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11 mai 2015 1 11 /05 /mai /2015 05:45

La Stratégie de l'action

Général André Beaufre

S'ouvrant sur une assez longue préface de François Géré, cette œuvre donne des axes de réflexion encore valables dans le monde contemporain. Initialement paru en 1966, trois ans après l'opuscule devenu classique Introduction à la stratégie [recension du 19 décembre 2014, ici], La Stratégie de l'action est dès l'année suivante traduite en anglais, et largement commentée dans l’univers anglo-saxon et au-delà. Il est aujourd'hui possible d'en avoir une lecture qui fasse abstraction du contexte particulier de la guerre froide, dans une phase historique où les enjeux nucléaires étaient prépondérants. La France s'efforçait alors de se doter de sa propre force atomique de dissuasion, en s'émancipant de la tutelle américaine. Connu comme penseur de la stratégie nucléaire française, le général Beaufre produit néanmoins sur le phénomène guerrier - dont l'étendue dépasse nettement les seules opérations militaires - une réflexion qui survit pour une large part aux circonstances historiques l'ayant suscitée. Une place centrale est accordée au fonctionnement de la dichotomie dissuasion~action et aux formes multiples en lesquelles peut se décliner cette dernière : "Le concept d'action (…) englobe ainsi toutes les formes d'action, des plus violentes aux plus insidieuses. C'est un concept "total" correspondant à la stratégie totale" (p.53). Le général Beaufre s'efforce de clarifier la distinction devenue de plus en plus équivoque entre politique et stratégie. Une préoccupation majeure, parcourant l'ensemble de son œuvre, est de comprendre le plus finement possible les conditions et les mécanismes ayant conduit à la défaite française de 1940. La manœuvre d'Hitler à partir de 1938 est probablement l'exemple auquel il a le plus fréquemment recours dans sa démonstration. Avec une précision quasi-géométrique, dans un effort d'explicitation de notions complexes par leur rapprochement avec le concret, il expose notamment la hiérarchie, les rapports et les interactions des concepts de base de la stratégie (p.116). S'il fait fréquemment usage, dans son entreprise d'analyse de la situation de la France dans le monde, de la métaphore médico-chirurgicale, l'analogie musicale (le clavier des possibilités d'intervention active par exemple) est également conduite avec une certaine maestria. Emblématique d'une approche rejetant les explications et les modes opératoires trop simples et univoques est son assimilation de la stratégie directe au mode majeur, de la stratégie indirecte au mode mineur. Il indique que toutes deux "en général (…) coexistent et se complètent" (p.122). Influencé par Liddell Hart, mais développant surtout sa propre pensée en prise avec ses responsabilités nationales, Beaufre prône finalement une "stratégie totale sur le mode indirect" (p.144). Il met en garde, dans le domaine de la stratégie opérationnelle militaire, contre les modes et [l]es "idées toutes faites sur la "puissance aérienne", la "puissance navale", la "suprématie du char " ou l'efficacité des aéroportés" (p.124). Même si le livre a été publié durant la décennie 1960, les enjeux du monde actuel semblent dégagés avec une clarté qui traverse le temps. Outre une certaine lucidité concernant le processus de construction européenne, qui en était alors au tout début de sa maturation, il expose des idées fort modernes sur les relations entre économie et stratégie (p.150-151), en lesquelles il voit "les deux disciplines de base nécessaire à notre époque". Dans The Evolution of Strategy : Thinking War from Antiquity to the Present, Beatrice Heuser a récemment exposé (p.460 sq.) comme une étape de la pensée stratégique la substance de ce petit livre peut-être un peu oublié. Il s'agit là d'une juste reconnaissance de sa richesse conceptuelle exprimée dans une langue paradoxalement assez simple.

Candice Menat

Éd. de l'Aube, La Tour-d'Aigues, 1997, 155 p., 16 €

ISBN : 978-2-8767-8344-7.

Réflexion stratégique
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10 mai 2015 7 10 /05 /mai /2015 06:00

L'armée française et l'ennemi intérieur

1917-1939. Enjeux stratégiques et culture politique

Georges Vidal

L'irruption d'une idéologie révolutionnaire et internationaliste à partir de 1917 inquiète légitimement les autorités politiques et militaires. Nous sommes alors en pleine guerre et l'alliance russe est toujours considérée comme essentielle. Et au cours des années qui suivent, compliquant la seule question du communisme en politique intérieure, l'émergence de l'URSS amène sous certains angles à réfléchir les questions de défense à l'aune des rapports de la République au communisme, puisque "la relation de Paris à Moscou se construit et se pense d'abord au prisme des relations franco-allemandes".

Pour analyser ces rapports complexes entre l'institution militaire française (mais aussi la conception politique nationale de la Défense, ce qui est différent) et le mouvement communiste, l'auteur développe un plan globalement chronothématique, qui analyse d'abord le mouvement bolchevique perçu comme "L'instrument de l'Allemagne (1917-1934)", puis observe la question à partir de Paris en terme de politique intérieure ("La France au coeur de la Révolution mondiale (1934-1939)", avant de faire un focus sur la place des questions internationales, et en particulier de la guerre d'Espagne ("Le facteur international, 1936-1939"), et de centrer définitivement son propos sur la défense nationale stricto-sensu ("L'armée dans la lutte contre le communiste"). On retrouve à plusieurs reprises, au fil des événements, la dichotomie entre pensées personnelles des uns et des autres, rapports et comptes rendus des échelons intermédiaires de la hiérarchie, et position officielle de l'institution militaire. Si un certain nombre de cadres et dirigeants s'affirment plus ou moins publiquement personnellement hostiles au mouvement communiste international et à sa section française, l'armée comme institution de la République reste très majoritairement à l'écart des agitations et disputes politiques. Rappelons également que c'est le parlement qui vote les lois et le gouvernement qui adopte les textes réglementaires : à chacun sa part de responsabilité... Les pages consacrées à la période qui entoure les émeutes de février 1934 (globalement 1932-1936) sont intéressantes : elles montrent comment l'armée en tant qu'institution réfléchit à la question de l'insurrection intérieure et se prépare éventuellement à y répondre (on aurait pu citer les réflexions conduites sur le "RETEX" avant l'heure des journées révolutionnaires de 1830 et de 1848, dont on trouve par exemple la trace dans la Revue Militaire Générale). Mais, sauf erreur, ces mêmes pages oublient de préciser qu'immédiatement après le déclenchement des événements du 6 février, dans la nuit, c'est le sous-chef de l'état-major général en personne qui interdit, contre l'avis du ministre de l'Intérieur, aux régiments stationnés dans le secteur de Versailles de venir sur Paris participer à la répression des manifestations dans la capitale, en expliquant que ce n'est pas le rôle de l'armée. Et il peut y avoir ici deux lectures. Par ailleurs, dans la longue période de l'entre-deux-guerres, cette perception de la menace révolutionnaire est fluctuante, car elle est aussi conditionnée par la proximité d'une menace allemande directe plus ou moins nette ou urgente. A partir de 1936, la situation se complique, entre une Allemagne qui se fait plus exigeante et une Espagne en proie à une guerre civile très marquée par les questions idéologiques. Peut-on alors distinguer entre Parti communiste en France et régime soviétique à Moscou ? Certains tentent ce quasi exercice d'équilibrisme intellectuel, généralement sans résultat durable. Comme le précise d'ailleurs l'auteur dès son introduction, "le livre montre une tension entre un philosoviétisme, de nature stratégique et économique, et un anticommunisme, idéologique", que l'on retrouve à plusieurs reprises dans le texte courant. Tension qui peut être d'une intensité variable. Enfin, Paris, au coeur d'une région très industrialisée et où les masses ouvrières sont plus mobilisées, pose un problème particulier en terme de sécurité intérieure, puisque c'est également là que sont installés les principaux centres du pouvoir. On oberve également que "Pétain apparaît plutôt comme un homme d'influence qui apporte sa caution morale à la lutte intransigeante de l'armée contre le communisme".

Un livre très intéressant, qui contribue à l'écriture d'une "histoire politique de l'armée", ou une "histoire de l'armée face aux questions politiques". Comme sur beaucoup de sujets, les choses sont complexes et l'analyse se doit d'être fine. A lire attentivement et à conserver. 

Presses universitaires de Rennes, 2015, 260 pages, 18 euros.

ISBN : 978-2-7535-5620-3.

Lutte contre le communisme
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9 mai 2015 6 09 /05 /mai /2015 06:00

Trois jours en mai

1945, la fin de la guerre en Europe

Pierre Stéphany

Un ouvrage de circonstance sans doute, dont le titre est peu en rapport avec le contenu effectif puisqu'il insiste sur la vie d'Hitler et de ses proches, comme sur le quotidien des populations au cours des derniers mois de la guerre (voire davantage).

En seize chapitres de 15 à 20 pages, Pierre Stéphany propose donc un panorama du la chute définitive du Reich millénaire, avec des aller-retour entre les fronts est et ouest, Berlin et le nid d'aigle du Führer, etc., jusqu'à San Francisco pour la création de l'ONU. Le récit est enlevé, les phrases courtes se succèdent rapidement, les paragraphes brefs s'enchainent. Mais le texte, en multipliant les anecdotes dans des domaines différents, manque de cohérence : où l'auteur veut-il en venir ? Que veut-il finalement raconter ou expliquer ? D'autant qu'ici ou là quelques échos à des histoires plus ou moins romancées sèment le doute (Hitler est-il bien mort à Berlin et n'y a-t-il pas un doute...). Sur de nombreux points, les affirmations sont rapides et Pierre Stéphany cite telle ou telle source (souvent les mémoires des acteurs -en particulier allemands- des événements) sans la critiquer ou l'étudier réellement. Il se contente de citer. Le récit des trois derniers jours qui figurent en titre du livre est donné dans les dernières pages (globalement entre 250 et 300) et l'auteur prend bien sûr en compte les différentes étapes et les différents lieux (Reims, Flensburg, Berlin). Le livre se termine enfin par quelques exemples, dans différents pays, des épurations, et des justices parfois un peu expéditives (mais si peu finalement) lors des libérations.

Finalement rien de bien nouveau, beaucoup de citations et d'extraits d'ouvrages déjà publiés, quelques propos un peu rapides. Un volume qui donne "un-certaine-image" de la fin de la guerre et des souffrances subies par les uns et par les autres. 

Ixelles éditions, Paris, 2015, 351 pages. 23,90 euros.
ISBN : 978-2-87515-253-4.

Mai 1945 (et plus)
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8 mai 2015 5 08 /05 /mai /2015 06:00

1945

Le Monde - Hors-série

Nouvel hors-série du Monde sur un thème historique. Après 1944 ("Les débarquements", "Les résistances", "Les libérations"), voici fort logiquement 1945. Le magazine de près de 100 pages se divise en trois grandes parties : la fin de la guerre à proprement parler (dont beaucoup de photos), les premiers pas la paix retrouvée (en interne et au plan international), et les traces mémorielles (avec une large place consacrée à la shoah et aux résistances). Un volume d'ensemble qui constitue une bonne synthèse de départ grâce à la plume d'historiens de qualité, même si certaines affirmations peuvent (heureusement !) être discutée. 

Fin de la Seconde guerre mondialeFin de la Seconde guerre mondiale
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7 mai 2015 4 07 /05 /mai /2015 06:00

Le génie de mon grand-père. Le capitaine Orcel et la Cie 8/4

Août 1914 - janvier 1916

Michèle Olivier-Poletti

Ecrit par la petite fille du capitaine Orcel, en s’appuyant sur les carnets du capitaine, sur les lettres envoyées à sa femme (la majorité de celles de sa femme se sont perdues) et sur le JMO de la 8/4, compagnie qui dépend du dépôt de Grenoble - 4°RG, ce livre permet d’avoir un aperçu (rare) sur la vie quotidienne d’un capitaine du génie et sur les missions de sa compagnie, entre le 2 août 1914 et le mois de janvier 1916. On apprécie que Michèle Olivier-Poletti fasse se succèder chronologiquement les différents types de documents, dont on fait visuellement la différence par la police d'écriture. Trois périodes différentes marquent la campagne de l’auteur : la guerre de mouvement, de la mobilisation au mois de septembre 1914 ; la guerre de position et la guerre de mines, d’octobre 1914 à septembre 1915 ; l'offensive de Champagne au dernier quadrimestre de l'année 1915. A partir de janvier 1916, le capitaine Orcel est retiré du front pour être affecté à la chefferie de Bourges qu’il quitte en 1919.

Ce livre est une mine d’informations précises sur la vie quotidienne, le fonctionnement et les missions d’une compagnie du génie pendant les premières années de la guerre. Il permet de se rendre compte de l’intensité du travail qu'il faut accomplir, avec des outils assez rudimentaires, pour réaliser des missions toutes plus urgentes les unes que les autres (réparer un pont qui menace de s’effondrer, organiser une position, creuser des abris, creuser un boyau entre le PC de la D.I. et les premières lignes, réaliser un centre de résistance en béton armé, participer aux attaques de l’infanterie, creuser des attaques en mines et des contre-mines pour répondre à l’activité ennemie, etc.), avec des effectifs qui s’amenuisent en raison des pertes (tués, blessés ou malades) et de la fatigue, et dont la valeur opérationnelle décroit car les renforts proviennent en majorité des récupérés et d’anciens soldats du service auxiliaires du génie et d’autres armes. Nous découvrons aussi l’ampleur des responsabilités d’un capitaine, dont la compagnie, en campagne, est une unité autonome qui s’administre elle-même : il traite tous les aspects administratifs, techniques et opérationnels de son unité. Dans le même temps, il dialogue avec le colonel commandant la brigade ou le régiment au profit duquel il travaille, alors que ses interlocuteurs ne connaissent pas tous les conditions d’emploi requises pour une unité de son arme. Dans un tel contexte, et parce que sa crédibilité est liée à l’efficacité de son unité, le capitaine est très directif dans ses ordres techniques et il exerce une pression constante sur ses hommes qu’il  menace même du conseil de guerre en cas d’absence injustifiée au travail ! L’auteure met également en parallèle les carnets du capitaine et les lettres écrites à sa femme. Cela permet au lecteur de prendre conscience de l’importance pour le combattant de savoir que sa famille, à l’arrière, va bien. « D’après cette lettre, je devine ton état d’âme et je ne te cache pas que j’en souffre » (lettre 21 octobre 1914). Quand, en octobre 1915, il menace ses hommes pour obtenir d’eux un complet investissement dans leur travail, il loue, en décembre, dans une lettre à sa femme, la « famille » qu’est devenue sa compagnie : « avec des hommes de cette trempe je suis bien tranquille ». Il s’agit pour lui de rassurer les siens sur son sort, quitte à travestir la réalité.

Le génie de mon grand-père est un livre important, car rédigé par un homme qui exerce un commandement opérationnel dans une arme et à un niveau rarement mis en avant depuis la fin de la Grande Guerre. En alternant documents officiels, journal personnel et lettres familiales, il est par ailleurs très complet et nous ouvre largement les portes du quotidien d'une compagnie du génie. Il passionnera tous ceux qui s'intéressent à la Première Guerre mondiale.

Les Presses du Midi, 2014, 596 pages, 25,- euros.

ISBN : 978-8127-0596-0.

La guerre d'un sapeur
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6 mai 2015 3 06 /05 /mai /2015 06:00

Au service du roi

Dans les coulisses de Versailles

Mathieu da Vinha

En ce troisième centenaire de la mort de Louis XIV, plusieurs ouvrages importants ont été consacrés au roi-soleil et à son règne. Il manquait sans doute cette approche "par le bas".

Excellent connaisseur du palais, dont il est directeur scientifique du centre de recherche, Mathieu de Vinha nous offre un livre tout-à-fait original, qui s'intéresse à ceux qui travaillent et vivent au château. Le livre se présente sous la forme d'une succession de chapitres consacrés à tel ou tel petit ou grand serviteur du monarque et de sa famille, dont de véritables dynasties oeuvrent à Versailles, et que Mathieu de Vinha présente à titre individuel et collectif. Aux côtés de quelques grands noms de la noblesse de France comme le duc de La Rochefoucauld, ou d'un militaire fidèle comme le colonel suisse Pierre Stoppa, il nous fait ainsi découvrir les constructeurs de l'infrastructure, un intendant, un curé, une femme de chambre ou un cuisinier. A des titres divers, ces (plus ou moins) humbles (mais toujours courtisans) peuvent parvenir à établir une relation de confiance avec Louis XIV et ses proches, relations qui peuvent se traduire par de beaux mariages et entraîner un effet "d'ascenseur social" pour toute une famille.

Les amateurs trouveront en fin d'ouvrage une très solide bibliographie. Un livre intéressant, qui complète très utilement et sous un angle original les trois ou quatre ouvrages majeurs récemment publiés sur le roi-soleil et le Grand siècle, tout en donnant vie à un monde généralement passé sous silence.

Tallandier, Paris, 2015, 351 pages. 20,90 euros.
ISBN : 979-10-210-1004-8.

Tout un peuple au château
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5 mai 2015 2 05 /05 /mai /2015 06:00

De Gaulle et Mauriac

Le dialogue oublié

Bertrand Le Gendre

Les deux personnages héros du livre ont marqué leur époque, quel que soit ce que l'on peut penser de leur action ou de leur oeuvre par ailleurs. Le premier est l'homme de Londres et fondateur d'une nouvelle République, le second est prix Nobel de littérature et l'un des grands journaliste de la seconde moitié du XXe siècle. L'introduction précise l'objectif de l'ouvrage : "Figures d'un autre siècle, de Gaulle et Mauriac ne sont pas grands seulement par leur stature, de gouvernant pour le premier, de chroniqueur habité pour le second. Ils le sont par les liens qui les unissent. Tel est le propos, jamais approfondi jusqu'ici, de ce livre".

En six chapitres assez brefs, basés soit sur des événements particuliers soit sur des thématiques plus larges, Bertrand Le Gendre dresse un tableau tout en finesse des relations entre les deux hommes. De l'intervention de Mauriac pour tenter de sauver Brasillach en février 1945, aux événements de mai 1968 et à leurs conséquences, l'auteur souligne les différences réelles entre les deux hommes (parcours professionels et choix intellectuels initiaux en particulier) mais aussi l'admiration à bien des égards réciproque qu'ils se portent. D'ailleurs, s'ils s'estiment, leurs parcours ne deviennent parallèles que tardivement : pendant la plus grande partie de la IVe République, s'ils se rencontrent ponctuellement, ils suivent chacun une voie qu'ils pensent profondément juste et se consacrent à l'écriture. Ils re retrouvent en 1958 ("Trop longtemps, Mauriac a réfréné son gaullisme ... Le héraut a retrouvé son héros"), lorsque Mauriac "renonce" à Mendes-France, et par ses écrits le prix Nobel et journaliste soutient activement le général revenu en politique. Toutefois, il "n'a rien d'un courtisan -il a ses opinions- mais il est en cour" et reconnaît cependant que le chef de l'Etat "l'intimide". Plus encore, paradoxalement presque, il ressort "déçu" de ses entretiens avec le chef de l'Etat, mais n'en continue pas moins à le soutenir. Finalement, ils vont l'un et l'autre se heurter aux événements de mai 1968, qu'ils n'ont pas anticipé et qu'ils ne comprennent pas, ou mal, après les débats qui entourent en 1965-1966 l'affaire Ben Barka.

Après la mort du vieux chef, "le gaullisme sans de Gaulle (devient) un anachronisme", et il reste "la foi. La foi en la France pour de Gaulle, sa religion. La foi en Dieu pour Mauriac, son cap politique". Un livre riche, qui ouvre de multiples pistes et qui, sans pencher dans un sens ou dans l'autre, brosse un tableau original d'une relation atypique.

Fayard Histoire, Paris, 2015, 175 pages, 18,- euros.

ISBN : 978-2-213-67215-1.

Dialogue entre géants
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4 mai 2015 1 04 /05 /mai /2015 06:00

Journal de la campagne du Sinaï

Moshe Dayan

Excellente idée que de remettre à la disposition des lecteurs cet ouvrage de souvenirs personnels de celui qui était chef d'état-major de l'armée israélienne lors de la guerre israélo-arabe.

Le livre s'ouvre sur une préface de Pierre Razoux, qui retrace la carrière de Moshe Dayan, décrit sa personnalité parfois entière ou complexe et rappelle le contexte d'ensemble. Moshe Dayan commence par raconter les événements qui précèdent le début de la guerre, ses nombreuses relations avec la France et le soutien que Paris apporte à l'Etat hébreu. Face à la multiplication des attaques menées contre le territoire d'Israël, un nouveau conflit (en particulier contre l'Egypte) semble inévitable, en dépit du manque de matériels et d'équipements de Tsahal. Les premières pages nous éclairent aussi sur le style de commandement de Moshe Dayan et le type d'opérations de représailles qu'il ordonne contre les Etats voisins. La préparation de l'offensive contre le Sinaï occupe l'essentiel de son temps au cours des semaines qui précèdent (technique, logistique, réserves, emploi des grandes unités, planification, affectations sur des postes-clefs, etc.), sans pour autant ralentir le rythme des opérations locales de représailles (contre la Jordanie également). Le 25 octobre 1956, la décision est confirmée au niveau gouvernemental : "Nos forces entrerons en action le 29 octobre et devront achever la conquête de la péninsule du Sinaï en sept à dix jours. La décision de lancer la campagne aussi bien que le plan prévu se fondent sur le postulat que les forces britanniques et françaises sont sur le point d'intervenir en Egypte". L'offensive franco-britannique sur Suez va être "utilisée" par Israël, mais sans se lier aux Occidentaux et à des objectifs propres. Les matériels livrés par les Français arrivent jusqu'aux derniers moments et permettent de lancer l'action dans la nuit du 29 au 30. Le récit de la campagne à proprement parler commence ainsi au chapitre 5 et, même si Moshe Dayan tient un discours bien évidemment favorable à Tsahal, il ne cache pas un certain nombre de difficultés, d'oppositions internes entre dirigeants israéliens, de cynisme quant à l'analyse des rapports avec la France et la Grande-Bretagne. Il décrit également les opérations aériennes et navales, mais reste particulièrement discret sur les contributions françaises (avions basés à Chypre et repeints aux couleurs israéliennes dans la nuit par exemple, relations avec la Marine nationale également). Il souligne en particulier les problèmes de liaisons entre les unités israéliennes et n'hésite pas à reconnaître le manque de formation de certaines formations (combats d'Umm Shihan, tirs fratricides du côté de Rafah, etc.) tout en commentant la doctrine d'emploi des unités égyptiennes (trop défensive). Outre le Sinaï, il décrit également les opérations contre Gaza (administré par les Egyptiens) et les longues discussions avec les Français et les Britanniques, qui ne sont pas d'accord entre eux sur le déclenchement et le rythme de l'opération Mousquetaire contre le canal de Suez. Quelques lignes sur les milliers de prisonniers égyptiens, dont Israël ne sait pas trop quoi faire ("Heureusement, à cette période de l'année, ils peuvent rester en plein air"), puis vient la phase du dialogue avec l'ONU et de la suspension des opérations actives..., une fois que les objectifs politico-militaires ont été atteints.

Un livre qui tient bien sûren partie de la justification pro domo, mais qui passionnera sans aucun doute ceux qui s'intéressent aux guerres israélo-arabes, aux opérations blindées et parachutistes, ou aux combats dans le désert. Une lecture très intéressante.  

Nouveau Monde éditions, Paris, 2015, 288 pages, 22,- euros.
ISBN : 978-2-36942-174-0.

Guerre de 1956
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3 mai 2015 7 03 /05 /mai /2015 06:00

Incarcérer les collaborateurs

Dans les camps de la Libération, 1944-1945

Laurent Duguet

Sous un régime juridique dérogatoire du droit ordinaire dans le meilleur des cas, parfois arrêtés en dehors de toute règle, des milliers de civils plus ou moins suspectés de collaboration avec l'ennemi sont emprisonnés à la Libération. Ce volume revient sur cet épisode peu évoqué d'une période trouble, même si plusieurs ouvrage ont déjà été consacré à ce thème au cours des dernières années.

Il s'intéresse en particulier à la région provençale dans les mois qui suivent le débarquement d'août 1944 et aborde la question sous l'angle de l'internement administratif, qui permet "d'interner des citoyens pour un temps indéterminé, bien qu'ils ne soient juridiquement coupables d'aucune infraction". C'est donc l'histoire de ces camps d'internement, de ces centres de "séjour surveillé", qu'il nous raconte. Il commence par évoquer brièvement les conditions de "l'épuration incontrôlée" des premiers jours et des premières semaines, puis traite de l'ouverture (parfois difficile) de ces camps, dont il faut réquisitionner terrains et infrastructures, alors qu'il n'existe aucun budget ni pour les aménager ni pour les faire fonctionner. En particulier, au début du livre, avec le souci de fournir à chaque étape des chiffres aussi précis que possible, il compare les situations entre les différentes régions de l'hexagone, comme entre les départements qui constituent la région Provence, et note les fluctuations dans le temps, entre l'été 1944 et les mois qui suivent. Il multiplie également les citations et s'efforce toujours de distinguer les situations bien différentes des Allemands prisonniers, des Italiens dont on ne sait trop s'ils ont été fascistes, soldats ou simples immigrés et des différentes catégories de Français, collaborateurs notoires, pétainistes plus ou moins connus ou victimes de dénonciations abusives voire d'erreurs judiciaires pures et simples. Les conditions de vie quotidienne, dans un pays qui sort de quatre années d'occupation et doit se reconstruire, sont rarement correctes (euphémisme...), qu'il s'agisse des bâtiments, de la nourriture (infecte), des vêtements, de l'hygiène, etc., et les échanges (courriers, colis) avec l'extérieur font l'objet d'une partie solide et référencée. On observe d'ailleurs qu'en de nombreux endroits l'administration se désintéresse presque totalement de ces établissements, surtout durant les premiers mois. Entre gardes et internés par contre, les relations peuvent être relativement proches, l'un des directeurs en venant à interdire "absolument de jouer aux boules avec les internés" ! Les camps ferment les uns après les autres à partir de l'été 1945, les budgets diminuent drastiquement, le personnel est réduit, le matériel manque, et même les responsables et gradés des centres de séjour surveillé peinent à retrouver un poste dans la fonction publique. Comme si un voile "définitif" était jeté sur une période peu glorieuse.

Un volume très intéressant sur un épisode peu connu de la Libération, analysé à travers le prisme d'un situation régionale. Un livre agréable à lire, toujours très bien référencé, qui mérite d'être connu.

Vendémiaire, Paris, 2015, 349 pages, 24,- euros.
ISBN : 978-2-36358-168-6.

Prisons de la Libération
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2 mai 2015 6 02 /05 /mai /2015 06:00

La guerre d'Indochine

De l'Indochine française aux adieux à Saigon, 1940-1956

Ivan Cadeau

Avec une belle régularité, presque méthodiquement, Ivan Cadeau est en train de s'installer comme l'un des spécialistes des guerres d'extrême-Orient. Avec cette vaste synthèse, il confirme la qualité de ses premiers travaux publiés.

En dix chapitres chronologiques, partant de l'Indochine pendant la Seconde guerre mondiale, il nous entraîne à travers toute la guerre jusqu'à ce printemps 1956 où "la France s'en va sans grandeur". Le propos est mesuré, les nombreuses citations sont équilibrées et l'on apprécie au final les quelques 80 pages de notes, références et bibliographie. Des grandes opérations en événements majeurs, passant de Leclerc à Hô Chi-Minh, de Lattre, Salan, Navarre ou Ely, sans oublier les cadres de contact et le commandement intermédiaire, pas plus que les simples soldats et les populations locales, passant du politique au tactique, ou du diplomatique au stratégique,de l'opération Léa aux "trois cents derniers jours du Tonkin", Ivan Cadeau nous offre une vaste fresque très complète. Pas de révélation, peu de nouveautés dans le livre, mais un tableau équilibré et convaincant, qui évite en particulier les écueils de l'hagiographie inutile.

A connaître et à conserver. Un solide livre de référence, que l'on garder à portée de la main pour pouvoir toujours s'y reporter pour une vérification ou une orientation bibliographique. 

Tallandier, Paris, 2015, 620 pages. 26,90 euros.
ISBN : 979-10-210-1019-2.

Vaste synthèse
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Qui Suis-Je ?

  • : Guerres-et-conflits
  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

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Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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