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15 mai 2015 5 15 /05 /mai /2015 06:00

L'homme qui voulait tout

Napoléon, le faste et la propagande

Xavier Mauduit

Encore un livre sur Napoléon. Mais l'approche est (une nouvelle fois) différente. Il s'agit ici pour l'auteur de présenter au fil d'un récit chronologique comment ses adversaires et ses défenseurs l'évoquent, mais aussi comment l'empereur lui-même organise et met en relief sa propre gloire.

En neuf chapitres, nous suivons donc Napoleone Buonaparte, devenu Bonaparte, puis Napoléon Ier, en tant qu'individu mais aussi en tant qu'acteur essentiel d'une épopée extraordinaire, fulgurante, dont le développement et l'effondrement en quinze ans fascinent encore deux siècles plus tard. Tout au long du texte, à partir du récit résumé des grands événements, l'auteur commentent pour nous les pamphlets et les gravures qui le représentent, favorablement ou défavorablement, des extraits de textes où l'on prononcent ses louanges ou dans lesquels on le condamne, des lignes écrites ou dictées par le futur empereur lui-même. C'est donc un récit un peu original, y compris dans sa forme qui nous présente au fur et à mesure, avec de très nombreuses références, l'oeuvre de propagande et donc, en creux, les espoirs (souvent déçus) du fondateur d'une fragile nouvelle dynastie. La recherche de la paix, la proclamation de l'empire (pourquoi un empire ?), le rapport au peuple, les "vrais-faux" communiqués du Bulletin de la Grande Armée, le financement des artistes oeuvrant à sa gloire, etc. Jusqu'à la multiplication des ennemis résolus et des adversaires plus ou moins discrets, puis au dénouement sur cette île isolée de l'Atlantique sud : "Après avoir été chassé deux fois, battu par les Alliés, abandonné par les notables et par le monde des lettres puis exilé sur son rocher, Napoléon mène une guerre au long cours, qu'il remporte : celle de la mémoire". Et quelques uns parmi les lecteurs d'aujourd'hui se souviennent encore d'avoir appris, par exemple, il y a de nombreuses années : "Ce siècle avait deux ans / Rome remplaçait Sparte / Déjà Napoléon pointait sous Bonaparte...". Soyons honnête : entre Louis XVIII, Charles X et Louis-Philippe Ier d'une part, et le souvenir de l'empereur vainqueur de l'Europe coalisée entretenu par les demi-soldes et la littérature d'autre part, nombre de Français de la première moitié du XIXe siècle hésitaient peu... Tout le XIXe siècle et une grande partie du XXe en seront durablement marqués. Un livre facile à lire mais très riche pour aider à comprendre les raisons de cette quasi-fascination à travers le temps.

Egalement fort bien évoquées sont les innombrables propos, histoires, libelles, gravures, etc., diffusés depuis deux siècles pour condamner ou encenser Napoléon. Concluant sur les invraisemblables "informations" et autres "révélations" fantaisistes qui ont couru dès l'empire sur Napoléon et sont parfois encore colportées aujourd'hui, Xavier Mauduit a ce mot, décalé mais parfaitement adapté : "A moins que Napoléon, véritable pop-star, ne soit pas mort et vive encore aujourd'hui sur une île perdue au milieu du Pacifique en compagnie d'Elvis Presley"... Au-delà de toute rigueur historique, je trouve l'idée sympa. Elle traduit bien la popularité planétaire du personnage aujourd'hui encore.

Editions Autrement, Paris, 2015, 333 pages, 21,- euros.
ISBN : 978-2-7467-3501-9.

L'empereur et son image
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14 mai 2015 4 14 /05 /mai /2015 06:15

Dominante 1940-1945

Los ! - n° 20

Unanimement salué par les lecteurs et la critique, le magazine Los ! entre dans sa quatrième année avec le même niveau d'exigence éditoriale. Pour ce numéro 20, outre l'intéressant article sur le contrôle et la conduite des tirs à partir des tourelles d'artillerie embarquée, une série de grands articles revient, avec nombreuses illustrations et cartes lisibles, sur la perte par les Britanniques du porte-avions Glorious en juin 1940, sur les sous-marins Typ XXIII qui apparaissent côté allemand à la fin de la guerre, sur la première bataille navale de Guadalcanal en 1942, sur le torpillage du Gustloff, chargé de milliers de civils évacués, par les Soviétiques en 1945, etc. Un feu d'artifice de bons articles ! 

Seconde guerre mondiale (navale)
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14 mai 2015 4 14 /05 /mai /2015 06:00

De l'Antiquité à aujourd'hui

C'est la guerre - n° 2

Le magazine conserve sont style très "éclaté", avec une profusion d'encarts sur les sujets les plus variés, et la partie rédactionnelle se précise avec quelques articles de bonne tenue (mais souvent brefs, 1 à 2 pages doubles) dans le panorama "grand public". Les deux doubles pages consacrées aux avions de chasse ne comptent ainsi pas moins d'une trentaine de focus sur tel ou tel appareil : le lecteur non averti risque de s'y perdre. Parmi les articles, on retiendra celui sur la bataille de Cambrai en 1917. Les "24 derniers carrés héroïques" sont traités très brièvement, de sorte que seuls les néophytes découvriront vraiment quelque chose. Pour les questions d'actualité (ou presque), les textes sur "Crise en Crimée" et "Le conflit coréen" présentent une bonne synthèse. A partir de ce numéro, j'assure la présentation de quelques ouvrages récents en lien avec les principaux thèmes triatés.

Rythme et flash
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13 mai 2015 3 13 /05 /mai /2015 06:00

La haine et la honte

Journal d'un aristocrate allemand, 1936-1944

Friedrich Reck-Malleczewen

Paru en traduction française en 1968 mais semble-t-il non réédité depuis, ce journal d'un fils d'une vieille famille de Junkers prussiens constitue une critique sans faille, au quotidien, du régime nazi, dans sa réalité comme dans ses représentations, en temps de paix comme en temps de guerre.

Devenu romancier à succès dans l'entre-deux-guerres, Friedrich Reck-Malleczewen met ses idées et pensées sur le papier à des échéances variables : quelques jours, quelques semaines, voire quelques mois entre deux brefs chapitres. Si les mots sont parfois terribles, le tableau des nombreuses situations personnelles ou ponctuelles racontées porte aussi la marque d'un profond mépris pour le "vulgaire". Dans sa présentation, Pierre-Emmanuel Dauzat observe avec Walter Laqueur que l'original de ce livre n'a sans doute pas reçu en Allemagne lors de sa parution l'accueil qu'il aurait mérité car, "pour les critiques de gauche, Reck-Malleczewen a eu le tort de s'opposer au nazisme pour les mauvaises raisons. Autrement dit, il était ostensiblement royaliste quand la seule critique 'légitime' était de gauche". Pourtant, ce conservateur traditionnaliste en vient à souhaiter très tôt la défaite complète de son pays, "une Allemagne qui ne méritait plus son nom". Un rappel intéressant sur la diversité des opinions de ceux qui, peu ou prou, résistèrent à Hitler. Chaque chapitre prend appui sur un événement particulier, récent (de la mort de Spengler en mai 19136, à l'arrestation de l'auteur en octobre 1944),à partir duquel il revient systématiquement à une critique de plus en plus rude du système nazi en tant que tel, mais aussi des hommes qui en assurent la direction, passant du dégoût à la haine et la honte, qui donnent son titre au livre.

Les citations pourraient être multipliées, évitons celles qui l'illustrent trop l'horreur et ne reprenons que des propos plus sobres ou les plus légers, mais qui n'en sont pas moins significatifs d'abord d'un état d'esprit. Le mépris pour les hiérarques nazis d'abord : lorsque la princesse Friedrich Léopold, belle-soeur de l'ancien empereur d'Allemagne, rend visite à Goering, celui-ci "lui a fait faire antichambre pendant deux heures au milieu des dactylos assises de-ci de-là et des voyous SS" et le "capitaine en retraite de l'armée impériale" n'est plus présenté que comme un bourgeois cupide et mal élevé. Sur les exigences et les évolutions du régime en mai 1937 : "L'Allemagne est laide, stupide et l'épicentre de tous les séismes politiques qui se succèdent par cycles de vingt-cinq ans". En octobre 1940 après les victoires remportées à l'ouest : "Je revois tout un peuple enivré des succès des brigandages politiques, la populace de cinéma braillant de joie devant les actualités sanguinaires, applaudissant lorsque des hommes transformés en torches sautent de tanks incendiés". Le même mois, évoquant le particularisme bavarois au sein de la "nouvelle" Allemagne : "Les nazis, qui se sont voués corps et âme à leurs stupides objectifs technocratiques ne viendront jamais à bout de la Bavière, même si leur occupation devait se prolonger dix ans encore. Même s'ils devaient être victorieux, deux choses les mèneraient à leur perte : le manque d'âme et, bien plus encore, l'absence totale d'un humour que ces ennemis du rire craignent plus qu'une nouvelle déclaration de guerre". Vanité, arrivisme, ridicule, absence de culture aussi bien que de morale, Friedrich Reck-Malleczewen taille aux dirigeants nazis, sur fond de dégoût pour la masse qui les suit, un costume qui mérite d'être connu. D'autres chapitres abordent des questions plus dramatiques (la guerre et son coût, le sort des prisonniers russes, etc.), avec des mots parfois très forts, adaptés au caractère terrible ou monstrueux des situations.

Un livre original, sans doute aussi parce que le personnage n'était peut-être pas lui-même toujours très sympathique. Il n'a pas la fraicheur ou l'enthousiasme (ni l'engagement direct d'ailleurs) des jeunes du réseau de la Rose blanche. Mais sa critique féroce du quotidien des responsables nazis régionaux (et parfois nationaux), comme de la politique mise en oeuvre, mérite indiscutablement d'être connue.  

Vuibert, Paris, 2015, 286 pages. 19,90 euros.

ISBN : 978-2-311-10085-3

Réquisitoire
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12 mai 2015 2 12 /05 /mai /2015 06:00

Comprendre le génocide des Arméniens

1915 à nos jours

Hamit Bozarslan, Vincent Duclert, Raymond H. Kévorkian

En cette année du centenaire du génocide des Arméniens, les livres se succèdent sur ce triste épisode, désormais bien connu dans sa chronologie. Affirmer, comme la 4e de couverture, qu'il "souffre d'une méconnaissance publique qui découle d'un long oubli de l'événement" est relativement abusif, en particulier en France où une importante communauté arménienne a trouvé refuge à l'époque et régulièrement évoqué le drame, et où depuis une quarantaine d'années le sujet a été abondamment traité dans la littérature.

L'ouvrage se divise en trois grandes parties complémentaires. La première s'intéresse aux faits ("La destruction des Arméniens ottomans"), des exactions de la fin du XIXe siècle aux massacres systématiques perpétrés en 1915-1916. La seconde ("Les fondements idéologiques, politiques et organisationnels de la destruction") s'interroge sur les fondements de cette volonté meurtrière dans le contexte particulier de la Grande Guerre (accusations de trahison portée contre les Arméniens catholiques), décrit l'organisation unioniste, présente les hommes concernés et s'attarde sur l'attitude ultérieure de la Turquie républicaine, jusqu'à la position officielle récente "d'oubli réciproque", adoptée au début des années 2000. La troisième et dernière parti enfin, sous le titre "Le  génocide des Arméniens, une histoire mondiale", replace les massacres dans un contexte essentiellement européen, de la condamnation formelle dès le printemps 1915, à l'abandon au bénéfice d'une alliance avec la nouvelle Turquie kémaliste après la Première Guerre mondiale. Au fil des pages, les citations sont multipliées et la démonstration de la volonté génocidaire est faite sans ambigüité

Le livre, fortement documenté (mais, une fois de plus, la question est bien connue depuis longtemps et les premiers témoignages indiscutables ont été publiés dès la guerre elle-même), adope aussi un ton engagé, phrases courtes, affirmations rapides, raccourcis parfois (concernant la Légion arménienne visiblement surévaluée, ou le rôle des Français en Cilicie entre 1919 et 1922, les affirmations sont même souvent approximatives). La dérive terroriste arménienne des années 1970-1980 est évoquée sans être explicitement condamnée semble-t-il, et le livre se termine sur la  description de la succession de batailles juridiques ces dernières années,visant à obtenir une loi permettant de condamner le négationnisme. Autant le récit complet des événements eux-mêmes est important et contribue à renforcer la connaissance générale sur le sujet, autant les derniers éléments évoqués introduisent une sorte de gêne : l'historien et le militant font rarement bon ménage. La mémoire est un objet d'histoire, il est plus délicat qu'elle en devienne le fondement et le moteur.

Au bilan, une très bonne synthèse sur les événements et la réalité du génocide, et une certaine réserve sur quelques observations et commentaires plus actuels.

Tallandier, Paris, 2015, 492 pages. 21,50 euros.

ISBN : 979-10-210-0675-1.

Génocide arménien
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11 mai 2015 1 11 /05 /mai /2015 06:00

Jeanne d'Arc

Une mission inachevée

François Sarindar-Fontaine

Après une biographie de Lawrence d'Arabie que nous avions chroniqué (ici), François Sarindar-Fontaine s'intéresse à une toute autre période et à un tout autre personnage, même si celui-ci appartient aussi à la cohorte des héros idéalisés et des "hommes" de guerre devenus mythiques avant même leur mort ou peu après.

Bien qu'il s'en défende aux premiers mots de son introduction, l'auteur nous propose une biographie (presque) complète de la bergère lorraine déclarée sainte et protectrice de la France, en insistant bien sûr sur les quelques mois de son épopée mystico-politico-militaire qui constituent l'essentiel de l'ouvrage, mais au-delà encore il décrit avec précision la situation politique générale dans le royaume au début du XVe siècle. Il suffit pour s'en convaincre de lire le début du premier chapitre qui explique, clairement mais en détail, l'extrême complexité de la situation juridique et politique du village de Domrémy à l'époque, écartelé entre le Saint-Empire romain germanique et le royaume de France, entre le duc de Lorraine et celui de Bourgogne. Au fil des pages, François Sarindar-Fontaine tente d'éclaircir différents points obscurs ou contestés sur les origines, l'engagement et la brève vie de Jeanne à partir de très nombreuses citations, qu'il commente, analyse et critique pour tenter de démêler le vrai du faux. Une chose est sûre, jusqu'à sa rencontre avec le roi Charles, suppositions et conjectures sont particulièrement nombreuses, mais elles ne cessent pas par la suite. Les grands personnages du moment, comme de La Trémoille et Renaud de Chartres, exercent une influence non négligeable sur le "roi de Bourges" et son environnement immédiat et tiennent une place importante dans ce volume, mais c'est toute une galerie de portaits qui nous est proposée, unb véritable tour d'horizon des ducs, princes et chevaliers du temps, au prix parfois de nombreuses digressions. Pour ma part, je reste assez dubitatif sur l'importance à accorder à "la main divine" qui aurait guidé la Pucelle dans ses pas et ses actes, mais l'auteur tient globalement bien l'équilibre entre une conception très religieuse du récit et une analyse très factuelle et basiquement logique. Dans le récit qu'il fait de la campagne et des opérations qui suivent durant l'année 1429, il n'omet pas d'évoquer à plusieurs reprises les difficultés ou les divergences qui surgissent entre Jeanne et ses compagnons masculins, les chefs militaires effectifs, et critique même son absence de sens de la manoeuvre : elle entraîne et stimule le courage, mais ils mènent les assauts. L'auteur revient également sur la préparation, les modalités et la conduite des opérations autour de Paris, que suivent des semaines de quasi "nomadisation" et de relative inaction. L'heure est aux négociations et le roi Charles a désormis une analyse plus politique de ses rapports avec le duc de Bourgogne aussi bien que de leur évolution à moyen terme. L'heure de Jeanne est-elle déjà passée ? Serait-elle considérée comme un atout que le roi conserve dans sa manche, en réserve ? C'est l'époque où la Pucelle et ses frères auraient été annoblis, événement sur lequel l'auteur est plus que dubitatif. Il accorde d'ailleurs à ces frères, en particulier Jean et Pierre, une place relativement importante dans le livre, ce qui contribue aussi à remettre Jeanne en situation. Au début de l'année 1430, "le parti de la guerre n'a plus le vent en poupe" et seule une petite troupe (qui s'étoffe cependant peu à peu) entoure Jeanne durant le printemps, de Lagny à Melun et de Senlis à Compiègne, ville près de laquelle elle est faite prisonnière (les circonstances et les questions qui entourent cet événement sont largement détaillées). Le récit se termine ici, et le livre se referme sur un épilogue qui rappelle brièvement les conditions de sa détention, son transfert à Rouen, l'instruction puis le procès, sur lequel il revient et dont il souligne les ambiguïtés avant de "régler leur sort" à ceux qui imaginent que Jeanne ait pu survivre.

Un livre passionnant, dense, précis, qui replace un élément important du "roman national" dans le contexte de son temps. Un livre qui pose beaucoup de questions au fil des pages, même si l'auteur n'hésite jamais à donner son avis en expliquant pourquoi il fait le choix de telle ou telle hypothèse.  

L'Harmattan, Paris, 2015, 317 pages, 33 euros.

ISBN : 978-2-343-05900-6.

La Pucelle d'Orléans
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11 mai 2015 1 11 /05 /mai /2015 05:45

La Stratégie de l'action

Général André Beaufre

S'ouvrant sur une assez longue préface de François Géré, cette œuvre donne des axes de réflexion encore valables dans le monde contemporain. Initialement paru en 1966, trois ans après l'opuscule devenu classique Introduction à la stratégie [recension du 19 décembre 2014, ici], La Stratégie de l'action est dès l'année suivante traduite en anglais, et largement commentée dans l’univers anglo-saxon et au-delà. Il est aujourd'hui possible d'en avoir une lecture qui fasse abstraction du contexte particulier de la guerre froide, dans une phase historique où les enjeux nucléaires étaient prépondérants. La France s'efforçait alors de se doter de sa propre force atomique de dissuasion, en s'émancipant de la tutelle américaine. Connu comme penseur de la stratégie nucléaire française, le général Beaufre produit néanmoins sur le phénomène guerrier - dont l'étendue dépasse nettement les seules opérations militaires - une réflexion qui survit pour une large part aux circonstances historiques l'ayant suscitée. Une place centrale est accordée au fonctionnement de la dichotomie dissuasion~action et aux formes multiples en lesquelles peut se décliner cette dernière : "Le concept d'action (…) englobe ainsi toutes les formes d'action, des plus violentes aux plus insidieuses. C'est un concept "total" correspondant à la stratégie totale" (p.53). Le général Beaufre s'efforce de clarifier la distinction devenue de plus en plus équivoque entre politique et stratégie. Une préoccupation majeure, parcourant l'ensemble de son œuvre, est de comprendre le plus finement possible les conditions et les mécanismes ayant conduit à la défaite française de 1940. La manœuvre d'Hitler à partir de 1938 est probablement l'exemple auquel il a le plus fréquemment recours dans sa démonstration. Avec une précision quasi-géométrique, dans un effort d'explicitation de notions complexes par leur rapprochement avec le concret, il expose notamment la hiérarchie, les rapports et les interactions des concepts de base de la stratégie (p.116). S'il fait fréquemment usage, dans son entreprise d'analyse de la situation de la France dans le monde, de la métaphore médico-chirurgicale, l'analogie musicale (le clavier des possibilités d'intervention active par exemple) est également conduite avec une certaine maestria. Emblématique d'une approche rejetant les explications et les modes opératoires trop simples et univoques est son assimilation de la stratégie directe au mode majeur, de la stratégie indirecte au mode mineur. Il indique que toutes deux "en général (…) coexistent et se complètent" (p.122). Influencé par Liddell Hart, mais développant surtout sa propre pensée en prise avec ses responsabilités nationales, Beaufre prône finalement une "stratégie totale sur le mode indirect" (p.144). Il met en garde, dans le domaine de la stratégie opérationnelle militaire, contre les modes et [l]es "idées toutes faites sur la "puissance aérienne", la "puissance navale", la "suprématie du char " ou l'efficacité des aéroportés" (p.124). Même si le livre a été publié durant la décennie 1960, les enjeux du monde actuel semblent dégagés avec une clarté qui traverse le temps. Outre une certaine lucidité concernant le processus de construction européenne, qui en était alors au tout début de sa maturation, il expose des idées fort modernes sur les relations entre économie et stratégie (p.150-151), en lesquelles il voit "les deux disciplines de base nécessaire à notre époque". Dans The Evolution of Strategy : Thinking War from Antiquity to the Present, Beatrice Heuser a récemment exposé (p.460 sq.) comme une étape de la pensée stratégique la substance de ce petit livre peut-être un peu oublié. Il s'agit là d'une juste reconnaissance de sa richesse conceptuelle exprimée dans une langue paradoxalement assez simple.

Candice Menat

Éd. de l'Aube, La Tour-d'Aigues, 1997, 155 p., 16 €

ISBN : 978-2-8767-8344-7.

Réflexion stratégique
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10 mai 2015 7 10 /05 /mai /2015 06:00

L'armée française et l'ennemi intérieur

1917-1939. Enjeux stratégiques et culture politique

Georges Vidal

L'irruption d'une idéologie révolutionnaire et internationaliste à partir de 1917 inquiète légitimement les autorités politiques et militaires. Nous sommes alors en pleine guerre et l'alliance russe est toujours considérée comme essentielle. Et au cours des années qui suivent, compliquant la seule question du communisme en politique intérieure, l'émergence de l'URSS amène sous certains angles à réfléchir les questions de défense à l'aune des rapports de la République au communisme, puisque "la relation de Paris à Moscou se construit et se pense d'abord au prisme des relations franco-allemandes".

Pour analyser ces rapports complexes entre l'institution militaire française (mais aussi la conception politique nationale de la Défense, ce qui est différent) et le mouvement communiste, l'auteur développe un plan globalement chronothématique, qui analyse d'abord le mouvement bolchevique perçu comme "L'instrument de l'Allemagne (1917-1934)", puis observe la question à partir de Paris en terme de politique intérieure ("La France au coeur de la Révolution mondiale (1934-1939)", avant de faire un focus sur la place des questions internationales, et en particulier de la guerre d'Espagne ("Le facteur international, 1936-1939"), et de centrer définitivement son propos sur la défense nationale stricto-sensu ("L'armée dans la lutte contre le communiste"). On retrouve à plusieurs reprises, au fil des événements, la dichotomie entre pensées personnelles des uns et des autres, rapports et comptes rendus des échelons intermédiaires de la hiérarchie, et position officielle de l'institution militaire. Si un certain nombre de cadres et dirigeants s'affirment plus ou moins publiquement personnellement hostiles au mouvement communiste international et à sa section française, l'armée comme institution de la République reste très majoritairement à l'écart des agitations et disputes politiques. Rappelons également que c'est le parlement qui vote les lois et le gouvernement qui adopte les textes réglementaires : à chacun sa part de responsabilité... Les pages consacrées à la période qui entoure les émeutes de février 1934 (globalement 1932-1936) sont intéressantes : elles montrent comment l'armée en tant qu'institution réfléchit à la question de l'insurrection intérieure et se prépare éventuellement à y répondre (on aurait pu citer les réflexions conduites sur le "RETEX" avant l'heure des journées révolutionnaires de 1830 et de 1848, dont on trouve par exemple la trace dans la Revue Militaire Générale). Mais, sauf erreur, ces mêmes pages oublient de préciser qu'immédiatement après le déclenchement des événements du 6 février, dans la nuit, c'est le sous-chef de l'état-major général en personne qui interdit, contre l'avis du ministre de l'Intérieur, aux régiments stationnés dans le secteur de Versailles de venir sur Paris participer à la répression des manifestations dans la capitale, en expliquant que ce n'est pas le rôle de l'armée. Et il peut y avoir ici deux lectures. Par ailleurs, dans la longue période de l'entre-deux-guerres, cette perception de la menace révolutionnaire est fluctuante, car elle est aussi conditionnée par la proximité d'une menace allemande directe plus ou moins nette ou urgente. A partir de 1936, la situation se complique, entre une Allemagne qui se fait plus exigeante et une Espagne en proie à une guerre civile très marquée par les questions idéologiques. Peut-on alors distinguer entre Parti communiste en France et régime soviétique à Moscou ? Certains tentent ce quasi exercice d'équilibrisme intellectuel, généralement sans résultat durable. Comme le précise d'ailleurs l'auteur dès son introduction, "le livre montre une tension entre un philosoviétisme, de nature stratégique et économique, et un anticommunisme, idéologique", que l'on retrouve à plusieurs reprises dans le texte courant. Tension qui peut être d'une intensité variable. Enfin, Paris, au coeur d'une région très industrialisée et où les masses ouvrières sont plus mobilisées, pose un problème particulier en terme de sécurité intérieure, puisque c'est également là que sont installés les principaux centres du pouvoir. On oberve également que "Pétain apparaît plutôt comme un homme d'influence qui apporte sa caution morale à la lutte intransigeante de l'armée contre le communisme".

Un livre très intéressant, qui contribue à l'écriture d'une "histoire politique de l'armée", ou une "histoire de l'armée face aux questions politiques". Comme sur beaucoup de sujets, les choses sont complexes et l'analyse se doit d'être fine. A lire attentivement et à conserver. 

Presses universitaires de Rennes, 2015, 260 pages, 18 euros.

ISBN : 978-2-7535-5620-3.

Lutte contre le communisme
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9 mai 2015 6 09 /05 /mai /2015 06:00

Trois jours en mai

1945, la fin de la guerre en Europe

Pierre Stéphany

Un ouvrage de circonstance sans doute, dont le titre est peu en rapport avec le contenu effectif puisqu'il insiste sur la vie d'Hitler et de ses proches, comme sur le quotidien des populations au cours des derniers mois de la guerre (voire davantage).

En seize chapitres de 15 à 20 pages, Pierre Stéphany propose donc un panorama du la chute définitive du Reich millénaire, avec des aller-retour entre les fronts est et ouest, Berlin et le nid d'aigle du Führer, etc., jusqu'à San Francisco pour la création de l'ONU. Le récit est enlevé, les phrases courtes se succèdent rapidement, les paragraphes brefs s'enchainent. Mais le texte, en multipliant les anecdotes dans des domaines différents, manque de cohérence : où l'auteur veut-il en venir ? Que veut-il finalement raconter ou expliquer ? D'autant qu'ici ou là quelques échos à des histoires plus ou moins romancées sèment le doute (Hitler est-il bien mort à Berlin et n'y a-t-il pas un doute...). Sur de nombreux points, les affirmations sont rapides et Pierre Stéphany cite telle ou telle source (souvent les mémoires des acteurs -en particulier allemands- des événements) sans la critiquer ou l'étudier réellement. Il se contente de citer. Le récit des trois derniers jours qui figurent en titre du livre est donné dans les dernières pages (globalement entre 250 et 300) et l'auteur prend bien sûr en compte les différentes étapes et les différents lieux (Reims, Flensburg, Berlin). Le livre se termine enfin par quelques exemples, dans différents pays, des épurations, et des justices parfois un peu expéditives (mais si peu finalement) lors des libérations.

Finalement rien de bien nouveau, beaucoup de citations et d'extraits d'ouvrages déjà publiés, quelques propos un peu rapides. Un volume qui donne "un-certaine-image" de la fin de la guerre et des souffrances subies par les uns et par les autres. 

Ixelles éditions, Paris, 2015, 351 pages. 23,90 euros.
ISBN : 978-2-87515-253-4.

Mai 1945 (et plus)
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8 mai 2015 5 08 /05 /mai /2015 06:00

1945

Le Monde - Hors-série

Nouvel hors-série du Monde sur un thème historique. Après 1944 ("Les débarquements", "Les résistances", "Les libérations"), voici fort logiquement 1945. Le magazine de près de 100 pages se divise en trois grandes parties : la fin de la guerre à proprement parler (dont beaucoup de photos), les premiers pas la paix retrouvée (en interne et au plan international), et les traces mémorielles (avec une large place consacrée à la shoah et aux résistances). Un volume d'ensemble qui constitue une bonne synthèse de départ grâce à la plume d'historiens de qualité, même si certaines affirmations peuvent (heureusement !) être discutée. 

Fin de la Seconde guerre mondialeFin de la Seconde guerre mondiale
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Qui Suis-Je ?

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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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