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9 décembre 2016 5 09 /12 /décembre /2016 06:00

1918

L'étrange victoire

Jean-Yves Le Naour

Voici Jean-Yves Le Naour parvenu au terme de sa présentation en cinq volumes de la Grande Guerre (1914 = ici, 1915 = ici, 1916 = ici, 1917 = ici). Le chantier était immense, et il offre à tous les amateurs, en plus de 2000 pages, une fresque très complète du conflit.

Ce dernier opus, dont le sous-titre résonne bien sûr en écho à L'étrange défaite, détaille donc les événements politiques, militaires, sociaux, diplomatiques de l'ultime année du conflit. Quelques détails sujets à discussion (le général Pershing prononçant "La Fayette nous voici" au cimetière de Picpus ?), et des formules vives, parfois un peu abruptes (comme les Portugais qui en avril 1918 "se sont pris les 100.000 hommes de l'armée von Quast en pleine figure"), qui suscitent des réactions (le processus de nomination de Foch comme commandant en chef des armées alliées) : le livre a les qualités (et les défauts) des tomes précédents. Dans le chapitre consacré à la lente entrée en ligne des Américains, par exemple, le général Pershing (souvent à très juste titre) est sévèrement critiqué, mais pour cela Joffre, Foch, Haig, qui étaient pratiquement inaptes au commandement au cours des deux années précédentes, retrouvent quelques vertus et sont cités à témoigner... Enfin, le récit est souvent au niveau stratégique du politico-militaire (en particulier les relations entre les autorités gouvernementales et le haut commandement) avec quelques incursions du côté de la base, des simples soldats, mais le niveau du théâtre d'opération (la manoeuvre coordonnée des armées et des corps d'armée) est en grande partie absent, ou résumé en quelques mots, alors qu'il conditionne en grande partie la réalité des engagements.

Un style enlevé, une lecture aisée, un tableau général du cours des événements très complet, mais aussi des raccourcis ou des affirmations péremptoires qui demandent à être précisées. Pour paraphraser une formule célèbre, un bilan globalement positif. Un solide ensemble pour aborder la Grande Guerre dans sa diversité, avant de poursuivre avec des études plus détaillées.

Perrin, Paris, 2016, 411 pages, 23,- euros.

ISBN : 978-2-262-03038-4.

Dernière année
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7 décembre 2016 3 07 /12 /décembre /2016 06:00

Souvenirs de guerre du recteur Georges Lyon

1914-1918

Jean-François Condette (Dir.)

Ce volume, à partir d'un manuscrit conservé à la bibliothèque universitaire de Lille, permet de découvrir comment un membre éminent des élites régionales, seul recteur d'académie resté en zone occupée par les Allemands, voit, vit comprend et analyse à la fois la politique de l'occupant et les réactions de ses concitoyens.

Après avoir présenté le manuscrit conservé et la carrière du recteur Georges Lyon, surnommé "le ministre de l'Instruction publique des régions envahies", en un peu plus de 80 pages, l'essentiel du volume (sur 300 pages environ) est consacré à ces souvenirs de guerre, de 1914 à 1918. Les chapitres se suivent par thèmes successifs, sans que des précisions de date n'indiquent quand exactement ont été rédigés les textes, dont l'importance va d'une ("Noël 1914", p. 188) à presque cinquante pages ("Nous entrons dans l'année 1915", pp. 194-241). L'un des fils rouges de ce livre est la question des otages (dont certains seront transférés jusqu'en Lituanie !), procédé systématiquement utilisé par l'armée allemande à l'égard des populations civiles et des autorités locales des territoires occupés. Dans chaque partie, une (ou plusieurs) affaire(s) d'otages et/ou de justice militaire d'occupation est ainsi longuement détaillée. De même, dans cette chronique d'une occupation particulièrement dure, suit-on le détail des difficultés, et de la détérioration, des conditions matérielles de vie des Lillois (Combien de temps encore aurons-nous de quoi nous nourrir ?"), le récit des évacuations forcées d'avril 1916 ("On m'apprenait que M. Labbé, l'actif secrétaire général du Comité d'alimentation, venait d'être avisé par un officier allemand que 50.000 personnes dont 30.000 femmes seraient prélevées dans les trois villes et conduites dans les Ardennes où les bras manquaient"), la rapacité de l'occupant qui multiplie les taxes, les prélèvements, les amendes (A propos de l'impôt forcé 1916 : "23 millions pour six mois, c'est à dire plus de 47 millions par an imposés à une ville dont le budget normal atteint à peine le sixième d'une telle somme. Pourquoi pas la totalité de ce qui peut rester encore dans cette ville, sucée jusqu'aux moelles"). Contrairement à ce que l'on pourrait croire du fait des fonctions du rédacteur, les questions d'éducation ne sont que rarement présentes.

Ni "journal quotidien", ni récit ponctuel des petits évènements, un texte de référence, soigné, pesé, pour quiconque s'intéresse à l'occupation allemande dans le nord de la France.

Presses universitaires du Septentrion, Villeneuve d'Asq, 2016, 476 pages, 35,- euros.

ISBN : 978-2-7574-1360-9.

Souvenirs d'un notable en territoire occupé
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6 décembre 2016 2 06 /12 /décembre /2016 06:00

Emile Guillaumin

Paysan-écrivain bourbonnais, soldat de la Grande Guerre

Nadine-Josette Chaline

Lorsque Emile Guillaumin est mobilisé en août 1914, il dispose déjà d'une notoriété certaine depuis une dizaine d'années comme romancier. Jusqu'à la fin de l'année 1918, il va entretenir une abondante correspondance, non seulement avec sa famille, mais également avec d'autres représentants du monde des lettres, avec des amis politiques et des syndicalistes. Ce volume nous apporte donc une vision à la fois propre au front et à la zone des armées, mais aussi décalée, presque distanciée parfois, du fait de la personnalité de son auteur.

Socialiste, pacifiste, collaborateur de L'Humanité, Emile Guillaumin n'en répond pas moins sans hésitation à l'ordre de mobilisation, par attachement à sa patrie : "Son antimilitarisme ne se traduit pas par un refus de faire son devoir en cas d'attaque ennemie". Mobilisé comme sergent dans la territoriale, il sert essentiellement sur le front d'Alsace et des Vosges ("Nous sommes toujours dans les mêmes parages, beaucoup moins calmes que l'an dernier sans être vraiment mauvais" écrit-il en juin 1916). Au fil de ses lettres, il pose donc sur sa vie et sur les événements le regard d'un homme d'âge mûr, qui n'aime pas la guerre mais qui ressent le devoir d'y participer : "Peut-être partirai-je un de ces jours vers Besançon, où sont les camarades des classes plus jeunes. J'ai eu grande envie de partir comme volontaire dans la section de marche que nous avons formée ces jours-ci et qui se tient prête". Il décrit longuement les environnements immédiats des lieux où il stationne, fait état des nombreuses rumeurs qui circulent dans la troupe ("Ce matin, je suis rentré avec un bon tuyau que j'ai servi aux camarades, sans aucune espèce de garantie bien entendu, mais qui m'a valu un succès tellement on a besoin de se raccrocher à un espoir"), raconte ses activités dans des secteurs globalement calmes sauf rares exceptions ("Les péripéties de ma campagne demeurent sans grand relief"). Il rassure sa famille (sur le contrôle de la correspondance, sa santé, les questions financières, etc.) et estime à propos de la censure : "C'est tellement bête au 5e mois de notre séjour, alors qu'il y a des permissionnaires depuis 3 semaines, de nous défendre de dire où nous sommes et de divulguer des opérations militaires, là où nous ne faisons que tenir le front !", opinion qui évolue négativement par la suite. Il parle souvent du travail (en particulier de nuit) aux tranchées, mais n'oublie pas de commenter les propos des responsables politiques nationaux ("Je ne suis pas autrement étonné que Clemenceau persiste dans l'attitude qu'il s'est donné depuis le début ... C'est le propre des optimistes à tout crin de ne pas se souvenir de leurs théories de la veille" ; "Pour Caillaux, que je crois volontiers aussi dénué de sens moral que la plupart des membres de son personnel dirigeant, de nos hautes classes, je me sentirais plus à l'aise pour l'affirmer répugnant") et revient fréquemment sur le projet d'un journal syndical agricole pour la fin de la guerre. Alternativement vaguemestre, observateur, en charge du ravitaillement, en service aux tranchées, ou chargé de travaux d'entretien dans l'immédiat arrière-front, il connaît bien le front mais (généralement installé entre deux et vingt à vingt-cinq kilomètres de la première ligne) n'est pas le plus souvent personnellement en danger : "Nous en avons une autre (une chambre) dans une toute petite maison très tranquille. Elle communique avec celle d'un camarade de la mitraille où il y a un poêle. C'est propre et le lit est bon. C'est tout ce qu'il faut. Je me ferai faire demain un bon feu et resterai couché à peu près toute la journée sans doute" (décembre 1916), mais il voit aussi des camarades craquer, perdre tout espoir, voire la raison. A la fin du printemps 1917, ses propos sur la Russie, sur les mouvements sociaux à l'intérieur, sur l'échec de l'offensive Nivelle semblent parfois peu engagés, mais l'on se rend bien compte que les difficultés minent le moral : "La définition des régiments territoriaux est maintenant celle-ci : ceux que l'on tue à petit feu, par opposition aux régiments d'active que l'on fait tuer d'un coup". Il se garde toutefois de prononcer des jugements à l'emporte-pièce : "Le fait d'y participer (à la guerre) obscurément depuis bientôt 39 mois, ne me permet pas de rien discuter avec l'objectivité désirable ... J'ai comme tous les camardes un lot de rancoeurs et de haines qu'il n'est pas l'heure d'étaler. Nous, là-bas, nous sommes les pions du damier à la disposition des joueurs : nous sommes, suivant une expression charmante, et dont on a nulle pudeur à user sans cesse, 'du matériel humain'. Restons dans notre rôle". Parmi les nombreux passages intéressants, notons celui au cours duquel il explique comment il commande ses hommes de troupe, dans une lettre du 27 juillet 1918, une forme de "renégociation" du commandement avec le double souci de l'humanité et de remplir la mission. A partir de l'été, il parle assez souvent des Américains, qui commencent à prendre des tours de service dans le secteur, bien différents des poilus français en guerre depuis plusieurs années : "Ma grande distraction est toujours de voir vivre et s'agiter la fourmilière américaine, de les voir jouer, de les entendre chanter, de goûter leur cuisine parfois déconcertante pour nos habitudes", et dont il laisse entendre qu'il ne les voit pas obtenir de brillantes victoires à brève échéance.

En résumé, un livre de témoignage tout à fait intéressant, en particulier pour tous ceux qui s'intéressent plus particulièrement à ce secteur Alsace-Vosges du front, bien mal connu en dehors des importants combats de l'année 1915.

PUPS, Paris, 2014, 408 pages, 27,- euros.

ISBN : 978-2-84050-963-9.

Un paysan-écrivain en guerre
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1 décembre 2016 4 01 /12 /décembre /2016 06:00

Petites histoires pour l'histoire

Annick Etienne-Jumeau

Dans de nombreux cas, les correspondances et les témoignages publiés de poilus de la Grande Guerre multiplient à l'envie les considérations personnelles et privées souvent très ressemblantes, ce qui finit par lasser le lecteur et donne l'impression d'une grande banalité. Tel n'est absolument pas le cas ici, où Annick Etienne-Jumeau a réalisé un vrai travail de sélection des extraits publiés de l'abondante correspondance de son grand-père, en s'efforçant visiblement d'en sélectionner les passages les plus significatifs.

Sur quelques 950 courriers, elle nous offre donc des extraits qui apportent réellement quelque chose, directement, à notre connaissance du quotidien militaire d'un soldat. Entre avril 1915, lorsque sa classe est appelée, et septembre 1919, date de sa démobilisation, nous pouvons suivre le parcours d'André Jumeau, de l'Aube (1915) à la Somme (1916), de l'arrière-front à la Meuse (1917), de la Lorraine à l'Oise et à la Somme (1918), en occupation en Allemagne enfin en 1919. Pas de "militarisme" ou de nationalisme outrancier dans ces correspondances, quelques critiques sévères du déroulement et de la prolongation de la guerre avec son interminable cortège de morts, blessés et disparus, mais surtout le "simple" récit du quotidien d'un soldat qui fait son devoir, sait parfois profiter d'une opportunité pour rester quelques temps à l'abri : "Voici par ordre d'importance les désirs du poilu qui sont les seuls sujets de sa conversation : d'abord la fin de la guerre avec la victoire, ensuite le retour dans la vie civile, la permission avec toutes ses joies, la bonne blessure, les lettres et colis". Le travail aux tranchées est fréquent et l'aménagement du front avant une attaque importante une vraie priorité, mais il souligne aussi la différence de perception entre "l'avant" et "l'arrière" : "Si les tranchées ont un certain cachet poétique aux yeux de quelques civils, je les conseille à venir patauger un peu dans la mélasse et ils verront qu'il y a loin des images ou description à la réalité vécue" (sur la Somme en juin 1916). Blessé au printemps 1917, il se fait plus amer ("Comme disent les boches classe 14 : patriote ; 15 : pas patriote ; 16 : prisonnier") et il évoque rapidement le "stupide sacrifice" des soldats français. Fantassin, signaleur, mitrailleur, planton, observateur, il sera aussi bûcheron et carrier pour les besoins de la guerre ; et au hasard de ses déplacements et de ses rencontres décrit ici un faux "arbre creux" dans lequel monte un observateur, ou évoque là l'installation d'une "école de camouflage" à Nancy. Ses compétences techniques lui valent à quelques reprises d'être retiré des charges de la première ligne pour dessiner les plans de pièces métalliques ou d'installations d'infrastructure, mais il participe aussi aux opérations de la victoire retrouvée à partir de l'été 1918 : "Ce que j'ai vu de magnifique pendant l'offensive, c'est la charge de la cavalerie canadienne ... Ils filaient au triple galop dans un nuage de poussière chargeant sur les batteries ennemies et sabrant tout autour d'eux", et observe les nouveaux chars en action : "Les tanks aussi ont fait des merveilles les deux premiers jours, seulement ces machins-là flambent assez facilement" (19 août). Lorsqu'il est en occupation en Allemagne (par ailleurs globalement bien accueilli par la famille où il loge), il indique comme lieu non pas une province ou une région, mais "Bochie"... Les dernières pages du livres sont consacrées à la reproduction pro-format, d'une belle écriture facilement lisible, de son séjour sur la Somme entre le 7 et le 12 août 1918, où "la division est amenée la nuit en camion", véritable avantage stratégique des Alliés et en particulier des Français par rapport à l'armée allemande.

Un petit livre tout à fait intéressant et un témoignage qui mérite de figurer sans hésitation dans la bibliothèque de tout amateur de la Grande Guerre.

Auto-édition, 2015, 153 pages, 15,- euros.

ISBN : 9782746686144.

Pour commander directement : ici.

Dense témoignage
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29 novembre 2016 2 29 /11 /novembre /2016 06:00

14-18

Correspondance d'un territorial meusien

Ives Rauzier

Déjà auteur de plusieurs ouvrages sur la Grande Guerre (ici et ici) à partir de témoignages de poilus, Ives Rauzier nous propose de retrouver la guerre d'un poilu originaire d'Etain, "tailleur d'habits" entré en campagne au 44e régiment d'infanterie territorial et qui sera mortellement blessé le 25 avril 1917.

Cette abondante correspondance (il s'agit essentiellement de courriers adressés à son épouse ou à sa famille) est donc au coeur du volume, dont elle constitue l'essentiel de la pagination. Elle ne révèle rien d'extraordinairement original par rapport aux innombrables témoignages du même ordre déjà publiés et l'on observe que les "traditionnelles" questions, récurrentes, de l'attente, du retard ou de l'arrivée du courrier, du souci de la famille restée à l'intérieur, pour laquelle on s'inquiète et à laquelle on demande des nouvelles tout en donnant de soi les informations les moins dures possible, des sujets financiers avec la question des aides et allocations attendues ou touchées. Toutefois, le volume présente un intérêt certain car on y retrouve aussi de nombreuses autres observations et remarques. De façon généralement assez floue (on craint généralement le contrôle du courrier, avec son lot de fantasmes ("Je ne vois pas grand-chose à te dire car tu sais c'est encore pis maintenant celui qui est pris à mettre des choses concernant la guerre, on l'envoi soit aux Eparges ou dans l'Argonne") mais systématique, quelques mots ou phrases figurent toujours sur la situation militaire dans son secteur, les missions auxquelles il participe et les actions qui sont les siennes. Reconnaissons que s'il n'est pas à l'abri des tirs de l'artillerie allemande, il est rarement en situation de danger physique immédiat et qu'il a souvent du temps disponible. Le 21 février 1916 il écrit : "Je crois que les permissions sont suspendues ... J'ai reçu le bulletin mais je n'ai pas encore eu le temps de le lire, je le regarderai après la soupe", et c'est à partir du 25 ou du 26 que sa compagnie semble effectivement directement concernée par l'offensive allemande et son régiment est ensuite employé à l'entretien de la Voie sacrée. Car le 44e RIT sert essentiellement dans le secteur de Verdun, dès la mobilisation et jusqu'en 1916, avant de rejoindre l'Aisne et la région de Soissons, et il apparait clairement que le secteur est globalement calme jusqu'à l'attaque allemande de février 1916. Il n'en mène pas moins une guerre relativement active, et n'hésite pas à se plaindre le 14 avril 1917 que les poilus plus âgés que sont les territoriaux soient toujours à l'avant : "Ils ne savent guère quoi faire de nous, toujours aux avants-postes à nos âges, tant qu'il y en a à l'intérieur qui n'ont jamais vu les tranchèes et qui ne les verront jamais". En fait, le livre touche le lecteur par son côté profondément et simplement humain d'un soldat déjà âgé qui fait son devoir au mieux en espérant retrouver sa famille...

L'auteur ponctue le texte courant d'encarts qui présentent des extraits des "courriers retour", rédigés par la famille à l'attention du poilu ou au sein du premier cercle familial et complète le récit épistolaire d'Emile Lefevre par des résumés de la situation tactique dans son environnement, ou des mouvements de son régiments et des bataillons, qui se remarquent aisément grâce à une police d'écriture différente. Le livre se termine sur de nombreuses annexes complémentaires au texte courant, parfois originale comme ce "Carnet pour comptabiliser les décès", sans doute tenu par la mère de son épouse, qui liste au fil des jours les morts originaires d'Etain et de la Meuse dont elle a connaissance, ou très complémentaires comme les nombreuses cartes postales reproduites.

Un volume qui raconte sobrement, avec des mots simples, la guerre d'un territorial dans la zone des armées. Pas d'envolées lyriques, de fréquents regrets sur les situations vécues, mais aussi une forme de patriotisme foncier et il faut le reconnaître un certain fatalisme. Sans doute indispensable pour ceux qui s'intéresse à l'histoire locale de la Meuse et des Meusiens, mais très intéressant aussi pour tous les historiens de la Grande Guerre, car on y retrouve finalement une vérité sans fard, souvent éloignée des discours académiques, journalistiques ou politiques.

The BookEdition.com, 2016, 571 pages, 27,- euros.

EAN : 9782950195494

Commande directement auprès de l'auteur : Ives Rauzier, Professeur, lycée Gustave Eiffel, 143 cours de la Marne, 33074 Bordeaux cedex.

Vie quotidienne d'un poilu
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27 novembre 2016 7 27 /11 /novembre /2016 06:00

La mobilisation financière pendant la Grande Guerre

Le front financier, un troisième front

Florence Descamps et Laure Quennouëlle-Corre (Dir.)

Ce volume reprend les dix communications prononcées à l'occasion des journées d'études organisées en septembre 2014. Il répond indiscutablement à un besoin, car les études approfondies sur ces questions financières sont extrêmement rares dans la bibliographie récente.

L'ensemble est équilibré. Si les contributions traitent souvent de la France, ni le Royaume-Uni, ni l'empire allemand ne sont oubliés, et les textes relatifs à la situation française l'aborde à plusieurs reprises dans une perspective internationale (avec la Russie, les Etats-Unis, etc.). Trois grandes entités sont au coeur du volume : le ministère des Finances en tant que tel, naturellement, la Banque de France, partenaire incontournable, et la Caisse des dépôts et consignations, qui "est venue conforter l'assise du crédit de l'Etat" et fait en particulier l'objet d'une intéressante communication de Philippe Verheyde. Dans sa communication sur "Les emprunts français aux Etats-Unis, 1914-1917", Laure Quennouëlle-Corre rappelle les oppositions intérieures en Amérique même au principe du premier grand emprunt en 1915, les difficultés entre Américains et Franco-Britanniques (qui n sont par ailleurs pas d'accord entre eux) et observe que le placement des emprunts ultérieurs sera de plus en plus difficile. Dans son article en quelque sorte presque parallèle, "De l'argent pour Armageddon : la mobilisation financière de l'Allemagne entre 1914 et 1918", Gerd Hardach aborde plus largement les aspects politiques, industriels et économiques de cette mobilisation dans le IIe Reich et s'intéresse également à l'inflation intérieure. Enfin, dans sa communication, "Le ministère du Commerce au secours de la circulation monétaire pendant la Grande Guerre", Clotilde Druelle-Korn nous parle en particulier de ces "monnaies de nécessité", émises par les chambres de commerce pour compenser la raréfaction ou l'insuffisance de la monnaie divisionnaire "officielle", des émissions qui se poursuivront bien après la guerre puisque  les "bons" et "jetons" ne disparaissent définitivement qu'en 1928. Les autres interventions méritent également que l'on s'y attarde, comme celle d'Olivier Feiertag sur "Les relations financières entre la Russie et la France pendant la Première Guerre mondiale : arme financière et logiques de marché", qui rappelle l'importance du marché des fonds russes à Paris en 1914, revient sur la conférence financière interalliée de février 1915 et développe ensuite un long paragraphe sur les conséquences des révolutions de 1917.

De nombreux graphiques et tableaux complètent la plupart des communication et une bibliographie spécialisée est précisée en fin d'ouvrage. Un volume qui apporte un éclairage souvent méconnu aussi bien au processus politique intérieur de prise de décision qu'aux relations internationales entre des Alliés dont la solidité financière a été fort différente (avec les conséquences que cela implique en terme en termes de "leadership" et donc de capacité d'influence).

Comité pour l'histoire économique et financière de la France, ministère des Finances, Paris, 2015, 282 p., 20,- euros.

ISBN : 978-2-11-129396-0.

L'argent, le nerf de la guerre
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18 novembre 2016 5 18 /11 /novembre /2016 06:00

Peintre dans les tranchées

Croquis et lettres (1914-1918)

René Demeurisse

René Demeurisse témoigne de son expérience de la Grande Guerre par le texte de ses lettres, de son journal de campagne et par ses dessins. Présentés et publiés par son arrière-petite-fille, ces documents nous présentent la guerre d'un jeune artiste incorporé dans l'infanterie avec la classe 15.

Au-delà du témoignage par lui-même, qui n'est pas en substance fondamentalement différent de centaines d'autres, les talents de dessinateur de René Demeurisse font beaucoup pour distinguer ce livre. Dans ses correspondances, surtout à son père, il aborde avec ses mots et ses formules des thèmes que l'historien connaît bien comme l'attente et l'ennui, que l'on évoque pourtant si rarement quand on parle des poilus. On apprécie de même la description de ses camarades et chefs directs, empreinte d'une profonde humanité. On observe enfin qu'à la différence de nombreux autres soldats (mais sans doute est-ce du fait de la relation étroite qu'il entretient avec son père lui-même sous les drapeaux) il n'hésite pas à faire connaître ses pensées intimes et ses états d'âme. Mais ce qui distingue réellement le volume est constitué par les très nombreux dessins au crayon, les esquisses ou les huiles qui représentent très souvent des personnages ou des scènes de la vie quotidienne (le coiffeur, les cuisiniers, le caporal muletier, le sergent, les camarades, le repos, la partie de cartes, les séances d'instruction, etc.). Souvent saisis sur le vif, ces documents iconographiques nous permettent d'approcher la réalité de l'environnement en régiment. Complétées par un certain nombre de photographies de collection personnelle et la reproduction de quelques documents (journal de tranchées par exemple), ces illustrations apportent une indiscutable plus-value à l'ensemble.

Un ouvrage complémentaire des témoignages déjà connus et sans aucun doute une vraie découverte pour tous ceux qui s'intéressent au dessin et à la peinture.

Editions Imago, Paris, 2016, 309 pages, 23,- euros.

ISBN : 978-2-84952-879-2.

Lettres et dessins de la Grande Guerre
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17 novembre 2016 4 17 /11 /novembre /2016 06:10

1916

Deux régiments bretons à Verdun

Christophe Guérin et Yann Lagadec

Il est heureux que des sociétés d'histoire locale s'engagent encore dans l'édition de ce type d'études : au-delà d'un intérêt départemental ou régional, elles apportent souvent beaucoup à tous les historiens.

Dans ce petit volume (par la pagination, mais pas par l'intérêt qui s'en dégage), les deux auteurs suivent pas à pas le parcours des soldats du 41e et du 241e RI de Rennes pendant la bataille de Verdun : une bataille généralement présentée comme titanesque et vue ici à hauteur d'hommes, de compagnies, de bataillons, de régiments. Accompagné de nombreux extraits de la presse de l'époque, de photos, ponctué d'encarts qui précisent utilement tel ou tel point particulier, le livre nous présente ces soldats qui devaient être engagés dans la bataille de la Somme et qui, finalement, à la fin du mois de juin 1916, sont jetés sur les bords de la Meuse pour s'opposer à l'une des dernières offensives majeures allemandes. S'appuyant essentiellement sur les lettres des poilus, les AFGG et les JMO, le texte restitue à la fois "par le bas" et "par le haut" les différentes perceptions de la bataille. Il détaille les évolutions en organsation, les équipements individuels et collectifs, le passage rituel par la Voie sacrée et la montée vers les combats dans des conditions très difficiles, globalement dans le secteur de Fleury. Les ordres d'opérations sont précisés, mais de nombreux portraits de poilus sont également dressés. Les assauts sont expliqués, mais l'état d'esprit des hommes de renfort est également décrit. Le bilan humain et les pertes des journées en ligne sont donnés, mais les tirs fratricides et les conditions de (sur)vie dans les tranchées ne sont pas oubliés. Les activités de jour comme de nuit, les bruits et les odeurs du champ de bataille, le manque de sommeil et les souffrances individuelles mais aussi le sacrifice des brancardiers : tout y est, jusqu'à la mémoire de cet engagement de quelques semaines.

Quand la "micro-histoire" et l'histoire régionale abondent et complètent à ce point la "grande" histoire, c'est un véritable plaisir pour le lecteur. Si vous voulez tout savoir des opérations de fin juin - début juillet 1916 dans le secteur de Fleury, mais aussi si vous vous passionnez pour l'histoire régionale, ce livre est indiscutablement fait pour vous. Au-delà, tout amateur de la Grande Guerre y trouvera matière à nouvelles connaissances.

Société archéologique et historique d'Ille-et-Vilaine, 2016, 166 pages, 12,- euros.

ISBN : 978-2-9544-8810-3.

La présentation d'En Envor : ici.

Le bon de commande : ici.

La bataille à hauteur de régiment(s)
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15 novembre 2016 2 15 /11 /novembre /2016 06:00

Une troupe de choc dans la Grande Guerre

Le 20e CA à travers le témoignage d'un officier d'artillerie

Sébastien Evrard

Considéré comme un corps d'élite au sein de l'armée française de 1914, stationné sur la frontière qu'il doit "couvrir" pendant la mobilisation, le 20e CA est commandé par Foch au début de la Grande Guerre. Jusqu'en 1918, il sera de (presque) toutes les actions importantes. C'est son histoire que nous raconte ce livre, à travers le regard d'un officier d'artillerie.

Si le sujet est intéressant, si le traitement qui en est fait par le rédacteur est soigneusement documenté et apporte de très nombreuses informations ponctuelles, la forme de rédaction adoptée laisse un sentiment mitigé, car, souvent, on ne sait pas si celui qui parle est l'auteur des correspondances et du journal de guerre ou celui qui, près de cent ans plus tard, en rédige et prépare la publication. Globalement, le texte courant suit les notes de Sébastien Evrard, complétées par de fréquentes références aux JMO et aux archives de Vincennes. Le récit circonstancié est donc fiable et de qualité, mais ce n'est pas toujours celui de notre artilleur de 1914. On n'échappe pas à certaines idées reçues (Pétain est toujours présenté comme celui qui organise la Voie sacrée à Verdun par exemple), mais l'on y suit avec précision les mouvements de la grande unité et de ses régiments (et donc de fait la chronologie des ordres donnés) : le 20 février 1916 l'alerte est lancée sur le front de Champagne et les renforts atteignent Verdun "en trois jours de marche forcée". De même, au fil des assauts, offensives et contre-attaques, on perçoit clairement les évolutions de la manoeuvre d'artillerie et l'amélioration (lente mais indiscutable) des relations avec l'infanterie tout comme l'importance prise par le combat interarmes. Dans le même esprit, la perception par Sébastien Evrard des préparatifs et des objectifs de l'offensive du printemps 1917 confirme globalement ce que l'on sait par ailleurs (au-delà du discours commun) sur les attentes et la confiance d'une très grande partie de l'encadrement de contact avant l'assaut. A plusieurs reprises, on peut également mesurer les différences importantes entre la perception immédiate des soldats sur le front, les rumeurs qui courent à partir de l'arrière-front et les "informations" biaisées qui parviennent de l'arrière.

Un volume qui est en fait plus une histoire du XXe corps à travers le regard d'un de ses officiers que le témoignage à proprement parler de cet artilleur, mais qui ne manque pas pour autant d'intérêt et qui sera utile à tous ceux qui s'intéressent, toutes périodes et tous thèmes confondus, à l'histoire militaire de la Grande Guerre.

Editions Serpenoise, Metz, 2011, 253 pages, 20,- euros.

ISBN : 978-2-87692-903-6.

20e corps d'armée
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9 novembre 2016 3 09 /11 /novembre /2016 06:00

1916 en Mésopotamie

Moyen-Orient : naissance du chaos

Fabrice Monnier

Pour imposer leur influence aux cheiks et émirs de la côte arabique d'une part et s'approprier les ressources pétrolières identifiées au nord du golfe persique d'autre part, l'empire britannique se lance dès 1914 dans la conquête de l'ancienne Mésopotamie. Ces opérations, et leurs conséquences après 1918, participent de l'actuel désordre oriental.

Déjà auteur chez le même éditeur l'année dernière d'une biographie de Mustafa Kemal Atatürk, Fabrice Monnier nous présente aujourd'hui un front de la Grande Guerre très mal connu en France, alors même qu'il fut considéré comme essentiel pour le Royaume-Uni. A ce seul titre déjà, le livre serait important. En dix chapitres alertes, l'auteur raconte chronologiquement la succession des évènements dans cette région qui dépend nominalement de l'empire ottoman mais est déjà pour toute sa partie côtière sous influence britannique. Les deux premiers chapitres posent le cadre général : importance nouvelle du pétrole pour la Navy et défense avancée de la route des Indes d'une part ; délabrement profond de la présence ottomane en Mésopotamie où le nationalisme arabe naissant (mais encore très largement représenté seulement par quelques individualités parmi les élites locales) et état réel extrêmement critique des armées turques dans les provinces arabes. Les opérations militaires de la Grande Guerre commencent avec le chapitre 3 qui s'ouvre sur une présentation de la (médiocre) armée des Indes ("Assurément, elle n'est pas une armée d'opérette, mais il s'agit simplement d'une force de gendarmerie militarisée équipée pour maintenir l'ordre et certainement pas pour intervenir outre-mer") et sur le coup de main que représente en novembre 1914 la prise de Fao et de Bassora. Dès lors, une forme de cercle vicieux s'enclenche, qui va conduire les troupes anglo-indiennes toujours plus loin vers le nord : "Une terrible empoignade en terrain spongieux alternativement sous un ciel de feu et sous de brusques averses qui, quand elles cessent, laissent place à un bain de vapeur étouffant". Avec un manque de clairvoyance impressionnant, les nouveaux occupants se mettent à dos les populations locales tout en étendant progressivement leur zone de sécurité. Le chapitre 4 nous entraîne du début (hésitant) de la marche vers Bagdad à la bataille de Ctésiphon (novembre 1915), victoire turque qui oblige la 6e division de l'armée des Indes à se replier jusqu'à Kut-el-Amara où elle choisit de se laisser enfermer dans l'attente de renforts. Le siège de Kut et sa capitulation au printemps 1916 sont au coeur du chapitre 4, sans que Fabrice Monnier n'oublie d'apporter moult détails sur l'organisation et le commandement des armées ottomanes (6e armée en Mésopotamie), sur les "conseillers" allemands (autour du vieux et talentueux Colmar von der Goltz), ainsi que sur les autres fronts plus ou moins voisins, à Aden et en Perse. Il se montre assez élogieux pour le colonel Halil bey, commandant les troupes ottomanes lancées à la poursuite des Britanniques en retraite dans un environnement terrible : "Quand Allah a créé l'enfer, il a trouvé que cela n'était pas assez, aussi il a fait l'Irak et il a ajouté des mouches". Les chapitres qui suivent, de 7 à 10, sont consacrés, parallèlement, au récit des opérations et à la description des difficultés logistiques en effet, compliquées encore par le climat et la topographie, qui rendent problématique la progression des colonnes (mal commandées) lancées au secours des assiégés. Les marches et combat du Tigris Corps sont détaillés, tout comme les faiblesses et déficits britanniques soulignés le sont en parallèle des succès turcs : "La véritable raison de l'échec anglo-indien, c'est la vitalité militaire dont fait preuve le vermoulu Empire ottoman". Parmi les personnalités qui émergent, sans succès, du côté anglais, on remarque "l'atypique" Gerard Evelyn Leachman, "l'un des très rares officiers britanniques capables de passer pour quelqu'un du cru auprès des autochtones". Fabrice Monnier, enfin, revient sur les opérations de ravitaillement par air tentées pour venir au secours de la ville, mais les paquets tombent surtout dans le fleuve et dans les lignes turques, faisant dire aux assiégés avec un humour so british : "Si un homme et demi mange une tranche et demie de pain en un jour et demi, combien faudra-t-il de voyages d'avions avant que les Turcs n'aient reçu plus de rations que nous ?". La garnison se rend le 29 avril 1916 et, si le peu efficace général Townshend part pour une captivité dorée à Constantinople, ses soldats entament une éprouvante marche en direction de Bagdad puis des camps de prisonniers. Pour Londres, qui quatre mois plus tôt a été contraint d'abandonner Gallipoli, l'échec est énorme.

L'épilogue retrace rapidement les deux dernières années de guerre, qui voient finalement la puissance britannique triompher d'un empire ottoman totalement affaibli. Annexes, index et belle bibliographie terminent cet ouvrage qui devrait passionner tous les amateurs d'opérations exotiques, tous ceux qui s'intéressent à la Grande Guerre dans sa dimension mondiale et ceux qui veulent réfléchir sur les empires et le Moyen-Orient.

CNRS Editions, Paris, 2016, 335 pages, 25,- euros.

ISBN : 978-2-271-09268-7.

Protéger la route des Indes
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Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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