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28 avril 2015 2 28 /04 /avril /2015 06:00

La guerre d'Indochine vue par la CIA

(traduit de l'anglais par Franck Mirmont)

Voici un livre aussi étonnant qu'important. Il nous donne en effet la traduction de centaines de pages de rapports et comptes rendus des services américains à leurs autorités politiques sur l'action et le rôle de la France et du CEFEO en Indochine.

Le premier document, daté du 30 mars 1945, revient sur le coup de force japonais de mars 1945, note que l'amiral Decoux désormais "exprimait ouvertement envers De Gaulle" son admiration et souligne qu'en dépit de la violence japonaise "les combats se poursuivaient encore au nord de l'Indochine deux semaines après le coup de force". Le dernier, du 5 août 1955, donne quelques indications sur le retrait des troupes françaises repliées au Sud Vietnam et les tensions avec le gouvernement Diem. Durant cette dizaine d'années, deux phases nettement distinctes. Jusqu'en 1950, on observe, avec les Pentagon Papers, l'ambiguïté des relations franco-américaines. Après une première phase (relativement brève) d'hostilité marquée, tout en confirmant son hostilité aux empires coloniaux "archaïques", l'ambassadeur des Etats-Unis à Paris affirme : "Nous ne sommes pas intéressés à ce que l'administration coloniale d'un empire soit remplacée par des organisations dont le mode de pensée philosophique ou politique émane ou soit contrôlé par le Kremlin". Les commentaires sont encore peu flatteurs en 1948 : "Hô Chi-Minh semble capable de conserver et même d'étendre son emprise sur l'Indochine sans autre aide extérieure que la seule succession à la tête du pays de marionnettes du gouvernement français"... Dès 1950, le ton change, plus personne ne doute du caractère idéologique de la guerre et l'engagement des Etats-Unis au bénéfice des nouveaux Etats associés du Vietnam, du Cambodge et du Laos, mais aussi des troupes françaises elles-mêmes, ne va pas cesser de croître. La position de la France reste toutefois considérée comme "précaire", la menace d'une intervention chinoise est ressentie comme plausible, etc., tous points de vue généralement connus mais dont on trouve ici la preuve écrite. Entre 1952 et 1954 (période qui recouvre les deux-tiers du livre environ), toutes les grandes opérations sont analysées par les Américains, en particulier grâce aux "confidences" qui leur sont faites par les politiques et militaires français qui discutent, semble-t-il , sans a priori ni réserve avec leurs homologues d'outre-Atlantique. Ceux-ci s'intéressent bien sûr aux évolutions du potentiel matériel et opérationnel du Viêt-Minh, autant qu'aux effets des livraisons du MAAG au CEFEO et aux armées nationales autochtones. Globalement, les Français, jusqu'aux plus hauts responsables militaires, ne semblent guère convaincus par l'efficacité de certaines décisions, la pertinence de la conduite des opérations et les effets de la pacification. Leur moral, d'ailleurs, paraît fluctuer fortement au gré des demi-succès ou des demi-échecs. Quelques "perles" aussi : "Le président du Conseil Laniel serait de plus en plus optimiste sur la situation globale en Indochine", le 27 mars 1954... La semaine suivante, le même intervient au milieu de la nuit auprès de l'ambassadeur américain pour expliquer que "l'intervention des appareils d'un porte-avions américain était désormais nécessaire pour sauver Dien Bien Phu". Et le 18 avril, alors que sur place la bataille se poursuit dans les condtions que l'on sait, le général Cogny n'hésite pas à indiquer au consul américain à Hanoi "que le général Navarre et son état-major n'ont exploité aucune opportunité stratégique pour défendre Dien Bien Phu"... Ambiance... Tandis qu'ils s'inquiètent de plus en plus pour le delta du Tonkin mais aussi pour le Cambodge, les responsables français multiplient les appels à l'aide auprès des Américains, tandis que Navarre est présenté comme plaidant en faveur d'un cessez-le-feu total et rapide bien avant la chute de la garnison encerclée. On appréciera enfin la manière dont les Américains rendent compte des appréciations (généralement peu favorables, et bien différentes des discours officiels) portées par de hauts responsables militaires français sur les jeunes armées nationales. Enfin, les relations entre "alliés" français, cambodgiens, vietnamiens et américains sont tout sauf franches en 1955, si l'on en croit la plupart des derniers documents.

Un volume tout particulièrement intéressant, non pas en ce qu'il ferait découvrir des faits ou des avis totalement ignorés, mais parce qu'il replace l'ensemble sous un angle d'analyse exclusivement américain. Un regard différent sur la longue durée de la guerre d'Indochine, dont les chercheurs et amateurs francophones peuvent désormais disposer (en partie, tous les documents du fonds d'origine n'ont évidemment pas été traduits). Ces textes bruts doivent bien sûr être analysés et contextualisés (on peut regretter d'ailleurs l'absence de synthèses partielles ou de notes de bas de page ponctuelles pour replacer un commentaire dans son contexte ou relever des erreurs d'interprétation par exemple), mais ils constituent indiscutablement en eux-mêmes une vraie plus-value pour notre compréhension de  ces années 1945-1955 en Extrême-Orient. Très intéressant. Indiscutablement à connaître.

Nimrod, Paris, 2015, 286 pages, 21 euros

ISBN : 978-2915243635

Sous l'oeil des Américains

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27 avril 2015 1 27 /04 /avril /2015 06:00

La butte meurtrie de Vauquois

La guerre des mines, 1914-1918

(Coll.)

Troisième édition de cette excellente étude sur un petit secteur très particulier du front occidental, dont la parution honore les animateurs bénévoles de l'association (et plus largement, au-delà, toutes les sociétés d'histoire qui s'investissent localement).

Site stratégique essentiel dans le secteur Verdun / Argonne, la butte de Vauquois constitue un excellent observatoire presque à 360° et le petit village voit alternativement passer Français et Allemands au début de la Grande Guerre pendant la phase de guerre de mouvement. Dans un premier temps, après la stabilisation du front, de la fin du mois de septembre 1914 au mois de mars 1915, les Français procèdent à des attaques somme toute classiques, frontales, pour tenter de reconquérir la butte. Au prix de pertes importantes, ils parviennent à s'établir dans le village sommital, sans toutefois le conquérir totalement. Français et Allemands se combattent désormais à quelques mètres les uns des autres. Après une phase de défense des positions tenues au printemps, la guerre de siège et de mines s'installe peu à peu. Dans un environnement qui devient de plus en plus difficile, les deux armées en présence non seulement s'enterrent, mais creusent, creusent encore, creusent toujours. Toujours plus loin, toujours plus profond. Les mines, qui doivent ensevelir vivants  les défenseurs ennemis, contiennent de plus en plus d'explosifs. Les victimes sont de plus en plus nombreuses et les cratères de plus en plus vastes. Des postes d'écoute sont installés, des contre-mines sont créées. Le livre raconte tout, dans le détail, avec l'aide de très nombreux témoignages et de multiples cartes à l'appui, jusqu'à la libération finale du site par les Américains à l'automne 1918. Le village sera ensuite en partie reconstruit au pied de la butte.

La masse de documentation et de références fournie est absolument exceptionnelle, la précision du récit presque chirurgicale. Un très bel ouvrage collectif, par ailleurs fort bien illustré, qui doit impérativement être connu de tous les amateurs. L'une des meilleures (re)lecture de ces derniers mois.

Association Les amis de Vauquois et de sa région, 2014, 382 pages, 22 euros.

ISBN : 978-2-9507638-0-4.

Le livre peut être commandé directement auprès de l'association au prix de 22,- euros : ici.

Guerre souterraine

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26 avril 2015 7 26 /04 /avril /2015 07:15

Chefs de guerre

Revue historique des Armées - n° 277

Dans ce dernier numéro paru de la RHA, consacré à la place et au rôle du chef militaire, des articles plutôt originaux, même s'ils n'ont pour certains d'entre eux qu'un lointain rapport avec les archives françaises. Parmi les personnalités retenues en effet, "Cortés, conquistador du Mexique" (Christian Duverger) ou "Franco et la Légion" (espagnole), par Batholomé Bennassar. Trois Français au sommaire de ce dossier : "Henri IV, chef de cavalerie", par Frédéric Chauviré ; "Commander de grandes armées : le maréchal de Luxembourg face aux mutations de la guerre à la fin du XVIIe siècle", par Bertrand Fonck ; et "Le général Lasalle ou la fureur de vivre !", par le général (2S) Jean-Marc Marill. On note enfin dans ce dossier une étude originale sur quelques cas de désordre explicables par un commandement inadapté dans l'armée canadienne pendant la Grande Guerre. Une belle recherche sur un sujet généralement non abordé. Le portofolio présente sur ce thème des photos tirées des collections de l'ECPAD sur Rommel, l'Indochine, et le général Magrin-Vernerey (dit Monclar). Des articles inattendus donc, qui changent, tant dans le fond que dans la forme.

Un seul regret : le nombre de livres présentés en fin de numéro reste très faible depuis quelques temps (2 ouvrages simplement).

La RHA n'étant pas diffusée en kiosque,

les commandes sont à adresser directement au Service : ici.

Chef !

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26 avril 2015 7 26 /04 /avril /2015 07:00

La RAF en France en 1939-1940

Batailles aériennes - n° 72

Cinquième partie dans ce numéro de la véritable encyclopédie progressivement publiée sur les escadrilles de la Royal Air Force engagées dans la bataille de France au début de la Seconde guerre mondiale, cette fois la deuxième et dernière partie pour les unités équipées de Bristol Blenheim. Les mêmes qualités (et limites) que les volumes précédents, avec un souci du détail qui ravira les amateurs. Par ailleurs, "perle sur le gâteau" pour ceux qui aiment un peu de diversité dans un magazine, un second grand article fait le point sur l'engagement des appareils de ce type en Malaisie et en Grèce, sujet bien rare dans la littérature francophone.

Campagne aérienne de France

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25 avril 2015 6 25 /04 /avril /2015 06:00

La défense française face à la montée des périls

Général Gilbert Forray

Premier commandant de la FAR et ancien CEMAT, le général Forray a toujours continué à s'intéresser aux questions les plus actuelles de défense et de sécurité, en particulier à travers de nombreuses publications. Le livre qu'il propose aujourd'hui est de la même veine que les précédents, dans un style un peu différent.

Avec des paragraphes courts, des phrases sobres, l'auteur multiplie les chiffres, les pourcentages, les données statistiques, dont l'ensemble veut constituer une démonstration méthodique des menaces potentielles qui pèse aujourd'hui sur le pays. A cet égard (même si "comparaison n'est pas raison"), la simple mise en parallèle des armements disponibles dans les différents pays et des budgets consacrés par chacun à sa défense est éclairant et parfois impressionnant (La grande-Bretagne, pays le plus comparable, consacre 2,5% de son PIB à sa défense contre 1,5% pour la France). L'une des parties qui retient le plus l'attention est celle que le général Forray consacre à l'analyse (ligne à ligne, paragraphe par paragraphe) des derniers Livres blancs et des récentes lois de  programmation militaire (que l'on cite souvent, mais qui les a effectivement lus ?), soulignant les évolutions, les manques, voire les incohérences, avec un regard toujours perçant : "Le Livre blanc de 2013 (comme ses prédécesseurs) est une sorte de document d'état-major, bien fait, mais avec un déficit de sentiment et d'âme". Les matériels, les effectifs, la question des syndicats, sont étudiés et il souligne "la hauteur de la marche d'escalier descendue par la Défense entre 2008 et 2013". En conclusion, le général Forray s'inquiète légitimement, craignant "un déclassement stratégique" et même un "renoncement du concept de Défense décrit dans le Livre blanc", car "pour la défense française, les feux sont aujourd'hui à l'orange". Le livre se termine enfin sur quelques annexes, dont une consacrée à "Louvois : un désastre", avec ce commentaire : "Ce type de réformes ne date pas d'hier, souvent sous l'impulsion du Contrôle général des armées, qui a su s'installer hors de ses fonctions naturelles de contrôle dans des responsabilités de direction, sans connaissance du terrain et en donnant la priorité à l'économique sur l'humain". Au moins, c'est dit.

Que l'on soit d'accord ou pas avec certaines conclusions, un livre indispensable comme outil de travail et d'aide à la réflexion par le volume des données concrètes et matérielles qu'il rassemble.

Economica, Paris, 2015, 157 pages, 27 euros.

ISBN : 978-2-7178-6781-7.

Adapter les moyens aux menaces

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24 avril 2015 5 24 /04 /avril /2015 06:00

La fin de l'empire des tsars

Vers la Première Guerre mondiale et la révolution

Dominique Lieven

Nouveau livre important sur la Grande Guerre et la Russie. Ce pan un peu oublié pendant de nombreuses années de l'histoire de la Première Guerre mondiale dans la littérature francophone est désormais sérieusement étudié avec trois ou quatre ouvrages majeurs en quelques mois. Le propos est ambitieux, et par son ampleur même invite le lecteur à émettre au fil des chapitres telle ou telle réserve ou objection. Mais il offre l'intérêt de s'attacher à une thématique toujours discutée selon une approche qui mérite d'être creusée.

Dominique Lieven nous propose quasiment une analyse de la Première Guerre mondiale (et surtout de la marche à la guerre) à travers le filtre russe, de la situation ante à la veille de la Grande Guerre, aux ultimes conséquences parmi lesquelles il voit le stalinisme et la Seconde guerre mondiale. Le propos est donc vaste et, inévitablement, les uns ou les autres ne seront pas d'accord sur tel aspect ou telle interprétation (les causes uniques sont rares dans les grands drames). Dans cette vaste fresque, il souligne en particulier, aux différentes étapes, le manque de cohérence de la politique gouvernementale (le gros chapitre III consacré aux "Décideurs" est tout particulièrement intéressant) et bien sûr la question des relations internationales, en direction des Balkans comme avec les alliés occidentaux. On apprécie également l'ampleur des informations rassemblées pour évoquer "La crise de juillet" (chap. VII), des rapports de l'ambassade russe en Autriche-Hongrie aux différents témoignages des acteurs et témoins des événements et aux entretiens entre le ministère à Saint-Petersbourg et l'ambassadeur d'Autriche-Hongrie. On note également les explications détaillées fournies sur la mobilisation de l'armée russe (ses modalités, son organisation, etc.), et les erreurs d'interprétation allemandes à son sujet. En écho à quelques préoccupations d'actualité, on lit aussi avec intérêt les quelques lignes consacrées à l'importance de l'Ukraine pour les empires centraux et leur engagement (fort tout d'abord, plus hésitant ensuite) en faveur de son indépendance. La conclusion ("La Russie était entrée dans la Première Guerre mondiale pour des raisons défensives, offensives et identitaires") est relativement équilibrée, même si quelques ultimes affirmations peuvent surprendre : "Le bon vieux schéma des relations russo-allemandes repris ses droits après 1989 ... Nous vivons aujourd'hui dans un monde où l'Allemagne est appelée à prendre la tête de l'Europe", ou "La Chine actuelle ressemble par bien des traits à la Russie tsariste plutôt qu'à l'Allemagne impériale". On l'a dit : un ouvrage très riche, très dense (dont témoignent près de 60 pages de notes, références et bibliographie), vraiment utile même si l'on n'est pas toujours d'accord avec l'auteur.

A connaître et à conserver.

Editions des Syrtes, Genève, 2015, 502 pages, 25 euros.

ISBN : 9782940523177

Responsabilité(s) russe(s)

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23 avril 2015 4 23 /04 /avril /2015 06:00

Osons dire la vérité à l'Afrique

Bernard Lugan

Dans ce nouveau volume, Bernard Lugan lance une véritable charge pour défendre ses analyses sur la situation de l'Afrique. A l'encontre des idées reçues. Dérangeantes. Certains, parmi les spécialistes de la sculpture de fumée, ne vont pas aimer.

La première partie est consacrée à un démontage en règle des rapports généraux et des statistiques globales. Détaillant les chiffres du PIB, de la croissance, de la pauvreté, des exportations, etc., il veut démontrer qu'il s'agit d'un trucage, d'un mensonge, qui ne favorise en fait que ceux qui comptent continuer à exploiter le continent noir. Prenant l'exemple de l'Algérie et de l'Afrique du Sud, il témoigne, chiffres à l'appui, de la dégradation de la situation des peuples concernés depuis les indépendances (ou changements de régime), les tensions sociales, l'accaparement des richesses par une minorité, un pouvoir confisqué par un clan, etc. La deuxième partie dresse le bilan selon Bernard Lugan des "mauvaises 'bonnes' solutions" mises en oeuvre (parfois imposées) à l'Afrique depuis les années 1970, dans les domaines économique et financier comme politique et diplomatique ; ainsi que du rôle néfaste des Etats-Unis et de la Chine, pour (est-ce si surprenant ?) le contrôle des ressources minières et des voies de communication. La troisième et dernière partie enfin affirme proposer des solutions en disant la vérité. Tous les poncifs généralement mis en avant dans les grands médias et les discours officiels sont étrillés. Bernard Lugan traite du "suicide démographique" avec l'explosion des chiffres d'une population aussi jeune que misérable, du noyautage des Etats par une ethnie plus nombreuse (il précise à ce propos : "Certes, l'ethnie n'explique pas tout, et loin de là, mais rien ne peut être expliqué sans elle") et des ingérences politiques et intellectuelles d'idéologues européens, du credo réciproque de la victimisation de l'Afrique et de la culpabilisation européenne (traite des esclaves, pillage colonial, etc.). Pour Bernard Lugan, "loin de 'démarrer', l'Afrique sub-saharienne revient au contraire au XVIIIe siècle et à l'économie de comptoir, qui enrichit une poignée d'Africains tandis que l'immense majorité de la population tente de simplement de survivre"

Gageons que si le silence n'est pas fait sur le livre, les détracteurs seront sans doute majoritaires. Il est tellement plus facile de se draper dans sa "dignité outragée" que de contester les chiffres donnés par Lugan, de multiplier les déclarations théoriques plutôt que de critiquer point par point les exemples concrets. Je ne sais pas si Bernard Lugan a de façon générale raison ou non, en totalité ou en partie, mais sa démonstration est méthodique, argumentée, souvent convaincante par sa précision, loin des théories et proche du terrain. Ceux qui ont servi et travaillé en Afrique y retrouveront nombre de constats qu'ils auront faits eux-mêmes ici ou là. Et ce n'est pas toujours en l'honneur de nos élites... Un livre qui tranche parmi les publications sur ce thème et qui, pour cela au moins, mérite d'être connu et lu.

Editions du Rocher, Monaco, 2015, 223 pages, 21 euros.

ISBN : 978-2-26807-740-6.

Poil à gratter

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22 avril 2015 3 22 /04 /avril /2015 06:00

Ukraine

La vérité historique

Alexandre Volkonski

Alors que la question ukrainienne fait régulièrement la Une des nos médias et suscite des débats passionnés sur le rôle des pays occidentaux dans la crise, il faut saluer la réédition de ce petit ouvrage, publié en 1920.

Notons d'abord la formule utilisée en fin de la présentation sur la quatrième de couverture : "L'entreprise de désinformation se poursuit, favorisée comme jamais en Europe par l'ignorance de générations auxquelles on a enseigné le dédain de l'histoire et de la géographie". Le propos est donc clairement engagé, mais puise son argumentation dans une présentation d'un profond passé. L'introduction et la préface relèvent de la même eau, tandis que la seconde détaille pour le lecteur la vie et les engagements du prince Volkonski, officier brillant bien qu'atypique, qui s'engage à partir de 1918-1919 pour la Russie et contre l'indépendance ukrainienne en argumentant ses publications sur des références historiques : "L'Ukraine aujourd'hui se trouve dans une situation très proche de celle où elle se trouvait en 1920 lorsque A. M. Volkonski décrivait les forces nationalistes qui argumentaient sur l'ethnogenèse des civilisations pour créer une identité ukrainienne dès le Xe siècle différente de celle de la Russie". Dans une première partie (chap. 1-2), le prince russe s'intéresse ainsi successivement à l'éthymologie du mot "Ukraine" en particulier, mais aussi à celle de "Ruthène" et de "Russie", revient sur l'histoire ancienne des princes fondateurs de l'Etat de Kiev, raconte le transfert des lieux de pouvoir à Moscou et insiste sur la réelle unité (selon lui) de la Russie ancienne. Une seconde partie (chap. 3-4) détaille, selon les vues de l'auteur, les différences entre "grands" et "petits" Russes, "blancs" et autres, tous représentants d'un même peuple et termine par une explication de géographie politique sur le thème des steppes du sud "russo-ukrainien" et du rôle civilisateur qui y fut celui de la Russie. La troisième et dernière partie enfin (chap. 5-6) affirme qu'il n'y a pas de culture ukrainienne propre, que celle-ci est et ne peut être que russe, et enfin revient plus longuement sur ce qui constitue un peu (aussi) un fil rouge du livre : le rôle désintégrateur de l'Allemagne et la place de ce dernier pays dans la naissance et le développement du nationalisme ukrainien, d'abord anti-russe.

Un volume (très) engagé, dont certains exemples ne manquent cependant pas de pertinence. Dans le contexte actuel de tension entre les deux pays, une pièce qu'il est très utile de joindre au dossier, tout en conservant une prudente réserve. Les ouvrages militants sont souvent utiles, parfois indispensables, toujours à connaître mais jamais à suivre aveuglément. A lire attentivement.

Editions des Syrtes, Paris, 2015, 282 pages, 17,- euros.

ISBN : 9782940523139.

Russie - Ukraine

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21 avril 2015 2 21 /04 /avril /2015 06:00

Talleyrand

Le prince immobile

Emmanuel de Waresquiel

Troisième édition en format poche cette fois, pour ce désormais classique, mais aussi édition augmentée et complétée (cf. les références et la bibliographie finale). Un 'must' pour tout amateur de cette période exceptionnelle que fut le passage du XVIIIe au XIXe siècle.

Auteur reconnu et excellent spécialiste de la période impériale au sens large, Emmanuel de Waresquiel nous livre ici non seulement une biographie du prince de Bénévent, mais une véritable chronique des régimes qu'il fit le choix de servir successivement, de l'Ancien régime à la Restauration en passant par les troubles révolutionnaires et l'épopée impériale. Au fil des pages, le personnage se dessine sous nos yeux et prend vie. Sans doute contrairement à ce que souhaite l'auteur, il ne s'avère pas être très sympathique (du moins à mon point de vue, même si je le trouve tout particulièrement passionnant). S'il a effectivement de hautes qualités, il est également plus qu'âpre au gain, toujours à court d'argent et avide de nouvelles ressources, méprisant pour ses contemporains qu'il utilise mais n'aime pas, sachant manipuler les hommes et peut-être surtout les femmes, nombreuses à servir ses objectifs, grand amateur de jeux de cartes et doté d'un sens exceptionnel de la répartie. On connaît la formule de l’empereur évoquant « le vice appuyé sur le bras du crime », et celle plus crue de « la merde dans un bas de soie ». Aucune ambiguïté : le vice ne peut être que Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, évêque d’Autun, prince de Bénévent. L’un des derniers représentants d’un monde en train de disparaître. Bien sûr, l’attrait de l’argent sert en quelque sorte de fil rouge à sa vie : entre dessous de table purs et simples, commissions confidentielles et « indemnités » diverses, l’homme brasse (et dépense, car son train de vie est exigeant) des sommes particulièrement considérables, et la question pourrait être récurrente tout au long de sa vie : totalement corrompu et traître prêt à se vendre au plus offrant, ou fin politique sachant simplement monnayer ses talents pour parvenir au résultat qu’il s’est fixé ? Cette belle biographie de plus de 1.000 pages permet d’aborder toutes les facettes du personnage au cours d’une existence qui connaît la disparition de l’Ancien régime dont il portait l’un des noms les plus éminents ; le processus révolutionnaire, de la Constitution civile du clergé aux séjours anglo-saxons et des manipulations financières à la manipulation des femmes ; le Consulat -dont il favorise l’instauration- et l’empire, puissant ministre des Affaires étrangères, évêque défroqué et marié, puis séparé, à la tête d’une immense fortune, élevé au rang de prince par Napoléon mais qui conserve ses entrées chez les ennemis de l’empereur. Il est au cœur des manœuvres qui organisent le retour des Bourbons, chef du gouvernement provisoire et « quasi-roi de France » ; avant d’être disgracié. Entre son immense propriété de Valençay, d’où il favorise le développement économique de l’Indre, et Paris, où il rejoint l’opposition libérale aux Ultras de la Restauration, il trouve encore le temps d’écrire et d’entretenir son réseau d’amitiés européennes. Il reste ainsi au courant, sinon au cœur, des principales tractations continentales, jusqu’à ce qu’il soit rappelé aux affaires, comme ambassadeur à Londres, où il représente la monarchie de Juillet (il resta d'ailleurs durant toute sa carrière très lié aux élites anglaises). Serviteur de tous les régimes, il a su vivre, mais sait aussi mourir. A l’abbé qui lui administre l’extrême-onction, il trouve la force de rappeler : « N’oubliez pas, monsieur l’abbé, que je suis évêque ».

Une biographie indispensable pour quiconque s’intéresse à cette époque de bascule entre deux monde, de la fin du XVIIIe et du début du XIXe siècle. Un petit volume à lire et à conserver.

'Texto', Tallendier, 2015, 1079 pages. 12,90 euros.

ISBN : 979-10-210-0877-9.

Prince de Bénévent

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20 avril 2015 1 20 /04 /avril /2015 06:00

Les cent derniers jours d'Hitler

Chronique de l'apocalypse

Jean Lopez

Bel album (qui pèse son poids !) et qui, au-delà de la seule personne d'Hitler ou de son entourage proche (même s'il est -et s'ils sont- au coeur du livre), nous fait revivre par le texte et par l'image la fin du IIIe Reich.

Jour par jour, et parfois heure par heure lorsque la chronologie des événements le justifie, Jean Lopez décrit en quelques lignes toute "l'actualité" du Reich finissant, la progression des Soviétiques et la fuite des populations germanophones à l'Est, les rendez-vous (de plus en plus rares) et les réunions autour d'Hitler dans le sous-sol de la chancellerie, son délabrement physique et la folie, les généraux et les soldats, les gamins et les vieillards du Volkssturm, le drame des populations civiles et la place centrale des femmes dans cet effondrement d'une société, la mobilisation à outrance du parti nazi et les pendaisons au coin de la rue, les marches de la mort et la libération des camps, l'exécution de Mussolini et le testament d'Hitler, les villages bavarois qui "se rendent" aux Américains et la bataille de Berlin, etc. Non seulement un régime s'effondre, mais un Etat, un pays, disparaît purement et simplement dans un incroyable amoncellement de ruines et de cadavres. On a peine aujourd'hui à imaginer ce que fut pour l'Allemagne et l'Europe le premier semestre 1945. Le texte courant est accompagné d'une excellente et très dense iconographie, de nombreuses photos peu connues étant reproduites en grand format. Qu'il s'agisse de l'attitude des soldats ou du regard des enfants, aucune ne laisse indifférent.

Pas de révélation, pas de résultat d'une nouvelle recherche donc, mais un bilan méticuleusement présenté de la réalité de l'époque. Un excellent ouvrage illustré grand public.

Perrin, Paris, 2015, 278 pages. 24,90 euros.

ISBN : 978-2-262-05023-8.

Album chronologique

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Qui Suis-Je ?

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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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