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10 janvier 2013 4 10 /01 /janvier /2013 07:10

1914

La grande illusion

Jean-Yves Le Naour

1914

Nous chroniquions le 1er décembre dernier (ici) le dernier ouvrage de Jean-Yves Le Naour, consacré au récit des cinq premiers mois de la Grande Guerre. Du fait des activités des uns et des autres, il n'a pas été possible de publier plus tôt l'entretien qu'il a bien voulu nous accorder. Le voici donc, afin de lui permettre de présenter ce volume.

 

Question : Comparativement, comment appréciez-vous la "conduite supérieure de la guerre" par les hauts commandements français et allemand au cours des deux premiers mois de la Grande Guerre ?

Réponse : Je vous avoue que ne connais pas assez l’histoire allemande pour me livrer à une solide étude comparée de la conduite supérieure de la guerre ; toutefois, il me semble qu’il existe de profondes différences tant dans la conception que dans l’exécution entre les deux hauts-commandements. On sait que le plan Schlieffen qui prévoit l’invasion de la France par la Belgique avec une puissante aile droite qui enveloppera la capitale est la bible de l’état-major allemand qui en discute les détails depuis plusieurs années. En France, on est bien en peine de débattre de quoi que ce soit puisque les généraux partent à la guerre en ignorant tout du plan de campagne (le plan XVII n’est qu’un plan de concentration des troupes). Il est vrai qu’en France l’armée et la République entretiennent des rapports particuliers, l’affaire Dreyfus n’est pas loin, la peur de l’espionnage est tenace et Joffre a le culte du secret. Pour résumer, d’un côté les Allemands ont des instructions claires et précises, mais une grande liberté est laissée aux généraux dans l’exécution du plan (le comportement de Von Kluck le prouve), de l’autre les Français ne savent rien des intentions du généralissime mais ils sont soumis à des instructions à caractère impératif. Les Français vont payer cher l’autoritarisme d’un Joffre sans génie et les Allemands vont pâtir de l’absence de direction réelle de la guerre avec un commandement suprême établi à Luxembourg, très loin des opérations.

Question : A l'échelon subordonné des armées, corps d'armée et divisions, quelles sont les prérogatives et responsabilités propres des différents généraux ? Les combats de Lorraine, pendant la bataille des frontières, en montrent-ils l'importance et/ou les limites ?

Réponse : Si l’on s’en rapporte aux souvenirs des commandants d’armée, ils sont partis à la guerre sans avoir reçu d’autres instructions du général Joffre que le calendrier de leur concentration. Lanrezac confie même qu’il éprouve une véritable frayeur à ne pas recevoir d’ordres précis. L’offensive de Lorraine est symptomatique de cette absence de direction, de ce secret qui favorise à terme toutes les initiatives malheureuses : Castelnau, chef de la IIe armée, reçoit l’ordre de marcher en avant le 14 août. Il y répugne parce qu’il sait que la région de Metz est un véritable traquenard et parce qu’il ignore le grand mouvement stratégique qui lui est confié. Il en résulte un commandement qui flotte, entre conseils de prudence de Castelnau, harcèlement du GQG qui veut un prompt mouvement en avant et envie d’en découdre d’un Foch, chef du XXe corps qui attaque bille en tête, contre les ordres de Castelnau, et se fait écraser le 20 août. C’est un peu la pagaille générale au niveau du commandement. Il est vrai que les exécutants devraient savoir exactement ce qu’on leur demande.

Question : Comment expliquer que, pendant ce que l'on appellera rapidement "la course à  la mer", aucune des deux armées en lutte ne parvienne à prendre l'ascendant sur l'aile de son adversaire ?

Réponse : On est toujours plus malin quand les événements ont eu lieu et certains auteurs ont par la suite eu beau jeu de critiquer les engagements progressifs des unités à l’extrémité d’une ligne où chacun tentait de déborder l’autre, ce qui n’a fait qu’étirer le front jusqu’à la mer. Pourquoi n’a-t-on pas dirigé des troupes directement plus au nord du front ?, se sont-ils interrogés, etc.… En fait cela n’aurait probablement rien changé sur le fond : si le front s’est fixé, c’est tout simplement parce que l’ennemi s’est enterré pour tenir le terrain et a contraint les Français à faire de même. Sans munitions – les stocks d’obus étaient vides depuis la bataille de la Marne – il était impossible de déloger les Allemands de leurs tranchées protégées par des mitrailleuses et du fil de fer. On découvrait alors que dans ce nouveau genre de guerre, l’artillerie serait fondamentale.

AOUT-1914.jpg

Question : Comment évaluez-vous les rapports d'estime, de confiance, de subordination, ou au contraire les réserves voire les oppositions entre Joffre d'une part et les présidents du conseil et ministres de la guerre de 1914 ?

Réponse : Au début du mois d’août, Joffre a toute la confiance des politiques comme il a celle du pays. Avec le désastre de l’invasion, il est sévèrement critiqué en conseil des ministres, Poincaré et Viviani enragent de ne rien connaître des opérations. Une fois à Bordeaux, le gouvernement ne saura plus rien du tout, Joffre interdisant même aux préfets de communiquer directement avec le ministre de l’Intérieur. A défaut de remplacer le capitaine en pleine tempête, on débarquera le ministre de la Guerre, Messimy. Il fallait bien un responsable. C’est finalement la victoire de la Marne qui établit la confiance, mais une confiance toute limitée. D’abord parce qu’une partie des ministres est proche de Gallieni (Sembat, Briand…) et ensuite parce que le refus de Joffre de voir le gouvernement et les Chambres revenir à Paris exaspère le personnel politique. A partir de l’hiver 1914-1915, Joffre est officiellement soutenu tout en étant critiqué mezza voce par un gouvernement qui s’aperçoit que la situation est bloquée et qu’il n’y a pas de réelle stratégie, mais qui n’a pas le courage d’ouvrir une crise dans le commandement et dans l’opinion en le remplaçant.

Question : On connait bien par exemple les combats de Mons et l'on sait que les relations entre Lanrezac et French n'étaient pas bonnes. Plus largement, que peut-on penser du rôle du BEF au cours des quatre premiers mois de campagne ? Est-ce que l'on note des différences selon les périodes ?

Réponse : Avec ses 100 000 hommes, le corps expéditionnaire britannique ne joue pas un rôle fondamental en 1914. En août-septembre, il a même failli sceller le destin de la France par son manque de combativité. Après le choc de Mons où il s’est pris le gros de l’armée Von Kluck en pleine face, il n’a cessé de retraiter en considérant que tout était perdu et que la France était condamnée. A la veille de la bataille de la Marne, le général French pensait contourner Paris par le Sud et rejoindre les ports de l’Atlantique ! Seule l’intervention de Kitchener, le 1er août, et les supplications de Joffre, le 5 septembre, l’ont convaincu de participer à la bataille de la Marne. Mais quelle lenteur dans l’exécution ! Le BEF a mis trois jours pour remonter de Melun à Meaux. Avec un peu plus de mordant, Von Kluck aurait été menacé dès le 7 septembre et la bataille de la Marne aurait tourné à la franche victoire, alors qu’elle est restée indécise jusqu’au bout. Comment en vouloir aux Anglais quand on sait qu’ils ont été littéralement abandonnés à Mons par Lanrezac ? Par ailleurs, ils ont livré des combats acharnés dans le Pas-de-Calais afin d’éviter que les Allemands ne s’installent sur les côtes les plus proches de la Grande-Bretagne. Dans une guerre qui s’annonce comme longue, leur présence, même limitée en 1914, est prometteuse pour l’avenir.

Question : Dans votre ouvrage, on sent une profonde défiance vis-à-vis de Joffre. Pourquoi ?

Réponse : C’est un fait. Même si je lui reconnais la victoire de la bataille de la Marne – pour la paternité il y a débat – je ne peux dissimuler les insuffisances de cet homme que la presse contemporaine a décrit comme un génie et qui n’en était pas un, comme l’invasion du pays le démontre. Je lui reproche entre autres :

- Une nomination qu’il doit à son habileté politique à une époque où les gouvernements républicains préfèrent un général rassurant pour le régime plutôt qu’un général compétent.

- Son culte du secret vis-à-vis du gouvernement comme de ses généraux qui ne savent à peu près rien de ce qu’il pense.

- Son plan de campagne tellement aberrant qu’il mentira après-guerre en affirmant ne pas en avoir eu. Mieux valait passer pour naïf que pour incompétent au regard de l’histoire.

- Sa lâcheté enfin quand il accuse à plusieurs reprises les exécutants d’être responsables de l’invasion du pays. Sans doute y a-t-il eu des chefs qui n’étaient pas à leur place, mais les généraux étaient-ils tous mauvais ? Les soldats français étaient-ils tous de piètres combattants ? Ils sont morts par dizaines de milliers, les officiers à leur tête, et Joffre a eu le culot de les accuser de n’avoir pas eu assez de cran ! Cela n’est pas pour moi la marque d’un grand chef.

Merci Jean-Yves Le Naour pour ces réponses précises, qui ne susciteront peut-être pas toutes l'unanimité mais qui ont le grand mérite d'être argumentées et présentées par un excellent connaisseur de la période, et par là même de faire avancer le débat. Bon courage et plein succès pour vos travaux en cours et à très bientôt.

 

Jean-Yves Le Naour était par ailleurs l'invité de l'émission "La Grande Librairie" le 13 décembre dernier.

Pour retrouver son intervention, cliquer ici.

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7 janvier 2013 1 07 /01 /janvier /2013 07:10

Le traumatisme de la Grande Guerre

1918-1933

Nicolas Beaupré

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Il était logique de classer cette recension sous "Première Guerre mondiale" puisque c'est à partir des conséquences de la Grande Guerre (et de cette question : "A partir de quand cette addition de chocs traumatiques individuels devient-elle le grand traumatisme collectif de toute une société ?") que l'auteur analyse l'histoire franco-allemande de l'entre-deux-guerres jusqu'à l'accession au pouvoir du parti nazi.

Les environnements politiques, diplomatiques, économiques, sociaux et surtout culturels sont donc tour à tour mis en avant et fouillés. L'ouvrage est divisé en deux grandes parties qui abordent successivement une analyse plutôt chronologique de cet après-guerre, puis une approche thématique. Dans la première partie ("1918-1932 comme après-guerre"), Nicolas Beaupré traite en six chapitres des dernières manifestations de la guerre à l'Ouest (Alsace-Lorraine, démobilisation, interprétations du traité de Versailles, affaire des réparations et de la Ruhr, "l'illusion de la paix" entre 1924 et 1929 et la montée des périls intérieurs et extérieurs entre 1929 et 1932. Dans la deuxième partie, il aborde en huit chapitres des thèmes aussi intéressants et importants que le deuil de guerre individuel et collectif, la reconstruction des âmes, des corps et des cités, la question des territoires occupés et de la "honte noire", celle des mandats internationaux (en particulier au sujet de la Sarre et de la Haute-Silésie), la crise de la Ruhr, la notion de "démobilisation culturelle" avec un focus particulier sur le monde universitaire germanique, les espoirs pacifistes de Locarno et termine par une tentative de conceptualisation globale de l'époque, 1918-1933. C'est particuliièrement riche et à bien des égards passionnant, en particulier dans le bilan historiographique des différentes thèses qui se font face. Y a-t-il ou non, et si oui en quoi, "brutalisation" accrue des sociétés occidentales à la suite et du fait de la Grande Guerre ? Les interprétations divergeront, bien sûr, et nous ne sommes pas nous-mêmes toujours d'accord sur tel ou tel point avec la thèse de l'auteur, d'autant que ce débat devient finalement plus franco-français qu'historiographique (au point que nos camarades anglo-saxons finissent par s'en amuser...). Mais cette étude, par l'ampleur des références qu'elle brasse, qu'elle croise, qu'elle compare, doit être connue et lue avec attention.

L'ouvrage se termine sur une cinquantaine de pages de bibliographie (on regrette simplement que les mises à jour cessent autour de 2007-2008), une utile chronologie assez détaillée de la période et un index complet. Une publication scientifique, d'un abord parfois un peu difficile pour certains chapitres très intellectualisés, mais vraiment de référence.

Presses Universitaires du Septentrion, Vileneuve d'Ascq, 2012 (éd. allemande 2011), 304 pages, 39 euros.

ISBN : 978-2-7574-0383-9. 

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7 janvier 2013 1 07 /01 /janvier /2013 07:00

Le maréchal Hindenburg

Arte  -  8 janvier  -  20h50

HINDENBURG.jpg

Demain, sur la chaine franco-allemande Arte, un documentaire inédit de 90 mn. sur celui qui fut rappelé au service en 1914, successivement commandant d'armée en Prusse orientale, commandant en chef des troupes allemandes sur le front oriental puis à partir de fin août 1916 chef d'état-major général et commandant du troisième OHL, avant de devenir président de la république de Weimar durant l'entre-deux-guerres.

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5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 07:06

La grande guerre des images

La propagande par la carte postale, 1914-1918

Claude Morin

 CouvGrandeGuerre2.jpg

La fin du XIXe siècle et le début du XXe constituent "l'âge d'or" de la presse et de la carte postale : c'est donc par centaines de millions chaque années que ces modestes rectangles cartonnés ont été utilisés durant la Grande Guerre et, naturellement, les services de propagande et de censure ne se sont pas privés d'utiliser ou de bloquer ces supports si populaires. Il existe, certes, déjà d'autres ouvrages sur ce thème, mais l'intérêt de celui-ci réside dans le nombre impressionnant (plus de 1.000) de documents reproduits.

Partant de l'immédiat avant-guerre avec quelques belles cartes de caricatures politiques ou d'unités militaires, passant par l'Alsace-Lorraine (dont plusieurs étonnantes qui représentnt des militaires ou des douaniers français et allemands ensemble sur la frontière), l'auteur nous présente les futurs belligérants, les alliances, les querelles coloniales et la poudrière balkanique. Viennent ensuite les différentes armées, puis les phases de la guerre de position, y compris à l'Est (dont cartes des troupes austro-hongroises dans les Carpates). Vient ensuite la guerre des tranchées, avec ses permanents travaux d'aménagement et ses nécessités de vie quotidienne. Les trois parties suivantes ("Un ennemi odieux", "Nos admirables soldats" et "Des alliés puissants") présentent, pour l'Entente comme pour les Empires centraux "Un ennemi à bout de forces" (et oui, toujours !) ou "des chefs infaillibles" (toujours oui, partout !). Les cinq chapitres thématiques qui suivent abordent des questions aussi diverses que "Les sciences et techniques au service de la guerre" (de l'avion au sous-marin en passant par la mitrailleuse et les gaz de combat), "La mort et les destructions" (car les ruines ont souvent été représentées, ainsi que les morts et blessés -souvent ennemis- et les prisonniers de guerre -également ennemis-), "Les animaux dans la guerre", "Les civils dans la guerre totale" (populatons déplacées, abris, rationnement, assiégés, otages, embusqués, profiteurs, etc.) et "La publicité dans tous ses états (car la "réclame" ne perd jamais ses droits). Le dernier chapitre enfin, "La paix des vainqueurs", évoque non seulement la fin de la guerre et l'occupation en Allemagne, mais les différents traités de paix avec les vaincus, les fêtes de la victoire, les mutilés et blessés et les haines entretenues (la dernière carte, allemande, représente un tirailleurs sénégalais au couteau entre les dents, accompagné d'un soldat tchèque, avec pour légende sur un ruban tricolore "Brutalité - Bestialité - Egalité" !

Un véritable livre d'histoire. Un récit de la Grande Guerre par l'image (et aussi par ce que l'on n'a pas voulu montrer, certaines pages doivent ainsi être "lues en creux") qui ravira tous les lecteurs intéressés par la Grande Guerre.

L'àpart éditions, Turquant, 2012, 293 pages, 38 euros.

ISBN : 978-23-60351-30-5.

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2 janvier 2013 3 02 /01 /janvier /2013 07:00

La Belgique et la Grande Guerre

Michaël Bourlet

 BOURLET BELGIQUE

Paradoxalement, alors que le royaume de Belgique est agressé dès le premier jour de la Grande Guerre et que cette invasion allemande entraine directement l'intervention du Royaume-Uni, la bibliographie récente en France est particulièrement mince. Il faut donc remercier Michaël Bourlet de s'être lancé dans la rédaction de cet ouvrage.

Le livre est chronologiquement découpé en six chapitres, de la situation de "La Belgique en 1914, un 'petit' Etat neutre ?", à "La victoire de 1918 ?" (dont on apprécie le point d'interrogation, car elle annonce aussi "Des lendemains difficiles"). Le chapitre 2 est consacré à la période de la guerre de mouvement et de siège ("Le choc de 1914"), le chapitre 3 traite de la question de "La Belgique occupée (1914-1918)", le quatrième de "La Belgique au combat (1915-1916)" et le cinquième de la place du royaume dans le dispositif allié occidental ("Au coeur de la décision ? (1917-1918)". Accompagné de nombreuses citations, le texte se lit facilement et on ne peut qu'apprécier les références qui viennent à l'appui du récit. Aucune phase, aucun aspect, aucune thématique de la guerre ne manque, de la question initiale de la neutralité aux opérations dans le monde colonial, de la question flamande à l'ambigüité de certaines conditions de la victoire. Le roi Albert, souverain constitutionnel et commandant en chef de l'armée belge, est bien sûr au centre de nombreux chapitres et le portrait qui en est brossé est tout-à-fait équilibré. Tout au plus peut-on regretter, mais la pagination du volume impose ses limites matérielles, qu'une place un peu plus importante ne soit pas donnée à l'action du gouvernement en exil et à la vie à Sainte-Adresse, ou à la place de la diplomatie belge (et même du monarque lui-même) dans les innombrables négociations interalliées. Au terme de cette agréable lecture, on se dit, finalement, que ne pouvoir disposer que de 200 pages de textes pour un tel sujet doit être une vraie difficulté pour l'auteur, obligé de "trancher dans le vif". Cela nous donnera peut-être le plaisir de disposer un jour prochain d'un tome 2 ?

On apprécie particulièrement à la fin du livre les annexes (organigrammes des différentes divisions d'armée belges en août 1914), les douze pages de sources et bibliographie, une chronologie comparée (déroulement général de la guerre / opérations militaires / politique et diplomatie belges / événements en Belgique occupée) et deux index très précis des noms de personnes et des noms de lieux.

Une synthèse particulièrement utile pour tous les amateurs de la Grande Guerre.

Editions SOTECA, Saint-Cloud, 2012, 256 pages. 25,40 euros.

ISBN : 978-2-916385-33-4.

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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 07:00

Récits de guerre, 1914-1918

Romain Darchy

Recits-de-guerre702.jpg

La ressource en témoignages, carnets personnels et souvenirs de la Grande Guerre semble inépuisable. Dans le lot des parutions régulières toutefois, quelques productions, dont nous essayons de nous faire l'écho, se distingue.

Tel est le cas aujourd'hui avec ces Récits de guerre de Romain Darchy, présentés par Jean-Pierre Verney. Ce volumineux ouvrage de quelques 470 pages, dont 450 de témoignages directs de l'auteur, nous entraine en effet de son incorporation au printemps 1915 au 27e R.I. puis, après son affectation au 408e d'infanterie sur le champ de bataille de Verdun, aux pires moments de l'offensive allemande (février-mars 1916), sur la cote 304 l'année suivante (juillet-août 1917) et enfin en Champagne à la fin de printemps et au début de l'été 1918. Romain Darchy est en effet fait prisonnier alors qu'il ne lui reste plus que dix hommes à peu près valides pour résister à l'ultime offensive de l'armée impériale en juillet.

Tous les thèmes classiques des carnets et journaux des combattants sont bien sûr abordés (l'attente et l'ennui, l'amitiés au sein du groupe, les espoirs, les peurs, les offensives, les bombardements, les gaz de combat, l'ensevelissement sous les obus, les camarades morts, etc. Mais, ici, l'auteur prend le temps de détailler ce qu'il observe aussi bien que ses impressions. L'ensemble constitue donc un témoignage à la fois dense (il est agent de liaison pendant la bataille de Verdun, ce qui le confronte à des dangers multiples mais lui permet de voir aussi "au-delà du trou individuel"), profondément humain et patriote (alors, contrainte ou consentement ? Un peu des deux ? Finalement, c'est ici sans objet), particulièrement vivant (les bruits, les odeurs, la chaleur, la pluie, etc.). Cité et décoré, il est promu officier au début de l'année 1917, il raconte "sa" guerre puis sa détention avec toujours autant de franchise et de spontanéïté. 

Certes, l'éditeur ne nous livre pas ici le texte brut des petits carnets tenus au jour le jour par Romain Darchy. Il s'agit en fait de leur ré-écriture partielle par l'intéressé au début des années 1920. Nous retrouvons là une des limites bien connue des témoignages de combattants, souvent remis en forme après la fin d'un conflit. En tenant compte de cette réalité, les Récits de guerre 1914-1918 qui nous sont aujourd'hui proposés méritent amplement de rejoindre dans la bibliographie les meilleurs témoignages publiés. Par ailleurs, comme le souligne Jean-Pierre Verney dans sa préface, l'homme fera ensuite le choix, en 1940, de s'engager dans la résistance, dont il devient en janvier 1944 le chef pour le département de l'Orne : arrêté, il ne livre aucun nom, aucun secret et rejoint "la grande cohorte des âmes errantes, à l'identique de ses infortunés compagnons de la Grande Guerre, ceux que le destin a privés d'un tombeau"

Un beau et grand livre de souvenirs, complété par une vingtaine de pages d'utiles annexes.

Bernard Giovanangeli éditeur, Paris,  2012, 479 pages, 23 euros.

ISBN : 978-2-7587-0101-9.

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7 décembre 2012 5 07 /12 /décembre /2012 06:55

Encyclopédie de la Grande Guerre

Stéphane Audoin-Rouzeau et Jean-Jacques Becker (Dir.)

2 volumes

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Voici donc une nouvelle édition, en partie revue et augmentée, en deux volumes au format "poche" de l'ouvrage de référence publié pour la première fois en 2004 chez Bayard. Le premier tome regroupe les parties 1 ("Le monde avant 1914"), 2 ("Combattre") et 3 ("Conduire la guerre") du volume original, et le second les parties 4 ("Fronts intérieurs et culture de guerre"), 5 ("A la marge de la guerre"), 6 ("La liquidation de la guerre") et 7 ("L'empreinte de la Grande Guerre"). Il s'agit, à la fois par la diversité des textes et par l'ampleur de la pagination au regard du prix des volumes, d'un authentique outil de travail, qui sera précieux à bien des égards.

Certaines rubriques auraient néanmoins sans doute gagné à être davantage fouillées, ou "retravaillées", par rapport à l'édition originale (lisez par exemple celle consacrée aux mitrailleuses...). Mais au-delà, et en particulier pour tout ce qui concerne les aspects sociaux, politiques et culturels, l'ensemble est incontournable.

Parallèlement toutefois, on ne peut s'empêcher de constater que les références des différents articles comme la bibliographie finale ne tiennent pratiquement compte pour les ouvrages parus depuis 2004 que de ceux publiés par "les amis". Si la mise à jour est ici scrupuleuse, elle ignore totalement les études (parfois novatrices, mais oui !) publiées par d'autres historiens, extérieurs à "la famille" ou au "clan", et qui ne font pas "allégeance". C'est au minimum mesquin, voire intellectuellement sujet à caution. Mais comme le précise l'ultime double page, qui asure la promotion de l'Historial de Péronne, celui-ci s'intéresse aux "nouvelles interrogations sur la guerre, ses enjeux mémoriels et les défis contemporains qu'elle pose". Et la guerre elle-même, qui s'en occupe ?

Coll. 'Tempus', Perrin, 2012, 2 volumes, vol. 1 : 768 pages, 12 euros ; vol. 2 : 1050 pages, 13 euros.

ISBN : 978-2-262-03108-4 et 978-2-262-03109-1.

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1 décembre 2012 6 01 /12 /décembre /2012 07:05

1914

La grande illusion

Jean-Yves Le Naour

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Professeur en classes préparatoires, Jean-Yves Le Naour a déjà à son actif plus de vingt livres, pour l'essentiel consacrés à la période de la Première Guerre mondiale.

Dans ce nouvel opus, il revient sur le second semestre de l'année 1914, de l'assassinat de l'archiduc héritier d'Autriche-Hongrie jusqu'aux "Trêves et fraternisations" de Noël. Abondamment référencée et disposant d'un solide index, cette synthèse est bienvenue. Elle est complète et soulève parallèlement les questions militaires, politiques, diplomatiques, économiques, financières, sociales, l'espionnite et l'Union sacrée, etc. Rédigée d'une plume alerte, elle est par ailleurs facilement accessible aux non-spécialistes, ... mais c'est là, justement, que la façon dont l'auteur reprend parfois des formules toutes faites peut devenir ennuyeux, ou délicat. Le principal point d'échoppement réside dans la quasi permanente hostilité anti-Joffre qui court tout au long du texte : les qualificatifs les moins agréables lui sont attribués. Est-il bien utile d'aller chercher chez Churchill, (vous savez, "l'efficace planificateur" des opérations des Dardanelles et de Gallipoli...) cette appréciation : "Ce sont le général Joffre et ses officiers qui sont responsables de l'affreuse et incommensurable erreur commise dans les évaluations de presque tous les facteurs qui entraient en jeu au début de la guerre". Fut-il la voix la plus autorisée pour commenter la pertinence des choix militaires et des opérations de la grande Guerre ? De même, si les nombreuses citations extraites de la presse généraliste de l'époque sont tout-à-fait bienvenues, il est nécessaire de les replacer dans leur contexte social et politique : le GQG n'assume pas toutes les responsabilités et le président du Conseil comme le ministre de l'Intérieur ont (pour le moins !) leur part dans la censure. Enfin, s'il est à la fois logique et utile d'exercer de nombreuses critiques sur la préparation et la conduite des opérations, choisir presque toujours ses références dans le camp des détracteurs manque quand même de nuance.

Au bilan, donc, un ouvrage intéressant, riche et qui, à bien des égards, fourmille de situations concrètes et d'exemples très précis, mais qu'il convient toujours de placer en parallèle d'autres études, dans un cadre plus large, afin d'arriver à une perception à notre sens moins manichéenne de ce premier semestre de la Grande Guerre.

Rémy PORTE

Editions Perrin, Paris, 2012, 404 pages, 23 euros.
ISBN : 978-2-262-03034-6.

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27 novembre 2012 2 27 /11 /novembre /2012 06:59

Légendes, prophéthies et superstitions

de la Grande Guerre

Albert Dauzat

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Au royaume de l'irrationnel et de l'imaginaire.

La réimpression sous la forme d'une édition commentée du texte original d'Albert Dauzat, paru pour la première fois en 1919 mais devenu totalement introuvable, est une excellente initiative. Linguiste, sociologue, historien, l'auteur, en effet, a collecté et analysé (avec les outils et les méthodes de l'époque) le plus grand nombre possible de faux bruits, légendes, rumeurs, prédictions, prophéties et superstitions ayant couru pendant la Grande Guerre.

Il va donc bien au-delà des "histoires" de Rintintin et Nénette, des "anges de Mons" ou de la Vierge apparaissant sur le champ de bataille de la Marne, et nous livre, classés par grandes catégories, de très nombreux exemples. Il analyse ces rumeurs et légendes (essentiellement ceux et celles de l'arrière, comme l'explique le professeur Cochet dans son introduction) en fonction d'une grille de lecture rationnelle, presque scientifique, et, passant de l'individuel au collectif, du simple citoyen aux élites, de la presse à l'opinion publique, s'efforce d'en démonter les mécanismes de construction, de naissance, et d'en identifier les objectifs ou les conséquences.

L'organisation générale du volume lui permet de proposer une classification théorique. La longue première partie est consacrée aux "Faux bruits et légendes" (généralement liés au présent ou au passé proche) en tant que telles,avec des exemples d'auto-suggestion ou d'hystérie ("Je le sais, je l'ai vu, j'y étais"). Et au sujet de ceux qui les font naître ou les propagent : "Le désir de paraître renseigné et celui de se rendre intéressant, un fond de hâblerie, beaucoup de naïveté et de sottise, une grande crédulité, voilà, semble-t-il, de quoi, d'une façon générale, est faite la bizarre mentalité de ces malades". La seconde partie s'attache aux "Prédictions et prophéties" (qui prétendent annoncer l'avenir) généralement liées à une croyance et s'exprimant par l'intermédiaire d'un "élu", d'un "médium" doté de pouvoirs extraordinaires, ou plus simplement d'un "voyant" (éventuellement cupide). La (relativement) brève dernière partie enfin, "Superstitions", étudie les présages et talismans divers, les premiers souvent négatifs (on parle de "mauvais présages"), les seconds destinés à offrir une protection contre le malheur.

Extrêmement dense et riche, mais également facile à lire, ce texte peut parfois paraître daté, ce qui est exact. Mais l'ouvrage bénéficie des notes et commentaires de François Cochet, qui permettent de recontextualiser tel ou tel mot, tel ou tel propos, etc. Il en ressort une image non conventionnelle des sociétés du temps et une approche originale des attentes et des angoisses de l'arrière.

Un ouvrage atypique et original. A ne pas manquer pour (re)découvrir la Grande Guerre autrement..

Librairie Vuibert, Paris, 2012, 301 pages, 19 euros.

ISBN : 978-2-311-01186-9

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24 novembre 2012 6 24 /11 /novembre /2012 07:00

Une enfance provençale

au temps de la Première Guerre mondiale

Henri Michel

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Magnifique recueil de souvenirs ! Ceux qui me connaissent diront peut-être que le propos n’est pas tout-à-fait objectif, puisque je suis moi-même issu de cette Provence intérieure où l’essentiel de ma famille puise ses racines. Et il est bien vrai qu’à un demi-siècle de distance, les propos d’Henri Michel résonnent en moi comme pouvaient le faire ceux des anciens de mon village bas-alpin. Peu de différences sans doute entre le Vidauban d'Henri Michel au début du XXe siècle et le Château-Arnoux de mon enfance, dans les années 1960...

Comme le souligne Jean-Marie Guillon dans sa postface (« La société provençale et la Grande Guerre sous le regard de l’historien »), l’intérêt de ses mémoires va bien au-delà de la « simple » histoire locale, à laquelle il apporte bien sûr une indiscutable plus-value. C’est toute une société, articulée autour du « village », qui renait à chaque page, dans sa simplicité et sa complexité, dans ses valeurs et ses ignorances, dans sa modestie et ses certitudes.

Et puis, surtout, il y a cette description méticuleuse de « la guerre au village » : le départ des hommes pour le front, l’arrivée des territoriaux, les blessés et les réfugiés, le premier tirailleur « sénégalais », la place des femmes et les méfaits de l’inflation, le maire allant annoncer à la famille le premier mort de la commune, la vie et le travail au collège de l’élève boursier, les effets économiques sur les deux petites entreprises du village (une fabrique de bouchons de liège et une scierie), l’importance sociale du café sur la place et les conflits entre générations, les chansons à la mode et la propagande. Puis, sont évoquées les transformations durables induites par la fin de la guerre et les changements familiaux et sociaux auxquels les nouvelles générations les survivants doivent s’adapter : les anciens combattants, la question communiste, la première divorcée (« une garçonne »), la première automobile, la mécanisation de l’agriculture, les conséquences financières, etc.

C’est excellemment bien écrit et particulièrement agréable à lire. Et puis, ce texte remet bien des choses à leur juste place. Ne prenons qu’un extrait, au moment de la mobilisation en août 1914 : « En quelques heures, le village s’était vidé de sa population mâle … Tous avaient revêtu leurs habits du dimanche, en drap sombre -on ne répond pas en débraillé à l’appel de la Patrie- et ils suaient à grosses gouttes … Le dernier wagon disparu au virage, les mouchoirs rentrés, les femmes revinrent chez elles, où les attendaient, désormais, deux tâches à accomplir chaque jour … Restaient aussi une demi-douzaine d’adultes que leur faible complexion avait fait refuser autrefois par les conseils de révision –une injure grave qui leur avait valu soudain le dédain des filles et les quolibets de leurs camarades … La vérité est que le village travaillait plus que jamais ». Une lecture que les théoriciens dogmatiques du « consentement » ou de la « contrainte » pourraient utilement faire… Des exemples tout aussi significatifs peuvent être donnés pour tous les thèmes indiqués ci-dessus.

Un livre qui séduira tous les Provençaux, tous les amoureux de la Provence de Giono ou de Pagnol, mais aussi tous ceux qui s’intéressent à l’évolution sociale des provinces au début du XXe siècle aussi bien que tous ceux qui travaillent sur « l’arrière » pendant la Grande Guerre.

A lire.

C’est-à-dire Editions, Forcalquier, 2012, 416 pages, 28 euros.

ISBN : 978-2-91823-505-7

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Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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