25 octobre 2014 6 25 /10 /octobre /2014 06:25

Images interdites de la Grande Guerre

Hélène Guillot (Dir.)

A la fois catalogue d'exposition et livre "autonome" en tant que tel, ce beau volume nous présente non seulement une sélection de belles photographies mais aussi l'histoire de la Section photographique de l'armée pendant la Grande Guerre.

Non seulement Hélène Guillot explique ce que fut (création, production rôle, importance, héritage) la Section photographique de l'armée, mais encore les différents (et nombreux !) contributeurs prennent chacun en charge la présentation et l'analyse d'une photo particulière, présentée en vis-à-vis de leur texte, pour les deux premières parties ("Stratégie et intérêts militaires", et "Diplomatie et politique intérieure"), tandis que la troisième partie ("Les conditions de production") nous permet de faire plus ample connaissance avec quelques uns de ces photographes et opérateurs officiels. Les images présentées ont été choisies avec un soin particulier et présentent toutes un réel intérêt, chaque intervenant expliquant pourquoi il fut décidé à l'époque de ne pas les utiliser.

Un livre à la fois esthétique et d'une réelle puissance d'évocation, dont les textes de qualité, sobres et précis, renforcent tout l'intérêt. Excellent.

Presses universitaires de Rennes, 2014, 186 pages, 25 euros.

 

Photographes de guerre

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25 octobre 2014 6 25 /10 /octobre /2014 06:00

Le coup d'Etat

Robespierre, Danton et Marat contre la démocratie

Pedro J. Ramirez

Grand journaliste espagnol et excellent connaisseur de la période révolutionnaire, Pedro J. Ramirez nous propose ici une véritable somme sur quelques moments particuliers, véritablement passés au scanner, alors que la majorité de l'Assemblée se laisse déposséder de l'autorité pour laisser agir les plus radicaux de la Convention au premier semeste 1793.

On reste muet devant le luxe de détails et de précisions que Pedro J. Ramirez apporte à la description des événements, mais aussi à la solidité de son récit qui s'appuie sur un dense appareil critique (20 à 30 pages de notes et références à la fin de chaque chapitre !), et l'on se dit aussi qu'il est heureux qu'un éditeur prenne encore le risque commercial, en ces temps de marasme économique et de baisse des ventes de livres (hors ouvrages polémiques ou à scandale) de publier une telle somme.

Nous suivons donc la marche vers le pouvoir absolu de la Convention montagnarde grâce aux correspondances, articles, pamphlets, discours en tribune et autres déclarations publiques ou privées que les principaux protagonistes de l'histoire font connaître ou conservent. Les questions politiques et diplomatiques, intérieures et extérieures, fiscales et économiques sont tour-à-tour abordées, sans jamais oublier la remise en contexte : "Le pire héritage reçu par la Convention (était) ... la création d'un système basé sur le cannibalisme monétaire et la consolidation d'un modus operandi qui rendait indispensable de continuer à l'alimenter avec de nouvelle émissions ... C'était un Gargantua financier qui engloutissait tout et dépouillait peu-à-peu les Français, non seulement de leur richesse réelle, mais même des moyens de subsistance les plus élémentaires". Au fil des pages, on fait mieux connaissance avec un certain nombre de publicistes, de parlementaires, de comploteurs dont les noms peuvent être plus ou moins vaguement connus, mais dont on a oublié le rôle et l'importance (même ponctuelle) auprès des principaux responsables. On assiste aux pressions exercées sur l'Assemblée par un public envahissant, aux manoeuvres d'iinfluence (ou tentatives) des uns et des autres, on constate la détermination (l'obstination ?) d'un Marat, on peut relire les envolées d'un Danton et la pratique fréquente du faux et de l'usage de faux pour discréditer un adversaire, les modalités d'adoption d'une législation d'exception, le lyrisme (parfois bien excessif) qui emporte les foules : "Je demande enfin, pour prouver à la nation que nous ne capitulerons jamais avec un tyran, que chacun d'entre nous prenne l'engagement de donner la mort à celui qui tenterait de se faire roi ou dictateur" ! L'essentiel du livre se déroule dans l'atmosphère empoisonnée et éruptive du Paris révolutionnaire, mais les relations avec la province ou les conséquences des décisions prises à l'étranger ne sont pas oubliées. Les questions militaires (Dumouriez et sa "trahison" en particulier) reviennent également régulièrement dans les propos cités, tout comme les appels lancés dans L'Ami du peuple par exemple. Les approvisionnements de base pour la population et la délicate question du recrutement des "volontaires" constituent ainsi une forme de "fond de tableau" à de très nombreuses scènes, tandis que la répression s'abat sur les royalistes, les derniers partisans parisiens des Bourbons et que l'insurrection vendéenne inquiète. L'argumentation utilisée n'est parfois pas sans intérêt : "La majorité ne peut faire la loi à la minorité lorsque celle-ci a pour elle les principes !", ou "Que les mesures de la République soient dirigées vers ce but, étouffons le germe de la contre-révolution, et qu'il ne soit plus question que du triomphe des Parisiens". Et pendant que les représentants excités des sections et autres "pétionnaires" interviennent dans le débat, le vote public et nominatif devient aussi un moyen de pression sur les opposants qui tiennent à leur vie, facilitant l'évolution vers les lois d'exception et la dictature de la Montagne. 

Une véritable somme rédigée dans un style extrêmement agréable. Un livre d'une telle ampleur mérite d'être lu progressivement, par chapitres successifs, pour en appréhender la richesse et la profondeur.

Vendémiaire, Paris, 2014, 991 pages, 28 euros.
ISBN : 978-2-36358-143-3.

Le détail des jours critiques

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24 octobre 2014 5 24 /10 /octobre /2014 06:25

14-18

La guerre en images

Carl de Keyzer et David van Reybrouck

Un catalogue d'exposition, à la fois magnifique album et quasi-oeuvre d'art.

L'essentiel de l'ouvrage est consacré à la reproduction sur double page grand format de splendides photos, en noir et blanc ou en couleurs, prises durant la Grande Guerre par des photographes officiels français, belges et allemands. Le format, la grande qualité des reproductions, les poses soignées, les cadrages parfaits, tout participe à faire de chaque photo une pièce d'exposition digne des plus belles collections. Même si le thème est dur (très dur, pp. 108-109 ou 186-187 par exemple) ou inquiétant (immense place vide, pp. 200-201), paradoxal (eintre au milieu des ruines, pp. 166-167) ou amusant (l'aviateur 'Pépéte', p. 85), l'émotion est au rendez-vous. Des angles de vue choisis (la cavalerie à l'entraînement dans l'Aisne, pp. 36-37) ou un réalisme saisissant (fabrication de détonateurs de grenades, pp. 58-59) donnent à toutes les images une force souvent exceptionnelle.

Pour les "pros", la biographie sommaire des différents photographes est précisée, ainsi que la définition et les références des photos. Vous aimez les (très) beaux livres ? Il y a des livres qui parfois suscitent une adhésion immédiate. Celui-ci en a indiscutablement été un. Voici, dans la production actuelle, une pièce maîtresse de votre bibliothèque.

Editions Mardaga, Bruxelles, 2014, 239 pages, 45 euros.

ISBN : 978-2-8047-0235-9.

Accès direct à la page de l'éditeur : ici.

Magnifique !

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24 octobre 2014 5 24 /10 /octobre /2014 06:00

La vraie vie du capitaine Dreyfus

Laurent Greilsamer

Chacun connait le nom du capitaine Dreyfus, mais qui est capable de raconter sa vie et de décrire sa carrière, en amont et en aval de "l'affaire" ? Ce livre donne de la chair à ce qui n'est pour la plupart qu'un nom.

Construit de façon strictement chronologique sur la forme de paragraphes parfois fort courts, choix rédactionnel de l'auteur : "un récit brut, chronologique, qui permet de mesurer ce que furent la solitude, les épreuves et le courage d'un militaire injustement accusé de trahison". Nous commençons dont notre périple à Mulhouse dans la deuxième moitié du XIXe siècle, "qui vibre aux accents de La Marseillaise mais parle allemand", puis suivons le jeune Alfred à Polytechnique, où il fait le choix de l'artillerie. Les pages suivantes résument sa carrière jusqu'au début de "l'affaire", avec une inclinaison de l'auteur à vouloir à toute force nous prouver que Dreyfus était appelé à "une carrière brillante, au plus haut niveau", ce qui tend certes les ressorts dramatiques de la suite de la biographie mais relève en partie de l'uchronie et ne repose que sur quelques déductions (il faut décrypter les feuilles de notes  annuelles au-delà du simple emploi de tel ou tel terme). Le récit suit ensuite le détail des procédures au cours des longues années pendant lesquelles Dreyfus est au coeur d'une tourmente politico-médiatico-judiciaire et militaire et l'auteur s'appuie fréquemment sur des lettres personnelles de Dreyfus. Les scènes sont décrites avec force (la dégradation, la vie quotidienne sur l'île du Diable) et l'on a vraiment le sentiment de comprendre le capitaine, de suivre pas à pas, presque au jour le jour, ses évolutions et tourments intellectuels, physiques et psychologiques, sa descente aux enfers. Le retour en France à la prison de Rennes, le procès public, les mensonges des uns et les faiblesses des autres, la seconde condamnation en septembre 1899, la grâce présidentielle qui lui permet de retrouver la liberté et de poursuivre son combat en réhabilitation, le refuge vauclusien et un repos qui permet de se reconstituer, les visites d'amis et de partisans de son innocence, puis le retour à Paris et enfin la préparation de son procès et le jugement de 1906 : le déroulement chronologique des faits est bien connu, mais Laurent Greilsamer nous les fait ici revivre à partir du regard de Dreyfus lui-même. C'est alors la cérémonie de réintégration dans l'armée comme commandant. Tout est-il fini ? Non, car il se bat encore pour faire admettre l'injustice d'une carrière brisée, doit se remettre d'un tentative d'assassinat (dont le responsable est acquitté dans une ambiance surchauffée). Plus grave au plan personnel peut-être, ses anciens soutiens et partisans semblent l'oublier et en viennent à lui reprocher de ne pas avoir transformé son cas personnell en machine politique : "Le destin lui commandait de refuser la grâce ; le destin exigeait qu'il se sacrifie sur l'autel de la cause ; le destin voulait qu'il meure pour le bien de la République". Que c'est facile à dire, ou à écrire, de la part d'un tribun ou d'un publiciste qui n'a été que spectateur du drame personnel. Enfin, survient la Grande Guerre, et Dreyfus est affecté comme officier de réserve sous les ordres de Gallieni pour la défense du camp retranché de Paris dont il commande l'artillerie de la zone nord. A sa demande (répétée), il est sur le front en 1917 et est promu lieutenant-colonel de réserve en 1918, avant de retourner discrètement à la vie civile à la fin de la guerre et de s'éteindre doucement (en dépit de la haine que certains continuent à lui porter) en 1935, son enterrement survenant presque symboliquement le 14 juillet.

Un livre qui se lit comme un roman, une vie de combat et de souffrances, décrite au niveau de l'homme lui-même.  

Tallandier, Paris, 2014, 216 pages. 18,90 euros.

ISBN : 979-10-210-0134-3.

Au-delà d'un nom

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23 octobre 2014 4 23 /10 /octobre /2014 06:10

Héros oubliés

Les animaux dans la Grande Guerre

Jean-Michel Derex

L'auteur souhaite dans ce livre remettre à l'honneur la contribution et les souffrances des animaux pendant la Grande Guerre. Il n'est pas le premier sur ce thème depuis quelques mois, mais il se distingue par l'importance et la qualité de son iconographie.

Jean-Michel Derex fait le choix d'un récit chronologique centré sur le front Ouest et les troupes françaises. Pas de chameaux donc, mais majoritairement des chevaux et des chiens, sans oublier les ânes et mulets, les rats, les chats, mais aussi les moutons, boeufs et autres porcs. Une première partie présente la situation des animaux au sein de la société comme dans l'armée avant 1914, puis traite de leur réquisition à la suite de la mobilisation. On suit ensuite les armées en campagne, et les animaux qui les accompagnent, au rythme des opérations: les chevaux sous toutes les coutures et dans tous les emplois, les chiens en renfort dans tous les services ou presque, les uns et les autres éventuellement avec masques à gaz adaptés, les poux et les rats ennemis des poilus, les masquottes officielles ou informelles, les animaux destinés à la boucherie et les troupeaux pour les armées, quelques pigeons aussi. Le dernier chapitre, sous le titre "Les chemins de la mémoire", nous parle du souvenir que ces animaux ont pu laisser, variable selon les époques. Il constate aussi que les Français semblent répugner à décorer leurs animaux, à la différence des Anglais en particulier. Le livre se termine par l'indication des sources et une belle bibliographie, de nombreuses notes et un index.
Un livre aussi agréable à regarder qu'à lire et qui présente le double avantage de la richesse des illustrations et du sérieux des références. 

Editions Pierre de Taillac, 2014, 175 pages. 26,90 euros.
ISBN : 978-2-36445-043-1.

Nos amis les bêtes

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22 octobre 2014 3 22 /10 /octobre /2014 06:25

Secours alimentaire et organisations humanitaires

(1914-1947)

Sébastien Farré

Etudier l'histoire des organisations humanitaires à partir de l'angle très pragmatique des colis adressés aux soldats, tel est le propos de Sébastien Farré qui signe ici un ouvrage tout-à-fait important.

A partir d'une large utilisation des fonds d'archives les plus divers, en Europe comme aux Etats-Unis, l'auteur nous entraîne donc de l'immédiat avant-1914 (situation créée par les premières conventions internationales) aux débuts de la guerre froide et à la réorientation des actions vers d'autres régions du monde. Il présente le rôle et l'action des sociétés nationales de la Croix-Rouge, mais aussi (et surtout) la place des puissantes organisations caritatives anglo-saxonnnes et tout particulièrement américaines. Il en expose l'organisation, le financement, les modalités de fonctionnement et donne les chiffres de leur action en termes de sommes collectées et de colis expédiés. Il consacre un chapitre particulier à la Commission for the Relief of Belgium, dont l'importance reste mal connue au regard de son rôle effectif, puis développe deux chapitres sur l'extension après guerre des activités de Hoover en Europe orientale et en Russie. Les données présentées sont saisissantes (nombre de Polonais dont de très nombreux enfants bénéficiant de cette aide, blé et colis en URSS pour lutter contre la famine en espérant en faire une arme indirecte contre l'expansion du communisme, etc.) et il ne fait pas de doute que tous les lecteurs apprendront ici beaucoup. De même, les chapitres qui suivent, consacrés à l'aide internationale pendant la guerre d'Espagne (majoritairement du côté républicain), à l'aide aux réfugiés polonais après l'écrasement de leur pays en 1939, et aux actions en faveur de la population civile grecque à partir de 1942, nous semblent tout-à-fait novateurs et constituent pour le lecteur francophone (au moins) une véritable plus-value. Les chapitres 9 à 11 sont consacrés aux secours qui peuvent (difficilement) être apportés (parfois) aux victimes du système concentrationnaire allemand dans les principaux camps de concentration, et aux efforts exceptionnels qu'il fut nécessaire de déployer pour évacuer les survivants après la libération. Enfin, le dernier chapitre s'intéresse à la création de l'UNRRA (première agence des Nations-Unies) et à la fédération américaine d'associations caritatives CARE, qui développent une véritable industrie de l'humanitaire au bénéfice des populations européennes affamées de l'immédiat après-Seconde guerre mondiale. Au fur et à mesure des évolutions, on constate la part (rapidement) prise par les institutions nord-américaines, dont l'indiscutable motivation charitable repose sur une conception confessionnelle du secours à autrui, sans être toutefois exempte d'arrière-pensées politiques voire partisanes : "Par rapport aux gouvernements, ces structures privées apparaissent comme des instruments diplomatiques et politiques qui s'intègrent à la mobilisation militaire et économique du pays". On reste, en tout état de cause, impressionnés par les sommes et les volumes que cela représente, par le nombre de civils qui bénéficièrent de ces aides (par centaines de milliers lors de chaque conflit et le nombre de repas distribués se compte en centaines de millions au total), au point que l'on se demande qu'elles auraient pu être les conséquences (encore plus dramatiques) des conflits sans cette générosité organisée. Très concrètement, à l'issue de la lecture de cet ouvrage, vous saurez tout à la fois sur la composition des colis, les modalités de leur fabrication, de leur transport et de leur distribution, etc.

L'ensemble du livre est d'une vraie richesse, aussi bien factuelle que de réflexion sur ces organisations caritatives en tant qu'instrument d'intervention étatique indirecte. A lire. Absolument.

Presses universitaires de Rennes, 2014, 284 pages, 20 euros.

ISBN : 978-2-7535-3419-3.

"Pour nos soldats"

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22 octobre 2014 3 22 /10 /octobre /2014 06:10

Guerre d'Algérie :

les mots pour la dire

Catherine Brun (Dir.)

Comment a été qualifiée, dans le temps, selon les espaces et les opinions, cette guerre d'Algérie si tardivement reconnue comme telle ? Tel est le thème de ce livre qui aborde à partir d'angles très différents (presque) toutes les approches.

Le débat peut paraître purement intellectuel (et à certains égards il l'est), mais le principe à la base de cet ouvrage est tout-à-fait intéressant : comment évoque-t-on cette guerre ? "Evénements", "maintien de l'ordre", "pacification", autant de termes et bien d'autres encore ("révolution", "problème", "guerre civile", etc.) successivement ou alternativement utilisés d'un côté ou de l'autre de la Méditerranée. A travers vingt contributions d'universitaires, d'intellectuels et d'artistes, les auteurs reviennent sur le ressenti à l'époque et sur les conséquences ultérieures de cette tragédie. Il évoquent aussi plus ou moins directement le poids social des choix politiques et, en Algérie surtout, l'impératif des décisions de la direction du FLN.

Un volume qui ne trouvera peut-être qu'un public spécialisé dans des domaines relevant en partiede la sémantique et de la philosophie politique, mais qui ouvre sur une palette de sentiements, de perceptions et de restitutions du "problème" infiniment supérieur à ce que pourrait laisser penser l'apparent unanimisme de la pensée commune. 

CNRS Editions, Paris, 2014, 327 pages, 25 euros.

ISBN : 978-2-271-07992-3.

Approches différentes

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21 octobre 2014 2 21 /10 /octobre /2014 06:25

1914

Le face à face

Gilles Vauclair

Dans la collection des petits volumes très largement illustrés de la collection 'Mémoire en images', voici une synthèse intéressante des premiers mois de guerre.

S'appuyant davantage sur l'iconographie que sur le texte, Gilles Vauclair présente en une dizaine de brefs chapitres l'évolution des événements (essentiellement militaires), de la situation de l'armée du temps de paix à l'installation dans la guerre de position. Le texte courant, sous forme d'introduction au chapitre, donne en quelques phrases les principales phases, et l'on compte ensuite de une à quatre photos par page (pour l'essentiel appartenant à la collection privée de l'auteur), chacune étant accompagnée d'une brève légende. Les ilustrations alternent images de l'armée française et images de l'armée allemande, presque toujours parallèles sur un même thème ce qui est intéressant, et au fil des pages surgissent des vues qui correspondent aussi bien à des représentations de la situation tactique, à l'emploi des unités, qu'à leur soutien et à la vie des hommes. On a ainsi en un petit volume un panorama visuel assez complet des premiers mois de guerre.

Une synthèse par l'image réussie sous un format limité.

Editions Sutton, Saint-Avertin, 2014, 128 pages, 21 euros.
ISBN : 978-2-8138-0845-5.

Histoire illustrée

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21 octobre 2014 2 21 /10 /octobre /2014 06:20

World War I in Africa

The Forgotten Conflict among the European Powers

Anne Samson

Plutôt que sur "l'Afrique" au sens large, l'ouvrage est consacré aux campagnes des troupes sud-africaines dans le Sud-ouest africain et l'Est africain allemand. Rarement traitées dans la littérature française, elles méritent pourtant amplement que l'on y prête attention.

Plus qu'au détail des opérations militaires, le livre s'intéresse au processus de prise de décision et aux relations entre les individus (et les chefs), dans un environnement international (Belgique, Portugal, ...) et en particulier du côté britannique puisque à partir de 1916 le général Smuts, vice-Premier ministre de l'Union Sud-africaine, commande en chef en Afrique orientale. Après avoir présenté la situation dans la région à la veille de la Grande Guerre, Anne Samson s'intéresse à la chronologie et aux modalités d'entrée en guerre de l'Afrique du Sud à l'automne 1914 (dont l'opposition des 'Vieux Boers' et la dernière révolte des Afrikaners, et l'on apprend par exemple que les autorités coloniales allemandes sont très réservées sur le soutien à apporter à lieutenant-colonel Maritz). Elle traite ensuite de la guerre maritime, fluviale, lacustre et aérienne dans la région des Grands Lacs et de la chasse au Königsberg par les Britanniques, puis des opérations contre von Lettow-Vorbeck en 1915-1917. Le chapitre 7, consacré à la personnalité des principaux dirigeants et aux questions de personnel et d'équipement des contingents britanniques est particulièrement intéressant (Renseignement, soutien logistique, recrutement, etc.). Après avoir raconté les derniers mois de guerre en 1918, l'auteure s'attarde sur la question de la coopération internationale, avec la Belgique, le Portugal, l'Inde et consacre même quelques lignes à la France pourtant peu présente ; puis à ces mêmes campagnes vues de Londres et aux rapports parfois contradictoires entre les dirigeants politiques.

Trés sérieusement référencé, complété par plusieurs pages de bibliographie, le livre met à la disposition des chercheurs français de nombreuses sources anglo-saxonnes, souvent fort peu connues. Bien que présentant une analyse strictement britannique des événements, il apporte une vraie et très sérieuse plus-value à notre connaissance de la Grande Guerre en Afrique australe et orientale.

I. B. Tauris, Londres, 2013, 306 pages.
ISBN : 978-1-78076-119-0.

Campagnes oubliées

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20 octobre 2014 1 20 /10 /octobre /2014 06:00

Médecin-brancardier en 14-18

Dr. Frédéric Massonnet

Plus témoignage sur sa campagne que carnet de route tenu au jour le jour, ces souvenirs de guerre du docteur Massonnet confirment avec justesse et parfois sévérité ce que d'autres médecins ont pu constater.

C'est un regard sans concession que jette Frédéric Massonnet sur ceux qui l'entourent (chefs militaires, autorités civiles, camarades, poilus) et de nombreuses formules mériteraient d'être citées. Il faut ici souligner que le texte a été rédigé et mis en forme après la guerre (1922) et, par curiosité, comme l'on peut difficilement admettre qu'il ne fasse appel qu'à sa mémoire ainsi que semble l'indiquer l'introduction, on aurait aimé avoir quelques extraits "bruts" des notes prises au jour le jour si ce texte a existé et a été conservé. Le livre est donc organisé en grandes périodes et le récit porte sur quelques épisodes particuliers, propres à chaque lieu ou à chaque affectation. Il découvre effectivement la guerre au printemps, après son affectation au Groupe de brancardiers divisionnaire de la 153e DI. Les premiers chapitres sont consacrés aux premiers mois dans un hôpital de l'intérieur, puis à la formation du GBD au camp de La Courtine, avec les anecdotes (assez classiques) sur les insiffisances et les excès à la fois du formalisme et de l'administration militaires. Il passe ensuite au fur et à mesure que la guerre dure par tous les secteurs du front, de la Belgique en Lorraine, dont certains parmi les plus actifs comme la Champagne lors de la deuxième offensive de 1915 ou Verdun au moment de l'offensive allemande. Il arrive dans ce secteur avec des hommes épuisés, après une étape sans fin au milieu d'une tempête de neige ("Le lieutenant du Train pleurait. Tout le monde irrité se fâchait. Et cependant, qu'était cela auprès de ce qui nous attendait les jours suivants ?") et raconte ensuite par le menu son travail et celui de ses hommes, le plus souvent de nuit. Il est ensuite sur la Somme dans le secteur de Combles (la description qu'il fait de certains de ses chefs est assez effrayante, de même que celle d'un responsable du service Trésor et Poste coupable de vols). C'est ensuite, l'année suivante, le Chemin des Dames : "Le Service de santé a fait tout son devoir et j'ajoute même qu'il l'aurait mieux fait encore si le commandement lui avait laissé les mains libres et laissé organiser suivant ses prévisions". Puis au moment des mutineries : "Notre lassitude, à nous combattants, était grande et presque comparable à celle des Boches un an plus tard". Il termine la guerre en Champagne et note comme dernière phrase, à la suite de sa démobilisation : "Je ne savais plus faire une ordonnance, et je n'oublierai jamais l'émotion qui s'empara de moi devant le premier malade qui vint à mon cabinet, à la pensée que je devais l'ausculter".

Un témoignage de plus. Un nouveau témoignage riche, intéressant et utile.

Le Croît Vif, Saintes, 2014, 207 pages, 20 euros.

ISBN : 978-2-36199-456-3.

Groupe de brancardiers divisionnaire

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Qui Suis-Je ?

  • : Guerres-et-conflits
  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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