Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
18 février 2017 6 18 /02 /février /2017 06:00

Français, si vous saviez...

Georges Bernanos

"Français, ô Français, si vous saviez ce que le monde attend de vous !". C'est par cette exhortation que s'ouvre le livre, véritable appel à retrouver une spiritualité qui désormais, selon l'auteur, fait défaut à l'homme et entraîne la perte de sa liberté.

Le constat est assez terrible, même si tout espoir n'est pas perdu : "Il y a toujours de l'espace libre dans le monde. Qu'il y en ait assez pour le peu qui reste encore d'hommes libres, cela va sans dire, hélas, et qu'importe ! Depuis des années, le milieu leur était de moins en moins favorable, ils s'y sont progressivement affaiblis ; on peut craindre qu'ils ne soient plus capables de s'y reproduire ... Il ne s'agit pas de conserver les hommes libres, et la bonne nouvelle que j'annonce, c'est que l'espace ne manque pas encore pour en refaire". Le volume est en fait constitué par une succession d'articles écrits dans les années d'immédiat après-Deuxième guerre mondiale, ainsi que de textes (souvent plus brefs) posthumes, essentiellement contre la dictature du matérialisme (communiste surtout, libéral aussi). Les démocrates-chrétiens sont largement pris pour cible ("Que la faiblesse des élites catholiques du XIXe siècle, en face du capitalisme et du libéralisme triomphants, soit égalée par celle des catholiques d'aujourd'hui e face du marxisme, il n'y a pas là, au fond, de quoi surprendre") et les cérémonies "d'hommage mémoriel" qui se multiplient déjà à l'époque n'échappent pas à la critique : "Il est vrai que, pour des politiciens expérimentés, l'hommage aux morts peut aussi fournir un excellent prétexte pour rassurer les vivants". Les bien-pensants à la mode sont étrillés, la domination, la dictature, de la technique et du matériel sur l'esprit sont au coeur de ses réflexions, et le personnel politique du gouvernement provisoire et de la IVe République naissante trouve difficilement grâce à ses yeux : "La fidélité française ne se mesure pas à la bonne volonté, ni aux bonnes intentions, et les plus dangereux des traîtres sont probablement ceux qui, sans volonté criminelle, par sottise ou par complaisance, trahissent l'esprit de la Nation". L'un des articles est titré "Nous sommes en guerre" (ou plutôt "Nous ne sommes pas sortis de la guerre"), tandis qu'un autre pose la question : "Dans un monde malade où triomphe l'homme-robot, la France donnera-t-elle le signal de l'insurrection de l'esprit ?". Insurrection que Bernanos, bien sûr,voit se dresser à partir des fondamentaux traditionnels chrétiens de la France : "La distraction devenue nécessité la (l'humanité) pousse à multiplier la machinerie, cercle infernal que rien ne semble devoir rompre, que rien ne rompra jusqu'à ce que soit définitivement tarie cette vie intérieure, qui faisait de l'homme un animal religieux". On note également, en fin de volume, la série de brefs textes titrés "Le général vous parle", en référence bien sûr à l'appel du général de Gaulle sur la BBC en juin 1940, une forme d'hommage pour un appel à une nouvelle révolte contre l'administration anonyme et la technocratie : "L'Etat contre la nation. La technique contre la vie"...

Un ensemble un peu sombre, voire pessimiste, dans lequel perle néanmoins une lueur... Pour Bernanos, tout n'est peut-être pas perdu.

Folio Essais, Paris, 2017, 213 pages. 11,10 euros.

ISBN : 978-2-07-270952-4.

Appels aux hommes libres
Repost 0
Published by guerres-et-conflits - dans Généralités
commenter cet article
19 janvier 2017 4 19 /01 /janvier /2017 07:14

Histoire militaire suisse

Des origines à nos jours

Pierre Streit

Pierre Sreit, historien et officier de l'armée de milice, a pendant plusieurs années dirigé le Centre d'histoire et de prospective militaires de Pully. Auteur de nombreux ouvrages, traitant soit de l'histoire suisse dans le temps long (Morgarten, ici), soit du XXe s. (le général Guisan ou Market Garden, ici et ici), soit de questions plus actuelles en lien avec un passé fondateur (l'héritage de Rütli, ici), il nous propose aujourd'hui la réédition (première parution 2006) d'une vaste synthèse d'une riche et complexe histoire militaire depuis l'Antiquité.

Après une solide introduction qui présente le cadre géopolitique suisse (caractéristiques géographiques, principe et histoire de la neutralité, origine et évolutions du système de milice), Pierre Streit commence globalement son récit avec "Nos ancêtres les Helvètes" et les auxiliaires helvètes de l'armée romaine, puis s'intéresse à la période burgonde (où l'on apprend qu'utiliser le terme "Helvetia" est abusif). A compter du début du XIIIe s., commence "la période héroïque" avec l'alliance des trois communautés d'Uri, de Schwytz et d'Unterwald et la nécessité de contrôler les voies de communication (Gothard) dans le massif alpin : "cette situation est à l'origine de la 'défense active', car elle combine une défense, ou un combat retardateur, appuyé sur le terrain ou sur son renforcement, et un élément dynamique, une attaque surprise ou une contre-attaque sur les flancs de l'adversaire, sur un large front et depuis un terrain favorable". Passant à la deuxième moitié du XVe s., période durant laquelle la Suisse figure parmi les grandes puissances militaires du continent, il explique : "Les Suisses doivent leur supériorité sur le champ de bataille à la masse de leur infanterie, formée en carré. Le carré suisse, comptant jusqu'à 6000 hallebardiers et piquiers, est capable de supporter une charge de cavalerie ; il est surtout bien moins onéreux que celle-ci", puis parle d'un véritable "système d'armes à la fois simple et robuste". On constate ainsi que Pierre Streit fait régulièrement l'aller-retour entre l'évolution politique, l'organisation "étatique", l'état des forces armées et les réalités du terrain ou des équipements. Il fait également un lien régulier entre l'organisation intérieure des cantons, leurs alliances longtemps fragiles (ruraux-urbains, catholiques-protestants, etc.), et les relations internationales avec les puissances européennes dans le cadre du "service étranger", dominé par quelques grandes familles : "A elle seule, la famille schwytzoise de Reding entretient jusqu'à douze compagnies (quatre en France, six en Espagne et deux à Naples)". Confédération d'Etats souverains, la Suisse exerce une réelle influence au plan militaire, jusqu'aux Etats-Unis naissants. Le livre se poursuit avec les effets des guerres de la Révolution et de l'empire après "l'effondrement militaire de 1798", qualifié de "faillite" politico-militaire ("Il ne s'agit pas d'une armée, mais de 13 milices cantonales avec des armements, des uniformes, des organisations et des drapeaux différents"), ce qui le conduit à établir une comparaison avec les problèmes "que rencontrent actuellement les pays européens, qu'ils soient membres de l'Union européenne ou de l'OTAN". Après le "Règlement militaire" de 1817 et la dernière guerre civile en 1848, avec un effort marqué sur la formation des officiers, nous arrivons au XXe s., durant lequel la Suisse parvient à éviter toute implication directe dans les deux guerres mondiales, non sans mobiliser ses citoyens, la question de la neutralité économique, la question de la "défense totale" et le principe du "réduit national". Les derniers chapitres traitent des évolutions les plus récentes, dont la confirmation d'un système de défense original par vote populaire en 2013 et le dossier d'Armée XXI.

Une excellent synthèse qui apportera beaucoup à tous ceux qui s'intéressent à la fois à l'histoire européenne, à l'histoire militaire, aux conflits des temps anciens comme aux débats les plus récents.

Le site de l'éditeur pour commande directe : ici.

Infolio éditions, Gollion (CH), 2016, 260 pages, 15,- euros.

ISBN : 9782884749619

Armée et Etat
Repost 0
Published by guerres-et-conflits - dans Généralités
commenter cet article
15 janvier 2017 7 15 /01 /janvier /2017 06:00

Ecrits historiques de combat

Jean Sévilla

Volumineux ouvrage militant qui, comme son titre l'indique, se veut un instrument "de combat" culturel et politique.

Le livre, en fait, n'est pas constitué par un nouveau texte, mais par la réédition en un seul volume de trois publications antérieures : Historiquement correct en 2003 (le plus important), Moralement correct en 2007 et Le terrorisme intellectuel en 2000. L'auteur, figure de prou du Figaro Magazine et du Figaro Histoire y développe les thèmes désormais bien connus à la fois de la "désinformation idéologique" et des "mensonges" sur notre passé. On sait que ses adversaires lui reproche de mythifier le récit national, au minimum "une version aseptisée du passé, débarrassé de ses épisodes les plus sombres et de tout sentiment de repentance". Parmi les trois titres rassemblés dans ce volume, un seul à proprement parler traite d'histoire, le premier. Les deuxième et troisième s'intéressent bien davantage aux débats idéologiques les plus  récents, aux questions politiques, sociales et culturelles, et condamnent à la fois une morale relativiste et individualiste "révisée par le politiquement correct", et le "terrorisme intellectuel" dominant, "un système diffus, multiforme, insaisissable" qui dominerait le monde intellectuel, journalistique et politique français. Si ces deux grandes dernières parties ne nous concernent pas directement ici, elles éclairent sans fard la première.

Dans celle-ci, il revient en 18 chapitres sur l'histoire de France dans la longue durée, de la féodalité à la guerre d'Algérie. Ici aussi le ton est militant, mais le discours s'efforce de faire preuve d'une certaine modération, non sans humour parfois. Les fautes, erreurs, voire crimes qui entachent l'histoire de France ne sont pas niés, mais il sont systématiquement replacés dans leur contexte et Jean Sévilla met toujours en parallèle les décisions et actions des "autres" (les Protestants pendant les guerres de religion ou lors de la révocation de l'Edit de Nantes, la Terreur et la surenchère radicale pendant la Révolution, la comptabilité des morts de la Commune de Paris, l'antimilitarisme et l'anticléricalisme des gouvernements radicaux au début du XXe s., l'antisémitisme de gauche et la protection des ouvriers nationaux par les syndicats durant l'entre-deux-guerres, le coût de la colonisation pour la métropole, le terrorisme du FLN, etc.). Finalement, son discours n'est pas aussi caricatural que l'on veut bien le dire dans de nombreux médias ou colloques : il pointe surtout le caractère souvent extrêmement complexe des situations et au passage adresse parfois une correction aux promoteurs d'une histoire idéologique (marxiste ou d'inspiration marxiste) marquée par l'anachronisme. Il est en effet bien rare que l'on ne retrouve que les "gentils" et les bonnes intentions d'un côté, les "méchants" et la volonté de domination brutale d'un autre. Les évènements historiques, dans leurs origines multi-causales, leur déroulement soumis aux multiples contraintes du moment, leur mémoire instrumentalisée au fil du temps par les pouvoirs successifs, ne s'écrivent pas en blanc et noir. Elle oscille toujours dans des nuances de gris, et vouloir lui donner un "sens" impératif est déjà une faute contre l'esprit (la même remarque s'appliquant d'ailleurs aux thuriféraires d'un Ancien régime idéalisé ou d'un régime de Vichy absout de ses erreurs).

En résumé, la première partie est très intéressante, bien loin des niaises approximations à la Lorànt Deutsch. Le discours est clairement engagé, mais le propos est posé et argumenté. De nombreuses références et une bibliographie (certes sélective) complètent d'ailleurs le volume. Une lecture à tête reposée et sans a priori ne peut qu'être utile.

Perrin, Paris, 2016, 839 pages, 25,- euros.

ISBN : 978-2-262-06663-5.

Réédition (2)
Repost 0
Published by guerres-et-conflits - dans Généralités
commenter cet article
13 janvier 2017 5 13 /01 /janvier /2017 08:08

Le droit international et les guerres de notre temps

Daniel Lagot

Nouvel ouvrage sur ce thème si important aujourd'hui dans toutes les opérations, sous un angle très juridique, méthodique. L'actualité du sujet est une évidence (ici), et pourtant ces questions si techniques restent souvent entourées de flou pour la plupart des militaires. D'où l'intérêt du livre.

Organisé en grands chapitres clairement délimités, le livre commence par un rappel sur ce que sont l'organisation et le fonctionnement du système international, puis s'attache à la définition des crimes contre l'humanité et à l'histoire du droit humanitaire, qu'il s'agisse des armes particulières (biologiques, chimiques, nucléaires) et des ambigüités qui subsistent (place des civils, dégâts collatéraux, compétences de la CPI, etc.). Daniel Lagot s'intéresse ensuite aux opérations décidées (plus ou moins) par l'ONU, puis longuement à la complexe opération en Libye, et aux "organisations armées non-étatiques", qui constituent fréquemment aujourd'hui l'adversaire des armées occidentales, en particulier à travers les exemples des conflits en Syrie et en Irak ("résistance ou terrorisme ?"). Il termine enfin son étude par un "Bilan de la justice internationale", finalement assez contrasté. Au long de son ouvrage, ponctuellement, les ONG plus ou moins caritatives ou engagées sont prises en compte, comme il pointe régulièrement les interprétations nationales différentes et les difficultés de mises en oeuvre d'une architecture jurique qui, pour devenir de plus en plus prégnante, n'en reste pas moins imparfaite.

Déjà auteur d'une dizaine d'ouvrages sur ce thème, Daniel Lagot nous propose ici un volume de synthèse précis et utile. A connaître par tous ceux, étudiants ou acteurs des conflits, qui doivent disposer d'une information sûre sur ces questions.

L'Harmattan, Paris, 2016, 205 pages. 22,50 euros.

ISBN : 978-2-343-10265-8.

Droit de la guerre
Repost 0
Published by guerres-et-conflits - dans Généralités
commenter cet article
11 janvier 2017 3 11 /01 /janvier /2017 06:00

L'Europe de l'Est à l'Ouest dans la guerre froide

1948-1953

Saki Dockrill, Robert Frank, Georges-Henri Soutou et Antonio Varsori

L'Europe a été au coeur de la guerre froide, conflit global sur lequel il serait important aujourd'hui que de nouveaux travaux soient conduits. Il est donc important de revenir à ce volume collectif, paru il y a quelques années mais dont les contributions conservent toute leur pertinence.

La vingtaine de communications place en effet l'Europe au centre des préoccupations, ce qui permet de dépasser l'étroit antagonisme américano-russe. Généralement en français (en anglais pour 8 d'entre elles), elle s'intéressent, après une introduction de haute tenue de Georges-Henri Soutou, à la période qui s'étend du blocus de Berlin à la mort de Staline. Les aspects stratégiques et de coopération militaire sont bien sûr abordés, ainsi que les dissensions internes du bloc de l'Est (RDA / Pologne, Yougoslavie) et les organes d'influence (le mouvement des partisans de la paix d'une part, Radio Free Europa d'autre part), sans oublier les premières phases d'organisation de l'OTAN ou la perception par les responsables soviétiques de ces situations. Plusieurs communications traitent de la situation française, collectivement (du plan Schuman au plan Pleven) ou individuellement (Pierre Cot). En résumé, un large survol de l'Europe de la guerre froide, à la fois acteur et sujet des évolutions du siècle et qui s'efforce d'exister "à l'ombre" des deux super-puissances. 

Un volume, toujours disponible auprès des PUPS, qui mérite indiscutablement de figurer dans toute bibliothèque sur l'histoire récente du continent.

PUPS, Paris, 2002, 268 pages, 19,- euros.

ISBN : 2-84050-243-7.

Europe
Repost 0
Published by guerres-et-conflits - dans Généralités
commenter cet article
26 décembre 2016 1 26 /12 /décembre /2016 06:00

Croire en l'histoire

François Hartog

Ce petit ouvrage par son format n'en est pas moins important sur le plan de la réflexion et des idées. Constatant que l'histoire n'est plus, comme au XIXe siècle, le mode privilégié d'explication et de compréhension du monde, François Hartog s'interroge sur le sens et la place prise par la vague des commémorations mémorielles qui semble nous submerger depuis une quarantaine d'années. Il fait à partir d'une analyse très savante, entre philosophie et éthique.

Le livre est construit, après une solide introduction qui évoque les évolutions dans le temps long et le rôle de l'historien, en quatre grandes parties séparées entre les 2e et 3e par un "intermède", inspiré par la comparaison entre deux tableaux ("Demeure pour l'historien de métier, en-deçà de cet horizon de fuite, l'inquiétante étrangeté de l'histoire, l'interminable compétition entre le voeu de fidélité à la mémoire et la recherche de la vérité de l'histoire") qui pose la question de "l'étrange familiarité de l'histoire". La première partie, "La montée des doutes", aborde la question essentielle, véritable fil rouge de l'ouvrage, de la place prise par la (les) mémoire(s) et l'impératif (nous aurions tendance à dire intellectuellement totalitaire) de "présentisme". La seconde, "Une inquiétante étrangeté", s'étonne des effets de mode dans les sujets traités par les historiens et s'inquiète en quelque sorte des manipulations auxquelles l'histoire est contrainte de participer. Le vocabulaire utilisé est (volontairement ?) souvent spécialisé, le discours intellectualisé, la première approche demande au "vulgus" de disposer d'un dictionnaire à portée de main pour comprendre certains phrases..., entre linguistique, philosophie, l'éthique et histoire, passant des auteurs les plus contemporains à Platon, Aristote et Saint-Augustin : "Ne peut pas être exorcisé le soupçon que l'histoire reste une nuisance pour la mémoire. Remède, poison ou les deux". Personnellement, je revendique le poison... Hartog, sur la base d'une ample et intime connaissance des textes anciens, multiplie les aller-retour entre l'Antiquité et la fin du XXe siècle, ce qui peut désarçonner un lecteur trop pressé. La troisième partie s'intéresse aux rapports, parfois conflictuels, entre l'histoire et le roman, évoque Hugo et Balzac, cite Milan Kundera et s'attarde sur les travaux de Chateaubriand (le "nageur entre deux rives") : "Si, avec le XIXe siècle, l'Histoire est bien devenue pour tous une évidence, les historiens et les écrivains ne s'en saisissent pas exactement de la même manière". Il revient ici sur les comités chargés, en 1916, de préparer les anniversaires victorieux des empereurs des puissances centrales pour 1918. Les "empereurs" d'aujourd'hui, finalement, n'agissent-ils pas de même, et parfois avec davantage de morgue encore ? Le récit mémoriel entonné sur tous les tons par les élites dominantes n'a peut-être changé que dans ses exemples particuliers, pas sur le fond... Le chapitre 4 enfin revient sur "les avatars du régime moderne d'historicité", avec la place des idéologies, le souvenir des révolutions, un "sens" de l'histoire qui n'est sans doute qu'une interprétation parmi d'autres, correspondant à une époque et à un besoin social. parmi les derniers auteurs cités dans la partie finale du volume, Braudel et Lévi-Strauss, ... il y a des références pires. Avec quelques constats assez tristes finalement : "Quand on peut tout voir, le danger est de ne plus rien voir du tout". Et à propos des "connected history", "shared history", "global history", "post-colonial" et autres "cultural studies", une référence à Hérodote "qui annonçait vouloir traiter à parité tout ce que les Grecs et les Barbares avaient accompli de grand" : "Qu'est-ce qui autorise celui qui se nommera historien à occuper cette position d'entre-deux et comment voir les deux côtés ?". Suffit-il de décentrer le regard ? Non, bien sûr. Et les productions récentes, qui oscillent entre réutilisation de mots et concepts anciens d'une part et réorientation intellectuelle et idéologique d'autre part, ne sont pas totalement satisfaisantes. L'histoire a été (et reste) en conflit avec les présents successifs, l'histoire a été (et reste) l'objet de réinterprétation et de récupération, victime d'effets de mode et d'évolutions plus solides, de heurts et de débats : peut-être est-ce à "l'antique registre de l'historia magistra" que nous faisons référence, "le registre de l'exemple, de l'imitation et du devoir-être", un registre que l'immédiateté et le présentisme ne peuvent comprendre, ni tolérer. "S'il y a une vie pour l'histoire après le concept moderne d'histoire, elle passe à la fois par la capacité de nos sociétés à articuler à nouveau les catégories du passé, du présent et du futur, sans que vienne à s'instaurer le monopole ou la tyrannie d'aucune d'entre elles". L'histoire, n'en doutant pas, reste tout à la fois indispensable et promise à un bel avenir.

Même s'il est parfois d'un abord un peu difficile (délicate litote pour certaines pages), il faut prendre le temps de le lire calmement, tranquillement, un peu comme nous pouvons réfléchir à un problème personnel, pour mieux saisir notre propre histoire... et appréhender ses utilisations mémorielles aujourd'hui.

Champs Histoire, Paris, 2016, 308 pages, 10,- euros.

ISBN : 978-2-0813-9299-1.

Mémoire, histoire et présent...
Repost 0
Published by guerres-et-conflits - dans Généralités
commenter cet article
21 décembre 2016 3 21 /12 /décembre /2016 06:00

La Compagnie du canal de Suez

Une concession française en Egypte (1888-1956)

Caroline Piquet

Compagnie internationale neutre, souvent qualifiée de véritable "Etat dans l'Etat" en Egypte, la Compagnie internationale du canal de Suez reste éventuellement connue pour le faste de son inauguration en présence de l'impératrice Eugénie sous le Second empire, et pour la dernière expédition militaire franco-britannique qu'elle suscite, à la suite de sa nationalisation par Nasser, en 1956. Entre ces deux dates, pendant plus de 90 ans ? Bien peu de choses affleurent à notre mémoire.

Tout le mérite du livre de Caroline Piquet, rédigé à partir de sa thèse, est donc de retrouver pour nous l'ensemble de cette histoire. L'auteure organise son propos en trois grandes parties. La première, "Concession et nation", chronologique, en quelque sorte histoire "par le haut", nous fait refaire un parcours qui commence officiellement en 1888 avec la reconnaissance internationale de l'indépendance de la Compagnie. Elle suit scrupuleusement le fil des événements, qu'il s'agisse des relations souvent compliquées avec l'Egypte ou de la capacité d'intervention dans la région qu'elle donne à Paris et à Londres. La seconde, "Un modèle français d'organisation du travail outre-mer", se consacre aux hommes qui font la compagnie. Histoire "par le bas", elle s'attache à cette main d'oeuvre française expatriée et autochtone, mais aussi originaire de toute les Méditerranée orientale. Des salariés qui, longtemps, vivent bien grâce à de hauts salaires, mais dont les revendications sociales s'expriment aussi à l'aune d'un nationalisme égyptien vivace. La troisième enfin, "Ancrages et héritages", étudie à la fois les différentes influences politiques et cultuelles en lutte dans la région et les aspects particulier de cette "petite France" d'Orient qui reste le domaine d'une entreprise privée. Au total, Caroline Piquet nous raconte donc à la fois l'aventure économique et financière d'une société commerciale, mais aussi celle parfois plus clinquante des exigences et des aléas politiques. Dans ce maelström, le "paternalisme" de la Compagnie se double de la création d'un authentique "esprit d'entreprise" qui intègre les employés locaux et développe un réel sentiments d'appartenance.

Avec la fabrication soignée (qualité du papier, police d'écriture, iconographie, etc.) qui est l'une des marques des PUPS, voici un bien beau livre, particulièrement riche et dense, tout à la fois ouvrage de référence et belle pièce dans une bibliothèque, livre d'histoire économique, d'histoire sociale, d'histoire politique, et nécessairement (toujours un peu) d'histoire militaire puisque la vie de la Compagnie ne fut pas simplement un long fleuve tranquille. A connaître par quiconque s'intéresse à ces problématiques.

PUPS, Paris, 2008, 617 pages, 32,- euros.

ISBN : 978-2-84050-593-8.

 

Compagnie internationale
Repost 0
Published by guerres-et-conflits - dans Généralités
commenter cet article
21 novembre 2016 1 21 /11 /novembre /2016 06:00

Les grands procès du XXe siècle

Stéphanie de Saint-Marc

Parmi les grands procès du XXe siècle ici présentés (et tous à leur époque connaissent un très fort retentissement), certains exercent une influence considérable sur "le cours de l'histoire" et sont parfois directement liés à des questions militaires ou de défense.

Treize procès sont ici présentés, de celui d'Henriette Caillaux au printemps 1914, pour avoir assassiné le directeur du Figaro, à celui des barricades en Algérie en 1960-1961. Outre ce dernier, les questions militaires ou de défense sont abordées à l'occasion des procès de Louis Malvy, ancien ministre de l'Intérieur, en 1918, de Pierre Mendès-France à Clermont-Ferrand en 1941, de Laval devant la haute-cour de justice en 1945, ou pour le procès du réseau Jeanson de soutien au FLN, devant le tribunal permanent des forces armées en 1960. Chaque affaire est présentée (contexte et événements, généralement en dix à vingt pages), puis Stéphanie de Saint-Marc laisse la parole aux acteurs : interrogatoires des accusés, dépositions des témoins, plaidoiries des avocats. On a ainsi la quasi-intégralité des principales pièces, ce qui (étant donné l'importance en leur temps de chacune de ces affaires) apporte de nombreuses informations sur les événements de l'époque, les relations des uns et les contacts des autres, les objectifs de certains et les manoeuvres des derniers. Bref, une plongée (souvent) étonnante dans les dessous politiques, financiers, militaires de certaines affaires célèbres.

Un complément utile ponctuellement pour toute étude particulière (il se termine sur un index complet et une belle bibliographie) et au minimum un ouvrage qui peut se lire chapitre par chapitre, sans continuité de temps et d'espace. Un ouvrage à la fois très intéressant et atypique. 

'Bouquins', Robert Laffont, Paris, 2016, 877 pages, 30,- euros.

ISBN : 978-2-221-11595-4.

Accusé, levez-vous !
Repost 0
Published by guerres-et-conflits - dans Généralités
commenter cet article
14 novembre 2016 1 14 /11 /novembre /2016 06:00

La France et son armée

Charles de Gaulle

Cette réédition toujours bienvenue d'un classique de la littérature militaire, quatrième livre publié avant la Seconde guerre mondiale par celui qui deviendra deux ans plus tard le chef de la France Libre, est accompagnée par celle d'un ouvrage moins connu, paru sept ans plus tôt, l'Histoire des troupes du Levant.

Faut-il présenter La France et son armée ? Chacun trouvera dans de très nombreuses publications, actes de colloques, articles et sur les sites internet d'innombrables commentaires et exégèses. Cette ample évocation de l'histoire militaire de la France, dont les premiers mots sont bien connus ("La France fut faite à coups d'épée. Nos pères entrèrent dans l'histoire avec le glaive de Brennus"), de la Gaule à la fin de la Première Guerre mondiale au fil des siècles et des régimes, n'est pas d'une profonde rigueur scientifique, mais témoigne d'un souffle exceptionnel qui donne à ce que l'on nomme trop facilement le "roman national" une puissance rarement atteinte. Le second texte, Histoire des troupes du Levant, n'a pas le même caractère épique et ressemble davantage à un rapport officiel. Il s'ouvre sur l'effondrement de l'empire ottoman et la (difficile) installation de l'occupation anglo-française au Moyen-Orient, se poursuit avec les opérations (totalement oubliées aujourd'hui) conduites en Cilicie à partir de 1919, et enfin la mise en place de l'administration française au Levant contre les Hachémites, les opérations de pacification, la baisse rapide des effectifs et enfin la révolte druze. Et cette conclusion qui met à l'honneur le sens du sacrifice des troupes : "Aujourd'hui, les troupes françaises ont établi dans toute l'étendue des territoires du Levant l'ordre et la sécurité. Dans ce pays nouvellement confié à la France, elles ont par leur valeur, mais non sans lourds sacrifices, réalisé, en assurant la paix, la première condition du progrès matériel et moral".

Même si vous connaissez déjà La France et son armée, ce volume format poche mérite toute votre attention au moins pour le second texte. Un ensemble en tout cas important pour tout amateur de cette période.

'Tempus', Paris, 2016, 383 pages, 9,- euros.

ISBN : 978-2-262-06660-4.

Ode à l'armée française
Repost 0
Published by guerres-et-conflits - dans Généralités
commenter cet article
10 novembre 2016 4 10 /11 /novembre /2016 06:00

Philosophie de l'histoire

Jules Michelet

Présentés par Aurélien Aramini, les quatre textes peu ou très mal connus de Jules Michelet rassemblés dans ce volume permettent de saisir la "philosophie de l'histoire" du célébrissime auteur de l'Histoire de France.

Ces quatre textes ("Discours sur l'unité de la science", "Discours sur le système et la vie de Vico", "Cours de philosophie" et "Introduction à l'histoire universelle") ont été rédigés entre 1825 et 1831, et doivent être replacés dans leur contexte : souvenirs de la période révolutionnaire et impériale, restauration et contre-révolution, émergence du romantisme et du libéralisme, etc. Certains ont été au fil du temps oubliés, d'autres (comme ses "Cours de philosophie") n'avaient tout simplement jamais été publiés. Cette notion de philosophie de l'histoire mérite que l'on s'y attarde, car elle soutient ensuite l'oeuvre d'historien de Michelet. Comme l'explique Aurélien Aramini dans sa longue introduction, il faut y voir le fondement libéral de l'engagement ultérieur de Michelet ("Les hommes font leur propre histoire et sont les auteurs du monde social") dans une période où domine la réaction. Chacun des textes (de longueur très variable : le "Discours sur l'unité de la science", moins d'une quinzaine de pages ; le "Cours de philosophie" -19 leçons-, plus de 230) est accompagné d'une  sommaire présentation de ses caractéristiques de publication et/ou de rédaction. Le coeur du volume est donc bien sûr constitué par l'imposant cours de philosophie qui s'ouvre sur cette affirmation : "Nous allons embrasser dans une seule étude l'histoire et la philosophie. Ainsi, unies par une heureuse alliance, elles se prêteront un mutuel secours ... Chez les Grecs, toute connaissance de fait s'appelait histoire, toute connaissance de loi, philosophie. Nous ferons de même : dans l'histoire nous étudierons les faits ; nous étudierons les lois dans la philosophie ... Nous nous occuperons donc de comparer la nature des faits sociaux ou historiques, à la nature des faits intellectuels et moraux ou philosophiques". De Platon à la psychologie, de Descartes ou d'Aristote à l'influence du langage, de la notion de synthèse à celle de méthode démonstrative, c'est une véritable plongée transdisciplinaire dans le "pourquoi" et le "comment" de l'histoire que nous propose Michelet. Bien sûr, près de deux siècles plus tard, certaines formules peuvent surprendre l'homme du XXIe s., et nul doute que vous ne réagissiez à telle ou telle affirmation sur Dieu, sur le devoir, etc. Mais replaçant ces démonstrations dans leur contexte, vous saurez leur rendre toute leur pertinence et, sans transposition hors de propos, en retirer d'utiles réflexions pour la période actuelle.

Flammarion, Coll. 'Champs classiques', Paris, 2016, 568 pages, 16,- euros.

ISBN : 978-2-0813-6457-8.

Textes peu connus de Michelet
Repost 0
Published by guerres-et-conflits - dans Généralités
commenter cet article

Qui Suis-Je ?

  • : Guerres-et-conflits
  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
  • Contact

  • guerres-et-conflits
  • L'actualité de la presse, de l'édition et de la recherche en histoire

Partenariat

CHOUETTE

Communauté TB (1)

Recherche

Pour nous joindre

guerres-et-conflits@orange.fr

Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

Sur la toile