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9 février 2017 4 09 /02 /février /2017 06:00

Sur les routes d'Afghanistan

Pierre-Jean Laforêt

Pour l’armée française, l’engagement en Afghanistan permit de mettre en lumière l’importance du génie dans la réalisation de la manœuvre interarmes. « Pas un pas sans appuis », cette maxime devint une réalité pour les soldats confrontés aux Taliban et à leurs artifices : mines et autres Engins Explosifs Improvisés (EEI). La France connut deux périodes d’engagement. Entre 2002 et 2006, les militaires demeurèrent essentiellement dans la proximité de Kaboul pour mener des opérations de stabilisation puis d’imposition de la paix. Avec le retour des Taliban et le changement de posture politique à partir de 2007, l’armée française connut le feu et le retour du combat de contre-guérilla (2007-2012). Dans ce contexte, le génie décida de se doter d’un Détachement d’Ouverture d’Itinéraire Piégé (DOIP), concept de Road Clearence Package développé à l’origine par l’armée américaine à partir de son engagement en Irak. Constitué de véhicules spécialisés dans la détection des pièges (SOUVIM puis SOUVIM 2), d’engins d’interrogation et de traitement de la menace (camion BUFFALO) et de véhicules transportant les démineurs et leur escorte (VAB puis véhicules hautement protégés ARAVIS), ces détachements furent projetés en Afghanistan à partir du mois d’avril 2009 jusqu’à la fin de l’année 2012 sans interruptions. Cette mission fut confiée à la 6e compagnie de contre minage du 1er Régiment du Génie (RG) qui fut transférée au 13e RG lors de la dissolution de cette unité en juin 2010. Les sapeurs étaient donc en auto relève durant quatre années. Les pertes furent sensibles : deux tués (sergent-chef Laurent Mosic mort au combat le 6 juillet 2010 et 1ère classe Loïc Roperh, le 10 mai 2011) et de nombreux blessés, soulignant le caractère particulièrement risqué de cette mission, au combien importante pour la sauvegarde de leurs camarades.

Le principal mérite de cet ouvrage (147 pages) de Pierre-Jean Laforêt, ancien enseignant et éditorialiste au Chasseur français, est de nous plonger au travers des témoignages des sapeurs du génie de tous grades de ce détachement (21 récits), au cœur de leurs missions en Afghanistan. Parfaitement écrit et documenté, il laisse la parole aux hommes, sans juger, permettant ainsi au lecteur de découvrir toutes les facettes de cette mission bien particulière : le quotidien, les tactiques mises en œuvre, les coups durs, la mort des camarades et les blessures physiques ou psychiques. Le lecteur découvre ainsi une partie de l’expérience de ces hommes (et femmes car il y en a eu) entièrement préoccupés par la protection de leurs camarades. De la solitude du conducteur de SOUVIM à l’appréhension des sapeurs remontant la ligne pour retrouver le tireur (Trigger) embusqué qui attend le passage du véhicule ciblé, tous les aspects particuliers de cette mission sont évoqués dans le texte qui s’attache aussi à bien décrire l’évolution de la menace en fonction des périodes où les militaires furent projetés. Une carte bienvenue en ouverture d’ouvrage permet de situer les axes empruntés par le DOIP et les principales bases opérationnelles avancées de l’armée française en Surobi et en Kapisa. A noter aussi la présence d’un cahier photo présentant les véhicules mentionnés dans le récit. Il manque juste un glossaire des sigles pour permettre au lecteur non spécialiste de se retrouver dans la multiplication des termes techniques. Cette mission fut particulièrement exigeante pour les sapeurs de la 6e compagnie en auto-relève : pendant que les uns étaient en mission, les autres se préparaient en France à partir à leur tour. Le retour ne fut pas toujours facile au sein d’une armée de terre redécouvrant le combat de haute intensité et en prise avec les multiples réformes (système de paie Louvois, bases de défense etc.).

Ce livre est une réussite, qui atteint son objectif de « transmettre une parcelle de mémoire » (p 147). J’ajoute pour ma part que sa lecture est indispensable pour tous les lecteurs spécialistes (ou non) souhaitant comprendre l’action du génie en Afghanistan. Ces récits ont une véritable valeur de témoignages, qui nous plongent au cœur de l’action de la 6e compagnie des Sapeurs de Leclerc. Ils éclairent et documentent des parties restées dans l’ombre de l’engagement du l’armée française en Afghanistan. Malgré de nombreux coups portés par les Taliban, le pourcentage de perte du contingent français du aux EEI reste bien en dessous de celui de la coalition en Afghanistan (28% contre 51%). Pour son action en Afghanistan, la 6e compagnie du 13e RG fut citée à l’ordre de l’armée avec l’attribution de la Croix de la Valeur Militaire avec étoile de bronze sur son fanion le 21 novembre 2011.

Une lecture chaudement recommandée.

Ch. Lafaye

Editions Aéropage, 2016, 148 pages, 18 euros.

Pour commander directement chez l'éditeur :

http://vouivre.com/home/108-sur-les-routes-d-afghanistan-9782366490312.html

DOIP en Afghanistan
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8 décembre 2016 4 08 /12 /décembre /2016 06:00

 1929 jours

Le deuil de guerre au XXIe s.

Nicolas Mingasson

Publié avec le soutien de l'association Solidarité Défense et de l'ONACVG, le livre est consacré au deuil des familles qui ont perdu l'un des leurs en Afghanistan, un livre tout en subtilités et en finesses : "Ce travail ne consisterait pas à écrire à la gloire de leurs fils tombés pour la France, mais sur ce qu'est leur deuil à eux". Avec cette phrase si lourde en préambule : "Ainsi ce livre ne sera-t-il 'que' le témoignage, tout à la fois infime et immense, dérisoire et essentiel, de ce que vous tous, chaque jour et dans l'anonymat, vivez à chaque instant de votre vie". Au final, "un livre de témoignages, mais dont la somme dessine, en creux, ce que peut être le deuil et plus particulièrement le deuil de guerre, dont je suis convaincu aujourd'hui qu'il porte une véritable spécificité".

L'ouvrage est donc constitué d'une longue série de témoignages, dont les extraits sont organisés par thèmes, s'appuyant sur quelques de commentaires ou de transition. Organisées en quelque sorte chronologiquement, les grandes parties sont toutes lourdes de sens : la première, "Avant", s'ouvre sur "L'engagement", et la façon dont ces familles ont compris le choix de leur enfant ; la dernière, "Au-delà", se termine sur quelques cris (parfois rentrés) : "Haine, colère, pardon et vengeance". Au fil des parties et des chapitres, toutes les questions, y compris éventuellement gênantes sont plus ou moins directement posées, comme "Soldat, un métier dangereux ?", "La première soirée après la mort", "L'attente du retour du corps", "La solitude des soldats" ou "Trop de cérémonies". Les propos naturels, profondément touchants, que rapporte Nicolas Mingasson font presque toujours réfléchir, qu'ils émanent de la famille proche, des camarades de combat, des chefs, des voisins parfois.  L'auteur, avec beaucoup de délicatesse, ne porte pas de jugement de valeur, il  écoute, note, constate avec compréhension. Nous touchons là au coeur de l'intime, et les 90 soldats tombés en Afghanistan nous rappellent nécessairement ceux du Mali ou de RCA, ceux d'aujourd'hui. A plusieurs reprises également, plus ou moins directement, il est ponctuellement fait référence aux blessés (plus de 700 en Afghanistan), qui n'ont même pas l'honneur de "la minute syndicale" au journal de 20h00.

Un livre d'aujourd'hui, sur les guerres et les soldats d'aujourd'hui. Un livre rare.

Les Belles Lettres, Paris, 2016, 383 pages, 23,- euros.

ISBN : 978-2-251-44607-3.

Au-delà des hommages officiels
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26 octobre 2016 3 26 /10 /octobre /2016 06:00

De sueur et de sable

14 jours pour rouvrir l'axe Nord Mali, décembre 2014

Raphaël Bernard

Voici un témoignage sur une mission qui pourrait être qualifiée d'extraordinaire au sens propre par n'importe qui dans l'hexagone, mais qui, par les difficultés qu'elle fait percevoir, illustre tout à fait la réalité des opérations récentes et en cours.

En décembre 2014, pour la première fois depuis près d'un an, une colonne multinationale va parcourir plus de mille kilomètres en zone de grande insécurité pour atteindre Tessalit, dernière ville au nord-Mali, à un jet de pierre de la frontière avec l'Algérie. Raphaël Bernard assure le commandement de cette formation mise sur pied par la MINUSMA, qui compte des Tchadiens, des Ivoiriens et des Népalais. L'auteur donne ses ordres avant le départ avec un point 1 sans ambiguïté : "Nous atteindrons Tessalit quoiqu'il arrive", et un point 3 très peu "onusien" : "Si on nous agresse, liberté de repousser, de poursuivre et de tuer". Le récit de ces quatorze jours de mission est passionnant, car il note tout dans son carnet. Nous le suivons donc, dans sa Toyota blindée blanche, avec ses officiers qui pour les uns parlent arabe, pour d'autres français, pour les derniers anglais. Nous avons le détail de chaque journée, parfois jusque dans le détail horaire, de 05 ou 06h00 au lever, à minuit passé, lorsque le déplacement du lendemain est préparé dans ses moindres détails : "Bien engoncé dans mon sac de couchage, le chèche autour de la tête pour ne pas souffrir du froid et ne pas perdre une oreille dans la nuit, le PA approvisionné sous l'oreiller de campagne et le FAMAS le long des cuisses, je sombre dans un sommeil que je souhaite vraiment réparateur". Au long des pistes, dans un environnement extrêmement dur, alors que les groupes armés terroristes tiennent encore en grande partie les secteurs traversés, la mission est remplie. Et bien remplie.

A lire par tous ceux qui s'illusionnent sur le quotidien des missions extérieures, aussi bien que par ceux qui ont la charge de former les jeunes engagés de tous statuts et ceux qui demain devront exercer un commandement du même type, mais aussi par ceux qui commentent "de loin" des événements dont ils ignorent la réalité.

Le Polémarque, Nancy, 2016, 259 pages, 15,- euros.

ISBN : 979-10-92525-07-1.

Témoignage
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24 mai 2016 2 24 /05 /mai /2016 06:00

L'armée française en Afghanistan

Le génie au combat 2001-2012

Christophe Lafaye

Rassemblant la substance d'une thèse soutenue en 2014, tout en restant accessible aux non-initiés (on pourrait parler de journalisme de très bon niveau), L'armée française en Afghanistan. Le génie au combat 2001-2012, s'ouvre sur une préface du général Georgelin, ancien CEMA, qui rappelle que « les militaires ont le devoir de réinvestir le combat intellectuel sur les affaires de défense ».

Se distinguant par sa qualité technique, cet ouvrage s'inscrit exemplairement dans la série récemment revivifiée - notamment par les travaux du général (2s) Jacques Defretin et du commandant Ivan Cadeau - des études sur le génie. Il s'agit d'un livre dense mais relativement facile à lire, le label CNRS étant un gage de sérieux et non la promesse d'une prose indigeste, bien au contraire. Malgré son aspect évoquant un pavé, les notes constituent en fait un tiers du volume. Le texte lui-même est riche de graphiques, cartes, tableaux, donnant à voir par exemple l'articulation des unités militaires  ou explicitant le fonctionnement des organisations en jeu, dans un contexte à la fois interarme et interallié. L'engagement en Afghanistan implique pour l'armée française une expérience renouvelée des combats de haute intensité, dont la dernière occurrence remontait à la guerre d'Algérie. Tout un pan de l'histoire de l'armée française se déploie travers l'action du génie, arme parfois méconnue, sur le territoire d'un pays si particulier. Pour le génie, cette expérience marque le retour au premier plan de savoir-faire nécessaires aux opérations de contre-guérilla. Dès 2003, les talibans utilisent les engins explosifs improvisés, ces dispositifs de plus en plus ingénieux représentant une menace redoutable et imprévisible pour les troupes au sol. Réactif, le génie se dote d'une chaîne complète de moyens pour lutter contre ces bombes artisanales, responsables de plus de la moitié des pertes de la coalition occidentale. Les phases de l'engagement (2001-2007 De la stabilisation à l'imposition de la paix, 2008-2009 De l'imposition de la paix à la contre-insurrection, 2009-2012 De la contre-insurrection au retrait) et les sous-phases qui se dégagent sont traitées dans une perspective relativement interdisciplinaire. L'importance accordée à la parole d'autrui, praticiens, experts formés sur le terrain, etc., donne à la démonstration un caractère animé, presque polyphonique. Sans aucune volonté de reformulation, les larges citations de témoignages, pris comme sur le vif, émanant des acteurs, confèrent au livre un caractère vivant aussi rocailleux que le réel. Le sens de l'adaptation, du renouvellement et de la pérennisation du savoir-faire du génie français est exposé sans que soient passées sous silence les difficultés, voire les impasses rencontrées. L'attention portée au concret n'entrave pas la réflexion, la nourrissant plutôt. Le livre contient une appréciable chronologie détaillée, un index facile d'utilisation et une traduction extensive (bilingue français/anglais) des sigles qui fourmillent inévitablement dans tout texte rendant compte d'opérations militaires. L'épais cahier central comporte des illustrations dans le ton grisâtre, sable et olivâtre du terrain, images d'une grande qualité présentant les hommes et leur matériel. Ce travail d'histoire immédiate, qui emprunte aux méthodes des sciences sociales tout en s'enracinant dans le modèle de rigueur propre au métier de l'historien, semble prouver que le souci d'objectivité n'est pas incompatible avec une certaine empathie.

Globalement, l'expérience guerrière du génie dans une zone du monde très éloignée démontre les capacités d’adaptation en interne de l’armée française et sa faculté à travailler en coopération, avec des alliés qui ne sont pas des pairs, tels les Américains. Un livre que tous ceux qui s'intéressent à ce conflit doivent connaître.

Candice Menat

CNRS Éditions, Paris, 2016, 502 pages, 27,- euros.

ISBN : 978-2-271-09008-9.

Afghanistan
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21 janvier 2016 4 21 /01 /janvier /2016 06:00

Jihâd au Sahel

Menaces, opération Barkhane, coopération régionale

Olivier Hanne et Guillaume Larabi

Il est difficile de publier presque à chaud des synthèses novatrices sur des événements qui se poursuivent, mais il peut être utile d'en effectuer une présentation générale des origines et des développements. Ce livre s'inscrit dans cette veine.

De façon très classique, les auteurs adoptent un plan globalement chrono-thématique, partant des "Racines des tensions" pour arriver à "Vers un nouveau contre-terrorisme". Les deux premières parties survolent simplement rapidement l'histoire récente de ces territoires, et c'est là sans doute l'une des faiblesses de l'ouvrage. La troisième partie s'intéresse aux armées africaines, qui devraient être au coeur de la lutte contre les bandes terroristes et dont les déficits, difficultés structurelles ou insuffisances sont soulignées, tout comme est présentée la mise en place sous le patronage de Paris d'un "G5 Sahel", que peu de Français connaissent sans doute et qui constitue une véritable innovation (au moins dans son principe). La coopération régionale ("ambitieuse") entretenue par la France dans la région est d'ailleurs le thème et la substance de la quatrième partie, tandis que la cinquième et dernière veut présenter un "état des lieux" en 2015. Entreprise risquée dès que l'on s'éloigne des données strictement factuelles (l'actualité est là pour le confirmer), mais moins sans doute que la conclusion qui se hasarde à envisager "Le Sahel en 2020" avec trois hypothèses : la déstabilisation générale, le succès de la coopération inter-sahélienne, ou des avancées régionales dans un environnement restant dangereux. Bref, chacun peut y trouver son compte.

Comme pour d'autres volumes récemment publiés sur cette question, j'ai cherché sans succès quelques pages sur la fragilité du Tchad, en particulier dans l'hypothèse de la disparition de son président (aujourd'hui bien âgé et usé) qui le tient d'une main de fer. Heureusement, d'assez nombreuses cartes et quelques graphiques viennent en appui du texte courant qu'ils complètent. Un volume à retenir pour les informations factuelles qu'il propose et pour les pistes qu'il ouvre.

Bernard Giovanangeli Editeur, Paris, 2015, 191 pages, 15,- euros.

ISBN : 978-2-7587-0137-8.

Avenir du Sahel ?
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22 décembre 2015 2 22 /12 /décembre /2015 06:00

L'armée française au Tchad et au Niger

A Madama, sur les traces de Leclerc

Frédéric Jordan

Préfacé par le général Foucaud, ce petit livre est tout particulièrement intéressant. En phrases sobres, et avec une très riche culture historique, Frédéric Jordan nous raconte sa mission vers le nord du Niger au premier semestre 2014.

Pour réaliser dans les meilleures conditions possibles ce raid de près de 1.500 kilomètres en zone (très) désertique, l'auteur doit planifier soigneusement sa mission, en accord avec les chefs des contingents tchadien et nigérien qui lui sont subordonnés. Dès le début, il fait référence à ses lectures, et en particulier aux récits historiques : au fil des pages, son "raisonnement s'accompagne de références historiques et d'une analyse de situations comparables puisées dans le passé mais aux enseignements contemporains pertinents". Vous saurez tout d'une telle planification et de ses caractéristiques en bande sahélienne ("Sans logistique et sans interarmées, point de salut"), et ici aussi les références au passé sont riches de leçons. La colonne prend la route le 14 avril au petit matin et le récit fait la part belle aux contraintes opérationnelles (respect des délais et gestion du temps, ensablement des véhicules, bivouac en ambiance d''insécurité, réparations de fortune, manoeuvre logistique, etc.). Après Zouar, occasion de quelques belles lignes sur la colonne Leclerc mais aussi sur les Toubous et une rencontre avec leur chef politique et spirituel, c'est la poursuite de la route pour l'ultime partie du trajet. Frédéric Jordan en profite pour rappeler quelques notions (qu'est-ce que la manoeuvre ?), puis l'arrivée assez émouvante au petit matin sur le vieux fort colonial : "Son architecture est typique, une cour intérieure, des murs épais pour se préserver de la chaleur, des tours de guet, des meurtrières arrondies à la mode orientale et des espaces pour chacun. Il y a un air de Fort Saganne". Entre quelques rappels de témoignages d'officiers coloniaux ayant été en poste à Madama, l'auteur raconte ses premières décisions, ses raids pour contrôler la zone, et la fin de la mission, avec la cérémonie entre les trois nations, en présence du préfet et du chef des Toubous, et le retour vers N'Djaména.

Pas de grands combats, pas de chasse aux bandes armées : une mission presque "ordinaire", mais rude, exceptionnelle et intensément vécue. Frédéric Jordan termine sur quelques solides et réalistes considérations sur différents sujets (la communication, la condition militaire), mais surtout sur l'importance de l'histoire et des traditions, "une véritable source d'inspiration". Un livre tout à fait utile, pour les opérationnels comme pour tous ceux qui s'intéressent à ces questions, qui d'une part complète très utilement notre connaissance des opérations en BSS et d'autre part illustre d'excellente façon ce lien essentiel entre culture historique et rôle du soldat.

Enditions Nuvis, Paris, 2015, 159 pages, 19,- euros.

ISBN : 978-236367-037-3.

Sur les traces de Leclerc
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21 décembre 2015 1 21 /12 /décembre /2015 05:50

50 ans d'OPEX en Afrique

1964-2014

Valentin Germain

Voici un document de synthèse indispensable à tous ceux qui s'intéressent aux opérations extérieures de la Ve République en Afrique.

Après un premier chapitre qui présente le dispositif militaire français et son évolution entre 1960 et 2014, cette étude est divisée en sept parties principales qui regroupent les principales opérations par grandes catégories thématiques (Intervention, Contre-insurrection, Appui, Interposition, Sécurisation, Evacuation de ressortissants, Humanitaires). Pour chaque grande catégorie, vous retrouverez une définition générale, puis, opération par opération, la présentation du contexte, la mission, le déroulement, les évolutions, une carte, des effectifs, des références, etc., de Limousin à Serval. Dans un environnement urbain ou au fond de la brousse, dans un cadre national ou multinational, avec quelques éléments ou des effectifs très importants, tous les cas de figure sont envisagés.

Un bon document de travail, complété par quelques annexes et une solide bibliographie, qui permet indiscutablement d'avoir une vision globale de l'action militaire de la France sur ce continent depuis une cinquantaine d'années et qui ouvre des pistes utiles pour d'autres études plus approfondies.

Cahier du RETEX, CDEF, septembre 2015, 92 pages.

Les publications du CDEF ne sont pas commercialisées.

Elles sont disponibles en ligne sous format pdf.

OPEX
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3 décembre 2015 4 03 /12 /décembre /2015 06:00

Amputez docteur !

Témoignage

Laurent Catelain

Nouveau témoignage d'un blessé (très) grave en opérations qui, considéré comme en état de mort clinique sur une route afghane, a réussi à se recontruire et à reprendre une vie active grâce à son épouse, à ses camarades et à l'extrême professionnalisme du personnel médical du SSA.

Le livre nous raconte trois ans de combat individuel et collectif. Il est organisé en trois grandes parties qui en scandent les étapes principales : le récit de l'attentat en 2011, la lente reconstruction, la rééducation et ses espoirs de retrouver la planitude de ses capacités physiques (cette seconde partie occupant l'essentiel de l'ouvrage), l'acceptation finale d'une double amputation avec la volonté chevillée au corps de continuer, malgré tout. Au fil des pages rédigées de façon à la fois sobre et souvent poignante, nous faisons bien sûr connaissance avec l'épouse du lieutenant-colonel Catelain, totalement impliquée dans la lutte de son époux, après sa sortie du coma, pour la vie, une vie aussi "normale" que possible, mais il y a également, presque à chaque page, d'émouvantes références à l'action de tous les professionnels et spécialistes du Service de santé, toutes spécialités confondues, du chirurgien au kiné et aux infirmières. Il y a de très belles phrases sur la cohésion du monde militaire, aussi belles que sont dures celles qui relèvent les injustes rigueurs d'une législation inadaptée, mais aussi la volonté, la volonté permanente de celui qui veut absolument, à tout prix, retrouver son autonomie de déplacement et reprendre son activité professionnelle, la détresse des blessés et leur entraide, la foi aussi.

En résumé, si les simples difficultés du quotidien vous font douter, ou si vous voulez puiser des sources nouvelles d'énergie : ce livre est fait pour vous. Des valeurs hautes, positives, qui font se relever et marcher vers l'avant. Merci mon colonel. 

Editions Mélibée, Toulouse, 2015, 304 pages. 18,50 euros.

ISBN : 978-2-36252-750-0.

Se reconstruire
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13 août 2015 4 13 /08 /août /2015 07:00

Opération Serval

Notes de guerre. Mali 2013

Général Barrera

Dans ce solide volume de plus de 400 pages, le général Barrera raconte ses propres souvenirs de la campagne 2013 au Mali, lorsqu'il commandait le premier mandat de la Force Serval. L'ouvrage est tout-à-fait intéressant à de nombreux titres.

Le livre s'ouvre sur une mise en contexte en métropole, pendant que le général Barrera commande sa brigade entre août 2011 et janvier 2013. Cette partie introductive est importante, car elle permet de rappeler, à travers un certain nombre de coups de projecteur, des points essentiels de la responsabilité de commandement, de la cohésion des unités, du sens de la camaraderie qui est loin d'être un vain mot, de l'importance de l'entraînement et de la rigueur de la préparation opérationnelle, car "les ouvertures de théâtre, les départs en urgence, les remplacements de dernière minute font partie des imprévus qui nécessitent d'être toujours prêts". La qualité des rapports entre les hommes aussi : "La confiance est un fusil à un coup et seul le langage de la vérité permet de commander sereinement, de rester crédible aussi. Mieux vaut dire qu'on ne sait pas, plutôt que de mentir ou de faire espérer abusivement". On y trouve également la mort, le sacrifice, la peine des familles, le souvenir des Anciens, en un mot ce qui donne du sens à un engagement individuel et collectif. La deuxième partie s'ouvre sur la décision de lancer l'action le 12 janvier 2013 et les régiments sont très rapidement prêts à partir (avec toutefois ce bémol : "Allez en ville et achetez tout ce que vous trouverez sur le Mali", alors que la situation était très tendue sur place depuis des mois). Le général nous montre la montée en puissance de ce qui va devenir la brigade Serval, raconte ces derniers jours en métropole durant lesquels il faut tout à la fois veiller à la moindre question de matériel, prendre ses consignes et donner ses premières directives, passer encore quelques heures en famille avant de prendre l'avion pour l'inconnu. Dès l'arrivée au Mali, ce sont les points de situation avec ceux qui sont déjà sur place, avec les autorités locales, les premiers choix tactiques, les interrogations sur le soutien sanitaire ou carburant, les premiers raids blindé, aéromobile et aéroporté (avec un clin d'oeil "sur les traces de Joffre en zone désertique et marécageuse"). Le rôle de chacun est bien mis en lumière et l'on a conscience, dès l'opération sur Tombouctou, de la complémentarité de tous les intervenants ("Une opération aéroportée ne vaut  que par la capacité de rejoindre rapidement l'infanterie au sol", mais aussi "Il faut toute la volonté des Marsouins pour désensabler leurs camoins logistiques"), sans oublier la pression de Paris, qui ne comprend pas toujours qu'une progression puisse prendre du temps et que la ville ne soit pas libérée à la date initialement fixée. Et ce facteur, que les théoriciens de la guerre ont toujours du mal à prendre en compte : "Ce raid tient avec la bonne volonté, la professionnalisme et la débrouillardise de chacun". Un exemple illustre le caractère exceptionnel de la mission, pour remettre sommairement en état rapidement l'aéroport de Tombouctou : "Le largage d'un bulldozer par parachute, une capacité inemployée depuis l'Indochine et pourtant totalement indispensable aujourd'hui". La troisième partie est consacrée aux raids vers l'est et le nord de Gao, en direction de Ménaka et de Tessalit, puisque les djihadistes ont refusé le combat frontal et se sont repliés vers des zones refuges, distantes cependant de plusieurs centaines de killomètres (la question des élongations est en permanence présente). Au fil des pages qui suivent, dans le même esprit, le général Barrera raconte les raids blindés, les réactions aux attaques suicides, les efforts pour contrôler d'immenses espaces et le rôle des hélicoptères, les accrochages en ville et les opérations dans l'Adrar des Ifoghas (très détaillées dans la quatrième partie). Des sujets aussi essentiels que le renseignement, le rythme des opérations et le fameux "brouillard de la guerre" (dont on peut s'extraire grâce à une solide planification et à la solidité de la formation de chacun en amont pour faciliter en conduite la prise judicieuse d'initiatives adaptées) sont régulièrement abordés, à l'aide d'exemples concrets et d'anecdotes significatives. Au fil des pages, les transmetteurs indispensables avec l'ampleur du territoire à couvrir, les sapeurs ("ceux qui ont déminé l'entrée de l'Ametettaï"), les artilleurs ("l'artillerie toujours, indispensable pour appuyer et sauver l'infanterie"), le Service de santé ("notre soutien sanitaire protège aux mieux nos soldats des unités de tête"), les logisticiens du "colonel Dominique", les officiers du petit état-major, les sous-officiers des unités de l'avant, les simples soldats, sans oublier les "anges gardiens de l'armée de l'air", nous les voyons tous à l'oeuvre parce que le général se déplace beaucoup et n'hésite pas à "monter" vers le nord pour "sentir" la situation, tout en laissant à chaque échelon hiérarchique la plénitude de ses responsabilités. Régulièrement, le rôle de l'armée malienne et surtout des Tchadiens est mis à l'honneur et la synthèse : "Cette victoire tactique est bien celle de la combinaison de la technologie aéroterrestre alliée à la rusticité extrême des hommes". Rusticité authentique car après deux semaines de combats intensifs les marques extérieures de confort sont modestes : "3 litres d'eau de puits tous les deux jours, un oignon, une bière un appel téléphonique par semaine".

Jusqu'au bout, ce témoignage se lit avec le plus grand intérêt, entre analyse tactique des opérations et éclairages humains. Le livre est par ailleurs heureusement ponctué de nombreuses cartes qui permettent de suivre avec aisance les déploiements et les opérations, et compte un cahier de photos. On apprécie également au fil du texte les références ponctuelles personnelles du général à d'anciens soldats, jusqu'aux poilus de la Grande Guerre, toujours représentés à travers un individu de chair et de sang (le chasseur Marcel Pieuchot, "tué le 20 août 1918"), qui tout à la fois tissent un lien entre les générations du feu successives et induisent l'importance de l'histoire dans la formation morale du soldat. Un tout petit détail : cette manie récente de nommer les gens par leurs prénoms finit par être lassante, surtout associée au grade ou à la fonction (colonel Denis, chef d'état-major Claude, etc.), d'autant que dès que l'on connaît un peu le dispositif le nom de famille revient tout de suite à l'esprit...

L'historien connaît bien la relativité des témoignages et il saura décrypter celui-ci. Mais, objectivement, il y avait longtemps qu'un volume aussi complet, aussi riche, aussi utile n'avait pas été édité, moins de deux ans après la fin de la campagne concernée : toutes proportions gardées, il est comparable aux meilleurs témoignages du siècle précédent. Qu'il ait été récompensé par une mention spéciale du prix Erwan Bergot en juin dernier est tout à fait mérité. A lire et à étudier.

Seuil, Paris, 2015, 447 pages. 21,50 euros.
ISBN : 978-2-02-124129-7.

Journal du Mali
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19 mai 2015 2 19 /05 /mai /2015 06:00

Envoyez les hélicos !

Carnets de guerre. Côte d'Ivoire, Libye, Mali

Pierre Verborg

Le créneau est désormais bien occupé, voici un nouvel ouvrage sur l'ALAT dans les opérations récentes.

Le style, vif, enlevé, sans fioriture, n'est pas sans rappeler quelques publications américaines récentes sur les interventions en Irak ou en Afghanistan. Dans la première partie, l'auteur raconte comment lui a été indiquée sa mission, quelles ont été ses réflexions et comment il l'a annoncé à son personnel. Il revient également sur le long, le permanent processus d'instruction, toujours (autant que faire se peut) au plus près possible des réalités et souligne que pour constituer le détachement aéromobile il fut nécessaire de faire appel à toutes les unités et formations. Très vite, la question de la mort toujours envisageable est posée : "Parler de la mort, c'est en faire son meilleur allié. C'est la dompter pour qu'elle ne se transforme pas en poison anesthésiant". Enfin, il souligne la complémentarité, la complicité presque, qui se met très rapidement en place avec les marins du BPC sur lequel sont basés les hélicoptères, en particulier gr^ce à l'existence de connaissances antérieures. Et pour ceux qui douteraient de l'utilité de l'histoire, en tant que discipline, dans la formation opérationnelle, il donne son témoignage qui mérite d'être longuement cité : "A l'Ecole de guerre, dans le cadre d'une étude de cas concret, j'avais eu l'occasion de me rendre au Service historique de la Défense de Vincennes. Il s'agissait pour mon groupe de mettre au point un staff ride sur l'opération Totalize, qui s'est déroulée du 7 au 16 août 1944 au sud de Caen. En préparant ce voyage d'étude, j'ai eu accès aux plans originaux et pu étudier les tactiques d'assaut par mer mises en oeuvre par les Alliés sur les plages de Normandie et en particulier lors des phases d'infiltration des bombardiers. La simplicité et la précision des plans pour foncer vers Falaise m'avait frappé ... La similitude avec notre situation est étonnante"Le récit parfois minute par minute des raids conduits de nuit est souvent impressionnant et le vocabulaire simple, direct, contribue à rendre le témoignage vraiment vivant (même s'il tombe parfois dans une certaine emphase, mais dans le feu de l'action les événements ont parfaitement pu être ressentis ainsi sur le moment). Parmi les techniques employées et décrites, on relève par exemple l'utilisation immédiate des informations déduites de l'observation des échanges de tirs d'artillerie, qui dessinent la ligne des coups de départ et d'arrivée, et donc en creux la zone où les hélicoptères peuvent s'infliltrer à moindre risque. La seconde partie, à partir de la page 117, revient sur l'expérience opérationnelle de l'auteur en élevant le débat au-dessus de l'événementiel, sur la fatigue des hommes et des femmes engagés dans les opérations, sur l'importance de la dimension spirituelle et la présence de l'aumônier, sur la "gestion des erreurs" ("La guerre est une science inexacte et instable parsemée de petites et grandes erreurs, souvent d'origine humaine ... La logique est simple : partant du constat que l'homme commet sept erreurs par heure, il ne s'agit pas de les éradiquer mais d'agir sur les comportements et la méthode de l'individu ainsi que sur la gestion collective pour au mieux les éviter ou, au minimum, les détecter et les corriger"). La troisième partie enfinreprend plus largement les engagements récents de l'ALAT, de l'Afghanistan à la Côte d'Ivoire, de Lybie au Mali et se termine par le récit des opérations conduites en janvier-février 2013 dans le désert malien et la boucle du Niger. 

Un livre qui passionnera tous les amateurs de récits de campagnes récentes mais aussi, au-delà, qui apporte un nouveau témoignage très intéressant sur celles-ci pour les historiens du temps présent. Un récit à croiser avec les autres témoignages déjà publiés, mais qui apporte indiscutablement une vraie plus-value.

Editions du Rocher, Monaco, 2015, 225 pages. 18,90 euros.

ISBN : 978-2-26807-518-1.

ALAT au combat
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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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