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21 décembre 2014 7 21 /12 /décembre /2014 07:30

Jours de guerre

Reliefs de 1914-1918

Alexis Jenni

Etonnant ! Cet album grand format propose des dizaines de photos "en relief", réalisées à partir des plaques stéréoscopiques conservées au Mémorial de la clairière de l'armistice de Compiègne. Sur le coup, on ne distingue qu'un mauvaise image traversée de gris, de rouge et de vert. Mais fort heureusement, des lunettes 3D sont livrées avec l'ouvrage.

Du départ des régiments lors de la mobilisation aux impératifs de reconstruction après l'armistice, nous passons chronologiquement de thème en thème, avec les réfugiés des régions occupés, mais aussi les troupes hindoues dont 132.000 soldats serviront sur le front de France (rappelons quand même que le front d'Orient ne s'étend pas "de la Mésopotamie à la Chine"), le front et l'arrière, les matériels (artillerie, char, ballon d'observation, mais aussi colombier mobile, etc.), les troupes de l'empire (Sénégalais, Annamites), les effets de la guerre (tranchées, destructions, la célèbre photo du "cheval dans l'arbre", etc.), des personnages qui accompagnent les troupes (infirmière, marraines de guerre, aumôniers, etc.) et bien d'autres sujets. La plupart des thèmes sont abordés sur une voire deux doubles pages qui alternent photos en relief et clichés plus "ordinaires" (dont un tirage "normal" de la photo en 3D) et les textes d'accompagnement comportent un paragraphe de citation ou de commentaire, une explication de la photo présentée et une rapide présentation plus historique du contexte et du sujet. 

Au total, un album absolument atypique, original, étonnant. Personnellement, je ne suis pas "fana" des lunettes en carton et je trouve cela plutôt fatiguant assez rapidement. Mais il faut bien reconnaître que (lorsque on est bien installé) la photo prend parfois une profondeur troublante. Un beau cadeau et une idée originale en cette période de fêtes.

Editions du Toucan, Paris, 2014, 187 pages. 29,90 euros.

ISBN : 9782810006045.

La page FB dédiée au livre (avec les vidéos du programme du même nom sur France 2) : ici.

Photos 3D

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21 décembre 2014 7 21 /12 /décembre /2014 07:15

Hitler et la France

Jean-Paul Cointet

Une approche originale des relations entre le Reich allemand et la France de Vichy, et au-delà une analyse (et une présentation) de la façon dont Hitler, personnellement, envisageait la situation future du vaincu.

"Cette politique fut le reflet d'idées fixes et d'obsessions arrêtées bien avant 1940", et se traduisit par "une double volonté de neutralisation et d'exploitation". Pour appuyer sa démonstration, Jean-Paul Cointet commence par citer le testament politique du Führer, qui fait directement référence à Mein Kampf : "J'ai écrit il y a vingt-cinq ans ce que je pensais. La France demeure l'ennemi éternel du peuple allemand" et le livre s'ouvre sur deux premiers chapitres (une centaine de pages) qui s'efforcent d'identifier et de préciser les bases intellectuelles de cette hostilité quasiment viscérale. L'auteur s'intéresse ensuite aux conditions de la défaite française de 1940, aux débats qui entourent la préparation de l'armistice et aux premiers pas de la politique de collaboration, avec une question : "Montoire, journée des dupes ou jeu d'illusions ?". Avec le renvoi de Laval (épisode du retour des cendres de l'Aiglon) et l'arrivée de Darlan s'ouvre une nouvelle période, marquée par la conviction que l'Angleterre a perdu la guerre et qu'une accélération du processus de collaboration est indispensable ("Il est de notre devoir de faire découler de la défaite de la France la victoire de l'Europe"). Désormais, Hitler peut tout exiger : les autorités de Vichy anticipent même ses demandes dans tous les domaines, humains et financiers, agricoles et industriels, réduisant la France (occupée ou -provisoirement- "libre") à l'état de territoire soumis au pillage. Parmi les nombreux chiffres fournis, certains sont impressionnants : "A la date de décembre 1941, 55% de l'aluminium, 90% du ciment, 70% des produits de l'industrie mécanique française, 90% de ceux de l'industrie électrique, 45% de ceux du cuir sont passés en Allemagne"... Dans le domaine automobile, 77% de la production française, et 100% dans le domaine aéronautique, sont destinés à l'Allemagne. Une contribution non négligeable à l'effort de guerre du Reich. Bref, la France ne tient plus qu'une "place utilitaire", mais dans ce domaine importante et les demandes allemandes ne cessent de croître après le retour de Laval. Le dernier chapitre s'intéresse à la fiction d'un "gouvernement" français maintenu, en exil à Sigmaringen, où s'affrontent les derniers adeptes de la collaboration sur fond de détestations personnelles.

Un livre très intéressant, qui fourmille d'informations et de chiffres, et qu'il sera très utile de croiser avec d'autres publications sur la période de l'Occupation. Une lecture indispensable pour quiconque s'intéresse au sujet.

Perrin, Paris, 2014, 431 pages. 23,90 euros.
ISBN : 978-2-262-03963-9.

Vision hitlérienne de la France

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20 décembre 2014 6 20 /12 /décembre /2014 06:00

Collaborations et épurations dans la Vienne

1940-1948

Jean-Marie Augustin

Solide et sans doute quasiment complet. Avec ce volume, consacré à un département rural à première vue sans particularité significative, Jean-Marie Augustin apporte une indiscutable plus-value à notre connaissance des années noires et de la Libération.

Dans une fresque particulièrement bien documentée à l'échelle du département, l'auteur aborde successivement les débuts et les formes de la collaboration individuelle, auxquelles la notoriété personnelle et la figure tutélaire de Pétain doivent beaucoup ; puis les relais de la collaboration officielle, des administrations préfectorale et municipales aux forces de maintien de l'ordre et aux organisations vichystes ;  enfin les partis, la presse et les responsables locaux pétainistes. Il consacre en particulier un chapitre aux "Vichysto-résistants", parmi lesquels de nombreux "notables, maréchalistes ou pétainistes, (qui) font des actes de résistance". Les passages d'un milieu à l'autre semblent assez nombreux, même si "la présence dans le maquis de certains individus connus pour leur activité passée au sein de la collaboration, crée la surprise, quand ce n'est pas de l'indignation". Après ces trois premières parties consacrées à la période 1940-1944, Jean-Marie Augustin consacre la dernière à l'épuration sous ses différentes formes, des règlements de compte plus ou moins spontanés au retour de procédures judiciaires plus classiques et enfin au processus d'amnistie. Il détaille en particulier le déroulement de certains procès et les peines prononcées à l'issue et s'intéresse aussi à la dévolution des titres de la presse locale. Comme il le souligne dans sa conclusion, la "collaboration" est multiforme et prête plus ou moins à conséquences : "Beaucoup de collaborateurs ont pris pour acquis que l'Allemagne allait gagner la guerre et se sont adapté au nouveau système par souci de réalisme"... Piètre image des fortes convictions hautement proclamées quelques années plus tard, souvent par les mêmes. Quelques tableaux statistiques, graphiques et cartes complètent utilement les chapitres qui bénéficient d'un abondant appareil de notes, tandis que l'indication précise des sources consultées, une bibliographie très complète et un index terminent le volume.

Un ton posé, une argumentation toujours référencée, un travail important pour quiconque s'intéresse à la situation intérieure française durant ces années de guerre et d'immédiat après-guerre.

Geste éditions, La Crèche, 2014, 384 pages, 24 euros.

ISBN : 978-2-36766-229-5.

Histoire régionale

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19 décembre 2014 5 19 /12 /décembre /2014 06:15

Introduction à la stratégie

Général André Beaufre

Cette œuvre cardinale est de la même veine que les deux autres livres chroniqués précédemment, Histoire de l'armement et L'art de la guerre et la technique de Charles Ailleret. Obéissant à une architecture simple en cinq chapitres, (I, Vue d'ensemble de la stratégie, II, Stratégie militaire classique, III, Stratégie atomique, IV, Stratégie indirecte, V, Conclusions sur la stratégie), elle déroule un panorama à la fois historique et thématique de la stratégie (entendue au sens militaire), en relation avec la sphère psychologique ainsi qu'avec le champ politique surplombant l'ensemble. Le général Beaufre propose une définition devenue classique, tout à la fois ouverte et concise, de la stratégie comme art de la dialectique des volontés employant la force pour résoudre leur conflit (p.34). Celle-ci se distingue de la tactique [qui] est très clairement l'art d'employer les armes dans le combat pour en obtenir le rendement le meilleur, et de la logistique, science des mouvements et des ravitaillements (p.33). Dans un ensemble d'une lecture agréable, malgré l'apparente aridité du sujet, sont exposées les métamorphoses de l'action guerrière, de l'époque moderne au XXe siècle. Cette phase marquée par une accélération dans le rythme du changement est privilégiée. Les diverses figures de l'escrime stratégique sont expliquées à travers une série d'exemples imagés, la métaphore du duel jouant un rôle central dans la chorégraphie opérationnelle choisie (ou subie) par les décideurs de la guerre. L'histoire européenne est en partie façonnée par les évolutions de l'ordonnancement des armées, l'augmentation des possibilités de fractionnements en unités militairement viables de la masse des hommes modifiant le visage de la guerre. Le général Beaufre tempère l'influence déterminante prêtée à l'armement sur l'ordre international, puisque les options prises par le commandement paraissent aussi significatives que l'appropriation nationale du progrès technique appliqué aux affaires militaires. L'éventail des manœuvres dans le champ psychologique prouve son efficacité, « faire la guerre » n'impliquant pas systématiquement le déploiement de matériels, campagnes et sang versé. Tout au long de l'Introduction à la stratégie, Beaufre souligne les dangereuses distorsions que les admirateurs de Clausewitz ont imprimé aux idées originales du maître prussien. Réputé comme tête pensante de la stratégie nucléaire, il explique la singularité de l'ère atomique, dans laquelle la menace de recours à la force prime sur son emploi effectif, renversant les schémas théoriques et pratiques préétablis. Ami de Liddell Hart - qui signe la préface admirative de cet opus magnum - l'auteur s'attache à montrer l'importance des multiples formes de la stratégie indirecte théorisée dès l'entre-deux-guerres par l'historien britannique. Publié pour la première fois en 1963, ce petit livre, qui contient en germe un véritable traité de stratégie, demeure d'actualité par la richesse des informations synthétisées, la pertinence des exemples qui servent de support à progression de la réflexion. Plus récent, plus composite, le Dictionnaire de stratégie sous la direction de Jean Klein et de Thierry de Montbrial pourrait être par exemple un complément idéal à l'Introduction à la stratégique, brillant exercice propédeutique.

Candice Menat

Paris, Hachette, 2003, 192 p., 6 euros.

Initiation

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19 décembre 2014 5 19 /12 /décembre /2014 06:00

In tenebris lux

14-18 : la foi à l'épreuve du feu

Roger Delteil

Un fragment de vie, un éclair d'espoir, la description du théâtre des horreurs : les lettres puissantes de Roger Delteil écrites sur le front de Champagne durant quelques sept mois de cette année 1915 méritent d'être lues.

L'éducation et la foi du rédacteur explique très certainement la longueur et la qualité (dans la forme comme dans le fond) des lettres de Roger Delteil, parti comme sous-officier en régiment d'infanterie et qui vit très exactement la vie de ses hommes. Il exprime des idées qui méritent d'être relevées dans le discours ambiant et soulignent une nouvelle fois la diversité des situations et des positions individuelles : "Qu'importe la place que nous occupons ! Il s'agit de faire son devoir, comme nous dit souvent le colonel, un chef qui met en pratique ses théories. Je suis là où Dieu veut que je me trouve. Puissè-je être fidèle et montrer que le soldat parfait, c'est le soldat chrétien". Au sein du 122e RI, il écrit un nombre très impressionnant de longs courriers entre le 15 février 1915 et le 27 septembre de la même année. Les premières semaines se passent en déplacements, entrainements et manoeuvres, sans contact direct avec la bataille si ce n'est l'écho de quelques coups de canon. On y constate en particulier que la vie n'est pas très dure, même pour les fantassins, à l'arrière du front. La vie change à partir du 15 mars : "Cette marche restera gravée à jamais dans mon souvenir. On croise des files de voitures, sans lanterne naturellement, qui viennent d'approvisionner cavaliers, estafettes, canons et artilleurs, infanterie que l'on relève, autos et voitures d'ambulance, tout cela retarde la marche des colonnes. On va sans halte, par à coups, on patauge dans la boue jusqu'au dessus du soulier, tandis que des territoriaux râpent la chaussée pour former des marécages sur les bas côtés. Dans la nuit noire, on n'a comme lueur que les fusées éclairantes des Allemands". Sur ces derniers, notons qu'il n'utilise pas de qualificatif grossier ou insultant pour les décrire. L'habitude du feu ennemi vient rapidement : dès le 10 avril, "à 5 heures, un obus éclate à un mètre, en face de mon logis, à hauteur de mes pieds. Je n'ai pas bougé et n'ai eu aucun mal, beaucoup de terre sur ma couverture tout simplement. J'étais en train de m'occuper à enlever tous ces cailloux lorsqu'il en est tombé un autre au ras de mon trou du côté de la tête. Cette fois, je suis parti en laissant tout mon fourbi pêle-mêle". Au fil des jours, les considérations se succèdent, sur ses hommes, sur ses chefs immédiats, sur son environnement, ses cantonnements, les alertes plus ou moins sans suite, sa foi bien sûr. En juin, "les Allemands sont à 100 mètres environ" et les deux armées face à fae organisent chacune un poste à une trentaine de mètres en avant : "Nous ne pouvons nous séparer ; nous nous rapprochons toujours les uns des autres. L'ennui ce sont les bombes, grenades, fléchettes qu'ils nous envoient copieusement". Relevé, il écrit quelques jours plus tard avoir passé quelques journées agréables : "Nous logeons aux flancs d'une colline dans des cagnats souterraines, des pins ombragent nos demeures et nous protègent contre les regards indiscrets des aéroplanes". Au fur et à mesure, les références religieuses deviennent de plus en plus nombreuses et fréquentes, jusqu'à la deuxième offensive de Champagne à l'automne : "Le capitaine est à Bordeaux. Il viendra pour l'offensive annoncée par les journaux". Les dernières correspondances sont plus brèves, ne font presque que référence à la protection divine. Et Roger Delteil est mortellement blessé le 28 septembre "en se portant brillamment en tête de sa section au secours d'une compagnie attaquée par les Allemands". 

Editions Ampelos, 2014, 307 pages, 24 euros.

ISBN : 978-2-35618-086-5.

Champagne, 1915

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18 décembre 2014 4 18 /12 /décembre /2014 06:15

Ecritures de la guerre

et Journal inédit de Maumort

Roger Martin du Gard

Dans la série des "Cahiers Roger Martin du Gard", ce huitième tome (collectif avec six contributions) est consacré à l'analyse des Carnets de guerre et écrits ultérieurs du grand romancier sur lla Première Guerre mondiale.

Roger Martin du Gard est incorporé dès août 1914 comme sous-officier dans les sections automobiles au sein desquelles il conserve un commandement de contact pendant toute la durée de la guerre. Dans la première partie, on retiendra en particulier les deux premiers textes du volume (celui de Charlotte Andrieux sur "Parcours militaire de RMG d'après ses 'Carnets de guerre' (2 août 1914 - 9 mars 1919)", dont le détail nous donne une bonne image des missions et des déplacements d'une section automobile sur le front et dans l'immédiat arrière-front ; et celui de Jean-François Massol titré "Je ne suis plus qu'un camionneur épouvanté par ce qu'il voit", qui contextualise -et souvent relativise- la portée de ce témoignage tout en en soulignant l'intérêt. On apprécie également le dernier article (Alain Tassel, "La bataille des frontières dans L'Eté 1914"), original en ce qu'il tente de croiser les données de l'histoire et celles du roman de Roger Martin du Gard. La seconde partie est constituée par "Le journal inédit de Maumort", qui s'intéresse à la période de l'armistice et du mois de juillet 1940. Ce texte au jour le jour est particulièrement dense et riche, ses pensées souvent profondes, ses réflexions fréquemment pertinentes. 

Un volume intelligent, et qui donne l'impression de rendre un peu plus intelligent. Une lecture puissante et vivifiante.

Gallimard, Paris, 2014, 266 pages, 22 euros.

ISBN : 978-2-07-014737-3.

Après deux guerres

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18 décembre 2014 4 18 /12 /décembre /2014 05:50

Histoire de Huy et sa région

Une destinée captivante et tumultueuse

Jean-Pierre Rorive

Quand la passion et le sens de la recherche se conjuguent, cela peut donner des livres aussi originaux qu'intéressants.

Personnellement, si j'avais avant la lecture de cet ouvrage quelques notions sur la principauté de Liège, je dois reconnaître que j'ignorais tout de l'histoire de la ville de Huy. Or celle-ci, et l'auteur le démontre parfaitement, n'a rien à envier à bien d'autres cités beaucoup plus célèbres. Les premiers chapitres racontent rapidement l'histoire (en partie imaginaire à l'origine) de la cité depuis l'époque romaine et durant le Moyen-Âge. Il insiste sur deux points, présentés comme des caractéristiques de la commune, les églises, couvents et autres implantations religieuses d'une part, son formidable château-fort d'autre part. Les deux grandes parties qui suivent ("Les temps modernes" et "Les temps nouveaux") brossent un tableau particulièrement détaillé des évolutions connues par Huy à partir du XVIe siècle. L'industrialisation de la région et sa quasi-ruine à la suite de la guerre de Trente Ans ("Le malheur est omniprésent, tant le XVIIe siècle est tissé de guerres et de fléaux connexes"), puis des guerres de Louis XIV (la ville détient le record du nombre de sièges), misères qui se poursuivent avec la guerre de Succession d'Autriche qui laisse un territoire exsangue ("La démographie hutoise ne cesse pratiquement pas de régresser aux XVII et XVIIIe siècles. L'hémorragie est plus grave, plus précoce et plus durable que dans les autres villes"). Avec la révolution française, Huy connaît une nouvelle période de violences et doit surtout contribuer au financement des campagnes de la république, du consulat puis de l'empire (Napoléon passe deux fois rapidement), au point de transformer la ville en une cité où s'installent le chomage et la mendicité. Après le rattachement à la Hollande en 1815, puis en 1830 à la nouvelle Belgique, et avec le développement du chemin de fer, s'ouvre une nouvelle période de croissance. L'auteur détaille la production, analyse les rapports de force politiques, présente les différentes associations et sociétés qui animent la vie locale. Le fort est remis en état et modernisé et devient "l'une des principales et des plus médiocres places fortes du Royaume". En 1914, la ville est prise sans combat le 15 août et connaît ensuite le sort des territoires belges occupés par les Allemands, traverse l'entre-deux-guerres et devient un centre actif de la résistance pendant la Seconde guerre mondiale.

Cette histoire d'une (petite) ville belge, à la fois place forte et grand site religieux, nous fait revivre également tous les troubles importants de l'histoire européenne sur au moins cinq siècles, et apporte beaucoup d'éléments surtout sur les XVIe-XVIIIe s. Sur ces points au minimum, le livre mérite d'être connu, lu et conservé.

Impremierie P. Malherbe, Huy (B), 2014, 165 pages, 25 euros.

ISBN : 978-2-9601566-0-7.

Perle mosane

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18 décembre 2014 4 18 /12 /décembre /2014 05:40

Le programme des conférences de la CFHM

au premier semestre 2015

17 janvier

Colonel (ER) Henri ORTHOLAN : "La Ligne Magot : conception, réalisation et destinée"

7 février 

Professeur Yann le BOHEC : "La guerre romaine"

28 mars

Capitaine ®Thierry DUPUY : "Biribi"

11 avril

Mr Vincent BERNARD : "Le général Lee"

16 mai

Mr Jérôme LOUIS : "La question d’Orient 1830-1848"

6 juin

Sortie annuelle (visite d'un site à préciser)

Renseignement et contact : michellousteau(at)numericable.fr

Programme 2015

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17 décembre 2014 3 17 /12 /décembre /2014 06:33

Montgomery

Daniel Feldmann et Cédric Mas

Personnage très controversé, mais acteur majeur de l'histoire militaire britannique et européenne de la première moitié du XXe s., Montgomery méritait bien cette biographie que l'on doit aux auteurs d'un récent Rommel (ici).

En résumant très rapidement le parcours deleur héros dans la brève introduction, Daniel Feldmann et Cédric Mas observent que "la réflexion militaire de Montgomery ne se concentre pas vers un type d'arme ou une tactique, mais vers le commandement en lui-même, l'organisation de l'armée, l'entraînemùent, la planification, la sélection des hommes et leur moral". Entré à Sandhurst en 1907, il connait une scolarité un peu cahotique et rejoint les Indes dès décembre 1908. A partir de là, sa carrière est décrite avec précision (autant que le format du livre le permette) au cours de la Grande Guerre (chap. 2 et 3), durant l'entre-deux-guerres (chap. 4) et bien sûr au long de la Seconde guerre mondiale (chap. 5 à 11) puis dans l'immédiat après-guerre (chap. 12). Tout au long du texte, les anecdotes sont nombreuses, des chiffres fréquemment fournies, de nombreuses citations reprises. Le style est sobre et vif et les quelques cartes claires et lisibles (progrès confirmé donc chez Economica) l'accompagnent bien. En privilégiant les aspects strictement "militaires" de la vie de Montgomery, les deux auteurs s'éloignent de la biographie classique mais nous donnent aussi à mieux comprendre certaines décisions prises durant la Seconde guerre moniale. Quant à l'homme lui-même (par ailleurs très probablement fort peu agréable au plan humain, pour ses pairs comme pour ses chefs), c'est sans doute dans ses indiscutables qualités d'organisation et de planification en amont qu'il faut chercher la clef de ses succès et de sa réussite. 

Après la réédition récente des mémoires du maréchal britannique et la parution d'une autre biographie assez différente sous la signature d'Antoine Capet, voici un nouvel ouvrage qui complète utilement notre connaissance du personnage et plus largement de l'armée britannique sur la première moitié du XXe siècle. Un livre agréable à lire, riche d'informations et que tous les amateurs de la Seconde guerre mondiale se doivent de lire.

Economica, Paris, 2014, 183 pages, 19 euros.

ISBN : 978-2-7178-6699-5.

Monty

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17 décembre 2014 3 17 /12 /décembre /2014 06:00

1916

L'enfer

Jean-Yves Le Naour

Après 1914 La grande illusion (ici), puis 1915 L'enlisement (ici), voici le troisième volume de la saga. Dans le style vif et enlevé de l'auteur, il présente les mêmes qualités que les précédents et propose, semble-t-il, la même approche.

Dès l'introduction, le ton est donné : "Les grandes hécatombes avaient enfin ouvert les yeux du commandement. L'idée que l'artillerie conquiert et que l'infanterie occupe était en train de s'imposer". Sauf qu'elle s'est imposée bien des mois plus tôt, mais qu'il ne suffit pas d'analyser correctement une situation pour avoir les moyens matériels de répondre au problème d'une part et que cela n'empêche pas les pressions politiques et les contraintes d'alliance. Bref, c'est plus complexe. Joffre, qui exerce son autorité sur l'ensemble des armées françaises depuis la fin de l'année précédente est ainsi le "fil rouge" de ce volume, et chacune de ses décisions fait l'objet de critiques féroces, de ses relations avec Gallieni à l'offensive de Verdun, de la préparation de la bataille de la Somme au rôle des armées d'Orient, des rapports avec les politiques ou les Russes à son limogeage en fin d'année. A devenir systématique, la démonstration devient contre-productive. Ainsi, l'affaire des bombardements de Paris par des Zeppelin à la fin du mois de janvier et la question de la défense contre avions de la capitale : on se demande en quoi le GQG "est le véritable patron" du sous-secrétaire d'Etat démissionnaire René Besnard, s'agissant de la capitale (hors zone des armées) et de décisions de l'administration centrale ? 1916 est donc pour Jean-Yves Le Naour le volume où il peut étriller Joffre au maximum. On attend avec impatience comment il traitera Nivelle puis Pétain en 1917.

Ce point évoqué, Jean-Yves Le Naour fait preuve d'une très large connaissance des événements et décrit avec beaucoup de détails (dont de nombreux très probablement ignorés du grand public) l'évolution générale des situations et des rapports de forces, aussi bien militaires que politiques et diplomatiques. Le récit de l'année est parfois brillant, ponctué par de très nombreuses citations des acteurs ou témoins des événements comme de la presse de l'époque. Il aborde également des sujets peu connus en France (les restrictions alimentaires et la faim en Allemagne, les débats sur la guerre sous-marine à Berlin, ou l'action du colonel House représentant les Etats-Unis). Les dernières pages, qui présentent de façon négative la notion de "force morale", auraient mérité d'être contextualisées, tout comme les qualificatifs "définitifs" et les appréciations rapides au fil du texte (Roques est bien loin d'être un inconnu en 1916, même si ensuite son nom a été oublié), qui font parfois figure d'affirmations peu heureuses. Un livre aussi intéressant et parfois "urticant" que les précédents, qui doit figurer dans toute bonne bibliothèque sur la Grande Guerre et que l'on complètera par d'autres lectures.

Perrin, Paris, 2014, 375 pages, 23 euros.

ISBN : 978-2-262-03036-0.

Troisième opus

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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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