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21 avril 2015 2 21 /04 /avril /2015 06:00

Talleyrand

Le prince immobile

Emmanuel de Waresquiel

Troisième édition en format poche cette fois, pour ce désormais classique, mais aussi édition augmentée et complétée (cf. les références et la bibliographie finale). Un 'must' pour tout amateur de cette période exceptionnelle que fut le passage du XVIIIe au XIXe siècle.

Auteur reconnu et excellent spécialiste de la période impériale au sens large, Emmanuel de Waresquiel nous livre ici non seulement une biographie du prince de Bénévent, mais une véritable chronique des régimes qu'il fit le choix de servir successivement, de l'Ancien régime à la Restauration en passant par les troubles révolutionnaires et l'épopée impériale. Au fil des pages, le personnage se dessine sous nos yeux et prend vie. Sans doute contrairement à ce que souhaite l'auteur, il ne s'avère pas être très sympathique (du moins à mon point de vue, même si je le trouve tout particulièrement passionnant). S'il a effectivement de hautes qualités, il est également plus qu'âpre au gain, toujours à court d'argent et avide de nouvelles ressources, méprisant pour ses contemporains qu'il utilise mais n'aime pas, sachant manipuler les hommes et peut-être surtout les femmes, nombreuses à servir ses objectifs, grand amateur de jeux de cartes et doté d'un sens exceptionnel de la répartie. On connaît la formule de l’empereur évoquant « le vice appuyé sur le bras du crime », et celle plus crue de « la merde dans un bas de soie ». Aucune ambiguïté : le vice ne peut être que Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, évêque d’Autun, prince de Bénévent. L’un des derniers représentants d’un monde en train de disparaître. Bien sûr, l’attrait de l’argent sert en quelque sorte de fil rouge à sa vie : entre dessous de table purs et simples, commissions confidentielles et « indemnités » diverses, l’homme brasse (et dépense, car son train de vie est exigeant) des sommes particulièrement considérables, et la question pourrait être récurrente tout au long de sa vie : totalement corrompu et traître prêt à se vendre au plus offrant, ou fin politique sachant simplement monnayer ses talents pour parvenir au résultat qu’il s’est fixé ? Cette belle biographie de plus de 1.000 pages permet d’aborder toutes les facettes du personnage au cours d’une existence qui connaît la disparition de l’Ancien régime dont il portait l’un des noms les plus éminents ; le processus révolutionnaire, de la Constitution civile du clergé aux séjours anglo-saxons et des manipulations financières à la manipulation des femmes ; le Consulat -dont il favorise l’instauration- et l’empire, puissant ministre des Affaires étrangères, évêque défroqué et marié, puis séparé, à la tête d’une immense fortune, élevé au rang de prince par Napoléon mais qui conserve ses entrées chez les ennemis de l’empereur. Il est au cœur des manœuvres qui organisent le retour des Bourbons, chef du gouvernement provisoire et « quasi-roi de France » ; avant d’être disgracié. Entre son immense propriété de Valençay, d’où il favorise le développement économique de l’Indre, et Paris, où il rejoint l’opposition libérale aux Ultras de la Restauration, il trouve encore le temps d’écrire et d’entretenir son réseau d’amitiés européennes. Il reste ainsi au courant, sinon au cœur, des principales tractations continentales, jusqu’à ce qu’il soit rappelé aux affaires, comme ambassadeur à Londres, où il représente la monarchie de Juillet (il resta d'ailleurs durant toute sa carrière très lié aux élites anglaises). Serviteur de tous les régimes, il a su vivre, mais sait aussi mourir. A l’abbé qui lui administre l’extrême-onction, il trouve la force de rappeler : « N’oubliez pas, monsieur l’abbé, que je suis évêque ».

Une biographie indispensable pour quiconque s’intéresse à cette époque de bascule entre deux monde, de la fin du XVIIIe et du début du XIXe siècle. Un petit volume à lire et à conserver.

'Texto', Tallendier, 2015, 1079 pages. 12,90 euros.

ISBN : 979-10-210-0877-9.

Prince de Bénévent
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20 avril 2015 1 20 /04 /avril /2015 06:00

Les cent derniers jours d'Hitler

Chronique de l'apocalypse

Jean Lopez

Bel album (qui pèse son poids !) et qui, au-delà de la seule personne d'Hitler ou de son entourage proche (même s'il est -et s'ils sont- au coeur du livre), nous fait revivre par le texte et par l'image la fin du IIIe Reich.

Jour par jour, et parfois heure par heure lorsque la chronologie des événements le justifie, Jean Lopez décrit en quelques lignes toute "l'actualité" du Reich finissant, la progression des Soviétiques et la fuite des populations germanophones à l'Est, les rendez-vous (de plus en plus rares) et les réunions autour d'Hitler dans le sous-sol de la chancellerie, son délabrement physique et la folie, les généraux et les soldats, les gamins et les vieillards du Volkssturm, le drame des populations civiles et la place centrale des femmes dans cet effondrement d'une société, la mobilisation à outrance du parti nazi et les pendaisons au coin de la rue, les marches de la mort et la libération des camps, l'exécution de Mussolini et le testament d'Hitler, les villages bavarois qui "se rendent" aux Américains et la bataille de Berlin, etc. Non seulement un régime s'effondre, mais un Etat, un pays, disparaît purement et simplement dans un incroyable amoncellement de ruines et de cadavres. On a peine aujourd'hui à imaginer ce que fut pour l'Allemagne et l'Europe le premier semestre 1945. Le texte courant est accompagné d'une excellente et très dense iconographie, de nombreuses photos peu connues étant reproduites en grand format. Qu'il s'agisse de l'attitude des soldats ou du regard des enfants, aucune ne laisse indifférent.

Pas de révélation, pas de résultat d'une nouvelle recherche donc, mais un bilan méticuleusement présenté de la réalité de l'époque. Un excellent ouvrage illustré grand public.

Perrin, Paris, 2015, 278 pages. 24,90 euros.

ISBN : 978-2-262-05023-8.

Album chronologique
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19 avril 2015 7 19 /04 /avril /2015 06:00

Capitale de l'amour

Filles et lieux de plaisir à Paris au XIXe siècle

Lola Gonzalez-Quijano

Un peu de légèreté pour ce week-end dans un monde de brutes ! D'autant qu'à l'époque déjà, "le monde entier" se donne rendez-vous dans la capitale française et que les plus grands noms d'Europe ne sont pas les derniers à s'encanailler.

Géographie et histoire administrative et sociale de la prostitution parisienne en quelque sorte. Un voyage dans les méandres intérieurs de la vie parisienne. Parfois qualifié de "bordel de l'Europe", Paris connaît à la fois au XIXe siècle une profonde évolution de l'urbanisme et de nombreux changements sociaux. Au fur et à mesure du livre, on voit les établissements de plaisir évoluer, leur nombre diminuer, le luxe s'installer dans certains d'entre eux, les quartiers se spécialiser et Montmartre émerger, des formes parallèles prendre place dans les théâtres, les bals, les bars.  Il y a des établissements "adaptés" pour chaque classe de la société, généralement dans des arrondissements différents, sans compter les "indépendantes" qui chassent le mâle par elle-même. Dans le même temps, la police reste toujours à l'affut et très intéressé par ces établissements qui permettent à la fois de circonscrire le désordre public et de disposer de relais vers un monde plus trouble. La capitale européenne, sinon mondiale, du plaisir charnel devient ansi un objet d'études particulières qui ouvre sur les dessous de la Restauration, de la Monarchie de Juillet, du Second empire et de la IIIe République, dans leur fonctionnement politique et administratif, voire économique même.

Un ouvrage absolument atypique, sur un sujet qui pourrait être scabreux, et qui pourtant apporte de nombreux éléments sur les évolutions urbaines et socialesde la capitale.

Editions Vendémiaire, Paris, 2015, 253 pages, 22,- euros.

ISBN : 978-2-36358-167-9.

Babylone-sur-Seine
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18 avril 2015 6 18 /04 /avril /2015 06:00

Atlas de l'empire napoléonien

Jean-Luc Chappey et Bernard Gainot

La collection bien connue d'Atlas chez Autrement vient de s'enrichir d'un nouvel opus consacré à la période impériale.

Selon le format habituel, qui a fait le succès de la collection, ce volume nous présente en cinq grandes parties des aspects moins évoqués de l'épopée impériale, en particulier grâce à une cartographie aussi claire que complète. La première s'intéresse aux territoires aux frontières souvent modifiées de l'empire, y compris dans leurs élites ou outre-mer, et l'on reste toujours aussi rêveur devant cet empire des 130 départements qui a fait d'Amsterdam, de Bruxelles, de Turin ou de Rome le simple chef-lieu de départements. La seconde s'attache aux évolutions des populations, les femmes, le travail, la conscription, toujours avec de nombreux graphiques et tableaux en appui. La troisième traite des aspects économiques, de la métallurgie en Haute-Saône aux foires de Corrèze, des effets du blocus continental sur le commerce international aux changements de la propriété terrienne. La quatrième est centrée autour des questions culturelles et religieuse, avec les efforts d'infrastructures et la volonté de marquer de son empreinte les villes par des constructions monumentales, mais aussi le développement de l'éducation et les rapports avec les principaux cultes. La cinquième enfin présente les "insurrections et résistances" en Europe napoléonienne, populaires à l'étranger (Tyrol, Espagne), intérieures (désertion, insoumission au recrutement), les lieux d'opposition (dont une carte du Paris de la tentative de coup d'Etat du général Malet) et enfin les exils révolutionnaires et libéraux après la chute de l'empire, en Amérique latine ou en Grèce.

Un excellent volume, indispensable à tous les amateurs.  

Editions Autrement, 2015, 95 pages. 19,90 euros.

ISBN : 978-2- 7467-4078-5.

Cartographie
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17 avril 2015 5 17 /04 /avril /2015 06:00

Driant - Danrit

Jean Mabire

Bien connu pour ses nombreux ouvrages sur la Normandie, les SS et autres unités d'élite, la mer et les marins, intellectuel régionaliste engagé à l'extrême-droite, Jean Mabire s'est intéressé au personnage et à la production littéraire du capitaine Danrit, qui meurt sous son nom de lieutenant-colonel Driant au bois des Caures au début de l'offensive allemande sur Verdun. Cette petite étude (non publiée à ce jour ?), qui renvoie aux thèmes du héros et de l'aventure chers à Mabire, ne manque pas d'intérêt.

Les 25 premières pages sont consacrées à retracer (rapidement) la vie et la carrière de celui qui fut officier d'infanterie issu de Saint-Cyr ("d'un mérite absolument hors-ligne, d'une modestie, d'une attitude exemplaire, on ne connaît aucune qualité qui lui fasse défaut"), gendre du général Boulanger, parlementaire actif, journaliste et écrivain avant de reprendre du service à près de 60 ans en août 1914. Reconnaissons qu'un tel parcours incite à méditer... Suivent une douzaine de chapitres qui abordent les principaux livres de Driant/Danrit, dont on parle souvent mais que bien peu aujourd'hui ont lu, mais aussi de moins célèbres comme cette exceptionnelle Evasion d'empereur, publiée en 1905. Jean Mabire en raconte rapidement l'histoire et en extrait quelques phrases, formules et citations qui abondent dans le sens de son engagement personnel. Outre les grandes vertus traditionnelles du soldat et de l'homme libre, on y trouve en particulier nombre de considérations très datées (à remettre dans le contexte de l'époque) sur les races ultramarines et les religions autres que catholique. Jean Mabire met en valeur pour chaque volume le sens de l'innovation technique dont fait preuve Driant, qu'il s'agisse des véhicules à moteur de tous types, du sous-marin ou de la 3e dimension. Les enseignements mis en relief témoignent aussi de l'évolution d'une société dans son époque, dont il peut être délicat d'extrapoler les effets jusqu'à aujourd'hui.

"Laissez-moi vous dire et vous redire que la guerre est, à certaines heures, nécessaire aux peuples, car elles les rappelle à la pratique des grandes vertus, sans lesquelles les nations ne peuvent vivre" : choisir cette ultime citation en conclusion illustre clairement les choix personnels et idéologiques de Mabire. Mais, outre le caractère original de cette étude, il n'en demeure pas moins que dans la mièvrerie de commémorations souvent insipides, retrouver le style et l'ambiance de l'avant-Première Guerre mondiale n'est pas inutile, loin de là. Cela fait aussi partie de la contextualisation et de la compréhension d'une époque.

Editions Le Polémarque, Nancy, 2015, 95 pages, 12 euros.

ISBN : 979-10-92525-02-1.

Jules Verne militaire
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16 avril 2015 4 16 /04 /avril /2015 06:00

Traité de la violence

Wolfgang Sofsky

La violence est aujourd'hui banale, ordinaire, quotidienne, et elle entretient avec la culture, comprise au sens large, un rapport ambigu de fascination/répulsion.

Avec ce recueil de douze textes, qui correspondent à une série de conférences, Wolfgang Sofsky tente de déterminer ce qu'est la violence, d'où elle vient, qu'elles sont ses conséquences. Le premier constat est que la société est née de la violence, ou plutôt de la peur de la violence ("La guerre de tous contre tous ne consiste pas en un bain de sang perpétuel, mais à en avoir peur sans arrêt. Ce qui déclenche et fonde la socialisation, c'est la peur qu'ont les hommes les uns des autres"), et que tout pouvoir y puise donc sa force. C'est l'assujettissement accepté par crainte : "Sur l'autel de l'ordre sont sacrifiées des libertés". Dans un second texte, il s'intéresse à la nature des armes et à "sa valeur d'usage" ("L'objet fabriqué modifie l'action"), à la fois moyen de la violence et parfois origine de celle-ci lorsque elle offre de nouvelles "opportunités". Prolongement du corps, elle décuple les capacités de l'homme, modifie le rapport au temps, lie inextricablement attaque et défense. Le chapitre 3 est sur un registre différent, celui des rapports entre la violence et les passions humaines, à partir de l'exemple tout-à-fait particulier de Gilles de Rais au XVe s., avec son cortège de tromperies et de perversités : "une volupté de la violence". Suivent "La violence, la peur et la souffrance", "La torture", "Les spectateurs", "L'exécution", "Le combat", "Chasse et fuite", "Le massacre", "La destruction des choses" et "Culture et violence". Autant d'angles d'approche différents d'un même sujet, toujours à partir d'un exemple historique (souvent ancien) ou d'une situation passée qui devient source de réflexion. Sofsky manie volontiers le paradoxe ("Le combat ne commence pas avec l'attaque, mais au moment de la défense. Sans riposte de défense, point de combat") mais il sait aussi pointer quelques vérités : "Point n'est besoin que l'hostilité précède le combat. Souvent, elle ne se développe qu'au cours du conflit ... Plus un combat est acharné, plus il imprègne les combattants. La guerre produit ainsi le guerrier et le combat produit l'ennemi", jusqu'au moment où il n'y a plus rien à gagner et où le combat "se met à tourner absurdement à vide". Il aurait pu ajouter ici quelques considérations sur la propagande. A la dernière page, on a le sentiment d'un discours globalement très pessimiste. Rien ne semble pouvoir mettre fin à la violence et, dès lors qu'il y a plus d'un homme quelque part, elle est toujours susceptible de (re)surgir : "Ces intervalles pacifiques ne sont que des épisodes, ces âges d'or ne durent que quelques années, quelques décennies tout au plus. Dans les annales de la culture et de la société, ce ne sont que des pages blanches"... 

Entre philosophie et anthropologie, une réflexion sur le caractère inévitable de la violence... Et même si ce n'est jamais explicitement dit, pour une société, l'impératif de la contrôler, de la maîtriser, ... de disposer de forces armées suffisantes, encadrées et formées ?

Coll. 'Tel', Gallimard, 2015, 227 pages, 11,- euros.

ISBN : 978-2-07-014853-0.

La violence comme phénomène naturel
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15 avril 2015 3 15 /04 /avril /2015 06:00

La justice déshonorée

1940-1944

Virginie Sansico

"L'intense politisation de la justice sous Vichy" fait ici l'objet d'une étude qui va bien au-delà des références habituelles aux juridictions d'exception, puisque l'auteure s'intéresse d'abord au fonctionnement de la justice "ordinaire", quotidienne.

Après s'être intéressée dans un premier ouvrage aux cours martiales de Vichy, Virginie Sansico aborde donc la question plus large de l'ensemble des juridictions pénales, dont elle souligne que paradoxalement les représentants du ministère public y conservèrent le titre de "procureur de la République", alors même qu'il n'y avait plus de République et que toute l'évolution du régime contribuait à éloigner l'Etat français de cette notion. Tout à la fois "héritier de l'ère républicaine" et système nouveau en rupture (les lois "politiques" existent aussi durant l'entreèdeux-guerres), la justice pénale de Vichy est d'abord présentée comme une certaine continuité de ce qui existe avant juillet 1940 et l'auteure note que "la transition entre la République et Vichy s'effectue en douceur". Très vite cependant, dès l'été, les premières mesures sont prises, visant en particulier à mettre au pas l'institution judiciaire, tandis que les oppositions politiques se diversifient et se multiplient progressivement. Elle organise ensuite son propos en grandes parties chrono-thématiques : "Le basculement (été 1941-fin 1942)", "La saison des juges (fin 1942-automne 1943)", et "La justice en guerre (fin 1943-août 1944)", qui correspondent à autant de phases d'évolutions importantes, pour la Justice elle-même mais aussi pour la Résistance (peut-être aurait-il été nécessaire de souligner davantage qu'à partir de novembre 1942, avec l'occupation de la zone sud, l'apparence d'indépendance du régime disparaît). On observe clairement que les juridictions d'exception prennent une part croissante dans le traitement des dossiers au fur et à mesure que la situation générale se détériore pour Vichy et les collaborateurs, comme dans une fuite vers l'avant, jusqu'aux sections spéciales (dont l'auteure détaille le complexe environnement lors de leur création en 1941). On constate également que le vocabulaire utilisé par les magistrats change au fur et à mesure, se faisant lui-même plus "politique", les accusations de "gaullisme" ou "judaïsme" prenant le pas sur les qualifications pénales normales et Virginie Sansico souligne à plusieurs reprises le rôle "apaisant" (anesthésiant) de Barthélémy, lui-même juriste, comme ministre de la Justice. Faux-papiers, propagande gaulliste, refus du STO, propos anti-nationaux, expulsion des Juifs de l'administration et de certaines professions, détention ou trafic d'armes, jusqu'à des engagements actifs dans la résistance : toute une nouvelle gamme d'infractions est longtemps jugée par des tribunaux "ordinaires", avec des magistrats qui étaient en poste avant la guerre (et souvent le resteront après, mais ceci n'est pas évoqué).

Un livre complet et détaillé (parfois un peu trop), qui met en relief une réalité peu glorieuse...

Tallandier, Paris, 2015, 623 pages. 25,90 euros.

ISBN : 979-10-210-0389-7.

Justice inique aux ordres
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14 avril 2015 2 14 /04 /avril /2015 06:00

POMLT

Gendarmes en Afghanistan, 2010

Colonel Stéphane Bras

Nouveau témoignage sur l'engagement français en Afghanistan, mais il s'agit cette fois d'une mission différente de celles qui ont déjà fait l'objet d'une publication. L'ancien chef d'une centaine de gendarmes français envoyés sur place pour aider à la reconstitution et accompagner une police afghane devenue inexistante livre ici ses souvenirs.

La mission s'inscrit dans le cadre des POMLT (Police Operational Mentoring and Liaison Team), acronyme désignant les équipes chargées de former et d'aider la police nationale. Reconnue pour sa solide formation et son grand professionnalisme, la gendarmerie française était sans doute la mieux placée pour apporter ce concours. Dans un premier temps, Stéphane Bras présente la préparation de sa mission en métropole, les hommes, les équipements, la préparation opérationnelle au cours des mois qui précèdent (les quelques lignes sur l'entraînement au tir dans les années 1990 dans l'armée de terre semblent un peu exagérées, il y a bien longtemps que l'enguelade n'est plus un moyen pédagogique d'enseigner le tir, au moins chez les chefs qui respectent leurs hommes et leurs missions...). Au printemps 2010, c'est le grand départ, avec la découverte d'un pays et d'un environnement totalement nouveaux, qui nous sont présentés (y compris dans l'organisation des forces internationales et avec quelques exemples sur les réticences américaines à l'égard des Français, mais les relations entre chefs militaire et gendarme tricolores ne sont pas toujours au beau fixe) à partir du chap. 3, puis l'installation sur les bases et dans les villes où doivent être déployées les équipes. Il insiste ensuite sur quelques particularités de la culture afghane et l'environnement humain auquel ses hommes sont désormais confrontés. C'est ensuite une description de la police afghane, dans ses forces et ses faiblesses (la question de la corruption endémique est évacuée en quelques lignes, comme "un facteur culturel" parmi d'autres) et dans son organisation, puis l'explication précise du mandat des POMLT, rarement développée. La dernière partie, à partir du chap. 5, est consacrée au récit des missions effectivement conduites par grands types et de façon pratiquement chronologique, dans un cadre très largement militarisé. Pas une opération de perquisition pour un délit de droit commun : la contribution gendarmique à la sécurité du pays s'inscrit dans le cadre de la lutte contre les Taliban. Vient enfin, à la fin du livre, le temps du bilan et les rencontres avant le départ dans la capitale afghane ("Les rumeurs courant sur la belle vie à EUPOL m'ont semblé plausibles").

Le livre se termine fort heureusement par un index des sigles et par une bibliographie indicative assez complète. Un beau et riche témoignage, rare encore, qui apporte une vraie plus-value à notre connaissance du conflit en centrant le regard sur le rôle et la place de la gendarmerie dans une opération de ce type, même si l'on peut regretter que l'auteur passe rapidement sur bien des difficultés, incohérences et disfonctionnements, à peine évoqués.

Editions ANOVI, 2015, 183 pages, 17,- euros.

ISBN : 978-2-914818-78-0.

Former les forces de sécurité intérieure
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13 avril 2015 1 13 /04 /avril /2015 06:00

La guerre d'Indochine dans le cinéma français

Images d'un trou de mémoire.

Delphine Robic-Diaz

En entendant "guerre d'Indochine", on pense immédiatement Pierre Schoendoerffer, bien sûr, mais il y a, en tout ou partie, quelques dizaines d'autres film. Chiffre certes non négligeable, mais qui, comme le souligne l'auteur dans son introduction, "est loin de concurrencer les centaines de films consacrés à la guerre du Vietnam par le cinéma américain". Guerre méconnue, floue, oubliée, "la guerre d'Indochine est une sorte de rendez-vous manqué entre le cinéma et l'histoire".

La première partie du livre s'ouvre bien sûr sur Pierre Schoendoerffer, "le héraut d'Indochine", son oeuvre et le sens qu'il a voulu lui donner. Puis viennent les réalisateurs d'autres films spécifiquement centrés sur sur la guerre d'Indochine, comme Claude Bernard-Aubert ; un film particulier, Ils étaient cinq, contemporain des combats et censuré ; des fims dont le sujet principal n'est pas l'Indochine, mais où apparaît plus ou moins longuement un "ancien d'Indo" (pas toujours présenté sous son meilleur jour). Delphine Robic-Diaz étudie en particulier les dossiers des commissions de contrôle et de la censure, et donne le détail des procédures, réunions, appels, contestations, etc. pour quelques uns. La seconde s'articule autour de "l'imaginaire colonial" quel'on retrouve au fil des images dans les différents films, la maîtresse autochtone, le métis, les indigènes fidèles ou révoltés, voire le traitre. La troisème partie replace ces productions dans leur contexte et celui du moment de leur réalisation, qu'il s'agisse des "séquelles de la Seconde guerre mondiale" (comme dans L'honneur d'un capitaine), la guerre d'Algérie, ou lorsquela guerre américaine du Vietnam est en toile de fond. La quatrième partie est profondément analytique : qui sont ceux que l'on retrouve dans ces films, quels sont les défauts qui leur sont généralement prêtés, qui furent et comment vécurent les prisonniers du Vietminh. Enfin, la cinquième partie, tout en analysant les différentes traces de l'Indochine (et si possible de la guerre) dans le cinéma, souligne les paradoxes de différentes (nombreuses ?) productions, entre prise de position et nostalgie.

Le livre se termine en particulier sur une filmographie très complète, classée par année de diffusion entre 1952 et 2009, puis sur une présentation technique de ces films, enfin par un classement par genres (du film de guerre à la comédie), avant une copieuse bibliographie (y cmpris plus d'une page de références d'articles de l'auteur elle-même). Une analyse qui parfois en reste à "l'image" de la guerre dans l'opinion publique plus qu'à ce qu'elle fut en réalité, quelques développements à partir de points de détail minuscules, mais au total un livre très intéressant sur le sujet, qui intéressera autant les historiens du conflit que ceux du cinéma.  

Presses universitaires de Rennes, 2015, 358 pages, 21 euros.
ISBN : 978-2-7535-3476-6.

Images... floues
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12 avril 2015 7 12 /04 /avril /2015 06:00

1515

Marignan

Amable Sablon du Corail

Du solide, complet, référencé sur une victoire fondatrice de l'histoire de France, importante pour un jeune roi, aux nombreuses conséquences continentales, qui a été instrumentalisée dès le lendemain et dont tous les écoliers ont longtemps pu donner la date.

Il est rare que l'on puisse envisager qu'un ouvrage soit (presque) "définitif" sur un sujet. Tel est pourtant le cas ici, avec une étude d'ensemble non seulement sur la bataille elle-même mais aussi sur son environnement et ses conséquences. Amable Sablon du Corail, auquel on devait déjà un Louis XI remarqué, nous propose en effet un livre complet (il se termine par plus de 110 pages de notes, sources et bibliographie). Il commence par nous présenter les deux protagonistes (France et Suisse) et leur armée, puis le cadre politique et militaire d'une l'Italie morcelée, où l'empereur romain germanique, le roi de France et le Pape s'opposent. Le chapitre 5, qui traite de la question du coût de la guerre au XVIe siècle est particulièrement intéressant (et l'on note en annexe une liste des compagnies soldées par François Ier). Vient ensuite le récit détaillé de la campagne du roi de France, qui s'ouvre sur un passage des Alpes, et voit l'implication croissante des cantons suisses les plus hostiles à François Ier, avec la personnalité entière du puissant cardinal-légat Schiner, alors que leur situation se dégrade dans le duché de Milan où il soutiennent le jeune duc Sforza. Tandis que les alliances se nouent et se dénouent, que bourgeois et militaires se disputent, le roi de France négocie avec certains Suisses et parvient à rompre le front uni de ses ennemis. Après l'occupation de Milan par les troupes "françaises" (pour l'essentiel des mercenaires), la bataille devient inévitable. Longue, meurtrière, terrible au regard des critères de l'époque, elle est pour François Ier une sorte de victoire à la Pyrrhus. Il achève bien la conquête du duché de Milan, prépare une alliance durable avec les cantons suisses (même si certains persistent d'abord dans leur hostilité), mais se heurte désormais frontalement aux Habsbourg et sera bientôt défait (et fait prisonnier) à Pavie. Et n'oublions pas cette première leçon de la bataille : "A la guerre, trois choses sont absolument nécessaires, premièrement de l'argent, secondement de l'argent, troisièmement de l'argent"... Grande constante dans l'histoire : "Plus que les charges de cavalerie à Marignan, ce fut la capacité des Français à trouver les sommes colossales nécessaires au paiement comptant des insatiables lansquenets qui ont emporté la décision".

Un livre majeur, indispensable, pour quiconque s'intéresse à la période, ou souhaite en avoir la compréhension la plus large.

Tallandier, Paris, 2015, 510 pages. 24,90 euros.
ISBN : 979-10-210-0330-9.

1515
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Qui Suis-Je ?

  • : Guerres-et-conflits
  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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