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1 février 2015 7 01 /02 /février /2015 06:00

Regard sur les armées allemandes

(Coll.)

Voici les actes d'une journée d'études qui s'est tenue en 2011, en particulier sur le thème de l'histoire et des évolutions au XXe siècle des armées allemandes.

Le livre se divise en fait en deux grandes parties. La première est effectivement constituée par quatre comunications qui survolent l'histoire militaire allemande depuis la fin de la Première Guerre mondiale, tandis que la seconde regroupe cinq articles très différents en "varia". Dans la première partie, Jean-Jacques Langendorf présente la Reichswehr de l'entre-deux-guerres, petite armée de professionnels, dans ses structures, ses équipements, à travers quelques personnalités importantes et en prenant en compte le rôle de la Commission interallée de contrôle ; puis Philippe Richardot s'intéresse à la Wehrmacht de 1939-1945 et en particulier à son équipement en matériels divers, à sa répartition sur les différents théâtres, et consacre un chapitre à la SS en armes ; Jonas Flöter (le texte est hélas pour le lecteur francophone uniquement en allemand) nous parle de la NVA, l'armée de la république populaire, en insistant sur les liens qui l'unissait au système du parti unique ; et Klaus Wittmann traite enfin de la Bundeswehr (le texte ici aussi n'est publié qu'en allemand), dont les dernières évolutions sont assez mal connues en France, une communication essentiellement descriptive et peu critique. La seconde partie nous propose des sujets très différents : une comparaison entre la Phalange macédonienne et la légion romaine (Julien Renggli), un point de situation sur le siège et la prise d'Alésia par César lors de la guerre des Gaules (Nicolas Gex), une présentation de l'entrée en service (tardive : années 1950 et 1960) d'engins blindés dans l'armée suisse avec ses conséquences en terme de manoeuvre sur un territoire à la topographie particulière (François Villard), une interrogation sur les forces d'autodéfense japonaises, armée qui ne dit pas son nom et dont l'influence sur la société nippone reste à déterminer alors que la Chine revient à l'hégémonie régionale (Laurent Schang), et une étude (semi-ironique) sur les travaux suisses liés à la Grande Guerre dans le pays (Christophe Vuilleumier).

Un petit volume qui sur de nombreux points complète utilement les publications françaises dans un certain nombre de thèmes.

Centre d'histoire et de prospective militaires, Pully (CH), 2014, 156 pages.

ISBN : 978-2-8280-0013-4.

Pour commander directement, le site du CHPM : ici.

Survol du XXe siècle
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31 janvier 2015 6 31 /01 /janvier /2015 06:15

Mort au combat !

Le sort des soldats tués pendant la Grande Guerre

Gilles Vauclair

Avec cette nouvelle étude, Gilles Vauclair fait un point pratiquement complet de la question des morts au combat, comprise au sens large.

Partant d'une présentation assez rapide des pertes (non pas au plan strictement quantitatif mais afin de traduire leur importance pour les survivants et la société), il s'intéresse successivement à la législation et à la réglementation et à leur évolution, aux pratiques mortuaires sur le champ de bataille, aux honneurs rendus par les armées en campagne, à la question des disparus. Il passe ensuite à une approche plus individuelle avec la délicate question de l'identification des corps, mais aussi celle plus douloureuse encore des vols sur les dépouilles et s'interroge ensuite sur le problème des épidémies, parfois bien meurtrières également. Il faut, bien sûr, prévenir la famille du défunt et les chapitres 9 et 10 traitent de ce difficile sujet, où les procédures administratives peuvent être longues et difficiles, sans compter que les autorités locales de l'intérieur ne sont pas toujours en empathie, tandis que le chapitre 11 s'attachent aux manifestations intimes, privées et familiales du deuil. Une dizaine de pages sont consacrées aux rapports avec la religion, ce qui permet de passer de la tombe individuelle aux cimetières, avec là aussi l'évolution de la législation et des pratiques jusqu'à l'aménagement des grandes nécropoles d'après-guerre. On retrouve d'ailleurs ces sujets sus une autre forme dans les deux derniers chapitres consacrés aux monuments aux morts (chap. 16 en partie) et aux tombes militaires dans les cimetières communaux (chap. 17). Entre temps (chap. 14 et 15 et partie du chapitre 16), Gilles Vauclair nous parle des différentes catégories de morts et de la problématique de la recherche et du rapatriement des cadavres.

L'ensemble du volume multiplie les chiffres et références précises, s'appuie sur de multiples témoignages et de très nombreuses citations, tandis que ponctuellement l'auteur n'hésite pas à aborder, au moins à la marge, ces questions pour les autres belligérants. Enfin, on apprécie la grande richesse d'une iconographie aussi nombreuse qu'adaptée, pratiquement à chaque page. Un volume très complet qui mérite d'être connu et lu avec le plus grand intérêt.

Editions Sutton, Saint-Avertin, 2015, 175 pages, 23 euros.

ISBN : 978-2-8138-0817-2.

Honneur aux morts
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31 janvier 2015 6 31 /01 /janvier /2015 06:00

Grandeur et misère de l'Armée rouge

Jean Lopez et Lasha Otkhmezuri

Publié pour la première fois en 2011, ce livre rassemble douze témoignages d'acteurs soviétiques de la Grande guerre patriotique.

Parmi ces témoignages, ceux de personnes très différentes, relativement célèbres (Elena Bonner, épouse de Sakharov), d'écrivains et enseignants, artistes, ingénieurs, un officier subalterne, etc. Chacun est présenté en quelques lignes avant son récit, tous sauf un présentés sous forme d'un entretien. Leurs expériences sont très différentes, de l'infirmière au prisonnier, de l'officier d'infanterie au jeune Géorgien perdu dans les pays Baltes et utilisé par les services allemands. Le patriote et le collaborateur. Le soldat et le planqué. Au fil de ces récits, les anecdotes sont bien sûr multiples et traduisent des réalités protéiformes qui ne correspondent pas toujours (rarement) aux vérités officielles. Ce vécu, cru, souvent interpelle, ne serait-ce que parce qu'il montre que les "choix" individuels tiennent parfois à peu de choses, à une situation particulière, à une rencontre, à une opportunité. Il apparait aussi que les désorganisations et l'incompétence sont très probablement les deux grandes caractéristiques de l'URSS et de son armée, et que le respect de la vie humaine n'est pas la valeur la mieux partagée (euphémisme). Il ne s'agit bien entendu que de témoignages (très) particuliers, parfois atypiques, et ils n'autorisent pas à généraliser systématiquement, mais il nous donnent des éclairages crus sur le quotidien des contemporains, soldats ou non, généralement jeunes.

Un volume à petit prix qui apporte à notre connaissance de l'URSS dans la Seconde guerre mondiale une contribution au niveau le plus humain, très éloignée (mais complémentaire) des grandes études stratégiques ou géopolitiques. 

Coll. 'Tempus', Perrin, Paris, 2015, 391 pages, 10 euros.

ISBN : 978-2-262-04928-7.

Armée rouge
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30 janvier 2015 5 30 /01 /janvier /2015 06:15

Etrusques

Les plus heureux des hommes

Dominique Frère et Laurent Hugot (Dir.)

Peuple resté très longtemps assez mystérieux, les Etrusques ont souvent été considérés comme "aux marges" des mondes grecs et romains et ce n'est qu'au cours des dernières décennies que l'on a mieux connu ce "peuple de la différence", dans son histoire, sa culture, son rayonnement. Contrairement à ce que l'on pourrait croire (ou attendre), il ne s'agit pas ici d'une histoire générale des Etrusques, mais d'un ouvrage collectif organisé à partir de touches thématiques, impressionnistes, "autour des principaux thèmes de recherche développéspar Jean-René Jannot durant sa carrière".

 Le livre est donc structuré en cinq grandes parties principales qui regroupent des textes d'une vingtaine de chercheurs : "Les Etrusques et la musique", "Les fouilles archéologiques et l'étude du matériel", "Les sanctuaires et la religion des Etrusques", "La fortune des Etrusques", et "Les Etrusques, le monde romain et l'Orient" (cette dernière étant celle qui nous a, à titre personnel, le plus vivement intéressé). Certaines contributions peuvent sembler un peu ardues pour le néophyte absolu, mais l'ensemble forme un tout cohérent car chaque auteur, tout en fouillant son sujet particulier, propose bien sûr paragraphes, phrases et considérations plus larges sur la société étrusque. On peut ici regretter que les trois contributions en anglais ne soient pas traduites, ni au moins présentées sous forme de résumés, ce qui ne facilitera pas la lecture du non-spécialiste. On apprécie par contre tout particulièrement les nombreuses illustrations qui accompagnent les textes, et le cahier photos central qui propose quelques magnifiques pièces archéologiques. Du fait de sa diversité, vous avez toutes les chances, quel que soit le thème qui vous intéresse en histoire antique, de trouver dans ce volume de riches, précieuses et précises informations.

Un ouvrage plutôt pour spécialistes, mais qui devrait être utile à tous les amateurs d'archéologie et d'histoire antique. Et dont plusieurs textes plairont indiscutablement à tous ceux qui gardent une âme d'artiste et, finalement, une part de rêve d'enfant.

Presses universitaires de Rennes, 2014, 367 pages, 21 euros.
ISBN : 978-2-7535-3436-0.

Les plus religieux des hommes
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30 janvier 2015 5 30 /01 /janvier /2015 06:00

Populisme

Les demeurés de l'histoire

Chantal Delsol

L'auteure, dont les titres et qualités sont nombreux, est par ailleurs éditorialiste au Figaro et à Valeurs Actuelles. Son propos est donc dans le droit fil de ses analyses et prises de position politiques antérieures.

En dix chapitres de dix à vingt pages, Chantal Delsol démonte le mécanisme accusatoire contre les "populistes", terme systématiquement employé et considéré comme péjoratif par les "élites" intellectuelles, médiatiques et politiques. Remontant aux origines de la démocratie grecque et des "tyrans" des cités helléniques, elle brosse le portrait du "meneur de foule" et s'intéresse au mot "démagogie", avec la distinction entre unicité de la cité et multiplicité des individus et des opinions. Au sens éthymologique, les "nombreux" sont aussi les "idiots", "pauvres et méchants à la fois". Pendant de longs siècles, la figure du chef populiste disparait, car "le comportement que l'on va dénommer 'populiste' n'a véritablement de sens que sous un régime démocratique, qu'il s'agisse de l'ancien ou du moderne". C'est donc avec le XIXe siècle que se poursuit la réflexion, à la recherche de la "trahison du peuple" et de l'identification du discours populiste moderne. Chantal Delsol prend alors à bras le corps la question de l'attachement des "masses", du peuple, aux traditions, à la terre, à "l'enracinement", dont elle fait pour la suite du livre une question centrale : "Jamais un peuple ne se soulève au nom d'un concept. Il est trop lié à la vie et ne comprend que la vie". Et plus les grands principes s'universalisent, moins il se sent en prise avec eux : "La montée des populismes raconte la révolte des particuliers devant des idéologies de plus en plus mondiales, donc de plus en plus abstraites". D'où le décrochage, puis l'opposition avec les élites, qui n'hésitent pas à présenter les "populistes" comme des conservateurs qui refusent le progrès. De là la confusion actuelle avec la démagogie politique et le déni : ceux qui s'opposent aux gouvernants se voient pratiquement refuser le qualificatif de citoyen responsable. Suivent quelques longues pages sur le communisme et le nazisme, où la démonstration se perd parfois un peu. Les derniers chapitres abordent davantage les rives de l'actualité, avec la question de la non-représentation parlementaire de mouvements (le FN en France) qui obtiennent des scores électoraux importants, celle de l'endo-recrutement d'élites installées, celle du dirigeant ("C'est parce qu'il représente une réaction contre un rationalisme consensuel enraciné dans les institutions que le phénomène populiste réclame en général le charisme d'un chef"), etc. Il en résulte enfin que les élites en viennent à vouloir maintenir ce peuple sous contrôle puisque des "demeurés" ne peuvent pas avoir raison contre les politiques qui savent manier les concepts. Elle rappelle enfin l'opposition (classique) entre le centre et la périphérie, entre une capitale et les provinces : "La province a davantage le sens de son identité, qu'elle cultive avec passion. Car elle n'a cure de se vouer au changement et encore moins au changement perpétuel. Un destin d'aventure ne la tente pas. On y marche dans un sillon, qu'il ne s'agit pas de perdre". Regardez aujourd'hui la géographie électorale. Finalement, les élites ne comprennent rien, ou comprennent de moins en moins. 

Un texte écrit en assez gros caractères, des phrases généralement courtes et un style parfois proche de celui du pamphlet, mais aussi quelques répétitions et paradoxalement quelques longueurs : la démonstration aurait sans doute gagné à s'étendre sur quelques dizaines de pages de moins pour être plus "percutante". Mais le volume n'en est pas moins intéressant, en particulier dans ses références historiques à l'histoire antique, et dans le discours partisan actuel il offre l'intérêt de remettre, de son point de vue, quelques pendules à l'heure. Et pour les autres de redéfinir les termes du débat.

Editions du Rocher, Monaco, 2015, 267 pages. 17,90 euros.

ISBN : 978-2-26807-643-0.

Mépris politique
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30 janvier 2015 5 30 /01 /janvier /2015 05:50

Hydravions, chasseurs et bombardiers

Aéro Journal - n° 45

Au sommaire du numéro de février, aussi varié que d'habitude, trois articles plus originaux sans doute retiennent notre attention. La deuxième partie de l'étude sur les hydravions s'intéresse à un appareil malheureux, le Saro Lerwick qui termine sa carrière au début de la Seconde guerre mondiale sans avoir convaincu. "Les forceurs de blocus" nous entraîne au coeur des équipages des détachements aériens qui appuient les opérations spéciales alliées dans l'Europe occupée. "Il était une fois la révolution" revient sur l'épisode original de la Revolucion libertadora de 1955 en Argentine qui voit l'emploi pour le moins peu courant de bombardiers quadrimoteurs.

Tous les avions
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29 janvier 2015 4 29 /01 /janvier /2015 05:15

Honneur et violence de guerre au temps de Napoléon

La campagne de Calabre

Nicolas Cadet

Passionnante étude sur un épisode très rarement traité de l'épopée impériale : la difficile pacification des provinces méridionales du royaume de Naples.

A partir de sa thèse, Nicolas Cadet nous propose ici un livre original et pratiquement complet semble-t-il sur les opérations, de nature très différentes, qui se succèdent au sud de la botte italienne à partir de 1806. Il souligne dès les premières pages de l'introduction cet apparent paradoxe : les adversaires ne cessent de faire référence à "l'honneur", alors que les violences atteignent un seuil particulièrement élevé, et l'auteur d'en conclure que "guerre et culture sont bien indissociables". Suivant un plan chrono-thématique, Nicolas Cadet pose le cadre de l'opération, qui débute au début de l'année 1806, comme en écho à une première tentative française en 1799 : l'importance de l'Italie dans la stratégie impériale générale, la présence navale et militaire anglaise et le rôle du royaume de Naples dans la conception britannique de la guerre, les caractéristiques particulières de l'armée française d'invasion (constitution, dénuement, encadrement), etc. Si le succès est rapidement au rendez-vous pour ce qui concerne la prise de la capitale et des grandes villes, il n'en est pas de même au fond des provinces, où le relief et le manque de voies de communication se conjuguent pour rendre très difficile le ravitaillement des troupes et les relations de commandement. La présence de l'ancienne famille royale des Bourbons en Sicile sous la protection des Anglais, qui en pratique dominent la mer, pose un sérieux problème de sécurité au nouveau roi Joseph, qui ne dispose pas des moyens d'entretenir son armée et auquel Napoléon par ailleurs retire des régiments. La situation, déjà difficile, se détériore donc rapidement, à partir de l'été 1806 : tandis que le malaise, l'hostilité, se répandent dans le pays, les navires britanniques multiplent les raids et les attaques sur les côtes : "Tout se conjugue pour donner aux hommes de l'armée de Calabre un profond sentiment de vulnérabilité". A partir des nombreux témoignages laissés par les acteurs et témoins des événements, souvent très durs pour la population calabraise considérée comme "mi-animale" ("La grande plaie du royaume de Naples, comme celle de l'Espagne, est la paresse" est l'une des appréciations les moins péjoratives !), Nicolas Cadet souligne le choc culturel qui constitue pour les cadres et soldats français ce séjour prolongé en occupation au sud de l'Italie et les difficultés qu'ils rencontrent à essayer de mettre sur pied une administration modernisée, "à la française". La petite bataille de Maida, entre un corps expéditionnaire anglais débarqué et les troupes françaises du général Reynier (victoire britannique, taux de pertes autour de 30% de l'effectif engagé pour les Français) marque une rupture, et son récit donne à Nicolas Cadet l'opportunité de présenter dans le détail les deux belligérants, leur état d'esprit, leurs principes de manoeuvre, leurs objectifs et leurs attentes. La défaite française accélère le développement de l'insurrection calabraise : "En deux semaines, toute la partie méridionale du royaume de Naples s'est soulevée contre les Français". La situation ne cesse de se détériorer pour les maigres troupes napoléoniennes, isolées, repliées dans quelques places plus ou moins fortes, entre actions côtières des Anglais, harcèlements de bandes rebelles puissantes et embuscades. Dans un contexte social très marqué par un système féodal sclérosé, l'insurrection est violente et sa répression tout autant. Le caractère clanique de la société locale, le rôle de l'église catholique ("Alors qu'ils ne constituent que 1% de la population calabraise, les religieux représentent 9% des inculpés jugés par la commission militaire de Cosenza"), la topographie de la région également, expliquent la dureté des opérations, que les Bourbons réfugiés à Palerme financent grâce aux généreux subsides anglais, tandis qu'ils tentent de l'encadrer avec un succès tout relatif. C'est à Massena qu'il revient, après la prise de Gaëte à partir du mois d'août, de reconquérir les régions passées à l'insurrection. Les succès sont rapides grâce à l'arrivée de nouvelles troupes, mais le calme ne revient qu'en apparence et seulement dans les communes tenues. Avec l'aide matérielle et tactique des Britanniques, "la population calabraise semble mettre en oeuvre une véritable politique de la terre brûlée, afin de ne leur laisser (aux Français) aucun moyen de vivre sur le pays" et s'attaque systématiquement aux voies de communication : "Chaque déplacement se traduit par la mise hors de combat de quelques hommes". A la fois guerre irrégulière, maintien de l'ordre, guerre de siège, la campagne devient plus difficile avec la mauvaise saison et l'affaiblissement progressif des unités (décès, maladies), au point que simples soldats et officiers ne souhaitent que quitter la région. La constitution de formations "nationales" (Garde civique, Légions provinciales) ne permet pas de répondre aux besoins en effectif, d'autant que leur fidélité semble parfois aléatoire. Ce n'est que lorsque les Britanniques diminuent sensiblement, en 1807, leur soutien direct à l'insurrection que la victoire française peut être acquise, après la défaite des Calabrais à Mileto, même si "la pacification est cependant incomplète et l'insécurité endémique". L'auteur dresse alors le bilan de cette campagne en termes d'organisation et d'emploi des troupes, de (non) respect des règles du droit de la guerre, de cruauté (on parle même de "cannibalisme calabrais" et l'on dit qu'ils font griller les prisonniers), l'effet des pires rumeurs sur la tenue et le comportement des unités, les "crimes affreux" commis en représailles par les Français (massacre de Lauria), la mise en place d'un système répressif, etc. Après les combats et la reprise en main, vient le temps de la pacification effective, à son tour bien difficile et souvent superficielle. Revenant enfin, en conclusion, sur l'oubli quasi-total dans lequel cette campagne militaire est tombée, Nicolas Cadet tente d'en présenter les causes.

Un livre excellent, lu d'une traite, une découverte presque à chaque page, agréable à lire et riche d'informations. Même si la campagne de Calabre n'a que des échos tout-à-fait mineurs dans l'histoire générale de l'empire et dans sa mémoire, il mérite indiscutablement d'être lu par tous ceux qui s'intéressent aux guerres napoléoniennes, mais aussi par ceux qui se passionnent pour les guerres irrégulières et les insurrections populaires. Un vrai et grand livre d'histoire.

Vendémiaire, Paris, 2015, 447 pages, 24 euros.

ISBN : 978-2-36358-155-6.

Guérilla calabraise
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29 janvier 2015 4 29 /01 /janvier /2015 05:00

L'Inde face à son destin

Olivier d'Auzon

Déjà auteur de nombreux ouvrages dans les domaines économiques (mais aussi sur la piraterie), Olivier d'Auzon nous invite à découvrir l'Inde d'aujourd'hui, dans sa diversité, ses difficultés, ses atouts et ses ambitions.

Pour le lecteur français, souvent peu au fait des évolutions récentes dans ce pays-continent, l'intérêt est immédiat, d'autant que l'Inde est avec la Chine l'un des grands acteurs de la croissance mondiale, ne serait-ce que par l'importance de son marché intérieur. C'est donc essentiellement un angle économique et financier que l'auteur nous présente le pays dans une première partie, qu'il s'agisse de sa population, de la formation de sa jeunesse, de l'évolution des structures sociales traditionnelles, mais aussi de ses performances industrielles, de ses capacités d'innovation, du haut niveau de compétence dans certains domaines (santé), etc. Il s'intéresse ensuite, dans un second temps, à la politique étrangère indienne, dans le contexte régional et au niveau mondial. Sa superficie, sa population et désormais le nucléaire en font une puissance incontournable, dont les relations avec la Russie comme avec les Etats-Unis évoluent. La question pakistanaise reste très prégnante, mais c'est avec la Chine aussi qu'il faut désormais discuter, dans un environnement tendu. Enfin, si le reste du monde n'intéresse finalement que peu, le pays est de plus en plus présent dans les instances internationales. La dernière grande partie enfin est consacrée aux questions énergétiques (pétrole, gaz, nucléaire, retour du charbon, énergies renouvelables), domaine dans lequel les besoins ne cessent de croître, et source de préoccupation pour le gouvernement fédéral qui investit sur le moyen et le long terme. On regrette l'absence d'une conclusion de synthèse, le livre se terminant un peu brutalement, et l'on observe dans la bibliographie finale la présence d'un grand nombre d'article de presse.

Un ouvrage qui laisse finalement un sentiment ambivalent : il permet une parfaite (semble-t-il) mise au point, une actualisation très solide de nos connaissances sur ce pays, il est riche de nombreux chiffres et de multiples informations, mais dans le même temps trop au ras de l'actualité, manquant à notre sens de recul et de synthèse. C'est donc au lecteur de forger au fur et à mesure son jugement. Néanmoins, l'importance de l'Inde aujourd'hui dans le concert des nations et le faible nombre de publications de synthèse sur ce pays aujourd'hui justifient pleinement que tous ceux qui s'intéressent en particulier à l'Asie le connaisssent. 

Lavauzelle, Panazol, 2014, 155 pages. 19,80 euros.

ISBN : 978-2-7025-1622-5.

Pays émergent
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28 janvier 2015 3 28 /01 /janvier /2015 05:15

La grande défaite

1870-1871

Alain Gouttman

Spécialiste du Second empire, aux campagnes duquel il a déjà consacré deux volumes, Alain Gouttman nous livre aujourd'hui une étude d'ensemble de la guerre de 1870-1871, ou plutôt un ouvrage qui replace la guerre dans le contexte de son temps.

Le livre s'ouvre sur le récit de la bataille de Sadowa qui, en 1866, voit triompher le royaume de Prusse sur l'empire d'Autriche-Hongrie, et cette approche donne le ton de l'ensemble de l'étude qui aborde davantage les aspects politiques, diplomatiques, voire culturels, que militaires. Dans une longue première partie (trois chapitres), Alain Gouttman brosse le tableau des années qui précèdent la guerre, avec ses tensions internationales, le rôle de Bismarck et la montée en puissance de la Prusse, les évolutions et hésitations d'un Second empire vieillissant dirigé par un Napoléon III malade. Le début du quatrième chapitre met particulièrement bien en relief l'aveuglement des élites françaises qui s'illusionnent (naïvement ?) sur les capacités militaires de la France, et au sein desquelles les mots prennent plus d'importance que les actes, et qui se traduit finalement par la stupide présomption des dirigeants civils et militaires lors de la crise de l'été 1870. Suivent, bien sûr, les tragiques événements d'août, ponctués de défaites aux frontières, où le courage du fantassin français, la bravoure des cavaliers et la maîtrise technique des artilleurs ne peuvent pas grand chose contre le nombre, la détermination et la science militaire de la coalition allemande autour de la Prusse, qui connaît pourtant nombre de difficultés. Les carences d'un haut commandement "frappé par la foudre", la nomination de Bazaine parce qu'il est "populaire", la désorganisation de l'administration militaire, l'absence de réflexion en amont (sans même parler de planification), l'insuffisance des états-majors, mais aussi la crainte, très tôt, de la guerre civile sont autant de points abordés. L'auteur s'attarde au chapitre 5 sur le rôle ambigu du général Trochu à Paris et "l'imposture" du 4 septembre, qui voit la république proclamée par 12 hommes... Ce sont alors les temps difficiles du siège de Paris, du gouvernement provisoire et des armées levées dans l'urgence en province, pauvres soldats transis de froid et mal équipés, que le sacrifice de leurs officiers ne parvient pas à conduire à la victoire. Voici aussi le temps de la Commune de Paris et de la 'Semaine sanglante', dont Alain Gouttman tente de donner une explication qui s'éloigne du romantisme révolutionnaire comme de l'analyse marxiste : l'impéritie des chefs de la Commune, "l'apothéose des rêveurs et des idéologues", mais aussi la grande peur du pays devant la guerre civile : "La première réaction a l'événement a naturellement conduit la société 'sauvée' par l'armée française à ne voir dans l'embrsement de la capitale que l'effet d'un cocktail de vice, d'ambition et de violence".

Une vaste fresque, qui sort parfois du discours habituel et qui insiste sur les conditions politiques et diplomatiques, éventuellement culturelles et sociales, plus que sur les aspects militaires. 

Perrin, Paris, 2015, 414 pages. 24,90 euros.

ISBN : 978-2-262-03245-6.

L'année terrible
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28 janvier 2015 3 28 /01 /janvier /2015 05:00

La guerre en photos vues des deux côtés

1914-1918

Massin

Un sentiment partagé sur ce livre, dont la richesse est indéniable mais dont l'organisation intérieure semble parfois un peu approximative.

Ni avant-propos, ni introduction, ni présentation : le lecteur entre de plein pied dans l'ouvrage, sans que les choix éditoriaux (pourquoi tel sujet plutôt qu'un autre par exemple) ne soient explicités. La quatrième de couverture annonce par ailleurs que "le fil conducteur de notre ouvrage, plus que la chronologie (dont il est néanmoins fait mention), c'est, au jour le jour et du matin au soir, la vie du soldat". Soit. Sauf que la chronologie impose sa dure loi (pourquoi le traité de Brest-Litovsk en page 91 -annoncé p. 89 dans le sommaire- entre Verdun, la Somme et la vie dans les tranchées ?) et que les thèmes retenus comme les illustrations choisies ne sont pas toujours en phase avec cette affirmation. Ceci étant dit, le livre présente le très grand intérêt de proposer aux lecteurs plusieurs centaines de photos, cartes, documents, illustrations diverses, mettant (pratiquement) toujours en parallèle les deux alliances en lutte, sur les pages paires la perception et les représentation figurées des Alliés, sur les pages impaires celles des puissances centrales. La priorité est donc très largement donnée à l'imge et le texte courant n'apporte rien de particulier. Mais pourquoi, par exemple, mettre en vis-à-vis Joffre et Hindenburg ? N'y a-t-il pas de photos de Falkenhayn ? Un volume extrêmement riche donc, mais qui semble avoir été mis en page un petit peu trop vite (tout d'un coup doubles pages de photos de soldats russes et du front oriental sans annonce ni contextualisation). Avec un peu plus de précisions dans l'organisation générale intérieure et dans la rédaction des légendes, il y aurait pu y avoir là un très grand livre. Dommage. C'est à chaque lecteur de "picorer" au fil des pages, de chercher ce qui peut l'intéresser davantage, et finalement d'y mettre l'ordre qui lui convient le mieux.

Un recueil d'illustrations et de photos très riche sur le fond, mais qui aurait gagné à soigner la forme.

Berg International, 2014, 175 pages, 22 euros.

ISBN : 978-2-37020-008-2.

Photos
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Qui Suis-Je ?

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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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