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22 mars 2015 7 22 /03 /mars /2015 06:00

L'aigle égyptien

Nasser

Gilbert Sinoué

"Campagne de Suez" ? "Nationalisme arabe" ? Voici sans doute les premières réponses au simple énoncé du nom du Raïs égyptien. Au-delà ? Bien peu de choses il faut bien le reconnaître pour la plupart de nos concitoyens.

C'est dire si cette biographie est la bienvenue, d'autant plus que l'Egypte reste, depuis de longues années, un Etat à la fois puissance régionale d'équilibre et fragilisé par les mouvements islamistes. Un bémol, en quatrième de couverture Gilbert Sinoué se présente comme "historien et romancier", ce qui suscite un doute initial. La première partie de la vie du Raïs, moins connue, nous a semblé la plus passionnante, elle est décrite dans les douze premiers chapitres. La jeunesse de Nasser a été marquée par la séparation d'avec sa famille pour sa scolarité, par la mort précoce de sa mère, par les manifestations pour l'indépendance qu'il organise en 1935, mais aussi sa difficile intégration à l'académie militaire. Comme jeune officier, il reste marqué par l'influence (qu'il conteste) des Britanniques et la piètre motivation de la plupart des officiers égyptiens, noue de nouvelles amitiés (dont celle avec Sadate), séjourne longuement au Soudan tandis que la Seconde guerre mondiale suscite un large mouvement en faveur des puissances de l'Axe dans le pays. Autour des pages 80-90, Gilbert Sinoué raconte d'ailleurs l'épisode de la destitution manquée du roi Farouk par les Britanniques en 1942, et c'est aussi à cette époque que des relations se nouent avec les Frères musulmans (relations qui devienront rapidement conflictuelles), que Nasser s'investit dans l'instruction de ses cadets en tant que cadre à l'académie militaire et que sa voie se sépare de celle de Sadate qui voudrait lancer une insurrection immédiate, tandis que Gamal organise méthodiquement un mouvement aussi large que possible. Tandis que ce mouvement des Officiers libres (qui est aussi un groupe de vrais camarades issus d'un milieu plutôt populaire) prend peu à peu davantage d'importance, l'immédiat après Deuxième guerre mondiale est marqué par la première guerre israélo-arabe. Entre désarroi et indignation, il connaît la défaite de son pays tout en ayant sauvé son bataillon encerclé dans Faluja. Un moment compromis aux yeux des autorités égyptiennes et accusé de collusion avec les Frères musulmans, il prend contact avec le général Naguib tandis que les scandales se multiplient autour du roi d'Egypte et du gouvernement et que l'hostilité aux Britanniques se cristallise, en particulier sur la question du canal de Suez. La situation dégénère, les incidents de plus en plus violents se multiplient, la tension en cesse d'augmenter jusqu'au coup d'Etat de juillet 1952, décrit en détail. Lieutenant-colonel de 34 ans, Nasser influence discrètement le nouveau gouvernement et prône encore une voie démocratique à la "révolution". Ce n'est qu'en juin 1953  qu'il devient vice-président du Conseil et prend en charge le précieux ministère de l'Intérieur. En février 1954, après avoir interdit la confrérie des Frères musulmans, il pousse (difficilement) le vieux général Naguib hors du pouvoir et devient président du Conseil. Les quelques 140 dernières pages racontent donc la vie et l'action de Nasser comme chef d'Etat incontesté, de plus en plus dictatorial, qui cherche auprès des Soviétiques le soutien que les Etats-Unis lui marchandent, qui nationalise le canal de Suez, connaît plusieurs défaites militaires dont celles de 1956 et de 1967, se lance dans une politique de construction pharaonique (sans jeu de mot) avec le barrage d'Assouan, se rêve en unificateur du monde arabe, décide une longue intervention au Yémen, exerce finalement une influence très réelle sur ses voisins (scènes lors de l'ultime négociation entre Arfat et le roi de Jordanie) mais aussi sur les masses arabes, etc. Ces épisodes sont mieux connus et peuvent aisément être retrouvés dans la presse de l'époque. Le 1er octobre 1970, plusieurs millions de personnes suivent ses funérailles et d'immenses manifestations se déroulent dans tous les pays arabes. "L'époque post-nassérienne commence". Et l'auteur note : "Dans un univers politique dominé par la corruption, il fut d'une intégrité exemplaire. Ni lui ni les siens ne se sont enrichis au cours de ses quatorze années de présidence. On ne pourra pas en dire autant de ses successeurs".

Le livre est, dans sa quasi-totalité, très favorable à son héros. Les points noirs et les faiblesses du régime ne sont que rapidement cités et aussitôt excusés. Mais il apporte indiscutablement dans la littérature française récente une réelle plus-value à notre connaissance du pays et de sa région au milieu du XXe siècle.

Tallandier, Paris, 2015, 411 pages. 21,90 euros.

ISBN : 979-10-210-0853-3.

Raïs
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21 mars 2015 6 21 /03 /mars /2015 06:00

Libérez Tombouctou !

Journal de guerre au Mali

Frédéric Gout

Pourquoi faut-il que les commerciaux des éditeurs en rajoutent dans les titres ? Le chef de corps du 5e RHC serait donc parti pour le Mali pour libérer la capitale du Nord ? Admettons. En tout état de cause, un nouveau témoignage qui vient compléter notre connaissance de la récente opération au Mali.

Le livre se présente sous la forme d'un "journal de guerre", tenu entre le 11 janvier 2013 et le 22 avril (ultime mention plus tardive pour le défilé du 14 juillet). Au fil des pages, les dates qui apparaissent montrent une prise de note un jour sur trois environ, chaque journée s'étalant sur plusieurs pages de façon à peu près équilibrée. Ceci, par comparaison avec d'autres journaux de soldats, pose la question de la réécriture éventuelle de tout ou partie du texte après son retour, ce que l'auteur ne précise pas et qui signifierait alors que les points de vue exprimés ne correspondent pas nécessairement aux pensées du moment, dans le feu de l'action. Le propos enfin ne prête pas au doute et Frédéric Gout semble n'avoir constaté aucun problème de fond. Ceci ne veut pas dire que l'image qui nous est donnée de l'opération n'est pas conforme à la réalité, mais plutôt que le discours est très policé. Le livre est essentiellement descriptif sur le quotidien d'un chef d'élément de cette nature et, du fait du grade et des responsabilités de l'auteur, permet de se faire une idée précise de ce que peut être l'emploi du temps du chef de corps en opérations, ses déplacements, ses préoccupations, ses interlocuteurs, y compris la poursuite à distance des travaux administratifs qui incombent au commandant du régiment. Au fil des chapitres, la question des liaisons radio revient régulièrement comme une priorité, tout comme les considérations relatives aux conditions de vie de ses subordonnés (dont ponctuellement le personnel féminin), ou celles liées à la logistique au sens large, qu'elle soit collective (soutien de l'unité) ou plus personnelle (dont le téléphone, le courrier et les colis qui illustrent le lien maintenu avec la métropole). Les aspects opérationnels ne sont bien sûr pas négligés, loin de là en particulier avec la multiplication des missions ponctuelles inopinées qui usent les machines et fatiguent les hommes. Rapidement aussi les visites d'autorités civiles et militaires se succèdent, toutes présentées favorablement et laissant a priori un bon souvenir.

Un livre simple, un style direct, des phrases courtes. Un ensemble facile à lire et qui offre un aperçu très clair du déroulement d'une opération au niveau de responsabilités de l'auteur.

Tallandier, Paris, 2015, 255 pages. 18,90 euros.

ISBN : 979-10-210-0855-7.

Serval
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20 mars 2015 5 20 /03 /mars /2015 06:15

Les généraux suisses

de Napoléon Ier et de la Révolution française

Alain Pigeard

On a généralement oublié que la Suisse fut le pays qui donna à Napoléon, avec les Etats allemands, le plus de généraux. Grand spécialiste de l'empire, Alain Pigeard nous en offre ici une synthèse biographique.

De "A" comme "Avy" à "W" comme "Weber", l'auteur nous présente 34 généraux nés dans les cantons suisses et entrés au service de la France, souvent encore sous le régime monarchique. Héritier de très vieilles familles de la noblesse germanique comme Erlach de Jegenstorf, passé au service du tsar comme Jomini ou Montagnard commandant les colonnes infernales en Vendée, employé au royaume de Naples ou en Espagne, comme préfet à Strasbourg ou administrateur en Hollande, les généraux suisses de Napoléon sont présents dans toute l'administration et l'armée française. Le nom de certains figure sur l'Arc de triomphe. Un seul regret, le style d'écriture, en phrases courtes et saccadées, souvent limité semble-t-il à la copie des états de service.

L'un participe à la campagne d'Egypte, l'autre est sur la Bérézina, un troisième suit Napoléon à l'île d'Elbe, et un quatrième est annobli sous la Restauration. Toutes les péripéties, tous les événements de l'époque se retrouvent dans ces brèves biographies qui passionneront sans aucun doute tous les amateurs de la période impériale.

Editions Cabédita, Divonne-les-Bains, 2015, 93 pages.

ISBN : 978-2-88295-729-0.

Pour commander directement : ici.

 

Gérard Miège (Marignan, ci-dessous) et Alain Pigeard (Les généraux suisses de Napoléon)

seront présents ce week-end pour dédicacer leurs livres sur le stand de Cabédita

au salon du livre de la porte de Versailles (éditeurs suisses = F 67).

N'hésitez pas à leur rendre visite !

Généraux suisses
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20 mars 2015 5 20 /03 /mars /2015 06:00

Marignan

Histoire d'une défaite salutaire

1515-2015

Gérard Miège

L'une des batailles les plus célèbres de l'histoire de France, vue du point de vue de l'autre : celui des Suisses.

Dans ce petit volume bien écrit et facile à lire, l'auteur nous présente l'arrière-plan et l'environnement de ce célébrissime combat de septembre 1515. Les 110 premières pages environ sont consacrées à présenter la montée vers le bataille, "la genèse d'un combat de géants", les relations des rois de France avec les cantons (et les troupes) suisses et les campagnes d'Italie (et la famille Sforza) dans le contexte international de l'époque. Le lecteur français sera sans doute étonné par la puissance militaire suisse du temps, par la personnalité et la détermination (l'obstination) du cardinal Schiner, ennemi déclaré et résolu du roi de France qui participe à la bataille en grande tenue de prince de l'Eglise, ainsi que par l'habileté du jeune roi François Ier lors des combats. Mais on n'oubliera pas les dernières pages consacrées aux suites et conséquences, et à la capacité du roi de France à se faire des Suisses des alliés, moyennant espèces sonnantes et trébuchantes. Ainsi naîtra, en France, la tradition des régiments suisses au service du roi. Et ainsi la Suisse, en tant que territoire, deviendra neutre.

Un petit livre tout particulièrement intéressant, totalement complémentaire des études généralement publiées dans l'hexagone.

Cabédita, Divonne-les-Bains, 2015, 141 pages.

ISBN : 978-2-88295-727-6.

Pour commander directement : ici.

1515
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19 mars 2015 4 19 /03 /mars /2015 06:15

La Wehrmacht ? Quelle Wehrmacht ?

2e Guerre Mondiale thématique - n° 38

Sujet assez original pour ce numéro hors-série, puisque son rédacteur, Vincent Bernard, nous invite à nous interroger sur les caractéristiques, les capacités opérationnelles, l'organisation territoriale, la composition humaine, etc., de cette armée allemande qui à partir de la fin du printemps 1940 stationne en occupation dans l'hexagone. Organigrammes, cartes et graphiques complètent le texte courant qui aborde également la question de l'aménagement défensif des côtes de l'ouest ("Mur de l'Atlantique"), liste les unités déployées (niveau le plus bas à l'été 1942) aussi bien que les raids anglo-saxons, sans oublier en fin de période l'influence des maquis, les opérations de la Libération jusqu'au Rhin en 1944 et la question des poches de l'Atlantique jusqu'en mai 1945.

Un numéro qui apporte de nombreuses informations. 

Occupation
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18 mars 2015 3 18 /03 /mars /2015 06:00

L'Aisne occupée

Les civils dans la Grande Guerre

Philippe Salson

Ce livre s'inscrit dans un courant qui a vu paraître un nombre signficatif d'ouvrages ces derniers mois : un regard local (ou régional) sur les conséquences de la Grande Guerre à partir de la population civile.

Si la situation des populations civiles des départements occupés a été longtemps oubliée, elle fait désormais l'objet (et depuis quelques années) de nombreuses publications et, sans entrer dans le débat sur l'intérêt plus ou moins relatif de la "micro-histoire", disons tout de suite que ce livre apporte beaucoup. Comme l'écrit l'auteur dans son introduction, "l'échelle départementale paraît la plus appropriée pour mettre en valeur la diversité des situations locales entre les territoires ruraux et les territoires urbains, entre les zones d'opérations, les zones évacuées au cours de la guerre et les zones à l'abri des combats". En croisant les diverses sources d'archives officielles et privées, l'auteur construit son ouvrage en quatre grandes parties : "Des civils surpris par l'invasion", "Le choc économique de l'occupation", "Face à l'autorité occupante", et "Au contact des soldats". Chacune est divisée en trois chapitres qui, au total, permettent de passer en revue l'ensemble des sujets. On suit donc avec précision l'installation de l'administration militaire allemande, ses préoccupations immédates, la mise en place d'une véritable exploitation économique des territoires, qui se traduit par des pénuries croissantes et des problèmes sanitaires (hausse significative de la mortalité en 1917), mais aussi par des difficultés sociales inattendues. L'auteur souligne néanmoins que si "les conditions de vie dans l'Aisne occupée sont alors beaucoup plus dures qu'en France non occupée", elles sont "comparables à celles de l'Allemagne pour la période 1916-1918" et qu'il n'y a pas "de projet d'affamer délibérement la population".  Il étudie bien sûr de près les relations entre les autorités restées sur place et les occupants, au niveau des communes, et recherche les nombreuses et différentes stratégies d'évitement adoptées localement pour subir le moins possible les conséquences de cette occupation, y compris dans l'acceptation de relations entretenues avec l'ennemi au plan commercial, parfois sur la base d'un système de troc, et même affectif.

En résumé une étude précise et détaillée, qui complète et confirme souvent les travaux conduits ailleurs, par exemple dans les Vosges. On apprécie la présence de tableaux et graphiques pour étayer le propos (en regrettant toutefois qu'ils soient parfois imprimés trop petits ou dans des nuances de gris un peu pâles). Enfin, les notes, références, bibliographie et sources garantissent la qualité de la recherche et permettent à ceux qui le souhaitent d'approndir leurs connaissance, dans tel ou tel domaine. Un volume important et utile.

Presses universitaires de Rennes, 2015, 305 pages, 19,- euros.

ISBN : 978-2-7535-3593-0.

Histoire départementale
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17 mars 2015 2 17 /03 /mars /2015 06:00

Le cardinal Dubois

Le génie politique de la Régence

Alexandre Dupilet

Voilà un livre qui bouscule (tant mieux !) nos a priori sur la Régence, à laquelle Alexandre Dupilet a déjà consacré il y a quelques années un livre remarqué.

Faisant de son héros "le digne successeur de Richelieu et de Mazarin", l'auteur rappelle utilement que sans réelles qualités foncières et une grande intelligence, "le modeste fils d'un apothicaire de Brive" ne serait pas devenu Premier ministre de Louis XV. Alexandre Dupilet raconte donc l'ascension sociale de cet abbé de province entouré d'une légende noire ("Tous les vices combattaient en lui à qui en demeurerait le maître", selon Saint-Simon) , celui qui fut secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères puis Premier ministre de fait du Régent. Sous-précepteur puis précepteur zélé du duc de Chartres, fils du duc d'Orléans, en 1683, il en devient le secrétaire particulier au début des années 1690, puis entre en diplomatie en 1698 à l'occasion d'une mission à Londres avant de jouer auprès de son maître le rôle d'une éminence grise, lorsque se dernier devint le nouveau duc d'Orléans à la mort de son père. Dès lors, il ne cesse de jouer dans les affaires de la famille d'Orléans, puis dans celles de la France, un rôle croissant. Il retrouve l'alliance anglaise dès le début de la Régence, fonde la Triple puis Quadruple Alliance et participe désormais au gouvernement, à travers les Conseils. Les déplacements, les rencontres plus ou moins secrètes, la lutte contre le Premier ministre espagnol, les conversations sont détaillées à partir de très nombreux témoignages (parfois indirects). De même, en politique intérieure, la lutte contre les parlements et le parti espagnol fait l'objet de longs développements tout-à-fait intéressants, qui permettent par ailleurs de meux comprendre le fonctionnement de l'Etat après la mort de Louis XIV. A partir de 1715, c'est le banquier Law que l'on voit apparaître de plus en plus souvent au fil des pages, avec la mise en circulation de papier-monnaie, la création d'une Banque générale et la spéculation (voire la "cavalerie") qui entoure cet épisode. Après avoir amélioré les relations de la France avec l'Espagne, il reçoit l'archevêché de Cambrai et la pourpre cardinalice. Dubois a maintenu le pays en paix avec tous ses voisins, catholiques et protestants, et a renoué (difficilement) des liens distendus avec la papauté. Le personnage, bien sûr, est roué, menteur, manoeuvrier. Ayant souvent plusieurs fers au feu, il use de procédés peu honnêtes et pratique avec aisance le jeu d'influence par les bandes, indirectement, faisant intervenir l'un sur un dossier et un second pour un autre problème. Les critiques acerbes de Saint-Simon ne sont pas toutes infondées... Premier ministre en 1722, il atteint les sommets de la puissance et de la richesse peu avant de mourir : "Ci-gît un prélat qui, de cuistre, devint maquereau puis ministre". Triste oraison funèbre.

Faisant revivre toute une époque, Alexandre Dupilet restitue avec précision brio la vie politique et diplomatique d'une période que l'on a trop souvent tendance à résumer en quelques mots. Et Dubois, en dépit de ses défauts et de son peu de morale, est parvenu à maintenir un équilibre européen et une paix dont la France avait bien besoin. 

Tallandier, Paris, 2015, 413 pages. 23,90 euros.

ISBN : 979-10-210-0761-1.

Réhabilitation
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16 mars 2015 1 16 /03 /mars /2015 06:00

Un drame de la colonisation

Ouvéa, Nouvelle-Calédonie, mai 1988

Frédéric Angleviel

Le drame, en son temps, a suscité une très intense émotion. Et le sujet, comme toujours en histoire immédiate, reste sensible puisque les acteurs de ce que l'on a appelé "l'affaire d'Ouvéa" sont toujours vivants, qu'un film controversé a été récemment diffusé et que les nombreux témoignages publiés depuis quelques années sont épidermiquement marqués par les appartenances et les choix personnels de leurs auteurs.

Alors qu'approche un référendum d'autodétermination pour la Nouvelle-Calédonie, Frédéric Angleviel plonge dans le passé de l'archipel pour dénouer les fils qui tissent l'histoire des événements des années 1980. Il revient d'abord sur l'origine du peuplement, de la colonisation, des statuts, sur les premières révoltes dès la fin du XIXe siècle sur fonds d'oppositions tribales ancestrales, sur les origines "bagnardes" de vieilles familles européennes, sur les échos de la décolonisation dans le reste de l'empire, etc. A partir de la page 57, l'auteur entre dans le vif du sujet de la situation au début des années 1980 et détaille les évolutions politiques, aussi bien locales (vie des partis, résultats électoraux, etc.) que nationales (rôle et prises de position du gouvernement et du Haut commissaire), tout en rappelant l'aggration des tensions : "Le FLNKS franchit un pas supplémentaire dans l'activisme en laissant ses militants multiplier les occupations de terre en 'brousse', investir des gendarmeries, dresser des barrages, effectuer des prises d'otages", au point que les rapports officiels commencent à parler de "situation insurrectionnelle". Il rappelle également l'ambiguité du statut Fabius-Pisani de 1985, soulignée par Dick Ukeiwé : "On peut être majoritaire au congrès et minoritaire dans les régions", puisque les indépendantistes contrôlent les 9/10e du territoire avec moins de 35% des suffrages. Les élections durant la cohabitation en 1987-1988 témoignent à la fois que la majorité de la population souhaite rester dans le cadre de la France, mais aussi que la minorité canaque est (se sent) exclue des formes légales du pouvoir. Frédéric Angleviel détaille ensuite le drame de la gendarmerie de Fayaoué en avril 1988, autant que les témoignages (contradictoires), la violence et la brièveté des événements le permettent. Quatre gendarmes ont été assassinés, les autres sont faits prisonniers. Et le constat de l'auteur est clair : les gendarmes ayant des ordres très stricts de ne pas répondre aux provocations, "tant que la maréchaussée ne réagissait pas, les prises d'otages ne comportaient aucun risque et pouvaient continuer"... Jusqu'à ce qu'un jour la situation dérape et que chacun en métropole fasse mine de s'en étonner. Dès lors, les opérations de recherche et de libération des otages sont engagées à grande échelle, entre dénégations et interprétations, craintes politiques, pratiques tribales, etc. Frédéric Angleviel multiplie les citations des différents acteurs et témoins des deux camps, pour ce qui concerne la libération relativement rapide d'un premier groupe de 11 otages, les modalités selon lesquelles le capitaine Legorjus (dont la complexité des réactions ultérieures est décrite) est fait prisonnier, les mauvais traitement dont sont victimes les gendarmes, les hésitations des ravisseurs dépassés par leurs gestes, l'enlisement politique et une situation parasitée par la tenue au même moment de l'élection présidentielle et le jeu métropolitain entre Chirac et Mitterrand (et leurs équipes). A l'occasion du récit de la préparation et de la conduite de l'assaut contre la grotte où sont repliés ravisseurs et otages (opération 'Victor'), l'auteur ne se contente pas de citer les témoignages publiés par la suite par les acteurs, mais il en souligne les évolutions au fil des éditions successives, rappelle que le fameux rapport du capitaine Legorjus a été souvent cité alors que celui-ci est resté "en retrait lors de la première partie de l'assaut et qu'il n'est pas présent à la seconde" et n'omet pas les bavures qui suivent brièvement la violence de l'instant. La dernière partie s'intéresse aux enquêtes qui suivront, aux procédures de rapprochement, au souvenir des événements, en indiquant que les archives "seront partiellement disponibles à partir de 2019".

Les critiques se multiplient alors contre les forces de l'ordre et la conclusion de Michel Lefèvre résume semble-t-il assez bien l'affaire : "Les jugements tombent comme des couperets. Ils se résument en trois points : "insuffisance des négociations" (ah bon !), "bavures de l'opération militaire" (lesquelles ?) et "fautes dans l'élaboration du plan d'assaut" (je reste pantois). Les politiques s'en mêlent et s'emmêlent... pour le pire. Le meilleur, la libération des otages, passe souvent à la trappe". Une étude qui se distingue indiscutablement par sa mesure.

Editions Vendémiaire, Paris, 2015, 318 pages, 22,- euros.

ISBN : 978-2-36358-051-1.

Ouvéa
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15 mars 2015 7 15 /03 /mars /2015 06:00

La Grande Guerre des sciences sociales

Frédéric Rousseau (Dir.)

Préfacé avec beaucoup de finesse et de mesure par Jules Maurin ("L'histoire est toujours complexe et changeante, évolutive"), ce volume collectif propose une série d'études sur des thémes relatifs à des groupes particuliers ou à des situations ponctuelles pendant la Grande Guerre, sous l'angle des sciences sociales.

Nul ne songe plus à nier aujourd'hui l'intérêt objectif et l'importance de l'apport des sciences sociales dans l'analyse et la compréhension de la Première Guerre mondiale, dont l'ampleur (dans toutes ses facettes) n'a pu qu'entraîner des échos et des répercussions sur le corps social tout entier, à des degrés divers dans l'espace et dans le temps puisque celui-ci est tout sauf monolithique. L'ensemble des études montrent ainsi le côté "kaléïdoscopique" des situations individuelles, bien différentes de la "vulgate moyenne" sans cesse répétée, souvent insatisfaisante pour le chercheur qui en connaît et décrypte la diversité des éléments constitutifs. Ainsi, qu'il s'agisse des rapports entre les soldats germanophones et et tchéco-slovaques dans l'armée austro-hongroise, de la questions des mutineries de 1917, de la réorganisation du service de santé militaire en 1915, de la micro-histoire à l'échelle d'un département (l'Aisne) ou de la représentation des infirmières, il existe bien un discours commun (au sens de "pensée commune", de plus petit commun dénominateur) qui témoigne de la reconstruction mémorielle depuis l'entre-deux-guerres de ce que furent ces situations dans la réalité du temps. Ou du moins de ce que furent parfois ces situations, ou certaines de ces situations. L'indispensable prise en compte critique des témoignages ne peut pas conduire à simplement rejeter, ou à condamner, comme socialement marqués ceux des élites. Celles-ci existent, exercent des responsabilités, prennent des décisions qui engagent les "petits", constituent également des groupes identifiables aux réseaux enchevêtrés, et leurs récits apportent aussi un éclairage sur ce qu'était, dans sa diversité et sa complexité, à la fois la société du temps et les processus de prises de décision (ici plus rapidement condamnés que développés, cf. les pages sur l'organisation du SSM). Il en ressort que la prise en compte des données des sciences sociales apportent une importante plus-value à la compréhension de la période, mais sans exclusive et en ancrant toujours l'analyse dans ce qu'était l'époque. Car, à tout prendre, est-il surprenant alors que se multiplient les pertes que l'image de l'infirmière soit magnifiée à la fois à titre individuel par un soldat blessé et collectivement par les autorités publiques dans leur ensemble ? Faut-il s'étonner que les difficultés de l'Intérieur aient des échos sur le front, que les refus d'obéïssance interviennent au moment où la situation sociale est très tendue à l'arrière et que les correspondances rédigées aux armées évoquent les inquiétudes et la lassitude des familles devant une guerre qui n'en finit pas ? Pour autant, l'infirmière telle que l'attend et que l'espère le blessé n'est-elle pas aussi cela ? Et le style de commandement personnel de tel ou tel chef comme la situation opérationnelle locale de telle ou telle unité pèsent-ils moins dans le développement des refus d'obéïssance ? Le même individu s'exprime-t-il de la même façon dans l'intimité et en public ? Exprimera-t-il la même opinion un ou deux ans plus tard ? Ce que peut penser le jeune homme de 20 ans célibataire est-il du même ordre que les réflexions du père de famille de 35 ou 40 ans ? En toute chose donc, prise en compte de l'hétérogénéité des situations particulières et prudence face aux généralisations.

En s'appuyant en particulier sur des témoignages très divers, ce volume permet donc souvent d'aller au-delà des apparences et d'approcher une forme, ou une partie, de la réalité. Sans exclusive : la seule permanence dans toute guerre reste l'homme (au sens générique du terme, bien sûr), avec ses convictions personnelles et ses peurs souvent non-dites, immergé dans un contexte particulier.

Athéna éditions, Outremont (Canada), 2014, 295 pages.

ISBN : 978-2-924142-20-2.

Disponible sur commande auprès de la librairie du Québec : ici.

Sociohistoire
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14 mars 2015 6 14 /03 /mars /2015 06:00

Journal de Sibérie

(1903-1911)

Irinarkh Chemanovski

Dans le cadre d'une politique éditoriale qui nous permet de disposer d'un nombre croissant de titres traitant du monde russe, les éditions des Syrtes nous proposent le témoignage rare d'un jeune missionnaire parti évangéliser les peuples animistes du nord de Sibérie occidentale au tout début du XXe siècle.

Tout au long du livre, nous suivons donc un personnage tout à fait particulier, dont la préface par Eva Toulouze nous présente ce que l'on sait de la biographie, et nous croisons les populations locales, dont le mode de vie dès que l'on s'éloigne de la ville n'a visiblement pas changé depuis des siècles. Le volume est divisé en cinq parties thématiques qui reprennent des articles d'Irinarkh Chemanovski : "Découverte d'une région et de ses hommes", "Les peuples de la région d'Obdorsk", Chemanovski, porteur des Lumières", "Vie spirituelle, chrétienne et orthodoxe", et "Rencontres autochtones". Au-delà de la description précise et imagée à la fois de l'environnement, des sites, de la nature, du climat, etc., qui déjà est en elle-même très riche, c'est bien sûr dans l'exceptionnel travail d'ethnologue de son auteur sur les tribus et peuples de la région que le livre se distingue, car peu-à-peu il séjourne plus longuement chez les habitants et s'éloigne toujours davantage de la ville pour s'enfoncer dans la steppe. Habillé comme les autochtones, circulant souvent "dans un petit traîneau samoyède", Irinarkh Chemanovski a une approche très humaine, très sensible des populations locales et multiplie les observations pertinentes sur ses interlocuteurs, leurs différences d'approche de la société russe "moderne" de l'époque, sa volonté de les faire mieux connaître par la création d'un musée, leur perception de la religion orthodoxe alors qu'ils sont encore pour un grand nombre d'entre eux adeptes du chamanisme, leur rapport à l'école ou à l'alcool, leurs rites funéraires et de mariage, etc. Il s'interroge bien sûr, au fil des pages, sur la "plus-value" de la civilisation : comment intégrer ses peuples "sauvages" mais libres dans la société russe et la communauté orthodoxe ? Le volume se termine enfin sur quelques annexes très utiles (dont un glossaire des termes ethniques) pour tous ceux qui ne connaissent pas vraiment ces territoires isolés du bout de la Russie peu après 1900.

Un ouvrage qui se lit (presque) comme un roman d'aventures, sur fond de découverte de l'autre et de poursuite de son travail de missionnaire. Un vrai dépaysement au pays des Lapons il y a un siècle.

Editions des Syrtes, Paris, 2015, 250 pages, 20,- euros.

ISBN : 9782940523153.

Evangéliser le grand Nord russe
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Qui Suis-Je ?

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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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