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26 juillet 2015 7 26 /07 /juillet /2015 06:00

Carnets et lettres de guerre

Campagne d’Italie, de Provence et des Vosges (janvier-novembre 1944)

Jean Vaugien - Jean Albouy

Edités par Gauthier Langlois, leur petit-fils et petit-neveu, voici les souvenirs de campagne de deux beaux-frères issus du milieu des officiers des Affaires indigènes au Maroc et placés au commandement d’une unité des Goums marocains. Pour le premier, Jean Vaugien, il s’agit de la retranscription de ses carnets de guerre, pour le second, Jean Albouy, des lettres qu’il adressait à sa famille. Deux types de documents complémentaires donc, rédigés à la même période, parallèlement, par deux jeunes hommes proches l’un de l’autre, familialement, culturellement et « militairement ». C’est dire l’intérêt de ce témoignage croisé. L’ouvrage est organisé en trois grandes parties. Les deux premières, « Campagne d’Italie » et « Campagnes de Provence et des Vosges », sont constituées par les carnets de Jean Vaugien ; la dernière est complétée par les lettres de Jean Albouy, entre le 26 mai 1940 et le 1er novembre 1944.

Les carnets de Jean Vaugien nous renseignent sur le quotidien d’une unité des Goums marocains, les rapports entre les officiers et la troupe, leur état d’esprit et leur emploi. Ils sont également précieux pour ce qui est du regard qu’un officier français, dont l’armée renoue avec la victoire, porte sur l’Italie et les Italiens mais aussi sur les alliés. Il ne cache pas son admiration pour l’armée britannique, mais exprime à plusieurs reprises ses réserves sur les Américains. Dès le débarquement près de Naples, la pauvreté et la misère sautent aux yeux et, si les paysages, sites et monuments restent exceptionnels, les conséquences de la guerre dans les villages de l’intérieur sont particulièrement visibles. Au fil de ses notes presque quotidiennes, il raconte par exemple la destruction de l’abbaye de Monte Cassino, « transformée en véritable place-forte » par les Allemands, sous l’action de « plus de trois cent bombardiers en piqué [qui] l’ont réduite à un amas de ruines ». Après une brève période de repos vient le temps, en dépit de la vive résistance allemande, de la progression vers Rome. Le 19 mai : « Réveil à 3 heures et demi. Nous sommes prêts à partir. Les mulets sont trop chargés. Quinze sur vingt-huit sont blessés. Les hommes sont très fatigués. En outre le ravitaillement n’est pas arrivé. On marchera quand même ». Par les hauteurs, de piton en crête, d’accrochage en contre-attaque, les goumiers parviennent dans la capitale italienne : « Naples est la ville sale et dépravée. Rome est la ville propre, chic, digne. Quel plaisir de voir quelque chose de correct pour une fois en Italie … Les Français dans la rue se tiennent très bien, les Anglais encore mieux. Les Américains aussi mal que partout ailleurs. Les Français sont à l’honneur, la police est française, les drapeaux français sont nombreux ». Les combats ne sont pas finis pour autant et les assauts se succèdent jusqu’en juillet. C’est alors l’embarquement pour la Corse (« J’espérais mieux. En dehors d’Ajaccio, c’est tout à fait le bled marocain » écrit-il aux premiers jours, avant d’ajouter par la suite : « Après un premier contact un peu décevant, je découvre les uns après les autres tous les aspects particuliers qui font le caractère et le charme d’un pays », puis du petit village où il est stationné « Ce petit village est très Clochemerle. Tous les gens s’y mangent le nez. Les filles sont sauvages et en général pas très jolies, mais gentilles. Il y a beaucoup de vieux et de vieilles habillées de noir qui marchent pieds nus et qui parlent à peine le français. Nous avons la grosse cote parce que nous réunissons les deux qualités d’être du continent et d’être des combattants d’Italie ». Les observations sont parfois retranscrites de manière un peu "brutes" mais c'est la contrepartie de ce type de document, et elles se succèdent ainsi au fil de la poursuite de la campagne, avec le débarquement de Provence puis la libération de Marseille en août, la remontée à travers les Alpes et vers la Franche-Comté en septembre et jusqu’aux derniers combats à la tête de son unité dans les Vosges au début du mois d’octobre dans le secteur du col de Xiard (ces dernières parties plus rapidement survolées). Le récit cède alors progressivement la place aux lettres de Jean Albouy à ses parents qui, en quelque sorte, poursuivent la description (avec moins d’intérêt toutefois nous semble-t-il) pendant quelques semaines.

A la fin du livre, Gauthier Langlois ajoute, outre une sélection de photos originales, quelques très intéressantes annexes (organigrammes), dont un bel état des sources et de la bibliographie (incluant de nombreux témoignages antérieurement publiés sur les Goums). Un beau et bon témoignage, qui mérite d’être connu, sur les combats des Goums marocains en 1944.

Editions Lavauzelle, Panazol, 2015, 232 pages. 22,30 euros.

ISBN : 978-2-7025-1629-4.

Goums
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25 juillet 2015 6 25 /07 /juillet /2015 06:00

Taybeh

Dernier village chrétien de Palestine

Falk van Gaver et Kassam Maaddi

Un an de la vie du dernier village chrétien de Palestine, petite communauté d’un peu plus d’un millier d’âmes regroupée autour de ses églises. Une vie au rythme du calendrier liturgique et des saisons, là où le Christ lui-même aurait brièvement trouvé refuge « avant l’ultime Pâques ».

Lorsque les souffrances endurées par les Chrétiens d’Orient font ponctuellement la Une des grands médias, on nous parle de massacres et d’exil forcé. Ce petit livre, en se plaçant au raz du quotidien des villageois, nous présente certes les difficultés et les rigueurs de la vie, dans un environnement de plus en plus hostile, mais aussi les joies, les plaisirs, les souvenirs des habitants sur un cycle d’un an entre septembre et août. Les difficultés, mais aussi la foi profonde des ces authentiques palestiniens. Entre saint Elie et saint Georges, saints patrons du village, l’existence semble immuable : « Il y a trois Taybeh : le Taybeh là-bas au village, le Taybeh ici au cimetière, et le Taybeh là-haut au ciel. Tous viennent du village, tous finissent au cimetière, prions pour que tous aillent au ciel ! ». On produit de la bière (il y a même une Oktoberfest locale !) mais surtout de l’huile d’olives à Taybeh, et ces travaux servent de supports pour nous présenter la vie quotidienne aux premiers chapitres, avant que n’arrive la période de Noël, au cours de laquelle les scouts animent la grande procession avec leurs cornemuses, étonnantes dans cette région (quoi que l'on en retrouve également dans la Garde jordanienne, héritière de l'Arab Legion). Le long mois de janvier est propice aux histoires anciennes, tradition orale entretenue par les plus âgés, qui ancrent le village dans une histoire millénaire et mouvementée, jusqu’aux épisodes les plus récents : « En ce qui ne s’oppose pas avec notre saint évangile, qui est notre constitution…En 1988, alors que la première Intifada bat son plein, les habitants de Taybeh sont en situation d’autonomie de fait sous l’occupation militaire israélienne. Afin de gérer la vie publique du village, la communauté taybaouie édicte un code qui est en quelque sorte la constitution autonome de la commune : le code d’honneur de Taybeh ». Février, mars, avril… Les mois s’écoulent toujours rythmés par les travaux agricoles et la tradition religieuse, avec un Christ reconnu (de façon bien sûr différente de celle de la religion chrétienne) par l’Islam traditionnel : « C’est un enfant du pays, il est de Nazareth, en Galilée. Et puis, sa mission est très simple, c’est une mission de paix et de justice. Avec ses paraboles, il parle comme un poète. Le Christ est un état poétique à lui tout seul ». Et l’agression peut venir aussi bien d’un intégriste musulman que d’un traditionnaliste juif. Parler de « village chrétien » ne doit pas faire oublier la diversité des Eglises : pas moins de trois rites sont officiellement représentés, catholique, grec orthodoxe et melkite, contribuant à la complexité de cet Orient qui nous étonne toujours et auquel les auteurs consacrent de longues pages : « Il faut savoir qu’ici les grecs orthodoxes sont appelés ‘Roum Orthodox’, c'est-à-dire littéralement ‘orthodoxes romains’, ou simplement ‘Roum’, « Romains’ ; les grecs catholiques melkites sont appelés ‘Roum Katholik’, ‘catholiques romains’ ou simplement ‘Katholik’, ‘catholiques’ ; et enfin les catholiques romains sont appelés ‘Latin’, ‘latins’… Bref, ici, tout le monde est romain ! ». Avec le retour des beaux jours, « fleurissent les grenadiers et les roses trémières » sur cette terre aride mais paradoxalement riche d’une grande diversité de fleurs, d’herbes aromatiques, d’arbres nourriciers, avec de nouveaux témoignages d’habitants sur le quotidien de chacun pendant les mois de juin et de juillet, cette recommandation pressante aux plus jeunes : « Ceux qui reviennent d’Amérique ne sont pas intéressés par le village et ils vendent leurs terres, mais il ne faut pas que les gens de Taybeh le fassent : Aimez votre village ! Protégez-le ! Ne le vendez pas ! ». Et cet modeste espoir : « Ce que je souhaite aujourd’hui, c’est que la tranquillité et la joie d’avant reviennent. Même si c’est avec la pauvreté, ce n’est pas grave ! ».

Pas de discours militant ici, mais le sobre récit de tranches de vie, d’expériences passées et actuelles, de moments de joie et de peine. Qui n’en font que faire ressentir avec plus de peine encore les grandes évolutions de la « haute politique ».

Editions du Rocher, Monaco, 2015. 17,90 euros.

ISBN : 978-2-26807-642-3.

Chrétiens d'Orient
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24 juillet 2015 5 24 /07 /juillet /2015 06:10

Le duc de Wellington

Pourquoi Napoléon ne pouvait que perdre

Henri Bernard

Voici presque une biographie du vainqueur de Napoléon Ier car, si le cœur du livre est bien centré sur la campagne de Belgique de 1815 et l’ultime bataille de l’empereur, l’auteur nous présente la vie et la carrière de son héros aussi bien avant ces événements qu’après.

Après avoir expliqué pourquoi il a choisi de rédiger ce livre (liens géographiques, historiques, économiques et culturels entre les territoires « belges » et le Royaume-Uni, oubli général de Wellington parmi les grands capitaines souvent cités, etc.), l’auteur rappelle que le général anglais, surnommé « le duc de Fer », fut invaincu : il a pu « subir un échec local, mais toutes ses campagnes ont été victorieuses ». Il est par ailleurs présenté comme d’une honnêteté morale absolue : « S’il ne déteste pas les honneurs, il les conquiert par son seul mérite. Il est simple, frugal, modeste. Il ne vit que pour le devoir, dans le sens de la patrie ». L’ouvrage est divisé en trois grandes parties : d'abord « 1769-1815 », qui permet de suivre toute sa carrière militaire des Indes au Portugal, en Espagne et dans le sud de la France ; puis « La campagne de 1815 » en Belgique au sujet de laquelle il note dès le début « la faillite de la liaison et de la transmission » des ordres ; et enfin la période ultérieure, « 1815-1852 », qui voit Wellington s’activer pour ne pas humilier la France vaincue, y compris dans les négociations sur les indemnités financières à verser aux Coalisés. Un exemple que l’on aura bien oublié en 1919… Après son retour à Londres à la fin de l’année 1818, conservateur attaché au mode de gouvernement parlementaire britannique qu’il considère comme nettement supérieur à tout autre, il est diplomate, artisan de la stabilité européenne post Congrès de Vienne, brièvement commandant en chef de l’armée au début de 1827, puis à nouveau à partir de 1828, période au cours de laquelle il pousse à la réintégration des catholiques dans la vie officielle anglaise et favorise la naissance d’un royaume de Belgique dont l’indépendance est en particulier garantie par la Grande-Bretagne. Lors de ses grandioses funérailles en 1852, « c’était l’Europe de 1815 qui rendait un suprême hommage à celui qu’elle avait choisi pour conduire sa dernière bataille. C’étaient les Alliés qui se retrouvaient après trente-sept ans d’intervalle ». Entre les pages 191 et 332, Henri Bernard concentre donc son attention sur la campagne de 1815. Il insiste sur la nécessité d’une bonne connaissance de la réalité du réseau routier de l’époque pour analyser les mouvements des armées en présence afin de pouvoir porter un jugement sur les deux commandants en chef et, après avoir présenté les belligérants, détaille avec la plus grande précision les journées du 15 au 18 juin, heure par heure. Le parti pris de l’auteur est assez net (à propos de Ney au soir du 15 juin : « un homme aussi exalté et aux moyens intellectuels aussi limités que le prince de la Moskowa ... », affirmation pour le moins caricaturale), mais sa démonstration, cohérente, est intéressante à plus d’un titre. Le lecteur français, même le plus « napoléonien », y trouvera de nombreuses informations en particulier sur les mouvements des unités (régiments, brigades, divisions) des Coalisés, dont la connaissance permet effectivement de revisiter l’analyse parfois portée sur les événements.

Un livre en quelque sorte « hommage » au vainqueur de l’empereur, par un auteur qui ne cache pas son estime pour lui et son amitié pour l’Angleterre. Un livre dense, riche, bien informé. A connaître indiscutablement.

Editions Jourdan, 2015, 388 pages. 20,90 euros.

ISBN : 978-2-87466-357-4.

Waterloo autrement
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24 juillet 2015 5 24 /07 /juillet /2015 06:00

Pas de pause pour la Chouette

cet été !

Entre le site et la page FB, la Chouette a le plaisir de recevoir quotidiennement entre 3 et 4000 visites, parfois davantage, selon les jours et les thèmes développés. Nous y sommes très sensibles. Pour vous remercier pour votre fidélité, nous allons nous efforcer de ne pas cesser un seul jour de mettre en ligne de nouveaux billets en août. Ce choix, plus lourd en période estivale, nous vous le devons.

Pour concrétiser votre confiance, n'hésiter jamais à relayer largement nos billets, nos présentations, nos analyses, nos critiques. Plus de 300 présentations de livres et de revues ont été mises en ligne depuis le début de l'année, plus de 4000 infos relayées sur la page FB. La Chouette passe de longues heures le bec dans les pages des livres pour vous, pensez à faire connaître le site et la page dédiée : twittez, likez, partagez massivement et quotidiennement !

Merci !

Pari pris, pari tenu !
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23 juillet 2015 4 23 /07 /juillet /2015 06:00

Les aventuriers du Missouri

Sacagawea, Lewis et Clark à la découverte d'un nouveau monde

Daniel Royot et Vera Guenova

Au tout début du XIXe siècle, l'expédition dite "de Lewis et Clark" ouvre la longue progression des Euro-Américains vers l'Ouest. Elle est totalement entrée dans la mémoire américaine, dans "la geste" mythifiée de la "Conquête", et son bicentenaire a été très largement célébré il y a quelques années.

Voici donc le récit très complet de cette expédition, qui met en lumière et en valeur la place et le rôle de Sacagawea. Jeune indienne issue d'une petite tribu des Rocheuses, cédée à un trappeur canadien puis recrutée comme interprète pour l'expédition. Les premiers chapitres nous présentent ces nations indiennes fin XVIIIe - début XIXe siècles, que l'on connait finalement fort mal en Europe, puis les premiers efforts de la jeune nation américaine pour porter ses regards au-delà des 13 colonies originelles et ensuite au dessus du Mississippi. Il s'agit bien d'une volonté présidentielle : "L'expédition d'une incroyable audace qui va affronter cette terra incognita est organisée par Jefferson lui-même". Au cours de l'expédition, dont les différents membres sont présentés, on croise fréquemment des Français, parfois métis d'Indienne et coureurs de la prairie, qu'ils viennent du Canada voisin ou de la Louisiane qui vient d'être cédée par Napoléon Ier aux Etats-Unis. Après l'installation à l'automne précédent d'un poste sur la Knife River et le recrutement de quelques Indiens ainsi que de la fameuse Sacagawea, la colonne du "Corps de la découverte" démarre au printemps 1805. La traversée jusqu'aux Rocheuses est difficile et les auteurs nous font revivre le quotidien de cette petite communauté dans les immensités de l'Ouest américain, dans sa progression comme dans ses rencontres avec les tribus indiennes, qui se battent parfois entre elles et avec lesquelles les négociations sont parfois compliquées. Au terme de leur périple, Lewis et Clark reviennent vers l'Est : "Clark juge la faune de Washington plus redoutable que les hordes de loups des Grandes Plaines". Dans un environnement désormais compliqué par les ambitions et les espoirs de profits, sur fond de négociations avec les Indiens, de règlements de compte, d'incursions des Britanniques venus du Canada, tandis que notables locaux, fédéraux et tribus s'opposent. Désormais, les Européens, et en particuliers les représentants des compagnies qui assurent la traite des peaux, sont de plus en plus nomreux dans les Grandes Plaines. Une époque s'est indiscutablement terminée avec l'expédition de 1804-1806.

Un récit d'aventures, de trappeurs, d'exploration, parfaitement authentique mais qui ressemble aussi aux romans pour adolescents. Quand la réalité est encore plus surprenante que la fiction. 

Editions Vendémiaire, Paris, 2015, 313 pages, 20,- euros.

ISBN : 978-2-36358-178-5

Début de la conquête de l'Ouest
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22 juillet 2015 3 22 /07 /juillet /2015 06:00

Singulière noblesse

L'héritage nobiliaire dans la France contemporaine

Eric Mension-Rigau

L'un de mes camarades exprime souvent, au deuxième degré, l'idée que la page la plus pertinente du Figaro est celle qui présente les annonces de mariages, naissances et décès dans la "bonne société". Plus trivialement, la présence dans les magazines "people", voire dans des périodiques spécialisés qui leur sont exclusivement consacrés, des monarques, héritiers, prétendants et nobles d'hier et d'aujourd'hui reste une perpétuelle source d'étonnement. Mais si j'ai tendance à considérer qu'un maréchal d'empire mérite davantage ses titres qu'un "héritier" qui n'a connu que l'effort de naître, je préfère néanmoins un authentique aristocrate qui considère toujours que "noblesse oblige" à un bourgeois parvenu qui étale ses Rolex (avant 50 ans ?). Le sujet, en tout cas fait toujours parler...

En trois grandes parties ("Un monde de mémoire", "L'attraction du pouvoir" et "Les arbitres des élégances"), Eric Mension-Rigau nous fait donc pénétrer dans l'histoire récente de ces familles, leurs évolutions, leurs difficultés parfois, leurs exigences personnelles souvent. Il s'intéresse essentiellement au XXe siècle, mais remonte parfois jusqu'au XIXe. Dans la première partie, le récit des efforts entrepris pour conserver tel ou tel château est d'autant plus intéressant que des situations très différentes sont évoquées, différences également entre les propriétaires eux-mêmes, plus ou moins aisés, plus ou moins titrés, ... ou pas du tout, mais se prenant parfois au jeu dès lors qu'ils sont propriétaires d'un château. De même, les évolutions sociétales touchent la noblesse traditionnelle tout autant que les autres catégories de la population et le rapport des plus jeunes à leur histoire familiale à tendance à s'affaiblir, quand ils n'en conservent pas que les aspects snobinards ou caricaturaux. Dans la seconde partie, le paradoxe du service des armes et de l'Etat est résumé par une citation de Jean d'Ormesson : "Nous disions tout le mal de la France que nous pouvions, mais il était de bon ton d'aller se faire tuer à son service", et l'auteur donne un peu plus loin l'exemple de "la famille Le Pelletier qui, avec ses deux branches de Glatigny et de Woillemont, rassemble onze générations d'officiers de Louis XIV à nos jours", sans distinction de la forme de gouvernement. Servir devient plus important que l'adhésion à un pouvoir particulier. Chiffres à l'appui, il témoigne également que les représentants des familles titrées sont en pourcentage encore plus nombreux au Quai d'Orsay, et de façon générale encore très présents dans la haute administration. L'auteur s'intéresse également à la question du mariage et au concept de "dérogeance" : "La noblesse a toujours fait des mariages avec la bourgeoisie riche pour redorer son blason. La haute noblesse est la plus mâtinée : plus vous allez vers la hauteur, plus vous avez de sang bourgeois, plus vous descendez, plus vous avez de sang bleu". Viennent alors dans la troisième partie les sujets liés à l'éducation, à la culture, au savoir-vivre : "Le bal des Débutantes, réapparu en 1992 à l'hôtel Crillon, place de la Concorde, et organisé pour la vingt-deuxième année en 2014, est à cet égard exemplaire. S'il prétend s'inscrire dans la tradition d'un art de vivre à la française, il flirte en réalité avec Hollywood et tourne le dos à la noblesse". L'évolution des jeunes générations n'est pas fondamentalement différente de celle de leurs camarades des mêmes universités ou grandes écoles, surtout si la famille conserve de solides moyens financiers... Finalement, on parle autant d'argent que de comportement et de savoir-être dans ce livre, qui se termine presque sur une longue liste de nobles occupant des postes de direction dans la banque, le monde industriel, le MEDEF, mais aussi parfois dans le sport ou le monde des arts.

Un livre dense, solidement référencé et qui donne beaucoup d'informations. Au bilan, un "déclassement" relatif, culturel plus que social, de plus en plus rapide semble-t-il, en dépit de certaines "poches de résistance", pour lesquelles la notion de devoir(s) reste une réalité Et je préfère toujours mon maréchal d'empire.

Fayard Histoire, Paris, 2015, 377 pages, 20,- euros.
ISBN : 978-2-213-67086-7.

Que reste-t-il de la noblesse ?
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21 juillet 2015 2 21 /07 /juillet /2015 06:00

Défendre la France au XXIe siècle

IHEDN

Un ouvrage institutionnel, qui dit donc tout le bien qu'il fut penser des choix effectués en matière de politique de défense, mais qui présente néanmoins l'intérêt d'offrir un tableau très large de la situation.

Une préface du secrétaire général du SGDN, une introduction du directeur de l'IHEDN, une grande partie des contributions par des institutionnels civils et militaires : il ne faut pas attendre de cet ouvrage des propositions novatrices ou une critique aussi modérée soit-elle de telle ou telle évolution. L'essentiel y est très descriptif. Par contre, les amateurs et les étudiants y trouveront indiscutablement une présentation de "l'état de l'art" aujourd'hui. Le texte sur la politique européenne de sécurité et de défense est à cet égard significatif, parlant pudiquement de "l'émergence de l'Union européenne comme un acteur de la sécurité dont les ambitions et le rôle ne cessent de s'affirmer". Une réalité ou un souhait ? De même, c'est à la directrice du German Marshall Fund de Paris qu'a été demandé la contribution sur la solidarité atlantique ;  au général Paloméros (commandant de la Transformation de l'OTAN à Norfolk) celle sur "La France dans l'OTAN", au vice-amiral directeur de la DCSD au ministère des Affaires étrangères celle sur "Les accord en matière militaire et de défense", ou au contrôleur général directeur des ressources humaines du ministère celle sur le recrutement. Même si le général Desportes fait entendre une petite voix originale en rappelant que "les surprises sont de plus en plus fréquentes" (ne l'oublions pas), l'orientation générale du volume est donc claire. Toutefois, et c'est là que réside tout son intérêt, chaque article présente un point de situation précis sur un aspect particulier, avec des références réglementaires, des chiffres, souvent une bibliographie ou les références des textes officiels.

Un volume à considérer avec intérêt pour ce qu'il est : l'expression (utile car tout y est synthétisé) de la position officielle dans le domaine de la défense et de la sécurité intérieure. Sans illusion, mais sans oeillères non plus. 

Economica, Paris, 2015, 316 pages, 23,- euros.

ISBN : 978-2-7178-6786-2.

Tour d'horizon
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20 juillet 2015 1 20 /07 /juillet /2015 06:00

Seul contre tous

Cent jours avec Napoléon

Laurent Joffrin

Des sentiments partagés à la lecture du livre. Suffit-il d'être un journaliste célèbre presque quotidiennement présent sur les plateaux de télévision pour commenter l'actualité du jour pour rédiger un bon livre d'histoire ? L'auteur est d'ailleurs parfaitement réaliste : "On dit souvent que les journalistes sont les historiens du temps présent. Affirmation présomptueuse, tant le manque de temps rend fragiles les comptes rendus à chaud. Aussi scrupuleux soient-ils, les journalistes travaillent dans l'urgence. Seul les historiens ont le recul indispensable et l'accès aux documents... Nous, journalistes, sommes des témoins informés, ni plus ni moins. En revanche, nous pouvons nous appuyer sur le travail des historiens". Laurent Joffrin fait donc le choix de raconter comme un témoin "un drame plein de surprises, d'ironie et de violence".

Il nous propose donc un ouvrage honnête, dans lequel l'amateur éclairé n'apprendra rien de particulier, mais qui convient parfaitement pour une bonne introduction estivale à cette brève et si intense période de notre histoire. En dix chapitres qui racontent l'étonnant "vol de l'aigle" de février à juin 1815, nous suivons pas à pas l'empereur. Le récit est vivant, prenant, parfois haletant. Les angles d'approche sont variés et si les événements sont globalement bien décrits, on apprécie de passer de l'anecdote locale ou ponctuelle à la réflexion stratégique ou politique plus large. Un certain (même s'il reste discret) "souffle épique" trouve sa place dans le choix des qualificatifs et l'on se surprend à rêver : on est aux côtés du lieutenant Legros à l'assaut de la ferme de Hougoumont, ou avec l'empereur lui-même lorsqu'il déjeune seul au château de Beaumont. Et puis, en journaliste expérimenté, Laurent Joffrin met aussi en relief ce "hasard" (la chance, les coïncidences, les opportunités saisies ou manquées, etc.) qui fait basculer une aventure vers la gloire ou l'effondrement.

Bref, il ne s'agit pas d'une nième histoire renouvelant éventuellement tout ou partie des Cent Jours, mais d'un volume d'été facile à lire et agréable, qui séduira sans doute par une douce après-midi, à l'ombre d'un pin parasol. 

Tallandier, Paris, 2015, 239 pages. 19,50 euros.

ISBN : 979-10-210-070-5.

 

Embedded
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19 juillet 2015 7 19 /07 /juillet /2015 07:00

Guadalcanal

Cactus Imperial Air Force contre Marine impériale (1)

Bernard Baeza

La bataille de Guadalcanal, dans les îles Salomon, qui survient peu après celle de Midway, se prolonge pendant plus de six mois à partir de l’été 1942. Elle se traduit pour les Japonais par la perte de l’essentiel des forces terrestres engagées et pour les deux belligérants la disparition de dizaines de navires et de centaines d’avions. Elle marque enfin le début d’un lent reflux de l’armée nippone dans le sud-est asiatique. C’est dire son ampleur et son importance, d’autant que l’auteur prend en compte les combats pour Rabaul et les îles Salomon orientales.

Dans ce volume 1, Bernard Baeza nous décrit avec un luxe de précisions les opérations qui se déroulent entre la fin du mois de juillet et la mi-novembre 1942. Si les opérations aériennes sont naturellement privilégiées, l’auteur prend tout-à-fait en compte qu’il s’agit d’opérations combinées associant les trois armées : il n’oublie ni l’armée de terre, ni la marine de part et d’autre et sait replacer ces combats dans le cadre plus large du théâtre d'opérations. Après la description de la situation initiale en juillet 1942 et des forces en présence, Bernard Baeza divise son étude en sept grandes parties chronologiques, de la première attaque américaine au début du mois d’août jusqu’aux renforcements et à la relative pause dans les opérations imposée aux belligérants par les contre-offensives japonaises et les combats meurtriers de l’été et de l’automne. Le travail, nous l’avons dit, est d’une remarquable précision, jour par jour, parfois heure par heure, paradoxalement presque trop fouillé : on finit par se perdre dans les identifications des moindres unités, d’appareils, de pilotes, les déplacements, les renforcements, etc., et on en vient à regretter que chaque partie ne se termine pas par une synthèse en quelques lignes qui reprenne l’essentiel des pages précédentes. En dépit de cette réserve, il s’agit, on l’aura compris, d’une étude quasiment exhaustive qui permet aussi au lecteur d’identifier les qualités et les défauts des deux armées qui se font face et de s’interroger sur les tactiques mises en œuvre.

Comme toujours, le volume présente une riche iconographie souvent très originale (plusieurs centaines de photos), de nombreuses cartes détaillées, des profils de tous les appareils engagés et les bilans des missions, des victoires homologuées et des pertes subies par les escadrilles alliées et japonaises. Les nombreuses sources (témoignages, archives primaires, ouvrages antérieurs français, anglo-saxons et japonais) sont précisées dans les dernières pages.

Un ouvrage sans doute indispensable, en dépit de son prix, pour quiconque veut travailler sur la guerre du Pacifique.

Lela Presse, Le Vigen, 2015, 377 pages, 59,- euros.

ISBN : 978-2-914017-83-1.

Coup d'arrêt
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18 juillet 2015 6 18 /07 /juillet /2015 06:00

Mémoires

Erich von Manstein

Présentation par Pierre Servent

Après une biographie du maréchal Manstein (ici), Pierre Servent nous propose une édition des mémoires du maréchal allemand. L’intérêt est donc incontestable pour tous ceux qui se passionnent pour la Seconde guerre mondiale.

Ces souvenirs ne concernent pas l’ensemble de la carrière de von Manstein, mais uniquement la période 1939-1944. Ils commencent avec la présentation de la connaissance que les généraux allemands pouvaient avoir des desseins d’Hitler à l’égard de la Pologne, et se terminent avec son départ du front de l’Est en 1944. Avec toutes les réserves que l’on doit faire sur la véracité ou l’authenticité des témoignages rédigés longtemps après les faits, ce volume de souvenirs est donc important. Manstein multiplie les affirmations selon lesquelles il n’aborde que l’aspect militaire de ses liens et relations avec les dirigeants du IIIe Reich et Hitler lui-même et qu’il n’entre pas dans les questions politiques, idéologiques ou « philosophiques » (sic !), ce qui est un peu facile a postériori. Il présente par exemple sa version de l’élaboration et de la présentation au Führer du plan de campagne à l’Ouest au tout début de l’année 1940, revient sur l’ordre d’arrêt donné aux divisions allemandes par Hitler devant Dunkerque et traite assez longuement des préparatifs (tardifs et approximatifs) d’invasion de l’Angleterre à l’été, ce qui lui permet de tailler quelques croupières à Goering (il a également des mots très durs pour le chef de la Luftwaffe à l’occasion de son récit de la bataille de Stalingrad et plus généralement de sa description de la situation à l’Est) : « L’intention de conquérir la maîtrise de l’air au-dessus de l’Angleterre par une guerre aérienne isolée, commençant huit jours avant la première date prévue pour l’invasion, constitue une faute de commandement ». La seconde partie importante est le récit de la campagne de Crimée, qui constitue le deuxième titre de gloire de Manstein. Outre la description des opérations, on relève en particulier sa présentation des relations avec la 3e armée roumaine qui lui est subordonnée (et donc sur les relations entre alliés de « consistance » différente pendant une campagne). On note également l’importance des moyens d’artillerie mis à sa disposition, y compris l’artillerie très lourde, dont « la célèbre Dora de 800 mm. Celle-ci avait été prévue, à l’origine, pour agir contre la ligne Maginot. C’était un miracle de technique ». Sa position à l’égard du rôle qu’Hitler s’obstine à vouloir tenir comme commandant en chef est à la fois claire et ambigüe. Nul doute qu’il n’y ait été de plus en plus hostile, mais il sait aussi se mettre en valeur et se retirer dès qu’il est question d’une opposition frontale : « Mon but était d’obtenir que, tout en demeurant nominalement commandant suprême, il se décidât à confier pratiquement la directions des opérations militaires sur tous les théâtres à un chef d’état-major responsable devant lui, et à nommer un commandant en chef particulier sur le front oriental … Ces tentatives […] furent spécialement délicates pour moi, Hitler sachant fort bien que de nombreuses autorités de l’armée eussent désiré me voir occuper moi-même ces fonctions … Je n’ai pas l’intention de parler ici d’un changement par la force dans le gouvernement du Reich, ni de la tentative faite en ce sens le 20 juillet 1944 ». Le troisième point enfin faisant l’objet de longs développements est « La tragédie de Stalingrad », au sujet de laquelle il explique comment il aurait fallu faire, ce qu’il a proposé, et pourquoi selon lui l’armée Paulus n’a pas été sauvée. Il détaille en particulier tous les débats autour de la tentative de percée (4e et 6e Armées) et de la journée cruciale du 19 décembre, mais s’attarde aussi sur des considérations plus larges à propos de la reddition finale de Paulus, de ses responsabilités et de ses rapports avec l’OHL et Hitler. Les 150 dernières pages racontent enfin les opérations de 1943-1944, les difficultés croissantes de l’armée allemande (vues comme le reste du texte au niveau d'un commandant d'armée ou de groupe d'armées, on n'aborde que rarement les niveaux inférieurs à la division), l’abandon progressif du terrain conquis jusqu’au Caucase, permettant à Manstein de mettre en valeur les « principes militaires allemands qui ont fait leurs preuves : conduire les opérations d’une manière mobile et souple, laisser le plus de marge possible à l’initiative et à l’autonomie des chefs de tout grade. Ces principes, il est vrai, étaient en opposition complète avec les conceptions de Hitler ». On constate d’ailleurs, si l’on suit le maréchal allemand, que son opposition aux décisions du Führer ne fait alors que croître. La bataille de Kharkov, l’opération Citadelle et les combats dans le bassin du Donetz constituent alors le cœur du récit des opérations, Manstein se justifiant systématiquement de l’insuccès de telle ou telle action en plaçant les responsabilités au niveau du commandement en chef et d’Hitler. Tout espoir de victoire échappe définitivement aux Allemands : « L’année décisive, 1943, s’était écoulée sans amener au moins une solution de compromis à l’Est ». Relevé de son commandement au premier jour d’avril 1944, il quitte la scène et termine son récit par la description de ses adieux à son état-major.

Un livre tout particulièrement intéressant (avec les réserves soulignées en introduction).

Perrin, Paris, 2015, 576 pages, 25,- euros.

ISBN : 978-2-262-05077-1.

Le meilleur chef militaire allemand ?
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Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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