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7 décembre 2012 5 07 /12 /décembre /2012 06:55

Encyclopédie de la Grande Guerre

Stéphane Audoin-Rouzeau et Jean-Jacques Becker (Dir.)

2 volumes

Encyclo-1GM661.jpg

Voici donc une nouvelle édition, en partie revue et augmentée, en deux volumes au format "poche" de l'ouvrage de référence publié pour la première fois en 2004 chez Bayard. Le premier tome regroupe les parties 1 ("Le monde avant 1914"), 2 ("Combattre") et 3 ("Conduire la guerre") du volume original, et le second les parties 4 ("Fronts intérieurs et culture de guerre"), 5 ("A la marge de la guerre"), 6 ("La liquidation de la guerre") et 7 ("L'empreinte de la Grande Guerre"). Il s'agit, à la fois par la diversité des textes et par l'ampleur de la pagination au regard du prix des volumes, d'un authentique outil de travail, qui sera précieux à bien des égards.

Certaines rubriques auraient néanmoins sans doute gagné à être davantage fouillées, ou "retravaillées", par rapport à l'édition originale (lisez par exemple celle consacrée aux mitrailleuses...). Mais au-delà, et en particulier pour tout ce qui concerne les aspects sociaux, politiques et culturels, l'ensemble est incontournable.

Parallèlement toutefois, on ne peut s'empêcher de constater que les références des différents articles comme la bibliographie finale ne tiennent pratiquement compte pour les ouvrages parus depuis 2004 que de ceux publiés par "les amis". Si la mise à jour est ici scrupuleuse, elle ignore totalement les études (parfois novatrices, mais oui !) publiées par d'autres historiens, extérieurs à "la famille" ou au "clan", et qui ne font pas "allégeance". C'est au minimum mesquin, voire intellectuellement sujet à caution. Mais comme le précise l'ultime double page, qui asure la promotion de l'Historial de Péronne, celui-ci s'intéresse aux "nouvelles interrogations sur la guerre, ses enjeux mémoriels et les défis contemporains qu'elle pose". Et la guerre elle-même, qui s'en occupe ?

Coll. 'Tempus', Perrin, 2012, 2 volumes, vol. 1 : 768 pages, 12 euros ; vol. 2 : 1050 pages, 13 euros.

ISBN : 978-2-262-03108-4 et 978-2-262-03109-1.

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1 décembre 2012 6 01 /12 /décembre /2012 07:05

1914

La grande illusion

Jean-Yves Le Naour

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Professeur en classes préparatoires, Jean-Yves Le Naour a déjà à son actif plus de vingt livres, pour l'essentiel consacrés à la période de la Première Guerre mondiale.

Dans ce nouvel opus, il revient sur le second semestre de l'année 1914, de l'assassinat de l'archiduc héritier d'Autriche-Hongrie jusqu'aux "Trêves et fraternisations" de Noël. Abondamment référencée et disposant d'un solide index, cette synthèse est bienvenue. Elle est complète et soulève parallèlement les questions militaires, politiques, diplomatiques, économiques, financières, sociales, l'espionnite et l'Union sacrée, etc. Rédigée d'une plume alerte, elle est par ailleurs facilement accessible aux non-spécialistes, ... mais c'est là, justement, que la façon dont l'auteur reprend parfois des formules toutes faites peut devenir ennuyeux, ou délicat. Le principal point d'échoppement réside dans la quasi permanente hostilité anti-Joffre qui court tout au long du texte : les qualificatifs les moins agréables lui sont attribués. Est-il bien utile d'aller chercher chez Churchill, (vous savez, "l'efficace planificateur" des opérations des Dardanelles et de Gallipoli...) cette appréciation : "Ce sont le général Joffre et ses officiers qui sont responsables de l'affreuse et incommensurable erreur commise dans les évaluations de presque tous les facteurs qui entraient en jeu au début de la guerre". Fut-il la voix la plus autorisée pour commenter la pertinence des choix militaires et des opérations de la grande Guerre ? De même, si les nombreuses citations extraites de la presse généraliste de l'époque sont tout-à-fait bienvenues, il est nécessaire de les replacer dans leur contexte social et politique : le GQG n'assume pas toutes les responsabilités et le président du Conseil comme le ministre de l'Intérieur ont (pour le moins !) leur part dans la censure. Enfin, s'il est à la fois logique et utile d'exercer de nombreuses critiques sur la préparation et la conduite des opérations, choisir presque toujours ses références dans le camp des détracteurs manque quand même de nuance.

Au bilan, donc, un ouvrage intéressant, riche et qui, à bien des égards, fourmille de situations concrètes et d'exemples très précis, mais qu'il convient toujours de placer en parallèle d'autres études, dans un cadre plus large, afin d'arriver à une perception à notre sens moins manichéenne de ce premier semestre de la Grande Guerre.

Rémy PORTE

Editions Perrin, Paris, 2012, 404 pages, 23 euros.
ISBN : 978-2-262-03034-6.

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27 novembre 2012 2 27 /11 /novembre /2012 06:59

Légendes, prophéthies et superstitions

de la Grande Guerre

Albert Dauzat

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Au royaume de l'irrationnel et de l'imaginaire.

La réimpression sous la forme d'une édition commentée du texte original d'Albert Dauzat, paru pour la première fois en 1919 mais devenu totalement introuvable, est une excellente initiative. Linguiste, sociologue, historien, l'auteur, en effet, a collecté et analysé (avec les outils et les méthodes de l'époque) le plus grand nombre possible de faux bruits, légendes, rumeurs, prédictions, prophéties et superstitions ayant couru pendant la Grande Guerre.

Il va donc bien au-delà des "histoires" de Rintintin et Nénette, des "anges de Mons" ou de la Vierge apparaissant sur le champ de bataille de la Marne, et nous livre, classés par grandes catégories, de très nombreux exemples. Il analyse ces rumeurs et légendes (essentiellement ceux et celles de l'arrière, comme l'explique le professeur Cochet dans son introduction) en fonction d'une grille de lecture rationnelle, presque scientifique, et, passant de l'individuel au collectif, du simple citoyen aux élites, de la presse à l'opinion publique, s'efforce d'en démonter les mécanismes de construction, de naissance, et d'en identifier les objectifs ou les conséquences.

L'organisation générale du volume lui permet de proposer une classification théorique. La longue première partie est consacrée aux "Faux bruits et légendes" (généralement liés au présent ou au passé proche) en tant que telles,avec des exemples d'auto-suggestion ou d'hystérie ("Je le sais, je l'ai vu, j'y étais"). Et au sujet de ceux qui les font naître ou les propagent : "Le désir de paraître renseigné et celui de se rendre intéressant, un fond de hâblerie, beaucoup de naïveté et de sottise, une grande crédulité, voilà, semble-t-il, de quoi, d'une façon générale, est faite la bizarre mentalité de ces malades". La seconde partie s'attache aux "Prédictions et prophéties" (qui prétendent annoncer l'avenir) généralement liées à une croyance et s'exprimant par l'intermédiaire d'un "élu", d'un "médium" doté de pouvoirs extraordinaires, ou plus simplement d'un "voyant" (éventuellement cupide). La (relativement) brève dernière partie enfin, "Superstitions", étudie les présages et talismans divers, les premiers souvent négatifs (on parle de "mauvais présages"), les seconds destinés à offrir une protection contre le malheur.

Extrêmement dense et riche, mais également facile à lire, ce texte peut parfois paraître daté, ce qui est exact. Mais l'ouvrage bénéficie des notes et commentaires de François Cochet, qui permettent de recontextualiser tel ou tel mot, tel ou tel propos, etc. Il en ressort une image non conventionnelle des sociétés du temps et une approche originale des attentes et des angoisses de l'arrière.

Un ouvrage atypique et original. A ne pas manquer pour (re)découvrir la Grande Guerre autrement..

Librairie Vuibert, Paris, 2012, 301 pages, 19 euros.

ISBN : 978-2-311-01186-9

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24 novembre 2012 6 24 /11 /novembre /2012 07:00

Une enfance provençale

au temps de la Première Guerre mondiale

Henri Michel

Enfance-provencale.jpg

Magnifique recueil de souvenirs ! Ceux qui me connaissent diront peut-être que le propos n’est pas tout-à-fait objectif, puisque je suis moi-même issu de cette Provence intérieure où l’essentiel de ma famille puise ses racines. Et il est bien vrai qu’à un demi-siècle de distance, les propos d’Henri Michel résonnent en moi comme pouvaient le faire ceux des anciens de mon village bas-alpin. Peu de différences sans doute entre le Vidauban d'Henri Michel au début du XXe siècle et le Château-Arnoux de mon enfance, dans les années 1960...

Comme le souligne Jean-Marie Guillon dans sa postface (« La société provençale et la Grande Guerre sous le regard de l’historien »), l’intérêt de ses mémoires va bien au-delà de la « simple » histoire locale, à laquelle il apporte bien sûr une indiscutable plus-value. C’est toute une société, articulée autour du « village », qui renait à chaque page, dans sa simplicité et sa complexité, dans ses valeurs et ses ignorances, dans sa modestie et ses certitudes.

Et puis, surtout, il y a cette description méticuleuse de « la guerre au village » : le départ des hommes pour le front, l’arrivée des territoriaux, les blessés et les réfugiés, le premier tirailleur « sénégalais », la place des femmes et les méfaits de l’inflation, le maire allant annoncer à la famille le premier mort de la commune, la vie et le travail au collège de l’élève boursier, les effets économiques sur les deux petites entreprises du village (une fabrique de bouchons de liège et une scierie), l’importance sociale du café sur la place et les conflits entre générations, les chansons à la mode et la propagande. Puis, sont évoquées les transformations durables induites par la fin de la guerre et les changements familiaux et sociaux auxquels les nouvelles générations les survivants doivent s’adapter : les anciens combattants, la question communiste, la première divorcée (« une garçonne »), la première automobile, la mécanisation de l’agriculture, les conséquences financières, etc.

C’est excellemment bien écrit et particulièrement agréable à lire. Et puis, ce texte remet bien des choses à leur juste place. Ne prenons qu’un extrait, au moment de la mobilisation en août 1914 : « En quelques heures, le village s’était vidé de sa population mâle … Tous avaient revêtu leurs habits du dimanche, en drap sombre -on ne répond pas en débraillé à l’appel de la Patrie- et ils suaient à grosses gouttes … Le dernier wagon disparu au virage, les mouchoirs rentrés, les femmes revinrent chez elles, où les attendaient, désormais, deux tâches à accomplir chaque jour … Restaient aussi une demi-douzaine d’adultes que leur faible complexion avait fait refuser autrefois par les conseils de révision –une injure grave qui leur avait valu soudain le dédain des filles et les quolibets de leurs camarades … La vérité est que le village travaillait plus que jamais ». Une lecture que les théoriciens dogmatiques du « consentement » ou de la « contrainte » pourraient utilement faire… Des exemples tout aussi significatifs peuvent être donnés pour tous les thèmes indiqués ci-dessus.

Un livre qui séduira tous les Provençaux, tous les amoureux de la Provence de Giono ou de Pagnol, mais aussi tous ceux qui s’intéressent à l’évolution sociale des provinces au début du XXe siècle aussi bien que tous ceux qui travaillent sur « l’arrière » pendant la Grande Guerre.

A lire.

C’est-à-dire Editions, Forcalquier, 2012, 416 pages, 28 euros.

ISBN : 978-2-91823-505-7

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20 novembre 2012 2 20 /11 /novembre /2012 07:00

La Grande Guerre

Une histoire franco-allemande

Jean-Jacques Becker et Gerd Krumeich

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Lors de la première parution de ce texte, en 2008, il s'agissait d'une réelle nouveauté : deux grands universitaires, l'un allemand, l'autre français, proposaient ensemble une analyse de la Première Guerre mondiale. Rapidement devenu un classique, il méritait d'être réédité en format 'poche' à la veille du centenaire.

Partant de la fin du XIXe siècle pour essayer de comprendre "Pourquoi une guerre franco-allemande ?", les deux auteurs s'interrogent d'abord sur les aspects politiques ("Une guerre des peuples ?") et sociaux ("Une guerre d'une violence inconnue ?"), avant d'en venir aux questions militaires ("Pourquoi une si longue guerre ?") et politico-diplomatiques ("La rupture des équilibres"). Ils peuvent ainsi aborder, même brièvement, la plupart des thématiques, en alternant les regards français et allemands. D'utiles renvois permettent de passer d'un chapitre à un autre en fonction du sujet ponctuellement traité et 70 pages (pp. 309-379) de notes, bibliographie -binationale- et index terminent ce volume.

Un outil de travail indispensable à tout étudiant ou amateur s'intéressant à la Grande Guerre.

Coll. 'Texto', Tallandier, Paris, 2012, 379 pages. 10,50 euros.

ISBN : 978-2-84734-996-2

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17 novembre 2012 6 17 /11 /novembre /2012 07:10

Tromper l'ennemi

L'invention du camouflage moderne en 1914-1918

Cécile Coutin

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Ce magnifique album est tout à la fois un vrai livre d'histoire, un livre d'art et (presque) une découverte.

On sait que dans le cadre général de la mobilisation de toutes les ressources de la nation pendant la Première Guerre mondiale, de nombreux artistes, artisans et ouvriers ont été mobilisés à partir de 1915 au sein des sections de camouflage. C'est cette histoire que raconte Cécile Coutin, avec moult détails et précisions (les amateurs connaissent les travaux dans ce domaine de Gilles Aubagnac). Particulièrement complet, l'ouvrage est divisé en 13 chapitres qui permettent d'aborder toutes les facettes du sujet, de la naissance, de l'organisation et du développement de la section de camouflage au recrutement des "artistes camoufleurs", des leurres de tous types (faux arbres, fausses cheminées, fausses borne kilométrique et jusqu'à un faux "buisson portatif" !, etc.) au camouflage des immeubles et des véhicules, en passant bien sûr par les pièces d'artillerie mais aussi les tenues individuelles et les brouillards artificiels, des vaches en carton et le faux Paris rendu célèbre à la fin de l'année dernière, ...

On apprécie l'existence d'un chapitre consacré au camouflage des navires, en particulier comme moyen de lutte contre les sous-marins, et le rappel que tous les grands belligérants développèrent ces méthodes (Britanniques, Belges, Italiens, Américains, et bien sûr Allemands). Après 1918, les artistes retournent à leur oeuvre créatrice : les formes modernes de la peinture (abstraction, cubisme) vont naître. Plus de 300 superbes illustrations font également de ce livre d'histoire un livre d'art, complété par la liste des principaux artistes français et étrangers qui servirent dans cette curieuse unité, une bibliographie et la reproduction des onze planches en couleurs du catalogue Patout (aménagement d'observatoires divers).

Un très, TRES, beau livre, qui doit trouver son lectorat bien au-delà des cercles habituels des historiens ou des amateurs d'art.

Editons Pierre de Taillac, Paris, 2012, 240 pages, 35 euros.

ISBN : 978-2-36445-015-8.

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Cécile Coutin a bien voulu répondre à nos questions :

Question : Comment une conservatrice de la BNF, en charge des fonds des des 'Arts du spectacle', en vient-elle à s'intéresser durablement à une question directement liée à la conduite des opérations ?

Réponse : Au début de ma carrière (décembre 1972), nommée conservateur du Musée d’Histoire contemporaine à Paris (section iconographique de la Bibliothèque de Documentation Internationale Contemporaine), j’ai découvert les témoignages graphiques laissés par les artistes mobilisés pendant la Première guerre mondiale, et le rôle spécifique de ceux qui ont été regroupés dans la section de camouflage créée le 14 août 1915, suite aux expériences convaincantes menées dès septembre 1914. Les décorateurs de théâtre, rompus aux effets de trompe l’œil et habitués à peindre de grandes surfaces de toiles, les peintres cubistes, aptes à la déformation de la réalité étaient particulièrement recherchés.

La rédaction d’une thèse de doctorat, soutenue en janvier 1987, et consacrée à l’œuvre de guerre du peintre Jean-Louis Forain, inspecteur du camouflage, m’entraîne à approfondir le sujet du camouflage. Je publie un important article paru en deux parties dans la revue Historiens et Géographes, en 1987 et 1988, qui constitue une des études de référence pour d’autres chercheurs s’intéressant à la question.

Puis, après 18 ans passés au Musée d’Histoire contemporaine, j’entre à la Bibliothèque nationale de France, au département des Arts du spectacle : chargée du fonds des maquettes planes et construites de décors et de costumes, je retrouve, parmi les décorateurs de la première moitié du XXe siècle, bon nombre de camoufleurs… Les fonds d’archives de certains d’entre eux, conservées dans ce département, recèlent de nouvelles informations qui enrichissent mes connaissances sur le camouflage.

Question : En quoi ce sujet est-il particulièrement important pendant la Grande Guerre et les Français n'ont-ils pas été précurseurs en la matière ?

RéponseSi le camouflage est une pratique aussi ancienne que l’homme, c’est pendant la Première guerre mondiale, à la faveur de la guerre de position (fin 1914-juillet 1918) qu’il est organisé à grande échelle, avec méthode, et de façon quasi industrielle. Ce sont bien des artistes français qui l’ont mis au point, puis enseigné aux Belges, Aux Anglais, aux Américains et aux Italiens. Dans ces diverses nations, on note cependant que certains artistes de mouvements artistiques d’avant-garde (Vorticistes anglais, Futuristes italiens) avaient intuitivement créé des œuvres proches de solutions picturales que développera le camouflage. Les expériences des uns s’enrichissent des découvertes des autres.

De son côté, mais de façon moins systématique, l’armée allemande pratique aussi le camouflage et réalise des installations particulièrement soignées. Elle utilise d’autres techniques pour dérouter ou surprendre l’adversaire, comme le déplacement fréquent de ses positions d’artillerie, et, après les attaques d’infanterie, le retrait dans des tranchées de 2e, 3e, voire 4e lignes. Son pôle d’excellence reste certainement le camouflage adapté à l’aviation.

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Question : Outre les artistes-peintres, que sait-on des autres professions mobilisées au sein de la Section de camouflage ?

RéponseDivers documents officiels, quelques listes découvertes dans des fonds privés, indiquent, à côté des décorateurs, des peintres, des illustrateurs et des sculpteurs -qui sont généralement les concepteurs des réalisations- les professions civiles des artisans et ouvriers chargés de l’exécution des objets et matériels de camouflage : accessoiristes de théâtre, plâtriers, peintres en bâtiment, tôliers, carrossiers, spécialistes en cuirassement, en tissus et en teintures, menuisiers, etc. On y croise aussi des hommes de lettres, des artistes du spectacle (des comédiens,  un mime). On fait appel à du personnel féminin : environ 10.000 femmes travailleront dans les ateliers de camouflage. On emploie aussi des bataillons non combattants de troupes coloniales : Annamites, Sénégalais. Enfin, on fait travailler comme manœuvres des prisonniers allemands, dans les ateliers de la zone des armées.

Sur le terrain, les installations sont exécutées sous la direction des camoufleurs, avec la participation des combattants concernés par le secteur aménagé.

Question : On se souvient qu'il y a un an le dossier du "Faux Paris" avait fait la Une des journaux. Quelles autres réalisations retiendriez-vous particulièrement ?

RéponseLe faux Paris était une idée grandiose, destiné à protéger la capitale des bombardements nocturnes. Seul l’un des trois projets imaginés a été réalisé : prêt en juillet 1918, il n’a pas eu le temps de servir, car l’assaut final et victorieux contre l’armée allemande repousse l’adversaire, dont les avions ne menacent plus Paris. Il n’en reste pas moins que la mise au point du système d’éclairage trompeur mis au point par Fernand Jacopozzi était particulièrement ingénieux. Autres réalisations remarquables :

 L’atelier de camouflage de Chantilly, construit de toutes pièces au début de 1917, profitant des expériences accumulées, conçu et organisé de façon géniale par le décorateur de théâtre Georges Lavignac.

 Les faux arbres-observatoires, et la technique mise au point pour remplacer un arbre véritable par un faux.

Le déplacement, en une nuit, de la chapelle de La Bove, démolie et reconstruite à l’identique 400 mètres plus loin, déroutant pendant 48 heures l’artillerie allemande qui s’en servait pour régler ses tirs.

 Le camouflage des coques de bateaux. Le camouflage du Grand Canal dans le parc de Versailles, repère utilisé par les aviateurs ennemis, qu’il fallait donc soustraire à leurs yeux.

Question : Quelles ont été les sources documentaires qui vous ont permis d'établir, à la fin de votre ouvrage, la liste des plus de 200 noms d'artistes mobilisés au camouflage ?

Réponse : Elles ont été très diverses : les correspondances et les carnets de guerre de Jean-Louis Forain, André Mare, Henri Bouchard, Louis de Monard, William Laparra, mentionnent de nombreux noms d’artistes ; les ordres de mission de camouflage, les photographies légendées conservées dans les archives privées ou publiques ; la colonne « observations » des registres d’inventaire des œuvres conservées au Musée d’Histoire contemporaine, qui indique parfois l’affectation de chaque artiste ; les catalogues d’expositions d’anciens artistes combattants présentées dans les années qui ont suivi la fin du conflit et le hasard des rencontres avec des descendants d’artistes qui ont fait partie de la section de camouflage.

Merci pour toutes ces réponses sur un aspect tout-à-fait original, mais extrêmement important, de cette Grande Guerre. 

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17 novembre 2012 6 17 /11 /novembre /2012 07:05

Le feu

Journal d'une escouade

Henri Barbusse

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Un véritable classique, respectueusement encensé par la critique depuis son prix Goncourt en 1916.

Peut-on chroniquer un ouvrage presque unanimement considéré comme un chef d'oeuvre et un symbole ? Cette forte, prenante, évocation de la guerre au niveau du groupe élémentaire marquera profondément une génération au moins et reste un classique : les conversations entre camarades, les petites joies et les grandes horreurs, le réalisme (au moins apparent) des situations, le langage si particulier des poilus entre eux, les sentiments profonds et les réactions des hommes face aux événements petits ou majeurs de la vie individuelle, familiale et collective. On trouve tout dans Le feu. Mai on ne peut oublier également que son auteur, journaliste politiquement engagé (il sera l'un des grands militants du pacifisme et proche de la Section française de l'internationale communiste), n'est pas un simple observateur "neutre". Son récit, inspiré par des carnets tenus au front mais ensuite librement rédigé, porte un message contre la guerre (des puissants) et en faveur d'une profonde transformation (révolution ?) sociale.

La réponse n'est donc pas simple : oui, il faut avoir lu Le feu, journal d'une escouade. C'est indispensable, à la fois par les "descriptions" plus ou moins reconstituées de la réalité de la vie au front (cf. les critiques de Norton Cru) ou dans l'imédiat arrière-front mais aussi pour l'influence que le livre et son auteur exercent durant l'entre-deux-guerres. Mais en replaçant toujours le rédacteur et son oeuvre dans leur contexte. En tout état de cause, une nouvelle réédition bienvenue, permettant d'acquérir ce livre essentiel pour une somme tout-à-fait modique.

Petite bibliothèque Payot, Ed. Payot & Rivages, Paris, 2012 (Rééd.), 460 pages. 8,65 euros.

ISBN : 978-2-228-90805-4.

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16 novembre 2012 5 16 /11 /novembre /2012 07:10

Souvenirs d'Alsace-Lorraine 1870-1923

Prince Alexandre de Hohenlohe

Introduction et notes de Laurent Schang

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Chacun comprendra que nous classions cette recension sous le thème « Première Guerre mondiale », non pas au regard de la stricte chronologie, mais en considération de l'importance de ce sujet au début et pendant la Grande Guerre.

L'Alsace-Lorraine, voilà en effet un sujet fort intéressant, appréhendé qui plus est à partir d'une source très originale. À travers ses souvenirs rédigés après la Première Guerre mondiale, le fils du régent d' Alsace-Lorraine de 1894 à 1900, Chlodvig de Hohenlohe-Schillingsfürst, nous livre son analyse de l'administration impériale et de ce que Laurent Schang appelle « l'âme populaire » d'Alsace-Lorraine. Fruit de la conquête prussienne en 1870, dont la cession fut imposée par le traité de paix, cette « Terre d'Empire » devient tout à la fois le symbole de la nation et de la puissance allemande, et celui du rêve de revanche. Car, depuis le Traité de Francfort de 1871, les Français ne cessent d'espérer un retour de l'Alsace-Lorraine, même si le discours politique officiel évolue, alors que ce territoire est également revendiqué par le corps germanique depuis le XVIIe siècle, après la prise de Strasbourg. Entre le Second empire et la Grande Guerre, les Français « organisent » une propagande plus ou moins souterraine. Soutenus par le clergé catholique qui introduit progressivement la langue française dans l'enseignement, les Français tentent de renforcer un sentiment francophile déjà présent. Le conservatisme prussien, que dénonce le prince, a facilité selon lui cette action politique française revancharde. C'est l'une des causes de la sympathie éprouvée par les Alsaciens-Lorrains à l'entrée des troupes françaises sur le territoire en 1918.

Le prince Alexandre de Hohenlohe, qui se dit partisan d'une politique de pleine intégration de l'Alsace-Lorraine aux États confédérés allemands, en partie initiée par son père (ou présentée ainsi), regrette la rupture « germano-alsacienne-lorraine » et remet en cause l'administration impériale qui tend à considérer le peuple d'Alsace-Lorraine comme un peuple de deuxième classe. « Il s'agissait de contenter la population d'Alsace-Lorraine par une administration calme, persévérante et juste, de tenir compte de ses sentiments et de ses souvenirs ainsi que de ses coutumes, et d'amener peu à peu une adaptation à la situation existante jusqu'à ce que le moment fût venu de lui donner une autonomie complète et de lui confier le gouvernement du pays dans le cadre de l'Empire, comme l'a fait l'Angleterre avec l'Afrique du Sud ». Il nous brosse le portrait, parfois cruel, parfois ironique, toujours ponctué de détails précis et d'anecdotes, des principaux responsables allemands dans les provinces occupées, des députés alsaciens-lorrains et des élites locales, et même d'un empereur Guillaume II coupé des réalités. On jurerait presque que les déplacements officiels de nos autorités, aujourd'hui, soigneusement préparés et « millimétrés », sont ici décrits : « Quand on voulait étudier la profondeur des ravages que le byzantinisme produisait déjà en Allemagne, on n'avait qu'à assister à l'une des visites que l'Empereur faisait en Alsace-Lorraine tous les ans au mois de mai … En soi, la comédie que l'on donnait dans ces occasions aurait peut-être été inoffensive car la population s'y amusait. Mais ce qu'il y avait de grave, c'est que le souverain se faisait ainsi une fausse image de la vie et de l'état d'esprit de cette population ... Aussi bien les fonctionnaires responsables que le souverain lui-même perdaient de vue le but principal qui aurait dû être celui de la visite du monarque, à savoir de se renseigner à fond sur la situation, les besoins, les désirs et les sentiments de la population »...

Le Traité de Versailles rétablit les frontières d'avant 1871 et l'Alsace-Lorraine redevient donc française, ce qui est une véritable humiliation pour l'Allemagne et une surprise car nombreux étaient ceux qui pensaient que les liens entre le Reich et la « Terre d'Empire » étaient devenus indissolubles. Le témoignage précieux du prince Alexandre de Honhenlohe constitue, à cet égard, une source essentielle puisqu'il met en lumière la complexité non seulement de l'histoire de l'Alsace-Lorraine, mais aussi celle tout aussi réelle des sentiments de la population comme des élites allemandes.

YAMOUNI Mira

Éditions des Paraiges, Le Polémarque, Paris-Nancy, 2012, 73 pages, 10 euros.

ISBN : 978-2-9529246-7-2

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14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 07:10

Les témoignages de Gaston Mourlot

1914-1919

Présentés par J.F. Jagielski, A. Lafon et M. Llosa

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Un volume tout-à-fait exceptionnel, publié il y a quelques jours par la maison vosgienne Edhisto avec le soutien du CRID 14/18. Cet ouvrage rassemble non seulement l'intégralité des 10 carnets de souvenirs de Gaston Mourlot (entré en campagne comme soldat dans l'infanterie, promu sous-officier et passé dans le génie), mais aussi ses 315 photos, des dizaines de dessins, un herbier (mais oui !) et de très nombreux objets (du plus smple au plus complexe) "d'artisanat de tranchées" que cet artisan-ouvrier parisien a réalisé dans l'immédiat arrière-front durant la Grande Guerre. Un livre magnifique, et tout particulièrement intéressant.

Edhisto éditions, Moyenmoutier, 2012, 559 pages, 25 euros.

ISBN : 978-2-35515-012-8

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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 07:00

Ecrivains dans la Grande Guerre

de Guillaume Apollinaire à Stefan Zweig

France-Marie Frémeaux

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Docteur en littérature comparée, France-Marie Frémeaux affirme dans son introduction qu'il ne s'agit pas d'une "étude académique mais d'un essai littéraire". Ele constate que ces écrivains "forment d'abord une génération", qu'ils se connaissent et "vivent dans un monde encore homogène". Et puis, il y a pour eux le souci de l'écriture, la participation à un nouveau genre littéraire, la volonté de rédiger un ouvrage dont ils espèrent qu'il marquera, de construire une oeuvre comme on entreprend un voyage : il s'agit peut-être bien d'un "Voyage aux Enfers".

Disons-le immédiatement, l'érudition de l'auteure est impressionnante et elle rédige avec talent, dans un style très agréable. Les 450 écrivains combattants recensés tombés pendant la Grande Guerre ne peuvent matériellement pas être traités dans ce volume, et France-Marie Frémeaux a la bonne idée de ne pas reproduire un Nième dictionnaire biographique. Elle adopte un plan original qui lui permet de se distinguer des productions existantes et de multiplier les références différentes et les citations, tout en donnant à l'occasion de chaque chapitre un coup de projecteur sur un nouveau grand auteur. Ainsi, la première partie ("Vers la guerre : les trois coups du brigadier et les cloches qui sonnent") permet de traiter plus particulièrement de Guillaume Apollinaire, de Jean Giraudoux et de Pierre Mac Orlan. Mais l'auteure évoque également, à la suite, une ou deux thématiques particulières, parfois très originales : ici, la baïonnette mais aussi le rire des soldats. La seconde partie ("N'allez pas là-bas ! Le départ") nous permet de redécouvrir Roger Martin du Gard, Blaise Cendrars, Ernest Hemingway et John Dos Passos, et se termine sur une évocation des contingents coloniaux dans la guerre. La troisième ("Le front des camarades") s'arrête sur Pierre Drieu La Rochelle, Henry de Montherlant et Charles Péguy. Au fil des chapitres qui suivent, nous croisons Jean Giono, Romain Rolland, Stefan Zweig, Louis Aragon, Ernst Jünger, Georges Duhamel, Robert graves, Maurice Genevoix, Georges Bernanos, Louis-Ferdinand Céline, Jules Romains, Roland Dorgeles, Henri Barbusse et jean Cocteau. Des noms connus, certes, mais dont le rôle et la place à l'époque ont parfois été oubliés et dont France-Marie Frémeaux nous propose de nombreux extraits et citations. Les différentes oeuvres de ces auteurs sont précisées, même les moins célèbres, et, aussi souvent que possible, par d'heureuses digressions, elle nous fait (re)connaître d'autres poètes, essayistes, romanciers tombés aujourd'hui dans l'oubli et l'anonymat, mais qui n'en ont pas moins été des écrivains combattants, acteurs et témoins reconnus à l'époque.

Non pas un livre d'histoire stricto sensu donc, mais une très utile contribution à la compréhension de ce que fut la Grande Guerre d'une part, de ses représentations durant l'entre-deux-guerres et de son écho jusqu'à nous. L'ouvrage se termine sur une solide "Bibliographie complémentaire" (pp. 355-361) et un très complet index des noms de personnes (pp. 363-376). A lire, à feuilleter puis à reprendre, à savourer page après page.

Express Roularta Editions, Paris, 2012, 376 pages, 20 euros.

ISBN : 978-2-84343-949-0

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Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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