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4 décembre 2013 3 04 /12 /décembre /2013 06:25

Approches de la géopolitique

De l'Antiquité au XXIe siècle

Hervé Coutau-Bégarie et Martin Motte (Dir.)

Un livre (presque) posthume. Pas moins de vingt-cinq contributeurs, d'origines les plus diverses et aux parcours les plus variés, pour un volumineux volume que la maladie d'Hervé Coutau-Bégarie ne lui avait pas permis de mener à son terme.

Après une première partie ("Epistémologie de la géopolitique") dans laquelle les deux co-directeurs s'efforcent avec finesse de définir, dans le temps long et par rapport aux autres disciplines, ce qu'est la géopolitique, l'ouvrage est divisé en trois grandes parties chronologiques. Parmi tous ces textes, plusieurs méritent à notre sens d'être relevés. La première partie, "Préhistoire de la géopolitique", nous entraine de la Grèce antique ("Le monde grec a-t-il connu la géopolitique ?", Jean-Nicolas Corvisier) à l'Allemagne du début du XIXe siècle ("Friedrich List : un faux prophète ?", Séverine-Antigone Marin). Nous y découvrons une analyse intéressante des idées de Vauban ("Le maréchal de Vauban, premier géopoliticien français ?", Olivier Kempf), et les écrits du général italien Durando, très influent lors de l'unité politique de la péninsule ("Le général Giacomo Durando (1807-1894), inventeur de la géostratégie et précurseur de la géopolitique", Sébastien Lemée). La troisième partie, "La première géopolitique", s'attache à décrire cet âge d'or qui court globalement sur un siècle entre le milieu du XIXe et le milieu du XXe s. Anne et Martin Motte mettent en relief l'importance de la voie ferroviaire ("Géopolitique du chemin de fer") et sa place dans la réflexion militaire comme dans les projets impérialistes. Jean-José Ségéric revient sur Mahan, Jean Klein sur les conceptions gouvernementales allemandes du Guillaume II à Hitler, Hervé Couteau-Bégarie sur Castex, Marc Levatois et Serge Gadal respectivement sur le rôle et la place de la puissance navale et de l'aviation. Enfin, la dernière partie nous entraine de 1945 à l'après-guerre froide, avec des focus particuliers sur le poids des idéologies, les différentes conceptions de la puissance, et les premières analyses (démenties) de l'immédiat après-guerre froide.

On pourra être, bien sûr, en désaccord avec telle ou telle analyse de l'un ou l'autre des auteurs, mais tous les textes sont parfaitement bien référencés et chaque article (de facture classique) est construit pour appuyer un raisonnement ou une démonstration. La lecture de l'ensemble, même élément par élément, est donc particulièrement riche et l'ensemble donne un document de grande qualité.

Un livre (presque) posthume. Un livre hommage; Un livre particulièrement utile, qui honore la mémoire du co-directeur trop tôt disparu.

Economica, Paris, 2013, 725 pages, 39 euros.

ISBN : 978-2-7178-6654-4.

Hommage à un maître
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3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 06:30

Les enfants de Sidi-Ferruch

Chronique de la dernière guerre de l'armée française

Jean-Pierre Hutin

Un livre étonnant, tant sur le plan de la forme que de la construction ou du vocabulaire. Un livre atypique dont on ne sait pas très bien dans quelle catégorie le classer. Un livre entre souvenirs personnels et considérations plus larges, à la San Antonio, Un livre qui parle d'une expérience particulière de la guerre d'Algérie, mais pas que de la guerre d'Algérie.

Engagé volontaire au 3e régiment de parachutistes coloniaux, Jean-Pierre Hutin laisse aller sa plume. Le récit est plus ou moins chronologique, avec des phrases (ou des morceaux de phrases) brèves, parfois sans verbe, suivies de points de suspension, et des paragraphes tout aussi brefs. Du Céline de super-marché ? Même pas, un reste de pudeur l'interdisant sans doute. Ni numérotation, ni titres pour les chapitres, mais une succession de descriptions qui ouvrent la porte à des commentaires divers. Vous croiserez le planqué, vous suivrez le séjour à l'hôpital, vous aurez la description de l'opération tactique et celle du bordel, les scènes de saoulerie et le copain blessé ou tué, le chef bien sûr charismatique et le vieux sous-officier présenté comme une référence, les bagarres et les commentaires douteux sur le député, une charge de sangliers et la boîte de ration, etc... Honnêtement, la publication fait sans doute plasir à l'auteur, je ne suis pas persuadé qu'elle apporte beaucoup à la connaissance du milieu et de l'époque. Ramener "l'esprit Léopard" à ce niveau est pour le moins réducteur. Et dommage.

Pour les amateurs de souvenirs troupiers reformatés et enjolivés par les années écoulées. Ou alors, en exemplaire unique, en témoignage de ce que peu donner l'expression orale dans les popotes, simplement transcrite à l'écrit. En tout état de cause, nous sommes étonnés, mais pas convaincus. Même si le "luron" est souvent sympathique et peut faire sourire.

R. P.

Editions Le Spot, Nice, 2013, 188 pages, 18 euros.

ISBN : 978-2-9541232-4-0.

Esprit "Léopard" ?
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3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 06:25

Guerre du Vietnam :

la faute à Kennedy ?

Laurent Pericone

J. F. K., qui a fait passer le nombre de "conseillers" militaires américains au Sud-Vietnam de 680 à 17.000 est-il responsable de l'engagement américain en Extrême-Orient ? Etait-il un homme de paix ou de guerre ? La polémique continue.

Laurent Paricone organise son livre en trois grandes parties chronologiques : "1961, la poudrière", "1962, l'illusion de l'efficacité", et "1963, en plein bourbier". Chacune comporte trois ou quatre parties qui permettent de détailler certains aspects, comme le chapitre 2 : "Les hommes du président : les meilleurs et les plus intelligents ?", qui nous montre l'entourage civil et militaire, les conseillers, leurs caractéristiques et leurs limites. De même le chap. 3, "Diem, l'homme incontournable du Sud-Vietnam", qui fait le point sur ce personnage dont le nom est connu mais que auquel peu d'auteurs prennent le temps de s'intéresser. Durant le mandat de Kennedy, la priorité (ou la communication) est mise sur l'emploi des unités spéciales et une action que l'on peut déjà qualifier de "contre-insurrectionnelle". Il n'est pas encore question de déployer de grandes unités combattantes et, d'ailleurs, le président ordonne même le rapatriement de quelques centaines de "conseillers" américains. Mais, pour l'auteur, "le pli est pris". De même, il souhaite obtenir au cours d'un second mandat un règlement politique du conflit. Alors, Kennedy responsable ? Finalement Laurent Pericone ne tranche pas, et sans doute a-t-il raison. Il est bien difficile de dire que les décisions prises en conduite, et souvent en réaction aux événements, pendant la durée de son mandat correspondaient à une volonté "offensive" ou à un souci de simplement aider à limiter la progression du Vietcong.  Peut-être peut-on considérer que J. F. K. a initié un processus qu'il n'envisageait pas de mener à son terme ?

En accordant une place importante à la fois au rôle des proches du président, aux analyses des déficiences sud-vietnamiennes et aux handicaps du régime Diem, l'ouvrage est d'un réel intérêt pour cette période qui précède l'engagement massif de l'armée américaine et qui ne fait en général l'objet que de quelques lignes. A lire avec intérêt et à croiser, bien sûr, avec d'autres livres qui donnent une image toute autre de Kennedy.

Economica, Paris, 2013, 143 pages, 19 euros.
ISBN : 978-2-7178-6644-5

Responsabilité de Kennedy ?
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3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 06:20

La gendarmerie nationale

face à la piraterie et au terrorisme maritime

Colonel R. H. Carter

Conférence du jeudi 5 décembre à partir de 16h30, dans le cadre du séminaire "Armée, guerre et sécurité dans les sociétés, de l'Antiquité à nos jours". Maison de la recherche, 28 rue Serpente, 75006 Paris.

Renseignements et contact : ici.

Lutte anti-piraterie
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2 décembre 2013 1 02 /12 /décembre /2013 06:30

Françaises en guerre

1914-1918

Evelyne Morin-Rotureau (Dir.)

Ce livre, fort riche au demeurant, présente les avantages et les limites des études "de genre" sur des sujets infiniment plus larges et plus complexes. Si les femmes jouent effectivement un rôle très important pendant la Grande Guerre, et que nul depuis bien longtemps ne songe plus à nier, on peut regretter le ton parfois "militant" de certaines phrases ou expressions, qu'il s'agisse du féminisme ou du pacifisme, positions très minoritaires.

Il n'en demeure pas moins que les différents articles rédigés par les onze contributrices et le contributeur (puisqu'il semble nécessaire de faire la distinction) sont souvent très intéressants. Organisé en cinq grandes parties, l'ouvrage s'intéresse successivement à "La vie publique", "La vie privée", "Les femmes sous l'Occupation", "Une guerre émancipatrice?" et "Une femme nouvelle". Toutes les grandes thématiques sont bien sûr abordées, les fonctions "emblématiques" présentées et les inévitables articles sur Edith Cavell ou Louise de Bettignies bien évidemment présents. Plus originaux peut-être et dans des genres très différents, les textes sur "La solitude des veuves de guerre" (avec la dramatique question des aides et pensions), "Des Américaines en Picardie" (avec Anne Morgan et le Comité américain des régions dévastées), ou "La guerre crée une mode audacieuse" (sous fortes contraintes économiques et de matières premières) apportent des éclairages parfois inattendus. Au final, après l'armistice, se situation tend très rapidement à retrouver les usages et habitudes de "l'ordre ancien" et l'entre-deux-guerres ne verra que fort peu de progrès pour les femmes françaises.

Un album bien illustré, synthétique, qui traite de façon large (mais parfois engagée) d'un aspect important de la vie de la société et du pays à l'arrière. 

Autrement, Paris, 2013, 222 pages, 30 euros.

ISBN : 978-2-7467-3538-5.

Munitionnettes et garçonnes
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2 décembre 2013 1 02 /12 /décembre /2013 06:25

L'Orchestre noir

Enquête sur les réseaux néo-facistes

Frédéric Laurent

Cette réédition à partir d’un texte pour l’essentiel publié en 1978 entre désormais dans la catégorie des livres d’histoire, puisque l’ouvrage s’intéresse désormais à des événements vieux d’une trentaine ou d’une quarantaine d’années. Mais il y entre avec les faiblesses d’un livre rédigé à une époque où les travaux sur le sujet tenaient plus de l’investigation journalistique que de la recherche historique. Comme le précise en première page du livre une note liminaire, certains aspects paraissent effectivement datés.

L’ouvrage s’intéresse à la nébuleuse des extrémistes les plus radicaux de l’extrême-droite européenne, de la fin de la Seconde guerre mondiale à la stratégie de tension dans l’Italie des années 1970. La première partie (« De la guerre à la guerre froide ») est consacrée en quelque sorte au passage de témoin entre les dirigeants de la génération compromise dans la guerre et les « petits gradés » du fascisme ou les plus jeunes rapidement repérés par les services occidentaux (américains en particulier) et réutilisés au nom de l’anticommunisme. La seconde traite des conséquences des guerres perdues de décolonisation auprès de quelques militaires de différents grades (et civils), dont l’OAS et ses réseaux dans la péninsule hispanique constituent l’exemple mis en avant. Les deux suivantes (« Aginter-Presse : les mercenaires de l’ordre nouveau » et « Italie : le coup d’Etat permanent ») se focalisent sur la structuration de ces réseaux au plan international et leurs actions, en Afrique et en Amérique latine en particulier. Il insiste longuement sur les attentats qui ensanglantent la péninsule italienne et le peu de résultat des enquêtes conduites. La dernière enfin (« L’Orchestre noir : service ‘action’ de la droite à travers le monde »), commence avec une présentation de la Ligue anticommuniste mondiale, et se poursuit avec l’évocation d’agences espagnoles ou portugaises inévitablement liées aux mercenaires en Afrique et à des groupuscules plus ou moins sulfureux. La postface, rédigée en 2013, consiste en fait en une présentation actualisée des suites données aux enquêtes italiennes sur les attentats de la période des ‘années de plomb’ : « Etrange justice italienne trop souvent désarmée devant le sens profond de ces tueries et bien peu curieuse d’en connaître les mandants ». Au fil des pages, la CIA est presque constamment présente, les réseaux type ‘Gladio’ fréquemment évoqués, aussi bien que l’OTAN, le SID italien ou le PIDE portugais, voire la DGSE.

Finalement, qu’en reste-t-il ? Le sentiment d’un complot permanent de ces milieux et de ces organisations contre les régimes démocratiques, l’absence d’hésitation devant le recours à une violence aveugle ; mais aussi l’étonnant amateurisme de la plupart des acteurs, le fait qu’ils soient pour la plupart manipulés et l’impression diffuse d’une volonté militante de l’auteur qui fait passer quelques pieds-nickelés pour des comploteurs dangereux à l'échelle planétaire (incidents mineurs grossis et mis au même niveau que de graves attentats, rencontres ponctuelles qui « pourraient » être systématiques, etc.). Alors que penser du livre ? Il est certes à lire car, sur cette époque d’attirance relative de certains militants pour la « lutte armée contre le système »,  les informations restent peu nombreuses et contradictoires. Il est aussi à connaitre parce qu’il rassemble de multiples informations sur la période. Mais il est indiscutablement à utiliser avec précaution et à citer avec mesure, car, sans confirmation ou analyse critique, certains propos traduisent de rapides raccourcis ou des présentations parfois abusives (que diable la CDU/CSU bavaroise vient-elle faire dans cette galère ?). Utile pour mieux comprendre quelques organisations européennes d’extrême-droite radicale, envisager les liens qui ont pu exister entre elles (ou plutôt entre leurs dirigeants) et s’intéresser à leurs objectifs politiques, revendiqués ou non. Sans toutefois oublier que ces groupes, quasiment disparus avec la fin de la guerre froide, sont restés minuscules n’ont jamais regroupé que quelques dizaines ou centaines de militants, et que tous leurs projets se sont finalement soldés par des échecs, même meurtriers. Les régimes républicains et parlementaires sont restés debout et leurs gouvernements, en quelques années, ont fait disparaitre cette menace. Est-ce à dire que la marionnette présentée n’était finalement peut-être pas aussi dangereuse ? Il reviendra aux historiens d’écrire la fin de l’histoire.

Nouveau Monde éditions, Paris, 2013 (rééd.), 416 pages, 22 euros.
ISBN : 978-2-36583-849-8.

Stratégie de tension
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2 décembre 2013 1 02 /12 /décembre /2013 06:20

Le cap est franchi :

Plus de 200 livres chroniqués sur la Première Guerre mondiale

Depuis L'envers des parades. Le commandement allemand 1914-1918 en janvier 2012, jusqu'à Françaises en guerre, 1914-1918 (sur cette page), nous avons chroniqué plus de 200 ouvrages sur la Grande Guerre, produits par des maisons d'édition très diverses, sous la signature de presque autant d'auteurs. N'hésitez pas à rechercher, dans la liste thématique en colonne de droite, sous l'intitulé "Première Guerre mondiale", les livres qui peuvent vous intéresser ou correspondre à vos travaux et à vos centres d'intérêt. Ils sont encore tous disponibles chez votre libraire préféré.

Bonnes lectures sur le thème de la Grande Guerre !

 

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1 décembre 2013 7 01 /12 /décembre /2013 06:30

1914-1918

L'encyclopédie de la Grande Guerre

R. G. Grant (Dir.)

Du classique, du style, de l'efficacité anglo-saxonne.

Ce très bel album grand format, richement llustré et bien cartographié, présente les avantages et les inconvénients de ce type de production : un coup d'oeil complet sur la quasi-totalité des questions et sujets, mais des chapitres nécessairement brefs dont le texte est parfois extrêmement limité. On apprécie en tout état de cause l'esprit de synthèse des rédacteurs qui présentent toutes les problématiques, de la situation en Europe avant la guerre aux conséquences du traité de Versailles. Chaque chapitre chronologique ou thématique est accompagné de détails ou d'encarts qui précisent, illustrent et complètent le texte courant. D'une présentation des "Ecrivains et la guerre" à celle de "L'équipement des troupes d'assaut", du "Nationalisme slave" à la "Grande révolte arabe", du "Génocide arménien" au "Dogger Bank", des "Armées Kitchener" aux "Mutineries", tout y est, même de façon très résumée.

Un très beau et un très bon volume, une initiation complète, qui peut faire une excellente idée de cadeau pour tous les âges à l'occasion des fêtes de fin d'année.

Flammarion, Paris, 2013, 360 pages, 32 euros.

ISBN : 978-2-0812-9993-1

Pour toute la famille
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30 novembre 2013 6 30 /11 /novembre /2013 06:30

14 - 18 La victoire en chantant

Histoire de la Grande Guerre au travers des chansons de l'époque

Pascal Wion

"Point d'épopée chevaleresque sans chanson de geste". A partir de ce constat, l'auteur nous propose une étonnante et bien agréable promenade musicale, car la période donne lieu à "une énorme production de chansons d'actualité qui sont autant de précieux témoignages historiques".

Dans une progression chronologique parfois surprenante ("Retraite faubourienne", ou "Les trois couleurs" en 1912), Pascal Wion nous présente successivement les chansons "à la mode", de la Revanche, de la fin du XIXe au début du XXe siècle, celles qui célèbrent l'alliance franco-russe, qui pleurent l'Alsace-Lorraine ou qui évoquent les différents belligérants (La "Marche anti-Boche" de 1915), mais aussi les combats, les matériels, les Poilus eux-mêmes et leur vie quotidienne, parfois rêvée à l'avant ou fantasmée à l'arrière. L'humour recherché n'est pas toujours au rendez-vous ("Puisque Joffre on m'a nommé, il faut bien qu'Joffre la tournée" !) et la peine le dispute souvent à l'espoir et à l'amour. Il y a aussi ce "Serment des aviateurs" en hommage à Guynemer et l'inévitable "Chanson de Craonne", à laquelle font écho d'autres chansons antimilitaristes souvent anonymes. L'entrée en guerre des Américains en 1917, les bombardements de Paris en 1918, l'armistice bien sûr sont autant d'occasions pour les paroliers et les chansonniers de lancer de nouvelles ritournelles, qui parfois connaissent plus que des succès d'estime. Entre propagande et protestation populaire, ces chants témoignent d'une époque, qu'ils rythment et  accompagnent.

Et si l'on chante pendant la guerre "Notre petit Soixante-Quinze, / Un bijou plein de valeur", en 1918 c'est : "Ils sont vaincus, ces Allemands cyniques". Et finalement "Nos enfants, dans un avenir proche / De Poincaré ignoreront le nom, / Ils oublierons p't-être aussi les Boches... / Mais connaîtront tous Madelon" ! Un livre qui intéressera indibitablement tous les amateurs d'histoire et de culture populaire. 

Editions Imago, Paris, 2013, 308 pages, 22 euros.

ISBN : 978-2-84952-674-3

Et c'est tellement plus mignon ...
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29 novembre 2013 5 29 /11 /novembre /2013 06:25

Essai sur la guerre des partisans

Denis Davidoff

C'est au catalogue d'une petite maison qu'il faut chercher l'heureuse réédition de ce classique de la "petite guerre", assez fréquemment cité mais rarement lu;

A partir de son expérience personnelle de commandant d'un corps de cavaliers semi-réguliers pendant la campagne de Russie contre les Français en 1812 (il était alors colonel des hussards), le général Davidoff a rédigé cet essai, dont l'édition russe de 1821 est traduite en français en 1841. Il donne de la "petite guerre", qui selon lui exige de privilégier les forces légères et très mobiles, cette définition : "La guerre de partisans consiste à occuper tout l'espace qui sépare cet ennemi de sa base d'opérations, couper ses lignes de communications, anéantir tous les détachements et convois qui cherchent à la rejoindre, le livrer aux coups de l'ennemi, sans vivres, sans cartouches, et lui barrer en même temps le chemin de la retraite. Voilà la guerre de partisans dans toute l'acception du mot".

Cet essai est présenté avec l'avant-propos du général de Brack, repris de l'édition française originale. Il est ensuite divisé en trois parties principales. La première, plutôt historique, présente les développements des opérations de "petite guerre" dans le passé récent (à l'époque), entre 1618 et 1809, en Allemagne, en Hongrie et en Espagne, puis l'expérience de la Russie en 1812. La seconde, met en relief les principes de la conduite de la guerre des partisans et de l'emploi des forces irrégulières, en insistant sur le rôle du chef et la conduite de ses opérations, à partir de l'expérience personnelle de l'auteur. La troisième partie enfin s'intéresse à l'ennemi et à la protection qu'il faut assurer de ses propres voies de communication et magasins dans l'hypothèse de "ripostes" ou de "contre-attaques" selon les mêmes règles. Passant alternativement du très concret à la réflexion plus élevée, l'ouvrage fait (re)découvrir des principes essentiels, qui conservent souvent toute leur pertinence. Les aller(retour entre expérience vécue et enseignements ultérieurement mûris sont à cet égard intéressants. Le tout est accompagné de croquis et cartes de la main même du général Davidoff, repris de l'édition russe originale.

Un petit volume peu onéreux qui doit absolument figurer dans toute bibliothèque militaire bien tenue et qui passionnera aussi bien les amateurs des campagnes du Premier empire que ceux qui, aujourd'hui, s'intéressent aux principes de la contre-insurrection.

Editions Astrée, Paris, 2012, 136 pages, 16 euros.

ISBN : 979-10-91815-00-0

Sur la "petite guerre"
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Qui Suis-Je ?

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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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