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13 mai 2016 5 13 /05 /mai /2016 06:00

La Grande Guerre des écrivains

Romain Vignest et Jean-Nicolas Corvisier (Dir.)

Cette très volumineuse étude affirme ne pas prétendre à l'exhaustivité, ce qui est naturellement exact, mais brosse un tableau à la fois très large et très varié sur les auteurs français (et quelques approches étrangères) dont l'oeuvre a été profondément marquée par la Grande Guerre.

Réunissant plus de 35 contributions, le livre est divisé en trois parties : "En guerre", pour les auteurs combattants ou pacifistes pendant la guerre elle-même ; "L'empreinte", pour les influences ultérieures ; et "Regards étrangers", pour quelques travaux internationaux, de l'Afrique du Nord à l'Italie et des Etats-Unis à la Serbie. Les contributeurs sont extrêmement variés, du professeur émérite reconnu au jeune chercheur, ce qui donne à l'ensemble une diversité d'approches et de préoccupations intéressante. Par ailleurs, comme souvent pour de tels ouvrages, un professeur de lettres est rarement un spécialiste des questions militaires et l'approche est fréquemment exclusivement littéraire et culturelle, comme le précise Romain Vignest : "Ses trente-cinq articles composent la somme de la recherche universitaire sur l'impact (le mot, ici, convient) idéologique et esthétique de la Grande Guerre et sa représentation dans la littérature". Après une Introduction historique de Jean-Nicolas Corvisier, qui s'efforce de dresser un bilan de l'ensemble de ces publications et parfois des travaux associés "sous forme de pesée globale" (y compris l'attribution des prix littéraires et une rapide analyse par genre de publication), Jean-Pierre Rioux ouvre le cycle des contributions avec "Charles Péguy en pantalon rouge". Aucun grand nom ne manque ensuite, de Claudel à Barrès et de Léautaud à Romain Rolland, de Gide à Duhamel, d'Apollinaire à Cendars, de Dorgelès à Giono et de Céline à Drieu la Rochelle. Parmi les contributions les plus originales, celle de Cécilia Suzzoni, consacrée à "Albert Thibaudet, La campagne avec Thucydide. De la guerre du Péloponnèse à la guerre de 14-18 : une certaine figure de la guerre antique", à partir de l'affirmation que "les lettres classiques fournissent la grille de lecture pour le monde contemporain", une sorte de dialogue "entre hier et aujourd'hui, entre le moment et la chose de toujours". Dans la seconde partie, outre les classiques Roger Martin du Gard et Proust, on trouve également des approches plus larges ou plus atypiques, comme celle sur la littérature populaire et le roman d'aventures par Jean-Nicolas Corvisier et Guy Talon, ou l'article de Jean-Louis Loubet del Bayle sur "La guerre de 14. Des écrivains et les désillusions du progrès (Aragon, Drieu la Rochelle; Malraux)". La troisième enfin commence par une étude comparative par Georgette Wachtel de trois grands auteurs (Genevoix, Jünger et Remarque), entre témoignages, récits édulcorés et affirmations politiques (évolutives). L'originale étude de Guy Dugas sur "La Grande Guerre dans l'imaginaire maghrébin" s'appuie sur les travaux de trois artistes dont les oeuvres s'échelonnent entre 1920 et 1980, tandis qu'en fin de volume Milivoj Srebro revient sur le souvenir du désastre serbe de l'hiver 1915 : "Le Golgotha albanais ou la traversée des Enfers. L'écho de la Grande Guerre dans le roman serbe", véritable historiographie de la question jusqu'aux débats de la fin du XXe siècle sur le projet serbe et la Yougoslavie.

Au total, un volume qui plaira indiscutablement aux amateurs de littérature de la (Grande) Guerre, mais qui plus largement peut apporter beaucoup de pistes et d'éléments de réflexion à ceux qui s'intéressent aux traces et influences de la Première Guerre mondiale dans le temps long.

Classiques Garnier, Paris, 2015, 781 pages, 39,- euros.
ISBN : 978-2-8124-4732-7.

Guerre et littérature
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11 mai 2016 3 11 /05 /mai /2016 06:00

Un guerrier d'occasion

Journal du fantassin Pierre Perrin

(1914-1918)

Gilles Laurendon

Encore un témoignage récemment publié, celui d'un "guerrier d'occasion" en service entre 1914 et 1919 (ce qui en fait d'ailleurs pratiquement un professionnel).

Ce volume présente deux intérêts majeurs : d'une part le texte, scrupuleusement repris des notes rédigées au jour le jour, évite le piège du pathos permanent, et d'autre part il est très élégamment décoré d'illustrations à main levée dessinées sur le vif par l'auteur (il deviendra d'ailleurs après la guerre professeur de dessin). On apprécie que, fréquemment, les notes quotidiennes soient assez longues, ce qui permet à Pierre Perrin d'apporter un témoignage très complet, aussi bien sur les micro-événements du quotidien que sur les combats auxquels il participe et dont il décrit, à son niveau de visibilité et de compréhension, tous les détails jusque dans le comportement de ses chefs immédiats et camarades. Au fil des pages, l'auteur nous présente comment sont creusées et aménagées les tranchées (et comment cela évolue dans le temps), raconte les blessés et les pertes quotidiennes pendant la guerre de position même dans les secteurs calmes, les combats locaux pour prendre un bout de tranchée ennemie ou récupérer un entonnoir proche des lignes, quelques commentaires peu élogieux sur le comportement des recrues méridionales, les séjours à quelques mètres des Allemands avec ses brèves phases d'apaisement réciproque et ses coups de main presque permanents, la musique régimentaire et l'aumônier, les corvées pour "ramasser dans les anciennes lignes les fusils abandonnés et les débris d'équipement", les bombardements réguliers mais aussi la quasi "vie de caserne", réalité fréquente pour le poilu que l'on oublie souvent aujourd'hui. L'auteur est dans le secteur de Verdun à partir de la fin du mois de juillet, avec les violents combats des semaines qui suivent, avant d'être dirigé vers la Meurthe-et-Moselle, dans le secteur de Reillon, avec des commentaires peu élogieux, cette fois sur un contingent antillais. A la veille de l'offensive du printemps 1917, Pierre Perrin est en Champagne, à proximité de Reims, et il décrit les séances (peu pertinentes semble-t-il) d'instruction préalables à l'attaque et dont il décrit les difficultés de progression le premier jour au milieu des bombardements et de la fumée. Blessé, il est évacué et brosse le tableau des installations du Service de santé où il séjourne brièvement, puis revient en ligne et constate la baisse du moral, les renégociations non officielles du commandement de contact, la période des "mutineries" puis s'installe brièvement dans le secteur de Maisons-de-Champagne, avec son activité de patrouilles et de coups de main. Les premiers officiers américains qui viennent en ligne annoncent l'arrivée des troupes pour avril 1918 et pensent que la guerre va encore durer deux ans... Les exercices et entraînements se succèdent, marquant bien la priorité accordée désormais dans l'armée française à la formation individuelle et collective, et Pierre Perrin présente la nouvelle organisation de la première ligne, en "îlots" défensifs. On perçoit bien au total la place prise par l'artillerie dans les combats et l'on peut évaluer l'importance des crapouillots et autres "engins de tranchée", appuis désormais indispensables du fantassin.

Au total, un nouveau témoignage trés intéressant qui complète utilement ceux dont nous disposions jusqu'à présent.

Editions Ouest-France, Rennes, 2012, 375 pages, 20,- euros.

ISBN : 978-2-7373-5763-3.

Quotidien d'un fantassin
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9 mai 2016 1 09 /05 /mai /2016 06:00

1914-1918  Lettres d'un fils

Un infirmier de chasseurs à pied à Verdun et dans l'Aisne

Jean Pottecher

Une correspondance de poilu intéressante à plus d'un titre : le nombre de lettres concernées (345, dont 289 écrites au front) d'une part ; la particularité de l'auteur d'autre part : pacifiste, il ne refuse pas d'accomplir son devoir de citoyen mais fait le choix de servir "sans arme", au sein du Service de santé.

Dans sa présentation, André Suarès souligne l'intérêt que Jean Norton Cru portait à ce témoignage et rappelle : "Il n'a pas voulu être officier, lui qui devait l'être naturellement, et qui en fut dix fois sollicité. Il s'est rangé lui-même dans le corps du secours et du dévouement. Ici les grades ne sont rien. Je l'appelais Jean le Secourable". Dans la première lettre, datée du 3 septembre 1914, il annonce à ses parents sa décision de s'engager ("Au fond, ce qui m'a guidé, ce n'est pas un patriotisme instinctif : c'est la recherche seule d'idéal social et d'humanité. Il m'a semblé que pour le but que je poursuis, il y avait avantage à ce que la France soit victorieuse et que je combatte"). Passé à sa demande dans une unité d'active, le 19e bataillon de chasseurs, il fait preuve d'un souci permanent de ses camarades et d'une grande curiosité pour tout ce qui l'entoure, mais, bien malgré lui, passe l'année 1915 au dépôt de l'unité, à l'intérieur, tout en lisant beaucoup. Il se lance même dans la cuisine pour les malades, quitte à acheter les produits nécessaires avec son propre prêt du soldat. Quelques constats aussi, comme lorsqu'il assiste à une instruction sur le tir avec mitrailleuses : "Deux mitrailleuses qui marchent bien peuvent arrêter un bataillon de 1.500 hommes : mais très souvent des pièces cessent de tirer, l'incident est normal". Puis, c'est l'installation dans l'arrière-front et les exercices d'entraînement, souvent peu convaincants, surtout des marches avec, selon les secteurs, une amélioration progressive des conditions d'installation : "Nous sommes à peu près au même endroit que nos prédécesseurs, mais dans un bivouac au milieu d'un bois ; bivouac moderne, sous terre, et bien installé, à demeure ; et derrière chaque gourbi, un abri de bombardement". Il nous présente cette batterie d'artillerie lourde, qui ne tire presque pas ; il décrit plusieurs combats aériens au-dessus des lignes et le tir d'autocanons antiaériens. Une vie d'immédiat arrière-front : "Je suis bien fatigué le soir quand je me couche ; je dors peu, mais bien ; je mange mal, mais suffisamment ; je peux me tenir propre et je suis dispos quand je me réveille". Affecté au 59e bataillon (reconstitué) en juillet 1916, dont il dépeint avec verve et une réelle affection le personnel de santé, mais toujours dans un secteur assez tranquille, ce qui le désole car il a le sentiment de ne pas pouvoir faire assez : "Je n'arrive toujours pas à aller au feu : c'est pire qu'un vaudeville. Je me demande si la guerre finira avant que j'aie pu en voir la partie la plus réputée". Finalement, Jean Pottecher passe de longs mois très proche du front, mais sans jamais être dans un secteur particulièrement actif. Il décrit néanmoins la mise en place d'une attaque au gaz, les espoirs soulevés par l'entrée en guerre de la Roumanie, le dispositif allégé en toute première ligne, peut finalement suivre quelques patrouilles et alterne désormais entre première et seconde lignes. Il raconte également à la mi-décembre une "rencontre" et une conversation en avant des lignes avec deux Allemands mais aussi une pêche à la grenade qui tourne mal. Entre Vosges et Woëvre, le début de l'année 1917 est assez morose, sur fond d'initiatives diverses pour la paix. Les injustices et les fautes de commandement sont de plus en plus mal perçues et le quotidien se poursuit, dans le secteur d'Avocourt à la fin du printemps, avec quelques descriptions éclairantes de stratégies d'évitement et de croix de guerre injustifiées. Sans que l'on comprenne très bien pourquoi, les rotations entre première et deuxième lignes s'accélèrent (parfois à peine 24 heures) et finalement son unité est relevée quelques heures avant le début del'offensive à objectif limité du 20 août sur la rive gauche de la Meuse, alors que la compagnie compte "62 malades pour un effectif de 128", ce qui donne une idée du potentiel opérationnel effectivement disponible. A nouveau le secteur "si tranquille" de Mourmelon, les petits accrochages, les prisonniers, les blessés, les colis de la famille, le léger repli des Allemands dans le secteur de Vaux, la lutte contre la pluie et l'humidité, les bombardements intermittents, une morne régularité : "Rien de nouveau", "La situation reste inchangée"... Un secteur "qui fut héroïque, et qui était devenu agréablement casanier". L'hiver 1917-1918 est assez tranquille, avec le passage ou l'arrivée de quelques contingents alliés, italiens et américains, et la routine des vaccinations et des visites médicales quotidiennes. Il reçoit de loin les échos des premières offensives allemandes du printemps 1918, tout en subissant dans son secteur quelques puissants bombardements par obus chimiques et en constatant les progrès de l'épidémie de grippe. Les déplacements s'accélèrent car désormais les attaques allemandes se multiplient en mai-juin face à son bataillon, et Jean Pottecher décrit la technique des troupes d'assaut ennemies qui manoeuvrent par les ailes sans s'arrêter pour réduire les résistances résiduelles : les unités sont épuisées, il est le dernier infirmier subsistant, chacun attend avec impatience l'entrée en ligne des Américains. Dans son esprit, c'est désormais la défense de Paris qui s'organise, la deuxième bataille de la Marne, le pillage des hameaux, la description des premiers FT17, le luxe relatif dont bénéficient les troupes américaines et dont il faut terminer l'instruction ("Ce matin nous manoeuvrâmes devant les Américains, un exercice qui ne ressemblait en rien à la réalité, et qu'ils ont admiré de confiance" avec ce contraste : "Ils ont une discipline ultra-prussienne dès qu'ils sont rassemblés, et plus aucun ordre, une absolue liberté quand ils sont sortis du groupement"). Il participe à la contre-offensive de juillet, et désormais progresse peu à peu avec l'appui de l'aviation et des chars. Mortellement blessé avec plusieurs de ses camarades, il décède le 25 juillet.

Un témoignage passionnant qui doit absolument être connu.

Ysec éditions, Louviers, 2003, 208 pages, 17,- euros.

ISBN : 2-84673-022-9.

Infirmier au front
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5 mai 2016 4 05 /05 /mai /2016 06:00

Carnets d'un fantassin

(7 août 1914 - 16 août 1916)

Charles Delvert

Ce témoignage, à placer indiscutablement parmi les récits les plus importants de la Grande Guerre, est bien connu des spécialistes mais mérite de connaître une plus large diffusion. Cette réédition (2003) des carnets originaux tenus par le commandant de la 8e compagnie du 101e RI est placée, comme l'édition originale, sous le signe de la détermination et de la volonté : "Ils grognaient, mais ils marchaient toujours".

Le livre est divisé en trois parties principales, qui correspondent aux grandes périodes vécues par l'auteur avant que de multiples blessures ne soient causées par les minen en août 1916 dans le secteur de Maisons-en-Champagne. La première partie nous raconte les terribles combats de la bataille des frontières et de la retraite (le 26 août, "il reste cent vingt-sept hommes sur deux cent soixante-deux, deux officiers sur quatre, tous les deux blessés"), la contre-offensive de septembre et le début de la course à la mer. Il ne néglige aucune description tactique, précise les mesues qu'il prend, note les pertes sous le feu ("Ah ! Les forces morales ! Elles ne font pas défaut. Sous le déluge des bombes nous restons. Mais le moindre canon de 240 ferait bien notre affaire"). La deuxième partie est constituée par la célèbre "Histoire d'une compagnie", de novembre 1915 à juillet 1916. Si le récit des engagements est particulièrement réaliste, on apprécie la qualité des descriptions de ses hommes, de ses camarades, de ses chefs, comme ce commandant de bataillon qui paraissait avoir plus de 50 ans et qui "en est resté, au point de vue militaire, aux grandes manoeuvres et au service", ou ce général de division ("sexagénaire aimable et courtois") qui annonce aux stagiaires du cours des commandants de compagnie qu'il faut "s'entraîner en vue de la reprise de la guerre normale ... C'est-à-dire les bonnes vieilles grandes manoeuvres chères à nos professionnels. Ils n'en ont pas encore fait leur deuil". Il sait pourtant relativiser ce que voient les officiers du front mais dresse parrfois le constat des différences de situation au regard de ce qu'il observe : "Certainement, il vaut mieux être capitaine d'artillerie que colonel d'infanterie". Il y souligne l'importance de l'instruction sur le combat des petites unités du 8 janvier 1916 ("On ne lutte pas avec des hommes contre du matériel. Enfin ! Il est dur de penser qu'il a fallu dix-huit mois de guerre pour concevoir cette vérité première ... Mais quand cette vérité pénètrera-t-elle les cerveaux ankylosés des extraordinaires officiers supérieurs que M. Le bureau nous envoie ?"). Ce sont alors les combats de Verdun (avec d'intéressantes considérations sur l'organisation des défenses accessoires) jusqu'à l'héroïque défense de R1, en avant du fort de Vaux. On y perçoit bien que les combats de mai-juin 1916 sont, au minimum aussi durs et aussi acharnés que ceux des 21-25 février. Et toujours cet aller-retour entre la situation en première ligne et les commentaires déplacés qu'il entend venant de l'arrière-front : "Les vantardises niaises qui permettront aux pantouflards de respirer l'héroïsme sous les espèces d'un parfum grossier auquel ils sont accoutumés, voilà ce qu'il faut que nous fournissions aux gens de l'arrière, en même temps, d'ailluers, que nous devons vivre dans la boue, le sang et l'épouvante pour qu'ils puissent à loisir jouir de leurs aises". La troisième partie enfin, la plus courte, traite du séjour dans "Un secteur calme", en Champagne, de début juillet à la mi-août, avec toute la problématique de la guerre de position : "Le B.A.BA de la guerre est évidemment l'emploi de ces fils de fer, qui rendent impossible l'accès d'une position. Le moindre tireur derrière un rideau intact, ou presque, arrêterait une demi-section", ce qui donne une idée du rapport de force nécessaire.

Un témoignage exceptionnel, par un capitaine de réserve qui combat en première ligne, agrégé et professeur d'histoire et qui sait donc relever les choses importantes et relativiser ce qui l'est moins. Un témoignage indispensable que l'on peut se procurer sur les sites de vente par correspondance, mais aussi dans tous les "points librairie-boutique" des sites de Verdun (Mémorial, fort de Vaux, fort de Douaumont, etc.). A connaître et à conserver.

Collection "Mémorial de Verdun", Les éditions des Riaux, 2003, 435 pages, 17,- euros.

ISBN : 2-84901-001-4.

Témoignage exceptionnel
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20 avril 2016 3 20 /04 /avril /2016 05:50

Le "temps retrouvé" de 1914

Revue d'études proustiennes - n° 3 / 2016-1

A première vue, la Grande Guerre (même si elle est contemporaine) ne constitue pas un thème essentiel de l'oeuvre de Marcel Proust. Et pourtant, sous la direction d'Uta Felten, six contributeurs abordent le thème de la représentation de la guerre dans ses écrits de fiction. Une sorte de "chronique journalistique" à distance, de conversation à la mode, avec une forme de transposition du réel dans le roman. Une succession d'analyses littéraires assez pointues, qui ne présente qu'un intérêt mineur sur le plan de la connaissance de la Grande Guerre, mais qui passionnera sans doute les amateurs de littérature française. 

Classiques Garnier, Paris, 2016, 130 pages.

Pour commander directement la revue : ici.

 

Littérature (et madeleines)
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17 avril 2016 7 17 /04 /avril /2016 06:00

Photographier la Grande Guerre

France-Allemagne : l'héroïsme et la violence dans les magazines

Joëlle Beurier

Depuis quelques années, les publications autour du thème de l'image dans la Première Guerre mondiale (et souvent de la censure, qui lui est régulièrement associée) sont relativement nombreuses, mais ce livre se distingue en ce qu'il propose, a priori pour la première fois, une étude comparative entre les deux rives de Rhin.

Les quatre grandes parties qui constituent l'ouvrage permettent en effet un approche très précise des différences entre la France et l'Allemagne. La première, "Prémisses", présente la situation au tout début de la guerre, et il semble bien que l'outrance verbale et visuelle soit d'abord d'origine française, l'enflure dans les qualificatifs et une quasi "haine photographique" caractérisant cette période dans l'hexagone. Mais la multiplication rapide du matériel individuel et des prises de vues (officiellement interdites mais en pratique tolérées) change rapidement les termes du débat, ne serait-ce que par l'inflation du nombre et de la diversité des images disponibles. La longue deuxième partie (environ 190 pages), "Violences illustrées", souligne du côté français les évolutions dans le contenu des images et la volonté de montrer la guerre moderne, dans sa technique, ses masses de matériels et ses effets sur le terrain, alors que les périodiques allemands semblent s'intéresser davantage à "héroïser" le soldat en détachant sa mort du champ de la réalité, une forme de romantisme culturel et de myhte du guerrier tout à la fois. La troisième partie, "Structures de censure", nous entraîne dans les bureaux qui contrôlent les publications, tout en en relativisant très largement l'importance et l'efficacité, et l'on perçoit bien les différences presque culturelles entre les deux systèmes, aussi bien que les modes de fontionnement. La quatrième, "Violences visuelles et mutations de l'héroïsme combattant", dresse enfin le portrait de deux belligérants "types", idéaux presque : le poilu français, homme ordinaire qui se dépasse dans des situations de violence extrême et qui parvient à vaincre en se défendant, le feldgrau allemand, qualifié de "super héros germanique", tout à la fois ancré dans ses racines traditionnelles et "homme nouveau".

L'ensemble du livre est très heureusement fréquemment ponctué de nombreuses photos accompagnées de commentaires explicatifs et de tout aussi nombreux graphiques, organigrammes ou données statistiques, qui permettent d'appréhender l'importance relative de tel style dans tel magazine. Au total, un livre un peu ardu pour qui ne connaît pas le sujet, mais qui se révèle extrêmement riche et complet.  

Presses universitaires de Rennes, 2016, 462 pages, 26,- euros.

ISBN : 978-2-7535-4361-4.

Images de (la) guerre
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9 avril 2016 6 09 /04 /avril /2016 05:50

Notre mère la guerre

Le texte complet

Maël & Kris

Tout est juste dans cette bande dessinée ! Le récit est complet, puisqu’il part de la mobilisation et qu’il va jusqu’à l’exhumation de nuit des corps de leur enfant tombé au combat par des parents éplorés. Le ton est parfaitement adapté aux situations. Le dessin précis, les couleurs sobres voire sombres comme la guerre, appuient le texte et mettent en valeur l’extrême difficulté des combats, qu’il s’agisse de la violence des bombardements, de celle des ravages causés par la pluie ou le gel, ou encore des tensions parfois paroxystiques entre les hommes. L’homme, enfant ou époux, le soldat, au combat, en permission ou en convalescence, le camarade de tranchée, le confident ou le défouloir, est le héros de cette bande dessinée. Celui qui n’aurait jamais rien lu sur la Grande Guerre et qui se plongerait avec attention dans les pages de ce livre aurait une idée précise de ce que vécurent nos anciens ; il y trouverait des réponses à ses questions : pourquoi se sont-ils battus ? pourquoi sont-ils restés ? comment ontils tenus ?

Jacques Defretin

Editions Futuropolis, 2014. 34,50 euros.

ISBN : 978-2-7548-1176-7

A travers la bande dessinée
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8 avril 2016 5 08 /04 /avril /2016 06:00

Les lettres de guerre du sergent Eugène Lasbleis

Agnès Guillaume, Thierry Hardier et André Lasbleis

Ce livre publie le texte intégral des 526 lettres écrites à sa famille par l’auteur, sapeur incorporé au 6ème régiment du génie d’Angers le 12 avril 1915 puis affecté au 8ème régiment du génie le 13 mars 1917, entre le 26 décembre 1915 et le 24 novembre 1918, période au cours de laquelle il est dans une unité combattante. Il nous permet de vivre le quotidien d’un jeune sapeur de la classe 16 dans une unité qui est engagée au contact, sur la ligne de front, puis celui d’un sapeur aguerri qui se trouve dans une unité moins exposée où la vie est plus tranquille.

La transcription fidèle des lettres génère cependant une certaine lassitude par la répétition des propos destinés à rassurer la famille ou par l’insistance mise sur « les permissions qui n’arrivent pas ». Elles permettent cependant de bien comprendre l’importance du soutien moral et concret (colis et argent) apporté par les proches. Le lecteur qui cherche à mieux appréhender les aspects techniques du travail du sapeur restera sur sa faim. Mais ces lettres confirment que les régimes des permissions du sapeur et du fantassin sont différents, car il faut d’abord terminer les travaux de protection (abris-cavernes, positions de mitrailleuses, réseaux de barbelés, etc.). Elles nous permettent de mieux comprendre le rythme de travail du sapeur qui ne monte en première ligne que lorsqu’il y a besoin de ses capacités techniques, tandis que le fantassin y est présent jour et nuit. Enfin, elles apportent un éclairage intéressant sur la situation de quasi embusqué que connaît le sapeur Lasbleis dès lors qu’il a rejoint, à son grand soulagement, le 8ème régiment du génie.

Au final, c’est un livre qui mérite d’être lu car il n’existe que très peu d’ouvrages sur le génie pendant la Grande Guerre, mais son intérêt reste limité pour un travail de recherche approfondi sur cette arme peu documentée.

Jacques Defretin

EDHISTO, Moyenmoutier, 2015, 386 pages, 19,- euros.

ISBN : 978-2355150197.

Un sapeur
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8 avril 2016 5 08 /04 /avril /2016 05:50

Au revoir là-haut

Pierre Lemaître

Prix Goncourt en 2013, ce roman qui se situe de la fin de la Grande Guerre à l’immédiat après guerre est une « fresque d’une rare cruauté, remarquable par son architecture et sa puissance d’évocation ». Il mêle la réalité du scandale des exhumations militaires, qui éclate en 1922, à la fiction d’une arnaque aux monuments aux morts montée par deux soldats victimes de la guerre, l’un est une « gueule cassée », l’autre souffre de graves troubles psychologiques.

L’auteur s’est intéressé aux travaux d’historiens chevronnés, Annette Becker, Stéphane Audouin-Rouzeau, Jean-Jacques Becker et Frédéric Rousseau. Il s’appuie aussi sur les écrits d’Henri Barbusse, Maurice Genevoix ou encore Roland Dorgeles avec son livre Le réveil des morts. Enfin, il a fait appel aux ressources des bases de données telles que Gallica, Arcade et Mérimée du ministère de la culture. Un des fils rouges de ce livre peut être trouvé dans le paradoxe entre ces deux soldats, qui devraient être traités en héros, selon les discours de la propagande officielle, et qui ne sont que des laissés pour compte, alors que les héros de la société de l’époque ne sont que des crapules qui se sont enrichies grâce à la guerre.

Ce livre qui tient en haleine jusqu’au dénouement final permet au lecteur d’amorcer, s’il le souhaite, une réflexion sur le douloureux problème du travail de deuil de la Nation et des familles.

Jacques Defretin

Albin Michel, Paris, 2013, 576 pages. 22,50 euros.

ISBN : 9782226249678

Roman du deuil
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7 avril 2016 4 07 /04 /avril /2016 06:00

Sous le brassard vert

Douze journalistes dans la Grande Guerre

Collectif (présenté par Bernard Cahier)

Un livre dont certains connaissent sans doute le titre, mais presque introuvable aujourd'hui, et qui mérite totalement cette scrupuleuse réédition. Le sujet en lui-même est passionnant : témoignages des journalistes français ayant appartenu à la "Mission de la presse" auprès du Grand Quartier Général. Son titre fait référence au brassard porté par les journalistes accrédités à partir de 1917.

A la fin de la guerre, l'ancien chef de la mission, le lieutenant-colonel réserviste Prévost, académicien, a la bonne idée de demander à chacun des anciens journalistes de la mission (presse quotidienne et périodique nationale, provinciale et agence de presse) de raconter une anecdote, un souvenir particulier. Quelques signatures célèbres de l'époque parmi ceux-ci, dont Henry Bidou, Eugène Tardieu, Paul Ginisty, Henry Vidal et bien sûr Albert Londres. Ces journalistes se livrent donc à l'exercice : le plus original est sans doute Gustave Babin (de L'Illustration) qui fait le choix de raconter sa visite, après guerre et alors que les troupes françaises sont en occupation sur le Rhin, au grand-duc de Hesse, visiblement toujours apprécié de sa population et qui refuse d'abdiquer tant que le cadre constitutionnel n'est pas stabiliser. En quelque sorte, il continue à régner mais ne gouverne plus. Le lieutenant d'Entraygues (pseudonyme, du quotidien Le Temps) décrit pour sa part une attaque au gaz toxique qu'il avait lui-même dirigé comme commandant de la 3e section de la compagnie Z 31/2 (peu de témoignages de ce type). Edouard Helsey (quotidien Le Journal) s'interroge, fait en partie son Mea Culpa, mais aussi explique dans le contexte de la guerre la propagande, sous le titre "Examen de conscience d'un bourreur de crâne". Albert Londres (du Petit Journal) propose un texte excellent sur les Dardanelles ; Marcel Nadaud (quotidien La Liberté) brode sur le thème des aviateurs, des pilotes et de leur état d'esprit particulier ; Georges Rozet (de L'Oeuvre) évoque "Les sports sur le front", leur intérêt pour le soldat et en particulier le foot-ball puisqu'il fut à l'origine de la campagne bien oubliée pour "Le ballon aux armées" ; etc. On le voit les thèmes sont très variés et correspondent à autant de coups de projecteur sur tel ou tel aspect, essentiel ou marginal de la guerre. Au fil des pages, des regrets, mais aussi beaucoup de passion pour leur métier.

Un ensemble de souvenirs et de témoignages qui se lit avec beaucoup de plaisir et d'intérêt.

Editions Arléa, Paris, 2016, 307 pages, 20,- euros.

EAN : 9782363081049

Journalisme de guerre
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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