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29 novembre 2014 6 29 /11 /novembre /2014 06:45

Raid sur Amiens

L’incroyable récit de l’opération Jéricho

Robert Lyman

Cet épisode tout à fait particulier des opérations aériennes alliées sur la France occupée en 1944 nous est contée par l’auteur de plusieurs ouvrages sur cette période (dont Opération Suicide en 2012 et Raid sur Saint-Nazaire en 2013 que nous chroniquions ici et ici). Il s’intéresse ici à l’histoire étonnante d’un raid aérien mené par les Britanniques en février 1944 contre la prison d’Amiens, et dont quelques pages on déjà été racontées dans la presse spécialisée.

Dès les premières pages, Robert Lyman nous précise que les appareils britanniques de type Mosquito volaient à 320 km/h à 10 mètres/sol alors que la hauteur des murs atteignait 6 mètres… De même, il dresse d’abord la liste des personnages qui, à un titre ou à un autre interviennent dans le récit qui suit, et précise en quelques mots leur rôle. Il décrit ensuite avec beaucoup de détails la situation de la résistance dans la région à l'hiver 1944, les réseaux britanniques, l'origine de cette opération, la planification initiale, les pilotes concernés, la situation dans la prison d'Amiens, les évasions qui suivent le raid aérien et le retour en Angleterre des appareils. La personnalité de Raymond Vivant, pour lequel aurait été conçu le raid, et celle de Dominique Ponchardier, du réseau Sosies, sont bien sûr évoquées à plusieurs reprises au fil du texte, et l'auteur se demande si, finalement, l'opération a bien été lancée à la demande de la résistance. Sa réponse ne fait pas de doute, et il relève qu'à la suite de l'opération sur Amiens d'autres opérations du même type ont été conduite par l'aviation britannique. Plusieurs cartes et annexes complètent l'ouvrage, ainsi qu'un glossaire et un index. On apprécie également les nombreuses références d'archives et la bibliographie (très majoritairement anglo-saxonne).

Ecrit avec talent dans un style agréable à lire, l’ouvrage tient presque autant du roman d’aventure que du livre d’histoire. Il peut donc présenter selon le lecteur les qualités et les défauts des deux et sembler aux uns ou aux autres plus ou moins référencé ou « grand public ». Il n’en demeure pas moins une étude d’ensemble d’un événement tout à fait particulier à partir duquel peut être étudiée la question bien plus large des rapports entre Londres et la résistance intérieure.

Ixelles éditions, Paris, 2014, 358 pages. 23,90 euros.

ISBN : 978-2-87515-226-8.

 

Raid aérien
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29 novembre 2014 6 29 /11 /novembre /2014 06:30

Des Vietnamiens dans la Grande Guerre

50.000 recrues dans les usines françaises

Mireille Le Van Ho

La prolongation de la guerre à partir de 1915 et l’ampleur prise par les conséquences immédiates du conflit à l’intérieur obligent les gouvernements successifs à recourir de façon de plus en plus large à la main d’œuvre coloniale. Parmi celle-ci, des dizaines de milliers de paysans issus de la Fédération indochinoise sont « engagés » puis transférés dans l’hexagone. C’est leur histoire que nous raconte Mireille Le Van Ho.

L’auteure, qui revient à plusieurs reprises très légitimement au début de son ouvrage sur les prises de position atypiques (« modernes ») pour l’époque du général Pennequin, fait un récit chrono-thématique de cette expérience. Partant des débats métropolitains sur le nombre de travailleurs et soldats que l’Indochine française pourrait fournir à la métropole, elle évoque ensuite les conditions de leur recrutement (avec les différences entre le discours « parisien » et la réalité de certaines modalités locales), l’organisation de leur transport vers la France puis leur première précaire installation à partir de leur arrivée au dépôt de Marseille. Soulignant que leur gestion est curieusement associée à celle des travailleurs chinois, elle analyse ensuite les conditions de vie quotidienne, dont le moins que l’on puisse dire est qu’elles ne sont pas à l’honneur de la France, leur encadrement disciplinaire, leurs relations avec les autres contingents coloniaux arrivés en particulier d’Afrique du Nord ou d’Afrique noire. Le transfert assez massif de quelques 90.000 hommes (en comptant les soldats et troupes combattantes) en métropole se traduit bien vite sur le terrain à la fois par des oppositions, voire des heurts, avec les milieux ouvriers et syndicaux français mais aussi par une meilleure connaissance et des échanges réciproques, porteurs de transformations et de changements futurs que les milieux coloniaux craignent et tentent d’anticiper. Si ce séjour métropolitain est souvent placé sous le signe de stéréotypes raciaux qui aujourd’hui font sourire, sur les qualités et les défauts supposés des Annamites ou des Tonkinois, leur prégnance explique (avec l’objective modicité des moyens matériels disponibles) une distorsion permanente entre le discours officiel, très paternaliste, et la réalité vécue. Certains points positifs sont indiscutables (progression significative du taux d’alphabétisation par exemple) sont à mettre en parallèle avec la dureté des conditions de travail et de vie. C’est en fait une mosaïque complexe qui se dessine, entre progrès et acculturation, avantages et inconvénients, réussites et échecs, acceptation ou rejet de l’autre, dont les échos ultérieurs contribueront à ébranler la domination coloniale : comment admettre que rien ou presque ne change en Indochine à partir du début des années 1920, alors que le séjour en métropole a été l’occasion de découvrir un véritable « autre monde » politique et social et que les promesses faites, pour la plupart, ne seront pas tenues… Les difficultés indochinoises de l’entre-deux-guerres, les révoltes du début des années 1930 et au-delà le développement d’un double sentiment à la fois révolutionnaire et national trouvent indiscutablement leurs racines dans cette période 1915-1919.

Si le ton et le style du livre peuvent en plusieurs passages donner le sentiment que l’auteure met plutôt en lumière les aspects négatifs (dont témoigne dans le titre l'usage du mot "Vietnamien", relativement anachronique), avec une administration civile ou militaire aveugle aussi bien aux besoins élémentaires de ces populations qu’aux changements intellectuels et sociaux qui se déroulent sous ses yeux, l’ouvrage est très solidement documenté, fourmille de chiffres et d’exemples précis, s’appuie sur un large corpus archivistique et documentaire, dont témoigne l’ampleur des sources et de la bibliographie présentées à la fin du livre. Une étude qui mérite indiscutablement d’être connue.

Vendémiaire, Paris, 2014, 317 pages, 20 euros.

ISBN : 978-2-36358-118-1.

Travailleurs indigènes
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28 novembre 2014 5 28 /11 /novembre /2014 06:15

La mobilisation des champs et des usines

durant la Grande Guerre

Mino Faïta et Jean-François Vérove

Ouvrage original que celui dans le cadre général de la production éditoriale sur le thème de la Grande Guerre, puisqu'il traite à la fois d'un thème particulier (l'agriculture et l'économie rurale) mais aussi d'une région spécifique qui n'est pas la première à laquelle on pense au sujet de 1914-1918 : la Savoie.

La première phrase de l'introduction donne le ton, que l'on retrouve d'ailleurs dans nombre de productions locales ou régionales et qui témoigne de l'ampleur des traces laissées par la Grande Guerre dans tout le pays : "Les campagnes de Savoie n'ont, bien sûr, pas été touchées par des combats qui se déroulent au loin, mais l'agriculture savoyarde a subi la guerre de plein fouet puisqu'elle est fortement sollicitée par les pouvoirs publics pour se mettre au service de la victoire finale". A partir de ce constat, les auteurs organisent leur ouvrage en deux grandes parties, dont il assurent séparément la rédaction : "Les champs à l'ombre de la guerre" (Jean-François Vérove) et "Combattre et produire" (Mino Faïta). Tandis que la première s'intéresse presque exclusivement à l'agriculture, la seconde s'intéresse au monde de l'artisanat, de la petite industrie et des aciers spéciaux qui bénéficieront en fin de période du développement de l'hydroélectricité. La première partie est sans doute (à notre sens) la plus novatrice. En effet, il existe déjà des études relatives à la mobilisation industrielle (mais tout l'intérêt de l'ouvrage est de préciser ici des données régionales particulièrement utiles). Par contre, il n'existe pas dans la bibliographie récente d'approche économique de la question agricole en temps de guerre et ce chantier est très largement novateur. Dans les deux parties, le rôle des institutions étatiques est souligné, le développement de l'action de la puissance publique (en dépit de ses aléas et de ses hésitations parfois erratiques) est mis en valeur, les évolutions sociales et humaines que cela implique sont soulignées. Jean-François Vérove revient en particulier sur la réalité des approvisionnements dans les campagnes, sur les effets de l'inflation, sur les profiteurs de guerre du monde agricole (car il y en a, même si l'auteur très justement relativise cette notion), sur l'effets des soldes, primes et indemnités versées par l'Etat : "Les indemnités ne réparent pas le deuil, mais elles sont attribuées, elles sont reçues et elles sont réinvesties dans la ferme. Tout simplement. Le principe de réalité l'emporte, il n'y a à culpabiliser personne". La vie continue. De même, dans sa partie, Mino Faïta évoque par exemple la véritable course aux contrats d'armement des petits industriels, qui manquent bientôt de bras (d'où les questions d'embuscage ou le recours aux coloniaux dans le cadre plus général de la crise des effectifs), ou les transformations du monde de l'artisanat de l'horlogerie qui passe à la fabrication des fusées d'artillerie : "Même diminués, menacés, effacés même par des choix destructeurs, certains héritages demeurent un siècle après, en témoignent encore la vallée de l'Arve du décolletage, puis l'hydroélectricité, une production d'énergie plus que jamais à l'ordre du jour par son exemplarité".

En résumé, un petit ouvrage qui parait très spécifique, mais d'un réel intérêt sur des thématiques essentielles pour "la nation en guerre".

Editions de l'Astronome, Thonon-les-Bains, 2014, 151 pages, 16 euros.

ISBN : 978-2-916147-89-5.

Agriculture de guerre
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28 novembre 2014 5 28 /11 /novembre /2014 06:00

Roi de France,

de Charles VIII à Louis XVI

Michèle Fogel

Comment caractériser cette fonction très particulière qu'est celle de roi de France ? Chef militaire, mais aussi majesté chrétienne, pater familiae mais aussi diplomate, oint avec l'huile sacrée à Reims, dès lors au-dessus des hommes... et donc solitaire.

Le livre que nous propose Michèle Fogel est ainsi tout à fait passionnant en ce sens qu'il ne se limite pas à une série de fiches biographiques plus ou moins reliées en elles. L'ouvrage est ainsi divisé en trois grandes parties thématiques ("L'imprévisible accession au trône", "L'élévation et la distance", et "Exercices du pouvoir : le roi et la guerre") au cours desquells nous effectuons avec l'auteur des aller-retour dans le temps long de l'histoire de la monarchie, à la recherche de ses fondamentaux et de ses caractéristiques. Plusieurs chapitres, comme ceux qui traitent des lignages, de la politique matrimoniale (et les montages financiers des contrats qui l'accompagnent), de l'attente d'un héritier mâle, de la cérémonie du sacre, du gouvernement et de l'exercice du pouvoir (y compris dans les périodes de régence), ou de la nécessité pour chaque souverain d'être aussi un chef militaire (et l'on reprochera à Louis XV de ne pas l'être) sont tout particulièrement intéressants. Au-delà du monarque lui-même, on apprend ainsi qu'en créant la charge de grand Prévôt de France, Henri III lui donne pour mission de "faire régner l'ordre dans un rayon de dix lieues autour de sa personne", exigence qui en dit long sur l'état général du royaume dans la deuxième moitié du XVIe siècle... Qu'il s'agisse des guerres de la péninsule italienne sous les Valois, ou de la vie à Versailles sous les Bourbons, le livre est plein de détails, d'anecdotes, de petits faits qui viennent étayer un raisonnement plus large.

Pour moins de dix euros, une approche originale d'une monarchie pluriséculaire. 

Folio Histoire, Paris, 2014, 586 pages. 9,40 euros.

ISBN : 978-2-07-035646-1.

Le roi est mort, vive le roi !
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27 novembre 2014 4 27 /11 /novembre /2014 06:15

Six frères dans la guerre

Lettres du front de Paul Hannecart

Stéphane Demilly et Mathieu Geagea

Nouvelle édition de lettres d'un poilu à partir d'archives familiales pieusement conservées, et nouvelle publication qui illustre, encore, la grande diversité des sentiments, des pensées, des émotions des soldats de la Grande Guerre, difficillement réductible à quelques mots.

Des premiers jours d'octobre 1914 à la fin de mois de février 1917, Paul Hannecart puis son frère ont écrit avec plus ou moins de régularité des lettres parfois longues, dont un quelques unes ont été sélectionnées pour les besoins de ce volume. Il(s) est (sont) le(s) représentant(s) d'une fratrie de six garçons, dont trois ne reviendront pas. Entre chaque lettre reproduite, les co-auteurs brossent le tableau du contexte et présentent la situation, aussi bien d'ensemble que localement. Ainsi, après les durs combats de l'hiver 1914-1915 : "Aprés quatre mois passés au front d'Argonne dans une lutte incessante, coupés par d'insuffisants repos, l'état humain et matériel du régiment présente un déséquilibre inquiétant. Les effectifs ont diminué dans une proportion qui varie, pour chaque bataillon, du tiers à la moitié, des cadres sont à former, et le matériel, tant l'habillement, l'armement que l'équipement, est à remplacer, réparer ou renouveler en entier". Globalement, le texte propre des lettres ne doit pas excéder de beaucoup la moitié de la pagination. L'un des principaux intérêts de l'ouvrage réside aussi dans la reproduction d'un certain nombre de dessins et croquis très précis que Paul Hannecart réalise au fur et à mesure de ses déplacements et de ses découvertes. Les matériels du combattant (aspect technique ?) en particulier semblent retenir son attention : grenades et bombes de différents types, pétards et "raquette lance-pétard", passerelles de fortune, etc. On en vient presque à regretter que ces reproductions imagées ne soient pas plus nombreuses, alors qu'elles illustrent semble-t-il abondamment les carnets originaux. Beaucoup d'éléments sur l'artillerie dans les lettres à son frère, moins d'informations strictement militaires dans celles à ses parents, ce qui confirme une tendance lourde bien connue à éviter de parler crûment de la guerre avec l'épouse et les parents.

Un nouveau témoignage de combattant qui complète utilement notre bibliothèque.

Editions Privat, Toulouse, 2014, 201 pages. 14,50 euros.

ISBN : 978-2-7089-0545-0.

Lettres de famille
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27 novembre 2014 4 27 /11 /novembre /2014 06:00

1812

La campagne tragique de Napoléon en Russie

Adam Zamoyski

Paru en anglais il y a 10 ans, ce livre imposant méritait d'être traduit et édité en France. Sorti un peu à contre-temps par rapport aux commémorations, peut-être trouvera-t-il par ce biais un public plus important ?

Spécialiste du XIXe s. et de la Pologne, dont sa famille est originaire, Adam Zamoyski rappelle dans son introduction l'importance et le gigantisme de cette campagne à l'époque, mais aussi qu'elle fut aussitôt récupérée par les propagandes opposées et que "les membres des deux camps s'étaient comportés avec une sauvegerie qu'aucune des deux nations n'avait envie de regarder en face". Il appuye ensuite son récit, en 25 chapitres, sur une foultitude de témoignages de toutes nationalités d'acteurs et de témoins, ce qui permet en particulier de ne pas suivre la campagne avec le point de vue d'un seul côté. Le livre commence avec la naissance du roi de Rome, en 1811, qui symbolise en quelque sorte l'apogée de l'empire (brièvement) en paix et se termine avec l'arrivée de l'empereur défait aux Tuileries en décembre de l'année suivante. A travers tout le récit des opérations, via Vilna, Moscou, Smolensk et jusqu'à la Bérézina, l'épopée prend vie, prend chair et les fréquentes références faites à des événements proches (chez les Russes, sur les ailes, autour de l'empereur, etc.) contribuent à contextualiser les opérations. On a confirmation (ou en apprend) de nombreux éléments sur les généraux et maréchaux de l'empereur (lui même comparé dès Borodino à "un vieil homme fatigué", ce que peu d'ouvrages évoquent), mais aussi sur le haut commandement russe et le tsar en personne, son refus de négocier, et sur cette propension des deux belligérants à se proclamer victorieux à la suite de chaque engagement indécis. De même, le processus qui conduit à la regrettable décision de rester (trop longtemps) à Moscou est précisé. Au cours de la retraite, les différentes phases sont clairement expliquées, en particulier les jours qui précèdent le franchissement de la Bérézina. Plus de vingt cartes complètent et illustrent ce travail, qui bénéficie aussi d'un cahier photos central, d'un index et d'une belle bibliographie. En conclusion, l'auteur souligne que, même si le chemin devait encore être long, cette irruption de l'armée française (et en quelque sorte avec elle des idéaux de la révolution) contribua à accroître les revendications d'émancipation de la population rurale russe, ce qui pourrait paraître excessif.

Un livre bien écrit (et bien traduit), complet, qui ne pourra qu'être très apprécié par tos les amateurs de la période impériale.

Editions Piranha, Paris, 2014, 654 pages. 26,50 euros

ISBN : 978-2-37119-001-6.

Epopée et tragédie
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26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 06:20

Les années évanouies

Carnets de guerre, 1915-1919

Robert Fernier

Robert Fernier appartient à la classe 1915 appelée par anticipation sous les drapeaux dès la fin de l'année 1914 et il rejoint au milieu de ce même mois le 15e BCP. Ses lettres à sa famille constituent le corps du volume.

Les courriers couvrent la période mai 1915 - juillet 1919 et le livre se termine sur quelques épisodes racontés ultérieurement (années 1960) alors que le poilu devenu vieux souhaite faire partager ses souvenirs. Tout au long de la campagne, il sert sur (presque) l'ensemble du font occidental, de Champagne en Flandres et de Picardie aux Vosges, jusqu'au sud de l'Alsace et à l'Aisne, jusqu'à la frontière franco-allemande à la fin de la guerre et à la garde des prisonniers allemands. Il est à Verdun au printemps 1916 ("Nous sommes arrivés depuis hier soir en réserve dans un fort à deux kilomètres des lignes. Nous y sommes arrivés en laissant malheureusement deux poilus tués. Le secteur commence pourtant à se réorganiser. Des boyaux sont dessinés et assez profonds souvent pour être un lieu de garantie", 2 avril), puis sur la Somme à l'automne ("On travaille à aménager la position sous une pluie battante. Il pleut à verse la nuit. Dans quel état étions-nous ? Aussi sales que cet hiver, grelottants, on se laisse sécher un peu par le soleil dans la matinée. L'après-midi, l'ordre arrive de continuer l'attaque. C'est notre tour. En avant, on part d'une autre tranchée à 500 m. plus loin, non sans avoir passé dans un endroit excessivement dangereux par les obus qui labourent tout", 9 septembre). A l'arrière dans la région de Franche-Comté au printemps 1917, il revient sur le front au mois de mai. L'ouvrage alterne courriers familiaux et carnets personnels, et dans ceux-ci il parle des refus d'obéissance ("Ah ! Messieurs de la guerre à outrance, voilà où vous arrivez : à faire révolutionner l'armée, parce que la guerre est trop longue et est surtout trop une boucherie"). A la même époque, il reçoit une citation et le droit au port de la croix de guerre pour fait d'armes sur la Somme, huit mois plus tôt. Stationné dans les Vosges au début des offensives allemandes du printemps 1918, il rejoint ensuite les fronts de l'Oise et de l'Aisne alors que les Allemands ont repris la guerre de mouvement et progressent ("L'idée de la mort, la mort elle-même encore présente à nos esprits, me hante ! Les camarades, tués, blessés, prisonniers, dont le souvenir est en moi si vivant, ne font qu'aviver cette pensée. Oh ! On ne regrette pas les morts, ils sont heureux. On pense simplement à eux dans un but égoïste"). Avec l'automne revient le temps des victoire et une hausse spectaculaire du moral ("Des Américains sont à notre gauche. Tant mieux", 2 octobre), l'attente de l'offensive remise de jour en jour au milieu du mois et la résistance allemande qui s'accroche au terrain ("Nous avons attaqué hier et ce matin. Nous n'avons pu que nous faire massacrer sur des réseaux de fils de fer", 26 octobre). Après l'armistice ("Tout est fini ! La guerre est morte d'elle-même... Vive la paix ! Vive la vie !", 12 novembre), les courriers s'espacent et c'est à la garde d'un camp de prisonniers allemands dans l'Aube que le trouve la démobilisation.

Un beau témoignage qui, en alternant lettres familiales et notes personnelles, permet aussi de faire le lien entre ce que les poilus écrivent à leurs proches et ce qu'ils retiennent pour eux.  

Cabédita, Divonne-les-Bains, 2014, 207 pages, 22 euros.

ISBN : 978-2-88295-700_9.

Commander directement chez le diffuseur : ici.

Lettres d'un poilu ordinaire
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26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 06:00

Le passé de la Russie est imprévisible

Journal de bord d'un enfant du dégel

Andreï Gratchev

La production actuelle est à la fois quantitativement et qualitativement très intéressante sur le monde slave et l'histoire russe. Ce volume de témoignage, qui vient combler un creux de l'époque Kroutchtchev-Brejnev- Gorbatchev, en est une nouvelle preuve.

Après avoir rapidement présenté ses premiers souvenirs d'enfance durant la Grande Guerre patriotique et sous Staline, Andreï Gratchev nous raconte sa jeunesse et son temps de jeune adulte à partir de 1954, début de "l'ère du dégel". Nous y retrouvons avec quelques évolutions la suite logique des témoignages déjà publiés sur la période antérieure, mais avec des adaptations progressives (apprentissage de l'anglais, écoute clandestine de Radio Liberty, mais toujours la pression de l'Etat totalitaire) : "Des millions de Soviétiques furent redevables à Krouchtchev d'un changement bien concret : la construction de logements individuels avec toilettes, salle de bain et (même !) l'eau chaude", la fin des appartements collectifs marquant en quelque sorte le début de la désagrégation du système stalinien. Au fil des chapitres qui suivent, l'auteur raconte rapidement son entrée dans la vie active et publique, ses souvenirs de la période Brejnev  et en arrive, p. 235, à l'avènement de Gorbatchev, dont il ne faut pas oublier pour apprécier la suite qu'il fut le porte-parole, l'un des conseillers politique et le dernier conseiller de presse. Tout en défendant le bilan et l'héritage de son mentor, il souligne les contradictions qui traverse le groupe de ses partisans (les "réformateurs"), s'étend sur les conséquences (très diverses) de la chute du mur de Berlin et l'année 1989 ("L'année où l'époque s'est détraquée"), et l'on constate que Gorbatchev en fait accompagne ou entérine simplement les évolutions plus qu'il ne les suscite. Nous suivons (pour l'essentiel de l'intérieur) les heures (parfois dramatiques, toujours tendues) de disparition de l'URSS (voir l'anecdote des "S" successifs à rajouter à URSS, p. 308), Elu sans être candidat et en son absence au dernier comité central du PCUS et de l'URSS, il suit par le détail le putsch minable de 1991, la prise du pouvoir par Eltsine (toujours un peu par hasard), les relations entre les deux hommes, l'émergence des parlements nationaux et l'implosion de l'URSS. Le bilan est en demi-teinte : "Tel le mystérieux météorite de la Toungouska, la 'comète Gorbatchev' a traversé le ciel de la politique russe et du monde, laissant derrière elle des kilomètres d'arbres tombés dans la taïga et un profond cratère qui s'est rempli peu-à-peu d'eau sale. Comment expliquer ce qui est arrivé à cet énorme pays, superpuissance menaçante et dernier empire du monde ?". Puis la France est devenue une "deuxième patrie"... 

Ce livre de témoignage, qu'il faut nécessairement passer au crible de la critique et de la comparaison avec les autres sources, n'en reste pas moins fondamentalement intéressant et important pour comprendre les évolutions les plus récentes de la Russie, analysées par un apparatchik devenu adepte de la liberté..., sans oublier la grandeur de sonn pays.

Alma éditeur, Paris, 2014, 518 pages, 25 euros.
ISBN : 978-2-36279-127-7.

Illusions et dégel
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25 novembre 2014 2 25 /11 /novembre /2014 06:15

Charles le Téméraire

Duc de Bourgogne (1433-1477)

Marcel Brion

Réédition d'un ouvrage publié pour la première fois en 2006, ce volume format poche nous offre, pour un prix modique, une biographie (et plus qu'une biographie) du dernier duc de Bourgogne.

Adversaire déterminé du roi de France, Charles le Téméraire rêve de faire des Etats de Bourgogne une nouvelle Lotharingie au centre de l'Occident. Grand féodal dont les terres s'étendent de Mâcon en Frise orientale et de Boulogne à l'est de Mulhouse, il est parfaitement représentatif selon l'auteur de la fin d'une époque : "Le jeu complexe des allégeances féodales a fait d'eux (les ducs de Bourgogne) pour certains de leurs domaines, des vassaux de l'Allemagne et des vassaux de la France, mais ce qui domine, c'est le sentiment farouche de l'indépendance, une puissance d'orgueil inimaginable, un dévouement sans limites à leur vocation d'individus, et d'individus héroïques, en même temps que la conscience des intérêts de l'Etat sur lequel ils règnent et auquel ils appartiennent, qui n'est plus la france mais la Bourgogne". Le livre suit fort logiquement la progression chronologique. Né comte du Charolais, formé à la dure vie des chevaliers et l'esprit plein de récits héroïques, il s'oppose très tôt à son cousin Louis XI et poursuit l'oeuvre créatrice de son père d'un Etat bourguignon important, souverain, au risque de menacer parfois presque mortellement le royaume de France dont il est issu. De Dinant à Péronne et à Bruges, il fonde un Etat moderne (ses ressources personnelles sont distinctes des finances du duché), marié à une princesse anglaise (ce qui aurait pu en faire un des arbitres de l'équilibre européen), il travaille à la création d'une armée permanente. Là réside l'une des causes de la rupture avec certains de ses vassaux et avec sujets, car qui dit armée permanente dit impôts réguliers... Après avoir envisagé le projet (un peu fou mais si épique) de "royaume rhénan", c'est aux Suisses qu'il se heurte, et c'est aux Suisses qu'il revient d'abattre dans une ultime bataille cette étoile filante de l'histoire européenne. Son armée, au sein de laquelle les mercenaires à la fidélité douteuse constituent plus de la moitié de l'effectif,  n'est plus en mesure de résister : "Il sait que toute l'Europe est liguée contre lui, qu'il n'a plus un allié, plus un ami, plus un partisan".

Un livre d'histoire qui se dévore comme un roman. L'auteur est (bien sûr) pétri d'admiration pour son héros et les critiques sont peu nombreuses, mais on se prend facilement à rêver aux chevauchées de la Suisse en Flandres ou aux combats autour de Nancy. Un plaisir (accompagné d'une vraie bibliographie).

Coll. Texto, Tallandier, Paris, 2014, 349 pages, 10 euros.
ISBN : 979-10-210-0711-6.

Grand duc d'Occident
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25 novembre 2014 2 25 /11 /novembre /2014 06:00

La Grande Guerre des aviateurs

Gilles Aubagnac et Clémence Raynaud (Dir.)

A la fois catalogue de l'exposition éponyme qui se tient au musée de l'air et de l'espace et ouvrage en tant que tel, cet ouvrage divers et fort bien illustré nous présente l'arme aérienne (ou l'aéronautique militaire) de la Première Guerre mondiale.

Une quinzaine de contributeurs au total pour cet ouvrage collectif qui s'ouvre sur une comparaison par Nicolas Beaupré des "Aviateurs et écrivains de la Grande Guerre (France, Allemagne) et se termine par une évocation grâce à Denis Rolland sur "Les aviateurs et la mise au point des avions en 1914-1918". Avec le sens du travail soigné et fni qui caractérise les travaux antérieurs de Gilles Aubagnac, les meilleurs spécialistes français de ces questions traitent de l'évolution de la guerre aérienne, de la naissance et du développement de ses spécialités, de l'état d'esprit des aviateurs et de leur entourage comme de leur mode de vie, de leur recrutement et de leur formation aussi bien que des insignes des unités ou du développement industriel.

Facile et agréable à lire, voici un excellent moyen de faire rapidement un point sur "la cinquième arme", selon l'expression utilisée dès 1912 dans La France Militaire, son emploi, ses transformations et ses personnels durant la Grande Guerre (d'autant que la production éditoriale sur le sujet reste relativement maigre).

EMCC éditions, Lyon, 167 pages, 22 euros.

ISBN : 978-2-35740-352-9.

Pour mémoire, l'exposition du musée de l'air et de l'espace : ici.

Les As, et les autres
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doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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