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25 mars 2017 6 25 /03 /mars /2017 06:00

La révolution des esclaves

Haïti, 1763-1803

Bernard Gainot

Bien connu à la fois pour ses travaux sur le Premier empire et la première période de conquête coloniale, Bernard Gainot nous offre ici une synthèse extrêmement précise d'un événement plus important qu'on ne le croit généralement : la difficile émergence de la première république noire née du monde colonial, une histoire dont Toussaint Louverture est effectivement le héros mais qui va bien au-delà.

En un peu moins de 300 pages, et y compris dans une introduction rigoureuse, il dresse le tableau complet des complexes et multiples événements qui se succèdent pendant plusieurs dizaines d'années dans la plus belle colonie française de l'époque, passant par les signes annonciateurs, la première abolition de l'esclavage, la place -peu connue- des affranchis noirs dans les rangs de l'armée coloniale, la distance aussi bien temporelle que spatiale avec la métropole qui est en facteur important, le développement de l'idée de liberté, la "révolution de Saint-Domingue" et le surgissement de Toussaint Louverture, qui à la fois organise à l'européenne une armée et met en place l'administration des territoires qu'il contrôle. Dans cette dernière partie, il n'hésite pas à s'attarder sur les conditions des campagnes militaires et les formes de l'organisation militaire territoriale, sans jamais omettre l'importance des menaces (plus ou moins réelles) que font peser les voisins espagnols et surtout britanniques. La notion de "république impériale française" est tout-à-fait intéressante, avec ses corollaires "l'équilibre des races" et la recherche d'une nouvelle organisation constitutionnelle. L'année 1797 est à cet égard essentielle. Le début du XIXe s. est marqué par un retour des violences puis des opérations militaires de grande ampleur entre le général Leclerc, représentant la métropole, et Toussaint qui a repris les armes. Du fait à la fois de l'intensité (ponctuellement) des combats et de ruptures quasi-idéologiques, l'indépendance est désormais ouvertement revendiquée : "La révolution de Saint-Domingue se hausse au rang de modèle à suivre pour les peuples colonisés". C'est chose faite en 1804. L'analyse de la défaite du corps expéditionnaire métropolitain, et ses échos, constituent la matière d'un ultime chapitre, qui clôt utilement l'ensemble du volume.

Une solide présentation, didactique, précise, qui permet de mieux comprendre non seulement les événements de l'époque mais aussi leurs conséquences ultérieures.

Vendémiaire, Paris, 2017, 287 pages. 22,50 euros.

ISBN : 978-2-36358-259-1.

Fleuron du premier empire colonial
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13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 06:00

Quand les Européens découvraient l'Afrique intérieure

Afrique occidentale, vers 1795 - 1830

Olivier Grenouilleau

Spécialiste du XIXe siècle et de l'histoire de l'esclavage, à laquelle il a déjà consacré de nombreux ouvrages, Olivier Grenouilleau nous propose ici une étude sur la période "pré-coloniale", celle qui, de la Révolution à la Monarchie de Juillet, voit un nombre croissant d'Européens, explorateurs, commerçants, scientifiques et militaires, pénétrer de plus en plus profondément vers le centre du continent noir, à partir des côtes d'Afrique occidentale.

C'est l'époque des débuts de l'abolitionnisme, mais aussi celle où l'on a en Europe une vision fantasmée d'une Afrique "fabuleuse aux richesses immenses ..., image mythique où, à l'instar de sa végétation, tout ne serait en Afrique que naturelle luxuriance". Français et Britanniques sont alors à la pointe de ces expéditions de découverte, et au fil des pages nous suivons les traces de Clapperton et de Lander, remontant du golfe de Guinée vers le Niger ; de Gray et Dochard, de Mollien, de Park et de Laing, partant des côtes du Sénégal et du Sierra Leone, de René Caillié, qui à partir de la côte atlantique remonte jusqu'au Maroc et à Tanger par Tombouctou. Pour les uns, il s'agit déjà, effectivement, d'ouvrir la voie à la colonisation européenne, pour d'autres de partir à la recherche de voies commerciales et de débouchés, pour d'autres enfin les préoccupations sont essentiellement scientifiques, mais tous manifestent à l'égard des régions qu'ils traversent et des populations qu'ils rencontrent une curiosité de bon aloi, qui n'est pas encore marquée par cette forme de mépris condescendant que l'on retrouvera à la fin du XIXe siècle. Olivier Grenouilleau nous présente les personnalités et les tempéraments souvent assez exceptionnels de ces explorateurs et s'efforce de préciser leurs motivations pour partir ainsi à l'aventure. Il raconte leur quotidien, leurs rencontres, leurs rapports avec les chefs locaux, les difficultés de déplacement, etc. ; mais aussi l'organisation sociale des nations et tribus au sein desquelles ils séjournent pendant parfois de longues périodes, ainsi que les circuits d'échanges qui préexistent et le potentialités économiques (réelles ou supposées) qu'ils identifient. Enfin, la troisième grande partie est consacrée tout à la fois à la question de l'esclavage africain intérieur, avec le paradoxe de sa condamnation avant que l'abolitionnisme n'ait triomphé en Europe, et à la question de la position de ces explorateurs, aussi bien vis à vis de ces sociétés qu'à leur retour dans leur métropole européenne.

Un livre à la fois riche d'informations sur une période et des événements généralement mal connus, qui replace sans a priori à leur juste place des campagnes de découverte, et qui présente honnêtement les "visiteurs" comme les "visités".

Tallandier, Paris, 2017, 349 pages. 23,90 euros.

ISBN : 979-10-210-0335-4.

Exploration et découverte de l'Afrique
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12 février 2017 7 12 /02 /février /2017 06:00

Henri Gouraud

Photographies d'Afrique et d'Orient

Julie d'Andurain

Travaillant aussi bien sur les mondes coloniaux que sur la Grande Guerre, Julie d'Andurain (qui a publié en 2012 La capture de Samory, ici) a soutenu une thèse sur le général Gouraud (4e Armée en 1918) pendant la Première Guerre mondiale, et connaît donc parfaitement les fonds d'archives. Des trésors des dépôts du ministère des Affaires étrangères, elle a extrait 200 photos qui retracent la carrière du général, parmi les quelques 10.000 qui figurent dans son important fonds privé.

Les dix premières pages présentent rapidement la jeunesse de Gouraud, puis l'ouvrage est divisé en quatre grandes parties qui correspondent aux principales étapes de sa carrière : l'Afrique, la Grande Guerre, le Levant, le Gouverneur militaire de Paris. Souvent présentées en grand format, parfois en double-page, les photos sont d'une exceptionnelle qualité, régulièrement complétées par des cartes, des dessins, des reproductions de documents privés ou officiels. Elles sont accompagnées par un texte courant qui décrit avec soin les événements de la même époque et l'évolution parallèle de la vie et de la carrière de Gouraud, à la fois officier et diplomate, qui connu souvent le feu (il perd un bras à Gallipoli) mais rencontra également les plus hautes autorités françaises et étrangères de son temps. Ce texte est lui-même enrichi par de nombreux extraits de correspondances, qui apportent une complément d'âme à l'ensemble. Pour les amateurs d'analyse des photos et de leur rôle dans la construction d'un récit historique, il y a là une belle matière, puisque la sélection présentée s'échelonne sur l'ensemble d'une vie professionnelle. Enfin, une mise en page classique et la dominante ocre ou sépia des photos anciennes donnent au volume une allure très soignée, un style presque "discrètement luxueux".

Un beau livre-album qui a dès à présent sa place dans toute bibliothèque bien tenue.

Editions Pierre de Taillac, Paris, 2016, 240 pages, 35,- euros.

ISBN : 978-2-36445-083-7.

Une carrière en photos
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28 novembre 2016 1 28 /11 /novembre /2016 06:00

Le roman vrai de Tabi

Journal d'une expédition en pays Dogon

(18 septembre - 26 décembre 1920)

Robert Arnaud

Ce journal d'une colonne expéditionnaire à la fin de la pacification du territoire aujourd'hui malien présente plusieurs intérêts : il nous rappelle comment se déroule la dernière phase de la colonisation, il nous présente le regard non pas d'un militaire mais celui d'un administrateur civil des colonies, et enfin il ne manque pas de qualités littéraires.

Une solide préface et une belle introduction présentent l'auteur et remettent en contexte le récit de ce Journal d'une expédition (sur le plan de l'organisation coloniale depuis le début de la présence française dans la région en particulier). Il apparait ainsi que Robert Arnaud, par ailleurs romancier, a réécrit son "Journal" quotidien initial, rédigé en style plutôt télégraphique, pour en faire un récit dans lequel il se donne parfois le beau rôle, ce qui explique très vraisemblablement le réel plaisir de lecture d'un texte qui a été retravaillé. Certaines parties du livre sont donc à prendre avec prudence. Pour soumettre un modeste village protégé au sommet d'une falaise inaccessible et défendu par quelques dizaines d'hommes équipés de vieilles pétoires, il dispose de moyens "impressionnants : 145 hommes en comptant un peloton de garde-cercles de Hombori, 2 canons, 150 obus, une mitrailleuse, des grenades à fusil". On voit l'échelle de la campagne, mais "cette falaise est la plus admirable et la plus imprenable des citadelles". Ce n'est donc pas tant l'aspect strictement militaire de la campagne qui est à retenir, mais bien toutes les observations que Robert Arnaud note au fil des jours : habitudes et rituels des populations locales, comportements des représentants indigènes de l'administration coloniale, paysages et cultures agricoles. Au hasard des rencontres, le 28 septembre, un tirailleur ancien combattant de la Grande Guerre à Verdun et sur le front de Salonique : "Il regrette la France où l'on mange tant et si bien et où les gens sont si gentils ... Il a été du recrutement de 1915 et regrette de ne plus servir ... Il décrit à tout le monde et cette richesse prodigieuse et l'amitié des Français pour les Noirs". Ce n'est pas le discours généralement mis en avant. Quelques données étonnantes aussi, comme ce relevé des 30 coups de canons tirés le 7 octobre, selon lequel 6 obus sont non éclatés ou non percutés, ce qui représente un pourcentage non négligeable (on apprend plus loin que "les obus étaient depuis plus de dix ans en dépôt à Tombouctou, où ils subissaient les écarts les plus grands de température"), tandis que le premier coup bien ajusté n'est que le vingtième... On y constate également que la "guerre des grottes" n'est pas un phénomène exclusivement algérien ou tonkinois et qu'en Afrique noire également les populations savent parfaitement les utiliser comme refuges et comme bases. L'ensemble de l'ouvrage est illustré de photos et dessins visiblement relevés sur le vif et qui renforcent l'intérêt presque ethnographique de ce "Journal".

Un volume qui doit impérativement être connu de tous ceux qui s'intéressent à la conquête coloniale et aux populations de l'actuel Mali.

Amis des archives d'outre-mer, Aix-en-Provence, 2016, 265 p., 19,- euros.

ISBN : 978-2-9504975-3-6.

Pour commander directement le livre : ici.

Une colonne au Mali
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7 septembre 2016 3 07 /09 /septembre /2016 06:00

La conquête de l'Algérie

La dernière campagne d'Abd el-Kader

Jacques Frémeaux

Grand spécialiste de l'empire colonial et de l'Afrique du Nord en particulier, Jacques Frémeaux nous propose une étude extrêmement fouillée sur le dernier épisode de la période Bugeaud / Abd el-Kader au milieu des années 1840.

En plus de quarante brefs chapitres, il nous entraîne de l'Algérie militaire du début des années 1840 à la mémoire conservée des combats de Sidi Brahim et au souvenir d'Abd el-Kader. Avec un texte littéralement ciselé, aux très nombreuses références d'archives et de témoignages des acteurs, ponctuellement agrémenté (dans les premiers chapitres) de tableaux récapitulatifs, Jacques Frémeaux nous offre ici un véritable ouvrage de synthèse et de référence. Il abord bien sûr les questions strictement militaires, la conduite des opérations, mais aussi les aspects politiques, diplomatiques, régionaux (en lien avec la question marocaine), la question des tribus et de leurs allégeances parfois variables, sans oublier les questions coloniales à proprement parler (émigration européenne), les difficultés économiques de la jeune colonie, ni les aspects sociaux pour les musulmans, les colons et les militaires. Il revient également sur la proposition de Bugeaud, combattue en métropole et restée sans suite, d'établissement de camps militaires pour établir les (anciens) soldats sur le territoire. Bref, un texte extrêmement riche, au fil duquel on croise aussi bien les grandes figures de la période comme le général Yusuf (très coplet index final) que des acteurs beaucoup moins connus, officiers et soldats en particulier.

Une dizaine de pages de sources et bibliographie et quelques cartes complètent le texte. Un ouvrage indispensable pour quiconque s'intéresse à la conquête coloniale et aux premiers temps de la colonisation en Algérie.

CNRS Editions, Paris, 2016, 330 pages, 25,- euros.

ISBN : 978-2-271-08597-9.

Algérie coloniale
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9 novembre 2015 1 09 /11 /novembre /2015 06:00

Rochefort

Arsenal des colonies au XVIIIe siècle

Sébastien Martin

A partir de sa thèse de doctorat, Sébastien Martin nous propose une exceptionnelle étude sur une ville particulière, Rochefort, port charentais de l'Atlantique à partir duquel la métropole organise et met en oeuvre l'essentiel des relations économiques, militaires et politiques avec ses possessions américaines. 

Dans un chapitre introductif, leçon de méthodologie, il présente les sources et les bases de données qu'il s'est constitué pour mener à bien ses travaux. Il organise ensuite son propos en trois grandes parties de deux ou trois chapitres : "Soutenir les colonies : marchandises, hommes et navires à travers l'Atlantique", "Moyens et organisation de la logistique coloniale", et "Les retombées du couple arsenal-colonies : société et économie". Au fil des chapitres, l'auteur aborde ainsi toutes les facettes du dossier, des marchandises qui transitent par les ville, ses dépôts et le port, à l'aire géographique couverte et à l'organisation du temps de paix comme du temps de guerre. Il s'intéresse aux hommes comme aux marchandises, aux catégories d'individus qui prennent place à bord, aux différents types de navires, ici aussi de transport du temps de paix comme de combat et de guerre. Il détaille les effets de ces flux sur l'ensemble de la région de Rochefort et revient longuement sur les modalités particulières du "service des colonies", avant d'étudier plus particulièrement les périodes des guerres de Succession d'Autriche et de Sept Ans. Enfin, il fait le point sur les effets en retour de ces échanges sur la ville elle-même, sa relative "américanisation", au sens où produits, objets, animaux "exotiques" y sont fréquemment plus visibles que n'importe où ailleurs dans le royaume, et où des dynasties d'armateurs et de marchands s'y construisent. Au bilan, une vraie source de revenus, de richesses, qui en dépit d'importantes disparités profitent peu ou prou à toute la région.

On ne peut que saluer l'important et patient travail réalisé sur des fonds d'archives très différents, ce qui permet à Sébastien Martin de multiplier les exemples concrets, au point de nous faire partager la vie des équipages, les espoirs des autorités politiques ou les interrogations des officiers du port. Rochefort, port colonial "exemplaire" sous bien des aspects, entre odeurs exotiques et réalités coloniales, méritait bien cette étude de synthèse, aussi agréable à lire que riche d'enseignements.

Presses universitaires de Rennes, 2015, 398 pages, 22,- euros.

ISBN : 978-2-7535-3632-6.

Base navale modèle
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4 juillet 2015 6 04 /07 /juillet /2015 05:50

Aneho en janvier-février 1884

selon les rapports du capitaine W. Stubenrauch

commandant de la SMS Sophie

Woulamatou Gbadamassi et Adjaï P. Oloukpona-Yinnon

La littérature historique française est relativement pauvre en études détaillées sur les premiers temps de la colonisation allemande à la fin du XIXe siècle, et ce livre construit à partir de sources primaires des archives militaires fédérales de Fribourg est donc d’autant plus intéressant.

Les auteurs nous présentent en effet le détail du premier débarquement de troupes allemandes à Aneho (Petit Popo) au début de l’année 1884, avant que le territoire de ce qui deviendra la bande côtière du Togo ne soit officiellement placé sous protectorat du IIe Reich par Gustav Nachtigal l’été suivant. Les événements sont décrits dans le détail, y compris le séjour contraint et peu connu) en Allemagne métropolitaine de deux notables locaux appartenant à une famille plus favorable aux Britanniques qu’aux Allemands, pris en otage et qui devront accepter de reconnaître le traité de protectorat. La « tactique » du jeune officier de marine allemand, qui outrepasse dans un premier temps les ordres reçus, n’est fondamentalement pas différente de celles que les autres puissances européennes mettent en oeuvre à la même époque sur différents points de la côte africaine et l’on voit bien comment les premiers coloniaux allemands savent jouer des rivalités entre tribus et communautés locales pour installer leur autorité et s’assurer la fidélité, plus ou moins "spontanée" de certains représentants des hiérarchies traditionnelles. L’un des intérêts de ce volume est de présenter aux lecteurs français le texte intégral, en allemand et en français, des comptes rendus rédigés à l’époque par le commandant de la Sophie ainsi que le point de vue des notables togolais (en anglais), une solide chronologie, l’identification des sources et une bibliographie.

Un épisode qui peut paraître anecdotique dans l’histoire générale de la colonisation, mais qui représente presque un cas d’école dans l’établissement des colonies européennes à la fin du XIXe siècle.

Presses de l’université de Lomé (Togo), 2012, 266 pages.

ISBN : 978-2-9167-8916-3.

Togo allemand
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23 mai 2015 6 23 /05 /mai /2015 06:00

Fantômas sous les tropiques

Aller au cinéma en Afrique coloniale

Odile Goerg

Facteur d'évasion, d'émancipation, de compréhension du monde, de contestation mais aussi tout simplement de loisir, le cinéma a joué un rôle important dans l'évolution des populations africaines. Tel est le sujet de ce livre qui alterne entre l'histoire sociale et culturelle et l'histoire politique.

Centrant essentiellement (mais sans exclusive) sa réflexion sur l'Afrique de l'ouest, Odile Goerg s'intéresse à tout ce qui a trait au "monde" du cinéma, qu'il s'agisse des infrastructures, des circuits commerciaux, des populations concernées, des questions liées à la censure, pour ce qui peut, parfois, être un facteur d'émancipation mais qui reste d'abord un loisir. La première partie nous plonge dans l'univers des cinémas africains : quels sont-ils, où sont-ils implantés, quels sont les publics ? Le propos est précis, détaillé, et l'on découvre toutes les modalités (l'ingéniosité) d'aménagement des lieux de projection, publics et privés, commerciaux ou associatifs, scolaires et confessionnels, jusqu'à l'apparition des premières infrastructures spécifiquement dédiés dans les années 1920 et surtout 1930 avec, même si ce n'est pas "légal", une forme de ségrégation puisque dans les salles mixtes les dix premiers rangs sont réservés aux Noirs. Lorsque se développe le contrôle de la censure, les colonies obtiennent une autonomie de fonctionnement, dans le respect des "bonnes moeurs". Tandis que l'accès aux projections se démocratise (mais l'auteure note toutefois que pendant longtemps "on ne choisit pas le film que l'on va voir ... On va au cinéma sans se préoccuper de ce qui est à l'affiche"), la diffusion se modernise et un nouveau secteur commercial émerge, qui élabore des programmes de diffusion dans les domaines qui plaisent le plus aux spectateurs (romance, action, comique). Le mouvement s'accélère après la Seconde guerre mondiale, et les années 1950-1970 constitue un espèce d'âge d'or avec l'installation de nombreuses salles dans des villes de l'intérieur. L'impact des films sur les populations devient donc proportionnellement plus important également : plus de salles, plus de spectateurs (mieux formés), plus de diversité dans les programmes. Les effets sont individuels et collectifs : "C'est s'évader dans un autre monde,, c'est une fête pour laquelle on s'habille avec soin, un moment de magie". Mais c'est aussi une ouverture sur un monde qui change de plus en plus vite, et les anciennes structures coloniales peinent à suivre le rythme. Si certains films sont censurés parce que politiquement engagés, d'autre le sont tout simplement parce que les représentants de la métropole n'y sont pas à leur avantage, et l'on est surpris d'apprendre qu'en 1955 Tarzan lui-même devient suspect : "J'appelle votre attention sur le fait que ce film, au demeurant aussi naïf et invraisemblable que ceux de sa série, met en scène en pays africain et au contact d'une population primitive, des Européens présentés  sous un jour défavorable"... L'ère de la passivité des spectateurs est donc passée. A la veille des indépendances, se développe une véritable "bataille des images", au coup par coup, sans réelle cohérence politique.

Au fil des chapitres, l'auteure compare les situations entre Afrique français et et territoires britanniques, mais aussi entre l'Afrique de l'Ouest et le Congo belge ou l'Afrique australe et propose en annexe une liste des films autorisés au Soudan français en 1936, ainsi qu'un solide ensemble de références (archives, entretiens, bibliopgraphie, etc.). Un sujet original traité avec doigté.

Editions Vendémiaire, Paris, 2015, 287 pages, 22,- euros.

ISBN : 978-2-36358-170-9.

Importance sociale du (des) cinéma(s)
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16 mars 2015 1 16 /03 /mars /2015 06:00

Un drame de la colonisation

Ouvéa, Nouvelle-Calédonie, mai 1988

Frédéric Angleviel

Le drame, en son temps, a suscité une très intense émotion. Et le sujet, comme toujours en histoire immédiate, reste sensible puisque les acteurs de ce que l'on a appelé "l'affaire d'Ouvéa" sont toujours vivants, qu'un film controversé a été récemment diffusé et que les nombreux témoignages publiés depuis quelques années sont épidermiquement marqués par les appartenances et les choix personnels de leurs auteurs.

Alors qu'approche un référendum d'autodétermination pour la Nouvelle-Calédonie, Frédéric Angleviel plonge dans le passé de l'archipel pour dénouer les fils qui tissent l'histoire des événements des années 1980. Il revient d'abord sur l'origine du peuplement, de la colonisation, des statuts, sur les premières révoltes dès la fin du XIXe siècle sur fonds d'oppositions tribales ancestrales, sur les origines "bagnardes" de vieilles familles européennes, sur les échos de la décolonisation dans le reste de l'empire, etc. A partir de la page 57, l'auteur entre dans le vif du sujet de la situation au début des années 1980 et détaille les évolutions politiques, aussi bien locales (vie des partis, résultats électoraux, etc.) que nationales (rôle et prises de position du gouvernement et du Haut commissaire), tout en rappelant l'aggration des tensions : "Le FLNKS franchit un pas supplémentaire dans l'activisme en laissant ses militants multiplier les occupations de terre en 'brousse', investir des gendarmeries, dresser des barrages, effectuer des prises d'otages", au point que les rapports officiels commencent à parler de "situation insurrectionnelle". Il rappelle également l'ambiguité du statut Fabius-Pisani de 1985, soulignée par Dick Ukeiwé : "On peut être majoritaire au congrès et minoritaire dans les régions", puisque les indépendantistes contrôlent les 9/10e du territoire avec moins de 35% des suffrages. Les élections durant la cohabitation en 1987-1988 témoignent à la fois que la majorité de la population souhaite rester dans le cadre de la France, mais aussi que la minorité canaque est (se sent) exclue des formes légales du pouvoir. Frédéric Angleviel détaille ensuite le drame de la gendarmerie de Fayaoué en avril 1988, autant que les témoignages (contradictoires), la violence et la brièveté des événements le permettent. Quatre gendarmes ont été assassinés, les autres sont faits prisonniers. Et le constat de l'auteur est clair : les gendarmes ayant des ordres très stricts de ne pas répondre aux provocations, "tant que la maréchaussée ne réagissait pas, les prises d'otages ne comportaient aucun risque et pouvaient continuer"... Jusqu'à ce qu'un jour la situation dérape et que chacun en métropole fasse mine de s'en étonner. Dès lors, les opérations de recherche et de libération des otages sont engagées à grande échelle, entre dénégations et interprétations, craintes politiques, pratiques tribales, etc. Frédéric Angleviel multiplie les citations des différents acteurs et témoins des deux camps, pour ce qui concerne la libération relativement rapide d'un premier groupe de 11 otages, les modalités selon lesquelles le capitaine Legorjus (dont la complexité des réactions ultérieures est décrite) est fait prisonnier, les mauvais traitement dont sont victimes les gendarmes, les hésitations des ravisseurs dépassés par leurs gestes, l'enlisement politique et une situation parasitée par la tenue au même moment de l'élection présidentielle et le jeu métropolitain entre Chirac et Mitterrand (et leurs équipes). A l'occasion du récit de la préparation et de la conduite de l'assaut contre la grotte où sont repliés ravisseurs et otages (opération 'Victor'), l'auteur ne se contente pas de citer les témoignages publiés par la suite par les acteurs, mais il en souligne les évolutions au fil des éditions successives, rappelle que le fameux rapport du capitaine Legorjus a été souvent cité alors que celui-ci est resté "en retrait lors de la première partie de l'assaut et qu'il n'est pas présent à la seconde" et n'omet pas les bavures qui suivent brièvement la violence de l'instant. La dernière partie s'intéresse aux enquêtes qui suivront, aux procédures de rapprochement, au souvenir des événements, en indiquant que les archives "seront partiellement disponibles à partir de 2019".

Les critiques se multiplient alors contre les forces de l'ordre et la conclusion de Michel Lefèvre résume semble-t-il assez bien l'affaire : "Les jugements tombent comme des couperets. Ils se résument en trois points : "insuffisance des négociations" (ah bon !), "bavures de l'opération militaire" (lesquelles ?) et "fautes dans l'élaboration du plan d'assaut" (je reste pantois). Les politiques s'en mêlent et s'emmêlent... pour le pire. Le meilleur, la libération des otages, passe souvent à la trappe". Une étude qui se distingue indiscutablement par sa mesure.

Editions Vendémiaire, Paris, 2015, 318 pages, 22,- euros.

ISBN : 978-2-36358-051-1.

Ouvéa
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30 décembre 2014 2 30 /12 /décembre /2014 06:20

Un Guadeloupéen à Alger

Me Maurice L'Admiral (1864-1955)

Christian Phéline

Voici l'histoire étonnante d'un avocat né aux Antilles et installé à Alger qui, tout au long d'une grande première moitié du XXe siècle, va militer et agir pour l'égalité des droits entre Européens et Musulmans.

Maurice L'Admiral est ainsi "l'un des précurseurs de l'étroite minorité qui, sur le sol algérien, saura s'élever contre les procédés de la colonisation". Celui que L'Illustration décrit en 1902 comme "un mulâtre foncé" se fait en effet le champion de quelques unes des plus grandes affaires de défense des droits des indigènes, qu'il s'agisse de la simple propriété de la terre, d'affaires criminelles ou de droits plus politiques. Fils d'un notable mulâtre ancien esclave de la Guadeloupe, un temps journaliste républicain dans l'hexagone à la fin du XIXe siècle, c'est comme avocat (inscrit au barreau dès 1888) et élu d'Alger (d'abord "au titre de conseiller municipal indigène") qu'il se distingue, avec cette particularité de devoir faire accepter à ses différents interlocuteurs "une identité à la fois non-blanche, non-indigène et non-africaine", ce qui explique sans doute "la singularité d'un positionnement qui sera déplacé continûment à la lisière des deux communautés". Il devient bâtonnier du barreau d'Alger à partir de 1913 et conserve ce poste jusqu'à la fin de la Grande Guerre, ce qui lui donne une notoriété rarement égalée, mais  il se heurte durant l'entre-deux-guerres à un durcissement progressif des positions des uns et des autres, marqué par les procès de la fin des années 1930. La dernière partie du livre, consacrée aux grands plaidoiries de L'Admiral et à son rapport (parfois difficile) avec différents courants anticolonialistes, est tout aussi intéressante que les premières, pour comprendre l'itinéraire de ce "noir, catholique et citoyen français, cheville ouvrière de nombre des initiatives politiques indigènes en ce début de siècle".

Un livre rare et original sur un personnage que, honnêtement, on redécouvre.

Editions Riveneuve, Paris, 2014, 199 pages, 18 euros.

ISBN : 978-2-36013-259-1.

Avocat et militant
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Qui Suis-Je ?

  • : Guerres-et-conflits
  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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