20 octobre 2014 1 20 /10 /octobre /2014 06:00

Médecin-brancardier en 14-18

Dr. Frédéric Massonnet

Plus témoignage sur sa campagne que carnet de route tenu au jour le jour, ces souvenirs de guerre du docteur Massonnet confirment avec justesse et parfois sévérité ce que d'autres médecins ont pu constater.

C'est un regard sans concession que jette Frédéric Massonnet sur ceux qui l'entourent (chefs militaires, autorités civiles, camarades, poilus) et de nombreuses formules mériteraient d'être citées. Il faut ici souligner que le texte a été rédigé et mis en forme après la guerre (1922) et, par curiosité, comme l'on peut difficilement admettre qu'il ne fasse appel qu'à sa mémoire ainsi que semble l'indiquer l'introduction, on aurait aimé avoir quelques extraits "bruts" des notes prises au jour le jour si ce texte a existé et a été conservé. Le livre est donc organisé en grandes périodes et le récit porte sur quelques épisodes particuliers, propres à chaque lieu ou à chaque affectation. Il découvre effectivement la guerre au printemps, après son affectation au Groupe de brancardiers divisionnaire de la 153e DI. Les premiers chapitres sont consacrés aux premiers mois dans un hôpital de l'intérieur, puis à la formation du GBD au camp de La Courtine, avec les anecdotes (assez classiques) sur les insiffisances et les excès à la fois du formalisme et de l'administration militaires. Il passe ensuite au fur et à mesure que la guerre dure par tous les secteurs du front, de la Belgique en Lorraine, dont certains parmi les plus actifs comme la Champagne lors de la deuxième offensive de 1915 ou Verdun au moment de l'offensive allemande. Il arrive dans ce secteur avec des hommes épuisés, après une étape sans fin au milieu d'une tempête de neige ("Le lieutenant du Train pleurait. Tout le monde irrité se fâchait. Et cependant, qu'était cela auprès de ce qui nous attendait les jours suivants ?") et raconte ensuite par le menu son travail et celui de ses hommes, le plus souvent de nuit. Il est ensuite sur la Somme dans le secteur de Combles (la description qu'il fait de certains de ses chefs est assez effrayante, de même que celle d'un responsable du service Trésor et Poste coupable de vols). C'est ensuite, l'année suivante, le Chemin des Dames : "Le Service de santé a fait tout son devoir et j'ajoute même qu'il l'aurait mieux fait encore si le commandement lui avait laissé les mains libres et laissé organiser suivant ses prévisions". Puis au moment des mutineries : "Notre lassitude, à nous combattants, était grande et presque comparable à celle des Boches un an plus tard". Il termine la guerre en Champagne et note comme dernière phrase, à la suite de sa démobilisation : "Je ne savais plus faire une ordonnance, et je n'oublierai jamais l'émotion qui s'empara de moi devant le premier malade qui vint à mon cabinet, à la pensée que je devais l'ausculter".

Un témoignage de plus. Un nouveau témoignage riche, intéressant et utile.

Le Croît Vif, Saintes, 2014, 207 pages, 20 euros.

ISBN : 978-2-36199-456-3.

Groupe de brancardiers divisionnaire

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20 octobre 2014 1 20 /10 /octobre /2014 05:45

La RAF en France en 1939-1940

Batailles Aériennes - n° 70

Voici la troisième partie de l'étude consacrée au rôle de l'aviation britannique pendant la campagne de France, avec les missions des unités de Hurricane. Peu à peu, se constitue une véritable encyclopédie, dont l'éditorial souligne qu'il n'existe pas l'équivalent, même en anglais. La présentation se fait chronologiquement, chaque période d'engagement étant décrite en fonction des secteurs du front et se terminant par un état des pertes. 

Bataille de France

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19 octobre 2014 7 19 /10 /octobre /2014 06:20

Gabriele D'Annunzio

ou le roman de la Belle Epoque

Dominique Lormier

Après une longue série d'ouvrages consacrés aux soldats français de la Seconde guerre mondiale, Dominique Lormier se lance ici dans le roman historique autour de la personnalité extraordinaire de Gabriele D'Annunzio. Son dernier ouvrage paru, consacré à La bravoure méconnue des soldats italiens, 1914-1918, 1939-1945 (non lu à ce jour), aurait pu nous pré-alerter, d'autant qu'il a déjà travaillé sur les années que passa le poète à Arcachon avant la Grande Guerre.

Ecrivant à la première personne du singulier, Dominique Lormier fait donc parler D'Annunzio, dont ce serait ici en quelque sorte l'expression des souvenirs personnels. Il raconte ainsi ses innombrables souvenirs littéraires et amoureux, agrémentant son discours de citations disant le plus grand bien de lui... La méthode est pour le moins curieuse, sauf à vouloir mettre en relief une auto-satisfaction hors norme. Le procédé se comprend si l'on considère que les grands esprits peuvent aussi être les plus excessifs, et les plus égocentriques. Il n'hésite pas d'ailleurs à se qualifer lui-même de "l'un des plus fins esprits des Lettres de l'époque". Un seul exemple : "Méprisant l'argent et courant sans cesse après lui, couvert de dettes autant que de femmes, je suis l'inventeur d'un style de vie qui fera fureur en Europe". Nous passons ainsi de Florence à Rome et  à Venise, nous avons droit à la description de ses romans et nouvelles, et à celle de son engagement en politique en 1897 : "Je me considère comme le descendant d'une lignée d'artistes et de mages, où je place Dante, Léonard de Vinci, Michel-Ange, Byron, Shelley, Saint-François d'Assise, Victor Hugo et Nietzsche. Je suis parvenu à accomplir l'union intime de l'art et de la vie" ! Rien de moins... Criblé de dettes et poursuivi par les créanciers, il s'installe en 1910 à Rome, puis à Paris, et nous présente en quelques pages un tableau (parfois acerbe) des élites du temps, tout en citant à nouveau les appréciations les plus élogieuses portées sur lui. Pour fuir une nouvelle fois ses créanciers (et une maîtresse intrusive), il trouve refuge à Arcachon, et nous avons alors droit une nouvelle fois au récit de ses escapades amoureuses, entre deux périodes de rédaction d'un nouvel ouvrage ou d'une nouvelle pièce ; nous le suivons à cheval, ou avec ses lévriers. Mise en scène garantie et spectacle quotidien. Un long chapitre (un peu soporifique) est ensuite consacré à ses visites et déplacements en Aquitaine et dans le Sud-ouest, sur fond de rencontres "magiques" et de recherches poétiques ("Espérant trouver la lumière de l'absolu par l'alchimie du verbe, je plie et presse tous les matériaux au service du mouvement essentiel, de l'emportement, de la libération, envol pur, épuisement jusqu'au brisement final") ; tandis que le suivant est organisé autour de la description d'une autre longue liste de maîtresses tour à tour séduites. Entre deux servantes, quelques bourgeoises et de vraies-fausses comtesses, nous croisons également quelques noms célèbres de la vie intellectuelle de l'époque. De retour à Paris en 1913 (pardon, "1912 + 1"), il poursuit sur le même ton et dans le même style. La Grande Guerre et les années qui suivent n'occupent finalement que les trente dernières pages et l'on reste ici sur sa fin, comme si l'essentiel de D'Annunzio avait été dans sa vie sentimentale... Il n'en oublie pas pour autant de rappeler qu'il a participé "aux opérations les plus périlleuses", dont il donne rapidement quelques exemples, et ne consacre que quelques pages rapides (et pourtant si atypique et lourde de conséquences) aventure de Fiume.

Au final, je n'en quitte pas l'ouvrage en appréciant davantage D'Annunzio, même en ayant le sentiment de mieux le connaître, et l'on peut se demander si le héros romantique en est grandi. Un livre sur la part d'ombre du héros ?  

Editions du Rocher, Monaco, 2014, 230 pages. 18,50 euros.

ISBN : 978-2-268-07617-1.

La présentation de son livre par l'auteur : ici.

Biographie romancée ?

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19 octobre 2014 7 19 /10 /octobre /2014 06:00

Les poilus

Survivre à l'enfer des tranchées de 14-18

Gérard A. Jaeger

Un livre assez atypique (encore un !), en ce sens qu'il raconte quelques grands moments et les phases (individuellement) importantes de la Grande Guerre par une succession de coups de projecteur venus du bas de la pyramide sociale et militaire.

Organisé en autant de parties que d'années de guerre, l'ouvrage alterne en effet récit général et citations diverses extraites de courriers personnels ou de carnets privés. L'ensemble est fort intéressant, même si certaines considérations peuvent être considérées comme approximatives ("De toutes les batailles de la Grande Guerre, Verdun est la plus emblématique en raison de ses conséquences stratégiques sur l'avenir du conflit" ?) ou chronologiquement approximatives. Au fil des pages, reviennent des interrogations (sans réelle réponse définitive) sur le "pourquoi" de la résistance opiniâtre des poilus, et la diversité des réactions et des ressorts évoqués montre bien que le sujet est particulièrement complexe. Les chapitres sont alternativement consacrés à la situation au front et à la vie à l'arrière, laquelle prend une importance croissante au fur et à mesure que la guerre se prolonge, et la partie sur 1916 est principalement centrée sur Verdun ("On a fait table rase de l'humanité"), celle consacrée à 1917, "A l'arrière, rien de nouveau", traite essentiellement des permissions et des familles à l'Intérieur, tandis que celle sur 1918 s'intéresse surtout aux blessés et victimes de guerre et aux séquelles familiales, personnelles ou intimes du conflit. Certains pans entiers de l'histoire de la Grande Guerre sont donc absents de ce panorama et l'on se trouve devant un livre étonnant : voici le détail de la vie quotidienne du poilu, mais l'on ne sait pas très bien dans quel contexte était l'intéressé. Enfin, on a le sentiment final que chaque jour de ces cinquante-deux mois de guerre a baigné pour chacun dans la douleur, la mort, les bombardements et les assauts, ce qui est contraire à la réalité puisqu'aux périodes paroxysmiques succèdent de longues journées d'attente (et parfois d'ennui).

Alors, un livre intéressant, à considérer comme l'une des pièces du puzzle, comme l'une des touches de ce tableau impressionniste qui, ouvrage après ouvrage, se (re)constitue sous nos yeux en essayant au total de traduire fidèlement ce que fut la complexité de la guerre.

L'Archipel, Paris, 2014, 356 pages. 19,95 euros.

ISBN : 978-2-8098-1545-0.

Présentation vidéo par l'auteur (lecture de certains passages) : ici.

La guerre vue du soldat

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18 octobre 2014 6 18 /10 /octobre /2014 06:00

Les rebelles. Une anthologie

Jean-Noël Jeanneney et Grégoire Kauffmann (Dir.)

Un volume de poids, à tous les sens du terme, qui rappelle nos anthologies de français ou de philo il y a quelques années, et qui laisse un peu l'impression de surfer sur des confusions à la mode (et de profiter par exemple du thème annuel des Rendez-vous de Blois par exemple).

Le livre s'ouvre sur une brève introduction générale, dont les premières lignes donnent envie de continuer la lecture ("A toutes les époques, certaines fortes figures se sont dressées contre cette apparence de fatalité : à bon ou mauvais escient, parfois avec folie et toujours avec vaillance". L'objet de ce recueil est donc de (re)mettre à la disposition des lecteurs des textes fameux, souvent tombés dans l'oubli, de "révoltés". L'ouvrage en donc constitué de 19 grandes parties, dont chacune s'attache à un personnage (Hugo, Jaurès, Clemenceau, Bernanos, etc.) ou à un combat plus collectif et commence par une page d'introduction particulière. Le problème de ce type d'ouvrage est de vouloir ratisser trop large, certains combats menaçant les "rebelles" de risques plus importants que d'autres. On ne suivra donc pas les directeurs de l'ouvrage dans tous leurs choix (la "révolution féministe" est sans aucun doute caractéristique de la fin du XXe siècle, mais les risques pris par ses animatrices semblent bien minces dans un contexte législatif, culturel et médiatique qui leur est globalement favorable). On reconnaitra, de même, qu'il était plus difficile de se lever contre "l'argent-roi" à la fin du XIXe siècle qu'en 1968. Chaque partie est ensuite traitée à travers une sélection de textes assez brefs, supposés illustrer la forme, le ton et le fond de cette révolte. Révolte parfois toute relative : le de Gaulle des années 1930 prend normalement le commandement de son régiment à Metz et poursuit sa carrière de manière classique. Simplement, il exprime des idées différentes. Est-il à cette époque un "rebelle" ? Alors, quelle est donc la définition du "révolté" ? N'existerait-il plus, désormais, que dans ce triangle infernal de la "révolution-rive gauche", limité par le café de Flore, le pub Saint-Germain et Castel ?

Bref, les thèmes et les extraits reproduits suscitent d'autant plus de réactions, d'accord ou de désaccord, et poussent à la réflexion, qu'on approche de la période très contemporaine. Finalement, n'était-ce pas le but réel des auteurs ?

Ed. Le Monde et CNRS Editions, Paris, 2014, 608 pages, 29 euros.

ISBN : 978-2-271-08221-3.

Définition(s) à géométrie variable

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17 octobre 2014 5 17 /10 /octobre /2014 06:00

Gueorgui Efron

Journal (1939-1943)

Qualifié de "l'un des plus terribles récits de la vie quotidienne pendant la Seconde guerre mondiale", ce livre est, à certains égards, une plongée dans l'horreur ordinaire, au pays d'Ubu roi, au coeur de journées faites d'efforts pour survivre et de petites arrangements entre amis, comme si le système malgré tout n'existait pas. C'est également celui d'un jeune homme qui n'a rien d'un opposant au régime (au contraire), et qui en note les incohérences, parfois même s'en sembler s'en rendre compte.

Traduit par Simone Goblot et préfacé par Véronique Lossky, l'ouvrage présente le journal personnel du jeune Gueorgui Efron, dit Murr, qui, venant de France, rejoint Moscou avec sa mère en 1939 et commence aussitôt à noter les observations. Une première partie a été saisie par le police politique quelques semaines après leur arrivée en URSS et la présente édition commence donc en mars 1940. Dès les premières lignes, l'espoir d'une libération de son père est exprimé et les réalités du quotidien s'impose : "Moulia nous a trouvé une chambre à Moscou, onze mètres carrés, à Sokolniki. D'ailleurs, ce n'est pas vraiment à Moscou, mais le métro arrive jusque là". Dans un premier temps, le jeune Murr, étudiant qui note ses pensées et ses activités de la journée deux à trois fois par semaine, s'adapte assez facilement à la rusticité de sa situation et se préoccupe surtout de sa scolarité et de ses relations avec les jeunes filles. Mais les "détails" ancilaires ne manquent pourtant pas d'être nombreux : "Le prix de notre repas avait doublé ... Désormais, nous prendrons la nourriture pour une seule personne et nous le partagerons". Dans l'insouciance relative de sa vie de jeune homme, c'est bien pour sa mère que les conditions de vie sont pénibles (logement, alimentation, salaire, passeport intérieur), entre les problèmes du quotidien et les visites au NKVD. Même déformés, les échos des événements qui se déroulent à l'ouest parviennent jusqu'à la petite chambre moscovite : "Aujourd'hui, j'ai lu dans la Pravda que les Allemands avaient pris Bruxelles ; ils ont percé la ligne belge Dill, occupé Louvain et Malines ; les défenses françaises ont été rompues sur cent kilomètres ... En France, les combats ont un caractère plus sérieux (là, les Alliés disposent de forces importantes), néanmoins les Allemands infligent aux Français et aux Anglais des pertes plus importantes et continuent d'avancer en direction de Reims. Une contre-attaque des forces alliées a eu lieu à Sedan, et, dans ce secteur du front, les Allemands se sont renforcés en repoussant les attaques". Avec plus ou moins d'intensité,  pendant quelques mois, ces événements du quotidien se poursuivent et se superposent aux évolutions de la situation internationale (L'occupation par les troupes soviétiques de la Lituanie, de la Lettone et de l'Estonie et la constitution de gouvernements prosoviétiques, procommunistes, dans ces pays signifient, incontestablement, le renforcement de l'URSS et l'expansion du communisme. C'est ce qu'il fallait"), donnant à Murr l'opportunité de témoigner spontanément par écrit de sa confiance (malgré tout) dans le régime soviétique : "Jusqu'à présent, Hitler réalise point par point son programme. Après avoir mis sous tutelle allemande toute l'Europe de l'Ouest et l'Italie, il se lancera dans une campagne contre l'URSS, je n'ai aucun doute à ce sujet". Curieusement, il s'intéresse assez longuement (pp. 332-333 et suivantes) au conflit de l'été 1941 en Syrie, auquel il attache une importance particulière (première défaite allemande). Puis survient le 22 juin : "A midi et quart, le Commissaire du peuple aux Affaires étrangères Molotov a pris la parole à la radio pour annoncer qu'après que les troupes allemandes ont attaqué la frontière soviétique, ... l'Allemagne a déclaré la guerre à l'URSS". Et, immédiatement, cette affirmation : "Je crois que la guerre que les nazis mènent contre l'URSS, c'est le commencement de leur fin". Tandis que se poursuit la quête éperdue d'un logement stable et que la propagande présente une vision plus qu'édulcorée de l'évolution de la situation militaire, il se réjouit de "l'union" entre l'Union soviétique et la Grande-Bretagne. Il doit subir le choc du suicide de sa mère le 31 août, alors qu'il se prépare à l'évacuation vers l'orient russe et va être mobilisé, dans une désorganisation générale très perceptible. Et si les Allemands continuent à progresser, le pain est rationné... Toujours ces aller-retour entre le quotidien le plus pragmatique et les considérations politiques plus larges. L'encombrement des voies de communication et des chemins de fer est particulièrement bien décrit, mais Murr n'en tire pas les conséquences sur le délabrement du régime, même s'il constate dans le train (le moindre trajet dure plusieurs jours, voire plusieurs semaines) : "Il n'y a pas de gens plus mal organisés, plus brouillons, plus contradictoires que les Russes". Au cours des mois qui suivent, l'auteur reste dans une situation intermédiaire, recensé mais non intégré dans une formation, il termine ses études et n'est pas engagé en première ligne dans les opérations militaires. Il "nomadise" à travers l'intérieur russe, passant des dizaines de jours entre deux gares, et l'on observe que sa préoccupation essentielle semble désormais être l'alimentation. Les références aux repas et à leur qualité sont pratiquement quotidiennes, et prennent une place de plus en plus importantes dans ses notes. La dissolution du Komintern le 15 mai 1943 est qualifiée "d'événement colossal", bien qu'elle soit "une concession faite aux Alliés", tandis que Gueorgui Efront poursuit ses études dans le domaine de la littérature et trafique discrètement pour récupérer quelques billets et survivre. Le journal s'arrête de façon abrupte au 25 août 1943, et l'on sait que Murr, à ce moment-là, est directement pris par la guerre. 

Curieusement, ce journal est tenu alternativement en russe et en français (la distinction dans l'ouvrage se faisant par l'utilisation des italiques). Ce compte rendu précis de la réalité soviétique du temps, dans toute sa misère et sa petitesse, est à lire. 

Editions des Syrtes, Paris, 2014, 752 pages, 27 euros.
ISBN : 978-2-9405-2305-4.

Tristes réalités soviétiques

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17 octobre 2014 5 17 /10 /octobre /2014 05:50

 

Les régions du déshonneur

La dérive fasciste des mouvements identitaires au XXe siècle

Francis Arzalier

Réédition revue et augmentée d'un ouvrage initialement paru en 1990, ce livre a pour ambition d'établir le parcours d'un certain nombre de responsables et mouvements politiques régionaux très marqués par leurs relations avec l'extrême-droite radicale.

Le texte couvre donc très largement l'ensemble du XXe siècle jusqu'au début du XXIe, mais s'étend aussi bien au-delà des seules régions françaises. Non seulement d'autres régions européennes balkaniques ou orientales sont plus ou moins évoquées, mais surtout l'étude s'ouvre au Moyen-Orient entre Juifs et Arabes et se termine sur l'intégrisme islamique et l'Afrique, ce qui peut sembler pour le moins "capillo-tracté". Globalement, les deux premiers tiers du livre sont consacrés aux situations (générale et régionales) jusqu'à la Seconde guerre mondiale incluse, et ce sont  objectivement les plus convaincants. Le chapitre 7 s'intéresse aux épurations plus ou moins sommaires (mais globalement peu excessives) de l'immédiat après 1945. Il revient en détail sur les à-coups et soubresauts de "l'affaire Bickler", mais termine sur une description imaginaire d'un enterrement en 1984 réunissant tous ceux (pour la plupart déjà morts) qui furent compromis dans ces relations avec l'occupant. La dernière partie nous semble mélanger un peu rapidement toutes les questions, et les rapports avec la question moyen-orientale ou les situations africaines paraissent pour le moins excessifs, et l'on a quand même du mal à passer en une ligne des sectateurs d'Al Quaïda au séparatisme basque... Sauf à considérer qu'un peuple n'a pas le droit de se revendiquer pour ce qu'il est ? C'est là une autre question, et d'ailleurs où fixer la limite ?, et le simple fait de la poser pourrait laisser dubitatif quant à l'objectivité du discours d'ensemble.

Un livre à lire, par contre pour ce qu'il raconte de certaines situations en Europe pendant la première moitié du XXe siècle.

Librairie Vuibert, Paris, 2014, 297 pages. 22,90 euros.

ISBN: 978-2-311-10015-0.

Ambigüités

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16 octobre 2014 4 16 /10 /octobre /2014 06:20

L'école militaire

Une histoire illustrée

Christian Benoit

Le catalogue des jeunes éditions Pierre de Taillac ne cesse de s'étoffer d'ouvrages aussi différents qu'intéressants. Celui-ci, même si son style change par rapport aux publications antérieures, ne déroge pas à la règle.

En un peu plus d'une centaine de pages très richement illustrées, Christian Benoit ouvre les portes d'un de sites les plus prestigieux de Paris, mais aussi l'un des moins bien connus, ne serait-ce que parce qu'il est toujours occupé par des organismes militaires et que son accès reste par nature limité. En cinq grandes parties, l'auteur rappelle la fondation du site sous Louis XV (oeuvre du grand architecte Gabriel) pour former à l'art militaire les jeunes gentilhommes sans fortune, son évolution et les évènements qui s'y succèdent pendant ce XIXe siècle qui connaît tant de revolutions et secousses interieures comme extérieures, la création de l'école supérieure de guerre au début de la IIIe République et la place qu'y tient l'affaire Dreyfus, ses transformations pendant la Grande Guerre puis l'assoupissement relatif d lieu durant l'entre-deux-guerres et l'occupation allemande dès juin 1940, sa réalité aujourd'hui, celle d'une académie militaire de niveau international au coeur de la capitale, mais aussi lieu d'échanges et de débats (il ne se passe pas une semaine sans que plusieurs manifestations ne se déroulent dans ses amphithéâtres) qui conserve le cachet (et le charme : cf. la bibliothèque patrimoniale) qu'elle doit à plus de 250 ans d'histoire. Une annexe liste en particulier les 54 organismes différents (et oui !) qui cohabitent dans ses murs.

On apprécie tout particulièrement la diversité et la qualité des illustrations. Un petit album qui sera indiscutablement apprécié de tous les amateurs.  

Editions Pierre de Taillac, Villers-sur-Mer, 2014, 128 pages. 14,90 euros.

ISBN : 978-2-36445-044-8.

Site parisien prestigieux

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16 octobre 2014 4 16 /10 /octobre /2014 06:00

A line in the Sand

Britain, France, and the Struggle that shaped the Middle East

James Barr

Des livres importants peuvent mettre plusieurs années pour franchir la Manche. Indiscutablement, celui-ci en fait partie.

Dans cet ouvrage, qui offre au lecteur francophone de nombreuses références anglaises, James Barr nous transporte dans ce Proche-Orient compliqué entre 1915 et 1949, sous l'angle de la rivalité franco-britannique dans une vaste zone s'étendant de la Méditerranée à la Mésopotamie, devenue l'Irak. Et il le fait en utilisant abondamment des sources comme les témoignages, la presse et l'action des "services de l'ombre", de renseignement et de déstabilisation de l'adversaire. Il en donne un premier exemple dès le prologue en affirmant que lors de la "guerre terroriste" conduite par la Hagana contre les Britanniques dans l'immédiat après-Seconde guerre mondiale, les groupes juifs furent clandestinement armés par les Français. Partant de la négociation des accords Sykes-Picot (dont il souligne que les deux personnages sont davantage animés par une volonté politique que par une connaissance approfondie du terrain), il remonte le fil de l'histoire de la région, de Lawrence, Allenby et Fayçal à la révolte druze et à sa répression, des coups d'Etat (ou tentatives) aux renversements de gouvernements, des oppositions de la Seconde guerre mondiale et du conflit de 1941 au Levant aux violentes conséquences immédiates du conflit. On y retrouve les oppositions internes d'analyse et de choix entre Le Caire et les Indes au sein du monde britannique, aussi bien que les motivations anglaises dans les conversations qui précèdent la Déclaration Balfour, la (les) révolte(s) irakienne(s), les mouvements arabes en Palestine dans la deuxième moitié des années 1930 (très souvent oubliés en dépit de leur importance), les manoeuvres autour de l'indépendance libanaise en 1943, etc...

On peut reprocher à l'ouvrage de ne s'appuyer presque exclusivement que sur des sources britanniques (20 pages de sources et bibliographie). Mais c'est aussi, pour nous, ce qui fait son intérêt, car il nous permet de comparer les approches et les engagements de part et d'autre de la Manche. Derrière les lénifiants ou matamores discours officiels, l'auteur présente des volontés en action moins nobles et moins bienveillantes à partir d'une longue recherche dans les différents centres d'archives, publics, institutionnels et privés, anglais. La supposée "Entente cordiale" mise à nue dans les empires... Un ouvrage à connaître pour quiconque s'intéresse à l'histoire de cette région, au XXe siècle.. et aujourd'hui.

Simon & Chuster Ed., Londres, 2011, 454 pages.

ISBN : 978-1-84739-457-6.

Moyen-Orient

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15 octobre 2014 3 15 /10 /octobre /2014 06:30

Le front d'Orient

Du désastre des Dardanelles à la victoire finale, 1915-1918

Max Schiavon

Toujours présentées comme ignorées ou moins bien reconnues que celles qui se déroulent dans le même temps sur le front du Nord-est, les opérations sur les fronts d'Orient durant la Première Guerre mondiale sont au coeur de ce volume.

Le récit, essentiellement factuel et descriptif, nous entraîne donc des causes de l'ouverture des fronts "secondaires" ou "extérieurs" (qualificatifs qui expriment bien l''approche que l'on en a généralement en France) en Méditerranée orientale en 1915, aux armistices bulgare et turc en 1918. Les événements sont bien décrits et le lecteur aura, à l'issue, une solide connaissance de la succession des faits. Par contre, on peut reprocher que certains sujets, pourtant importants pour comprendre les évolutions de la guerre dans la région, soient cités sans être problématisés ou non abordés à partir de sources plus diverses (décisions du haut commandement allemand, commandement de Sarrail, relations avec la Grèce, opposition franco-britannique, etc.). Différents travaux récents, français ou anglo-saxons, auraient pu être pris en compte pour expliquer pourquoi les événements se sont déroulés ainsi.

Un livre qui permet une première approche réussie de cette (ces) campagne(s), et que les amateurs soucieux d'aller plus loin complèteront avec d'autres études plus fouillées.  

Tallandier, Paris, 2014, 379 pages. 22,90 euros.
ISBN : 979-10-210-0672-0.

Dardanelles - Salonique

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Qui Suis-Je ?

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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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