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21 juillet 2013 7 21 /07 /juillet /2013 06:45

Guide des ordres nationaux et ministériels

à l'usage des services en charge des distinctions honorifiques

Rédigé par un excellent spécialiste de ces questions, ce petit guide pratique doit être le manuel d'usage courant de tous les chanceliers.

En moins de 100 pages, ce véritable document de travail donnera à tous les responsables administratifs (mais aussi aux "inquiets" qui veulent suivre le parcours de "leurs" propositions !) tous les éléments pour retenir les bons candidats, établir au meilleur moment les mémoires de proposition, le circuit du dossier, les conditions d'attribution et le protocole de remise des insignes. L'ouvrage traite des ordres nationaux (LH et ONM) et des ordres ministériels (Palmes académiques, ordre du mérite agricole, ordre des arts et lettres, ordre du mérite maritime).

Lavauzelle, Panazol, 2013, 93 pages.

978-2-7025-1566-2.

Hochets
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13 juillet 2013 6 13 /07 /juillet /2013 06:40

Militaires (I et II)

Des objets qui racontent l'Histoire

(collectif)

Bien que publiés il y a quelques années, ces deux volumes peuvent devenir de véritables "guides spécialisés" de voyage, pour vos visites de cet été. Ils ont en effet pour objet de vous présenter les principaux musées militaires français et leurs richesses.

Dans sa préface au tome 1, le professeur Peschot souligne toute l'importance des collections de ces musées, témoins des évolutions politiques, techniques, sociales et culturelles du pays, tandis que Denis Tardy et Gilles Aubagnac insistent sur l'ampleur du projet et son importance culturelle. A partir des collections des musées de la région Terre Sud-est (un vaste triangle entre Fréjus, Montpellier et Lyon), les auteurs racontent l'histoire militaire de la France. Mieux, l'histoire de France. Vous y trouverez de tout : des uniformes, des armes et des médailles, bien sûr, mais aussi des affiches, des pièces d'équipements, des véhicules, des instruments de musique, des tableaux, des monuments, des fanions, des livres, de la statuaire, etc. Certes, le musée de l'infanterie de Montpellier n'existe plus (pour l'instant ?). Mais ceux des Troupes de marine (Fréjus), de la Légion étrangère (Aubagne), de la Marine (Toulon), de l'Artillerie (Draguignan), des Troupes de montagne (Grenoble), de l'industrie (Saint-Etienne) ou du Service de santé (Lyon) attendent toujours votre visite. Profitez de cette saison estivale pour ne pas "bronzer idiot" et entrainez votre famille et vos amis en ces lieux chargés d'histoire : vous ne le regretterez pas.

Le tome 2 s'intéresse aux musées et salles d'honneur des trois armées et de la gendarmerie dans l'Ouest, le Nord et le Centre, et propose en fin d'ouvrage un double index, géographique et patronymique, pour les deux volumes. La diversité est au rendez-vous : du musée des Transmissions à Cesson-Sévigné et ses "voisins" bretons du musée du Souvenir de Coëtquidan et du musée de la Marine de Brest, du musée du génie à Angers, superbement rénové il y a peu, à l'impressionnant musée des blindés de Fontevraud, du musée du sous-officier de Saint-Maixent, avec sa magnifique salle des parrains de promotion, aux musées de l'hélicoptère et de l'ALAT de Dax et des parachutistes de Pau, sans compter bien d'autres structures (fusiliers-marins, aéronautique, médecine navale, etc.), il y a nécessairement un beau musée militaire près de votre lieu de vacances. Et puis, certains présentent des sujets militaires sans l'être au plan administratif : la maison Foch et le musée des Hussards à Tarbes, ou l'extraordinaire musée de l'Empéri à Salon-de-Provence. Et pour ceux qui iraient vers la côte vendéenne, la maison de Clemenceau et le musée des deux victoires méritent également le détour.

Bref, présentés au long d'un texte thématique de grande qualité tout au long de ces deux ouvrages, les musées militaires vous attendent. Soyez nombreux à les visiter.

EMCC, Lyon, 2 volumes, 2006 et 2009, 288 et 335 pages, 15 euros l'un.

ISBN : 2-908291-71-1 et 978-2-35740-040-5.

Les objets ont une âmeLes objets ont une âme
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30 juin 2013 7 30 /06 /juin /2013 06:40

Histoire des nombres

La Recherche

Histoire des nombres est la réunion, sous forme d’ouvrage, de 18 articles précédemment parus dans la revue La Recherche. Il ne s’agit toutefois pas d’un assemblage factice de contributions diverses. Une logique d’ensemble régit ce livre et l’ordre des articles, permettant ainsi au lecteur curieux d’explorer les différentes facettes de ce domaine des mathématiques. Ces dernières, en tant que science logico-formelle, constituent un langage s’efforçant de traduire la réalité. En leur sein, les nombres se définissent comme une notion fondamentale, née du besoin de comptabiliser, de classer ou de mesurer les grandeurs. Mais ils ne peuvent faire l’objet d’une définition stricte. C’est là la conclusion, un peu déstabilisante, du chapitre introductif. Mais le concept de nombre permet également des applications pratiques et continue à faire l’objet de recherches dans des champs très divers, comme le révèle la lecture des autres analyses.

Chaque chapitre aborde une facette particulière. L’un d’eux présente un objet de curiosité mathématique : les nombres P-adiques. De leur côté, la naissance du nombre en Mésopotamie ou la définition du mètre révèlent, à partir d’exemples concrets, les pratiques des mathématiciens des époques antérieures. Une question se pose néanmoins : le hasard est-il l’antithèse de la règle scientifique ? La loi des grands nombres, qui mesure la probabilité et l’imprévisibilité, s’avère une façon d’approcher l’aléatoire et la variabilité. On débouche sur une réflexion abordant l’emprise du nombre sur notre société. Le chiffre est en effet devenu un élément de décision, perçu comme rigoureusement objectif et utilisé comme tel. Cela se traduit par l’indice des prix, la détermination du PIB ou encore la culture du sondage (l’Ifop est créé en 1938, un an avant le CNRS). Mais les auteurs révèlent clairement les bornes et les lacunes de cette « objectivité ». Les analyses ouvrent également des perspectives inattendues. La détermination du mètre est l’occasion de développer l’approche probabiliste, qui intervient elle-même dans la pratique des sondages, en permettant notamment de corriger les sous-évaluations d’un recensement (avec les implications politiques, voire juridiques, susceptibles d’en découler dans divers champs décisionnels concrets).

L’ouvrage s’achève sur un réflexion d’ensemble de Bernard d’Espagnat où, en physicien et philosophe, il pose la question fondamentale du statut du nombre. Ce faisant, il fournit une clé (parmi d’autres) permettant de lier intellectuellement les différentes approches du concept « nombre ». Au bout du compte, ce livre s’avère passionnant, tant par la qualité des contributions que par les éclairages très différents et les aperçus scientifiques qu’il suscite. Toutefois, sa lecture, en dépit d’exposés particulièrement clairs et des efforts des contributeurs en ce domaine, suppose une bonne culture mathématique de base, afin de suivre le raisonnement, d’en percevoir les implications et de saisir parfaitement les exemples illustrant la question abordée. Bref, on est confronté là à une vulgarisation scientifique de très bon niveau, qui ravira tous les lecteurs intéressés par le champ mathématique.

Jean-François Brun

'Texto', Tallandier, 2013, 247 pages, 9 euros.

ISBN : 979-10-210-0109-1.

Ils sont présents partout
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28 juin 2013 5 28 /06 /juin /2013 06:40

Berezinae

Trente (et quelques) défaites qui ont fait la France

Denis Tardy, Gille Aubagnac, Antoine Champeaux et Marie Signoret

Dans son introduction à ce petit volume, paru il y a quelques années mais trop peu connu, Gilles Aubagnac souligne avec humour la place très particulière qu'occupent les défaites dans la mémoire nationale, et observe que "la défaite peut être pédagogique, inspiratrice ; elle permet de forger un esprit de corps et une cohésion communautaire".

Le livre s'ouvre sur un article de présentation, titré "Défaites à la Roland", "comme d'aucuns évoquent des victoires à la Pyrrhus" : "Tout se passe dans notre pays, pour notre société française, comme si la défaite, autant sinon plus que la victoire, participait de la constitution du corpus culturel national". La deuxième partie, qui constitue l'essentiel de l'ouvrage (pp. 43-123) présente donc quelques trente batailles, d'Alésia à Dien Bien Phu, en passant par Fréteval, Honnecourt, Vitoria, etc., sans oublier les incontournables Camerone, Bazailles et Sidi-Brahim. Présentées sur une double page (en vis-à-vis) les différnetes batailles sont traitées de façon très rigoureuse (récit rapide des événements) sur la droite, et de façon plus humoristique sur la gauche : "On image le preux Louis IX, futur saint, prisonnier, réduit à faire des mots croisés ... Quant à sa femme, Marguerite de Provence, qui pouponne à Damiette, on se la figure en train de broder au point de croix la layette du petit Jean-Tristan" (bataille de Mansourah, 1250, pp. 54-55). C'est parfois déroutant, souvent drôle et cela oblige à s'intéresser à ce différentiel parfois énorme entre la réalité d'un événement et son souvenir entretenu par les mémoires collectives reconstruites.

A savourer tranquillement pendant les vacances et à méditer.

EMCC, Lyon, 2008, 160 pages, 12 euros.

ISBN : 978-2-3-15740-012-2.

Culture de la défaite ?
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22 juin 2013 6 22 /06 /juin /2013 06:50

La responsabilité des militaires

Réflexions sur la judiciarisation des théâtres d'opérations

Ronan Doaré et Philippe Frin (Dir.)

Le sujet est sérieux, et le livre n'a rien de "léger". Mais, sur un tel thème, peut-on se passer de rigueur, de précisions et de scrupuleuses démonstrations ?

Rassemblant une quinzaine de contributeurs venus d'horizons différents mais tous directement intéressés par le sujet (professeurs, officiers, juges), cet ouvrage collectif fait très largement le tour de la question, bien au-delà du désormais classique droit international. La première et la deuxième partie sont en effet respectivement consacrées aux "Différentes situations d'exposition au risque pénal" et à "La mise en oeuvre de la responsabilité des militaires". Parmi les communications les plus originales, relevons par exemple "Les entreprises militaires et de sécurité privées : le défi juridique" (Philippe Frin), "Externalisation : vers de nouvelles responsabilités du maître d'ouvrage militaire" (Philippe Chapleau) ou "La protection fonctionnelle du militaire" (colonel Gilles Castel). La deuxième partie traite de sujets sans doute mieux connus, mais sur lesquels il reste encore bien des idées reçues et l'on lira avec intérêt "La criminalisation de l'agression internationale" (Jean-Paul Pancracio) et "La loi portant adoption du droit pénal à l'institution de la Cour pénale internationale" (Francis Stoliaroff). De façon originale, trois conclusions se succèdent sur le thème général de l'éthique de la responsabilité (Henri Hude, Fabrice Leggeri et le général Ollivier) et la persistance d'une liberté d'analyse et de décisions personnelles : "Il appartient au responsable militaire de discerner, à travers l'intelligence de situation et ses références professionelles, la moment où l'on franchit la ligne rouge : du licite à l'illicite, de l'acceptable à l'inacceptable, du défendable et de l'indéfendable".

Quelques annexes juridiques (lois et articles du code) complètent cette dense étude. "C'est du lourd", pourrait-on dire de façon triviale. Mais, hélas ou pas, ce n'est pas ici la question, c'est une absolue nécessité dans un monde en permanente et rapide évolution. Un très bon point de situation sur des sujets particulièrement complexes.

Economica, Paris, 2013, 216 pages, 29 euros.

ISBN : 978-2-7178-6567-7.

Point de situation
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19 juin 2013 3 19 /06 /juin /2013 07:00

Le complexe de l'autruche

Pour en finir avec les défaites françaises

Pierre Servent

La récente parution sous la signature du même auteur du Von Manstein que nous chroniquions samedi 8 juin (ici), nous a donné envie de revenir sur ce livre, réédité dans la collection poche 'Tempus' (ce qui a priori témoigne de son succès).

Alors que les soldats français ont "depuis longtemps la réputation d'être solides et pugnaces", Pierre Servent s'interroge sur cette succession de graves défaites, dont il recherche les causes : "Faisons le pari que les enseignements de ces événements qui peuvent sembler lointains sont d'une redoutable actualité". Organisé en deux grandes parties ("Passé recomposé" et "Présent imparfait"), le livre ne traite pas de ces moments de l'histoire (guerre de 1870-1871, guerres mondiales) de façon chronologique, mais à travers un plan thématique qui multiplie les exemples et cas concrets pris dans l'une ou l'autre de ces périodes. Parmi les sujets abordés dans la première partie : "Les dessous d'un miracle" (sur Gallieni, Joffre et la Marne), "Erreur de casting" (sur la nomination de Joffre comme chef d'état-major général en 1911), "La magie Maginot" (chacun comprend), "L'intendance suivra" (ici aussi...), etc. La seconde partie traite de questions beaucoup plus récentes (années 2000) et dans des domaines autres que l'opérationnel au sens étroit du terme (économique, technologique, nucléaire, anticipation, formation, gestion RH, etc.), mais qui intéressent néanmoins au plus au degré les armées. C'est parfois "urticant", mais le plus souvent frappé au coin de la réflexion la plus sereine (et la plus cohérente). Le poids des habitudes et des côteries, les querelles de clocher et la puissance des "clans", la certitude d'avoir raison (éventuellement contre tous), allons même parfois jusqu'à la paresse intellectuelle : voilà quelques uns des freins (et donc des causes des défaites) identifiés : "S'agissant du fonctionnement de nos élites, les progrès sont encore lents ... On baigne plus dans la gestion des stocks que dans celle de flux". De beaux succès, certes ("L'année 2011 est à marquer d'une pierre blanche. La France a dû gérer trois théâtres d'opérations chauds : l'Afghanistan, la Côte d'Ivoire et la Libye. Trois paysages, trois tempos différents"), mais des inquiétudes : "Déjà la France montre des signes de faiblesses inquiétants. Projeter seulement 4000 hommes au Sahel est devenu un véritable tour de force. Que se passera-t-il demain si un autre front important s'ouvre ?". Et cette ultime phrase pour évoquer la place de l'armée dans la nation : "Dis moi ce que tu as fait de ton armée et je te dirai qui tu es, et si tu as des chances de survivre".

Plus qu'une analyse historique, donc, un essai pour mieux appréhender les situations les plus actuelles à partir de la compréhension des échecs passés. Un livre à mettre entre toutes les mains.

'Tempus', Perrin, 2013, 462 pages, 10 euros.

ISBN : 978-2-262-04232-5.

 

So typically French ?
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16 juin 2013 7 16 /06 /juin /2013 07:00

De l'Histoire à l'histoire

Daniel Cordier

Ce livre étonnant est le fruit de trois années de conversations entre un historien spécialiste de l'Antiquité et celui qui, devenu secrétaire de Jean Moulin "par hasard", fut ensuite "marchand d'art par passion et historien par accident".

Issu d'un milieu familial traditionnaliste marqué par le discours des anciens combattants de la Grande Guerre, Daniel Cordier (fondateur du club Jean Moulin, auteur de Alias Caracalla) est à Londres à l'été 1940 et devient agent de la France Libre, mais se fait la promesse de ne plus jamais parler de la guerre la paix revenue : "J'ai décidé de ne pas imiter ces anciens combattants ... La guerre était notre jeunesse, mais quand elle serait finie, nous pourrions commencer notre vie", et il précise un peu plus loin : "Si je n'ai jamais évoqué la guerre, c'est parce qu'elle est le trésor secret de ma vie" et il parle du "souvenir lumineux d'une période atroce", formule dans doute difficile à comprendre ou à admettre par ceux qui ne l'ont pas vécu. Trois solides et durables amitiés avec ses anciens camarades le marquent, dont Stéphane Hessel. A la fin des années 1970, jugeant que Jean Moulin, son ancien "patron" de la résistance, était calomnié dans une populaire émission de télévision, il décide de retrouver les traces et les preuves de l'engagement des années 1941-1943, plonge dans les livres et les archives (publiques et privées), retrouve d'anciens camarades et devient historien : "Au départ de mon travail, je voulais seulement répondre à la calomnie de Frenay : Jean Moulin était-il cryptocommuniste ?". La conclusion, pour ce fidèle, ne fait pas de doute, certes, mais, au fil des pages le lecteur croisera les grands noms de la Résistance et du gaullisme, dont Daniel Cordier dit très franchement ce qu'il pense (et ce qu'il pense de leurs évolutions) ; ou quelques paragraphes passionnants sur la méthodologie de l'historien, le croisement indispensable des sources et le caractère toujours ambigu des témoignages oraux et des récits des témoins. On lira attentivement ses descriptions des Français "de l'intérieur" de 1942-1943, qui ne laissent pas de place à la légende d'un peuple dressé contre l'occupant, ou celles des sentiments des premiers résistants au lendemain de la guerre : "Lorsque Edouard Herriot, qui incarnait à mes yeux ce que la classe politique des années 1930 avait produit de pire, retrouva la présidence de la Chambre en 1947, j'eus le sentiment que l'engagement de mes camarades d'Angleterre n'avait servi à rien". Le propos a au moins l'avantage de la clarté !

Un livre à bien des égards unique sur le fond comme dans le ton, qui doit être lu, au-delà des seuls amateurs de la Seconde guerre mondiale, par tous ceux qui s'intéressent au(x) parcours et au(x) méthode(s) de l'historien.

Gallimard, Paris, 152 pages, 15 euros.

ISBN : 978-2-07-014184-5.

Mémoire et mémoires
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12 juin 2013 3 12 /06 /juin /2013 07:00

Chine, Iran, Russie :

Un nouvel empire mongol ?

Thomas Flichy (Dir.)

Chine, Iran, Russie... Trois noms qui inquiètent et dont l'entente ressuscite le fantasme du « péril asiatique » prêt à déferler sur l'Occident pour précipiter sa chute. Le défi lancé aux États-Unis sur le thème de l'hégémonie mondiale aussi bien que les orientations politiques de ces trois états y participent. Mais ce nouveau "bloc de l'Est" est-il vraiment aussi solide et impérialiste que ne le montre parfois les médias internationaux ? C'est la problématique du petit ouvrage collectif publié par Jean-Marie Holtzinger (spécialiste des relations sino-russes), Jérôme Pâris (officier à la Légion étrangère) et Antoine-Louis de Prémonville sous la direction de Thomas Flichy (professeur à l'ESM Saint-Cyr), aux éditions Lavauzelle.

Après un court avant-propos constitué par une fiction futuriste "à la Tom Clancy", dont il n'est pas certain qu'elle soit indispensable (l'officier de la cellule élyséenne rentrant de Coëtquidan à Paris en vélo ? ...), les rédacteurs introduisent leur sujet à proprement parler avec un bref aperçu des relations entre la Chine, l'Iran et la Russie de ces dix dernières années, et notamment de la création de l'Organisation de Coopération de Shanghaï dont ils sont les principaux membres avec les états turcs d'Asie centrale. Présentée comme une alliance politique et économique entre ces trois pôles, celle-ci regroupe 1,5 milliards de personnes, s'étend sur 26 millions de kilomètres carrés et possède une réserve de matières premières tout à fait formidable. Il faut ajouter à cela la coopération militaire soutenue qui s'est développée depuis 2005. Avec ces chiffres, il n'y a qu'un pas à franchir pour faire le parallèle avec l'ancien Empire mongol édifié sous Gengis Khan et ses éventuels actuels "successeurs".

La première partie de l'ouvrage, « Iran-Chine, le noeud de l'alliance et sa périphérie russe », analyse les relations entre les trois pays et la vision qu'ils ont l'un des autres. Thomas Flichy nous montre l'amitié millénaire entre la Perse et la Chine qui se sont mutuellement influencées dans de nombreux domaines, en particulier culturels. Malgré quelques périodes troubles, comme lors de la partition de l'Empire mongol ou de l'établissement de la république islamique en Iran, les contacts entre les deux nations ont toujours été étroits. La Russie et l'Iran ont (auraient ?), eux aussi de leur côté, connu des relations bilatérales basées sur la coopération et la bonne entente même si l'impérialisme russe a souvent compromis cette bonne entente comme lors du Grand Jeu avec l'Empire britannique. Le problème de l'alliance se trouve principalement dans les relations Russie-Chine qui oscillent entre la méfiance ou la méfiance réciproque, faisant de l'Iran l'interlocuteur obligé de la coopération sino-russe à l'intérieur de l'alliance. L'auteur dresse ensuite un portrait comparé des pays quant à leurs pensées politiques et diplomatiques, opposant par exemple la Russie conquérante à un Iran et une Chine pacifique. Ces aspirations et attitudes diverses mettent en évidence une certaine fragilité diplomatique de l'alliance.

Antoine-Louis de Prémonville se penche quant à lui sur l'histoire de « l'Empire mongol et ses soubresauts à travers l'histoire ». Il dresse un bref tableau de cet empire et de ses successeurs ilkhanides ou yuan, en voulant démontrer, à juste titre, que les pôles russes, iraniens et chinois ont subit une influence commune avec la domination mongole dont les pratiques et usages politiques trouvent un écho lointain dans ceux utilisés aujourd'hui par ces trois pays. Il finit enfin par aborder le célèbre Roman von Ungern-Sternberg et son épopée étonnante en Sibérie et en Mongolie lors de la guerre civile russe. Même si cela peut sembler assez superflu aux yeux du lecteur au regard du sujet du livre, l'aventure est assez extraordinaire pour être plaisante à lire.

Les deux derniers chapitres de l'étude, intitulés « Iran, Chine et Russie : le pragmatisme plus que le rêve impérial » et « Une cyber-communauté de l'information ? » sont consacrés aux mécanismes de l'alliance, à ses terrains d'actions ainsi qu'à son image, en son sein comme à l'extérieur. La question énergétique fait l'objet d'une brillante analyse par Jean-Marie Holtzinger qui montre l'importance du pétrole à la fois comme outil de puissance et d'influence des pays de l'O.C.S., mais aussi comme indicateur des relations entre les trois pays. La dernière partie consacrée à l'information est tout aussi intéressante. En effet, Jérôme Pâris et Thomas Flichy s'attachent à montrer au lecteur non pas "la" mais "les" visions véhiculées par les médias occidentaux, musulmans ou ceux de l'O.C.S sur différents sujets comme la question du nucléaire iranien, la guerre civile syrienne ou encore l'action des trois pays dans le domaine du renseignement. Tout ceci est traité de façon relativement convaincante et donne au lecteur de vrais outils pour comprendre et apprécier l'attitude de ces états, dont les motivations peuvent parfois nous échapper.

Toutefois, le livre laisse une impression mitigée au lecteur. Il parait tout-à-fait pertinent sur certains points de son argumentation, mais certaines parties paraissent relèvent du hors-sujet, ou avoir été rédigées trop rapidement, ce qui est dommage pour un ouvrage sur un thème d'une grande actualité, bien abordé en général mais d'à peine plus de 80 pages. La question du cyber-conflit officieux entre l'O.C.S. et les Etats-Unis n'est pas traitée, alors même que le thème est annoncé. De plus, on a du mal à comprendre pourquoi l'histoire de l'empire mongol fait l'objet d'une partie entière en tant que telle, alors qu'elle se serait fondue parfaitement avec celle des relations du trio. De même, autre exemple, la partie sur la place du monde turc dans (et par rapport à) l'O.C.S., qui est présentée comme importante, est à peine abordée. On regrette aussi l'absence d'une bibliographie finale, qui listerait les ouvrages présentés en note de bas de page et permettrait d'aller plus loin sur certaines questions. Pour finir sur une note positive, l'ouvrage soulève des questions essentielles de géopolitique à court et moyen terme, qui inciteront le lecteur à pousser plus en avant l'étude de ces sujets. De vraies problématiques, de vraies réflexions, sur une zone dont la plupart de nos concitoyens ignorent à peu près tout et qui méritent  largement  d'être prises en compte. Un beau sujet.

Thierry Barroca.

Editions Lavauzelle, Panazol, 2013, 89 pages. 14,80 euros.

ISBN : 978-2-7025-1575-4.

NB 1 : On complétera avec la lecture de l'analyse sur le même sujet et par le même auteur, mise en ligne sur le site du CREC : ici.

NB 2 : On lira également sur le même thème le billet hebdomadaire de François Chauvancy sur Défense et Sécurité, mis en ligne le 8 juin : ici.

Héritiers du baron von Ungern-Sternberg ?
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11 juin 2013 2 11 /06 /juin /2013 06:55

La mémoire spoliée

Les archives des Français, butin de guerre nazi puis soviétique

Sophie Coeuré

Nouvelle édition remise à jour d'un livre publié pour la première fois en 2007, cet ouvrage est absolument passionnant. Sur un sujet qui pourrait paraître ennuyeux (des montagnes de cartons d'archives...), nous avons un récit vivant qui ouvre largement sur de multiples pistes et pose de très nombreuses questions.

Sophie Coeuré reprend au fil des chapitres toute la chronologie de l'histoire mouvementée de ces archives de la IIIe République, saisies par les Allemands au printemps 1940 et pour certaines transférées au coeur du Reich pour y être systématiquement exploitées (Qui sont les partisans de l'autonomie en Rhénanie ? Qui sont les agents français en Allemagne avant-guerre ? Comment la France a-t-elle négocié avec telle ou telle personnalité étrangère ?, etc.). Selon Karl Epting, adjoint de l'ambassadeur Abetz, "les archives pouvaient être des armes aussi terribles que les obus"... Mais, en 1944, le travail est encore loin d'être terminé et du fait de la progression des alliés occidentaux comme de l'Armée rouge, des stocks d'archives saisies nomadisent à travers le Reich, de Bohème en Bavière. Or, différents organismes civils et militaires soviétiques organisent dans les territoires conquis par l'Armée rouge la collecte systématique des archives "ennemies" et leur transfert en Union soviétique. La chose fut connue, ... mais un silence presque complet est rapidement fait sur ce dossier. Les archives sont oubliées et pratiquement considérées comme perdues, tandis que les services de renseignement de Moscou s'efforcent, à leur tour, de les "faire parler" ("Archives spéciales centrales d'Etat" du NKVD). Leur restitution (très) progressive est largement fonction du "dégel" entre les blocs à partir de 1966, mais c'est surtout après l'implosion de l'Union soviétique que les choses se dénouent : "L'historienne et archiviste américaine Patricia Grimsted, l'un des meilleurs spécialistes occidentaux du réseau complexe des administrations d'archives soviétiques, créait la sensation dans une interview à l'hebdomadaire Literatournaïa Gazeta en mentionnant pour la première fois la présence de dossiers français, ceux de la Sûreté nationale et du 2e bureau". Les principaux retours de Russie commencent en 1994 pour se terminer six ans plus tard (plus d'un million de dossiers restitués), et chaque grand organisme français (Archives nationales, archives diplomatiques, archives militaires, etc.) adopte sa propre politique pour reclasser, inventorier, et (pour les plus performants) remettre ces documents à la disposition du public. De changements de méthodes en changements d'hommes, les archives de l'ancien ministère de la Guerre sont encore les moins accessibles. Mais le livre ne s'étend pudiquement pas sur ces difficultés. De même, il reste relativement discret sur ces conservateurs des années 1940 (dont on apprend qu'ils ne furent pratiquement pas sanctionnés à la Libération) qui, en "bons fonctionnaires", facilitèrent la première saisie par les Allemands. C'est passionnant et les efforts faits par la Reich comme par l'URSS pour se les approprier et les exploiter témoigne bien de toute l'importance de cette ressource.

Nous avons centré notre recension sur les archives (militaires), mais le livre s'intéresse aussi aux spoliations culturelles et artistiques, dont il est question à de nombreuses reprises. Vous saurez ainsi tout (ou presque, j'ai une ou deux anecdotes supplémentaires en réserve) sur l'histoire de ces "fonds de Moscou" et vous en apprendrez beaucoup sur l'importance politique et stratégique des archives, si injustement décriées ou ignorées. A lire. Absolument.

Petite Bibliothèque Payot / Histoire, Paris, 2013, 375 pages. 10,65 euros.

ISBN : 978-2-228-90904-4.

Archives "de Moscou"
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6 juin 2013 4 06 /06 /juin /2013 06:47

La dernière catastrophe

L'histoire, le présent, le contemporain

Henry Rousso

Un livre d'un abord peu facile (surtout la première partie), mais d'une très grande richesse. Historien spécialiste de la Seconde guerre mondiale et de sa mémoire, Henry Rousso nous propose en effet ici une longue réflexion sur "l'histoire du temps présent" et ses problématiques, son rapport à l'histoire "classique", son intérêt, son importance et ses limites ou ses pièges.

Ouvrage un peu ardu disions-nous, en particulier dans son chapitre 1, "La contemporanéité du passé", qu'il est toutefois difficile de passer rapidement puisque l'auteur précise en particulier dans ces lignes ce qu'a été "l'histoire de l'histoire" immédiate, depuis les auteurs grecs antiques jusqu'au XIXe siècle et pose les termes du débat. Les chapitres qui suivent (2 : "La guerre et le temps d'après", 3 : "La contemporanéité au coeur de l'historicité", et 4 : "Notre temps") sont plus facilement digeste pour qui n'a pas une solide connaissance théorique préalable du sujet et des débats (querelles ?) internes qui lui sont propres. N'allez pas pour autant penser qu'il n'y a là qu'une discussion plus ou moins fumeuse entre quelques spécialistes très pointus. Ces sujets posent de nombreuses questions extrêmement concrètes pour tous les historiens sur le statut des témoignages des acteurs des événements ("Il n'y a pas d'homothétie entre l'histoire orale et l'histoire du temps présent, même s'il y a des liens évidents") et leur critique constructive, sur le rôle et la place des journalistes et de leurs travaux dans l'écriture de cette histoire immédiate, mais aussi sur les discours mémoriels (reconstruits et instrumentalisés), sur les "exigences" morales et/ou politiques de repentance, etc. Henry Rousso insiste toutefois à plusieurs reprises : en dépit de toutes ces questions et difficultés, l'histoire du temps présent "relève bien du domaine disciplinaire de l'histoire et elle n'a aucune intention de fuguer hors de sa famille d'origine. Même si elle prétend à quelques spécificités et même à des singularités, elle ne cherche ni à s'imposer comme discipline autonome, ni à se fondre à la sociologie ou même à une anthropologie du présent". Dans un héritage académique qui divise traditionnellement l'histoire en quatre grandes périodes, se pose enfin la question des limites chronologiques de cette histoire : s'arrête-t-elle "aujourd'hui", avec l'événement en cours (mais c'est délicat) ? Quand commence-t-elle ? En 1914 (mais alors il n'y a plus de témoins) ? En 1940 ou 1945 ? 1968 ? 1989 ? 2001 ("Quant aux terroristes du 11 septembre, ils ont eu le bon goût de lancer leurs attaques au tout début du nouveau siècle, offrant ainsi aux historiens une borne inaugurale toute trouvée") ? Plus la date retenue est proche, quel doit être le poids ou la part des archives officielles dans les études ? Existe-t-il une sorte de "devoir de réserve" ? Autant de questions, on le voit bien, dont les réponses conditionnent la capacité à analyser avec méthode des phénomènes toujours extrêmement sensibles.

Haut les coeurs ! Un peu de courage et de volonté pour aborder la première partie du livre, et il vous sera ensuite aisé de suivre le raisonnement de l'auteur dans la plus grande partie de l'ouvrage. Vous ne serez (nous ne sommes) sans doute pas toujours d'accord avec lui ? Tant mieux ! Et souhaitons que cette longue réflexion vienne nourrir utilement les débats publics comme les réflexions de chacun.

NRF Essais, Gallimard, Paris, 2013, 338 pages, 21 euros.

ISBN : 978-2-07-075972-9.

Histoire du temps présent
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Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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