Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
21 juin 2016 2 21 /06 /juin /2016 06:00

Bazailles

La gloire, le sang et le feu

Guy Sallat

Rédigé par un ancien marsouin et préfacé par le père de l'arme ("Revisiter 1870, c'est plus regarder la vitrine de nos lendemains qu'observer celle des souvenirs passés"), le livre est d'abord un hommage aux troupes de marine, mais aussi un appel à se méfier des périodes d'unanimisme mou : "Il n'est point de liberté sans soldat pour la défendre".

L'ouvrage reprend en fait plus largement une évocation des troupes coloniales au cours du 19e siècle, la politique militaire du Second empire, la marche vers la guerre (avec cette observation : "Bien souvent, les décideurs politiques imposent des situations tactiques pour répondre à des exigences de politique interne, au risque de rendre périlleuses les mnoeuvres qui ne l'auraient pas été"), et décrit dans le détail les semaines et les jours qui précèdent la célèbre bataille. Le 31 août 1870, l'essentiel de l'armée de campagne française est divisé en deux pôles isolés (Metz et Sedan), et commence alors le récit très précis des combats de Bazeilles, modeste village au sud de Sedan sur un coude de la Meuse. Le récit épique (et assez hagiographique) détaillé des affrontements contre les Bavarois est raconté en s'appuyant sur de nombreux témoignages des acteurs, dont de très larges extraits sont cités. Des reproductions de cartes anciennes ponctuent la description de l'évolution de la stuation tactique au cours de la journée du 31, tandis que de nombreuses reproductions de gravures et dessins d'époque (souvent légèrement postérieurs et marqués par l'esprit de la revanche) illustrent ces pages. Guy Sallat décrit les divergences au sein du commandement français ("L'un veut briller, l'autre veut gagner") et se hasarde à un rapide commentaire sur la notion d'obéissance. Le lendemain, 1er septembre, "l'empereur Napoléon fait hisser le drapeau blanc sur une maison de la ville de Sedan" et la reddition (dont les modalités sont racontées avec précision) intervient le jour suivant. Les trois chapitres qui suivent font le bilan des violences et des victimes sur le champ de bataille, mais aussi de la poursuite de la guerre avec les armées de la Loire, du Nord, de l'Est jusqu'à la capitulation de Metz puis celle de Paris et enfin la Commune : "Il faut attendre le 25 mai pour que l'armée reprenne Paris, au prix de très sanglants combats, et sous le regard consterné de Prussiens dubitatifs qui campent aux portes de Paris. Cela se terminera par une semaine sanglante, des procès politiques, des exécutions innombrables, et des milliers de morts". Une ultime partie revient sur les principes tactiques développés et mis en oeuvre par les chefs militaires français et leurs priorités en terme d'organisation et de formation, presque exclusivement sur la base de longues citations. L'ouvrage se termine enfin sur une approche de "Bazeilles, symbole et exemple", parlant de la bataille comme une "victoire matérielle et morale" mais aussi évoquant ce dilemne : "Ce qui doit compter, ce n'est point de gagner des batailles, mais bien de gagner des guerres".

Bazeilles, "victoire de la détermination", "victoire des qualités militaires qui font que le métier des armes est celui de tous les engagements, que la tâche y est si rude, elle n'appartient pas aux brutes, mais aux âmes déterminées à lutter". Ce qui fait conclure à l'auteur qu'il faut "défendre ensemble cet héritage, sans y faire nullement le tri, même s'il comprend autant de fautes à réparer que d'exemples à suivre". On atteint là les limites de l'analyse historique, et l'on retiendra le livre autant pour son récit des combats que pour les conclusions (parfois très politiques) qu'il en tire pour les temps présents.

Observatoire des dynamiques contemporaines, Epinay-sur-Seine, 2016, 331 pages, 25,- euros.

ISBN : 978-2-9552314-2-5.

Dernières cartouches
Repost 0
Published by guerres-et-conflits - dans Second empire
commenter cet article
29 novembre 2015 7 29 /11 /novembre /2015 07:00

Dictionnaire

des généraux du Second empire

Alexandre Gourdon et Vincent Rolin

Un volume exceptionnel, qui devrait très rapidement devenir absolument indispensable à tous ceux qui s'intéressent aux carrières des officiers du XIXe siècle et à l'histoire du Second empire. Une fois de plus, une petite maison prend un vrai risque éditorial, qu'il faut souligner et saluer.

Des plus âgés, nés autour de 1790, aux plus jeunes, qui décèdent au tout début du XXe siècle, de toutes les armes y compris de la gendarmerie et du service d'état-major, tous les généraux du Second empire (les amiraux et généraux des troupes de la Marine sont annoncés comme devant faire l'objet d'un volume ultérieur) sont présentés, des plus célèbres aux quasi-anonymes, pourvu qu'ils aient eu une période d'activité entre le 2 décembre 1851 et le 4 septembre 1870. De A comme "d'Abadie d'Aydrein" à Z comme "Zentz d'Alnois", la diversité des parcours est impressionnante, les derniers nommés l'ayant été en août 1870. Chaque fiche biographique reprend les éléments de l'état signalétique et des services et fait référence au dossier indviduel de l'intéressé par le biais de quelques citations, généralement extraites de ses notations. Eventuellement, une anecdote vient relever la "froideur" des documents administratifs et, autant que possible, une gravure ou une photographie représente certains d'entre eux.

A partir de la formidable documentation ici rassemblée, chacun complétera sa connaissance de telle ou telle campagne (Mexique, Italie, Crimée, Chine, Afrique du Nord, etc.) et parmi les pistes de recherche ouvertes figurent bien sûr les études statistiques et les synthèses prosopographiques.

Au beau format d'un album, imprimé avec soin, la qualité formelle et de fond justifient le prix. Un grand et gros volume qui est à la fois un formidable outil de travail et un vrai livre de référence et qui, en cette approche des fêtes de fin d'année, peut faire également un superbe cadeau très apprécié. 

Editions Anovi, 2015, 715 pages, 42,- euros.

ISBN : 978-2-914818-84-1.

Pour commander directement chez l'éditeur : ici.

Ex-cep-tion-nel
Repost 0
Published by guerres-et-conflits - dans Second empire
commenter cet article
30 avril 2015 4 30 /04 /avril /2015 06:15

1870. La guerre en Moselle

De l'escarmouche de Sarrebruck à la capitulation de Metz

Jean-Claude Jacoby

On sait que les maisons d'édition régionales peuvent produire des albums très réussi, ancrés dans leurs territoires. En voici, une nouvelle fois, un excellent exemple.

Dans ce beau volume de plus de 300 pages grand format, Jean-Claude Jacoby va bien au-delà des seuls combats d'Alsace et de Lorraine, même si ces derniers constituent l'essentiel de son étude. Parfaitement illustré de documents de nature très différente (gravures et caricatures, tableaux, cartes -d'époque ou redessinées-, photos, documents d'époque officiels et privés, papiers autographes, etc.), il nous entraîne des modalités et conditions de l'entrée en guerre à l'annexion à l'empire allemand. Pour une fois, les conditions de la montée en puissance des deux armées en juillet est précisée (chap. 2), avant que l'auteur ne s'intéresse chronologiquement aux engagements du mois d'août 1870, dans des chapitres successifs aussi denses que précis. Jean-Claude Jacoby cite très régulièrement des témoignages et des extraits de courriers privés d'acteurs des combats : Sarrebruck, Forbach, Borny,Rezonville, Saint-Privat, jusqu'à l'investissement de Metz et à la capitulation de Sedan. Un dixième chapitre traite, de façon novatrice, de la situation des prisonniers français en Allemagne, et là aussi les témoignages des prisonniers eux-mêmes sont essentiels. L'auteur ne cache ni les carences du commandement français, ni les difficultés de l'armée allemande, dont les pertes sont particulièrement importantes, parfois supérieures à celles des Français (Saint-Privat). 

On peut regretter le prix relativement élevé, qui peut être un obstacle. Mais ceux qui se désolent que la guerre de 1870-1871 ne soit pas davantage présente dans la bibliographie récente prendront sans nul doute beaucoup de plaisir à feuilleter et lire cet album. Une belle réussite qui bénéficie par ailleurs d'un solide appareil de notes et d'une belle bibliographie.

Editions des Paraiges, Metz, 2014, 336 pages, 45 euros.

ISBN : 979-10-90185-55-5.

Année terrible
Repost 0
Published by guerres-et-conflits - dans Second empire
commenter cet article
28 janvier 2015 3 28 /01 /janvier /2015 05:15

La grande défaite

1870-1871

Alain Gouttman

Spécialiste du Second empire, aux campagnes duquel il a déjà consacré deux volumes, Alain Gouttman nous livre aujourd'hui une étude d'ensemble de la guerre de 1870-1871, ou plutôt un ouvrage qui replace la guerre dans le contexte de son temps.

Le livre s'ouvre sur le récit de la bataille de Sadowa qui, en 1866, voit triompher le royaume de Prusse sur l'empire d'Autriche-Hongrie, et cette approche donne le ton de l'ensemble de l'étude qui aborde davantage les aspects politiques, diplomatiques, voire culturels, que militaires. Dans une longue première partie (trois chapitres), Alain Gouttman brosse le tableau des années qui précèdent la guerre, avec ses tensions internationales, le rôle de Bismarck et la montée en puissance de la Prusse, les évolutions et hésitations d'un Second empire vieillissant dirigé par un Napoléon III malade. Le début du quatrième chapitre met particulièrement bien en relief l'aveuglement des élites françaises qui s'illusionnent (naïvement ?) sur les capacités militaires de la France, et au sein desquelles les mots prennent plus d'importance que les actes, et qui se traduit finalement par la stupide présomption des dirigeants civils et militaires lors de la crise de l'été 1870. Suivent, bien sûr, les tragiques événements d'août, ponctués de défaites aux frontières, où le courage du fantassin français, la bravoure des cavaliers et la maîtrise technique des artilleurs ne peuvent pas grand chose contre le nombre, la détermination et la science militaire de la coalition allemande autour de la Prusse, qui connaît pourtant nombre de difficultés. Les carences d'un haut commandement "frappé par la foudre", la nomination de Bazaine parce qu'il est "populaire", la désorganisation de l'administration militaire, l'absence de réflexion en amont (sans même parler de planification), l'insuffisance des états-majors, mais aussi la crainte, très tôt, de la guerre civile sont autant de points abordés. L'auteur s'attarde au chapitre 5 sur le rôle ambigu du général Trochu à Paris et "l'imposture" du 4 septembre, qui voit la république proclamée par 12 hommes... Ce sont alors les temps difficiles du siège de Paris, du gouvernement provisoire et des armées levées dans l'urgence en province, pauvres soldats transis de froid et mal équipés, que le sacrifice de leurs officiers ne parvient pas à conduire à la victoire. Voici aussi le temps de la Commune de Paris et de la 'Semaine sanglante', dont Alain Gouttman tente de donner une explication qui s'éloigne du romantisme révolutionnaire comme de l'analyse marxiste : l'impéritie des chefs de la Commune, "l'apothéose des rêveurs et des idéologues", mais aussi la grande peur du pays devant la guerre civile : "La première réaction a l'événement a naturellement conduit la société 'sauvée' par l'armée française à ne voir dans l'embrsement de la capitale que l'effet d'un cocktail de vice, d'ambition et de violence".

Une vaste fresque, qui sort parfois du discours habituel et qui insiste sur les conditions politiques et diplomatiques, éventuellement culturelles et sociales, plus que sur les aspects militaires. 

Perrin, Paris, 2015, 414 pages. 24,90 euros.

ISBN : 978-2-262-03245-6.

L'année terrible
Repost 0
Published by guerres-et-conflits - dans Second empire
commenter cet article
3 janvier 2015 6 03 /01 /janvier /2015 06:50

La France pouvait-elle gagner en 1870 ?

Antoine Reverchon

Dans ce livre original, l'auteur s'efforce de raconter comment l'histoire de la guerre de 1870-1871 aurait pu s'écrire autrement.

Pour se faire, le livre est construit de façon aussi didactique et méthodique que possible. Une première grande partie fait en quelque sorte l'inventaire des deux armées en présence dans leurs effectifs, leurs armements, leur organisation, leur doctrine d'emploi et l'organisation de leur commandement, puis rappelle ce que fut effectivement le déroulement de la guerre (août-septembre) avant de tirer les premières conclusions : que serait-il passé si les autorités et généraux français avaient dès la  mi-août compris les leçons du début de la campagne ? Dans un ultime chapitre de cette première partie, il en conclue sur les conséquences ultérieures : en dépit des résultats obtenus par la défensive tactique, l'offensive est de plus en plus privilégiée et la guerre sur deux fronts (France à l'ouest, Russie à l'est) menace l'Allemagne. La seconde partie s'attache à la réaction du gouvernement provisoire à partir de septembre et analyse les éléments constitutifs des armées de Gambetta levées dans l'urgence, puis traite des choix stratégiques des deux belligérants et enfin des différents secteurs d'opérations. Comme pour la première partie, il s'intéresse alors à ce qui aurait pu se passer si... (questions en particulier de l'emploi coordonné des armées de la Loire et de Paris ou de la marche conjointe des différentes armées vers Paris). Poursuivant ces hypothèses, Antoine Reverchon imagine que le siège de Paris est levé, que les Prusso-Allemands incapables de faire face à la fois aux contre-offensives des armées régulières et à l'insurrection des populations rurales (un peu exagérée et traité rapidement) se replient et que l'agresseur, menacé sur ses voies de communication et soumis aux aléas d'un ravitaillement de plus en plus difficile, fait le choix de négocier : "L'empire allemand est proclamé à Francfort le 1er février, en présence de Thiers qui congratule le nouvel empereur. Non sans lui souhaiter narquoisement que le titre d'empereur lui porte plus de chance qu'à celui des Français, désormais en exil à Londres". On apprécie en particulier l'excellente connaissance des armées en présence et leur présentation très complète au début de chaque partie. On est parfois moins convaincu par le "what if ?", d'autant que le texte est constitué de phrases assez courtes dont l'enchaînement rapide interdit d'insérer des réserves ou du conditionnel.

Affirmer que les choses auraient pu se passer autrement, certes, pourquoi pas ? Même si l'on est pas totalement convaincu par les conclusions de l'auteur, les questions qu'il pose interpellent et il dresse un tableau réaliste des insuffisances et des défauts des deux armées en présence.

Economica, Paris, 2014, 183 pages, 19 euros.
ISBN : 978-2-7178-6759-6.

What if ?
Repost 0
Published by guerres-et-conflits - dans Second empire
commenter cet article
25 avril 2014 5 25 /04 /avril /2014 06:30

Napoléon III

Visionnaire de son temps

Jean Etévenaux

A partir de trois communications prononcées lors de colloques, Jean Etévenaux nous propose un portrait flatteur de Napoléon III, "modernisateur de la France", "réveilleur de la diplomatie européenne" et, plus étonnant pour nous, "Suisse au-dessus de tout soupçon".

Considérant que "la période courant du 2 décembre 1851 au 4 septembre 1870 constitue un véritable cas d'école en ce qui concerne la déformation, pour ne pas dire la désinformation, historique", l'auteur (tout en affirmant refuser l'approche hagiographique) revient sur les réalisations (ou les projets) positifs de l'empereur, dont les premiers "Restos du coeur" ouverts à paris en 1856, une législative sociale qui s'améliore, des progrès industriels et économiques avérés, le développement de la marine, des chemins de fer et du télégraphe, etc. Dans la deuxième partie, son rôle international est bien vu, mais les effets de sa politique sans doute trop valorisés. La troisième partie est pour nous la plus intéressante (et à certains égards étonnante), car très largement méconnue en France. On sait que le futur empereur a passé une partie de sa jeunesse en exil en Suisse, mais on ignore généralement qu'il a été capitaine dans l'artillerie de l'armée bernoise et qu'il fait appel au vieux Jomini au moment de la campagne d'Italie, ou qu'il entretient des relations étroites avec la Confédération en particulier au moment de la réunion de la Savoie.

En résumé, un petit livre qui présente les aspects positifs du Second empire et qui apprend de nombreux détails sur la vie de Napoléon III.

Editions Cabédita, Divonne-les-Bains, 2014, 94 pages.

ISBN : 978-2-88295-683-5.

Pour commander directement : ici.

Un autre Napoléon III
Repost 0
Published by guerres-et-conflits - dans Second empire
commenter cet article
6 décembre 2013 5 06 /12 /décembre /2013 06:25

La monarchie impériale

L'imaginaire politique sous Napoléon III

Juliette Glikman

Depuis quelques années, les études sur le Second empire ont profondément renouvelé notre connaissance de cette période longtemps marquée, par les fondateurs de la IIIe République, du sceau de l’incompétence, voire de l’indignité et de la honte. Dans cet ouvrage, qui tient parfois tour à tour de l’histoire politique, culturelle ou sociale, de l’analyse sémantique et de l’étude des symboles, l’auteure apporte une nouvelle et utile contribution à l’ensemble de ces travaux.

Après avoir affirmé en introduction « [qu’] astre solaire des Bourbons et aigles impériales se conjuguent pour célébrer un régime qui réunit l’héritage monarchique et la révolution de 1789 … Corps impérial et corps populaire sont à l’unisson … La dynastie, comblant les vœux de la France, s’apparente au phénix, renaissant des cendres du passé afin de féconder l’ère nouvelle », Juliette Gilkman divise son travail en trois grandes parties de trois chapitres chacune. La première, « Les titres de légitimité de la monarchie impériale » s’intéresse au lien particulier qui existe (au moins durant un temps) entre la population et le souverain (« Voter, acclamer, louer, la trinité démocratique ») et à l’héritage monarchique le plus lointain, en partie repris dans l’histoire (mythifiée) du pays. La seconde, « La société napoléonienne et la sauvegarde sociale », rappelle la volonté d’incarner (ou une certaine incarnation) tout à la fois la volonté populaire et un régiment transcendant, de garantir l’ordre et la grandeur sans oublier les intérêts populaires (« L’Empereur ! C’est-à-dire l’homme qui résume la France, non pas avec l’égoïsme absorbant et superbe d’un Louis XIV, mais avec la grandeur de la souveraineté populaire, une main sur le drapeau qui représente l’honneur du pays, l’autre sur l’urne qui représente des millions de voix »). Hiérarchies traditionnelles, familiales, politiques, se conjuguent avec la volonté (au moins exprimée) de prendre en compte les demandes du peuple travailleur. La troisième enfin, « Inscription providentielle et symbolique impériale », rappelle les références semi-officielles à « l’élection » des premiers rois francs par les guerriers, « référence aux plaids généraux de l’époque franque, présentés abusivement comme des amorces d’assemblées constituantes ou législatives » et ce retour à des pratiques supposées plus naturellement « démocratiques » se traduit par l’abandon des notions de sacrilège ou de régicide lors d’attentat contre la personne de l’empereur : on parle désormais plus simplement d’entreprise criminelle. Cette ambigüité, dans les discours comme dans les faits, est voulue et entretenue par Napoléon III lui-même, qui se présente comme le nouveau modèle du souverain, à la fois élu de Dieu et des hommes : « Appelé au trône par la Providence et par la volonté nationale du peuple français, mais élevé à l’école de l’adversité, il m’est peut-être moins permis qu’à un autre d’ignorer et les droits des souverains et les légitimes aspirations des peuples ». Une ambigüité voulue, entretenue, qui nous dit Juliette Gilkman, donne finalement naissance à un régime et à un concept politique qui n’est plus exactement le bonapartisme pour devenir le « napoléonisme ». Un système original, atypique, et peut-être tout simplement transitoire en ce milieu du XIXe siècle qui connait, dans tous les domaines de l’activité et de la pensée humaine, tant de bouillonnements et de changements. Peut-être aurait-on pu distinguer davantage entre une présentation voulue et organisée d'une part et la perception, plus évolutive dans le temps, des citoyens.

Un ouvrage qui passionnera sans doute tous les amateurs d’histoire du XIXe siècle, mais aussi tous ceux qui s’intéressent à l’évolution des idées politiques, tout en fournissant sur différents points l’occasion de nombreuses controverses et de multiples débats.

Nouveau Monde éditions, Paris, 2013, 540 pages, 26 euros.
ISBN : 978-2-36583-854-2.

Césarisme républicain ?
Repost 0
Published by guerres-et-conflits - dans Second empire
commenter cet article
10 mai 2013 5 10 /05 /mai /2013 06:55

Napoléon III, Ismaïl Urbain et le Royaume arabe

Michel Levallois

NAPOLEON-III-ALGERIE.jpg

Conférence (organisée par le Souvenir napoléonien d'Île de France) sur ce thème encore peu connu du projet (un peu fou sans doute à l'époque et auquel il devra renoncer) de Napoléon III, visant à lier les territoires algériens à la métropole tout en facilitant leur développement par la création d'un "royaume arabe".

Mardi 14 mai à 18h00, mairie du VIIIe arrondissement, 3 rue de Lisbonne.

Repost 0
Published by guerres-et-conflits - dans Second empire
commenter cet article
29 novembre 2012 4 29 /11 /novembre /2012 08:40

Aymard de Foucauld (1824-1863)

De Saint-Cyr et Saumur à la campagne du Mexique

Emmanuel Dufour

Aymard637.jpg

Une nouvelle preuve que d'excellents ouvrages, de véritables pépites, sont à rechercher dans les catalogues des "petites" maisons d'édition. Cette biographie nous présente en effet la carrière d'un officier tout à fait digne et compétent mais que fort peu de choses, au final, distinguent de ses camarades. Elle offre par contre l'intérêt éminent de reconstituer avec précision sa carrière et son environnement sur une époque au sujet de laquelle les publications nouvelles sont particulièrement rares. 

Emmanuel Dufour s'est attaché à reconstituer la vie d'Aymard de Foucauld de Malembert, né en 1824 et issu de la noblesse du Sud-ouest, au sein d'une famille finalement peu aisée et où le service des armes pour les hommes est la norme : "Partout où l'on se bat il doit y avoir un Foucauld tant qu'il y aura des Foucauld qui auront du coeur et de l'honneur". Saint-cyrien (promotion d'Isly), il fait le choix de servir dans la cavalerie et rejoint en 1845 un régiment de hussards dans l'hexagone. Il connait alors pendant plusieurs années une vie professionnelle et personnelle relativement monotone en métropole, multipliant les changements de garnisons dans toutes les régions de France, avec des obligations de service parfois bien peu prenantes qui lui permettent de s'adonner longuement à la chasse, et toujours en limite de difficultés financières, car les soldes sont modestes et sa famille ne peut lui être que d'un secours limité : "Je n'ai pas de sol, mais je suis riche de jeunesse, d'avenir et de bonne humeur". Après 12 ans de service métropolitain, il rejoint comme capitaine le 2e régiment de chasseurs d'Afrique en 1857, s'adapte rapidement à la vie de patrouilles dans la grande province oranaise, et c'est avec ce régiment qu'il participe à la campagne d'Italie en 1859. Il commande avec brio son escadron, mais voit son rôle essentiellement limité à quelques longues patrouilles, à des flanc-gardes. Bref, il est, avec ses hommes, "en réserve" et n'arrive généralement sur les champs de bataille que le lendemain ou le surlendemain des combats. Rentré (un peu déçu) en Algérie, il reprend ses activités antérieures dans l'ouest du territoire et participe à une grande offensive contre les tribus révoltés des confins algéro-marocains : une nouvelle fois, il entend le canon mais n'effectue principalement que de monotones escortes de convois sur les arrières. Durant toutes ces périodes, les obligations de service alternent avec les visites, les activités "mondaines" et le plaisir de la chasse : Aymard de Foucauld décrit longuement ces différentes obligations et ces loisirs, tout en restant préoccupé par son avenir de carrière.

En 1862 enfin, désigné pour la campagne du Mexique, il quitte Mers el-Kebir pour Vera Cruz, où il débarque le 23 mars, rejoint les hauts plateaux, participe à quelques engagements secondaires et arrive devant Puebla, une première fois attaquée par les Français au début du mois d'avril. Il connait alors, pendant une brève période, une succession d'engagements parfois très durs contre les troupes mexicaines (et ne se prive pas d'ailleurs de critiquer ses chefs directs dans ses lettres), est fait chevalier de la Légion d'honneur au feu mais attend toujours son avancement au grade supérieur. Il retrouve la région de Puebla, désormais fermement assiégée, est enfin promu chef d'escadron aux derniers jours du mois d'avril et meurt en chargeant à la tête de ses chasseurs le 5 mai, "le torse perforé par la lance d'un cavalier mexicain".

Plus qu'un récit des campagnes de son héros, qui finalement est souvent plus "spectateur" de la guerre "qu'acteur" pendant la plus grande partie de sa vie, c'est un véritable tableau de la société militaire (cavalerie légère) du temps que nous propose Emmanuel Dufour, dans sa vie quotidienne, ses espoirs et ses difficultés, ses ambitions et ses déceptions, à travers l'exploitation systématique de la correspondance assidue qu'Aymard de Foucauld adresse régulièrement à sa famille (tous les thèmes de la vie privée et publique sont abordés), complétée en tant que de besoin par le renfort d'autres sources (journaux, carnets et lettres d'autres soldats et officiers, JMO des unités, etc.). De ce point de vue, il s'agit indiscutablement d'un véritable apport à la connaissance historique et, à notre sens, tout amateur des questions militaires et sociales sous le Second empire se doit de connaître cette belle biographie.

La Louve éditions, Cahors, 2012, 414 pages, 27 euros.

ISBN : 978-2-916488-56-1.

Repost 0
Published by guerres-et-conflits - dans Second empire
commenter cet article
26 novembre 2012 1 26 /11 /novembre /2012 07:00

Camerone

30 avril 1863

André-Paul Comor

Camerone.jpg

Déjà auteur de plusieurs ouvrages sur la Légion étrangère, à laquelle il a consacré une partie de ses recherches, André-Paul Comor (par ailleurs directeur d’un important ouvrage collectif, Dictionnaire de la Légion étrangère, à paraître dans les prochains mois dans la collection ‘Bouquins’, chez Robert Laffont) nous propose aujourd’hui une étude entièrement consacrée à cette bataille emblématique, fondatrice, mythique.

Les deux premiers chapitres (« La belle affaire du Mexique », pp. 15-31 ; « Vers l’aventure », pp. 33-64) remettent « l’affaire du convoi de Puebla » dans son contexte, le déploiement du Régiment étranger le long de l’indispensable axe de ravitaillement qui part de Vera Cruz, dans l’environnement malsain et désolé des Terres chaudes du Mexique. Le long convoi qui se met en route à la fin du mois d’avril est considéré comme celui « de la dernière chance » : il « va s’étirer sur près de cinq kilomètres » et son (insuffisante) escorte est précédée par « un détachement chargé de reconnaître la route », sous le commandement du capitaine Danjou, adjudant-major : « le colonel lui confie le commandement de la compagnie de service pour une mission de routine qui va changer le cours de l’histoire de la Légion ».

L’important chapitre 3 (pp. 65-130) décrit par le menu le détail du « Combat de Camaron », le 30 avril, de la première escarmouche vers 07h00 au repli vers l’hacienda, du début du siège à la mort du capitaine Danjou, après sa fameuse réponse à l’ultimatum mexicain : «  Nous avons des cartouches et nous ne nous rendrons pas ». Malgré leur résistance, les légionnaires sont soumis aux assauts de plus en plus rudes des Mexicains, renforcés par les fantassins du colonel Milan. En début d’après-midi, ils doivent se replier sous un hangar, blessés et assoiffés, également victimes de l’incendie allumé par les assaillants. Il ne reste plus à 17h00 qu’une poignée de légionnaires, dont « huit encore valides en état de sa battre ». A 18h00, « la 3e compagnie est réduite aux cinq hommes encore valides » : Maudet, Maine, Catteau, Constantin, Wensel. La dernière cartouche, la dernière charge à la baïonnette. Puis le silence et la célèbre réponse d’un officier mexicain à l’ultime demande des survivants : « On ne refuse rien à des hommes tels que vous ! ». Le bilan de la journée pourra être établi après que les blessés aient été relevés : la 3e compagnie a perdu 70% de son effectif.

André-Paul Comor s’intéresse ensuite au sort des prisonniers et blessés, restés aux mains des Mexicains, et donne des chiffres très précis (ou aussi précis que possible) sur la réalité des pertes dans les deux camps. Mais il rappelle aussi que l’exploit de Camerone tombe assez rapidement dans l’oubli et que d’autres combats outre-mer, en Afrique du Nord ou au Tonkin, auraient pu tout aussi bien marquer durablement la mémoire légionnaire. C’est en fait à la veille de la Première Guerre mondiale que « Camerone sort de l’oubli. Des officiers prennent peu à peu conscience du parti qu’ils peuvent tirer de cet épisode somme toute secondaire de la campagne du Mexique pour distinguer la Légion au sein de l’armée française. L’histoire cède la place à la mémoire, et bientôt au mythe à valeur universelle ».

Le dernier chapitre (« De l’histoire à la mémoire : le testament de Camerone », pp.131-147) est donc consacré par l’auteur à reconstituer les étapes successives de l’utilisation du nom de Camerone, de « l’invention », devenue un besoin lorsqu’il est nécessaire d’assurer la cohésion de la « jeune Légion » durant l’entre-deux-guerres, à « la ritualisation », après la Seconde guerre mondiale.

Utilement complété par des nombreuses références d’archives, une riche bibliographie, des annexes très précises, plusieurs cartes et un bon index, ce vrai livre d’histoire permet de faire un point tout à fait précis d’un fait d’armes devenu la quintessence des traditions légionnaires.

Tallandier, Paris, 2012, 190 pages. 18,50 euros.

ISBN : 978-2-84734-850-7

campagne-mexique-1.jpg

André-Paul Comor a bien voulu répondre à quelques questions complémentaires.

Question : Que représente objectivement le combat de Camerone dans le déroulement de la campagne du Mexique ? Est-ce un point important ou, à l’époque, est-ce que cela n’a été considéré que comme un engagement secondaire ?

Réponse : Le combat qui se déroule au lieu-dit de Camerone est un engagement très secondaire de la campagne du Mexique mais il survient à un moment crucial, le tournant de l'intervention. En effet, l’échec du général de Lorencz devant Puebla le 5 mai 1862 est encore dans les mémoires lorsque le général Forey qui l’a remplacé met le siège devant la ville le 16 mars 1863. Il piétine depuis un mois et il attend le « convoi de la dernière chance » qui se rassemble aux portes de Vera Cruz. L’imposant convoi doit emprunter le seul  axe, la « Route royale », un enjeu stratégique pour les deux armées en présence. Chargés d’ouvrir la route, les soldats de la 3e compagnie du Régiment étranger sont surpris au hameau de Camerone, se réfugient dans l’hacienda désaffectée et tiennent pendant plus de huit heures face aux 2000 cavaliers et fantassins (réguliers et irréguliers) rameutés par le colonel Milan. La résistance des hommes du capitaine Danjou a fait échouer le plan de Milan, permis de sauver le convoi et son précieux chargement et in fine de donner à Forey les moyens d’emporter la décision le 17 mai suivant. La chute de Puebla a ouvert la route de Mexico, préalable à l’occupation du Mexique et à la poursuite de l'intervention.

Question : Vous évoquez la possibilité que d’autres combats coloniaux tout aussi emblématiques aient pu être choisis pour symboliser les qualités de la Légion. Auxquels pensez-vous et pouvez-vous nous en dire plus ?

Réponse : Les deux hauts faits d’armes de Sidi-Brahim et de Bazeilles constitutifs de la mémoire des chasseurs et de l’infanterie de marine n’ont pas connu la même notoriété que Camerone alors même que le sacrifice suprême est également consenti pour remplir la mission.

 Au début de la conquête de l’Algérie, à la frontière avec le Maroc, du 23 au 26 septembre 1845, 82 soldats du 8e bataillon de chasseurs et du 2e escadron du 2e régiment de hussards , réfugiés dans un marabout, ont tenu pendant 72 heures et repoussé les assauts des milliers d’assaillants commandés par l’émir Abd el-Kader lui-même. Il faut rappeler le sacrifice du capitaine Dutertre, fait prisonnier,  qui refuse sous la menace de demander à ses camarades de se rendre. Il est décapité après avoir leur avoir crié de se défendre jusqu’à la mort. Le 26 au matin, conduits par le caporal Lavayssière- tous les officiers sont hors de combat- les 16 survivants, dont cinq blessés qui décèdent quelques jours plus tard, parviennent à forcer les lignes ennemies et sont recueillis par la garnison. De même, lors de la guerre franco-allemande, les 31 août et le 1erseptembre 1870, la division d’infanterie de marine (division bleue) tient tête à trois divisions allemandes dans le village de Bazeilles situé au sud -est de Sedan. La bataille s’achève par le repli d’une poignée de marsouins qui ont résisté pendant plusieurs heures autour du commandant Arsène Lambert dans l’auberge Bourgerie, la maison des dernières cartouches. Bazeilles est entré dans la geste des troupes de marine au même titre que Camerone pour la Légion et Sidi-Brahim pour les chasseurs.

camerone 2

Question : Que penser du récit officiel de la bataille, lu chaque année le 30 avril ? Sait-on quand et par qui il a été rédigé ?

Réponse : Le récit officiel du combat de Camerone remonte au  temps de commandement du dépôt commun de la Légion étrangère par le colonel Gaultier (janvier 1946- août 1950). La lecture est faite pour la première fois à Sidi-Bel-Abbès, le 30 avril 1947, au cours de la prise d’armes qui se déroule au quartier Vienot pour la célébration du quatre-vingt-quatrième anniversaire du combat. Il reprend mot à mot le récit déjà adopté au 2e régiment étranger à la veille de la Seconde Guerre mondiale et vraisemblablement reçu par le colonel Azan au 1e Etranger. Il a été complété par deux  paragraphes  concernant l’inscription du nom de Camerone  sur le drapeau, la décision de graver les noms de Danjou, Vilain et Maudet sur les murs des Invalides  et l’élévation en 1892 du monument sur l’emplacement du combat.

Le ou les rédacteurs se sont appuyés sur les rapports rédigés par le colonel Jeanningros, chef de corps du Régiment étranger, le chef de bataillon Regnault ainsi que sur les témoignages recueillis sur place par des officiers. L’historien peut conclure que les faits rapportés sont le plus proches de la réalité.

Question : Que représente Camerone aujourd’hui ? A votre avis, les légionnaires du XXIe siècle communient-ils toujours avec la même ferveur au récit du sacrifice de leurs aînés ?

Réponse : Camerone, combat constitutif de la mémoire et de  l’identité légionnaires, occupe une place centrale dans les traditions des régiments étrangers. Le légionnaire du XXIe siècle communie comme ses aînés d’Indochine et d’Algérie dans le culte du sacrifice des soldats de la 3e compagnie, auxquels ils s’identifient toujours, au grand étonnement de nos contemporains. De plus, la Légion étrangère est parvenue à maintenir et à renforcer cet esprit de corps alors que les sources du recrutement ont évolué depuis la fin de la guerre froide et la professionnalisation de l’armée française. Le passage de la Légion « européenne et blanche »à la Légion du « village planétaire » n’a en rien modifié la règle d’or : la Légion, troupe d’exception, est avant tout une famille unie.

Question : Comment expliquer la notoriété du combat de Camerone ?

Réponse : La notoriété du combat de Camerone est récente ; elle remonte à la fin des années  1940, à l’apogée de la Légion étrangère, engagée en première ligne dans la guerre d’Indochine. Le savoir faire des officiers du « Service moral et information » et des rédacteurs en chef de Képi Blanc contribue dans un premier temps à diffuser dans l’armée d’abord, dans le grand public ensuite, l’image de la troupe. Il en est de même, à la fin de la guerre d’Algérie, avec la publicité faite autour des cérémonies commémoratives de Camerone -presse, cinéma, télévision notamment-. Depuis, aussi et surtout, selon le général Zédé qui avait participé comme lieutenant au sein du Régiment étranger à la campagne du Mexique, « le combat de Camerone (est un) beau spécimen du devoir militaire accompli dans son intégrité », devenu l’archétype du sacrifice d’une troupe dans l’accomplissement de sa mission.

Merci pour toutes ces précisions, et à très bientôt sans doute pour parler de vos prochaines publications.

Repost 0
Published by guerres-et-conflits - dans Second empire
commenter cet article

Qui Suis-Je ?

  • : Guerres-et-conflits
  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
  • Contact

  • guerres-et-conflits
  • L'actualité de la presse, de l'édition et de la recherche en histoire

Partenariat

CHOUETTE

Communauté TB (1)

Recherche

Pour nous joindre

guerres-et-conflits@orange.fr

Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

Sur la toile