8 août 2014 5 08 /08 /août /2014 21:11

La Chouette

passe en régime 'repos'

(ou presque)

Pour recharger les batteries et préparer la rentrée, trois semaines de pause.

Reprise des publications le mardi 26 août.

Profitez au maximum de vos vacances,

merci votre votre fidélité et à très bientôt !

Pause !

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7 août 2014 4 07 /08 /août /2014 07:00

Chronique d'une libération

Paris et sa banlieue, 19-31 août 1944

Jean-Paul Lefebvre-Filleau

Livre ambitieux dans son titre, mais finalement pas très facile à lire du fait d'une présentaton formelle parfois déroutante (brefs paragraphes qui semblent juxtaposés, effets de loupe sur des micro-situations locales, sentiment d'une sur-représentation de la gendarmerie, etc.), dont l'auteur se présente assez vaguement comme "historien, écrivain et conférencier, diplômé de l'enseignement supérieur et d'une grande école".

Les quelques 120 premières pages sont consacrées à la présentation du contexte, à partir du début de la guerre puis au cours des mois et des semaines qui précèdent août 1944. Le corps du livre (chap. 2 à 6) fait le récit des événements entre le 19 août et la fin du mois. A peu de choses près sans doute, il est possible de suivre avec le livre à la main la litanie des plaques de marbres qui, dans les rues de Paris et de sa proche banlieue, rappellent qu'ici ou là est tombé tel ou tel résistant-FFI lors de la libération de la capitale. Car l'essentiel du texte est au niveau des combattants des combattants (choix annoncé dès le début du livre par l'auteur pour leur rendre hommage, ce qui est parfaitement légitime), et il manque en fait une vision un peu plus élevée qui puisse donner sa cohérence à l'ensemble. Quels sont les effets sur la situation générale de tel escarmouche dans tel arrondissement ? Quelles sont les conséquences à l'échelle de la ville de la prise de tel bâtiment à tel moment ? Sauf à faire lui-même cette analyse, le lecteur ne le saura pas. Les "violentes rafales de mitrailleuses (qui) éclatent près de la rue Ravon" à Bourg-la-Reine méritent probablement d'être signalées mais, dans ce cas, pourquoi ? Quelques scories regrettables (Monte Cassino en janvier 1945 ?) nuisent également au texte, qui passe allègrement d'un secteur à l'autre de la région parisienne, ou d'un exemple local à des considérations stratégiques bien supérieures. Il semble également (il faudrait cependant vérifier) que son ouvrage antérieur paru il y a une vingtaine d'années sur Les gendarmes FFI d'Île de France ait en partie inspiré ce texte. Enfin, la bibliographie finale est pour l'essentiel assez datée (globalement entre la fin des années 1940 et les années 1970), alors que de nombreux ouvrages sur ce sujet ont été publiés plus récemment.

En résumé, un livre très riche en anecdotes et exemples locaux concrets mais qui ne parvient pas globalement à convaincre. A conserver néanmoins pour les utiles cas concrets qu'il présente.

Editions De Borée, Sayat, 2014, 347 pages, 26 euros.
ISBN : 978-2-8129-1107-1.

Paris, août 1944

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6 août 2014 3 06 /08 /août /2014 07:00

Le général Jomini

Etudes

Charles-Augustin Sainte-Beuve

Il se confirme une nouvelle fois que de petites maisons sont sans doute plus adaptées pour dénicher et (re)publier de véritables perles. Il s'agit ici d'un texte tombé depuis plus d'un siècle dans les oubliettes, en l'honneur de Jomini.

Ce dernier, suisse, qui sert à l'état-major de Ney puis de l'empereur lui-même avant de passer au service du tsar Alexandre Ier, va exercer une influence majeure sur la pensée stratégique et tactique des deux derniers siècles, en particulier aux Etats-Unis (il est toujours enseigné à West Point). A partir d'une analyse fine des campagnes de Napoléon Ier, il énonce un certain nombre de principes, dans lesquels les notions de lignes d'opération et de lignes de ravitaillement sont essentielles. Le texte qui nous est ici proposé à été publié sous forme d'articles "à suivre" dans plusieurs numéro du quotidien Le Temps en 1869, sous la signature de Charles-Augustin Sainte-Beuve, académicien de renom. L'ensemble est très nettement favorable à Jomini et nous donne, au chapitre 4, la version (presque) par l'intéressé des raisons de sa "trahison" en 1813, après la bataille de Bautzen (parce qu'il n'a pas été promu !). Les autres chapitres nous renseignent sur les réactions de Napoléon lors de la publication du Traité de grande tactique, "devenu à la seconde édition (1811) le Traité des grandes opérations militaires, sur les relations entre l'auteur de Ney, mais aussi Berthier, et par là sur le fonctionnement du grand état-major impérial et les relations de commandement au sommet de la Grande Armée, sur la diffusion de ses écrits et son influence au long du XIXe siècle.

Un petit volume tout-à-fait original qui doit impérativement figurer dans toute bibliothèque bien tenue. 

Editions Le Polémarque, Nancy, 2014, 119 pages, 10 euros.

ISBN : 979-10-92525-00-7.

Théoricien de la 'grande tactique'

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5 août 2014 2 05 /08 /août /2014 07:00

La bataille de Stalingrad

Friedrich Paulus

Excellente idée des éditions Nouveau Monde que de rééditer en format poche et à petit prix ce livre paru en 2012.

Nous l'avions alors chroniqué (ici) et cette recension était suivie d'un entretien avec l'auteur. Nous n'avons rien à retirer de tout le bien que nous disions de ce volume original qui fait suivre une biographie du maréchal allemand de la présentation thématiquement organisée de nombreux documents. 

Nouveau Monde Poche, Paris, 2014, 285 pages, 8 euros.

ISBN : 978-2-36583-911-2.

Stalingrad

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4 août 2014 1 04 /08 /août /2014 07:00

Benjamin Disraeli

James Mc Cearney

Quelle formidable vie, publique et privée, totalement atypique dans l'Angleterre du XIXe s. (et d'aujourd'hui ?) ! Par ailleurs, avec cette belle biographie, James Mc Cearney nous présente un personnage à peu près totalement méconnu en France et qui fut pourtant à deux reprises Premier ministre du Royaume-Uni.

Disraeli reste connu pour son rôle international (politique impériale et conférence de Berlin) et sa proximité avec la reine et impératrice Victoria qui l'annoblit. Mais peu de personnes savent en France que dans l'Angleterre socialement extrêmement figée du XIXe siècle, il est le petit-fils d'un immigré juif, auteur de romans, toujours à deux doigts de la faillite personnelle. Sans grands scrupules mais séducteur, il mène au sein du parti conservateur une politique d'influence que James Mc Cearney décrit avec beaucoup de précision, faisant aussi de cette biographie un véritable "manuel" de science politique anglaise pour la deuxième moitié du XIXe siècle. Benjamin Disraeli remporte de grands succès dans tous les domaines, en particulier politique, mais connaît aussi de graves échecs (Il "est lui-même son pire ennemi") et de profondes déceptions. Ses relations avec les principaux leaders politiques du temps oscillent le plus souvent entre le mauvais et le détestable, ce qui ne l'empêche pas de devenir à trois reprises Chancelier de l'Echiquier, dans des gouvernements traveersés par les crises. Les rapports avec les Eglises ou les projets de réformes parlementaires sont deux thématiques que l'on retrouve durant toute cette période et qui sont finement présentées par l'auteur. L'ouvrage se termine sur la fameuse question d'Orient, les objectifs et la place de la diplomatie britannique, les relations avec la Russie, le Congrès de Berlin enfin constituent la dernière grande partie de cette biographie.

Sur de très nombreux points, sans aucun doute, les lecteurs français apprendront beaucoup sur l'homme, le pays, le gouvernement et la société de son temps.

Pierre Guillaume de Roux éditions, Paris, 2014, 297 pages. 28,50 euros.
ISBN : 978-2-36371-081-9.

Premier ministre atypique

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3 août 2014 7 03 /08 /août /2014 06:20

L'Ecosse en quête d'indépendance ?

Le référendum de 2014

Nathalie Duclos

Un nouvel Etat européen va-t-il (re)naître le 18 septembre prochain ? En sept chapitres d'une grande cohérence et d'une réelle qualité, Nathalie Duclos fait le tour de cette question, qui ne peut en aucun cas nous laisser indifférents.

Après avoir rappelé dans un premier chapitre l'histoire du débat sur l'autonomie et l'indépendance depuis l'union anglo-écossaise de 1707, elle précise l'origine de cette question référendaire et les formes que le gouvernement de Londres comme le SNP entendent lui donner, alors que l'Ecosse bénéficie déjà d'une autonomie accrue au sein du Royaume-Uni. Les chapitres 4 et 5 sont tout particulièrement intéressants car, au-delà d'une vision "romantique" du nationalisme écossais et bien loin des kilts et autres cornemuses, elle explique que les aspects culturels propres (qui ne sont pas remis en cause dans l'organisation actuelle : "cette identité est tenue pour acquise par l'ensemble de la classe politique") comptent finalement moins que les considérations économiques et militaires : "Les grands thèmes de campagne qui opposent les deux camps relèvent de l'économie (il sera beaucoup question de l'autosuffisance de l'Ecosse, de la monnaie, de la fiscalité ou du pétrole), mais aussi de la défense et des relations entre l'Ecosse et l'UE". La question serait donc de savoir si les Ecossais seront plus ou moins riches à l'issue de l'indépendance éventuelle : "A 200 jours du vote, les sondages suggéraient que la peur de perdre la livre sterling pourrait pousser les indécis à voter contre l'indépendance". Peu de lyrisme donc dans ce débat, au moins en apparence. Dans la partie finale, Nathalie Duclos envisage les différentes hypothèses qui pourraient se concrétiser en cas de victoire du "Oui" au référendum, le processus d'accession tranquille à l'indépendance en quelques mois et les conséquences pour les deux pays, mais aussi l'hypothèse d'une victoire du "Non" et, dans ce cas, la possibilité d'un nouvel élargissement encore accru de l'autonomie écossaise, aboutissant quelques années plus tard à une indépendance de fait.

Un petit livre passionnant sur un sujet d'une grande actualité (d'autant plus utile que les principaux médias risquent de ne traiter le sujet que"sur l'air des cornemuses" à l'automne prochain).

PUPS, Paris, 2014, 299 pages. 12,90 euros.
ISBN : 978-2-84050-946-2.

Indépendance écossaise ?

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2 août 2014 6 02 /08 /août /2014 07:00

Journal de l'amiral Paul Marzin

Obéir ?

Mers el-Kébir, Dakar, Vichy, Toulon

Présenté par sa fille, ces souvenirs de la période 1940-1945 (en fait une présentation globale de la vie et de la carrière de l'amiral Marzin qui insiste essentiellement sur cette période critique) sont d'autant plus intéressants que l'auteur de ce journal privé a tenu des postes importants dans la Marine nationale de l'époque, tout en adoptant des positions plus nuancées, puis différentes, que d'autres amiraux plus célèbres.

Sur le plan formel, les très larges extraits du journal de l'amiral Marzin sont reliés par des paragraphes rédigés par sa fille, qui replacent les événements décrits dans le contexte plus large de la guerre et donnent cohérence et fluidité à l'ensemble. Nommé le 1er juillet 1939 au commandement du cuirassé Richelieu, encore en construction. En juin 1940, il parvient à appareiller dans l'urgence à la veille de l'entrée des Allemands dans Brest et rejoint Dakar. A son arrivée en AOF, il confirme qu'il resteau ordres du gouvernement légal, alors celui du maréchal Pétain. Après avoir tenté de rejoindre Casanblanca, il revient à Dakar  où il apprend l'attaque britannique contre les navires mouillés à Mrs el-Kébir. Toutes ces pages traitent largement des rapports conflictuels avec la Royal Navy qui surveille les bâtiments français, des situations très tendues risquant à plusieurs reprises de dégénérer. Il est aux premières loges lors de l'attaque des Français Libres et des Anglais contre le port et la capitale de l'AOF, et apporte ici en particulier un témoignage particulièrement intéressant puisqu'il est à la fois, du fait de son grade et de son poste, un "acteur de terrain" et au fait de différents aspects des réflexions et des décisions du commandement supérieur. Son rôle dans l'échec de l'opération voulue par Churchill lui vaut d'être élevé à la dignité de commandeur de la Légion d'honneur puis promu contre-amiral. Il rentre alors en métropole par l'Afrique du Nord et devient sous-chef d'état-major à l'amirauté. Il est alors aux premières loges et écrit à propos de Darlan : "Je savais qu'il fallait constamment le freiner et combattre sa tendance à la surenchère où l'emportait son désir d'être le premier partout". Il suit de loin les combats de Syrie, tout en étant proche des milieux qui "discutent" avec les Américains et l'amiral Leahy, nouvel ambassadeur des Etats-Unis auprès de Vichy. Il se détache de plus en plus nettement de la politique conduite par Darlan après la signature du "Protocole de Paris" de mai 1941 qui envisage en particulier d'accorder des facilités à l'armée allemande en Lybie via la Tunisie et le port de Bizerte et d'autoriser l'installation d'une base de sous-marins du Reich à Dakar : "Dès cet instant, je décidai que mes souvenirs de Dakar, que beaucoup me pressaient de faire éditer, ne serviraient pas à la propagane d'un gouvernement capable de telles erreurs, et je décidais d'autre part de contrecarrer de toutes mes forces l'exécution des accords criminels du protocole de Paris". L'amiral Marzin, comme très probablement la plupart de ses camarades, connaît de véritables débats intérieurs : "Que me restait-il à faire ? M'en aller, ce qui m'aurait délivré de rencontres très pénibles et de discussions humiliantes avec les Allemands, ou bien tenir tête et, profitant de l'influence que j'avais encore sur l'amiral Darlan, l'amener à abandonner des entreprises les plus dangereuses ? J'ai choisi cette dernière attitude et je crois avoir ainsi bien travaillé pour mon pays". Il vit donc de près tous les événements "navalo-vichystes" jusqu'à l'automne 1942. Il décrit en particulier les réactions à Vichy, les ordres et contre-ordres, et les relations avec les autorités d'Afrique du Nord au moment du débarquement anglo-américain de novembre. Il fait alors partie de ceux qui souhaitent que Pétain quitte la métropole pour l'Afrique du Nord et que la Flotte puisse appareiller de Toulon et s'oppose à quelques camarades plus germanophiles et collaborationnistes que pétainistes. L'éphémère "camp retranché de Toulon" ne survit que quelques jours (et l'amiral Marzin n'est pas tendre pour ses camarades qui commandent dans la ville) et le récit du déroulement du sabordage des navires ainsi que des réactions à chaud à Vichy est très intéressant. Il quitte alors le service actif et, placé au début du mois de décembre en congé d'armistice, conservant son amitié à Auphan et son respect à Darlan, qui sera bientôt assassiné en Afrique du Nord. Tout en s'occupant d'oeuvres sociales de la Marine, il se rapproche de la résistance militaire et d'Alger où il espère pouvoir reprendre du service, mais attend, attend, attend, sans comprendre jusqu'en 1944 pourquoi son arrivée ne semble pas souhaitée : "J'étais encore loin de me douter de la manoeuvre concertée à Alger pour décourager sciemment les marins de la métropole d'entrer dans la résistance, afin de pouvoir les mettre à la porte à la Libération, en leur reprochant de n'y avoir point participé" (c'est ici à peine convaincant, s'il avait voulu quitter l'hexagone, comme tant d'autres, par la voie espagnole par exemple, il aurait fort bien pu le faire). 

Un ouvrage tout particulièrement intéressant du fait des postes occupés par son rédacteur et par l'explication qu'il donne de ses choix. Le passage de la légalité de Vichy à la légitimité de Londres et d'Alger se fait dans la durée, et parfois dans la douleur, sans que (en dehors du refus de collaborer avec les Allemands) les questions politiques voire idéologiques ne soient posées. Les rapports compliqués avec les Britanniques sont toujours en fond de tableau et la volonté de conserver à la métropole sa marine et son empire revient comme un leitmotiv. Et celui qui ne fut en aucun cas et à aucun moment un collaborateur n'en devient pas pour autant un résistant, si ce n'est de façon marginale. Le parcours d'un honnête homme, fidèle à son devoir, finalement blessé et meurtri à la fin de la guerre, incompris en tout cas. Un livre passionnant pour explorer toutes les difficultés personnelles et collectives de cette période trouble.

Editions Charles Hérissey, 2013, 242 pages, 20 euros.

ISBN : 978-2-914417-46-4.

La Royale dans la tempête

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1 août 2014 5 01 /08 /août /2014 07:00

Le Charles de Gaulle en action

Henri-Pierre Grolleau

Dans la série des beaux albums superbement illustrés qui donneraient presque envie de devenir marin, celui-ci atteint pleinement son objectif.

Après avoir souligné dans les premières pages l'importance stratégique d'un groupe aéronaval autour d'un porte-avion nucléaire, groupe modulaire et au total instrument extrêmement souple de puissance navale, Henri-Pierre Grolleau présente les différents éléments maritimes et aériens de cet ensemble complexe,leurs matériels, leurs performances. Il s'intéresse ensuite aux opérations aériennes conduites à partir du Charles de Gaulle, à leur commandement et à l'organisation de la sécurité sur les bâtiments comme lors des opérations. Enfin, en tel ensemble doit être soutenu, ce qui exige une logistique complexe et les hommes embarqués doivent vivre au jour le jour. Sur chaque double page, de grandes photos couleur d'excellente qualité viennent illustrer un texte clair.

Pas de questionnement, pas de réflexions critiques, l'objectif n'est pas là : un album en hommage au fleuron de la Marine nationale, présenté de façon très complète sous son meilleur jour. Une publication "haut de gamme" qui aurait pu être réalisée par le SIRPA Marine.

Marines éditions, Rennes, 2014, 189 pages, 49 euros.

ISBN : 9782357431324.

P.A.N.

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31 juillet 2014 4 31 /07 /juillet /2014 07:00

Les opérations germano-soviétiques dans le Caucase

(1942-1943)

Boris Laurent

La guerre à l'Est aurait-elle pu changer de visage ? Quels furent les axes d'efforts et les objectifs poursuivis dans cette région de montagnes, excentrée de l'URSS ? Quelle a été la réalité des combats menés sur ce front oriental oublié ? Tels sont quelques unes des questions auxquelles Boris Laurent s'efforce de répondre.

J'ai le souvenir d'avoir lu, il y a fort longtemps, les mémoires d'un officier roumain ayant servi aux côtés des Allemands jusqu'au Caucase, mais j'avoue n'avoir croisé depuis que fort peu de textes traitant spécifiquement de cette zone des combats sur le front oriental de la Seconde guerre mondiale, en dehors de quelques articles dans la presse spécialisée. A la suite de la prise de Rostov en 1942, l'appel du pétrole caucasien mais aussi l'espoir de couper aux Soviétiques la route de l'Iran semblent aspirer les colonnes allemandes en direction du Caucase, de Grozny et de la mer Caspienne, alors même que s'engage la bataille de Stalingrad. Jusqu'à l'automne 1942, les Allemands progressent et les combats se multiplient jusqu'à 3.900 / 4.000 mètres d'altitude. Boris Laurent replace cette compagne dans son contexte à l'échelle du théâtre d'opérations et sait mettre en relief les difficultés logistiques croissantes qui se posent à la Wehrmacht. La deuxième partie détaille les combats de l'automne et de l'hiver jusqu'en janvier 1943, période marquée par la fixation des lignes et l'enlisement des forces de l'Axe devant la résistance soviétique. La troisème, enfin, traite du reflux des envahisseurs, progressivement chassés du Caucase au cours de l'année 1943, avec des passages tout-à-fait intéressants sur les deux armées de l'air et sur les nombreux et impressionnants combats aériens. A plusieurs reprises, les événements voisins interagissent bien sûr sur la situation au Caucase, qu'il s'agisse de la disparition de la 6e Armée allemande à Stalingrad, ou plus tard de la bataille de Koursk. Progressivement chassés de la région, les Allemands organisent avec autant d'efficacité que possible leur retraite en direction du Sud de l'Ukraine, l'obstination d'Hitler à s'emparer des pétroles de Bakou tout en voulant à tout prix prendre Stalingrad causant néanmoins la perte de centaines de milliers d'hommes du Groupe d'armées Sud. 

Ce volume est donc particulièrement bienvenu pour le grand public. On pourra bien sûr discuter certaines analyses ponctuelles de l'auteur, mais il offre d'abord l'intérêt de mettre en lumière des opérations peu connues du grand public en dressant un large panorama de l'ensemble de la campagne. Plusieurs pages de bibliographie (essentiellement en anglais) complètent l'ouvrage, ainsi que quelques cartes et tableaux. Une bonne synthèse.

Economica, Paris, 2014, 357 pages, 29 euros.
ISBN : 978-2-7178-6712-1.

Batailles pour le pétrole

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30 juillet 2014 3 30 /07 /juillet /2014 07:00

Le dernier siècle de l'empire ottoman

(1789-1923)

Frédéric Hitzel

Une bonne idée et une belle réalisation. Dans ce volume consacré à un peu plus d'un siècle d'histoire ottomane avant la disparition du sultanat et du califat, l'auteur, spécialiste de la Turquie et du monde ottoman, nous présente ce qu'étaient l'organisation sociale et la vie des individus à Istanbul, mais aussi dans les provinces relevant de la Sublime Porte.

Après avoir en une dizaine de pages présenté l'histoire de "l'homme malade de l'Europe" sur la période, il nous fait littéralement, dans une première partie, nous promener à travers la capitale, puis nous entraîne dans l'empire, ses vilayet, sançak et métropoles régionales. Il aborde ensuite les questions liées au fonctionnement politique de l'Etat, aux grandes institutions et au statut des individus, avant d'en venir aux questions économiques , industrielles, commerciales et financières. La deuxième partie, plus "intimiste", s'intéresse à la vie quotidienne des Ottomans, leur gestion du temps, les aspects religieux, la littérature traditionnelle, l'émergence d'une nouvelle presse, le développement des arts, la naissance du cinéma, et présente une dizaine de brèves biographies d'artistes célèbres, avant de s'attarder sur les loisirs les plus populaires et sur les modes de vie au sein des familles.

Il s'agit donc d'une présentation extrêmement large, de l'individuel au collectif, du sommet de l'Etat à l'intérieur de chaque maison, de la Turquie dans le siècle précédant la disparition du califat. Par ailleurs, la forme même du livre présente l'intérêt de faciliter une lecture "discontinue" : il est possible de lire un chapitre ici, un autre là ultérieurement, de revenir en arrière et de sauter quelques pages. Le "lecteur-touriste" picore, au gré de sa fantaisie et de ses envies, des paragraphes de synthèse où les points essentiels sont imprimés en caractères gras. Le tout est ponctué de photos, plans et cartes, reproductions diverses, graphiques, tableaux, etc., et les annexes comportent une solide bibliographie et trois index complets. Une approche claire d'une histoire complexe, un "livre-guide" qui séduira de nombreux amateurs.

Belles Lettres, Paris, 2014, 320 pages, 19 euros.

ISBN : 978-2-251-41052-4.

"L'homme malade de l'Europe"

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Qui Suis-Je ?

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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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