Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
27 mai 2014 2 27 /05 /mai /2014 06:15

Carnet de guerres et de crises

2011-2013

Général (2S) Jean-Bernard Pinatel

Suivant une formule un peu passée de mode depuis le début du XXe siècle (mais qui pourrait revenir avec la multiplication des blogs), ce livre est essentiellement constitué par le regroupement géographique ou thématique de plus d'une soixantaine d'articles mis en ligne par Jean-Bernard Pinatel, au fil de l'actualité, sur son blog 'Géopolitique-Géostratégie' (ici).

On y retrouve bien sûr toutes les zones de crise de ces dernières années (Afghanistan, Libye, Mali, Syrie, Iran, Irak, Algérie, Chine, Russie), mais aussi sur les questions énergétiques, sur l'OTAN et l'Europe, sur "La France et son armée". On n'est pas toujours d'accord avec les affirmations de l'auteur et (avec quelques mois de recul) certaines affirmations "à chaud" semble déjà plus relatives. Mais l'ensemble est écrit avec une spontanéité et, à la fois une réflexion honnête, ce qui donne à l'ensemble l'allure d'un solide "Journal" de l'actualité récente. Il n'est pas toujours facile d'écrire au moment où les événements se produisent et la prospective est un art souvent trompeur. Fort heureusement l'auteur à fait sienne la maxime selon laquelle "Il ne faut jamais juger l'histoire et ceux qui l'ont écrite, avec les idées d'aujourd'hui et sans prendre en compte le contexte de l'époque", une formule que nous essayons toujours de nous appliquer à nous-mêmes, même au risque de ne pas être "à la mode". La plupart des sujets témoignent d'une réelle connaissance des dossiers. Ainsi, dès l'automne 2012 à propos du Mali : "La campagne militaire au Mali, dans la configuration annoncée, c'est-à-dire l'armée malienne en tête appuyée par les forces de la CEDEAO et bénéficiant elles-mêmes du soutien de la France, est vouée à l'échec". Les plus récents événements ne viennent pas le démentir, mais qui osera dire la vérité sur l'aptitude opérationnelle réelle de cette armée malienne ? On se dit d'ailleurs, en tournant la dernière page, que les politiques sont en général très (très) ignorants des réalités stratégiques et des contraintes militaires.

Un ouvrage qui présente ainsi les forces et les faiblesses des publications de ce type, et qui offre le mérite de nous faire réflechir sur les crises et guerres d'hier, d'aujourd'hui et peut-être de demain. Ni langue de bois, ni hostilité de principe aux décisions prises ou aux actions conduites : un effort d'analyse dans l'urgence. Erreur ou vérité, un bel exercice.

Lavauzelle, Panazol, 2014, 225 pages. 23,60 euros.

ISBN : 978-2-7025-1605-8.

Billets et chroniques
Repost 0
Published by guerres-et-conflits - dans Débats et actualité
commenter cet article
26 mai 2014 1 26 /05 /mai /2014 06:25

Un pékin sur le front

Sem

Dessinateur et illustrateur reconnu dès avant la Grande Guerre, Sem fait partie de ces artistes et intellectuels "mobilisés" au service de la propagande. Entre 1915 et 1917, il est ainsi autorisé à parcourir à plusieurs reprises la zone des armées et le front pour "croquer" des images de la guerre et des portraits de poilus.

Ceux qui se plaignent de l'engouement suscité par le centenaire de la Grande Guerre oublie généralement que parmi une série de publications pour le moins "moyennes", cette opportunité permet de voir paraître (ou reparaître) des documents essentiels. Il en est ainsi pour ce volume qui n'avait pas été réédité sous cette forme depuis 1917. L'ouvrage est organisé en grands chapitres qui décrivent ces déplacements (autorisés par l'autorité militaire) en des secteurs importants des lignes françaises. Le texte est bien "dans le ton" de l'époque et de la commande publique (cf. les fusées éclairantes près du 'Moulin de l'espion'). Sem est à Verdun en 1916 : "Mais figurez-vous qu'à mon retour, en feuilletant mon carnet de route, j'ai été pris d'une sorte de pudeur ... J'ai hésité, hésité, et enfin renoncé à écrire. 'L'impression de Sem sur la bataille de Verdun !' Rien que ce titre 'bien parisien' m'apparut indécent et si puéril ! On ne joue pas Sambre-et-Meuse avec un sifflet à deux sous". Une quarantaine de pages n'en sont pas moins consacrées aux combats de la Meuse en 1916. Les grands thèmes publics sont bien sûr représentés, de la soeur infirmière aux embusqués.

Presque chaque page compte au moins un croquis, une illustration tracée au crayon d'un geste sûr, dans le style presque naïf qui fit la réputation de son auteur. Un volume intéressant à deux titres donc : l'organisation de la propagande officielle et les thèmes mis en avant dans la presse d'une part, l'oeuvre de dessinateur Sem lui-même d'autre part. Un témoignage autorisé qui ne peut que plaire ax amateurs.

Les Editions de Paris, 2014, 205 pages, 16 euros.

ISBN : 978-2-84621-198-7.

Un dessinateur sur le front
Repost 0
Published by guerres-et-conflits - dans Première Guerre mondiale
commenter cet article
26 mai 2014 1 26 /05 /mai /2014 06:20

Les Français sous les bombes alliées

1940-1945

Andrew Knapp

Vraie question, finalement peu débattue sans esprit polémique dans l'historiographie française (il est d'ailleurs amusant de constater que l'auteur est professeur en Angleterre)... Elle mérite d'être posée, mais finalement risque de rester sans réponse définitive, entre contraintes stratégiques et impératifs moraux.

Les premiers bombardements, dans le cadre de la bataille de France de mai 1940 s'inscrivent dans le cadre général des efforts franco-britanniques pour s'opposer à la progression allemande ; le dernier peut être daté du 15 avril 1945 sur la 'poche de Royan'. Entre temps, tout l'hexagone ou presque a été touché : au-delà de la Bretagne, de la Normandie et de la région parisienne, les raids seront par exemple nombreux au-dessus du Sud-est. Les chiffres totaux, dans leur sécheresse, sont impressionnants : 600.000 tonnes de bombes, 1.500 communes touchées, 57.000 civils tués, près de 3 millions d'immeubles détruits... Au total, les Anglo-Américains auraient consacré au territoire français 20% de leur effort de bombardement : "C'est près de sept fois plus que la Lufwaffe a déversé sur le Royaume-Uni (Blitz et armes V1 et V2 compris)", plus que sur l'Autriche ou l'Italie. Méfions-nous toutefois des instrumentalisations trop faciles. De très nombreuses opérations étaient (au moins stratégiquement) justifiées par les nécessités opérationnelles du moment : "Comprendre et explique le comportement des Alliés ne saurait excuser leurs très nombreuses bavures (et pire). Remettre en cause leurs actions n'équivaut pas à crédibiliser les thèses -sciemment distillés par la propagande vichyste, et encore courantes dans la France du XXIe siècle- selon lesquelles les Anglo-Américains cherchaient surtout la destruction de l'économie française". Après s'être intéressé à la stratégie des Alliés dans son principe (qui "finissent par se convaincre de la nécessité" des bombardements), Andrew Knapp étudie les objectifs traités par l'aviation (ports, infrastructure de transport, sites industriels, etc.), puis les réactions des autorités de Vichy, de l'organisation de la défense passive (essentiellement sur la base du volontariat) à la propagande mise en oeuvre contre les Anglo-Saxons. Les dernières parties sont essentiellement consacrées aux réactions de la population française sous les bombes et l'ultime chapitre aux rapports entre les bombardements, la résistance et le processus de libération du territoire : "Dans les limites de la science et de l'équipement il n'est pas faisable, et en définitive il n'a pas été possible, de parvenir à ces résultats militaires indispensables sans infliger des pertes et des souffrances sur les civils français habitant près de ces objectifs militaires", doit pudiquement admettre l'Air Cief Marshal Harris dès octobre 1944.

Accompagné de deux cartes très parlantes, de quatorze tableaux récapitulatifs et d'un cahier photos central, le livre s'appui sur une très volumineuse bibliographie et des sources extrêmement variées. Tout est référencé avec précision. Un travail solide qui pose, sans y répondre réellement (mais est-ce possible ?) la question de la hiérarchie entre nécessités opérationnelles et impératifs humanitaires.

Tallandier, Paris, 2014, 592 pages. 23,90 euros.
ISBN : 979-10-210-0461-0.

Une petite vidéo de présentation par l'auteur : ici.

Bombardés par les libérateurs...
Repost 0
Published by guerres-et-conflits - dans Seconde guerre mondiale
commenter cet article
25 mai 2014 7 25 /05 /mai /2014 06:25

La fleur et le fusil

Poèmes de 1913 à 1919

Bertolt Brecht

Mondialement célèbre pour ses oeuvres théâtrales, Bertolt Brecht a commencé sa carrière littéraire par la publication de poèmes. Né en 1898, il a donc 16 ans au début de la Grande Guerre.

Dans ce recueil, qui s'ouvre sur la phrase "Etre vaincu n'est pas une honte, mais c'est un déshonneur de s'avouer vaincu", les textes sont classés par année. On constate d'ailleurs (s'agit-il d'une sélection ou d'une publication complète, ce n'est pas précisé ?) que le nombre de poèmes fluctue fortement d'une année à l'autre (entre une quinzaine et trois). Outre les qualités littéraires de l'auteur, certains textes témoignent bien de l'état d'esprit général du temps, comme le "Chant des étendards" en 1913 ("Et quand le soir nous sombrons / et mourons en héros / alors nous salue et nous console / le drapeau noir-blanc-rouge") ; ou "Le Kaiser" en 1915 : "Quand la paix n'était plus que déclin / Il appela le premier / A la guerre l'armée d'airain de ses Allemands. / En la faisant tinter il bénit sa vieille épée sur l'autel / La guerre qui engendra la grandeur -et par elle engendrée- / Il en portait le plus lourd fardeau". Au fil des pages, "L'esprit des Emden", "L'aspirant", "Le champ belge" et même "Le soldat de Tsing Tao" : "Et la face d'une pâleur de mort déformée par la suie / Il se lance dans la brume / Crie d'un gémissement rauque et sauvage d'exitation / Crie comme un soupir de désespoir ... Sanglots ... Salut ... / Là au fond et dans le feu / Mon Allemagne !". Et ce poème de 1919 qui illustre le désarroi de la population allemande, "Chanson de soldat" : "Frères, nous dans les usines sombres / Devons comme les poissons suffoqer dans la boue / Le jour nous sommes des animaux pataugeant dans le noir / Mais le soir, nous sommes des soldats". La mort rôde, les mères pleurent, le pays souffre, certes, mais la guerre est aussi vécu comme une "aventure"... Comme quoi les hommes changent au long des années...

Un petit volume étonnant qui permet de connaître "un autre" Bertolt Brecht.

L'Arche, Paris, 2014, 90 pages, 15 euros.

978-2-85181-835-5.

Poésies de jeunesse
Repost 0
Published by guerres-et-conflits - dans Première Guerre mondiale
commenter cet article
25 mai 2014 7 25 /05 /mai /2014 06:20

Histoire de la marine allemande

1939-1945

François-Emmanuel Brézet

Paru pour la première fois en 1999 et parfaitement complémentaire à L’histoire de l’armée allemande de Philippe Masson, cette étude (bien que parfois désormais un peu datée) méritait amplement d’être remise à la disposition du public dans un format « poche ».

Après avoir expliqué dans un premier chapitre comment la marine de guerre allemande passe de 1918 à 1939 (« De la Reichsmarine à la Kriegsmarine »), l’auteur aborde chronologiquement et méthodiquement les grandes phases de l’histoire navale de la Seconde guerre mondiale pour l’Allemagne, sans jamais oublier de les replacer dans le cadre plus large de la conduite générale de la guerre. La Drôle de guerre fait d’abord l’objet de deux chapitres (« Une entrée en guerre laborieuse » et « La guerre au commerce en mer du Nord et dans l’Atlantique ») qui permettent d’évaluer assez bien la place de la marine dans le dispositif allemand. Puis, François-Emmanuel Brézet traite des opérations du printemps 1940 contre les royaumes nordiques ; de l’opération Seelöwe et du projet de débarquement en Angleterre ; des débuts de la guerre sous-marine et de la « nouvelle » tactique mise en œuvre ; des opérations des croiseurs auxiliaires (les fameux « corsaires »), parfois aussi épiques pour quelques bâtiments qu’aux résultats presque marginaux à l’échelle du conflit ; de l’échec de la stratégie offensive avec les grands navires de surface et de la fin du Bismarck. Il étudie ensuite de façon assez détaillée la conduite de la guerre sous-marine en 1941-1942, dans l’Atlantique et la mer du Nord comme en Méditerranée (ce que l’on sait peu) ; et le « Repli stratégique sur la Norvège », sanctionné par la chute de l’amiral Raeder. Les deux dernières années de guerre, qui font l’objet des quatre derniers chapitres, abordent les mêmes grands thèmes (commandement supérieur de la Marine dans la guerre, flotte de surface, guerre sous-marine), dans un environnement général qui désormais ne cesse de se détériorer pour l’Allemagne, jusqu’à l’effondrement final. Pour la flotte du Reich, cette période pourrait être identifiée par la notion de « sacrifice », celui des sous-mariniers qui poursuivent jusqu’au bout malgré les pertes leurs missions, celui de la lutte de plus en plus difficile contre les convois alliés en direction de l’URSS par la voie maritime de l’extrême Nord, et celui douloureux de l’évacuation des civils et militaires allemands de Prusse orientale par la Baltique. Les personnalités et les choix stratégiques différents de Raeder et de Dönitz, qui servent en quelque sorte de fil rouge à cette histoire, sont enfin directement comparés dans une brève conclusion.

Le texte courant n’est pas exempt à quelques reprises d’une certaine forme d’admiration pour les campagnes et l’action de la Kriegsmarine, mais peut-il en être autrement lorsque l’on étudie pendant un sujet pendant de longues années ? Le livre se termine sur une cinquantaine de pages de notes, bibliographie, cartes et index, qui permettront aux amateurs d’aller plus loin s’ils le souhaitent. Un petit volume peu onéreux qui sera extrêmement utile.

Coll. ‘Tempus’, Perrin, 2014, 476 pages. 10,50 euros.

ISBN : 978-2-262-04409-1.

Rêves et sacrifice de la Kriegsmarine
Repost 0
Published by guerres-et-conflits - dans Seconde guerre mondiale
commenter cet article
24 mai 2014 6 24 /05 /mai /2014 06:30

L'appel du sol

Adrien Bertrand

Poète et écrivain mort à l'automne 1917, Adrien Bertrand livre ici ses souvenirs de guerre et Yves Guérin souligne dans son avant-propos que "Jean-Norton Cru, redoutable analyste et critique des écrits de combattants de la Grande Guerre, reconnaîtra ses dons littéraires remarquables, déplorant sa mort (à moins de 29 ans), une des pertes les plus cruelles que la littérature ait subies du fait de la guerre".

S'il s'agit bien d'un roman, publié avec quelques coupes de la censure en 1916, le livre "colle" littéralement au terrain et à la réalité vécue de la guerre de mouvement avec un bataillon de chasseurs alpins. La description des combats est précise, les chefs et les camarades sont peints avec finesse, les à-côtés de la vie quotidienne scrupuleusement décrits. Au fil des pages, Adrien Bertrand reconstitue également des dialogues, qui sonnent vrais, raconte sans emphase ce que disent ses hommes, leurs interrogations et leurs préoccupations. Les principaux types de personnalité sont intégrés au récit, plus ou moins frustres ou intellectuels, ce qui permet à Adrien Bertrand d'aborder tous les sujets, les plus prosaïques comme les plus élevés (religion, patriotisme, etc.). Comme le jeune lieutenant : "Il avait vingt ans. Il y a trois semaines il était un enfant. Il était un homme depuis quelques jours ; tel avait été en son âme le résultat des premières batailles, du drame de la guerre vu dans ses réalités intimes. Il avait chargé, il avait retrouvé le cadavre souriant de son capitaine, il avait conduit ses hommes au feu, il portait en ce moment en lui la responsabilité de commander ses chasseurs, il était juge de leur sacrifice et maître d'une centaine d'existences humaines. Et Lucien faisait un examen rigoureux sinon de sa conscience, qui était nette, du moins de son esprit". Et il passe dans le même paragraphe des hautes considérations presque spirituelles à la triste réalité du combat : "On était là pour mourir, pour voir mourir les autres... Tout à l'heure on marcherait encore à l'ennemi. Il y aurait un nouveau lot de victimes, une nouvelle hécatombe. Et cela non plus n'était pas angoissant. On irait au-devant du sacrifice sans protestation intérieure, sans réfléchir, passivement. Tous ces hommes abattus, avec les mêmes pertes parmi eux, avec la perspective des mêmes dangers, seraient joyeux et remplis d'allégresse si ls vivres avaient pu parvenir, si l'on avait pu pénétrer dans la tranchée allemande. Mais ils avaient cédé le terrain. Mais ils avaient faim". Méridional lui-même, l'auteur dit tout le bien qu'il pense de ses frères d'armes accusés de lâcheté (affaire du XVe corps), et patriote de sensibilité socialiste il n'hésite pas à critiquer tel style de commandement ou type d'ordres, mais exprime une réelle admiration pour les officiers de contact. La dernière partie de l'ouvrage traite en grande partie des blessés et du service de santé, de la misère humaine, de l'ennemi allongé sur un brancard.

C'est sobre et beau. Un récit qui "prendra aux tripes" tous ceux qui s'intéressent à la Grande Guerre. 

Editions Ampelos, 2014, 171 pages, 15 euros.

ISBN : 978-2-35618-077-3.

Témoignage
Repost 0
Published by guerres-et-conflits - dans Première Guerre mondiale
commenter cet article
24 mai 2014 6 24 /05 /mai /2014 06:25

Les services secrets israéliens

Eric Denécé et David Elkaïm

Partant du constat que le renseignement est "l'assurance-vie de l'Etat hébreu", les deux auteurs dressent un complet extrêmement complet de l'organisation et des missions de la communauté du renseignement israélien.

Ils s'intéressent ainsi tour-à-tour au Shin Beth (sécurité intérieure et contre-espionnage, ministère de la Sécurité publique), à Aman (renseignement militaire), au Mossad (renseignement et action à l'étranger, relève du Premier ministre), à Sayeret (unité de reconnaissance et d'action spéciale du chef d'état-major de l'armée), au Shabak (service action agissant dans les pays voisins), ou à l'unité 8200 (interception des communications adverses, surveillance d'internet et cyberguerre). Après avoir présenté la situation stratégique d'Israël et les menaces qui pèsent sur le pays, ils reprennent l'historique des principales formations dont ils décrivent l'organisation générale, les modalités de recrutement, la formation, etc. Ils multiplient également les exemples d'opérations conduites au fil du temps (au Liban et dans l'ensemble du Moyen-Orient en particulier), dont un pourcentage important dans la période 1980-2000. Ils expliquent et justifient l'action de ces services (armement syrien, attentats du Hezbollah, etc.), dont ils soulignent cependant quelques "dérives" et les "états d'âme" au cours des dernières années. Les dernières parties sont essentiellement consacrées à la lutte contre les Iraniens et leur programme nucléaire.

Le livre est solide, soigneusement référencé et se lit avec aisance : "Les héros des guerres futures d'Israël ne seront pas des équipages de chars Merkava, des fantassins couverts de poussière ou des pilotes survolant le Proche-Orient à Mach 2. Ce seront d'abord les geeks technophiles et les pirates informatiques de l'Unité 8200, bombardant leur patron d'idées, lançant le développement de nouveaux logiciels et de nouveaux systèmes électroniques". Mais l'environnement est tel que, pour reprendre les derniers mots de l'ouvrage, "le Shin Beth, Aman et le Mossad ont de belles années devant eux"...

Tallandier, Paris, 2014, 396 pages. 21,50 euros.

ISBN : 979-10-210-0163-3.

Le Mossad et les autres
Repost 0
Published by guerres-et-conflits - dans Renseignement - Espionnage
commenter cet article
23 mai 2014 5 23 /05 /mai /2014 06:30

Café de la Chouette

Indochine, 60 ans après

Dès aujourd'hui, mise en ligne de la séance d'avant-hier de nos cafés historiques, avec Ivan Cadeau et Bénédicte Chéron. Pour retrouver les interventions de nos invités et suivre les questions/réponses avec les participants : ici.

Indochine : déjà en ligneIndochine : déjà en ligneIndochine : déjà en ligne
Repost 0
Published by guerres-et-conflits - dans Débats et actualité
commenter cet article
23 mai 2014 5 23 /05 /mai /2014 06:25

Robert E. Lee

La légende sudiste

Vincent Bernard

Excellente première biographie en français de cette ampleur ! On sent à chaque page que l'auteur maîtrise parfaitement son sujet.

Né dans une vieille famille de Virginie qui perd son domaine en 1829, le jeune Robert entre à West Point parce que "la prestigieuse académie militaire fédérale de New York ... offre le singulier avantage d'une carrière sans nécessité de fortune". Au fil des pages, avec un grand souci du détail, Vincent Bernard brosse la vie et la carrière de Robert E. Lee ("trente-cinq ans sous la bannière étoilée et quatre sous celles de la Virginie et de la Confédération sudiste"), en prenant toujours soin de remettre chaque situation dans son contexte et en tirant les enseignements, leçons ou conclusions qui lui paraissent s'imposer. Il décrit ainsi la succession de décisions qui conduit aux proclamations de sécession de décembre 1860 et janvier 1861, et l'on voit Lee quitter leTexas où il est en garnison pour rejoindre la capitale fédérale. Le président Lincoln lui propose alors de prendre le commandement d'une armée fédérale : "J'ai décliné l'offre ... en expliquant aussi courtoisement et poliment que je le pouvais que bien qu'opposé à la Sécession ... je ne pouvais prendre aucune part à une invasion des Etats dy Sud". Futur chef de l'armée sudiste par fidélité plus que par adhésion. Près des deux tiers du livre sont donc consacrés, très naturellement, à la guerre civile américaine et au rôle de Lee dans ce conflit. Ceux qui n'ont (comme moi avant de lire le livre) qu'une connaissance générale (et sans doute très marquée par les stéréotypes) de cette période, seront vraisemblablement à plusieurs reprises surpris par les déclarations ou les attitudes de Lee qui, selon Vincent Bernard, est vraiment tout sauf un dogmatique. Un homme de respect, de convictions et de valeurs. Le récit des combats de 1863, et en particulier de Gettysburg, est parfois tout simplement dramatique : Lee est à la fois l'âme de l'effort militaire de l'armée de Virginie et des Sudistes, mais aussi le responsable des pertes les plus cruelles et finalement d'un échec : "L'armée a fait ce qu'elle pouvait. Je crains de lui avoir demandé des choses impossibles". Vincent Bernard sait aussi bien montrer les pénuries qui assaillent l'armée confédérée que le système de permissions par roulement instauré par Lee, la crise des effectifs de 1865 ou le véritable jeu de cache-cache que Grant impose en 1864 à son adversaire. Les amateurs de tactique y trouveront l'emploi du chemin de fer pour le transport rapide des troupes du Nord et de la pelle pour aménager de puissants retranchements ; ceux qui préfèrent l'histoire politique y découvriront certains modes de fonctionnement du gouvernement sudiste. Mais la pression nordiste devient de plus en plus forte et le talent du "Renard gris" ne peut suffire. Pour lui, le 12 avril 1865 marque la fin de la guerre et il écrit au président Jefferson Davis : "C'est avec douleur que j'annonce à Votre Excellence la reddition de l'armée de Virginie du Nord". Prisonnier sur parole, il devient un mythe de son vivant, "homme de marbre", qui termine sa vie professionnelle comme directeur du Washington College de Lexington.

Vincent Bernard s'interroge pour conclure sur le "génie militaire" de Lee, sa réalité et ses limites : "Nul autre général n'aura si souvent et si régulièrement manoeuvré ses adversaires ... sans pour autant parvenir à atteindre la bataille décisive dont les lectures napoléoniennes de West Point l'avaient peut-être un peu trop imprégné. Lee n'aura jamais vraiment trouvé son Austerlitz ni vraiment subi son Waterloo". Sait-on, enfin, que c'est le 5 août 1975 seulement que le président Ford, après un vote du Congrès, prononcera la réhabilitation pleine et entière de Lee ?

Une biographie équilibrée que chaque amateur d'histoire militaire se doit de connaître.

Perrin, Paris, 2014, 449 pages, 24 euros.

ISBN : 978-2-262-04098-7.

Le gentleman sudiste
Repost 0
Published by guerres-et-conflits - dans Amériques
commenter cet article
23 mai 2014 5 23 /05 /mai /2014 06:20

Les voix oubliées du débarquement

Roderick Bailey

Voici un livre original et utile : il raconte le débarquement à partir des témoignages oraux conservés par l'Imperial War Museum.

Presque exclusivement centré sur les témoignages des soldats et marins britanniques, le livre présente tous les avantages et les inconvénients de ce type d'ouvrage : une très grande proximité avec l'événement, mais une vision émiettée du déroulement de l'opération. Organisé en six grandes parties chronologiques, de "Les préparatifs" à "Pousuite des opérations", il colle au plus près de l'engagement des Anglais, assez systématiquement mis à l'honneur. Pour chaque thème ou sujet, Roderick Bailey a retranscrit les témoignages oraux recueillis, de lord Mountbatten aux officiers d'état-major, aux chefs de contact et aux simples soldats. L'entraînement préalable au déclenchement de l'opération est décrit : "A l'époque, tout le monde essayait de nous motiver à l'aide de souvenirs militaires", raconte le lieutenant David Wood, "Lorsqu'on se rendait sur le parcours du combattant, les gars criaient 'Rappelez-vous Hong-Kong !' ou 'Rappelez-vous Singapour !'. A un moment, mais pas quand nous y étions, il y a même eu des seaux remplis d'entrailles qui servaient à vous asperger de sang. Vous vous sentiez ainsi plus agressif". L'opération aéroportée de la nuit précédant le débarquement est bien sûr longuement décrite, dont le célèbre Pegasus Bridge : "Nous lancions plein de grenades. J'en ai lancé une ou deux et nous tirions des rafales en l'air rien que pour faire du bruit. Mes grenades, je les ai lancées vers la berge la plus éloignée du canal de Caen à la mer, mais elles sont tombées dans l'eau. Elles ont seulement tué quelques poissons, mais l'explosion était belle. Et les Allemands sont partis en courant. Ils se sont enfuis dans toutes les directions" (2e classe Denis Edwards). L'action des Britanniques sur les différentes plages est souvent vue à travers le prisme des officiers de la Navy : "Il y avait bien entendu des hommes qui trouvaient la plage très stressante. Je me souviens d'un groupe de membres de la police militaire qui se cachait derrière un véhicule blindé et je les encourageais à partir mener leur mission à bien. Je suis également tombé sur deux hommes -je n'avais jamais vu ça et je ne l'ai jamais revu ensuite- qui étaient verts de peur. Là aussi, il a fallu les encourager à se ressaisir. Ce n'était pas pire pour eux que pour les autres" (capitaine de corvette Edward Gueritz). Les combats à l'intérieur des terres ne sont bien sûr pas plus oubliés que les images symboliques : "C'est alors que, probablement cinq minutes plus tard, sont arrivés des bérêts verts, les commandos de lord Lovat. Aux côtés de lord Lovat se trouvait son cornemuse, Bill Millin, qui soufflait dans son instrument. Nous étions assis là et nous regardions effarés ces bérêts verts. Ils devaient être 600 ou 700 à débarquer".

En résumé, c'est plaisant, facile à lire et, par nature, très proche des hommes et du terrain. Pour une utilisation ultérieure des témoignages dans d'autres études, il sera bien sûr indispensable de recourir à des ouvrages de synthèse, mais il y a là, indiscutablement, une vraie richesse.

Ixelles Editions, Paris, 2014, 432 pages. 24,90 euros.
ISBN : 978-2-87515-215-2.

Témoignages du Débarquement
Repost 0
Published by guerres-et-conflits - dans Seconde guerre mondiale
commenter cet article

Qui Suis-Je ?

  • : Guerres-et-conflits
  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
  • Contact

  • guerres-et-conflits
  • L'actualité de la presse, de l'édition et de la recherche en histoire

Partenariat

CHOUETTE

Communauté TB (1)

Recherche

Pour nous joindre

guerres-et-conflits@orange.fr

Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

Sur la toile