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20 novembre 2013 3 20 /11 /novembre /2013 06:20

Mémoire du Vieil Armand

14-18 Magazine - n° 63

Contrairement à ce que peut laisser penser la couverture, l'essentiel de ce numéro est consacré, sous des aspects divers, à la mémoire et au souvenir de la Grande Guerre. Un intéressant article de Bruno Calvès nous entraine dans la visite du site de l'Hartmannswillerkopf, dont la nécropole a été totalement rénovée et qui témoigne de l'importance et de l'âpreté des combats, "le seul site des 700 km. de front où les Français se sont battus sur un sol alors allemand". Le dossier principal d'une trentaine de pages, sous la signature de Patrice Warin, bien connu pour ses publications sur l'artisanat de tranchée, est consacré aux Monuments aux morts, avec des articles détaillés sur leur financement, le choix du lieu d'installation, leurs caractéristiques visuelles, etc. Enfin, France-Marie Frémeaux s'intéresse à plusieurs poètes anglais, dont les célèbres Brooke et Owen, et Frédérick Hadley nous propose "La Grande Guerre des Ours", l'ours en peluche bien sûr, cet ami fidèle des enfants.

Un numéro original et à retenir.

Mémoire(s) et souvenir(s)
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19 novembre 2013 2 19 /11 /novembre /2013 05:30

L'Etat indépendant du Congo

1885-1908

D'autres vérités

André-Bernard Ergo

Dans ce petit livre au titre anodin, l'auteur, ingénieur en agronomie dont c'est le cinquième livre sur le Congo belge, répond à un conférencier venu en Belgique condamner l'action coloniale de Bruxelles en Afrique. Ce seul argument, rarissime en notre temps, mérite que l'on s'y intéresse.

On sait que la colonisation belge au Congo  fut particulièrement critiquée pour ses violences à la fin du XIXe siècle et au début du XXe, en particulier dans les pays anglo-saxons et en Allemagne. Mais l'on sait aussi que toutes ces critiques n'étaient pas innocentes, certains à Londres ou à Berlin "louchant" sur les ressources congolaises. Partant de cette époque, dossier par dossier, région par région, incident par incident, l'auteur conteste systématiquement toutes les accusations portées contre son pays, présente des photos, cite des textes, multiplie les références. Il revient bien sûr longuement sur la Force publique (force armée congolaise), sur le travail forcé pour la récolte du caoutchouc, sur le rôle des missions, etc. Il confronte en fait témoignages hostiles et témoignages favorables, démontre que tel auteur n'a jamais été en visite sur place et n'écrit qu'à partir de témoignages de deuxième main, explique qu'il faut laisser du temps pour que l'ordre et la prospérité s'installent, défend l'idée que, tout compte fait, la colonisation belge n'a pas seulement été "correcte", elle aurait probablement même été exemplaire...

On ne peut pas suivre l'auteur dans tous ses arguments et dans la totalité de sa démonstration, tant elle est univoque. Toutefois, il résume en conclusion certains constats que nombre d'historiens "auto-proclamés" feraient bien de méditer : "La vérité historique oscille d'un côté ou de l'autre selon les textes choisis, fussent-ils tous véridiques. C'est pourquoi l'histoire n'est pas une science. Mais le choix des textes nous apprend, par contre, énormément de choses sur celui qui la commente; il peut être jugé". C'est souvent vrai. Pour tous. Et pour lui aussi. Ou alors, il faut tendre obstinément à faire de l'histoire une science, en particulier en croisant et en comparant systématiquement des sources d'origine totalement différentes. Mais alors, la "vérité" (ou présentée comme telle) ne se situe ni dans le blanc, ni dans le noir, mais souvent dans des nuances de gris.

Un petit livre à conserver parce qu'il offre un contrepoint et des citations référencées par rapport aux idées dominantes. Mais à considérer aussi comme une (autre) prise de position partisane.

L'Harmattan, Paris, 2013, 163 pages. 16,50 euros.

ISBN : 978-2-343-01622-1.

Défense du Congo belge
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18 novembre 2013 1 18 /11 /novembre /2013 06:00

Traité de relations internationales

Thierry Balzacq et Frédéric Ramel (Dir.)

1.200 pages, plus de 60 contributeurs : tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les relations internationales aujourd'hui sans oser le demander !

Jeunes doctorants et professeurs émérites, français mais aussi (et peut-être surtout) étrangers (avec une large place accordée à l'espace francophone), apportent tous des contributions de synthèse ou tout-à-fait originales qui seront particulièrement utiles aux étudiants, aux chercheurs débutants et au grand public qui souhaite "aller plus loin". Une petite observation pour les néologismes (le verbe "routiniser" ?), dont il faut quand même éviter la multiplication abusive.

L'ouvrage est divisé en quatre grandes parties dont les différents chapitres sont confiés à des auteurs différents. La première, "Contextualisation", nous fait approcher la discipline même des relations internationales à partir d'expériences, de compréhensions et d'histoire nationales différentes, aussi diverses que les grandes nations européennes et nord-atlantiques, bien sûr, mais aussi le Cameroun, le Liban, la Suisse ou le Vietnam. La seconde, "Production", s'intéresse aux différentes disciplines et matières qui interviennent dans le processus des RI ou interagissent avec elles : des classiques (histoire, géographie, économie, droit), mais aussi des approches plus originales commes la philosophie, la psychologie et la sociologie. La troisième partie traite des grands domaines de recherche et d'études au sein des RI, avec, au-delà de la seule diplomatie "classique" (si cela existe encore) des thèmes aussi différents que l'analyse et la révolution des conflits, , le droit international, l'économie politique, l'éthique, les questions de sécurité et de stratégie et de géopolitique bien sûr, les processus de négociation, l'environnement, etc. La dernière partie enfin, "Transmission", nous parle nous parle des voies, moyens et supports pour développer et diffuser les connaissances en matière de RI, de l'enseignement (en évolution) aux études de cas et cas concrets, des revues et publications aux conférences et colloques et même aux blogs et à internet (ce dernier sujet traité par deux animateurs de sites de qualité, Bénédicte Tratnjek et Olivier Schmitt). On mesure donc l'ampleur du champ parcouru par cet ouvrage, qui mérite bien son titre de "traité", référence ancienne dans le vocabulaire mais vraie nouveauté dans la forme et le fond.

Les questions qui nous intéressent plus particulièrement (histoire, questions militaires, de sécurité et défense, stratégie, etc.) ne constituent plus l'essentiel de la discipline (les questions strictement militaires ne sont qu'à peine abordées en tant que telles). Le constat est net. Elles transparaissent toutefois dans de nombreux textes, même si elles ne sont pas au coeur du sujet analysé : elles constituent ainsi toujours un socle de culture générale et une base de réflexion. Dans l'avant-dernier article, Frédéric Charillon pose (avec une fausse naïveté ?) la question de la place des RI en France, "Les RI, science royale?", prône une reconnaissance formelle comme discipline en tant que telle et évoque l'IRSEM (que ses historiens devraient quitter prochainement...) Peut-être aurait-on pu, dans différents textes, insister néanmoins davantage sur l'importance du temps long, des fondamentaux, en bref de l'histoire qui, dans bien des domaines parmi les plus "modernes", conditionnent encore largement (et souvent permet de comprendre) les comportements, le processus d'analyse et celui de prise de décision.

Chaque article est scrupuleusement référencé et accompagné d'une bibliographie indicative de qualité, tandis que l'ouvrage se termine par l'indispensable index. Un Traité indispensable pour aborder le domaine dans sa globalité actuelle.

Presses de Sciences Po., Paris, 2013, 1.228 pages, 39 euros.

ISBN : 978-2-7246-1330-8

A noter :

A l'occasion de la parution de l'ouvrage, une rencontre-débat est organisée

mardi 3 décembre, 15h00

CERI / Sciences Po., 56 rue Jacob, Paris 6e

http://www.sciencespo.fr/ceri/evenements/#/?lang=fr&id=2132

Du lourd !
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17 novembre 2013 7 17 /11 /novembre /2013 08:35

Carnet de route d'un gosse des tranchées

Léon-Antoine Dupré

Un beau livre, autant sur le fond que dans la forme, qui associe en vis-à-vis sur la page de gauche la retranscription imprimée du texte original, et sur la page de droite la reproduction exacte du manuscrit laissé par Léon-Antoire, textes et dessins. 

Engagé volontaire en juillet 1915 au 35e RAC de Vannes (il explique d'aileurs comment il se retrouve dans ce régiment, et ce n'était pas pour être "embusqué"), l'auteur reprend à l'attention de son fils le texte des lettres qu'il écrivait alors à sa famille. Il reste d'abord plusieurs mois dans sa garnison, entre l'instruction, les services et les missions diverses (accompagner des chevaux à Orange pour l'armée serbe), Le 14 juillet 1916, il a encore le temps de trainer à la terrasse d'un café ("Je suis au café, au café de la Paix. Quel beau nom tout-à-fait de circonstance ! Il vient d'entrer à l'instant un jeune brigadier de la classe 15. Il est resté dix jours au front. Quatre hommes tués autour de lui. Lui seul est resté vivant. Il a l'air à moitié fou"), mais le jour du départ pour les premières lignes approche. C'est finalement le 29 juillet qu'il embarque avec ses camarades, ses matériels, ses chevaux pour Jonchery-sur-Marne, puis prend position avec sa pièce dans le secteur de Berry-au-Bac. Dès lors, "ici pour moi, commence la guerre. Le premier obus. Le premier mort...", même si le secteur est encore considéré comme calme. C'est désormais le quotidien d'un artilleur au front, les liaisons, l'observation ("Ce soir je monte aux tranchées en première ligne avec les fantassins, à l'observatoire"), les difficultés de la vie quotidienne ("Il pleut toujours. Il y a vingt centimètres d'eau dans les boyaux") et les conditions de vie de l'avant ("Cela fait maintenant un mois que je n'ai pas enlevé ni ma culotte, ni mes chaussures. J'ai changé de chemise une fois"), où les artileurs restent en position plus longtemps que les fantassins dont les unités sont fréquemment relevées. Jusqu'à sa dernière lettre, datée de juillet 1918 (blessure et évacuation), tout y passe : le froid ("un froid de mort"), les mitrailleuses ennemies lorsqu'on est aux avant-postes, les périodes de repos à l'arrière avec l'assistance de quelques familles de "braves gens" et la visite de sa mère, l'apprentissage de la TSF, Heurtebise et Craonne au printemps 1917 ("Nous occupons une ancienne position boche. Ils étaient très bien installés. Mon téléphone est dans la salle de douche. ls avaient installé des douches ! Tout est cimenté", "Nous ne tirons pas à plus de douze cents mètres. Nous sommes en même temps les enfonçeurs et les poursuivants") et le 18 avril cette perception bien différente de celles des fantassins mais qui, pour lui, correspond à une réalité : "Le moral est bon. Nous avançons d'ailleurs et les Boches fichent le camp" ! Pas un mot sur les mutineries de la fin du printemps, mais ce constat le 31 mai : "Les permissions marchent bien maintenant", et cette reconnaissance d'un camarade chargé du ravitaillement en munitions et qui est décoré. Léon-Antoine Dupré est nommé sous-officier, il est désormais responsable de ses subbordonnés, avec lesquels il partage les copieux colis envoyés par sa famille ("Les copains étaient contents et moi aussi"). Le même jour, à quelques lignes d'intervalle dans la même lettre, il nous parle d'un bombardement par cent quatre-vingt obus de 105 et de 150 et d'un "petit rossignol revenu chanter sur le cerisier abattu". La vie au front, avec ses plaisirs simples, ses camaraderie des groupes primaires et son danger permanent. Il croise des zouaves et des tirailleurs, découvre la guerre de sape, voit arriver les premiers Américains ("Je leur ai chipé un rouleau de papier hygiénique, ils en ont tous !"), considérés comme richement équipés et individuellement courageux ("Ils disent que les Anglais se débinent toujours et ils voudront mieux faire que les Anglais par jalousie"). L'offensive de La Malmaison, un cours d'officier à Fontainebleau dont il est finalement exclu, un bombardement allemand et la mort de camarades, une demande pour servir dans l'aviation, la formation d'un nouveau régiment "d'artillerie à tracteurs", etc... La vie quotidienne en guerre. Ses efforts, ses souffrances, ses peines et sa (bien modeste et discrète) gloire, comme lors de l'achat de la fourragère. 

Un très beau témoignage d'un artilleur au front, par ailleurs illustré (outre les dessins personnels de l'auteur) par les photos qu'il prend avec son "vest-pocket". L'un des tous meilleurs témoignages récemment publiés. A connaître, à lire et à relire.

Michel Lafon, Paris, 2013, 333 pages. 22,95 euros.

ISBN : 978-2-7499-2088-7.

J'adore !
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16 novembre 2013 6 16 /11 /novembre /2013 06:25

Dépêches du Vietnam

John Steinbeck

La passionnante collection ‘Mémoires de guerre’ ajoute un nouveau volume à son catalogue. Rendu mondialement célèbre comme auteur des Raisins de la colère à la veille de la Seconde guerre mondiale, prix Nobel de littérature en 1962, considéré comme un libéral, un progressiste, Steinbeck a effectué ses premiers reportages de guerre en 1942, alors qu’il travaille pour l’OSS.

Ce livre reprend les reportages qu’il adresse à Newsday sous le titre de « Lettres à Alicia » pendant la guerre du Vietnam. Datés du 3 décembre 1966 au 20 mai 1967, ces textes se présentent sous la forme d’un échange, parfois presque intimiste. Ils racontent bien entendu les déplacements de Steinbeck, ce qu’il voit, ses conversations, etc. Il y affirme se rendre en Extrême-Orient pour se renseigner par lui-même sur la réalité d’une guerre que l’Amérique connait encore mal même si elle suscite déjà de l’opposition : « Tu le sais, Alicia, les armées n’ont en rien changé depuis l’époque romaine. Elles n’ont jamais aimé ou fait confiance aux informations. S’il n’en tenait qu’à elles, les commandements militaires annonceraient les victoires et nieraient les défaites, et rien de plus. C’est seulement l’exigence posée par les civils qui fait que nous avons les informations dont nous disposons ». On entend régulièrement parler de la Chine, mais aussi au hasard d'un article des expériences avec des insectes « destructeurs » ; nous avons la description des vols en hélicoptères, du déploiement d’un régiment d’artillerie, du caractère presque « fictif » de la zone démilitarisée, quelques critiques sévères des journalistes présents sur le théâtre, des bombardements de B-52, des séances d’instruction adaptées à la menace des mines et pièges, quelques commentaires ponctuels sur Sun Tzu aussi, sans oublier la question de l’eau potable pour les troupes ou celle plus politico-diplomatique des relations avec le Cambodge et la Thaïlande, etc. Tout ceci, avec son immense talent, au service d’une cause qu’il pense juste, défendre et expliquer, l’engagement américain : « Le Vietcong a la même impulsion altruiste, la même inclinaison démocratique et les mêmes méthodes pour parvenir à ses fins que la Mafia en Sicile. Le parallèle est frappant. La terreur et la torture sont ses armes ». Car, au-delà des descriptions (en elles-mêmes intéressantes), ce sont peut-être les analyses et commentaires de Steinbeck qui comptent le plus. Au fil de ses déplacements avec les Boys, par voie terrestre, fluviale ou aérienne, en vedette armée ou en hélicoptère de combat, l’écrivain très proche du Parti démocrate dresse un tableau presque toujours élogieux de l’armée américaine et de la justesse de son engagement. Une armée qui par ailleurs est bien celle d’un pays libre : « Tout journaliste de n’importe quel pays peut disposer de la même facilité de mouvement, pour autant qu’il représente un journal ou plusieurs journaux. Si un journaliste prétend avoir subi des restrictions, j’ai tendance à croire qu’il ne voulait pas y aller ».

Bref, des articles au départ « de commande » présidentielle (Johnson), mais surtout un ton et une ensemble d’informations et d’analyses que l’on n’a pas l’habitude de lire sur cette guerre, surtout venant de ces cercles intellectuels. Une excellente initiative de l’éditeur que d’avoir publié pour la première fois en français ces « Dépêches du Vietnam », qui méritent d’être connue de tous ceux qui s’intéressent à ce conflit.

Les Belles Lettres, Paris, 2013, 269 pages, 21 euros.

ISBN : 978-2-251-31006-0

Derniers reportages de guerre
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15 novembre 2013 5 15 /11 /novembre /2013 08:05

La Première Guerre mondiale

vol. 1 : Combats

Jay Winter (Dir.)

Pas moins de 25 contributeurs pour cet énorme ouvrage, traduit de l'anglais, qui en annonce deux autres au rythme d'une parution par semestre.

Le premier intérêt de cet ouvrage est, tout en approfondissant de très nombreux aspects franco-français de la Grande Guerre, d'adopter une orientation résolument internationale (ou plutôt "transnationale") qui en rend bien le caractère proprement mondial. Par ailleurs, il présente un très large panel d'approches et nous retenons cette phrase de Jay Winter, dans son avant-propos : "Quand les historiens prennent la plume, ils sont porteurs des interprétations accumulées par leurs collègues au fil du temps. Souvent, ils décident d'écrire à contre-fil, en opposition à elles, exaspérés par elles ... Le plus souvent, cependant, les historiens discutent, objectent et présentent dans leurs écrits un tableau du passé différent de ceux qui existent". Merci pour cet utile rappel.

Les 23 chapitres de ce volume sont organisés en trois grandes parties, introduites chacune par un ou deux historiens : "Récits 1914-1919" (Jay Winter), "Théâtre de guerre (Robin Prior), "Un monde en guerre (Jay WInter et John Horne, Annette Becker et Annie Deperchin). La première raconte en sept chapitres (une centaine de pages) l'ensemble du conflit, de ses origines aux suites de l'armistice, année par année, afin de donner à tous le cadre chronologique nécessaire. La seconde (environ 200 pages) porte successivement le regard sur les différents fronts, y compris ottomans, et se termine par une analyse de la guerre sur mer, puis dans les airs et enfin sur la question du commandement stratégique. La troisième (un peu moins de 250 pages) est divisée en deux sous-parties : "Empires et dominions" d'une part, "Droit, normes, violations" d'autre part. On apprécie que les différents contributeurs fassent très fréquemment référence dans leurs textes à une riche historiographie, essentiellement anglo-saxonne, références reprises en fin d'ouvrage pour chaque chapitre sous la forme d'essais bibliographiques, et c'est ici que l'on peut émettre un bémol : on constate que les auteurs français sont largement oubliés en dehors du champ socio-culturel. C'est donc parfois une analyse plutôt anglo-saxonne de l'évolution des situations militaires qui est proposée (ayant beaucoup travaillé sur la mobilisation industrielle, l'Afrique et le Moyen-Orient, je ne suis pas toujours d'accord avec certaines affirmations). 

Il n'en demeure pas moins que cette véritable somme (qui sera bien sûr discutée, comme Jay Winter le pressent en introduction) doit être connue de tous les amateurs. Elle apporte une contribution essentielle à la connaissance d'ensemble du conflit dans sa diversité et sa complexité, et doit à ce titre figurer dans toute bibliothèque bien tenue.

Fayard, Paris, 2013, 847 pages, 35 euros.

ISBN : 978-2-213-66878-9.

Une somme !
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15 novembre 2013 5 15 /11 /novembre /2013 08:00

De l'honneur et des larmes

Jacques Villégier

Un petit livre, modeste mais passionné. Et une troisième édition, ce qui témoigne de son succès.

Jacques Villégier nous raconte, en deux grandes parties, l’histoire d’une femme aussi discrète qu'exceptionnelle, Odette, et une aventure familiale et collective dans les années noires de l’Occupation. Dans la première, voici le récit de la vie des enfants juifs réfugiés au manoir du Couret, géré par la famille Lévy, en Haute-Vienne à partir de 1941, un de ces « Home d’enfants » comme il en naît alors en différents secteurs ruraux et isolés de la zone libre. Le couple d’instituteurs de l’école voisine de Traspont et une enseignante affectée en complément par l’inspection d’académie les préparent au certificat d’études (reproduction de lettres envoyées par les enfants ultérieurement), alors qu’à partir de 1942 les Allemands occupent toute la région et qu’un maquis se développe à quelques kilomètres de là. Odette, institutrice remplaçante, dont le père est actif dans la résistance, prend volontairement ses fonctions à la rentrée de 1943, pour trois mois, pour que cette classe particulière reste ouverte. Les lettres de la famille ou des enfants permettent de reconstituer sa vie et son itinéraire durant cette période et au cours des premiers mois de l’année 1944, jusqu’à sa mort, le 10 juin, à Oradour-sur-Glane. Mais, dans les décombres de l'église incendiée, son corps ne sera pas identifié. Dans la seconde, l’auteur retrace le parcours de la famille Couty au cours des jours, des mois et des années qui suivent pour retrouver sa trace et « vivre » malgré tout, en particulier sa mère qui décèdera en juin 1981.

Un petit volume touchant donc, un vrai témoignage de piété filiale et d’amitiés au-delà des années. L’ouvrage a les défauts de ses qualités : un sentiment de rédaction « à la va-vite », d'un seul trait, des aller-retour rapides, des répétitions. A lire non comme un livre d’histoire mais comme la retranscription du souvenir « brut » d’une tranche de vie, vue par les yeux d’un homme qui était alors un enfant.

Lavauzelle, Panazol, 2013 (3e édition), 143 pages. 14,90 euros.

ISBN : 978-2-7025-1597-6.

Don de soi
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14 novembre 2013 4 14 /11 /novembre /2013 06:30

Les opérations amphibies soviétiques

2e Guerre Mondiale - n° 51

Dans ce numéro dont la couverture fait directement référence au dossier de Benoit Rondeau (pp. 26-47) sur les unités parachutistes allemandes sur le front Ouest en 1944 (traitement équilibré du sujet), nous avons en particulier remarqué, sans doute parce que plus originaux, l'article de Vincent Bernard sur les "Débarquements soviétiques en mer noire. Entre théorie et artisanat", sujet pour nous totalement novateur et sur lequel nous ne connaissions quasiment rien ; et les textes de Stéphane Mantoux ("Histoire et mémoire des volontaires étrangers en Espagne. Combattre pour la République ou pour Franco") et de Benoit Rondeau ("Champs de batailles et objets militaires. A préserver ou à oublier ?") dans la rubrique Ecrire l'histoire.

 

Débarquements
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14 novembre 2013 4 14 /11 /novembre /2013 06:25

De quand ça date ?

Historia spécial - n° 14

Un peu de détente et retour à l'histoire des objets de la vie quotidienne avec ce numéro de novembre-décembre consacré à l'origine et à l'histoire des matériels les plus courants de notre environnement. Du réfrigérateur (1876) et de la machine à laver (1907) au tutu des danseuses (XVIIe s.) et au violon (XVIe s.), du pneu (1888) aux couches des bébés (1949), en passant par l'ours en peluche (1902) ou le tableau noir de nos écoles primaires (1801), plus de soixante objets retrouvent devant vous une origine et une histoire.

A lire pour se changer les idées et ne pas oublier l'aspect très concret des choses !

 

 

Amusant
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14 novembre 2013 4 14 /11 /novembre /2013 06:20

Itinéraire d'un pilote de la France Libre

Avions - n° 196

Dans ce numéro de novembre-décembre, le magazine propose en particulier un long article (pp. 38-51) sur la carrière de Claude Raoul-Duval dans les FAFL. On apprécie également le récit de la 'Croisière noire' transafricaine en 1933 qui "a marqué la naissance de l'armée de l'air". Enfin, un long article également sur Michel Coiffard, As français de la Grande Guerre.

 

Un siècle d'aviation
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Qui Suis-Je ?

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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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