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22 novembre 2016 2 22 /11 /novembre /2016 06:00

Alexandre

Exégèse des lieux communs

Pierre Briant

Si des dizaines de milliers d'ouvrages ont été publiés depuis l'Antiquité elle-même sur l'un des plus grand héros de l'histoire, le livre de Pierre Briant se distingue par son ampleur et les résonances, la modernité, qu'il évoque. Un véritable inventaire dans le temps long.

Le propos peut paraître excessif, puisque l'auteur évoque "la décolonisation de l'histoire d'Alexandre" et rappelle l'un de ses anciens articles : "Impérialismes antiques et idéologie coloniale dans la France contemporaine : Alexandre le Grand modèle colonial". En élargissant le plus possible son champ d'investigation (parfois jusqu'à des aspects assez secondaires ou des propos très "grand public"), Pierre Briant dresse un inventaire impressionnant des références à Alexandre à toutes les époques et dans (presque) tous les lieux  : "Créé dans l'Athènes du Ve siècle dans la suite des victoires de Marathon et de Salamine, le stéréotype culturel de la supériorité d'un petit peuple libre sur un immense empire peuplé d'esclaves était aisé à introduire et à adapter à toutes les situations où Est et Ouest se sont affrontés, et d'abord les victoires d'Alexandre". En sept grands chapitres (le dernier nous conduit d'Alexandre en Bactriane au général Petraeus en Afghanistan, rien de moins), nous retrouvons (ou découvrons) Alexandre dans l'imaginaire européen jusqu'au XIXe siècle, dans les représentations des princes et rois qui utilisent son image, mais aussi dans le monde ottoman et en Perse et jusqu'à l'Inde et au Mali, puisque l'un des manuscrits de Tombouctou semble faire directement référence au roi de Macédoine. Les thématiques de la colonisation et de la médiatisation sont au coeur des chapitres 3 et 4, avec quelques rapprochements osés, qu'il s'agisse d'une sorte de filiation entre Alexandre et Lyautey au Maroc, ou même avec le groupe de Heavy Metal Iron Maiden qui "fut le premier en 1986 à consacrer un morceau à Alexandre (Alexander the Great) dans un album intitulé Somewhere in time". Un long paragraphe est consacré à l'ouvrage de Benoist-Méchin dans la série "Le rêve le plus long", Alexandre le Grand, ou le rêve dépassé, dont on sait que les aspects romanesques dépassent souvent le respect de la vérité historique. Le chapitre 5 s'intéresse aux représentations d'Alexandre par les grands auteurs, de Montesquieu au XXe siècle, avec une analyse critique de leurs oeuvres, et le chapitre 6 pose curieusement la question de "Juger Alexandre ?", au nom d'une conception particulière de la colonisation et des questions raciales. J'avoue atteindre ici les limites de l'exercice, car traiter de l'Antiquité à partir des concepts culturels et des idées sociales du XXIe s. me semble peu adapté. Après tout, le nombre de victimes lors des conquêtes d'Alexandre ne semble pas pouvoir être précisé sur les bases des sources antiques, il ne fut ni le premier ni le dernier à raser des villes et réduire des populations en esclavage, et il serait intéressant de comparer ses pertes à celles (en pourcentage au moins) d'autres conflits proches, en amont ou en aval. Bref, invoquer les mânes d'Alexandre pour critiquer ou applaudir telle ou telle décision actuelle me semble relativement hors de propos, et les nombreux historiens (en particulier anglo-saxons) que cite Pierre Briant paraissent perdre toute souci méthodologique.

S'il est parfois "urticant", le volume est indiscutablement passionnant, parce qu'il retrace le parcours d'une véritable légende quasi-planétaire dans le temps (très) long, dans ses évolutions, dans ses échos politiques, culturels et sociaux. Un ouvrage étonnant car une telle approche, parfois iconoclaste, est intellectuellement à la fois originale et stimulante, même si l'on n'est pas toujours en accord avec l'auteur. 

Folio Histoire, Paris, 2016, 569 pages. 11,90 euros.

ISBN : 978-2-07-079376-1.

Mythe d'Alexandre et permanence de sa présence
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19 octobre 2016 3 19 /10 /octobre /2016 06:00

SPQR

Histoire de l'ancienne Rome

Mary Beard

On doit récemment à Mary Beard, en traduction française, une exceptionnelle histoire de Pompei (ici) et elle nous offre avec ce solide ouvrage une approche de l'ensemble de l'histoire de ce petit village devenu capitale d'un immense empire, et donc de fait une histoire de l'empire lui-même et de sa civilisation sur environ un millier d'années.

Deux exemples totalement différents, dès les premières lignes, témoignent de l'ampleur de ce que nous devons à Rome : "L'assassinat de Jules César aux ides de mars en 44 avant J.-C. a fourni le modèle, et parfois même une légitimation maladroite de tous les tyrannicides", et puisque l'histoire et la  géographie sont étroitement liées "c'est principalement parce que les Romains firent de Londres la capitale de leur province de Bretagne qu'elle est aujourd'hui celle du Royaume-Uni". Tout en se gardant d'établir des comparaisons hâtives ou abusives ("Explorer la Rome antique depuis notre XXIe siècle relève du funambulisme"), elle confirme que "son Sénat et son peuple continuent d'avoir du sens pour nous". Dès avant l'ère chrétienne, Rome est la plus grande et plus peuplée ville d'Europe (jusqu'au XIXe s.), et c'est en ce Ier siècle avant J.-C., l'époque de Cicéron et de Catilina, que l'auteure commence son récit car il marque à la fois l'aboutissement d'une première phase et le début d'une nouvelle époque. L'auteure reprend ensuite un déroulement chronologique à partir de la fondation mythique de la ville par Romulus ("Maintes versions différentes de la légende se font concurrence, qui sont parfois incompatibles entre elles"), pour nous conduire au moment où "la ville de Rome commença à être éclipsée en tant que centre du pouvoir" entre la fin du IIIe et le début du IVe siècle. Au fil des douze chapitres, nous retrouvons ainsi la Rome des rois (étrusques ?), l'expansion dans la péninsule, la conquête du monde méditerranéen, les évolutions politiques intérieures, les rapports de force au sein de la cité comme de la République, les guerres des triumvirats et l'établissement de l'empire, la déification de l'empereur et les successeurs d'Auguste, la place des sénateurs dans ce nouvel ensemble et la réalité de la vie sociale dans cette métropole devenue tentaculaire. Au passage, elle souligne les évolutions au sein de la magistrature, relativise le "Alea jacta est" de César, s'attarde sur les rapports intra-familiaux et la place des esclaves, ou s'interroge sur l'utilité réelle du mur d'Hadrien. S'agissant d'une histoire de Rome, l'aménagement urbain n'est pas oublié, et l'on constate également qu'il n'y a plus de grands travaux de construction et d'aménagement dans la ville à partir de la fin du IIIe siècle : voilà aussi un signe de difficultés (les empereurs ne sont plus dans Rome) annonciatrices de lendemains sombres.

En un mot comme en cent, un livre riche, dense, passionnant, qui allie large survol à travers les siècles et souci du détail ponctuel dans la démonstration.

Perrin, Paris, 2016, 591 pages, 26,- euros.

ISBN : 978-2-262-04871-6.

Au nom du sénat et du peuple romain
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15 octobre 2016 6 15 /10 /octobre /2016 06:00

Les derniers jours

La fin de l'Empire romain d'Occident

Michel De Jaeghere

Edition revue et augmentée d'un livre paru en 2014, et alors même que la production d'ouvrages sur le sujet reste régulière (ici et ici par exemple). Un livre volumineux et qui multiplie les références en appui de la thèse de l'auteur, dont la citation choisie en ouverture donne le sens général : "Aucune civilisation n'est détruite du dehors sans s'être tout d'abord ruinée elle-même". Michel De Jaeghere, directeur du Figaro Histoire, précise utilement dans les premières pages le point historiographique des interprétations données depuis fort longtemps sur cet événement majeur, mais n'en oublie pas ses idées personnelles lorsqu'il critique (par ailleurs justement) la comparaison établie depuis 2008 au moins au nom de "l'immigration salutaire" entre l'entrée en scène des peuples barbares et la période actuelle. Et il résume : "Sa chute ne se limita pas à un changement de régime, la substitution des royaumes barbares au beau rêve d''empire universel. Elle s'inscrivit  dans un cadre autrement plus vaste : celui d'une altération profonde de la civilisation du monde antique, dans ses manifestations matérielles, dans ses instruments juridiques comme dans son héritage moral et spirituel, au point d'apparaître comme un effondrement".

L'auteur ne se contente donc pas d'un récit politique ou militaire, et les aspects culturels ne sont jamais bien loin. Il aborde tous les thèmes au fil des années, car bien sûr cette disparition n'est pas survenue en un jour. De la crise du IIIe siècle aux empereurs illyriens, de la question religieuse à la crise démographique, du déploiement des légions à cet étranger aller-retour que fut la "barbarisation des esprits" mais aussi la "romanisation des vaincus", il nous entraîne dans un vaste périple européen, méditerranéen, balkanique et oriental. L'arrivée des différentes tribus Goths marque une évolution nouvelle, amplifiée par l'irruption des Vandales et bientôt des hordes d'Asie centrale. Désormais l'empire survit à Constantinople et le dernier empereur d'Occident n'est plus qu'un exilé dans la région de Naples. L'ensemble du texte s'appuie sur un important appareil de notes, les citations sont nombreuses et en fin de volume l'auteur revient sur le méconnu traité de 382 entre Théodose et les Goths, événement majeur dans l'effondrement de l'empire, en s'efforçant d'en reconstituer le but et les termes. Enfin, une très abondante bibliographie finale, assez exemplaire, permettra à chacun d'aller plus loin sur tous les sujets, des questions successorales ou militaires à celle du paganisme et de la place de l'église, de l'établissement par les armes des royaumes barbares, des "faux" empereurs aux "vrais" usurpateurs et prétendants. Pendant que les provinces des Gaules sont dévastées, les armées élisent leurs propres empereurs, mais "la frontière du Rhin est abandonnée à la garde des Francs et des Alamans".

Un ouvrage indiscutablement important, agréable à lire, qui devrait marquer durablement les études sur ce thème presque éternel : pourquoi et comment meurent les empires.

'Tempus', Paris, 2016, 798 pages, 16,- euros.
ISBN : 978-2-262-06425-9.

Fin d'un monde
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12 septembre 2016 1 12 /09 /septembre /2016 06:00

Alésia

52 avant J.-C.

Yann Le Bohec

Grand spécialiste, internationalement reconnu, d'histoire militaire romaine et auteur de près d'une vingtaine d'ouvrages, dont récemment (ré)édités l'Histoire militaire des guerres puniques (ici), César chef de guerre (ici) et Spartacus chef de guerre (ici), Yann Le Bohec a publié en 2012 cette étude très solide désormais disponible en format poche.

L'auteur remet longuement en contexte la guerre des Gaules en soulignant la volonté de César d'obtenir un succès utile au plan politique intérieur, présente les profondes divisions entre les peuples gaulois et résume le déroulement des opérations avant Alésia, entre - 57 et - 53 av. J.-C. L'essentiel du livre, à partir de la page 59, est donc consacré à la campagne de - 52 et à la bataille d'Alésia elle-même. Yann Le Bohec revient sur la polémique relative à la localisation du site pour conclure : "En conclusion et en bonne méthode, il vaut mieux suivre pour l'instant et jusqu'à preuve du contraire l'avis de la majorité des chercheurs : l'Alésia de la guerre des Gaules correspond à Alise-Sainte-Reine, qui se trouve dans la Côte-d'Or, en Bourgogne". Il établit une comparaison intéressante (quoiqu'assez classique) entre les deux chefs, César et Vercingétorix, et les deux armées, légions romaines et leurs alliés d'une part, coalition gauloise d'autre part, qui ne tient véritablement que par la personne de son chef. Il traite bien sûr longuement de  "l'art de la guerre de siège", la poliorcétique, romaine à Alésia et surtout détaille (ce que de nombreux lecteurs apprendront sans doute) les quatre batailles distinctes qui scandent en fait l'histoire générale du siège. Mettant en relief le rôle essentiel même s'il fut trop tardif de Vercingétorix (et nous ne sommes pas là dans le "roman national"), contraint de se rendre après l'ultime échec de l'armée de secours, Yann Le Bohec le rappelle en conclusion : "Après la défaite de Vercingétorix devant César à Alésia, la Gaule se romanisa peu à peu, la Gaule celtique devint la Gaule romaine. Et c'est ainsi que la Gaule donna naissance à la France".

Un petit volume indispensable.

'Texto', Paris, 2016, 222 pages. 8,50 euros.

ISBN : 979-10-210-2113-6.

Alesia, c'est où ?
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22 avril 2016 5 22 /04 /avril /2016 06:00

Justinien

Le rêve d'un empire chrétien universel

Pierre Maraval

Spécialiste d'histoire religieuse et auteur de plusieurs ouvrages sur l'Antiquité chrétienne (récemment ici), Pierre Maraval nous propose aujourd'hui une histoire du règne de Justinien (et de son oncle Justin auquel il est associé entre 518 et 527 avant de régner seul), marquée par les questions militaires et au moins autant religieuses.

Après une belle introduction qui présente utilement un large panel de sources, puis nous précise ce qu'il en est de l'empire et de Constantinople au début du VIe siècle, l'auteur décrit les deux règnes en trois grandes parties : "Le règne de Justin, 518-527", "Justinien seul empereur. Nos temps heureux, 527-540", et "Un temps d'épreuves et de désillusions, 540/541-565". Dans chaque partie, il explique le fonctionnement de l'empire et les évolutions de son administration, revient longuement sur les débats religieux ("byzantins" au sens propre, avec les innombrables schismes et "sectes") qui déchirent les églises chrétiennes, évoque les évolutions sociales (ou "sociétales") et insiste sur les questions militaires (réorganisations) et diplomatiques (négociations), puis les campagnes elles-mêmes en Europe et en particulier dans les Balkans (on découvre qu'il existe toujours à l'époque un "poste de garde des Thermopyles, dont les enceintes avaient été doublées" : cf. l'importance de la géographie et du terrain dans l'histoire militaire), la péninsule italienne et une partie de l'Espagne, en Afrique du Nord et de façon récurrente contre la Perse, puissance montante à l'est. Nous y voyons à l'oeuvre les généraux de Justinien, dont le célèbre Bélisaire bien sûr (et cette déclaration au début de la première campagne africaine, lorsqu'il recommande "de payer la nourriture et d'éviter toute violence envers les autochtones, en affirmant que 'les Libyens, qui depuis tout temps sont des Romains', étaient prêts à les (les soldats de Justinien) accueillir comme des libérateurs de l'oppression vandale"). Qu'il s'agisse de la politique architecturale (dont la construction de la nouvelle Saint-Sophie qui devait dépasser "par sa grandeur, sa magnificence, son originlité architecturale, tout autre édifice élevé à la gloire de Dieu"), l'influence des différentes communautés, du rôle des évêques, des réformes sociales, des conciles, de l'Afrique byzantine ou des efforts pour réinstaller l'empire en Italie du Nord, des nombreuses révoltes qui marquent la seconde partie du règne, des relations avec les peuples "barbares", ou de la répression intérieure, nul doute que chacun en apprendra beaucoup sur cette ultime apogée de l'empire romain d'Orient.

A la marge, dommage que l'on ne compte que trois cartes dans le livres, mais un index très complet figure heureusement en fin d'ouvrage. Un ouvrage tout particulièrement intéressant.

Tallandier, Paris, 2016, 428 pages. 22,90 euros.

ISBN : 970-10-210-1642-2.

L'empereur "qui ne dort jamais"
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25 janvier 2016 1 25 /01 /janvier /2016 06:00

Spartacus

Chef de guerre

Yann Le Bohec

Bien connu de tous les amateurs d'histoire militaire et en particulier d'histoire antique, Yann Le Bohec nous livre aujourd'hui un (treizième !) ouvrage original qui s'intéresse aux caractéristiques militaires de la révolte de Spartacus et des opérations qui s'échelonnent entre -73 et -71 av. J.-C.

En onze denses chapitres chrono-thématiques, il nous entraîne (avoir avoir présenté son héros, ses origines, sa vie sa famille, etc., mais aussi l'armée romaine dans son organisation, son encadrement, sa tactique, etc., avant les événements étudiés) du milieu des esclaves et des gladiateurs dans la Rome ancienne et du cadre général des guerres serviles qui se prolonge, à partir de la Sicile, à partir de -132. Pour Spartacus, tout commence en Campagnie lorsqu'il devient chef d'une bande de révoltés de quelques dizaines d'hommes, d'origines et de statuts différents. Peu à peu, s'équipant sur les voyageurs rencontrés et les premières troupes romaines vaincues, les effectifs augmentent par le ralliement d'autres esclaves en rupture de ban, et l'affaire dépasse le cadre des autorités locales avec sa prise en compte par les autorités romaines. Echappant à ses premiers poursuivant, Spartacus commence à organiser sa troupe, mettre en place une hiérarchie, se préoccupe de son ravitaillement, envisage les actions futures à conduire : il n'est plus simplement un chef de bande mais devient un chef de guerre, qui fait preuve de réelles capacités tactiques, en fonction des ressources de la zone traversée et de la menace des troupes lancées à sa poursuite (4.000, puis 6.000 hommes à l'hiver -73 / -72). Spartacus bénéficie d'ailleurs d'un avantage intellectuel et moral : le Sénat romain sous-estime et méprise les esclaves, alors que l'effectif révolté passe progressivement de 70 hommes à 7.000, puis 60.000, enfin autour de 100.000. Spartacus "avait su organiser une vraie armée, avec infanterie lourde, légère et cavalerie ; il prévoyait la logistique, il utilisait le renseignement", mais il "ne sut jamais recourir à la poliorcétique ni créer une marine. Ce nouveau chef de guerre se conduisait en homme intelligent et en ennemi implacable", allant jusqu'à s'allier avec un grand adversaire de Rome, Mithridate, roi du Pont. Yann Le Bohec cherche ensuite à déterminer les "buts de guerre" du chef révolté et détaille, autant que possible, l'organisation, la composition (il y avait des Italiens hommes libres dans son armée, y compris des déserteurs des légions) et les structures de commandement mise en place. Il s'intéresse ensuite à la tactique employée (en ayant toujours soin de replacer ses analyses dans le cadre culturel et intellectuel de l'époque), tout en soulignant les faiblesses de l'armée des esclaves (Spartacus "n'a jamais emporté une ville, ... par le manque de matériel et de personnel compétent"). Il suit ensuite longuement les révoltés à travers l'Italie, du Nord au Sud au cours de l'année -72, puis termine ce récit sur l'échec du passage en Sicile et les derniers combats de l'hiver -72 / -71, avec les victoires de Crassus et de Pompée (ce dernier sachant habilement valoriser son rôle). Le dernier chapitre s'intéresse à "Spartacus après Spartacus", le souvenir de ces campagnes et leur influence sur la situation des esclaves.

On apprécie en particulier la critique des textes antiques que fait Yann Le Bohec au fur et à mesure des pages, donnant au fil des paragraphes les raisons pour lesquelles il accorde davantage de crédit à l'un qu'à l'autre des auteurs de l'époque. On note également le côté très pédagogique du livre, chaque chapitre se terminant par une conclusion partielle clairement identifiée. Un volume facile à lire et très riche qui passionnera tous les amateurs.

Tallandier, Paris, 2016, 220 pages. 17,90 euros.

ISBN : 979-10-210-1747-4.

Guerres serviles
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4 février 2015 3 04 /02 /février /2015 05:50

César, chef de guerre

Yann Le Bohec

Publié pour la première fois en 2001, ce livre du plus grand spécialiste français de l'armée romaine, méritait indiscutablement d'être réédité.

A la fois biographie et livre d'histoire militaire, cet ouvrage témoigne de l'intérêt (de l'estime ? de l'admiration ?) de l'auteur pour son sujet, phénomène classique, mais aussi de sa maîtrise des questions stratégiques et tactiques. La première partie, sorte de longue mise en contexte, nous présente César avant ses campagnes, dans sa famille et comme chef politique à Rome, qui construit au préalable "son" armée. La deuxième partie traite de la guerre des Gaules et des campagnes successives à partir de 58 av. J.-C., du territoire des Helvètes à celui des Belges, d'Aquitaine en Bretagne et en Germanie. Pour chacune, Yann Le Bohec présente avec soin les forces en présence de part et d'autre, les choix opérationnels, l'évolution de la tactique, les modalités de la guerre de siège et les difficultés du ravitaillement. En conclusion de cette partie, il nous livre son appréciation sur les qualités militaires dont fait preuve César et tente une typologie des principaux engagements. Il lui reconnaît d'éminentes qualités mais sait conclure : "César ne pouvait donc pas perdre la guerre des Gaules. Le déséquilibre des forces jouait beaucoup trop en sa faveur". La troisième partie s'intéresse au rôle du chef romain pendant la guerre civile qui suit à partir de 50 avant J.-C. Yann Le Bohec décrit d'abord les pré-requis politiques et les forces en présence, puis s'intéresse à nouveau chronologiquement aux différentes campagnes, en Itaie d'abord, puis en Occident et en Orient contre les autres triumwirs. Quelques pages retiennent l'attention, comme celles sur "la guerre dans les îles", les batailles d'Egypte ou la reconquête de l'Espagne. Le livre se termine sur l'action politique de César de retour à Rome (finalement, qu'est-ce que le "césarisme" ?) et les préparatifs de la guerre contre les Parthes, de son élévation au titre de "dictateur perpétuel" aux ides de Mars. Comme pour la guerre des Gaules, Yann Le Bohec dresse un bilan complet des décisions et actions de César, comme tacticien et stratège, tout en relevant les fautes et erreurs commises par ses adversaires successifs.

Tout au long de cette étude, l'auteur s'appuie non seulement sur un très large panel de textes, mais aussi sur les trouvailles de l'archéologie. De riches annexes judicieusement choisies terminent ce volume, dont le texte courant bénéficie de très complètes notes de bas de page, tandis que de nombreuses cartes et différents graphiques illustrent le volume. Un livre aussi agréable et important que dense et riche.

Coll. 'Texto', Tallandier, Paris, 511 pages. 11,50 euros.

ISBN : 979-10-210-0449-8.

Ave Julius !
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30 janvier 2015 5 30 /01 /janvier /2015 06:15

Etrusques

Les plus heureux des hommes

Dominique Frère et Laurent Hugot (Dir.)

Peuple resté très longtemps assez mystérieux, les Etrusques ont souvent été considérés comme "aux marges" des mondes grecs et romains et ce n'est qu'au cours des dernières décennies que l'on a mieux connu ce "peuple de la différence", dans son histoire, sa culture, son rayonnement. Contrairement à ce que l'on pourrait croire (ou attendre), il ne s'agit pas ici d'une histoire générale des Etrusques, mais d'un ouvrage collectif organisé à partir de touches thématiques, impressionnistes, "autour des principaux thèmes de recherche développéspar Jean-René Jannot durant sa carrière".

 Le livre est donc structuré en cinq grandes parties principales qui regroupent des textes d'une vingtaine de chercheurs : "Les Etrusques et la musique", "Les fouilles archéologiques et l'étude du matériel", "Les sanctuaires et la religion des Etrusques", "La fortune des Etrusques", et "Les Etrusques, le monde romain et l'Orient" (cette dernière étant celle qui nous a, à titre personnel, le plus vivement intéressé). Certaines contributions peuvent sembler un peu ardues pour le néophyte absolu, mais l'ensemble forme un tout cohérent car chaque auteur, tout en fouillant son sujet particulier, propose bien sûr paragraphes, phrases et considérations plus larges sur la société étrusque. On peut ici regretter que les trois contributions en anglais ne soient pas traduites, ni au moins présentées sous forme de résumés, ce qui ne facilitera pas la lecture du non-spécialiste. On apprécie par contre tout particulièrement les nombreuses illustrations qui accompagnent les textes, et le cahier photos central qui propose quelques magnifiques pièces archéologiques. Du fait de sa diversité, vous avez toutes les chances, quel que soit le thème qui vous intéresse en histoire antique, de trouver dans ce volume de riches, précieuses et précises informations.

Un ouvrage plutôt pour spécialistes, mais qui devrait être utile à tous les amateurs d'archéologie et d'histoire antique. Et dont plusieurs textes plairont indiscutablement à tous ceux qui gardent une âme d'artiste et, finalement, une part de rêve d'enfant.

Presses universitaires de Rennes, 2014, 367 pages, 21 euros.
ISBN : 978-2-7535-3436-0.

Les plus religieux des hommes
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6 janvier 2015 2 06 /01 /janvier /2015 06:00

La fin de l'empire romain d'Occident

Chronique de son dernier siècle, de 375 à 476

Georges-André Morin

Période essentielle de notre histoire qui fait toujours l'objet d'un débat historiographique sur les causes et modalités de la disparition de l'empire romain d'Occident, le Ve siècle de notre ère bénéficie de la réédition complétée d'une importate étude, initialement parue en 2007.

Dans son avant-propos à la nouvelle édition, l'auteur confirme que "si l'affaissement et l'effacement de l'empire d'Occident n'ont à l'évidence pas eu un caractère cataclysmique, les analyses divergent sur leurs conséquences" et défend ensuite le principe du respect de la chronologie et l'idée d'un retour au "déroulement cohérent des faits, y compris en démythifiant quelques belles légendes bien installées" . La question des sources est assez rapidement évacuée cependant : "les matériaux abondent, mais les ouvrages existants et accessibles sur cette période relèvent soit du roman historique, soit de la thèse spécialisée" (les deux sont-ils comparables ?). Pour traiter de cette "époque cruciale et mal connue de notre histoire", Georges-André Morin dresse d'abord le tableau d'ensemble du siège du pouvoir impérial (Ravenne), de l'administration et de l'organisation de l'empire au IVe siècle, puis reprend chronologiquement à partir du chapitre 3 les règnes des empereurs successifs, de Valentinien Ier et de ses problèmes de succession jusqu'à Glycerius, Nepos et Romulus-Augustule, dont seul le nom du dernier est entré dans l'histoire. On (re)découvre au passage les conflits entre quelques grandes familles, les décès aussi inattendus qu'étonnants, les relations ambigües avec les principaux chefs barbares aussi bien qu'avec l'empereur d'Orient à Constantinople, les prises successives de Rome, les révoltes militaires en Italie comme dans ce qu'il reste des "provinces", l'importance de Théodose et l'irruption des Huns, puis au cours des vingt dernières années une succession extrêmement rapides d'empereurs quasiment inconnus, dont un étonnant Avitus, d'origine auvergnate et mis en place par le Wisigoth Théodoric II ! Dans le "brouillard" des dernières années de l'empire, certains titulaires de la plus haute charge restent même douteux, tandis que d'autres sont directement nommés par l'empereur d'Orient. Désormais, l'ensemble du territoire de ce qui fut l'empire romain d'Occident est divisé en royaumes barbares autonomes et distincts et l'empereur nominalement sur le trône ne contrôle plus en propre qu'une partie de la côte adriatique. Si tout ne se termine pas avec la déposition de Romulus-Augustule, ou s'est peut-être terminé avant, la date est retenue car elle marque une rupture définitive : "L'importance du 4 septembre 476 ne réside pas dans une déposition impériale de plus, ... mais dans le fait que le vainqueur d'un jour, Odoacre, ne juge utile ni de se proclamer empereur, ni d'en désigner un. Il se proclame roi, dénomination usuelle chez les Barbares ; mais roi d'Italie, pas roi de Rome, le titre mythique refusé à César".

Un récit essentiellement factuel, ce qui pour une période aussi troublée et globalement mal connue est une qualité. Un récit historique parfois étonnant, dont chacun peut au fur et à mesure envisager les conclusions.

Editions du Rocher, Monaco, 2014, 447 pages, 23 euros.

ISBN : 978-2-26807-640-9.

Fin d'un monde ?
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26 mars 2014 3 26 /03 /mars /2014 06:20

Auguste, maître du monde

Actium, 2 septembre 31 av. J.-C.

Pierre Cosme

Déjà auteur de plusieurs ouvrages de synthèse sur l'antiquité romaine, Pierre Cosme nous propose une étude détaillée de cette bataille navale d'Actium, fondatrice en quelque sorte de l'empire romain pour près de cinq siècles.

Le livre s'intéresse plus longuement à la succession d'événements qui précèdent et accompagnent la bataille navale qu'au le combat lui-même. Il commence par une description du contexte qui prévaut dans les années précédentes. Bénéficiant grâce aux richesses de l'Orient d'une réelle supérorité initiale, Marc-Antoine est également soutenu à Rome par plusieurs centaines de sénateurs et, au tournant de -34 / -33 av. J.-C., semble en mesure au minimum de créer une nouvelle puissance à partir de ses bases égyptiennes et avec l'aide de Cléopâtre, voire d'unifier l'héritage de César. Pierre Cosme accorde une place très importante à l'environnement, aux questions politiques et diplomatiques, aux jeux des alliances et, finalement, ne traite des questions militaires que pour une petite partie de l'ouvrage. La rupture entre les deux hommes intervient en -32 et, très vite, Octave déploie une active politique pour attirer vers lui certains soutiens importants de Marc-Antoine et sait conduire une habile propagande (une supposée menace orientale sur l'Italie et Rome dans l'hypothèse d'une victoire de Marc-Antoine). Dans son chapitre 3, il examine les moyens dont disposent les deux concurrents, moyens théoriques mais aussi réels, et comment ils constituent leurs forces terrestres et navales. Les premiers mois du conflits s'étirent en escarmouches et combats sur les marches, parfois par l'intermédiaire d'alliés et vassaux, et surtout Octave obtient le ralliement de l'un des proches de son adversaire. Finalement, les deux armées et les deux flottes se trouvent face à face aux pieds du promontoire d'Actium, à proximité des îles Ioniennes. Près de 800 navires et 80.000 hommes, avec un léger avantage numérique conservé par Marc-Antoine. Pris au piège, son armée manquant de ravitaillement, Marc-Antoine doit accepter d'abandonner le terrain : son armée retraitant par voie de terre par les Balkans en direction de la mer Egée, lui-même et sa flotte forçant le blocus. Le récit de la bataille elle-même fait l'objet du chapitre 6, et il apparait que, finalement, la victoire reste très largement indécise puisque, s'il perd de nombreux navires et doit fuir, Marc-Antoine conserve entier le potentiel de ses légions. Grâce au trésor de Cléopâtre, il peut espérer reconstituer ses forces et poursuivre la lutte. Mais l'homme est sans doute moralement ébranlé. Du Péloponnèse en Afrique du Nord et en Egypte, il échoue dans ses tentatives pour mobiliser ses soutiens, dont certains rallient directement Octave. Ce n'est plus qu'une question de semaines : la reine d'Egypte se retire dans son mausolée et Marc-Antoine meurt le 1er août -30. Habile politique, et grâce aux auteurs officiels qui vont tresser les couronnes de laurier à sa gloire, Octave présente désormais Actium comme une grande victoire et le malheureux Marc-Antoine comme un romain dépravé victime d'un mirage oriental.

"Un dernier mot pour ceux qui, deux mille ans plus tard, ne se consolent toujours pas du suicide d'Antoine et de Cléopâtre. La face du monde n'aurait peut-être pas été changée par leur victoire à Actium. Certes, Dionysos l'aurait emporté sur Apollon. Cependant, Marc-Antoine n'aurait sans doute pas gouverné avec des hommes foncièrement différents de ceux qu'employa Octavien : tout simplement parce qu'une bonne partie du Sénat était prête à rallier le vainqueur quel qu'il fut"

Tallandier, Paris, 2014, 140 pages. 16,90 euros.

ISBN : 979-10-210-0332-3.

Bataille navale fondatrice
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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