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28 novembre 2013 4 28 /11 /novembre /2013 06:20

La première guerre de Charles de Gaulle, 1914-1918

Frédérique Neau-Dufour

Agrégée et docteur en histoire, Frédérique Neau-Dufour a été en charge de la Boisserie et responsable de la mise en place à Colombey-les-deux-Eglises du Mémorial de Gaulle. Déjà auteure de plusieurs ouvrages sur cette famille et ses femmes en particulier, elle était toute désignée pour rédiger cette "tranche de biographie, car "la Première Guerre mondiale demeurait un sujet marginal dans l'ensemble des études gaulliennes".

A partir de nombreuses sources encore inexploitées, en particulier des correspondances et archives familiales mais aussi les archives des camps de prisonniers où le capitaine de Gaulle fut détenu, elle retrave l'ensemble de son parcours pendant la Grande Guerre. Ce récit nous entraine de la 12e compagnie du 33e RI sur la Meuse en août 1914 à la Pologne de 1920, où une puissante mission militaire française contribue au "miracle de la Vistule". A partir des correspondances évoquées ci-dessus, du JMO de l'unité, du carnet personnel du lieutenant puis capitaine de Gaulle, elle traite dans le détail des opérations de 1914 et de 1915 auxqueles participe le futur chef de la France Libre, mais avec les limites inhérentes à cette vision "par le bas" : aussi prémonitoires que puissent être ses réflexions, un jeune lieutenant est relativement mal placé pour élaborer une théorie de la guerre à l'échelon d'un théâtre d'opérations (même de Gaulle).. Certaines observations d'un jour ne sont plus valables la semaine suivante, tandis que d'autres se révèleront pertinentes. C'est le lot commun de très nombreux carnets et journaux personnels. En fait, comme beaucoup de ses contemporains, de Gaulle reproche à Joffre de ne pas lancer d'offensive plus puissante encore et imagine que le but de la France serait "de rejoindre les troupes russes à travers l'Allemagne"... Sa prise de conscience de la guerre de position, le 15 novembre 1914, n'a rien de particulièrement précoce ou original par rapport à beaucoup d'autres officiers et généraux. Après Mesnil-les-Hurlus en 1915, déjà blessé deux fois au feu, il arrive en 1916 dans le secteur de Verdun. Frédérique Neau-Dufour signale à très juste titre les réserves qu'il faut prendre avec les critiques des anti-gaullistes forcenés relatives à cet épisode et rappelle la nécessité de croiser les sources et témoignages. Elle nous présente aussi un de Gaulle ignoré, qui "sait se montrer de bonne compagnie avec ses camarades", "bon vivant, sociable, sachant s'amuser", loin de l'image austère et parfois glaciale du futur chef de corps à Metz par exemple. L'épisode de Verdun fait bien sûr l'objet de deux chapitres (8 et 9) en tant que tels, qui décrivent par le menu les circonstances dans lesquelles il est fait prisonnier. A nouveau, elle n'hésite pas à confronter les sources et donne des combats une présentation tout-à-fait crédible. La deuxième grande partie de l'ouvrage, à partir de la page 201, s'attache donc à l'expérience vécue dans les camps de prisonniers, aux tentatives successives et infructueuses d'évasion, au régime de détention (de plus en plus contraignant) et aux personnages qu'il croise, aux activités des officiers prisonniers (dont le tennis et l'escrime) et aux longues heures de lecture ainsi qu'aux exposés et conférences qu'il prépare pour ses camarades. Constatons néanmoins que lorsque, en 1915, "de Gaulle énonce une loi, celle de l'économie des forces", il n'y a toujours pas, là, quoi que ce soit d'original et que cette référence est non seulement admise mais prônée par la quesi-totalité des chefs militaires et des officiers. L'ouvrage se termine sur sa libération et une rapide évocation de sa participation à la mission militaire française en Pologne, annonciatrice d'une "guerre de trente ans" souvent évoquée depuis.

Un bel ensemble de notes et références, une chronologie, quelques cartes, une solide bibliographie et un index terminent ce volume tout-à-fait intéressant. L'auteure est visiblement en empathie avec son sujet, mais elle livre ici un ouvrage particulièrement passionnant qui replace la vie du fondateur de la Ve République dans son temps long, décrit une page très peu connue et fait prendre conscience d'un certain nombre d'éléments très marquants. Un livre à lire

Tallandier, Paris, 2013, 379 pages. 20,90 euros.

ISBN : 979-10-210-0373-6.

Débuts de carrière d'un officier subalterne
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17 novembre 2013 7 17 /11 /novembre /2013 08:35

Carnet de route d'un gosse des tranchées

Léon-Antoine Dupré

Un beau livre, autant sur le fond que dans la forme, qui associe en vis-à-vis sur la page de gauche la retranscription imprimée du texte original, et sur la page de droite la reproduction exacte du manuscrit laissé par Léon-Antoire, textes et dessins. 

Engagé volontaire en juillet 1915 au 35e RAC de Vannes (il explique d'aileurs comment il se retrouve dans ce régiment, et ce n'était pas pour être "embusqué"), l'auteur reprend à l'attention de son fils le texte des lettres qu'il écrivait alors à sa famille. Il reste d'abord plusieurs mois dans sa garnison, entre l'instruction, les services et les missions diverses (accompagner des chevaux à Orange pour l'armée serbe), Le 14 juillet 1916, il a encore le temps de trainer à la terrasse d'un café ("Je suis au café, au café de la Paix. Quel beau nom tout-à-fait de circonstance ! Il vient d'entrer à l'instant un jeune brigadier de la classe 15. Il est resté dix jours au front. Quatre hommes tués autour de lui. Lui seul est resté vivant. Il a l'air à moitié fou"), mais le jour du départ pour les premières lignes approche. C'est finalement le 29 juillet qu'il embarque avec ses camarades, ses matériels, ses chevaux pour Jonchery-sur-Marne, puis prend position avec sa pièce dans le secteur de Berry-au-Bac. Dès lors, "ici pour moi, commence la guerre. Le premier obus. Le premier mort...", même si le secteur est encore considéré comme calme. C'est désormais le quotidien d'un artilleur au front, les liaisons, l'observation ("Ce soir je monte aux tranchées en première ligne avec les fantassins, à l'observatoire"), les difficultés de la vie quotidienne ("Il pleut toujours. Il y a vingt centimètres d'eau dans les boyaux") et les conditions de vie de l'avant ("Cela fait maintenant un mois que je n'ai pas enlevé ni ma culotte, ni mes chaussures. J'ai changé de chemise une fois"), où les artileurs restent en position plus longtemps que les fantassins dont les unités sont fréquemment relevées. Jusqu'à sa dernière lettre, datée de juillet 1918 (blessure et évacuation), tout y passe : le froid ("un froid de mort"), les mitrailleuses ennemies lorsqu'on est aux avant-postes, les périodes de repos à l'arrière avec l'assistance de quelques familles de "braves gens" et la visite de sa mère, l'apprentissage de la TSF, Heurtebise et Craonne au printemps 1917 ("Nous occupons une ancienne position boche. Ils étaient très bien installés. Mon téléphone est dans la salle de douche. ls avaient installé des douches ! Tout est cimenté", "Nous ne tirons pas à plus de douze cents mètres. Nous sommes en même temps les enfonçeurs et les poursuivants") et le 18 avril cette perception bien différente de celles des fantassins mais qui, pour lui, correspond à une réalité : "Le moral est bon. Nous avançons d'ailleurs et les Boches fichent le camp" ! Pas un mot sur les mutineries de la fin du printemps, mais ce constat le 31 mai : "Les permissions marchent bien maintenant", et cette reconnaissance d'un camarade chargé du ravitaillement en munitions et qui est décoré. Léon-Antoine Dupré est nommé sous-officier, il est désormais responsable de ses subbordonnés, avec lesquels il partage les copieux colis envoyés par sa famille ("Les copains étaient contents et moi aussi"). Le même jour, à quelques lignes d'intervalle dans la même lettre, il nous parle d'un bombardement par cent quatre-vingt obus de 105 et de 150 et d'un "petit rossignol revenu chanter sur le cerisier abattu". La vie au front, avec ses plaisirs simples, ses camaraderie des groupes primaires et son danger permanent. Il croise des zouaves et des tirailleurs, découvre la guerre de sape, voit arriver les premiers Américains ("Je leur ai chipé un rouleau de papier hygiénique, ils en ont tous !"), considérés comme richement équipés et individuellement courageux ("Ils disent que les Anglais se débinent toujours et ils voudront mieux faire que les Anglais par jalousie"). L'offensive de La Malmaison, un cours d'officier à Fontainebleau dont il est finalement exclu, un bombardement allemand et la mort de camarades, une demande pour servir dans l'aviation, la formation d'un nouveau régiment "d'artillerie à tracteurs", etc... La vie quotidienne en guerre. Ses efforts, ses souffrances, ses peines et sa (bien modeste et discrète) gloire, comme lors de l'achat de la fourragère. 

Un très beau témoignage d'un artilleur au front, par ailleurs illustré (outre les dessins personnels de l'auteur) par les photos qu'il prend avec son "vest-pocket". L'un des tous meilleurs témoignages récemment publiés. A connaître, à lire et à relire.

Michel Lafon, Paris, 2013, 333 pages. 22,95 euros.

ISBN : 978-2-7499-2088-7.

J'adore !
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15 novembre 2013 5 15 /11 /novembre /2013 08:05

La Première Guerre mondiale

vol. 1 : Combats

Jay Winter (Dir.)

Pas moins de 25 contributeurs pour cet énorme ouvrage, traduit de l'anglais, qui en annonce deux autres au rythme d'une parution par semestre.

Le premier intérêt de cet ouvrage est, tout en approfondissant de très nombreux aspects franco-français de la Grande Guerre, d'adopter une orientation résolument internationale (ou plutôt "transnationale") qui en rend bien le caractère proprement mondial. Par ailleurs, il présente un très large panel d'approches et nous retenons cette phrase de Jay Winter, dans son avant-propos : "Quand les historiens prennent la plume, ils sont porteurs des interprétations accumulées par leurs collègues au fil du temps. Souvent, ils décident d'écrire à contre-fil, en opposition à elles, exaspérés par elles ... Le plus souvent, cependant, les historiens discutent, objectent et présentent dans leurs écrits un tableau du passé différent de ceux qui existent". Merci pour cet utile rappel.

Les 23 chapitres de ce volume sont organisés en trois grandes parties, introduites chacune par un ou deux historiens : "Récits 1914-1919" (Jay Winter), "Théâtre de guerre (Robin Prior), "Un monde en guerre (Jay WInter et John Horne, Annette Becker et Annie Deperchin). La première raconte en sept chapitres (une centaine de pages) l'ensemble du conflit, de ses origines aux suites de l'armistice, année par année, afin de donner à tous le cadre chronologique nécessaire. La seconde (environ 200 pages) porte successivement le regard sur les différents fronts, y compris ottomans, et se termine par une analyse de la guerre sur mer, puis dans les airs et enfin sur la question du commandement stratégique. La troisième (un peu moins de 250 pages) est divisée en deux sous-parties : "Empires et dominions" d'une part, "Droit, normes, violations" d'autre part. On apprécie que les différents contributeurs fassent très fréquemment référence dans leurs textes à une riche historiographie, essentiellement anglo-saxonne, références reprises en fin d'ouvrage pour chaque chapitre sous la forme d'essais bibliographiques, et c'est ici que l'on peut émettre un bémol : on constate que les auteurs français sont largement oubliés en dehors du champ socio-culturel. C'est donc parfois une analyse plutôt anglo-saxonne de l'évolution des situations militaires qui est proposée (ayant beaucoup travaillé sur la mobilisation industrielle, l'Afrique et le Moyen-Orient, je ne suis pas toujours d'accord avec certaines affirmations). 

Il n'en demeure pas moins que cette véritable somme (qui sera bien sûr discutée, comme Jay Winter le pressent en introduction) doit être connue de tous les amateurs. Elle apporte une contribution essentielle à la connaissance d'ensemble du conflit dans sa diversité et sa complexité, et doit à ce titre figurer dans toute bibliothèque bien tenue.

Fayard, Paris, 2013, 847 pages, 35 euros.

ISBN : 978-2-213-66878-9.

Une somme !
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10 novembre 2013 7 10 /11 /novembre /2013 06:35

Le rire des tranchées

1914-1918 : la guerre des caricatures

Matthieu Frachon

Partant de la citation d'Yvan Audouard, journaliste au Canard Enchaîné, selon laquelle "rien n'est plus saignant qu'une coupure de presse", l'auteur nous propose un voyage dans la caricature, la propgande, le dessin humoristique des années de guerre, en grande partie à travers les publications périodiques du temps.

Le livre est divisé en six parties : "Haro" sur l'ennemi", "La vie des tranchées", "Enfances en guerre", "Propaganda", "Innovations", et "Madame Anastasie". Chacune comprend de deux à dix chapitres de deux à quatre pages, et les illustrations comptent pour 50 à 75 % de la pagination. Une bibliographie indicative figure également en conclusion (on aurait également pu y trouver la Grande Guerre des crayons, parue il y a bien longtemps chez Robert Laffont), bibliographie à laquelle l'auteur a judicieusement ajouté une liste de sites internet intéressants sur le sujet. Même si certaines sont un peu petites en format, la qualité des reproductions est parfaite et l'on peut apprécier à loisir le talent des dessinateurs (français et allemands essentiellement) à travers des centaines de caricatures, de dessins de presse, d'affiches et de bandes dessinées. On est également surpris de voir à quel point la couleur est présente, alors que la Grande Guerre est très souvent illustrée en noir et blanc ou sépia. "Les sports sur le front", la représentation de "Ceux de l'arrière", l'utilisation de l'image des enfants, (reproduction des couvertures de L'Epatant), la représentation des crimes contre les populations civiles, l'imagination dont font preuve les "inventeurs" de nouveaux matériels parfois surprenants -mais finalement peu éloignés de certaines expérimentations tout-à-fait réelles- (mais pourquoi "La force noire" dans les innovations techniques ?) : on le voit, les sujets abordés sont très nombreux, avec un humour plus ou moins lourd ou subtil, mais qui témoigne toujours d'une certaine réalité de l'époque.

Un livre-album riche et agréable qui fournira de nombreuses pistes de réflexion et d'inspiration, tout en offrant quelques moments de lecture plaisante.

Editions Balland, Paris, 2013, 142 pages. 22,90 euros.

ISBN : 978-2-35315-218-6

Le rire est le propre de l'homme
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9 novembre 2013 6 09 /11 /novembre /2013 06:35

1915

L'enlisement

Jean-Yves Le Naour

Avec cet ouvrage, Jean-Yves Le Naour, auteur reconnu et fin connaisseur de la période, poursuit sa fresque de la Grande Guerre. Consacré à l’année 1915, ce nouveau volume aborde de façon (chrono)thématique tous les grands sujets qu’il est nécessaire d’évoquer à propos de cette année, caractérisée en sous-titre par « L’enlisement ».

En 16 chapitres brossés d’une plume alerte, l’auteur nous entraine dans les tranchées, dans les états-majors, dans les cercles politiques parisiens, mais aussi à l’étranger, des Balkans en Russie et en Italie. Il évoque bien sûr la mobilisation croissante de toutes les ressources de l’arrière, avec ses difficultés. Il aborde longuement les riguers de la vie quotidienne du fantassin aux tranchées, mais n’oublie pas les longues périodes d’attente et d’ennui qui appartiennent aussi à la réalité de la guerre. Sous le titre « La guerre totale », un chapitre est consacré à la guerre sainte voulue par Constantinople contre les alliés occidentaux dont les domaines coloniaux comptent de nombreuses populations musulmanes, approche plutôt originale dans les ouvrages de ce type ; chapitre suivi par une partie centrée sur le massacre des Arméniens en Turquie. « Chercher les suspects ! » s’intéresse ensuite à la situation des Juifs en Russie et à celle des ressortissants de toutes les nationalités en France, avec les excès de l’espionnite et les enflures du discours de propagande. Sous le titre « Impitoyable s’il le faut ! », Jean-Yves Le Naour traite ensuite de ce que l’on appellera rapidement les armes nouvelles, les chars, les gaz, les sous-marins, l’aviation. Enfin, pour clore ce volume, il fait le point sur « Le front du moral », avec la poursuite des débats politiciens, la question religieuse, la propagande et la censure bien sûr, mais aussi la hausse des prix des produits alimentaires qui touchent directement l’ensemble de la population. Il termine sur « Les faibles voix de la paix » et les premières manifestations en ce sens de quelques socialistes et syndicalistes encore très minoritaires. On le voit, le champ d’investigation est très large et permet d’aborder presque tous les sujets.

Facile et agréable à lire, l’ouvrage pêche cependant à mon sens par des formules à l’emporte-pièce qui peuvent, certes, marquer le grand public, mais qui donnent souvent le sentiment d'appréciations personnelles à charge, a posteriori. On est, par exemple, quand même surpris de voir ce Joffre, présenté comme coupable de tous les échecs et décrit comme incompétent au plan militaire, paradoxalement conserver et même accroître en fin d’année son autorité sur l’ensemble des armées françaises après avoir « manœuvré » un politique aussi fin et avisé que Briand. Manipulé le matin, manipulateur l'après-midi ? Incompétent aux armées, brillant avec les parlementaires ? Mêmes observations sur le font de Salonique et l’armée d’Orient, ou sur l’émergence et l’emploi des armes nouvelles (le même Joffre est d'ailleurs celui qui donne la plus forte impulsion aux débuts de l'aviation comme du char). Définir un homme, une politique, une action ou un matériel en deux adjectifs cinglants rend certes le discours vivant, mais conduit à des raccourcis, des effets oratoires, qui masquent finalement la réalité beaucoup plus subtile des choses.

En résumé, un livre intéressant, que l'on lit avec plaisir même s'il "énerve" un peu parfois, qui contribuera indiscutablement à diffuser une connaissance générale de la guerre et qui, en multipliant les thématiques, permet de mieux en comprendre l’extraordinaire complexité, mais dont certains traits justifient une réserve dans les commentaires et un appel à d’autres ouvrages pour croiser les analyses. 

R. P.

Perrin, Paris, 2013, 389 pages, 23 euros.
ISBN : 978-2-262-03035-3.

L'année des échecs
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7 novembre 2013 4 07 /11 /novembre /2013 06:30

Les Alsaciens-Lorrains dans la Grande Guerre

Jean-Noël et Francis Grandhomme

On connait bien les publications antérieures sur la Grande Guerre de Jean-Noël Grandhomme, maître de conférence à l'université de Strasbourg, et peut-être fallait-il une maison d'édition régionale pour publier ce très bon ouvrage sur la situation particulière des Alsaciens-Lorrains pendant (et après) la Première Guerre mondiale.

A partir de très nombreuses archives, collections et photos de famille, les auteurs parviennent à restituer toute la mémoire d'une région très particulière, celle du "Reichsland Elsass-Lothringen", des "Provinces perdues". Avec tout le soin et la précision que Jean-Noël Grandhomme apporte à ses publications (on se souvient de son impressionnant Berthelot : ici), l'ouvrage se caractérise donc également par la diversité et la richesse de son iconographie. Un discours organisé, aisé à lire et à suivre mais scrupuleusement référencé (important appareil de notes et index complet en fin d'ouvrage).  Après trois assez brefs textes introductifs qui permettent de poser le cadre, le livre est organisé en sept chapitres, du début de la guerre à ses conséquences : "L'Alsace-Lorraine, champ de bataille (1914-1918)", qui permet de suivre les opérations sur un front que l'on dit trop souvent inactif, "Les Alsaciens-Lorrains sous l'uniforme allemand" (recrutement, emploi, conditions de vie, désertions, retour à la vie civile), "Les poilus alsaciens-lorrains" (y compris les généraux originaires des provinces occupées), "La vie quotidienne sous la dictature militaire" (dans cette zone de l'immédiat arrière-front, les populations connaissent toutes les rigueurs de la guerre, aggravée par la méfiance des dirigeants allemands). Les deux dernières parties s'intéressent à la fin et aux suites du conflit : "Quel avenir pour l'Alsace-Lorraine redevenues françaises ?", question posée dès le début de la guerre à Paris, avec la question du statut de la région de Thann pendant le conflit, les modalités et les conséquences du retour à la France, thématique particulièrement développée dans le chapitre VI "L'effondrement du Reich et le retour à la France" (maladresses hexagonales et rapide déception), et "Le temps de la mémoire", avec cette question : "Quand tous les monuments sont érigés pour les héros de l'armée française, quelle place reste-t-il pour les morts sous l'uniforme allemand ?" (qui était rappellent les auteurs celui de l'autorité légale depuis plus de quarante ans). En bref, riche, dense et complet.

Un très bel exemple d'étude régionale qui permet également d'aborder toutes les thématiques importantes de la guerre elle-même et qui, sur de nombreux points, rectifie nombre d'a priori et idées reçues. Un livre qui doit trouver sa place dans toute bonne bibliothèque sur la Grande Guerre, bien au-delà des seuls cercles alsaciens-lorrains. Bravo.

La Nuée Bleue, Strasbourg, 2013, 511 pages, 22 euros.

ISBN : 978-2-71-65-0825-4.

Excellent !
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29 octobre 2013 2 29 /10 /octobre /2013 06:35

La bataille de la Marne

Jean-François Copé

en collaboration avec Frédéric Guelton

Commençons immédiatement par le surprenant duo annoncé en couverture de l'ouvrage. Maire de Meaux, député de Seine et Marne, président de l'UMP entre autres activités principales, Jean-François Copé dispose donc de journées de 48 ou 72 heures, puisqu'il a également, en plus de sa présence dans les médias, de ses déplacements en province, de ..., de ..., etc., le temps d'effectuer des recherches, de consulter des archives et de rédiger un ouvrage d'histoire. Tous ceux qui ont un jour publié un livre apprécieront l'exploit. Sauf à considérer que la "collaboration" de Frédéric Guelton, à peine évoquée en introduction, soit plus importante qu'elle n'est officiellement reconnue ?

Venons en au fond et au livre en lui-même. Il y a, bien sûr, une part de discours convenu (il ne s'agit pas d'histoire officielle puisque monsieur Copé est dans l'opposition) autour d'une trame très "roman national". Les questions (en particulier diplomatiques et politiques mais aussi militaires -le renseignement, les unités de réserve allemandes, les Taxis de la Marne, l'escadron Gironde, l'emploi du corps de cavalerie, les limogeages, la crise des munitions, etc.-) qui pourraient être génantes sont rapidement passées, en une phrase bien tournée qui ne remet rien en cause tout en laissant entendre que peut-être... Ceci étant dit, l'album dans son ensemble fait très bonne figure et restera certainement comme l'une des publications importantes de cet avant-centenaire. En trois grandes parties ("La guerre, coup de tonnerre dans un ciel d'été", "La bataille", "Après la bataille, la guerre continue"), l'auteur (les auteurs, zut, encore !) brosse(nt) un excellent tableau général de la situation et des événements du deuxième semestre de l'année 1914. Les cartes sont précises et très lisibles, les encarts nombreux, l'iconographie (très) souvent exceptionnelle. Même s'il ne fallait qu'évoquer l'iconographie, le livre mériterait d'ailleurs d'être cité. Le récit détaillé permet de suivre la campagne au niveau des autorités civiles et militaires, du commandant en chef au simple soldat, Si elles ne sont pas développées, presque toutes les thématiques sont néanmoins évoquées et il appartient au lecteur de chercher, dans d'autres ouvrages (peut-être moins consensuels mais plus précis) tous les compléments d'information nécessaires.

Un beau livre, qui a sans aucun doute tout pour ravir le grand public et dont la présentation fait un cadeau de choix pour ces fêtes de fin d'année. Un bel album qui devrait contribuer à "populariser" dans le pays les manifestations du centenaire et l'histoire de la Grande Guerre. Pour cela au moins, il mérite d'être connu.

Tallandier, 2013, 159 pages. 29,90 euros.
ISBN : 979-10-210-0149-7.

Présentation disponible sur : http://www.labatailledelamarne.com/

Beau livre, surprenant duo
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26 octobre 2013 6 26 /10 /octobre /2013 10:05

Avec une batterie de 75

1914-1916

Paul Lintier

Encore une nouvelle édition d'un carnet de combattant ? Non. Mieux. Deux en un seul livre.

Il s'agit en fait de la réédition en un seul ensemble de deux volumes édités pour le premier dès la guerre, qui ont fait l'objet de commentaires très élogieux et qui ont connu très vite une certaine notoriété. Paul Lintier, enfant de Mayenne devenu lyonnais d'adoption, révait d'une carrière littéraire, avait publié quelques premiers textes, et se révèle ici comme un auteur puissant. Il s'agit donc de Ma pièce, souvenirs d'un canonnier, 1914, et de Le tube 1233, souvenirs d'un chef de pièce, 1915-1916. Le premier nous conduit de la mobilisation à la blessure et l'évacuation du front du rédacteur sur l'AIsne en septembre 1914 (pp. 17-169), le second du Lingekopf en juillet 1915 en Lorraine en mars 1916 via la Champagne et le Vieil Armand (pp. 173-297). Au fil des pages, la réalité de la vie d'un artilleur en campagne s'impose, à travers des descriptions précises et des dialogues reconstitués, de la retraite d'août 1914 à sa première expérience du feu et  aux premiers blessés, puis la bataille de la Marne avec l'armée Maunoury, l'odeur de la mort souvent, les conditions météo toujours, la confiance dans les chefs immédiats, les doutes sur les discours officiels, les préparations d'artillerie, les PC camouflés et les batteries à demi-enterrées, la nourriture et les repas, le courrier bien sûr et le mauvais abri que l'on tente d'aménager lorsque c'est possible, mais aussi les différents calibres des obus allemands que l'on reconnait à leurs bruits caractéristiques, les cris au milieu des tirs pour le réglage des pièces, les effets des tirs ennemis et la camaraderie dans un petit groupe d'hommes, etc. Et après plusieurs jours de bombardements et de tirs de contre-batterie, ce 4 janvier 1916 : "Journée d'extraordinaire  soleil, de ciel bleu et de silence. On savoure tous les instants". Lintier, artilleur, n'est pas en première ligne ("Derrière les crêtes qui nous dissimulent à l'ennemi, nous ignorons tout de ce qui s'accomplit là-bas ... Au bruit, on cherche à suivre la marche de l'offensive"), mais il vit dans des conditions très proches et n'est pas un "embusqué" pour autant, blessé puis tué au combat.

Une histoire sobre et vraie. Un témoignage à connaître absolument.

Bernard Giovanangeli Editeur, Paris, 318 pages, 23 euros.

ISBN : 978-2-7587-0107-1.

Souvenirs d'un artilleur
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25 octobre 2013 5 25 /10 /octobre /2013 06:35

1914-2014

L'Europe sortie de l'histoire ?

Jean-Pierre Chevènement

Les positions politiques de Jean-Pierre Chevènement sont bien connues et ce n’est donc pas un livre d’histoire qui nous est ici proposé, mais une analyse des évènements sous le double filtre de leur perception et de leurs conséquences qui nous est proposée par l’auteur.

La première moitié du livre est en prise directe avec la Grande Guerre, à travers une lecture parfois un peu rapide ou abrupte des événements, mais qui a pour prétention d’aller à l’essentiel et de ne pas se laisser enfermer dans une « commémoration molle ». Constatant à juste titre que des pans entiers de l’histoire de la Première Guerre mondiale ont été plus ou moins oubliés par « une mémoire approximative … et surtout sélective » et que « le présent instrumente la lecture du passé », l’ancien ministre ne fait finalement pas autre chose à rebours. Ceci nous vaut quelques phrases cinglantes sur « la volonté d’occulter, au nom des bons sentiments, des vérités gênantes ». D’un strict point de vue de rigueur historique, on peut donc reprocher le même défaut à l’auteur (la multiplication des références à des ouvrages parus en France en 1915 laisse rêveur, l’analyse de la controverse Fischer en Allemagne, etc.), mais lorsque quelqu’un lance un pavé un peu lourd dans une mare d’unanimisme, c’est finalement assez satisfaisant ! La seconde partie est presque exclusivement centrée sur des questions très politiques et très actuelles qui constituent le « cheval de bataille » le plus fréquent de l’élu du territoire de Belfort (rôle et place des nations en Europe, politique industrielle et monétaire européenne, négociations économiques internationales, évolutions de la Chine, etc.) et intéressera donc plus le citoyen que l’historien, mais, après tout, chacun d’entre nous n'est-il pas à la fois l’un et l’autre.

Bref, un livre politique, qui part de 1914-1918, ou qui utilise 1914-1918, pour se consacrer essentiellement à l’illustration et à la défense des thèmes chers à son auteur (« On peut donc prévoir sans grand risque d’erreur que la commémoration du centenaire de l’éclatement de la Première Guerre mondiale sera l’occasion de chanter non pas tant l’idée européenne, en elle-même peu contestable, … que la construction libérale dévoyée et manipulée qui s’est érigée en son nom »), avec la  mise en débat d’une certaine présentation de « l’histoire officielle ».

Fayard, Paris, 2013, 341 pages, 20 euros.

ISBN : 978-2-213-67257-1.

Conséquences...
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24 octobre 2013 4 24 /10 /octobre /2013 06:35

Reims, 1914-1918

De la guerre à la paix

Jean-François Boulanger, Philippe Buton, Yohann Chanoir,

Frédéric Gugelot et Yan Harlaut (Dir.)

Les (très) belles réalisations se succèdent à l'approche du centenaire. Avec ce volume très richement illustré, les éditions La Nuée Bleue de Strasbourg marquent un point. Une trentaine d’auteurs, d’origines et de parcours variés, ont été rassemblés par les directeurs de ce magnifique album pour un résultat absolument superbe.

La très riche iconographie met en valeur les textes qui, après une introduction de Jean-Jacques Becker, sont organisés en une quarantaine de chapitres réunis en trois grandes parties : « Reims et le pays rémois pendant la Grande Guerre », « Mémoires de la Grande Guerre » et « Reconstruire et construire ». Les sujets abordés vont par exemple de « Reims, une ville sur le front » (André Bach) à « La municipalité sous les obus » (Michel Royer), de « A l’école sous les bombes » (Jean-François Boulanger) à « Compatir, soutenir, s’indigner : les visites à la cathédrale » (Hervé Chabaud), de « Graffitis de guerre dans les caves de champagne » (Jérôme Buttet) à « Photographier la guerre : Loys Roux, prêtre-reporter » (Yann Prouillet), de « Visiter les champs de bataille » (François Cochet) à un ensemble de sept articles sur les monuments aux morts et les cimetières militaires, des « Plans de reconstruction » (Olivier Rigaud) aux mouvements d’opinion de l’entre-deux-guerres, à la période 1940-1945 (et la capitulation allemande dans la ville), à la réconciliation de 1962 et à l’enseignement de la Première Guerre mondiale.

On le voit, il ne s’agit pas seulement d’une très belle réalisation d’un point de vue esthétique (photos noir et blanc et couleurs, tableaux, cartes et plans, etc.), mais également d’un album où le texte tient toute sa place et joue pleinement son rôle. Un siècle d’histoire de Reims, de sa région et de France, par l’image et par les mots. La ville restée « quatre ans sous le feu des canons allemands » méritait d’être mise à l’honneur avant même le début des commémorations du centenaire. Voilà qui est fait, à juste titre et de magnifique manière.

La Nuée Bleue, Strasbourg, 2013, 224 pages, 39,00 euros.
ISBN : 978-2-7165-0827-8.

 

Très, très beau
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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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