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29 décembre 2016 4 29 /12 /décembre /2016 06:00

La Grande Armée à la conquête de l'Angleterre

Le plan secret de Napoléon

Nicola Todorov

Les campagnes du Premier empire sont, dans l'esprit de tous, des campagnes terrestres, et hors Aboukir et Trafalgar de triste mémoire la guerre navale est rarement mise à l'honneur. Nicola Todorov nous propose ici une autre lecture de la stratégie impériale et envisage sous un autre angle les objectifs réels de Napoléon Ier.

L'auteur s'appuie sur de très nombreuses sources et surtout met en parallèle des décisions parfois fort éloignées (géographiquement aussi bien que par domaines d'action) pour faire du blocus continental et de la politique navale une priorité de l'empereur à l'époque du triomphe continental. C'est en effet à l'été 1810, alors que l'on atteint "l'empire des 110 départements", qu'il date la volonté de reprendre les opérations maritimes contre l'Angleterre : "Le redressement naval, conçu en à peine deux à trois mois, constitue un événement majeur, quoique méconnu, de l'histoire de l'Empire". Cinq ans après Trafalgar, Napoléon fait dresser l'état des ressources en bois dans les forêts, tente de séparer la Prusse de l'Angleterre, met en place des administrations françaises jusqu'en Allemagne du Nord, fait préparer des plans de construction, réactive des chantiers navals de Trieste à Hambourg, lance un important programme de construction navale, s'efforce de coordonner les actions et travaux en Méditerranée comme en Atlantique et en mer du Nord, etc. L'auteur sait aussi faire le lien entre stratégie terrestre (dont la diplomatie) et stratégie navale, et applique aux opérations projetées contre l'Angleterre (sur mer) les principes généraux de la guerre (terrestre). Il analyse les questions liées au recrutement et à la formation des équipages, aussi bien que la constitution des "flottilles" et leurs capacités d'action en fonction du type de navire. En dépit de ses efforts, les évolutions de la situation continentale en 1812 et 1813 interdisent de pousser plus loin les programmes en cours. Nicola Todorov fait ainsi l'aller-retour permanent entre Napoléon lui-même, souvent en déplacement à travers l'Europe, le ministère à Paris et Brest, Cherbourg, Lorient et les autres ports de la côte atlantique, où les marins s'efforce de remplir l'impériale mission. Il appuie sa démonstration sur de nombreuses archives et témoignages (on consultera avec profit les notes rassemblées en fin de volume), souvent peu connus. Enfin, il remet en lumière des personnages (ministre de la Marine et amiraux en particulier) dont on parle généralement peu lorsque l'on traite des questions militaires du Premier empire.

Si l'on peut émettre des réserves sur le sous-titre ("Le plan secret de Napoléon ?"), on ne peut qu'être très intéressé par le contenu de ce riche et original volume. Une excellente lecture de vacances, à apprécier sous une véranda face à la mer démontée ?

Editions Vendémiaire, Paris, 2016, 299 pages, 23,- euros.

ISBN : 978-2-36358-247-8.

Rêve impérial
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3 décembre 2016 6 03 /12 /décembre /2016 06:00

Bonaparte

1769 - 1802

Patrice Gueniffey

Version "poche" (mais "grande poche" : plus de 1000 pages), cette réédition de l'excellent ouvrage de Patrice Gueniffey, initialement paru en 2013 (voir notre première présentation ici), vaut indiscutablement le détour.

Nous avions tout particulièrement apprécié le volume original, et sa réédition pour un prix modique est une bonne nouvelle. La personnalité, les actions, les relations, presque les pensées voire les plans personnels du général Bonaparte sont ici magistralement présentées et synthétisées. Un volume qu'il faut conserver dans sa bibliothèque.

Folio Histoire, Paris, 2016, 1103 pages. 14,90 euros.

ISBN : 978-2-07-079375-4.

De la Corse aux Tuileries
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13 novembre 2016 7 13 /11 /novembre /2016 06:00

Un crime d'Etat sous l'empire

L'affaire Palm

Michel Kerautret

L'auteur revient en détail sur l'un des ressorts du nationalisme allemand et de l'hostilité à la France pendant près de 150 ans, et bien sûr sur ses conséquences : l'exécution par ordre de Napoléon Ier d'un libraire de Nuremberg en 1806.

La première grande partie de l'ouvrage s'ouvre sur la célèbre phrase de Thomas Nipperdey, qui marque bien l'importance de la période impériale dans l'évolution de l'histoire de l'Allemagne : "Au commencement fut Napoléon". Dans ce contexte de (re)naissance du sentiment national mais aussi de romantisme politique et culturel, le modeste éditeur Jean-Philippe Palm devient "l'incarnation, à tort ou à raison, d'un refus, d'une désobéissance, ce grain de sable qui enraye parfois les plus belles machines historiques". Dans cette partie, l'auteur fait donc le récit détaillé des événements, présente les personnages, évoque le rôle des autorités bavaroises, raconte l'instruction rondement menée et le prononcé du verdict ("Palm était pourtant persuadé d'être acquitté, et lorsqu'on vint le chercher dans sa cellule le 26 août à 11 heures du matin, il s'attendait à être remis en liberté"), son exécution trois heures plus tard laissé à la diligence d'un officier bavarois ("Les derniers moments furent particulièrement dramatiques, puisque le peloton d'exécution dut s'y reprendre à trois fois. Bref, il y avait là tous les éléments d'une complainte posthume"). Aussitôt, dans le monde germanique comme chez les ennemis de l'empereur, la mort de l'imprimeur est brandie comme un drapeau de révolte. La question dès lors se pose : "Le délit était réel. Le châtiment était-il régulier et légitime ?". La seconde partie du livre est consacrée à la traduction intégrale du pamphlet reproché à Palm. Toutes les fautes de comportement des soldats français, tous les excès de l'occupant sont relevés, souvent exagérés, montés en épingle, transformés en instrument de propagande anti-française, au point d'indisposer gravement nous dit-il l'allié bavarois et sa population. L'auteur anonyme observe enfin pays par pays (Prusse, Bavière, Autriche, Angleterre, Saxe, etc.) l'évolution politique et des opinions publiques à l'époque face à la progression française en Europe, pour conclure à ce que les princes allemands "se laissent entraîner par la détresse générale à prendre les mesures propres à enrayer la chute". Un appel qui ne pouvait rester impuni aux yeux de l'empereur.

Complété par un riche appareil critique et une belle bibliographie, ce livre apporte indiscutablement une vraie plus-value à tous ceux qui s'intéressent à l'histoire de l'empire (français) comme à l'histoire de l'Allemagne.

Vendémiaire, Paris, 2016, 225 pages, 18,- euros.

ISBN : 978-2-36358-240-9.

1806 en Allemagne
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5 octobre 2016 3 05 /10 /octobre /2016 06:00

Joseph Bonaparte

Thierry Lentz

 

Avec toute la compétence que donne une longue fréquentation du personnage et le brio qu'on lui connaît dans ses nombreux ouvrages précédents sur la période impériale, Thierry Lentz nous offre ici une biographie magistrale.

En une cinquantaine de chapitres assez brefs, au style précis et vigoureux, il nous entraine tout au long de la vie et de la carrière du frère ainé, du "meilleur ami" et sans doute du plus fidèle sous bien des aspects du futur empereur. Il nous en rappelle d'ailleurs dès l'introduction en quelques lignes l'ensemble des fonctions successivement occupées et constate que Joseph, dans un premier temps, occupe déjà de vraies responsabilités bien avant que l'impécunieux général Buonaparte n'accède à la célébrité. L'ouvrage est divisé en quatre parties principales. La première nous présente Joseph comme authentique "Chef de clan", jusqu'à ce que les événements de Vendémiaire an IV donnent à Napoléon une notoriété inattendue. La seconde nous montre Joseph en fidèle soutien de son frère, de la campagne d'Italie au Consulat et à l'empire, son rôle lors du coup d'Etat de brumaire jusqu'à la conquête du royaume de Naples. La troisième, "Deux fois roi", s'intéresse à cette période durant laquelle Napoléon Ier redessine l'Europe et dote sa famille, du royaume de Naples où son action même de courte durée est finalement plutôt positive, à l'Espagne où il ne peut régner effectivement, n'étant que "l'autre moi-même" de son auguste frère et dépendant de son armée, au point qu'il en viendra à légiférer contre les décision de l'empereur et lui présentera même sa démission ! C'est blessé et amer qu'il retrouve la France ("L'essai de deux royaumes suffit, et je ne veux pas d'un troisième, car je veux vivre tranquille, acquérir une terre en France, loin de Paris"). Cette détérioration des relations entre les deux hommes n'empêche pas Napoléon de lui confier les fonctions de lieutenant-général de l'empire en 1814 jusqu'à la prise de Paris par les Coalisés. La quatrième enfin s'attache à Joseph pendant la première restauration, les Cent-Jours durant lesquels il est président du Conseil des ministres, et surtout la partie de sa vie durant laquelle il séjourne aux Etats-Unis entre 1815 et 1832, une période de bonheur pour lui mais aussi de réalisation professionnelle et financière : parfaitement intégré à la haute société américaine, avant de quitter le sol des Etats-Unis en juillet 1832, "Joseph fut reçu à la Maison-Blanche pour une audience d'adieu par le président Andrew Jackson ... avec la plus entière courtoisie, ... non pas en personnage politique mais comme un gentleman aux idées élevées et à la plus parfaite correction". Il rêve alors d'assurer le retour sur le trône de Napoléon II, l'Aiglon, mais ce dernier va mourir à Vienne pendant qu'il est en mer. Désormais, Joseph devient le prétendant à la succession de Napoléon Ier. Ne pouvant circuler librement en Europe et encore moins rentrer en France, il séjourne longuement en Angleterre où il reçoit les membres de sa famille et les fidèles du bonapartisme. Déçu, il rentre aux Etats-Unis en 1835, mais l'âge avance et il connaît une succession de deuils dans la famille et de déceptions personnelles. Le prétendant ne prétend plus. Il veut pourtant rentrer en Europe pour revoir les siens et retrouve Londres en 1839. Il connait encore de nombreux déboires, financiers, familiaux, de reconnaissance publique et ne peut que suivre "par presse interposée et depuis une maison louée à la campagne, près de Rugby, la grandiose cérémonie du retour des Cendres à Paris, le 15 décembre 1840". Malade, affaibli, il est peu à peu autorisé à voyager, le Wurtemberg d'abord, le Piémont-Sardaigne et la Toscane ensuite et les observateurs soulignent "la triste vie que mena alors cet homme qui, après de nouvelles attaques, perdit par étapes presque toutes ses facultés". Il y décède à la fin du mois de juillet 1844, à l'âge respectable pour l'époque de 77 ans. Dernière étape du chemin de croix, les héritiers se disputèrent l'important héritage. L'empire rétablit pas son fils fait revenir sa dépouille mortelle à Paris, pour être inhumée aux Invalides, mais Napoléon III n'y assista pas.

Une biographie raisonnée, argumentée, référencée (plus de 160 pages de notes, références, bibliographie et index), qui donne à Joseph, ni dilettante, ni incapable, une "épaisseur" et une "densité" que la mémoire collective lui a rarement accordées.

Perrin, Paris, 2016, 717 pages, 27,- euros.
ISBN : 978-2-04873-0.

Le meilleur des frères
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9 septembre 2016 5 09 /09 /septembre /2016 06:00

Cambronne

La légende de Waterloo

Stéphane Calvet

Désormais bien connu pour ses travaux sur les guerres de la Révolution et de l'Empire (voir son récent Leipzig, la guerre des peuples ici), Stéphane Calvet nous fait découvrir un personnage entré dans l'histoire de France et dans le langage courant pour une journée, une formule et un mot.

Si la formule "La Garde meurt mais ne se rend pas" est très probablement apocryphe, comme le reconnaît lui-même plus tard le général, son nom reste attaché à celui de la bataille de Waterloo et à ces derniers carrés de la Garde impériale résistant sous les assauts anglo-allemands. Mais il serait dommage de limiter notre connaissance du personnage à ce seul bref épisode et l'auteur retrace en huit chapitres l'ensemble de sa vie et de sa mémoire, d'une jeunesse nantaise au développement de la légende : "Cet ouvrage a pour ambition de proposer un regard novateur sur un officier impérial dont le souci principal a été, après Waterloo, de retrouver une vie paisible, loin des champs de bataille et des préoccupations politiques". Engagé dans les armées de la République au 1er bataillon de volontaires de Nantes en 1791, le futur général Cambronne est à Jemmapes avant de participer aux guerres de Vendée avec les colonnes républicaines. Il est capitaine à 25 ans après avoir été aux côtés de Hoche à Quiberon : il "monte dans la hiérarchie militaire grâce à son courage et à sa bravoure au feu". Comme bien d'autres officiers de l'empire, il a aussi, sa vie durant, la réputation d'être buveur (voire ivrogne), souvent indiscipliné, peu éduqué et grossier, "du sang bouillant et la tête chaude". Il sert ensuite longuement entre les Flandres et les Pays-Bas, puis en Suisse contre les Russes de Souvarov : "A la prise de Zurich, le capitaine Cambronne enleva à la baïonnette avec sa compagnie deux pièces de canon ... Il prit sur lui cette manoeuvre qu'il exécuta avec une telle vivacité qu'il empêcha les canonniers de faire une seconde décharge". Un chef intrépide et capable d'initiatives au combat, que l'on retrouve à Hohenlinden, puis sur les principaux champs de bataille "au rythme des victoires de la Grande armée", comme commandant à Iéna ("Suivez-moi ou bien j'irai me faire tuer tout seul là-haut ! aurait-il crié à ses hommes), mais cette bravoure cache peut-être de grandes faiblesses d'instruction militaire, comme pourrait le laisser penser son rôle lors de la meurtrière bataille de Pultusk en décembre 1806. Cependant, "colonel, colonel-major, puis général de la Garde impériale", Cambronne "cumule les promotions et les récompenses" jusqu'en 1814. On sait peu que lors de la première abdication, il suit Napoléon à l'île d'Elbe, à la tête du bataillon de 600 hommes que les coalisés vainqueurs concèdent à l'empereur déchu. Malgré son style de commandement brutal et ses méthodes parfois violentes, Napoléon lui conserve sa confiance, car "il sait depuis longtemps qu'il aura besoin d'un vrai meneur d'hommes lorsque la conjoncture lui sera favorable". A la tête de l'avant-garde avec quelques dizaines de soldats lors du débarquement qui prélude aux Cent Jours, il est un acteur essentiel du succès du "vol de l'aigle" jusqu'à Grenoble. Cela lui vaut de devenir comte d'empire, grand officier de la Légion d'honneur, pair de France et général de division. Blessé à Waterloo, brièvement prisonnier, il se rallie à Louis XVIII, "mais les apparences sont trompeuses car il est aussi un homme usé et couvert de blessures qui entend jouïr de ses titres acquis au prix de son courage et de son sang".

Une biographie passionnante qui mérite d'être connue de tous les amateurs.

Vendémiaire, Paris, 2016, 285 pages, 21,- euros.

ISBN : 978-2-36358-241-6.

Cambronne, avant et après Waterloo
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18 mai 2016 3 18 /05 /mai /2016 06:00

Napoléon à Sainte-Hélène

1815-1821

Gilbert Martineau

Entourée d'un relatif mystère aux yeux du grand public et généralement pour le moins fort mal connues, les années d'exil de l'empereur déchu sur une île "désolée" de l'Atlantique sud sont ici décrites avec un soin minutieux.

Conservateur des domaines français de Sainte-Hélène pendant de longues années et donc excellent connaisseur des lieux comme des personnages qui y vécurent, Gilbert Martineau nous propose ainsi un récit extrêmement détaillé de la vie sur l'île. Les deux premiers chapitres sont longuement consacrés à la présentation des deux personnages les plus connus, Napoléon et son célèbre geôlier lord Lowe, à travers la description de leurs comportements respectifs au fil du temps, leurs rapports avec leurs principaux interlocuteurs, la reconstitution de dialogues, face aux conditions d'installation et de vie au début du séjour, etc. On y découvre également quelques personnages "secondaires" essentiels comme le médecin O'Meara, mais aussi les petites mesquineries qui entourent l'empereur, chacun cherchant à se mettre en avant dans un simulacre de reconstitution d'une "cour" bien étriquée. Du côté britannique, les caractères du général-gouverneur lord Lowe comme ceux de ses adjoints sont bien décrits également (Gilbert Martineau utilise largement les sources anglaises), sans oublier cette obsession d'une évasion qui justifie la présence d'un corps militaire de près de 30.000 hommes : "Que de précautions pour garder un seul homme au milieu des mers", dira Chateaubriand. Les cinq chapitres qui suivent racontent par le menu la vie quotidienne à Plantation House comme à Longwood, année après année, de 1817 à 1821, avec son cortège de visiteurs extérieurs (essentiellement des Britanniques sur la route maritimes des Indes), et l'on sourit, autour des pages 180-190, à la description des Commissaires, peu connus, qui représentent les autres nations (Autriche, France, Russie) : "Il s'agit de donner à cette affaire un caractère européen, à constater que Bonaparte est le prisonnier de l'Europe et à calmer l'opinion publique". Les questions bassement matérielles sont souvent au coeur des conversations et des différents (que de débats autour du coût del'alimentation ou de la qualité du mobilier !), et les mouvements au sein de la petite communauté française animent bien des conversations, sur lesquelles revient Gilbert Martineau. Au fur et à mesure que le temps s'écoule, quelques brochures plus ou moins authentiques ou sérieuses sur le fond racontent en Europe le séjour de l'exilé, et leurs échos parviennent avec décalage dans l'île, où elles sont commentées et ouvrent la voie à de nouvelles crispations entre geôliers et prisonniers, sur fond "d'espionnage" mesquin : "Il faut avoir l'âme bien basse pour se servir des derniers valets et en faire des instruments de haine et de vengeance", dira Napoléon. Du retour difficile de Las Cases en Europe à la question de la maladie de Napoléon, qui hante les esprits et les conversations dès 1818, de la surveillance permanente et des conditions que l'on tente de négocier avec les souverains européens, de la position de Bertrand et de son épouse aux débats permanents avec Lowe, tout est crupuleusement décrit. Ce qui produit d'ailleurs finalement un double sentiment contradictoire : une analyse au ras du sol montre l'incongruité de certaines attitudes alors que l'on est sur une petite île assez largement isolée du monde, une sorte de microcosme ; et une approche plus élevée pose la question du sort du chef d'Etat vaincu et des mesures à prendre à son égard.

Le livre se termine, de manière assez triste, sur le partage des derniers biens de Napoléon au lendemain de son décès, et jusqu'au bout Lowe jouera son rôle de "policier en chef" en faisant fouillant les maigres restes d'une grandeur révolue. Un ouvrage que tous les amateurs de l'histoire de l'empire liront avec intérêt.

Tallandier, Paris, 2016, 511 pages. 25,90 euros.
ISBN : 979-10-210-1930-0.

L'exil
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27 avril 2016 3 27 /04 /avril /2016 06:00

Dictionnaire historique de Sainte-Hélène

Jacques Macé

Vous croyez connaître la fin de l'épopée ? Vous pensez tout savoir de l'exil de l'empereur sur une île désolée de l'Atlantique sud à l'écart des grandes voies maritimes ? Ce dictionnaire (première parution en 2004) ne manquera pourtant pas de vous surprendre.

Après avoir rappelé "les étapes de calvaire" et fait le récit en une centaine de pages des dernières années de vie de l'empereur déchu, Jacques Macé nous offre donc quelques 170 pages de dictionnaire spécialisé, de A comme le médecin Abel Clarke, qui publia le récit de son escale dans l'île en 1817 et de sa rencontre avec l'empereur déchu, à Y comme Younghusband, du nom de ce capitaine en garnison à Sainte-Hélène et surtout de son épouse dont les fresques apportent un peu de piment à un quotidien bien morne. Comme dans tous les ouvrages de ce type, le plaisir de la découverte vient de la grande diversité des sujets abordés, du nom de tel navire à celui de tel officier, mais aussi des entrées plus substantielles comme celle présentant les "Dépenses de Longwood" ou celle sur les "Historiens de Sainte-Hélène". Las Cases et Lowe bénéficient bien sûr de plusieurs pages, et après , vous saurez tout de "l'Empoisonnement de Napoléon" (réfuté), de ses "Cercueils" ou de ses "Masques mortuaires". Au fil des pages, vous découvrirez sans doute les nombreux agents de renseignements que les Britanniques entretiennent autour de Napoléon, ou les "Projets d'évasion" envisagés par ses partisans réfugiés en Amérique.

Un bel et bon ouvrage, à la fois dense et anecdotique, précis et amusant. Un vrai "plus" pour terminer toute bibliothèque napoléonienne.  

Coll. 'Texto', Tallandier, Paris, 2016, 540 pages, 12,- euros.

ISBN : 979-10-210-1895-2.

La page de présentation de l'éditeur : ici.

Longwood House
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2 février 2016 2 02 /02 /février /2016 06:00

Joséphine

Le paradoxe du cygne

Pierre Branda

Elle appartient à cette importante cohorte de personnages historiques dont la mémoire populaire ne conserve qu'un souvenir largement déformé, successivement portée aux nues pour sa beauté puis dénigrée pour sa supposée légèreté.

Dans cette belle biographie parfaitement référencée, Pierre Branda revient à juste titre sur la vie de l'impératrice Joséphine, dont il souligne dès l'introduction que son nom même (Marie-Joseph-Rose de Tascher de La Pagerie) a été oublié. Au fil des six grandes parties chronologiques qui scandent son livre, il nous permet de retrouver la future épouse du général Buonaparte pendant sa jeunesse (à bien des égards difficile) aux Antilles pendant la dernière période de l'Ancien régime, puis dans une vie de couple insatisfaisante en métropole à la veille de la Révolution. La période révolutionnaire lui permet de "naviguer" entre les différentes factions au mieux de ses intérêts, et l'on comprend bien alors que la jeune femme est loin d'être une étourdie sans cervelle. Devenue veuve, proche de Barras, elle hante les cercles du pouvoir et rencontre le futur empereur en 1795. Il s'ensuit une relation initialement assez tumultueuse, et Marmont écrit : "Le général Bonaparte est devenu très amoureux de Mme. de Beauharnais, amoureux dans toute l'étendue du mot, dans toute la force de sa plus grande acception". Hâtivement mariés au printemps 1796, ils vivent entre passion et réalisme une étrange existence de couple, entrecoupée par les fréquentes (et parfois longues) absences de Napoléon et par les non-dits de l'un comme de l'autre, en particulier pour tout ce qui touche aux questions d'argent et de statut social. Les épisodes fameux de la campagne d'Italie, sa réputaton de "femme galante" mais aussi son rôle politique, leur éloignement provisoire lorsqu'elle "mène ainsi une double vie", les relations toujours tendues avec sa belle famille, la crise de la campagne d'Egypte ("le héros était un mari trompé"), et l'achat de La Malmaison qui va devenir son havre, marquent les années qui suivent. Dès le retour du général de la campagne d'Egypte, les relations se réchauffent entre les deux époux et, à l'approche du coup d'Etat qui donne naissance au Consulat, "Joséphine va s'employer pour son mari avec toute la grâce, toute l'aisance, tout l'agrément dont elle se sent capable". Installée aux Tuileries et devenue "première dame de France" avant l'heure, elle est "au centre de la cour consulaire" et "inévitablement mêlée de près au jeu politique". Elle n'hésite pas à multiplier les interventions auprès des grands personnages de l'Etat et se crée ainsi une clientèle d'obligés, tout en nouant des contacts parfois ambigus avec l'ancienne noblesse et en se défendant contre les attaques insidieuses de la famille Bonaparte. Si sa place auprès du Premier consul est désormais bien ancrée, si elle bénéficie d'une réelle popularité personnelle, la question de la naissance d'un héritier commence à se profiler et prend une acuité particulière après la proclamation de l'empire. La nouvelle impératrice est alors dans une position assez inconfortable, puisque son statut n'est pas clairement défini  : "A défaut de rôle précis, elle allait rester une icône dont l'image pourrait être utilisée avantageusement par le nouveau régime". C'est ainsi qu'elle apparaît, brièvement, sur le devant de la scène surtout lorsque l'empereur est loin de Paris ou lors des quelques difficultés politiques. Les longues pages consacrées par l'auteur aux problèmes financiers du couple consulaire puis impérial sont tout à fait intéressantes et il apparaît que si Napoléon à titre personnel dépense énormément (ce que l'on oublie facilement), même si "l'art du paraître" de Joséphine "jouait finalement contre elle". La dernière partie, consacrée à "La chute et l'ultime sursaut" est peut-être mieux connue des amateurs. Nous suivons l'ancienne impératrice, cependant bien protégée légalement et financièrement par Napoléon Ier jusqu'aux derniers jours, dans son exil de La Malmaison où elle va recevoir les vainqueurs de la coalition après la chute de l'empire, toujours soucieuse de la défense de ses intérêts et de ceux de se enfants.

Une très agréable biographie, que chaque amateur de la période prendra plaisir à lire. 

Perrin, Paris, 2015, 464 pages. 24,50 euros.

ISBN : 978-2-262-04086-4

Femme de tête autant que de coeur
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23 janvier 2016 6 23 /01 /janvier /2016 06:00

Robespierre

La fabrication d'un monstre

Jean-Clément Martin

Nouvelle biographie de Robespierre, après celle publiée il y a un peu plus d'un an par Hervé Leuwers (ici). Une étude qui aborde bien sûr essentiellement la période révolutionnaire et présente un portrait mesuré du personnage.

Le portrait qui en ressort est finalement celui d'un homme qui (paradoxalement) hésite, ne parvient pas à constituer un réseau de soutiens assez solide et à s'imposer au pouvoir, un idéaliste finalement plus à l'aise dans l'éloquence, les discours enflammés, que dans l'action concrète. Au fil des six chapitres consacrés aux années 1789-1794 (qui constituent l'essentiel du livre), c'est un portrait tout en contraste(s) et en finesse qui nous est présenté. Son rapport à la guerre extérieure, à la violence politique, à la religion, n'est finalement pas aussi simple que les reconstructions ultérieures (qui commencent dès le Directoire) l'affirment. Jean-Clément Martin propose une abondante bibliographie, de nombreux recours aux archives mais aussi utilise largement la presse de l'époque, bien plus vivante que l'on ne se l'imagine aujourd'hui. Après de longues luttes d'influence entre les différentes tendances révolutionnaires, il approche enfin du pouvoir en 1793, se prononce contre l'indiscipline qui agite les Sans-culottes et l'on sait peu qu'il désapprouve les excès des Fouché et autres Carrier en province. Les multiples détails et précisions sur cette période sont tout à fait intéressantes (affaire du jeune enfant-soldat Bara : "Il a inventé un héros de 13ans"), toujours sur fond de jeux d'influence entre les différentes tendances de la Convention parisienne. De débats houleux en journées révolutionnaires surchauffées, on sait comment cela se termine, et n'oublions pas qu'une centaine (oui, une centaine) d'autres révolutionnaires accompagnent finalement Robespierre sur l'échafaud.

On ne referme pas pour autant le livre en étant devenu "robespierriste", mais avec une compréhension sans aucun doute plus équilibrée des évènements de l'époque.

Editions Perrin, Paris, 2016, 367 pages. 22,50 euros.

ISBN : 978-2-262-04255-4.

L'Incorruptible
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20 janvier 2016 3 20 /01 /janvier /2016 04:47

Saisir l'insaisissable

Gendarmerie et contre-guérilla en Espagne au temps de Napoléon

Gildas Lepetit

Spécialiste reconnu de l'histoire de la gendarmerie, Gildas Lepetit nous offre ici une remarquable étude sur son engagement dans le cadre de la guerre d'Espagne, contribuant à combler ainsi un véritable "vide mémoriel".

Chacun connaît peu ou prou l'importance et l'intensité de la rébellion espagnole à l'occupation française, mais qui serait capable d'évoquer la place tenue par la gendarmerie d'Espagne dans cette campagne ? En utilisant, souvent pour la première fois, de très nombreuses sources d'archives, l'auteur nous entraîne de l'envoi de vingt escadrons au nord de l'Ebre à la fin de l'année 1809 au repli définitif en 1813-1814. Il organise son propos de façon très méthodique et pédagogique en trois grandes parties : "La gendarmerie d'Espagne : instrument de répression ou d'annexion ?", "Le gendarme en Espagne, et "Le chant du cygne". Au fil des chapitres et des pages, il brosse un tableau complet de cette gendarmerie, dans la permanence mais aussi les évolutions de ses missions, son organisation, son recrutement, son équipement et jusqu'aux questions de soldes et de primes. La rébellion espagnole (que l'on appelle là-bas "guerre d'indépendance") est bien sûr omniprésente et Gildas Lepetit prend toujours soin de replacer chaque événement, décision ou action particulière dans son contexte local du moment. Il n'hésite pas à pointer les difficultés certes, mais aussi les erreurs commises, du fait des ordres de l'empereur, des chefs militaires (qui s'entendent fort peu entre eux) ou des responsables gendarmiques eux-mêmes. Il sait aussi commenter, en positif comme en négatif, l'efficacité réelle de son rôle et souligne un "coût exorbitant" pour un "résultat contrasté". Ponctuellement, il pose aussi la question du rôle de fond : s'agit-il de conquérir ou de pacifier, de combattre ou de maintenir l'ordre ? Nous avons donc, à la fois, un ouvrage important pour mieux connaître et comprendre la campagne d'Espagne, une étude quasiment sociologique du corps et une approche polymorphe de son histoire.

Un ouvrage indispensable pour quiconque s'intéresse au Premier empire.  

Presses universitaires de Rennes, 2015, 348 pages, 20,- euros.

ISBN : 978-2-7535-4283-9.

Gendarmerie impériale
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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