blanquer, Antoine Coppolani

et Isabelle Vagnoux (Dir.)

Un ensemble particulièrement complet, qui en cette période de fêtes de fin d'année peut également constituer un très beau cadeau.

Des contributeurs par dizaines, spécialistes de l'Amérique précolombienne, de l'Amérique anglo-saxonne, de l'Amérique latine et du Canada, apportent toutes leurs connaissances à la rédaction des plusieurs centaines d'entrées qui constituent les deux volumes -divisés chronologiquement- (rassemblés dans un coffret rigide) de ce dictionnaire, dont le t. 1 est à dominante d'Amérique latine et le t. 2 d'Amérique du Nord, sans exclusive.  L'objectif général des auteurs est explicité dans l'introduction générale : permettre aux lecteurs français d'approcher à la fois le caractère unique de ce continent et d'en comprendre les innombrables facettes. La partie dictionnaire est précédée d'une utile chronologie générale et de quelques cartes, tandis que les index figurent à la fin de chaque volume et que la bibliographie adaptée est précisée après chaque entrée. Histoire et culture, économie et politique étrangère, religion et arts, tous les thèmes sont bien sûr abordés. Disposant d'une pagination suffisante, les auteurs n'ont semble-t-il pas été limités : l'indépendance du Brésil bénéficie de cinq pages, tout comme la question créole, six pages sont consacrées aux réformes de l'empire colonial espagnol à la fin du XVIIIe et au début du XIXe s., plus de deux à la puissante centrale syndicale AFL-CIO et une au sous-commandant Marcos et à ses Zapatistes. Des rites funéraires précolombiens à la Vierge de Guadalupe, de l'empire maya aux mythes (nord-)américains, de la civilisation olmèque à l'empereur inca Pachacuti, des temples-pyramides à, bien sûr, Americo Vespucci, le panorama est aussi divers que précis. La notion de frontière, la puissance des médias, la doctrine libérale, les principaux conflits et le thème des migrations sont autant de sujets que vous découvrirez au fil des pages, parmi bien d'autres.

Des articles de synthèse à l'échelle continentale ou sub-continentale, des articles plus ponctuels sur tel ou tel aspect dans un seul pays ou un ensemble de pays, l'ensemble est plus que conséquent, particulièrement dense, et constitue à la fois une très belle réalisation collective sur le plan intellectuel et un beau produit éditorial qui fait honneur à la réputation de la collection 'Bouquins'.

'Bouquins', Robert Laffont, Paris, 2016, 953 et 961 pages, 33,- euros (x 2)

ISBN : 978-2-221-11657-9 et 978-2-221-12578-6.

Dictionnaire continentalDictionnaire continental
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18 décembre 2016 7 18 /12 /décembre /2016 06:00

La guerre du Chaco

Bolivie-Paraguay

(1932-1935)

Thierry Noël

La connaissance que la plupart de nos contemporains ont de la guerre du (Grand) Chaco est sans doute limitée dans le meilleur des cas au souvenir des aventures de Tintin en Amérique latine. Mais l'on se doute bien que les représentations des généraux Alcazar et Tapioca ou que le récit du conflit entre le San Theodoros et le Nuevo Rico n'ont qu'un très lointain rapport avec la réalité, et il faut remercier Thierry Noël (déjà auteur de plusieurs ouvrages sur la Bolivie, ici et ici) de nous en proposer (une première en français) un récit aussi complet que possible.

L'auteur présente bien sûr le contexte continental de ce conflit et l'importance (réelle mais aussi imaginée) de la région du Chaco aussi bien pour la Bolivie que pour le Paraguay, sans oublier les troubles internes que connaissent chacun de ses deux pays, ou les évolutions récentes de leurs armées. Il organise ensuite son ouvrage en trois grandes parties qui correspondent aux principales phases du conflit. Dans un premier temps (juin 1932-juillet 1933), "La guerre des fortins" voit chacun des deux belligérants chercher à s'implanter durablement dans la région, tout en s'efforçant bien sûr d'en chasser l'autre, ce qui entraîne le développement d'actions militaires de plus en plus significatives. Au cours de la deuxième phase (juillet 1933-décembre 1934), "La guerre de mouvement" reprend ses droits. Des opérations offensives de grande ampleur sont conduites à tour de rôle par le Paraguay et la Bolivie, des colonnes parfois puissantes manoeuvrant entre les fortins avant de s'élancer à travers de vastes étendues isolées (et désolées). Durant cette phase, on parle parfois d'opposition indirecte (par Sud-Américains interposés) entre matériels et doctrines venus de France et d'Allemagne. Thierry Noël souligne à l'occasion le rôle méconnu des ... chauffeurs de camions-citernes : "Sillonnant le Chaco de part en part, au volant de véhicules souvent improvisés et inadaptés au climat comme au terrain, ils luttent pour faire parvenir l'eau potable aux combattants". Une dernière phase, "Finir la guerre", s'étend enfin de décembre 1934 à juin 1935, alors que les pertes cumulées deviennent difficiles à compléter, que maladies et épidémies causent plus de dégâts désormais que les opérations actives et que la SDN comme les Etats voisins se préoccupent désormais de trouver une solution diplomatique.

L'ouvrage est essentiellement descriptif, ce qui pour une première grande étude en français est somme toute préférable. Une utile chronologie et une bibliographie de référence complètent ce volume. D'une lecture aisée, il intéressera tous ceux qui veulent en connaître plus sur l'entre-deux-guerres aussi bien que sur cette Amérique latine souvent absente de l'historiographie.

Economica, Paris, 2016, 146 pages, 23,- euros.

ISBN : 978-2-7178-6915-6.

Le conflit le plus violent d'Amériqe latine
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18 octobre 2016 2 18 /10 /octobre /2016 06:00

L'Amérique avant les Etats-Unis

Une histoire de l'Amérique anglaise, 1497-1776

Bertrand van Ruymbeke

Chacun sait, bien sûr, qu'avant la proclamation d'indépendance de 1776, les treize colonies américaines furent anglaises (mais elles auraient aussi bien pu être espagnoles, françaises ou hollandaises). Tout commence en 1497 avec l'arrivée du vénitien au service de l'Angleterre Jean Cabot, mais ce n'est que quelques années plus tard que la colonisation "prend son envol, dans la deuxième moitié du XVIe siècle" et "et se concrétise avec la fondation de Jamestown, en Virginie, en 1607".

Réédition d'un ouvrage paru en 2013, cette Histoire de l'Amérique avant les Etats-Unis se présente ainsi comme une très large fresque sur trois siècles, organisée en sept grandes parties chrono-thématiques qui nous montrent, au fil des années et des siècles, l'évolution de l'implantation anglaise, les rapports des colonies (de statuts différents) avec leur métropole, les mouvements de population (y compris la traite négrière), la part prise par les nombreuses églises (et les tendances puritaines), les modalités de participation et de déroulement des opérations électorales, l'organisation administrative et des services publics, l'émergence du rêve de la "frontière", etc. Ce gros volume est tout particulièrement riche et, indiscutablement, chacun apprendra beaucoup à sa lecture. Outre cet aspect, il y a aussi une part de rêve et d'imagination en chacun de nous et, de la "colonie perdue" de Roanoke à la Boston Tea Party et au 4 juillet, on trouve également dans ce long récit de quoi alimenter en direction de l'Ouest ses pensées les plus errantes. Le niveau de détail est parfois impressionnant (Savez-vous qu'à la fin du XVIIe s., le titre de Landgrave, "un rang de noblesse d'origine germanique", a existé en Caroline ?) et certains éléments prêtent à des réflexions plus élevées (A propos de l'esclavage, "la Géorgie est à l'origine un projet philanthropique et réformiste").

Au bilan, un livre très intéressant et parfois de vraies découvertes.

'Champs histoire', Flammarion, 2016, 783 pages, 14,- euros.

ISBN : 978-2-0813-2987-4.

Amérique anglaise
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20 juillet 2016 3 20 /07 /juillet /2016 06:00

Histoire du Québec

Marc Durand

Un sentiment d'affection presque instinctif me lie à nos cousins d'outre-Atlantique, et j'ai la faiblesse naturelle d'aimer ces vastes territoires, ces "quelques arpents de neige", où une langue française quasi pure est maintenue au milieu d'un immense ensemble anglo-saxon. Bref, je ne suis pas certain d'être absolument objectif...

En sept chapitres chrono-thématiques, Marc Durand nous raconte l'histoire de la "Belle Province" des débuts de la Nouvelle-France dans les années 1535 aux dernières évolutions de "la nation responsable", le Québec des années 2000. Les marques, aujourd'hui si vives, de cette présence française sont à rechercher en particulier dans la seconde moitié du XVIIe siècle, lorsque "la maison normande avec son toît à lucarnes donnait à l'habitat québécois d'aujourd'hui un modèle", tandis que "le style breton, plus massif, s'imposait à Montréal". A l'issue de la guerre européenne, les combats des années 1750 se soldent par l'abandon pur et simple du territoire "sans véritable état d'âme". S'ouvre alors une longue période de domination anglaise, à peine marquée par les révoltes de 1837-1838 (en plein développement des idées nationales, patriotiques mais aussi laïques), caractérisée pendant plus d'un siècle (1840-1940) par un repli sur elle-même de la communauté francophone. Dans un environnement qui reste essentiellement rural, l'Eglise assure la cohésion de la communauté francophone, participe activement au maintien de la langue, mais entretient également les valeurs les plus traditionnelles. C'est après la Deuxième guerre mondiale que le Québec évolue progressivement, avec l'urbanisation et la croissance de la population. Dans les années 1960, la "révolution tranquille" trouve sa traduction dans le système éducatif, social mais aussi politique avec l'émergence de l'idée d'indépendance, dont la progression culmine en 1976 avec l'arrivée du Parti québécois au pouvoir. Désormais reconnu sur le plan intérieur, présent à l'international par ses "Délégations", membre actif de la francophonie, le Québec s'est également donné un nouvel horizon, celui du Grand Nord, véritable nouvelle frontière.

Un livre qui nous parle de nos "cousins" d'Amérique et nous raconte une histoire dont les détails sont fort peu connus en France. Une longue chronologie et un solide bibliographie terminent ce livre. Un agréable dépaysement estival.

Editions Imago, Paris, 2016, 236 pages, 21,- euros.

ISBN : 978-2-84952-870-9.

Cousins d'outre-Atlantique
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29 mai 2016 7 29 /05 /mai /2016 22:15

Le Ku Klux Klan

Farid Ameur

Spécialiste de l'histoire des Etats-Unis du XIXe siècle (globalement autour de la guerre de Sécession), Farid Ameur nous plonge dans l'histoire bien mystérieuse du KKK, depuis sa fondation dans le Tennessee en 1866 jusqu'à nos jours.

Le seul sigle KKK suscite un nombre impressionnant de mythes et fantasmes, son histoire est à la fois violente et tortueuse, mais qui sait qu'il naît presque comme une fraternité étudiante avec pour but "de divertir ses membres et de resserrer les liens de camaraderie qui les unissent" ! Dans les anciens Etats confédérés où les pertes humaines comme les dégats matériels sont extrêmement importants et où les tensions politiques sont très vives, la société secrète exerce un réel attrait. Rapidement (mars 1867), le KKK aspire à "incarner l'esprit de revanche des Sudistes" et s'organise "en groupe paramilitaire". L'organisation mise en place s'inspire "d'une hiérarchie médiévale fantasmée" et d'une "gamme de titres ésotériques" ("Grand Dragon", "Grand Titan", "Grand Géant", "Grand Cyclope", "Grand Sorcier"), tandis que les opérations de nuit contre les anciens esclaves affranchis commencent, mais aussi contre l'administration fédérale : "Des dizaines de tribunaux, de bureaux de vote, d'écoles, d'églises et d'orphelinats noirs disparaissent en fumée". Officiellement dissout en 1869 après la réintégration des anciens Etats confédérés dans l'Union, le Klan n'en survit pas moins tout en éclatant en différentes organisations distinctes : "En 1873, des groupes extrémistes massacrent une compagnie entière de miliciens noirs à Colfax, en Louisiane. Bien qu'officiellement dissout, le Ku Klux Klan hante le Vieux Sud". Notons ici que jusqu'à la période la plus récente, la multiplication des scissions et des groupes antagonistes est une des caractéristiques de son histoire. Le rapport de force politique s'inverse cependant et, après quelques tentatives de répression, Washington rend une autonomie législative aux Etats du Sud et "la Cour suprême reconnaît toute la légalité des lois discriminatoires". Son objectif fondateur est atteint. Le KKK renaît toutefois en novembre 1915 en Géorgie et se trouve aussitôt "classée dans la longue liste des institutions bénévoles et charitables", mais il recrute difficilement jusqu'en 1920, année où son rayonnement est confié à de véritables professionnels de la communication (les questions financières personnelles ne sont pas étrangères à leur dynamisme...). Au-delà du racisme anti-Noirs, il met davantage encore en avant une moralité publique conservatrice et un engagement religieux (protestant) très traditionnel : "L'américanisme à cent pour cent séduit nombre d'Américains de la classe moyenne, aussi bien dans le Sud que dans le Middle West". Le Klan atteint un million d'adhérents en 1922, trois millions en 1924. Il en résulte que sa composition sociologique évolue, tout comme son implantation géographique, ... et la multiplication des violences sur le territoire américain. On dit même que les président Harding et Coolidge "auraient été admis dans ses rangs". Mais la roche tarpéienne est proche du Capitole et en quelques années, sous l'effet des procès et des scandales, des dissenssions internes et des réactions de ses opposants, le KKK s'effondre pour ne plus compter que 45.000 membres en 1930. L'entrée en guerre des Etats-Unis dans la Deuxième guerre mondiale lui porte un coup fatal, et le Klan est dissout une seconde fois en 1944 après... mise en liquidation judiciaire ! Mais à nouveau des groupes locaux subsistent ou se reconstituent et le KKK réapparaît dès 1946. Il est placé l'année suivante par le ministère fédéral de la Justice sur la liste des organisations subversives et ce n'est finalement qu'en 1956 qu'il retrouve un certain dynamisme dans le cadre de la lutte pour les droits civiques (mais aussi anti-communiste), sans toutefois dépasser les 20.000 membres en 1960. Les années 1960 sont marquées par une multiplication des actes de violence, mais aussi par l'augmentation des dissenssions internes et finalement par son quasi-démentèlement par le FBI entre 1964 et 1971 : "Malgré d'incessantes provocations, le Klan n'est plus qu'une coquille vide". Toujours condamné, toujours renaissant, le KKK ne cesse de disparaître pour réapparaître aussitôt, mais avec des effectifs à chaque fois plus faibles, en multipliant les excommunications et les scissions internes, en s'associant aux néo-nazis sur fond de détournements d'argent. De plus en plus proches des milieux survivalistes blancs violents, les différents groupes se proclamant héritiers du Klan s'émiettent entre grand guignol en robe et cagoule blanche et milices surarmées proches du terrorisme intérieur : "S'il ne faut pas surévaluer son importance, la société secrète assume désormais pleinement son statut d'organisation clandestine et terroriste. Quel que soit le nombre de ses activistes, elle ne rassemble plus que des irréductibles ... A l'aube du troisième millènaire, le Klan n'a pas fini de faire parler de lui". Organisés sur la base des Etats fédérés en groupes concurrents au noms plus ronflants les uns que les autres, il n'est cependant plus qu'un "mouvement marginal, fragile, peu visible et honni par la quasi-totalité des Américains ... A quelques exceptions près, leurs manifestations ne réunissent guère plus de quelques dizaines de personnes". Enfin, une dernière partie présente "Les secrets du Klan" : son organisation, ses rituels, ses adhérents célèbres, ses modes d'action, etc.

Au total, une plongée étonnante (parfois sinistre, parfois ridicule) dans un univers qui appartient pleinement à l'histoire de l'Amérique au cours des deux derniers siècles.

'Pluriel', Fayard, Paris, 2016, 222 pages. 7,50 euros.

ISBN : 978-2-818-50497-0.

L'empire invisible
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10 février 2016 3 10 /02 /février /2016 06:00

Puebla, 5 mai 1862

Le jour où est née la nation mexicaine

Emmanuel Dufour

Fin connaisseur du Second empire et de la campagne du Mexique en particulier (son Aymard de Foucauld, ici), Emmanuel Dufour nous propose un livre original en ce qu'il analyse (un aspect de) cette campagne sous l'angle des Mexicains.

Extrêmement fouillé dans le détail des opérations décrites, de la marche en avant par le massif montagneux des Combres, à l'arrivée devant la ville à partir du 4 mai. On peut suivre les échanges télégraphiques entre le défenseur de la ville et les autorités gouvernementales, les mesures prises au fur et à mesure de l'approche des Français, commandé par le général de Lorencez. Ce dernier est généralement présenté comme le premier responsable de l'échec du 5 mai, sa suffisance et son mépris de l'ennemi en particulier se manifestant depuis plusieurs jours parallèlement à sa soif d'une victoire prestigieuse. Déjà l'illusion que la furia francese sera suffisante pour rompre les obstacles... Sapeurs en tête, les Français attaquent après une trop sommaire reconnaissance à partir du milieu de journée. Après une préparation d'artillerie en demi-teinte, les zouaves chargent mais sont bloqués par une ligne de feu d'infanterie : "L'effet de surprise est immense ! La violente fusillade mexicaine déclenchée sur les zouaves les oblige à suspendre leur course et, haletants, à se coucher au sol". Pour un deuxième assaut, des fusiliers-marins sont engagés aux côtés des zouaves. Sans plus de succès. Une troisième tentative avec les zouaves et les chasseurs à pied atteint la base des fortifications mexicaines mais ne peut tenir face à la contre-attaque mexicaine. En dépit du courage des hommes, les pertes sont trop nombreuses et sous l'orage tropical il faut se replier : "Il est quatre heures. On marche depuis cinq heures du matin et l'on se bat depuis midi. Témoin des efforts surhumain de ses troupes, ... le génral de Lorencez donne le signal de la retraite". Tandis que les Français évacuent le champ de bataille, les Mexicains renoncent à poursuivre, mais n'en publient pas moins des communiqqués de victoire : ils ont fait reculer la puissante ("l'orgueilleuse") armée française. Une bataille de quelques heures donc, une bataille qui paraît compter peu à l'échelle de la campagne dans son ensemble, mais à partir de laquelle va naître et croître une forme nouvelle de nationalisme mexicain. Les Français reviendront devant Puebla, mais un an plus tard...

Tout en relativisant la portée quasi-mythique de la victoire mexicaine, Emmanuel Dufour nous présente sous un jour nouveau (pour nous) la campagne du Second empire et nous en apprenons beaucoup sur les divisions politico-militaires du Mexique et ces Républicains mexicains. Facile à lire et très intéressant. 

Editions L'Harmattan, Paris, 2015, 223 pages. 23,50 euros.

ISBN : 978-2-343-07561-7

Le "Valmy mexicain"
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Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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