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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 10:00

" L'art opératif  "

Entretiens de Guerres & Histoire

avec Michel Goya et Benoit Bihan

 

Mis en ligne sous forme de trois séquences, cette vidéo de Guerres & Histoire (dont le prochain numéro arrive en kiosque le 17 février prochain et qui fêtera bientôt sa première année d'existence) permet de revenir sur la notion d'art opératif.

 

La première, d'une durée de 8 mn., est consacrée à un rappel historique (le retour de la manoeuvre au printemps et à l'été 1918) par le colonel Goya et à une définition liminaire par Benoit Bihan qui retrouve l'origine du concept dans les dernières grandes campagnes du Ier Empire et la guerre de Sécession.

 

 

 

La seconde permet à Michel Goya de présenter, en 6 mn. environ, les opérations françaises du deuxième semestre 1918 en montrant que l'on passe d'une conception basée sur "la bataille" à une planification d'engagements succesifs qui s'enchaînent et dont les résultats se cumulent jusqu'à obtenir la déstabilisation complète du dispositif ennemi.

 

 

La troisième enfin, en 11 mn., dans un dialogue entre Pierre Grumberg, Michel Goya et Benoit Bihan, commence par traiter de l'approche britannique ("la bataille des 100 jours" à l'automne 1918), puis évoque à plusieurs reprises l'apport des Soviétiques dans les années 1920 à la conceptualisation de l'art opératif, tout en établissant une comparaison sur la façon dont les Français, les Anglais, les Allemands, les Russes et les Américains vont analyser cette évolution majeure durant l'entre-deux-guerres.

 

 

 

Au bilan, une excellente introduction à cette question aujourd'hui majeure. On n'ose à peine rêver à une suite ? ...

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6 février 2012 1 06 /02 /février /2012 14:31

 

1914

Une guerre par accident


Georges Ayache

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Dans ce volume de 350 pages disponible depuis quelques semaines, l'auteur revient sur un sujet déjà traité à de très nombreuses reprises, mais qui conserve toute sa pertinence : la question des responsabilités immédiates dans le déclenchement de laPremière Guerre mondiale. Pour ce faire, il étudie avec un luxe de détails la période qui s'étend entre le 28 juin et le 4 août 1914, fait souvent référence aux correspondances et entretiens diplomatiques et rappelle les débats intérieurs propres à chaque pays.

Bien des tentatives d'explication ont été avancées depuis la guerre elle-même pour tenter de comprendre comment les pays les plus puissants et/ou les plus avancés de l'époque ont pu se lancer en trente-sept jours dans le conflit le plus effroyable "dans sa durée et dans son intensité" : inconséquence des états-majors, cupidité des financiers et des industriels, stupidité des dirigeants politiques, etc. Passant par toutes les capitales européennes, par les résidences de villégiature estivale des souverains, chefs d'Etat et membres des gouvernements, son livre se présente souvent sous la forme de "reconstitution" de brefs dialogues et multiplie les citations (parfois sujettes à caution car émanant de sources de seconde main). Cette formule présente l'avantage d'offrir une grande facilité de lecture, mais oblige à des formules qui se rapprochent plus du roman que du livre d'histoire ("Soudain, le vent glacé de l'angoisse balaya la plage", le 31 juillet à Ostende ?). Elle conduit également à des ellipse, temporelles ou spatiales, et à des rapprochements rapides qui peuvent nuire à la rigueur d'une démonstration pourtant sérieusement référencée.

L'épilogue retrace ce que devinrent, au fil des années, les principaux protagonistes de ce mois de juillet 1914. Dans sa conclusion, Georges Ayache écrit "qu'il n'y eut manifestement pas de mauvais génie ou d'esprit foncièrement malfaisant dans cette affaire". Il avait d'ailleurs ouvert les premières pages de son livre sur ce triple constat, qui a bien des égards emporte l'adhésion : "la conviction des responsable, consciente ou inconsciente, que la crise de juillet pourrait être conjurée in extremis" comme les précédentes, "la conclusion la plus effarante de ces journées hors norme fut que personne en Europe, en dehors de quelques comparses, ne souhaitait véritablement la guerre", mais que paradoxalement "bien rares furent ceux qui consacrèrent toutes leurs forces à lui barrer la route".

Un ouvrage à lire d'abord pour la multitude de précisions fournies, qui permettront ensuite à chacun de se forger une opinion.

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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 13:37

Bienvenue à

Sources de la Grande Guerre

 

Ce nouveau blog vient d'être lancé par Michael Bourlet, officier et historien (cours Histoire des Ecoles de Saint-Cyr Coëtquidan). Belle et claire présentation, articles de qualité, iconographie originale : nous aurons très souvent l'occasion d'y faire référence.

Consultable sur :http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/

Nous reviendrons sur ce lancement dès la semaine prochaine.

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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 00:20

La vie d'une armée

pendant la Grande Guerre

par le colonel F.-L.-L. Pellegrin

 

Un petit ouvrage de 18 x 11 cm. pour 330 pages. Un livre paru chez Flammarion en 1921, que l'on ne trouve que rarement cité dans les bibliographies. Et pourtant, une mine d'or.

 EM-Armee-14-18.jpg

Au fil des chapitres, l'auteur, qui a lui même été affecté dans certains des postes qu'il décrit, nous présente "de l'intérieur" l'organisation, le fonctionnement et surtout les évolutions d'un état-major d'armée entre 1914 et 1918. Le pari est osé, car l'on sait combien les états-majors ont été brocardés, leurs officiers accusés de "pantoufler" à l'arrière alors que pour la plupart ils rongeaient leur frein en attendant de rejoindre le front. Si la première partie, de présentation générale, ne contient que des données bien connues, la comparaison entre les chapitres II ("Le Q.G. d'une armée en 1914") et IV ("Un Q.G. d'armée en 1917") par exemple est éclairante. Il en ressort en particulier que, contrairement à des idées communément admises, leurs effectifs n'avaient rien de pléthorique (en particulier en officiers) au regard des missions remplies et que tout le travail réalisé l'est en fonction d'une mécanique complexe mais très bien huilée entre les différents bureaux.

Mais une grande partie de l'intérêt de l'ouvrage réside dans les chapitres qui suivent, au fil desquels sont détaillées, par bureau, par commandement, par service et jusqu'aux unités particulières (chap. XII, "Le Groupe de canevas de tir") toutes les évolutions que ces organismes connurent afin de s'adapter en permanence à la fois à l'ennemi, aux évolutions techniques et aux conditions générales de la guerre. On observe également que le texte courant est fréquemment complété par des tableaux récapitulatifs, des listes et états, des notes infrapaginales qui apportent de précieux éléments chiffrés.

Ce livre est à lire par tous ceux qui, empruntant trop facilement la voie des a priori et des idées reçues, commentent les décisions prises à l'époque sans les remettre systématiquement dans le contexte du temps et en ignorant le fonctionnement et les étapes du processus décisionnel. Laissons la parole à l'auteur pour conclure : "Une campagne de dénigrement a été menée en pleine guerre contre les officiers d'état-major ; nous nous estimerons heureux si nous avons pu donner à nos lecteurs un sens plus exact de la réalité des choses et redresser un certain nombre de jugements téméraires". La confirmation qu'il n'est ni intéressant, ni utile, d'opposer les généraux à la troupe, les combattants aux états-majors, etc. La complexité du phénomène "guerre" fait que chacun, à un moment, à son niveau, dans son domaine, y est absolument indispensable.

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26 janvier 2012 4 26 /01 /janvier /2012 17:13

Des équipes dynamiques,

des publications de qualité

army-history-unit-copie-1.jpg

Le sacrifice des ANZAC sur les plages de Gallipoli reste un élément quasi-fondateur de l'Australie moderne, et dans ce pays jeune la connaissance de l'histoire nationale reste considérée comme une valeur sûre. Parmi les organismes dont les publications font référence dans le monde anglo-saxon, il faut citer l'Australian Army History Unit et les volumes publiés à l'issue des conférences nationales Army's Military History Conference.

 

australie-fromelles.jpgToutes les périodes de l'histoire militaire australienne (y compris de très intéressantes études sur la participation peu connue d'unités de ce pays à la campagne de Malaisie ou à la guerre du Vietnam) sont bien sûr traitées et le catalogue est désormais fort complet. A titre d'exemple, pour la Première Guerre Mondiale, relevons le livre publié en 2010 sur les combats de Fromell1917385es.

Intéressons-nous également aux actes de la conférence de 2007, publiés sous la direction de Peter Dennis et de Jeffrey Grey. En 11 communications, ce livre de 202 pages permet de faire un point extrêmement complet de l'organisation, du rôle et de la place du corps expéditionnaire australien en France en 1917, y compris dans la perception par ces alliés venus de l'autre bout du monde des "mutineries", ou dans les relations avec leurs camarades du corps canadien. Les articles sont signés d'auteurs de référence (Sheffield, Stephenson, Doughty, Prior, Foley, etc.) sur la période, ce qui assure la qualité de l'ouvrage. On relève que le lieutenant-général Leahy commençait son introduction par ces mots de T.E. Lawrence : "Les règls de la stratégie sont éternelles et toujours identiques, mais elles s'expriment à travers des procédés tactiques toujours changeants. Un général peut apprendre autant de Belisaire que de Haig, mais pas un soldat. Un soldat doit savoir son métier".

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26 janvier 2012 4 26 /01 /janvier /2012 09:54

Les rues de Paris

lors de la mobilisation

 

L'idée selon laquelle des foules enthousiastes auraient accompagné vers les gares d'embarquement les colonnes de soldats mobilisés en août 1914 a longtemps été présentée, sous l'action de la propagande, comme une réalité. Peu à peu, cette idée pourtant bien ancrée dans les esprits a été remise en cause, et l'on a souvent pu lire que, si dans les provinces rurales le premier souci était d'assurer les récoltes, ces manifestations populaires avaient cependant ponctuellement bien existé dans les grandes agglomérations et en particulier à Paris (voir la vidéo sur le site de l'INA). 

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(Photo parue dans le Monde Illustré du 9 août 1914 sous le titre "Les manifestations populaires à Paris")

 

Herrick384.jpg

Les Souvenirs de Myron T. Herrick (publié en français chez Plon en 1930), ambassadeur des Etats-Unis et fervent francophile, donnent une image plus mesurée encore des événements : "La soudaineté du fait, la violence du changement sont suivies d'un impressionnant silence qui demeure pour moi un des plus poignants souvenirs de Paris. Tout le monde semblait calme, mais c'était le calme d'une résignation prête, quoi qu'il arrive, à tout accepter. Les régiments en partance se rendaient aux gares au son du clairon. Nul bruit en dehors de cette musique scandant leurs pas lourds. Les hommes qui devaient bientôt être appelés faisaient leurs préparatifs sans manifester d'émotion, avec l'aide tranquille en apparence des femmes ; c'était comme la répétition d'un acte auquel tout le monde semblait préparé, mais quelle émotion intérieure ! Puis ce fut le vide et le silence des rues désertes" (chap.XIV, "Mobilisation"). Ni enthousiasme, ni refus, selon ce témoin. Dans le grand débat entre "consentement" et "contrainte", un récit non pas intermédiaire mais différent, qui fait plutôt référence au sens du devoir exprimé par les citoyens formés par l'école et le service militaire de la IIIe République.

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25 janvier 2012 3 25 /01 /janvier /2012 09:34

La Revue Militaire de l'Etranger

(1872-1914),

acteur majeur de la formation des officiers au début de la IIIe République

AUTRICHIENS.jpg

Illustrations extraites de "Album de caricatures appartenant à Démétre G Antoniadis"

publié à Athènes par l'Institut Vénizelos en 2002.

ALLEMAND

ANGLAIS.jpgLa reconstruction d'un outil militaire français est entreprise dès la fin de la guerre franco-prussienne de 1870-1871. Cet effort national est marqué par les grandes lois militaires de la deuxième moitié des années 1870, par les investissements bien connus en faveur de l'organisation défensive du territoire, par l'instauration progressive de la conscription, etc. On sait moins qu'un effort non moins grand est accompli dans le domaine de la formation des officiers. Les scolarités sont totalement rénovées (création de ce qui va devenir l'Ecole supérieure de guerre), et pour les préparer à "la guerre de demain" une revue spécialisée sur les autres armées est rédigée et diffusée par l'état-major général : la Revue Militaire de l'Etranger (ou des Armées Etrangères). De l'Allemagne au Siam, de la Norvège au Mexique, toutes les armées étrangères sont "suivies", étudiées, analysées ; la priorité étant bien sûr accordée aux principales nations européennes considérées comme de futurs adversaires ou alliés. Les budgets, les armements, les nominations, les grandes maneuvres, les nouveaux règlements: tout est scruté et détaillé. Dans cet article, Laure Loucopoulos présente l'évolution de ce mensuel tout-à-fait atypique, sa ligne rédactionnelle, sa forme et le contenu des articles. Une étude d'autant plus intéressante que la consultation de la Revue est indispensable pour toute personne qui souhaite avoir une compréhension à la fois panoramique et concrète de la situation militaire de l'Europe à la veille de la Première Guerre mondiale.

Pour lire l'article complet, cliquez ici.

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19 janvier 2012 4 19 /01 /janvier /2012 09:05

Le cours d'Infanterie du colonel Pétain

Ecole supérieure de guerre, 1911

   COUS-PETAIN.jpg

On connaît la formule prêtée au général Pétain selon laquelle "le feu tue". On en tire souvent argument dans l'historiographie pour le considérer comme un adversaire de l'offensive à outrance, telle qu'elle est assez généralement admise à l'époque en France (bien au-delà des seuls cercles militaires). La publication récente du texte original du cours qu'il dispensait à l'Ecole supérieure de guerre (précédé d'une introduction du général (2S) J. Delmas, éditions du Cosmogone, 2010) permet de relativiser ces affirmations pour le moins rapides.

 

Ce cours est structuré en trois partie principales : "L'infanterie française au début du Ier Empire" (pp. 1-97) ; "L'infanterie en 1870" (pp. 102-203) et "Les règlements d'infanterie de 1875 à 1902" (pp. 297-246). L'ensemble est complété par deux jeux de cartes : la campagne de 1806 et la bataille d'Auerstedt (cartes n° 1 à 7) et les combats du 2e CA français le 16 août 1870 dans la région Thionville-Rezonville (cartes n° 8 à 11).

 

Les deuxième et troisième parties sont sans doute les plus intéressantes, car Pétain abandonne la seule description de l'infanterie napoléonienne pour détailler des situations alors récentes ou en cours et porter des appréciations souvent critiques sur l'organisation, les règlements, la préparation au combat des infanteries française et allemande. Prenant en compte les évolutions techniques du fusil et du canon au cours du XIXe siècle, il évalue l'adaptation relative des règlements aux progrès en cours et parle par exemple à propos du règlement de 1869 de "règles pour la plupart inapplicables ou inutiles". Il souligne également que "l'infanterie prussienne a contracté l'habitude de s'exercer souvent en pleins champs" et que, déjà, "l'idée dominante de tous les chefs allemands est l'emploi du feu à courte distance".

 

TEXTE-COURS-P2TAIN.jpg

A partir de la page 181, qui porte en sous-titre "Le progrès des armes maintient à l'offensive sa supériorité", les propos fréquemment attribués à Pétain que nous évoquions en introduction sont mis à mal et la première phrase mérite d'être longuement citée : "En 1870, l'armée française, rompant brusquement avec ses anciennes traditions, abandonne la forme offensive. C'est le résultat de vices d'organisation qui ont compromis sa mobilité, et d'une conception particulière de la puissance meurtrière du nouveau fusil qui l'entraine à faire reposer la conduite du combat sur l'emploi du feu dans la défensive, autrement dit, sur l'exploitation d'avantages purement matériels. Cette conception doit être discutée". On peut ensuite multiplier les citations : "La guerre de 1870 ne contredit en rien ce plaidoyer en faveur de l'offensive" (p. 182) ; "A la guerre, c'est le moral qui l'emporte, et sa suprême expression réside dans le mouvement" (p. 186) ; etc. Pétain reconnaît certes "l'importance prépondérante du feu" et la "nécessité d'employer l'ordre dispersé", mais il n'écrit jamais que "le feu tue"  (belle découverte !) et ne renonce en aucun cas à l'offensive.

 

Il termine enfin, dans le chapitre "Les lois du combat moderne", en affirmant " [qu'] il apparaît nettement qu'aucune des lois du combat n'est plus respectée ... Les guerres du Transvaal et de la Mandchourie se sont chargées de mettre les choses au point et de réduire à néant ces théories sur l'emploi des masses" (pp. 245-246). En clair, les guerres récentes sont effectivement étudiées, l'offensive reste la forme d'engagement à privilégier et les attaques en formation de tirailleurs sont préférables aux assauts en masses groupées. La question est donc posée : n'est-ce pas durant la Première Guerre mondiale elle-même que Pétain se forge une réputation, à bien des égards différente de ce qu'il enseignait quelques années plus tôt ? Il ne serait d'ailleurs pas le seul dans ce cas. Mais prendre en compte au fur et à mesure des mois de guerre les conditions "nouvelles" dans lesquelles elle se déroule n'en fait pas pour autant un "visionnaire" qui aurait anticipé sur les conceptions d'un état-major qui, lui, n'aurait rien compris...

 

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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 15:47

L’Envers des parades. Le commandement allemand, 1914-1918.

Jean-Claude Laparra et Pascal Hesse, Editions 14/18 SOTECA, 2011, 387 pages.

 

laparraLe général Laparra, bien connu pour ses travaux antérieurs (en particulier déjà avec Pascal Hesse en 2006 chez le même éditeur La machine à vaincre. De l’espoir à la désillusion, l’armée allemande 1914-1918), signe là un ouvrage de référence sur les structures de commandement de l’armée de Guillaume II, que l’on connaît en fait fort mal en France.

 

En décrivant le « corps de professionnels » qui exerce effectivement le commandement et la conduite des opérations sur les différents fronts, les auteurs ne rédigent pas seulement une série de brèves biographies mais présentent, du cabinet militaire de l’empereur au niveau des commandants de corps d’armée, les responsabilités propres à chaque échelon hiérarchique et le fonctionnement des différents états-majors. L’ouvrage vaut également par son caractère presque exhaustif : les quartiers-maîtres généraux, les principaux officiers de l’OHL, les ministres de la Guerre, les gouverneurs de Belgique, de Pologne et d’Ukraine comme les généraux détachés auprès de l’armée turque font également l’objet de fiches relativement précises.

 

Au total, un volume indispensable pour quiconque souhaite mieux connaître « de l’intérieur » les sphères dirigeantes de l’armée de Guillaume II, non pas pour d’éventuelles analyses (qui ne sont pas l’objet de ce livre) mais pour la synthèse des très nombreuses informations qu’il contient.

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26 juin 14 2 26 /06 /juin /14 04:29

Destins

Quatre poilus originaires de Collorgues

dans la Grande Guerre

Claude Mazauric

Dès l'introduction, l'auteur pose son livre comme "une condamnation de ce qui blesse encore aujourd'hui notre mémoire". Il s'agit globalement de retrouver les traces dela vie d'un village à travers les expériences de quatre soldats. Dans un premier temps (chap. 1 et 2), Claude Mazauric resitue le cadre de vie de ces quare poilus dans le contexte de leur petit village gardois à la veille du conflit et présente leurs parcours familiaux.

Lucien, Armand, Albin et Georges entrent donc en campagne, "les trois premiers dès le déclenchement des hostilités, le dernier un peu plus d'un an après eux", et c'est au chapitre 4 que l'on trouve la description sommaire de leur(s) guerre(s), à partir de la reconstitution de l'itinéraire de chacun, sur la base des quelques souvenirs personnels, des JMO et de divers témoignages. Ces années de guerre sont toutefois réduites à un résumé, et il ne faut pas chercher dans le livre le moindre récit des opérations. Le dernier chapitre enfin évoque le retour et la réinstallation au village après la démobilisation, les traumatismes personnels et l'école des mutilés de Nimes, pour "la rééducation professionnelle des mutilés de guerre". Evoquant en conclusion les conséquences sociales et familiales du conflit, faisant des poilus "les servants, les victimes ou les promus", témoins et acteurs "de la vie et de la mort, de la paix et de la guerre, qui sont l'une des figures de l'humaine condition".

L'étude d'un petit village à partir de quatre cas particuliers, une image de la province profonde avant, pendant et après la guerre, des aller-retour permanent entre l'individuel et le collectif, que d'utiles annexes complètent et précisent. Un volume sans prétention mais qui donne indiscutablement d'utiles précisions. De la "micro" à la "grande" histoire.

Editions de la Fenestrelle, Nimes, 2014, 125 pages, 15 euros.

ISBN : 979-10-92826-08-1.

Histoires au village
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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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