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29 août 2012 3 29 /08 /août /2012 07:00

Les gendarmes belges, français et néerlandais

à la sortie de la Seconde guerre mondiale

Jonas Campion

Gendarmes.jpg

Voilà une originale étude comparative : comment, aux Pays-Bas, en Belgique et en France, les différentes gendarmeries nationales ont-elles évolué en ces temps troublés ?

Dans une excellente préface à l’ouvrage, le professeur Jean-Noël Luc, auquel l’on doit d'avoir impulsé puis soutenu l’essentiel des travaux universitaires francophones sur l’histoire de la gendarmerie et de la police, souligne tout l’intérêt de cette publication : une précieuse première étude comparative entre trois gendarmeries européennes dans un cadre espace-temps cohérent : « l’auteur a su analyser sans manichéisme un dossier complexe, que résume en partie cette phrase d’un officier, en 1946 : ‘Qu’on ne reproche pas aux hommes d’avoir obéi hier, si on veut qu’ils obéissent demain’ ». Au lendemain de la Libération, les autorités seront contraintes de procéder à certaines réorganisations, mais feront généralement le choix de « valoriser la légitimité du vécu de la majorité ‘silencieuse’ au détriment des minorités collaboratrices ou résistantes ».

Après une introduction générale qui permet à l’auteur de poser le cadre de son étude et de préciser les sources utilisées, l’ouvrage se divise donc en trois grandes parties (organisées chacune en deux chapitres) : « Sour pression » nous montre les gendarmes dans les régions occupées, dont l’avenir institutionnel est parfois remis en cause par l’occupant et qui se doivent pourtant, tout en donnant des gages aux nouvelles autorités, de poursuivre leurs activités au service de la population ; puis contraints de s’adapter (voir d’anticiper) aux premières réorganisations parallèles à la libération. « Face aux épurations » aborde dans le détail la réalité des épurations judiciaires et surtout administratives dans les trois pays, les procédures mises en œuvre mais aussi parfois les manœuvres de contournement, et tente de définir le « gendarme collaborateur » à partir d’une étude des dossiers des gendarmes épurés. « Sortie de guerre » enfin, souligne toutes les difficultés (parfois cachées) de la reconstruction des appareils gendarmiques (après des transformations plus ou moins radicales), et la complexité des constructions mémorielles : comment le gendarme, toujours pilier du pouvoir, pourrait-il avoir « trahi » ? En conclusion, Jonas Campion s’interroge le caractère plus ou moins durable de ces transformations d’après-guerre et dresse le portrait des « nouveaux gendarmes », à titre individuel mais surtout en tant que collectivité particulière.

Les sources inédites référencées comme la bibliographie proposée s’articulent entre les trois pays étudiés (France, Belgique, Pays-Bas), renforçant pour le lecteur l’intérêt de cette étude comparative.

Un ouvrage original, utile et complet, indiscutablement indispensable, au-delà même de la seule question des gendarmeries qui en constitue le cœur et le socle, pour mieux comprendre les transformations des sociétés de l’immédiat après-guerre.

 

André Versaille éditeur, 2011, 344 pages, 39,90 euros.

ISBN : 978-2-87495-166-4

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28 août 2012 2 28 /08 /août /2012 07:15

Programme automne 2012

Le renseignement en réseaux

METIS

Le groupe de recherche METIS, du Centre d'histoire de Sciences Po. Paris, reprend ses activités dès la mi-septembre, avec un riche programme pour cette rentrée, sur le thème général des réseaux, dans une approche interdisciplinaire et multidimensionelle :

 

Programme prévisionnel


Lundi 17 septembre 2012, 17h30 :

Jérôme BONDU, consultant en intelligence économique et auteurdu livre « Voyage au pays des réseaux » :

« Des informations et des hommes : les réseaux »


Lundi 8 octobre 2012, 17h30

Patrick PAILLOUX, ingénieur général des télécommunications,
directeur de l’Agence nationale de sécurité des systèmes d’information :

« La résilience des réseaux numériques »


Lundi 12 novembre 2012, 17h30 :

   Samuel VUELTA-SIMON, magistrat et directeur adjoint de l'ENM :

« Les notions de réseau terroriste et de réseau d'appui au terrorisme vues par le juge »


Lundi 10 décembre 2012, 17h30

Sébastien ALBERTELLI, historien

« Le BCRA : morphologie d’un réseau pendant la Seconde Guerre mondiale »


Lundi 14 janvier 2013, 17h30

Jean-François CLAIR, inspecteur général de la police nationale, ancien directeur adjoint de la DST

« Réseaux d’espions et réseaux terroristes, ressemblances et dissemblances »

 

 

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28 août 2012 2 28 /08 /août /2012 07:10

Alésia et Vercingétorix

Le Figaro Histoire  -  n° 3

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Belle reprise pour Le Figaro Histoire avec ce numéro d’août-septembre. Près de soixante pages sont consacrées au thème de la guerre des Gaules et à la problématique de l’identification du site d’Alésia, de façon très pédagogique et richement illustrée. En fonction de la connaissance qu’il peut avoir de ces sujets, chaque lecteur peut trouver dans la diversité des articles matière à intérêt et plaisir. Une vraie réussite.

On apprécie également, dans la partie « L’esprit des lieux », les articles d’Alexandre Lévy sur « Athos, nid d’espions » (l’étonnante action des services de la Bulgarie communiste au sein de la communauté religieuse du Mont Athos), de Korentin Falc’hun sur « Brocéliande, forêt enchantée » (promenade en forêt de Paimpont) et celui d’Albane Piot sur « L’histoire s’est arrêtée à Saint-Denis » (avec de magnifiques photos d'art en noir et blanc des sépultures royales).

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28 août 2012 2 28 /08 /août /2012 07:00

La bataille de Cannes et ses fantômes

Robert L. O’Connell

 Cannes.jpg

Aucune autre bataille que celle de Cannes (216 av. J.-C.), l’immense victoire d’Hannibal durant la Deuxième guerre punique, n’a été autant étudiée. Aucune sans doute n’a exercé autant d’influence sur les plus grands chefs militaires de l’histoire. Pourtant, et O’Connell commence par expliquer les difficultés qui surgissent lorsque l’on veut présenter et comprendre un événement antique (même de cette importance) à partir de sources partielles et partiales, que cette campagne d’Italie du général carthaginois est encore riche d’enseignements !

De manière classique, l’auteur présente d’abord le contexte général des guerres puniques et met en relief les particularités et les différences politiques, sociales et culturelles entre la république militaire romaine et l’empire commerçant héritier des Phéniciens. Puis il s’intéresse aux principaux protagonistes, les consuls romains (issus de quelques grandes familles) et les Barcides, véritables maîtres de l’Espagne carthaginoise et ennemis mortels de Rome. Nous suivons ensuite Hannibal dans ses préparatifs et dans sa marche vers la Gaule puis les Alpes, franchies alors que la mauvaise saison a commencé et où il va perdre dans le froid et la neige une partie de son armée. Renforcé par des contingents gaulois d’Italie du Nord, jouant d’audace, Hannibal enchaîne les victoires, de La Trébie au lac Trasimène, et deux éléments tactiques sont permanents : l’extrême importance d’un renseignement précis et toujours actualisé sur la localisation et l’état général de l’ennemi d’une part, l’usage systématique de la manœuvre par les ailes ou les arrières pour bénéficier au maximum de l’effet de surprise sur un adversaire monolithique et « procédurier » d’autre part.

La bataille elle-même, dans ses ultimes préparatifs de part et d’autre comme dans son déroulement détaillé, fait l’objet du chapitre central et, si chacun en connait le schéma général (retrait volontaire et calculé du centre, enveloppement par les ailes, destruction totale de l’ennemi enfermé dans le piège), Robert L. O’Connell apporte de très nombreuses informations précises : présent sur le terrain qu’il a choisi depuis une semaine, Hannibal multiplie les reconnaissances personnelles quotidiennes pour adapter son dispositif et ses ordres au plus près de la topographie, afin de profiter du moindre coude de rivière ou du moindre vallon. L’auteur souligne les défauts de la structure de commandement romaine et la lourdeur des quatre armées consulaires, insuffisamment formées et peu manœuvrières. A contrario, il observe l’aptitude d’Hannibal a utiliser les compétences spécifiques des différents contingents de son armée hétérogène (Libyens, Numides, Hispaniques et Gaulois des différentes tribus, etc.) et les qualités propres de ses infanteries et cavaleries, lourdes et légères : « Si les combattants au javelot représentaient les dents de la force carthaginoise, les autres éléments formaient les griffes, les muscles et les nerfs de cette bête de combat. Le génie d’Hannibal résidait dans sa capacité à monter et exécuter un plan utilisant tous les éléments dont il disposait pour avaler et digérer une proie plus grosse que lui ». Au soir du 2 août 216 av. J.-C., au terme de « la plus grande tuerie de toute l’histoire des guerres occidentales », avec la perte de près de 50.000 tués et 20.000 prisonniers, l’armée romaine peut être considérée comme détruite et l’encadrement politico-militaire de la ville lui-même fortement atteint puisque les consuls, les tribuns, les questeurs et de très nombreux sénateurs comptent parmi les victimes.

Pourtant, Hannibal ayant fait le choix de ne pas marcher rapidement directement sur Rome, la guerre va se poursuivre plus de dix ans dans la partie méridionale de la péninsule italienne, loin cependant des « délices de Capoue ». Plus que les effets de la « luxure » supposée dans laquelle les Carthaginois se seraient soudainement « vautrés », c’est dans la nouvelle situation stratégique et tactique créée à la fois par la victoire de Cannes et par la décision d’Hannibal de ne pas tenter de s’emparer immédiatement de Rome qu’il faut, selon l’auteur, rechercher les causes de cette longue guerre d’escarmouches, de raids, d’embuscades et de batailles non décisives. Désormais, le général carthaginois n’a plus sa totale liberté de mouvement, il doit diviser ses forces, installer des garnisons défensives dans les villes qui se sont ralliées à lui et dont il doit désormais assurer la protection : « La vie sur la route avait été dure et incertaine, mais elle lui avait apporté l’avantage stratégique de pouvoir se montrer n’importe où … Non seulement le renard était de garde au poulailler, mais les poules elles-mêmes se révélaient de piètres alliés ».

Le livre détaille dans les chapitres qui suivent toutes les conséquences politiques, économiques et budgétaires, sociales même de cette guerre interminable pour Rome qui, malgré les revers, manifeste une inébranlable volonté de n’accepter aucune négociation et de toujours poursuivre la lutte. Il en présente également les conséquences géostratégiques, à l’échelle de la Méditerranée : la guerre en Sicile, dans les Balkans, en Espagne et en Afrique du Nord. Il se termine sur deux chapitres qui évoquent les conséquences à court et à long termes de cette lutte titanesque. L’un, « Les résurrection des fantômes », traite des Legiones Cannenses, ces survivants de Cannes exilés en punition par le Sénat de Rome « dans des lieux inhabités » de Sicile, que Scipion (qui va devenir l’Africain) reconstitue en unités de combat et avec lesquels il va abattre la puissance carthaginoise lors de la bataille de Zama. L’autre, « L’ombre de Cannes », survole le souvenir laissé par la bataille dans l’histoire, de l’Antiquité à nos jours, sur la base d’un paradoxe puisque ce sont, au début, « les perdants qui ont préservé la mémoire de Cannes ». Cet héritage reste toutefois ambivalent, et l’auteur fait référence au général Schwarzkopf, qui précisait après la guerre du Golfe en 1991 avoir « appris beaucoup de choses de la bataille de Cannes et qu’il avait pu les appliquer à l’opération Tempête du Désert ». En fait, « le fameux ‘crochet du gauche’ dans le désert ressemblait davantage au mouvement allemand du début de la Première Guerre mondiale, mais aucun héros moderne, conscient des exigences de la communication du temps de guerre, ne pouvait dire qu’il avait préparé un nouveau plan Schlieffen : Cannes sonnait mieux ».

 

Un ouvrage d’une très grande richesse donc, que tout amateur d’histoire militaire se doit de connaître (qu’il s’intéresse au niveau stratégique, à l’art opératif ou aux aspects tactiques) et de confronter aux autres analyses de cette campagne carthaginoise d’Italie. Mais, car il y a un « mais » (et de taille), pourquoi donc, sur le plan strictement formel, personne ne semble avoir relu le manuscrit de la traduction chez l’éditeur ? C’est parfois (grammaire, orthographe, syntaxe, et jusqu’à l’apparition aléatoire au milieu d’un mot de la lettre D en majuscule), proprement navrant. Quelques phrases sans verbe, des mots semble-t-il manquants ici ou là, des « vrais-faux » synonymes, des contradictions apparentes à deux lignes de distance, bref un « contre-effet » regrettable qui oblige le lecteur a un effort presque de véritable réécriture. Il faut donc une certaine dose de volonté et d’intérêt pour le sujet pour poursuivre la lecture. C’est tout-à-fait dommage. Alors, prévenu de cette difficulté inattendue, armez-vous de courage pour aller à l’essentiel : lisez, analysez et méditez ce livre. Il ouvre d’innombrables pistes de réflexions, propose de nombreuses interprétations, peut susciter débats et polémiques et constitue (sur le fond) un indiscutable ouvrage de référence.

 

Collection ‘Batailles essentielles-mémoire des peuples’, éditions Laville, 2012, 267 pages, ISBN 13 : 979-10-90134-12-6. 26 euros.

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29 juillet 2012 7 29 /07 /juillet /2012 07:00

GUERRES & CONFLITS

suspend (très provisoirement) sa parution pour le mois d'août

CHOUETTE

Depuis la mi-janvier, nous avons mis en ligne presque 550 "billets" et articles pour "coller" au plus près de l'actualité de la recherche, de la presse et de l'édition en histoire, dont une énorme majorité de recensions d'ouvrages récents ou très récents, parfois annoncés avant même la mise en vente en librairie. De nouvelles rubriques ont été créées, en essayant de faire effort sur les jeunes auteurs et les maisons d'édition moins connues. Des dizaines de colloques, tables rondes et séminaires ont été annoncés. Du Consulat et de l'Empire aux opérations extérieures les plus récentes, de l'histoire diplomatique à l'histoire politique, de l'environnement culturel aux contraintes financières ou techniques, nous avons essayé de prendre en compte tous les paramètres qui influent sur l'action militaire. Ceci représente de l'ordre de 2 heures de travail (bénévole) chaque soir, mais n'a pas été vain, puisque notre fréquentation est désormais stabilisée en moyenne entre 400 et 450 visites quotidiennes (mini : 124, maxi : 1.965). Au terme de ce semestre, nous n'avons (peut-être) qu'un seul regret : que nos lecteurs (visiblement fidèles) ne contribuent pas davantage, par exemple grâce à la possibilités d'ajouter des commentaires en ligne et de dialoguer, aux débats historiographiques.

Nous revenons en fréquence avec le même rythme de publication (3 à 4 textes chaque jour) dès le mardi 28 août. La rentrée s'annonce déjà dense (on annonce déjà près de 650 romans en trois mois, mais nul ne peut préciser le nombre de livres d'histoire...), de nouveaux projets émergent et nous pouvons dès à présent vous promettre en particulier la recension de quelques superbes ouvrages.

 

GUERRES & CONFLITS

revient le mardi 28 août

D'ici là, faites largement circuler l'adresse électronique

auprès de vos amis, relations et contacts :

http://guerres-et-conflits.over-blog.com/


La rentrée sera également accompagnée par la reprise de

nos réunions mensuelles amicales du mercredi,

dans le cadre de La Chouette, café historique dont voici le programme jusqu'à la fin de l'année :

CHOUETTE 2e SEMESTRE

Excellent mois d'août à tous et à très bientôt !


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28 juillet 2012 6 28 /07 /juillet /2012 07:15

Survol de quelques

publications de référence récentes aux Etats-Unis et en Angleterre

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Nothing Less than War : a New History of America's Entry into World War 1

Justus D. Doenecke

L'analyse des conditions politiques intérieures entre 1914 et 1917, 432 pages. Publié en mars 2011 par The University of Kentucky Press, Lexington.

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Unjustly Dishonored : An African American Division in World War 1

Robert H. Ferrell

L'histoire (et un effort de réhabilitation) de la "division noire" 92e DIUS, 144 pages. Publié en mai 2011 par The University of Missouri Press, Columbia.

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Violence against Prisoners of War in the First World War : Britain, France, Germany, 1914-1920

Heather Jones

Une étude comparative des conditions de détention et de vie des prisonniers de guerre chez les trois principaux belligérants du front occidental, 462 pages. Publié en juin 2011 par les Cambridge University Press.

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German Assault Troops of World War 1

Thomas Wictor

Le détail de la création, du développement, de l'organisation, de l'équipement et de l'emploi sur les différents fronts de la Grande Guerre, 320 pages. Publié en mai 2012 par Schiffer Publishing Ltd.

 

Ces ouvrages étant généralement assez (très) onéreux,

les lecteurs français auront intérêt à les rechercher sur des sites de vente de livres d'occasion (environ 50 % moins chers).

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28 juillet 2012 6 28 /07 /juillet /2012 07:10

Pompéi

La vie d’une cité romaine

Mary Beard

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Avant de suspendre pour quelques semaines de vacances les mises à jour quotidiennes, poursuivons notre voyage européen et changeons totalement de style et d'environnement. Si vous ne connaissez pas encore le site archéologique exceptionnel de Pompéi, profitez de cet été pour lire cette excellente étude, rédigée par une professeure d’histoire antique de l’université de Cambridge et dont la traduction française vient de paraître au Seuil, quatre ans après sa première publication en Angleterre.

Après avoir en introduction resitué le cadre de la destruction de la ville (contrairement à une légende tenace, les signes avant-coureurs de l’éruption se manifestaient depuis plusieurs semaines et la grande majorité des habitants avait quitté Pompéi), Mary Beard divise son ouvrage en 9 chapitres qui abordent tous les aspects des activités humaines et de la vie quotidienne dans une grande cité romaine : aménagement de l’espace, plan et organisation des maisons, artisans et commerçants, vie politique, plaisirs du corps, loisirs et jeux, religion et temples, etc. L’auteur ne se contente jamais des idées généralement admises sur la ville et, tirant partie d’une excellente maîtrise des textes antiques aussi bien que de sa parfaite connaissance des lieux, confronte toujours les théories à la réalité du terrain, les estimations aux constats effectivement effectués et à ce qui existait à la même époque dans des communes voisines ou similaires. Selon une rumeur tenace par exemple, la ville aurait compté entre 150 et 200 bars pour une population de 12.000 habitants dont un grand nombre pourtant (les femmes, les esclaves) n’avait pratiquement pas accès à ces établissements. Plus prosaïquement, nous explique Mary Beard, « tout porte à croire que certains de ces bars étaient en fait des épiceries, … au comptoir desquel[le]s on trouvait des noix, des lentilles ou des haricots ». Qu’il s’agisse des activités artisanales, des campagnes électorales, des thermes et bains, du théâtre, des fameuses fresques érotiques, etc., toute la vie de Pompéi est ainsi décryptée, dans un style plaisant, avec un texte courant appuyé sur de très nombreuses citations.

Le livre est parsemé par plus de 110 illustrations, dont un certain nombre somptueuses, en couleur, rassemblées dans deux cahiers photos. On trouve également au fil du texte une vingtaine de plans, de quartiers ou de maisons. La traditionnelle liste finale des ouvrages de référence est remplacée par un ultime chapitre « Lectures complémentaires » qui constitue en fait une utile bibliographie critique, mettant en valeur les qualités et les défauts, les avantages et les silences de très nombreux livres et articles (pour la plupart en anglais ou en italien). Enfin, dans les dernières pages, Mary Beard nous fait profiter d’utiles conseils grâce à ses nombreux séjours sur place, sous le titre « Visiter Pompéi ».

Un exceptionnel moment de dépaysement, en particulier pour tous ceux qui ne connaissent pas cette cité "mythique", à la fois détruite par le Vésuve, puis préservée sous ses cendres.

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28 juillet 2012 6 28 /07 /juillet /2012 07:00

Les Français sous Louis XV

Guy Chaussinand-Nogaret

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Profitons de ces belles journées du mois de juillet pour chroniquer un livre qui remet bien en perspective le règne de l'un de nos anciens monarques. Fin connaisseur du XVIIIe siècle, Guy Chaussinand-Nogaret s'intéresse, dans cet ouvrage vivement conseillé, aux 24 millions de Français qui peuplent le royaume autour des années 1750.

 

Avec Les Français sous Louis XV, le professeur Chaussinand-Nogaret, spécialiste reconnu du XVIIIe siècle et du Premier Empire, donne, selon ses propres termes, une « petite histoire de la vie quotidienne des Français ». Les chapitres dressent ainsi une série de portraits qui, par touches successives, aboutissent à une image complète et vivante de la société française sous le long règne de Louis XV.

Le soin porté à illustrer la présentation de chaque groupe par des anecdotes ou des extraits de mémoires rend l’ouvrage particulièrement agréable à lire, d’autant que le style, d’une élégante simplicité, est fréquemment émaillé d’expressions savoureuses et de pointes d’humour. Mais, derrière cette clarté et cette apparente aisance, se dissimule la maîtrise parfaite de l’historien chevronné, qui livre ici des analyses mûries au long d’années d’enseignement et de recherche.

Loin de toute pédanterie et de toute lourdeur analytique, ce parti pris de décrire avec clarté, joint au souci constant d’éviter les approximations, offre une synthèse, au meilleur sens du terme, des études historiques les plus récentes sur le XVIIIe siècle, pondérées les unes par rapport aux autres. Sur un fond scientifiquement irréprochable, le professeur Chaussinand-Nogaret réussit le tour de force de transmettre à des lecteurs curieux, mais ne possédant pas forcément de connaissances historiques solides sur la période, les conclusions et les réflexions nuancées nées de sa profonde expérience. La lecture de ce livre s’avère de ce fait un véritable plaisir intellectuel.

Jean-François Brun

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27 juillet 2012 5 27 /07 /juillet /2012 07:15

L'Indo-Chineur et

Indo-Editions

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Cyril Bondroit poursuit l'aménagement des locaux et l'amélioration des services qu'il propose à travers sa librairie - galerie (01 71 97 61 95), installée 16 rue d'Abbeville (75010 Paris), et sa maison d'édition spécialisée. Un nouveau site vient d'être ouvert et est régulièrement complété ( www.lindochineur.com ) et il peut être joint sur facebook à l'adresse électronique www.facebook.com/indoéditions. Une adresse que tous les amateurs de la guerre d'Indochine et les amoureux du Vietman doivent connaître. N'hésitez surtout pas à faire un passage sur place lorsque vous êtes sur Paris.

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27 juillet 2012 5 27 /07 /juillet /2012 07:10

On connaît un peu en France la longue résistance du général von Lettow-Vorbeck au "rouleau compresseur" anglo-belge en Afrique de l'Est entre 1914 et 1918. Voici deux ouvrages récents qui permettent de faire un point à peu près complet sur les Forces d'autoprotection de l'Ost Afrika :

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Die Kaiserliche Schutztruppe für Deutsch-Ostafrika

Tanja Bührer

Le sous-titre présente l'architecture générale du livre : la politique militaire coloniale de l'empire allemand et les transferts culturels entre Européens et indigènes, les premiers s'aguerrissant à la guerre de brousse, les seconds faisant en fin de période l'apprentissage de l'emploi des matériels modernes et de la manoeuvre "à l'occidentale". Paru chez Oldenbourg Verlag en 2011

OSTAFRIKA 2

Deutsch-Ost-Afrika. Die Schutztruppe, ihre Geschichte, Organisation und Tätigkeit

H. Fonk

Il s'agit de la réédition d'un ouvrage publié pour la première fois en 1907 et devenu introuvable. Un témoignage de première main sur la naissance et le développement de la Schutztruppe par un capitaine ayant servi en Afrique orientale. Paru chez Melchior Verlag en 2012.

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Qui Suis-Je ?

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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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