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10 février 2017 5 10 /02 /février /2017 06:00

Les Français sous l'occupation en 100 questions

Fabrice Grenard et Jean-Pierre Azéma

La jeune collection 'En 100 questions' s'enrichit d'un volume sur l'histoire des Français entre 1940 et 1945 (voire au-delà), d'autant plus justifié que les débats sont toujours nombreux sur cette période.

Ces 100 questions, auxquelles il est généralement répondu en brefs chapitres de trois pages, sont organisées en neuf grandes parties chrono-thématiques : "Le traumatisme de la défaite, 1940", "Vichy, la Révolution nationale et la collaboration d'Etat, 1940-1941", "Occupants et occupés", "Vivre et survivre en France sous l'occupation", "Les débuts de la Résistance, 1940-1941", "Basculements, printemps 1942-1943", "Radicalisation, fin 1943-printemps 1944", "Libérations, épuration reconstruction, 1944-1950", et "Mémoires". Au regard du nombre et de la diversité des sujets traités, il s'agit d'une bonne première approche, d'un accès facile, à cette période complexe. Le propos est généralement mesuré (comme la distinction entre l'accueil réservé à Pétain lui-même et les appréciations portées sur les autres représentants du régime : "Ce soutien à Pétain ne se traduit nullement par un soutien à son gouvernement"), et l'on peut d'autant plus regretter, parfois, une forme de discours trop convenu ("un véritable complot tramé contre la République" en juillet 1940 ?). C'est finalement un tableau en demi-teinte que brosse ce livre, celui d'une population longtemps déboussolée au sein de laquelle les résistants, très divers, restent largement minoritaires et où une forme de "fronde" (campagne des "V" en 1941) marque une opposition sans pouvoir pour autant être assimilée à une résistance active. Le STO (auquel plusieurs chapitres sont consacrés) favorise indiscutablement une rupture ("99% de la population des villes et des campagnes sont pour les défaillants, leur apportant une aide matérielle et morale" peut-on lire dans un rapport de gendarmerie), mais une rupture progressive ("L'opinion se montre de plus en plus réceptive à la contre-propagande résistante"). De même, les premiers maquis mettent plusieurs mois à se structurer, à s'organiser et à être équipés, et les maquisards eux-mêmes reflètent la diversité sociologique de la population. Toujours entre ombre et lumière, la période de la libération est également traitée à travers plusieurs chapitres, qui font ressortir la complexité de la situation : "Alors que la guerre se prolonge jusqu'en mai 1945, que des régions entières sont détruites et que la reconstruction s'annonce difficile, les Français comprennent que, s'ils ont retrouvé la liberté, le temps des sacrifices n'est pas encore terminé".

Un bon volume de synthèse pour tous ceux qui voudraient commencer à s'intéresser à ces questions. 

Tallandier, Paris, 2016, 330 pages. 15,90 euros.

ISBN : 878-19-219-2065-8.

Vie (extra)ordinaire sous l'occupation
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24 janvier 2017 2 24 /01 /janvier /2017 06:00

Comment fausser compagnie à ses geôliers allemands

Manuel d'évasion

Lieutenant Geraud de Bonnafos

Savoureux ! Voici le texte d'une conférence prononcée le 21 août 1942 dans un sanatorium de Haute-Savoie par un aspirant de l'armée française récemment libéré de son camp de prisonniers en Allemagne.

Considérant, après trois tentatives d'évasion, que la réussite (hors le facteur "chance") repose sur une solide préparation, le lieutenant Geraud de Bonnafos prononce devant ses camarades du sanatorium Martel de Janville une conférence visant à "raconte des histoires d'aventures arrivées à des camarades au cours des différents stades de la préparation et de l'exécution de l'évasion". Le plan de sa conférence est en quelque sorte chronologique, de la préparation très loin en amont, dès que la décision est prise de s'évader, au franchissement à pied de la frontière suisse. Bref chapitre par bref chapitre, tous les aspects sont successivement abordés, de la nécessité de trouver un équipier à la qualité de la carte dont il faut se munir, de la récupération ou de la confection de vêtements civils à l'obtention de faux papiers, de la question de la nourriture à celle de l'argent, des moyens de quitter le camp à l'achat d'un billet de train en gare. Pour comprendre la relative (et apparente) facilité de toutes ces tentatives, il faut se souvenir que le régime dans les camps d'officiers était relativement souple et que ces derniers disposaient pratiquement de tout leur temps. Le tout est en permanence émaillé de très nombreuses anecdotes, des "cas concrets" en quelque sorte, que l'auteur a soit vécu, soit été témoin, ou dont il a entendu parler par des camarades dignes de foi. Les officiers prisonniers évoqués par le lieutenant Geraud de Bonnafos font visiblement preuve d'imagination et d'originalité, de détermination et de sang-froid. Comme il le dit lui-même en conclusion : "Si les Allemands ont été les plus forts, les prisonniers leur ont montré, dans certaines occasions, qu'ils n'étaient pas les plus malins, et de loin". Cette conférence tient les cinquante premières pages du livre. La dernière partie est constituée d'un "dossier" rédigé par les petits enfants de l'auteur et qui permet de remettre le texte initial dans son environnement (conventions relatives aux prisonniers, organisation et fonctionnement d'un oflag, la Croix-Rouge, le courrier et la censure, le régime alimentaire, etc.

En résumé un excellent petit livre, qui se dévore d'une traite et qu'il peut être utile de conserver avec soin... Uniquement pour des travaux ultérieurs, bien sûr !

Editions Pierre de Taillac, Paris, 2016, 93 pages. 9,90 euros.

ISBN : 978-2-36445-080-6.

Guide pratique de l'évasion
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23 janvier 2017 1 23 /01 /janvier /2017 06:00

Le dernier camp de la mort

La tragédie du Cap Arcona, 3 mai 1945

Pierre Vallaud et Mathilde Aycard

Les deux auteurs, qui ont déjà publié plusieurs ouvrages sur les guerres du XXe siècle, nous proposent aujourd'hui une histoire aussi douloureuse que mal connue dans l'historiographie française, celle de la disparition du Cap Arcona à la veille de la fin de la guerre.

L'ouvrage part en fait de beaucoup plus loin, et commence par nous rappeler ce qu'était le Cap Arcona, luxueux fleuron des transatlantiques allemands des années 1920. Et le second chapitre nous apprend que Pierre Clostermann, le célèbre pilote Français Libre aux 34 victoires, appartenait aux escadrilles qui, le 3 mai 1945, attaquent le bâtiment à l'ancre dans la baie de Lübeck. Les chapitres 3 à 11 racontent en fait, au long de l'ensemble de la guerre, la politique d'arrestation, de déportation et d'assassinat dans les territoires occupés par la IIIe Reich, et la montée en puissance parallèle du système concentrationnaire, dont Neuengamme, près de Hambourg, est un élément important. Souvent, les auteurs multiplient les anecdotes, les brefs récits particuliers, sans qu'ils aient de lien direct, sinon ténu, avec le titre jusqu'au moment où les résistants arrêtés sont regroupés pour être transférés dans ce camp de concentration. Il s'agit plutôt nous semble-t-il, dans une première partie du livre, d'un ample récit de la déportation. A partir de la p. 179 ("Survivre à Neuengamme") et surtout p. 195 ("Les marches de la mort"), nous nous rapprochons de l'histoire tragique du Cap Arcona. Ce bâtiment, avec trois autres navires, a été réquisitionné pour servir de prison flottante à la fin de la guerre et recevoir les déportés que les SS font partir des camps de concentration à l'approche des armées alliées (Neuengamme est vide lorsque les Britanniques y entrent le 2 mai). Seul le Cap Arkona, qui a participé depuis le début de l'année à l'évacuation des populations allemandes de Prusse orientale, est effectivement littéralement rempli de malheureux (après que la Kriegsmarine ait tenté de s'y opposer et ait élevé une protestation officielle). A partir du 26 avril, les transferts commencent dans des conditions ignominieuses : "Bousculés, poussés sur les passerelles, des milliers d'hommes sont jetés à fond de cale. Frappés à coups de crosse, nous glissons plutôt que nous descendons à une vitesse vertigineuse par une échelle murale haute d'environ 10 mètres. Comme du charbon dans une soute, pêle-mêle, Russes, Français, Polonais, Belges sont enfournés dans cet immense tombeau". Au cours des dernières journées, tandis que les gardes séparent les prisonniers occidentaux des Soviétiques et que la Croix-Rouge parvient à faire libérer quelques centaines de prisonniers, le Cap Arcona finit par totaliser 6500 détenus et 500 SS, "c'est un camp flottant, ou plutôt un mouroir". L'administration concentrationnaire agonise, mais elle fonctionne toujours cahin-caha. Le 3 mai, les Alliés ont dépassé Lübeck et une agitation grandissante règne sur les navires. A 14h30, l'aviation britannique attaque. Le Deutschland qui ne compte aucun déporté à son mort coule en quatre heures, sur le Cap Arcona "des centaines d'hommes ne peuvent sortir des étroits couloirs où ils s'écrasent". Louis Maury raconte "avoir été porté des cales au pont par une sorte de vague humaine dont il ne fallait jamais quitter le sommet, au risque de périr broyé sous les pieds des détenus". Les auteurs décrivent avec de multiples détails, sur la base des témoignages des survivants, les scènes qui se déroulent alors sur ce cercueil flottant. Nombreux, parmi ceux qui arrivent à quitter le navire et à nager jusqu'à la plage, seront ceux qui seront purement et simplement assassiné par les enfants soldats de la SS, "postés là avec ordre d'éliminer tout déporté". Quelques uns sont sauvé par des vedettes anglaises ou de la Croix-Rouge, car ce drame se déroule pratiquement sous les yeux du monde : "En fin de soirée du 3 mai, une unité britannique quitte le port de Neustadt pour récupérer les survivants, notamment ceux qui ont réussi à se tenir agrippés à la partie émergée de la coque du Cap Arcona". Au total, pour l'ensemble des navires, 7.300 déportés meurent en quelques heures alors que la guerre est quasiment terminée. Sur les milliers entassés sur le navire, on compte environ 350 survivants...  La fin du livre permet de retrouver quelques uns des personnages (prisonniers ou Allemands) de cette tragédie, mais aussi bien au-delà puisque l'on croise dans la liste Anne Franck et un certain nombre de déportés passés par Neuengamme, dont Rémy Dumoncel, époux de Germaine Tallandier. La boucle est presque bouclée.

Un livre qui ne correspond pas toujours à son titre, mais dont les pages consacrées au camp de concentration et au destin des déportés jusqu'à ce funeste 3 mai sont absolument à connaître par tous ceux qui s'intéressent à cette période.

Tallandier, Paris, 2017, 297 pages. 20,90 euros.

ISBN : 979-10-210-2178-5.

Ultime martyre
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17 janvier 2017 2 17 /01 /janvier /2017 06:00

La bataille des Ardennes

Hugues-Emmanuel Thalmann

La bataille des Ardennes, à l'hiver 1944-1945, fait régulièrement la Une des magazines grand public d'histoire militaire et de militaria et a été l'objet d'un nombre impressionnant d'études et de publications : l'auteur fait ici le choix de revenir sur le sujet dans un volume qui privilégie la photo.

Après trois ouvrages sur L'enfer des combats de la poche de Colmar, L'opération Nordwind (contre-offensive allemande en Alsace) et La bataille d'Alsace de l'hiver 1944-1945, Hugues-Emmanuel Thalmann déporte légèrement son regard vers le nord pour évoquer l'une des dernières grandes tentatives du IIIe Reich finissant pour renverser le cours de la guerre : l'offensive lancée à la mi-décembre 1944 dans les Ardennes belges, qui donne lieu à des combats acharnés pour défendre des positions comme celles de Bastogne et à laquelle le cinéma américain a consacré plusieurs grands classiques. L'originalité du livre (comme le veut l'esprit de la collection) est de privilégier l'image. Des dizaines et des dizaines de photos se suivent (pour l'essentiel issues des collections des archives nationales américaines et allemandes), accompagnant un texte courant qui résume les principaux évènements et les évolutions majeures de l'opération. Le sommaire suit un plan chronologique, voire chrono-thématique, de la présentation des forces en présence à la question des prisonniers et à celle des pertes (tués et blessés). Il n'oublie pas d'évoquer quelques anecdotes fameuses (replacées dans leur contexte), comme le "Ah Nuts !" du général McAuliffe aux émissaires allemands le 22 décembre, ou l'ordre donné par Patton à son aumônier d'écrire une prière pour que la météo s'améliore, ce que le film éponyme sur le général américain présente avec verve. Les photos illustrent bien à la fois l'extrême dureté des combats et les conditions climatiques très dures durant cette période, ce qui donne toute sa puissance au courage individuel dont font preuve les hommes sur le terrain. Le livre se termine par une succession de photos présentant des matériels allemands et américains, détruits, calcinés, en panne, et par un état des pertes pour chaque camp, puis par une bibliographie indicative qui, pour être limitée, n'en est pas moins solide.

Un bon petit volume pour compléter par l'image des études plus fouillées. A conserver avec soin.

Editions Sutton, Tours, 2016, 176 pages, 20,- euros.

ISBN : 978-2-8138-0942-1.

Décembre 1944 - janvier 1945
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12 janvier 2017 4 12 /01 /janvier /2017 06:00

Les Vichysto-résistants

Bénédicte Vergez-Chaignon

Voici la réédition en format poche d'une très solide étude de Bénédicte Vergez-Chaignon, auteure de plusieurs ouvrages sur la France de la Seconde guerre mondiale et d'une récente biographie de Pétain (ici et ici), qui a fait couler beaucoup d'encre lors de sa première parution en 2008.

Le terme même de "Vichysto-résistant" prête toujours à débat dès que l'idéologie intervient dans la discussion. "La dénomination de 'vichysto-résistants' semblait un énorme oxymore ... Pourtant, il apparaît qu'une bonne partie -peut-être même la plus nombreuse- des initiatives prises en 1940-1941 pour contrer l'occupant l'ont été par des personnes qui approuvaient Pétain et pensaient agir en conformité avec ses désirs réels". Et elle souligne dès l'introduction ce point commun à des personnalités très différentes : "Elle (leur caractéristique) tient aussi à son refus fondamental de se placer sous l'autorité de De Gaulle, conçu comme un général rebelle et politicien". Au fil des pages, les exemples concrets et les portraits précis se succèdent, dans et autour du gouvernement de Vichy, dans les administrations, dans l'armée. Le camouflage de l'armement et du matériel, l'espionnage des Allemands, les Chantiers de jeunesse et les Compagnons de France, la revue des Petites Ailes et une multitude d'organisations plus ou moins éphémères, plus ou moins "politiques", plus ou moins en lien avec les services britanniques sont présentés en détail, le texte courant s'appuyant sur de nombreuses citations des acteurs de l'époque. Après le débarquement anglo-saxon d'Afrique du Nord, le revirement de Darlan et la "question" Giraud brouillent les cartes, et de nombreux cadres français d'AFN font comme ce dernier le choix de placer "la dissidence" sous le patronage du Maréchal. Mais cet automne 1942 en métropole marque aussi la fin des illusions pour de nombreux responsables civils et militaires : "toutefois, parmi tous ces hommes qui avaient servi Vichy, aucun ne s'était encore tourné vers de Gaulle". Les évènements, on le sait, s'accélèrent en 1943 et de nouvelles passerelles s'établissent entre "vichystes" (parfois très radicaux) et désormais la résistance intérieure, même s'il s'agit là le plus souvent d'initiatives individuelles, comme la mystérieuse revue clandestine Le Dernier Quart d'heure ou d'autres éphémères périodiques. Il y a aussi ses proximités (souvent de la mouvance d'Action française) d'avant-guerre, des disciples de Maurras, voire des membres de la Cagoule, se retrouvant aussi bien à Vichy qu'à Alger et à Londres, et l'on trouve "en 1943, sous forme de feuilles clandestines, trace d'une 'Nouvelle Action française' qui affiche sa rupture avec Vichy comme avec Maurras". N'oublions pas non plus l'Armée secrète, dont les membres ont des origines et des parcours très divers et quelques uns des plus grands noms de la France des années 1950-1980. La fin du livre est consacrée aux conséquences, séquelles et débats ultérieurs, pendant la IVe République, la guerre d'Algérie et l'OAS, avec "les nationaux comme on disait entre les deux guerres" mais aussi d'authentiques résistants, et aux débuts de la Ve, avec le parcours de certains de ses cadres et les évolutions du CNIP et jusqu'au cas d'un président de la République, François Mitterrand.

Un livre dense, fouillé, précis et référencé, pour décrire une réalité complexe et évolutive. Un ouvrage absolument indispensable à quiconque s'intéresse à l'action clandestine dans la France de la Seconde guerre mondiale, mais aussi aux grandes tendances politiques de la deuxième moitié du XXe s.

'Tempus', Paris, 2016, 910 pages. 12,50 euros.

ISBN : 978-2-262-06662-8.

L'autre résistance
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8 janvier 2017 7 08 /01 /janvier /2017 06:00

1940

La 1ère division cuirassée au combat

L'inutile sacrifice

Jean-Robert Gorce

Rédigé par un passionné (certains se souviennent peut-être qu'il fut le très sympathique "patron" du magazine Histoire de Guerre au début des années 2000), cet ouvrage est tout à la fois un livre d'histoire et un hommage aux hommes de la 1ère DCr, agréable à lire.

Fruit de longues années de recherche, il est divisé en cinq grands chapitres chronologiques ("La création et la drôle de guerre", "De la Ière à la IXe Armée", "La bataille de Flavion", "Le repli", et "Les combats de juin"). Jean-Robert Gorce retrace scrupuleusement l'histoire de cette grande unité, dans un texte précis qui s'appuie fréquemment sur des citations des acteurs de l'époque. Plusieurs tableaux récapitulatifs (avec marquages et insignes des unités) permettent de visualiser les organigrammes et des encarts complètent et détaillent le texte courant. De très nombreuses photos souvent issues de collections privées, des profils soignés des différents engins et de fréquentes cartes en couleurs illustrent l'histoire de cette division  mise sur pied à partir d'éléments épars le 16 janvier 1940 et dont le parcours des derniers éléments se termine le 25 juin dans la région de Limoges. Au fil des pages, outre la bataille de Flavion le 15 mai, l'auteur explique le sens du "r" de DCr, présente les plans détaillé du B1bis et du char léger Renault R40, la répartition des forces en présence dans le secteur nord de la IXe Armée le 12 mai, précise l'organigramme des unités allemandes qui font face aux Français, la fin d'un certain nombre d'engins, donne les biographies des généraux et colonels qui commandent la division et les demi-brigades, évoque le sort de quelques officiers, présente les combats peu connus du mois de juin.

Bref, tout à la fois un vrai livre d'histoire référencé et aux propos mesurés, et un bel album dans lequel chacun trouvera matière à satisfaire sa curiosité et son goût pour de belles (et authentiques) histoires.

Editions Arès, Toul, 2016, 273 pages. 39,90 euros.

ISBN : 978-2-9558385-0-1.

La présentation du livre par l'auteur sur le site de L'Est Républicain : ici.

1ère DCr
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4 janvier 2017 3 04 /01 /janvier /2017 06:00

Combattre et mourir en Normandie

Les GI's et l'expérience du feu

Antonin Dehays

Dans ce volumineux ouvrage issu de sa thèse, l'auteur s'intéresse tout à la fois aux combats et à la mort sur le champ de bataille des soldats américains en 1944, dans un cadre espace-temps limité (un été en Normandie) et à la prise en charge de ces morts par les Etats-Unis, avec tous les aspects liés aux nécropoles.

Le livre est donc divisé en trois grandes parties ("Ante mortem", "Post mortem" et "In memoriam"), qu abordent les différentes facettes de ces sujets sensibles et délicats. Dans la première partie, Antonin Dehays traite du rapport (essentiellement individuel) du soldat à la mort, la sienne comme celle de l'ennemi, avec cette particularité qu'il s'agit pour l'essentiel de jeunes recrues sans réelle expérience du feu et arrivant en droite ligne de la vie civile. Il aborde les questions de la peur, de l'alcool, des tirs fratricides, ou des refus d'obéissance, en s'appuyant sur de nombreux témoignages qui constituent souvent autant de nouveautés dans la littérature francophone (même si, objectivement, les réactions d'un soldat américains ne diffèrent sans doute pas considérablement de celles d'un soldat allemand, anglais ou français). La seconde partie traite dans un premier temps de données statistiques avec plusieurs tableaux récapitulatifs (qui meurt ? quand ? comment ?, par armées, armes et catégories de grade entre début juin et fin août), puis de l'organisation militaire de gestion des morts et des inhumations provisoires. Il dresse un état (sans aucun doute exhaustif) des cimetières militaires provisoires américains en Normandie, sans oublier de consacrer un chapitre aux cimetières allemands, et termine sur les premiers "pèlerinages" et la façon dont le gouvernement américain organise ce "travail de deuil" pour les familles outre-Atlantique. Enfin, la troisième partie s'intéresse à la création des grandes nécropoles, au regroupement des corps, à la sanctuarisation et à la "spectacularisation" du souvenir de ces soldats tombés au feu. Un chapitre original traite ici de la reconstitution historique, "un engouement démesuré et polémique" : "Si elle favorise une approche renouvelée de l'histoire, elle (la reconstitution) permet aussi d'en faire partager le goût au plus grand nombre", tandis que plusieurs pages sont consacrées à la question des victimes civiles lors du débarquement et des premiers combats.

La violence de guerre et la mémoire (et finalement énormément de points communs avec les études similaires sur la Grande Guerre). Un livre très intéressant, aussi bien pour ceux qui s'intéressent à la "guerre par le bas" et aux souffrances des combattants et des familles, qu'à ceux qui privilégient les monuments et mémoriaux.

OREP Editions, Bayeux, 2016, 503 pages. 24,50 euros.

ISBN : 978-2-8151-0323-7.

Mourir en Normandie
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27 décembre 2016 2 27 /12 /décembre /2016 06:00

Je reviendrai

Lettres de Russie, 1942-1943

Eugénio Corti

Si Eugénio Corti est l'un des grands auteurs italiens du XXe siècle, les lettres (cartes postales ou télégrammes) qu'il adresse à sa famille entre 1942 et 1943 comme jeune officier artilleur italien sur le front de l'Est n'étaient pas destinées à être publiées. Elles constituent donc un témoignage précieux sur un épisode particulier d'un évènement majeur de la Seconde guerre mondiale.

L'Armée italienne en Russie, "ou VIIIe armée, forte d'une dizaine de divisions réparties en trois corps d'armée" (il est affecté au 35e CA), à laquelle appartient Eugénio Corti tient un secteur du front sud-oriental de 270 km. jusqu'au Don. L'auteur participe à cette aventure, dont on sait qu'elle se termine par une terrible retraite en plein hiver, dans un réel dénuement et ces lettres (si elles ne disent pas tout, comme la plupart des correspondances des soldats au front) décrivent à la fois son environnement, sa perception des évènements et (dans une moindre mesure) son rôle dans les opérations. Au fil des pages, des blessés, des prisonniers, la description des paysages, l'ordinaire d'une journée, les contraintes de déplacement de ses canons, le front et l'arrière-front, les villages polonais et ukrainiens et leurs habitants : "Partout des gens réduits à des loques par la faim, des scènes extrêmement pénibles ... Je désire que toute ma solde soit expédiée à Rome, aux Oeuvres pontificales correspondantes, pour être utilisées en faveur des civils de Pologne". Le titre du livre, Je reviendrai, est tiré de sa deuxième lettre, le 9 juin 1942, lorsqu'il s'efforce de rassurer ses parents avant d'embarquer à Bologne. Par la Hongrie et la Pologne, il rejoint son unité en Ukraine au milieu du mois de juin 1942 : "D'immenses étendues vertes aux légères ondulations séparent les villes ... Lieux magnifiques". Six mois plus tard, lorsque la température s'installe durablement en dessous de zéro, les commentaires ne sont plus du même ordre, même s'il affirme aux siens que la bonne humeur est toujours présente. Passant de première ligne en zone arrière de la division, il a une vision assez large de la situation réelle dans la zone de déploiement du contingent italien, d'autant qu'il se déplace presque quotidiennement à cheval en particulier pour aller chasser, ce qui lui permet de donner de nombreuses informations sur les conditions de vie, mais (auto-censure ou ignorance ?) il n'évoque pas avec précision les mouvements des unités, se contentant à telle ou telle date d'allusion sur un déplacement ("Nous avançons, nous avançons toujours ; il faut avancer pour mettre fin à la guerre et rentrer parmi vous"). Il fait par contre régulièrement connaître le retour vers l'Italie ou de l'arrivée sur le front de groupes de soldats : visiblement, si l'on en croit ces courriers, il entretient avec ses subordonnés des relations de confiance et d'estime réciproque ("Ils sont tranquilles et très respectueux, peut-être pas très empressés, après tant d'années de vie militaire, mais peut être les meilleurs soldats qu'on puisse imaginer").

Un texte presque "doux", parfois étonnamment "apaisant". En dépit des rigueurs endurées à l'hiver sur ce front oriental (même s'il n'a pas connu les pires moments), l'auteur semble presque inatteignable à la peine, à la douleur, à la fatigue. Un texte souvent étonnant sur ce front russe de la Seconde guerre mondiale, qui nous montre à la fois que les correspondances aux familles ne traduisent pas toujours la réalité des champs de bataille, et que d'un rédacteur à un autre, les expériences et les perceptions peuvent être bien différentes. Indiscutablement à lire et à connaître. 

Editions des Syrtes, Paris, 2016, 237 pages, 17,- euros.

ISBN : 978-2-940523-51-1.

Jeune officier italien sur le front russe
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30 novembre 2016 3 30 /11 /novembre /2016 06:00

Sois sage, c'est la guerre

Souvenirs d'enfance, 1939-1945

Alain Corbin

Ouvrage étonnant que ces "souvenirs" de guerre, dont Alain Corbin, âgé de quatre ans au début de la Seconde guerre mondiale, nous indique dès le début que l'exode du printemps 1940 constitue son premier souvenir clair.

Il ne s'agit donc pas pour lui de nous raconter sa perception de la guerre elle-même, mais plutôt de décrire, à son niveau, dans son milieu, et avec la compréhension qu'il pouvait avoir entre 4 et 8 ans, les effets (souvent indirects) de la guerre sur sa vie quotidienne et familiale dans un petit village normand, plus d'histoire sociale de la France rurale en guerre en quelque sorte. La guerre y est bien présente, mais par petites touches, dans une sorte de brouillard lointain parfois. Le livre est donc aussi une forme de présentation de la vie d'une famille aisée (le père, médecin dans un village, est un notable qui possède deux voitures pour lesquelles il ne manqua jamais d'essence : "En tant que médecin, mon père n'avait pas à installer de gazogène ; l'essence lui était fournie"), avec la jeune fille qui tient le rôle de la bonne dans la maison de famille, l'alimentation et les repas (visiblement il ne manque de rien : "On l'aura compris, Lonlay ne souffrait guère des privations" ... "Le veau, le poulet, le jambon ne manquaient pas dans ce bocage"), mais la situation est différente à quelques dizaines de kilomètres de là, dans la région d'Alençon, où réside une autre partie de sa famille. Nous y retrouvons aussi la perception qu'Alain Corbin peut avoir du travail de son père, du rôle d'un médecin de campagne, de ses relations avec le monde paysan, avec les soeurs infirmières ; et l'auteur sait insister avec pudeur sur la piété et la discrète culture de ce père, profondément catholique (la religion est très présente, aussi bien dans la vie familiale que dans celle de la communauté villageoise), originaire des Antilles, "sensible à la francéité de ces îles, (qui) attachait beaucoup d'importance à la pureté de la langue". Finalement, la vie est à la fois calme et monotone dans ce coin de France où il ne se passe pas grand chose malgré la guerre mondiale. Ce n'est qu'à partir de l'été 1942 (il a alors 6 ans) qu'Alain Corbin en a la perception plus nette, à la fois parce qu'il a lui-même grandi, parce qu'il quitte le cocon familial pour devenir interne, mais aussi parce que les conséquences du conflit deviennent plus sensibles avec les difficultés de l'occupant. C'est finalement à l'été 1944, après le débarquement, que la guerre devient matériellement présente, pour quelques semaines, dans la vie du jeune garçon et de sa famille, bien que son père ait pris soin de protéger sa famille en l'installant provisoirement dans une ferme isolée... de la région de Mortain. Mortain, le nom évoque immédiatement l'une des grandes opérations de la bataille de Normandie : "Nous entendions les grondements périodiques d'escadrilles de forteresses volantes américaines ... Je regardais cela comme un feu d'artifice ... Nous entendions au loin l'affrontement des mitrailleuses", etc. Le paysan, ancien poilu de la Grande Guerre, a même creusé quelques mètres de tranchée autour de sa ferme pour y protéger sa famille et ses hôtes ! Les dernières pages sont consacrées aux lendemains immédiats de la libération : paradoxalement, la guerre (ou plutôt ses conséquences) y est davantage présente, en particulier dans la vie sociale.

Un petit volume de souvenirs intimes, qui oscille entre histoire sociale et histoire culturelle et qui nous replace au coeur de ce qu'était une forme de ruralité française pendant la Seconde guerre mondiale. Loin des récits épiques, à lire avec intérêt.

Flammarion, Coll. 'Champs Histoire', 2016, 159 p., 8,- euros.

ISBN : 978-2-0813-7561-1.

Emotions d'enfance
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11 novembre 2016 5 11 /11 /novembre /2016 06:00

Les cheminots, Vichy et la Shoah

Des travailleurs ordinaires

Ludivine Broch

Pourquoi faut-il attendre que nous arrive du monde anglo-saxon une étude raisonnée, mesurée, équilibrée et argumentée ?

Une actualité récente, au tournant des années 2000-2010, a mis sur le devant de la scène, à l'occasion d'accords financiers aux Etats-Unis, la responsabilité de la SNCF dans la déportation des Juifs de France. Et, a contrario, nous avons aussi en mémoire les images des films illustrant la "résistance fer". Dans ce volume, Ludivine Broch nous présente en huit chapitres un tableau d'ensemble des entreprises et du personnel (quelques 400.000 personnes en juillet 1940) du réseau ferroviaire français pendant la Seconde guerre mondiale, de leur rôle pendant la Drôle de guerre aux grèves du printemps 1944 et aux sabotages qui accompagnent la libération (plan Vert). Concernant le transport des déportés, elle insiste sur un fonctionnement hiérarchique et administratif, l'importance de l'obéissance dans le fonctionnement du service. Elle détaille également les éléments du "mythe Bronchart", ce cheminot qui aurait refusé de conduire un convoi de Juifs, ou de prisonniers politiques.

S'appuyant sur un très important appareil de notes et complété par une importante bibliographie, ce livre semble clôturer les débats, souvent non dénués d'arrière-pensées, de ces dernières années.

Tallandier, Paris, 2016, 382 pages. 23,90 euros.

ISBN : 979-10-210-1827-3.

Une histoire complexe
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Published by guerres-et-conflits - dans Seconde guerre mondiale
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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