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17 février 2012 5 17 /02 /février /2012 09:10

Nivelle, l'inconnu du Chemin des Dames

Denis Rolland

RollandNivelle.jpg 

De tous les généraux de la Grande Guerre, Nivelle est sans doute celui qui a laissé l'image la plus détestable : "Le père de tous les maux, l'incapable, le boucher, la baderne", tels furent les qualificatifs qui furent employés à son sujet après la douloureuse et désastreuse affaire du Chemin des Dames (1917). Cela a-t-il suffit pour que l'on enterre pendant près de cent ans tout projet de recherche historique à son sujet ? Vraisemblablement, jusqu'à ce que Denis Rolland, spécialiste remarqué de la Grande Guerre (il a publié en 2005, chez Imago, La grève des tranchées. Les mutineries de 1917) renouvelle son désir d'écrire l'histoire "hors de tout a priori" comme l'avait noté André Bach.

Quel est l'intérêt de cet ouvrage ? D'abord de ne pas laisser nos voisins anglo-saxons nous faire la leçon sur notre propre histoire en s'emparant avant nous, comme le fit en son temps Robert Paxton avec ses travaux sur Vichy, des sujets qui fâchent. Ensuite de participer activement au grand renouvellement historiographique sur l'histoire de la Grande Guerre qui, à travers les discussions parfois passionnées des historiens, redécouvre qui l'histoire "culturelle", qui l'histoire "par le bas" ou celle des simples soldats, tandis que d'autres essayent de trouver une voie médiane entre la théorie dite "de la contrainte" et celle "du consentement". Dans ce cadre, à l'aube du centenaire du déclenchement de la guerre de 1914, l'histoire "par le haut", celle des élites militaires, mérite également d'être renouvelée car, loin d'être une histoire accusatrice ou justificatrice, elle cherche à comprendre l'enchevêtrement des pouvoirs entre les politiques et les militaires. Car enfin, faut-il le rappeler -ou bien le marteler-, les militaires quels que soient leurs grades n'ont jamais été que l'instrument, l'un des instruments, du pouvoir politique. Ont-ils été simplement cela ? Non, ce serait trop simple et on imagine fort mal Joffre, Foch ou Pétain comme des marionnettes. Or, justement, il s'agit bien aujourd'hui d'étudier cette interaction entre les militaires et les politiques à travers des études biographiques d'abord, des études prosopographiques ensuite, de façon à reconstituer "une" histoire, l'histoire dans toute sa complexité. C'est ce à quoi s'emploi aujourd'hui Denis Rolland en nous présentant la vie de "l'inconnu du Chemin des Dames".

Julie d'Andurain

Nivelle.jpg

 

Entretien avec l'auteur

Question : Quelles sont les principales souces d'archives que vous avez utilisé pour préparer cette biographie ?

Réponse : Les principales sources utilisées pour écrire ce livre sont extrêmement variées. Les fonds armée de Terre du SHD ont évidemment constitué la base des recherches. Les fonds Painlevé et Ribot, aux Archives nationales, m'ont apporté beaucoup d'informations sur les relations entre Nivelle et le gouvernement en 1917. Le fonds Lloyd George, conservé aux archives du Parlement britannique, m'a permis de mieux cerner les relations franco-britanniques mais aussi certains aspects de la politique française. En l'absence d'archives de XIXe corps au SHD, les Archives nationales d'outre-mer m'ont fourni l'essentiel des informations sur le commandement de Nivelle en Afrique du Nord. Enfin (et surtout) les archives personnelles du général, conservées par sa famille, m'ont permis de cerner certains aspects de la carrière, de la vie privée et de la personnalité de Nivelle.

Question : En quoi les nouveaux éléments que vous avez pu découvrir ont-ils modifié votre compréhension du personnage ?

Réponse : Jusqu'à présent, la connaissance que nous avions de Nivelle se limitait aux quelques mois de 1917 durant lesquels il a exercé le commandement en chef. Cette courte période n'était connue qu'au travers des publications, souvent polémiques, des années vingt. Quelle a été sa carrière avant 1917 ? Qu'est-il devenu après son limogeage le 15 mai 1917 ? Il n'y avait pas, jusqu'à présent, de réponses à ces questions. Celles-ci révèlent un personnage très différent du général incapable, peu soucieux des vies humaines, qui est évoqué aujourd'hui. Le livre rappelle le rôle déterminant qu'à joué Nivelle à Verdun, l'ambiguïté de Pétain et les atermoiements de Painlevé. Enfin, il montre que Nivelle est, dans les années vingt, un général populaire qui aura des funérailles nationales.

Question : Comment définiriez-vous, au terme de ce travail, le "bilan" de Nivelle comme éphémère commandant en chef ?

Réponse : On reproche à Nivelle de ne pas avoir été à la hauteur de la tâche qui lui a été confiée. Mais le pouvoir qui l'a mis en place s'est-il seulement soucié de son aptitude à ce poste ? Etait-il raisonnaable de nommer à la tête des armées françaises un général qui moins d'un an auparavant commandait un corps d'armée ?

Nivelle pouvait-il réussir là où Joffre venait d'échouer, avec un GQG désorganisé et face à un ministre de la Guerre qui, dès son arrivée, manoeuvrait pour mettre Pétain à sa place ? Ce même ministre, opposé à l'offensive, acceptait de la lancer pour l'entraver ensuite. En fait, la nomination de Nivelle par Briand a été essentiellement dictée par des considérations politiques. A vrai dire, l'offensive d'avril 1917 n'a pas été ce fiasco qu'on a voulu dire mais, sur le front français, un gâchis politico-militaire qui a eu au moins un résultat : poser clairement le problème des relations entre le pouvoir politique et le commandement militaire.

Denis Rolland, merci et bon courage pour la suite de vos travaux.

L'ouvrage sera disponible en librairie à partir du 29 février.


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15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 08:10

Commémorations des combats

des unités tchèques, 1914-1918

Planche-de-timbres.jpg Création de la compagnie Nazdar à Bayonne et Légion tchèque de Sibérie

Timbre n 4

Timbre-n-3.jpgDurant l'entre-deux-guerres, la Tchéco-Slovaquie, sur la frontière sud-orientale du Reich allemand, constitue l'un des principaux alliés orientaux de la France. Dès la fin de la Grande Guerre d'ailleurs, le général Pellé et une importante mission militaire française prennent en charge la formation de la nouvelle armée nationale. A Prague, le gouvernement n'hésite pas à mettre en avant cette alliance et commémore en particulier le souvenir de la création de la "compagnie Nazdar" à Bayonne par les premiers volontaires tchèques et les combats soutenus, à Arras comme à Vouziers, sur le front de France.

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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 11:03

Coup d'oeil sur :

la contribution de la Nouvelle-Zélande

à l'effort militaire allié

NZ-14-18.jpg 

Au début de l'année 1919, le gouvernement de Wellington publie les chiffres officiels définitifs de la participation néo-zélandaise à la Grande Guerre.

La Nouvelle-Zélande a mobilisé au total 124.211 hommes, soit 11;4 % de l'ensemble de sa population et 50,5 % des hommes en âge de servir. Le nombre des soldats envoyés outre-mer atteint 100.444, soit 9,3 % de la population. Sur ces chiffres, le nombre de volontaires s'élève à 91.941, soit 74 % du total des mobilisés. Les pertes, pour l'ensemble de la campagne, sont de 41.345 hommes, dont 16.302 tués et 356 prisonniers.

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10 février 2012 5 10 /02 /février /2012 08:10

Sources de la Grande Guerre

BOURLET

Comme promis, revenons sur le nouveau site spécialisé lancé il y a quelques jours par Michaël Bourlet et Gwladys Longeard. La présentation est agréable, le graphisme soigné et la navigation conviviale. Les premiers textes publiés sont également de la meilleure qualité, qu'il s'agisse de l'article sur les prisonniers de guerre russes dans le Cambraisis en 1915 ou du "zoom" sur Blaise Cendrars à la BDIC.

N'hésitez pas à le consulter régulièrement, nous y apprendrons sans aucun doute tous bien des choses.

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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 08:15

The Russian Origins of the First World War

Sean McMeekin

RUSSIE-1-WW.jpg

Professeur de relations internationales à l'université d'Ankara, l'auteur met très largement en cause la responsabilité de l'empire des Tsars dans le déclenchement de la Première Guerre mondiale. S'appuyant en particulier sur de nombreuses archives turques et russes rarement citées dans les ouvrages ouest-européens (ce qui constitue indiscutablement une véritable plus-value), il reprend la thèse selon laquelle la décision russe de mobiliser à la fin du mois de juillet 1914 aurait été à l'origine de l'enchaînement des décisions austro-hongroise, allemande et française d'entrer en guerre. On sait que l'affirmation n'est pas totalement fausse (l'intérêt de la Russie pour Constantinople ou pour un acès aux mers chaudes sont bien connus), mais le caractère presque militant de la démonstration n'en provoque pas moins une gêne.

L'auteur étudie ensuite les actions militaires (en particulier russes, puisqu'elles sont supposées venir en appui de son raisonnement) dans le Caucase et en Perse.

Un livre intéressant parce qu'il évoque des fronts rarement traités dans la littérature française et parce qu'il fait référence à des archives peu connues ; mais dont les conclusions sont à manier avec précaution. Il n'en devra pas moins figurer désormais dans toute bonne bibliographie car il présente un point complet d'une thèse importante.

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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 11:00

Les secrets de la Grande Guerre

Rémy Porte

couverture secrets

Il est toujours difficile de parler de l'un de ses propres livres (en librairie à compter de vendredi 10 février). En fait, il ne s'agit pas ici, bien sûr, à proprement parler, de "secrets", titre choisi par l'éditeur, mais plutôt de revenir à l'attention du grand public sur différents épisodes de la Grande Guerre, peu connus ou dont le souvenir est encombré par des réinterprétations et des idées reçues ultérieures.

Le livre est donc divisé en une vingtaine de chapitres qui permettent, à partir d'un cas particulier ou d'une situation concrète, d'évoquer des questions plus larges.Le premier, "Mourir à 20 ans en pantalon rouge ?", permet par exemple de rappeler les conditions budgétaires et sociales dans lesquelles l'armée française tente de s'adapter avant 1914 ; un autre, "Les forçats de la mer en Méditerranée", permet de souligner le rôle discret mais au combien important pour l'Entente des vapeurs, caboteurs et autres chalutiers réquisitionnés pour surveiller les voies maritimes ; un troisième revient sur la bataille de Caporetto à l'issue de laquelle l'armée italienne connaît sa plus sévère défaite ; etc. Parmi les thèmes également abordés : "Le bal des limogés" et "Le mythe des Taxis de la Marne" en 1914, les combats à Gallipoli et en Galicie en 1915, les auto-mitrailleuses belges en Russie et les "Jardiniers de Salonique" en 1916, "La guerre sous-marine à outrance" en 1917 et les effets de l'entrée en ligne de l'armée américaine en 1918. Au total, une vingtaine de chapitres qui contestent "le caractère réducteur, abusif et parfois fallacieux, des généralisations trop rapides et des commémorations instrumentalisées".

En résumé, à travers le récit "d'histoires de la Grande histoire", j'ai essayé de remettre le phénomène "guerre" au coeur de la réflexion, "nécessité paradoxale depuis qu'un certain conformisme intellectuel a conduit à ne plus traiter de la Grande Guerre qu'à travers le prisme, indispensable mais insuffisant, de considérations autres que militaires".

 


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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 10:00

" L'art opératif  "

Entretiens de Guerres & Histoire

avec Michel Goya et Benoit Bihan

 

Mis en ligne sous forme de trois séquences, cette vidéo de Guerres & Histoire (dont le prochain numéro arrive en kiosque le 17 février prochain et qui fêtera bientôt sa première année d'existence) permet de revenir sur la notion d'art opératif.

 

La première, d'une durée de 8 mn., est consacrée à un rappel historique (le retour de la manoeuvre au printemps et à l'été 1918) par le colonel Goya et à une définition liminaire par Benoit Bihan qui retrouve l'origine du concept dans les dernières grandes campagnes du Ier Empire et la guerre de Sécession.

 

 

 

La seconde permet à Michel Goya de présenter, en 6 mn. environ, les opérations françaises du deuxième semestre 1918 en montrant que l'on passe d'une conception basée sur "la bataille" à une planification d'engagements succesifs qui s'enchaînent et dont les résultats se cumulent jusqu'à obtenir la déstabilisation complète du dispositif ennemi.

 

 

La troisième enfin, en 11 mn., dans un dialogue entre Pierre Grumberg, Michel Goya et Benoit Bihan, commence par traiter de l'approche britannique ("la bataille des 100 jours" à l'automne 1918), puis évoque à plusieurs reprises l'apport des Soviétiques dans les années 1920 à la conceptualisation de l'art opératif, tout en établissant une comparaison sur la façon dont les Français, les Anglais, les Allemands, les Russes et les Américains vont analyser cette évolution majeure durant l'entre-deux-guerres.

 

 

 

Au bilan, une excellente introduction à cette question aujourd'hui majeure. On n'ose à peine rêver à une suite ? ...

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6 février 2012 1 06 /02 /février /2012 14:31

 

1914

Une guerre par accident


Georges Ayache

linkAyache389.jpg

Dans ce volume de 350 pages disponible depuis quelques semaines, l'auteur revient sur un sujet déjà traité à de très nombreuses reprises, mais qui conserve toute sa pertinence : la question des responsabilités immédiates dans le déclenchement de laPremière Guerre mondiale. Pour ce faire, il étudie avec un luxe de détails la période qui s'étend entre le 28 juin et le 4 août 1914, fait souvent référence aux correspondances et entretiens diplomatiques et rappelle les débats intérieurs propres à chaque pays.

Bien des tentatives d'explication ont été avancées depuis la guerre elle-même pour tenter de comprendre comment les pays les plus puissants et/ou les plus avancés de l'époque ont pu se lancer en trente-sept jours dans le conflit le plus effroyable "dans sa durée et dans son intensité" : inconséquence des états-majors, cupidité des financiers et des industriels, stupidité des dirigeants politiques, etc. Passant par toutes les capitales européennes, par les résidences de villégiature estivale des souverains, chefs d'Etat et membres des gouvernements, son livre se présente souvent sous la forme de "reconstitution" de brefs dialogues et multiplie les citations (parfois sujettes à caution car émanant de sources de seconde main). Cette formule présente l'avantage d'offrir une grande facilité de lecture, mais oblige à des formules qui se rapprochent plus du roman que du livre d'histoire ("Soudain, le vent glacé de l'angoisse balaya la plage", le 31 juillet à Ostende ?). Elle conduit également à des ellipse, temporelles ou spatiales, et à des rapprochements rapides qui peuvent nuire à la rigueur d'une démonstration pourtant sérieusement référencée.

L'épilogue retrace ce que devinrent, au fil des années, les principaux protagonistes de ce mois de juillet 1914. Dans sa conclusion, Georges Ayache écrit "qu'il n'y eut manifestement pas de mauvais génie ou d'esprit foncièrement malfaisant dans cette affaire". Il avait d'ailleurs ouvert les premières pages de son livre sur ce triple constat, qui a bien des égards emporte l'adhésion : "la conviction des responsable, consciente ou inconsciente, que la crise de juillet pourrait être conjurée in extremis" comme les précédentes, "la conclusion la plus effarante de ces journées hors norme fut que personne en Europe, en dehors de quelques comparses, ne souhaitait véritablement la guerre", mais que paradoxalement "bien rares furent ceux qui consacrèrent toutes leurs forces à lui barrer la route".

Un ouvrage à lire d'abord pour la multitude de précisions fournies, qui permettront ensuite à chacun de se forger une opinion.

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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 13:37

Bienvenue à

Sources de la Grande Guerre

 

Ce nouveau blog vient d'être lancé par Michael Bourlet, officier et historien (cours Histoire des Ecoles de Saint-Cyr Coëtquidan). Belle et claire présentation, articles de qualité, iconographie originale : nous aurons très souvent l'occasion d'y faire référence.

Consultable sur :http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/

Nous reviendrons sur ce lancement dès la semaine prochaine.

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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 00:20

La vie d'une armée

pendant la Grande Guerre

par le colonel F.-L.-L. Pellegrin

 

Un petit ouvrage de 18 x 11 cm. pour 330 pages. Un livre paru chez Flammarion en 1921, que l'on ne trouve que rarement cité dans les bibliographies. Et pourtant, une mine d'or.

 EM-Armee-14-18.jpg

Au fil des chapitres, l'auteur, qui a lui même été affecté dans certains des postes qu'il décrit, nous présente "de l'intérieur" l'organisation, le fonctionnement et surtout les évolutions d'un état-major d'armée entre 1914 et 1918. Le pari est osé, car l'on sait combien les états-majors ont été brocardés, leurs officiers accusés de "pantoufler" à l'arrière alors que pour la plupart ils rongeaient leur frein en attendant de rejoindre le front. Si la première partie, de présentation générale, ne contient que des données bien connues, la comparaison entre les chapitres II ("Le Q.G. d'une armée en 1914") et IV ("Un Q.G. d'armée en 1917") par exemple est éclairante. Il en ressort en particulier que, contrairement à des idées communément admises, leurs effectifs n'avaient rien de pléthorique (en particulier en officiers) au regard des missions remplies et que tout le travail réalisé l'est en fonction d'une mécanique complexe mais très bien huilée entre les différents bureaux.

Mais une grande partie de l'intérêt de l'ouvrage réside dans les chapitres qui suivent, au fil desquels sont détaillées, par bureau, par commandement, par service et jusqu'aux unités particulières (chap. XII, "Le Groupe de canevas de tir") toutes les évolutions que ces organismes connurent afin de s'adapter en permanence à la fois à l'ennemi, aux évolutions techniques et aux conditions générales de la guerre. On observe également que le texte courant est fréquemment complété par des tableaux récapitulatifs, des listes et états, des notes infrapaginales qui apportent de précieux éléments chiffrés.

Ce livre est à lire par tous ceux qui, empruntant trop facilement la voie des a priori et des idées reçues, commentent les décisions prises à l'époque sans les remettre systématiquement dans le contexte du temps et en ignorant le fonctionnement et les étapes du processus décisionnel. Laissons la parole à l'auteur pour conclure : "Une campagne de dénigrement a été menée en pleine guerre contre les officiers d'état-major ; nous nous estimerons heureux si nous avons pu donner à nos lecteurs un sens plus exact de la réalité des choses et redresser un certain nombre de jugements téméraires". La confirmation qu'il n'est ni intéressant, ni utile, d'opposer les généraux à la troupe, les combattants aux états-majors, etc. La complexité du phénomène "guerre" fait que chacun, à un moment, à son niveau, dans son domaine, y est absolument indispensable.

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Qui Suis-Je ?

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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

Sur la toile