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16 janvier 2014 4 16 /01 /janvier /2014 06:35

Lorraine 1918. De l’armistice à la reconstruction

Régis Latouche

Voici un ouvrage qui mérite qu’on s’y attarde. Régis Latouche, directeur de l’IECA (université de Nancy) s’est intéressé à la Lorraine du 11 novembre 1918 jusqu’au début des années 1920. Une étude régionale très intéressante, qui, à travers une quinzaine de chapitres, traire de multiples sujets encore peu étudiés comme l’occupation américaine d’après-guerre, ou "l’épuration", et qui est illustrée par de nombreuses photographies d’époque. A l’étude des derniers jours de guerre succède celle du 11 novembre et de son accueil par les troupes en Lorraine. Puis l’auteur se pose la question de la Moselle allemande, évoquant aussi bien l’attente des populations, les actes d’iconoclasme, que "l’épuration" qui s’abat sur certaines familles jugées trop proches des Allemands pendant la guerre. La Lorraine, ancien champ de bataille, est une région à déminer et à nettoyer des innombrables cadavres, un travail pénible et dangereux qui cause la mort de certains démineurs. R. Latouche évoque « un business juteux, mais risqué » (p. 80). La présence américaine en Lorraine occupe une grande partie de l’ouvrage, elle y est observée autant sous ses aspects positifs que sous des angles moins connus, l’auteur parlant même de la Lorraine comme le « 49° Etat américain » (p. 83). Enfin, les années 1920 ne sont pas oubliées : la Reconstruction, les utopies des années vingt, les agitations ouvrières, et la naissance du tourisme militaire sont aussi étudiées. Le point fort de cet ouvrage reste sans aucun doute ses très nombreuses photos, souvent inédites et surprenantes. On découvre par exemple l’enterrement du dernier "obus boche" à Varennes le 11 novembre 1918 par les Américains (p. 31), un camion de désinfection en 1919 (p. 68), les premiers véhicules de touristes Autavia dans la Meuse en ruines (p. 143), une photographie de l’état initial de la « tranchée des baïonnettes » (p. 147), … L’ouvrage est très agréable à lire, espacé, illustré, et surprenant par de nombreuses anecdotes ou récits qui donneront envie d’aller plus loin. On peut cependant regretter que certains sujets soient à peine évoqués, une étude de la société d’après-guerre avec ses hommes mutilés, ses femmes qui retournent dans leur foyer aurait été intéressante, tout comme celle de la place de la religion dans la Lorraine d’après-guerre.

P.-L. B.

Ed. Place Stanislas, Nancy, 2008, 158 pages, 29 euros.

ISBN : 978-2355780226.

Histoire régionale
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16 janvier 2014 4 16 /01 /janvier /2014 06:25

Imaginaire contemporain

de la Grande Guerre

Henri-Pierre Jeudy et Maria Claudia Galera

Voici un petit livre assez étonnant, et parfois déroutant.

L'ouvrage repose sur les travaux conduits par les deux auteurs avec des enfants en âge scolaire de la Meuse et présente essentiellement les textes les plus aboutis de différents ateliers d'écriture. C'est (très) souvent touchant, mais l'on a du mal à se départir d'un sentiment "kaléïdoscopique" : finalement, qu'en retenir en synthèse ? Peut-être était-ce l'un des buts des deux co-directeurs de l'ouvrage ? Ces textes de jeunes enfants sont intéressants, poignants, mais il traduisent aussi une approche de la Grande Guerre univoque, sous le sempiternel angle des souffrances individuelles revues et interprétées par des adolescents du XXIe siècle. C'est là, sans doute, que l'exercice trouve ses propres limites.

On peut également regretter que seule une dizaine de pages de photographies figure dans l'ouvrage, ce qui laisse certes une place essentielle au texte mais diminue la proportion de représentation individuelle de la Grande Guerre par chaque lecteur. Si l'expérience de ces ateliers d'écriture a sans nul doute été très enrichissante pour les jeunes qui ont eu la chance d'y participer, on peut néanmoins s'interroger sur l'intérêt d'en produire ensuite un livre.

Au bilan, un petit volume qu'il sera peut-être utile d'acheter sur place, pour aller à son tour, aux beaux jours, se promener dans les bois de la régions de Verdun avec en fond sonore ces textes de jeunes d'aujourd'hui.  

Editions Chatelet-Voltaire, Cirey-sur-Blaise, 2013, 123 pages, 18 euros.

ISBN : 2-979109019825-8.

Approche anthropologique et littéraire
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12 janvier 2014 7 12 /01 /janvier /2014 06:30

1914-1918

La Grande Guerre du général Giraud

Henri-Christian Giraud

Le général Giraud est bien connu pour sa participation à la Seconde guerre mondiale, mais son rôle pendant la Grande Guerre était très largement jusqu'à ce jour resté dans l'ombre. Le livre vient donc heureusement combler un vide en nous présentant cette partie de la vie du futur général.

On peut immédiatement souligner que ce style d'ouvrage est toujours un peu ambigü : il ne s'agit pas d'un "carnet" personnel, d'un témoignage écrit à chaud, mais d'une reconstitution a postériori par un descendant. De façon générale, il ne faut donc pas chercher dans ces volumes une critique de la "statue du commandeur familial", une contestation de celui dont il faut au contraire mettre en valeur l'importance et le rôle, voire défendre la mémoire. Le livre n'échappe pas totalement à cet accueil.

Mais il n'empêche qu'il est du plus grand intérêt, ne serait-ce que parce que la conduite au feu du capitaine (puis commandant) Giraud est assez exemplaire. Cinq fois cité à la fin de la guerre, il connait essentiellement soit le 4e zouaves, soit l'état-major de la 5e Armée, et pour ces deux formations en particulier nous disposons désormais de nombreux détails de la vie quotidienne, des engagements, etc., de Charleroi à La Malmaison et à la région de Soissons avec la division marocaine, à partir des archives militaires, de fonds privés, d'extraits choisis d'autres ouvrages et de correspondances familiales en particulier.

Parfois, en l'absence de renseignements précis concernant Giraud lui-même, l'auteur nous parle de son unité, ou de ses pairs. A plusieurs reprises, il tente des parallèles avec Juin ou de Lattre en particulier. Chacun, connaissant le cadre et le contexte de la publication, saura tirer le meilleur de cet ouvrage qui fourmille d'informations précises sur les responsabilités d'un officier (du grade de capitaine à commandant) qui sert alternativement dans la troupe et en état-major et qui sera même prisonnier quelques mois avant de s'évader. 

Editions du Rocher, Monaco, 2014, 281 pages. 22,90 euros.

ISBN : 978-2-26807-586-0.

Entre biographie et journal
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10 janvier 2014 5 10 /01 /janvier /2014 06:35

Mon journal de la guerre de 1914-1918

sur le front d'Alsace

Marie-Claire Mengès

En quelques mois, voici avec La Nuée Bleue un nouvel album absolument délicieux. Il s'agit de la retranscription du journal tenu entre le 28 juin 1914 et le 17 novembre 1918 par une Alsacienne.

Outre le texte lui-même, qui permet d'approcher au plus près de quelle manière sont perçus, compris, ressentis en Alsace-Lorraine les événements du front tout proche, ceux des autres théâtres de guerre et les décisions de politique intérieure (locale et nationale) en Allemagne mais aussi en France, on est particulièrement séduit par la qualité des illustrations. L'iconographie est en effet extrêmement riche, et allie sujets connus et trouvailles originales (dont de nombreuses pièces d'origine allemande rarement présentées en France). Des notes marginales apportent en tant que de besoin telle ou telle précision complémentaire. On remarque que très (très) fréquemment Marie-Claire Mengès, qui habite à un jet de pierre de l'Hartmannswillerkopf, fait référence au bruit du canon, bien au-delà des seules dates des batailles emblématiques, ce qui permet également de mieux comprendre les sentiments quotidien des populations civiles restées à proximité de la ligne de contact. Quelques lignes par jour simplement, rarement plus, mais très souvent l'indication de la météo (si importante pour chacun), les maigres gains de la maison, les prix des produits du marché, le commentaire des communiqués français ou russes, la présence de soldats et officiers allemands qui résident ou passent dans le village et les conséquences que cela implique, l'écho des combats sur le front oriental, etc. Et toujours le canon qui tonne... La guerre, vécue et ressentie, dans un village d'Alsace.

Un texte brut (quelques pages sont reproduites à l'identique de l'original en fin de volume), profondément humain, émouvant, touchant, poignant parfois. Et toujours le souci d'une présentation de qualité, soignée, esthétique. En un mot : un album délicieux !

Editions Place des Victoires / La Nuée Bleue, 2013, 287 pages. 29,95 euros.

ISBN : 978-2-8099-1032-2.

Pour commander l'ouvrage directement : ici.

Une Alsacienne dans la guerre
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7 janvier 2014 2 07 /01 /janvier /2014 06:30

La Grande Guerre

Fin d’un monde, début d’un siècle

François Cochet

Pouvoir rédiger, avec un sens aigu de la synthèse, une vaste histoire de la Première Guerre mondiale qui embrasse aussi bien les questions militaires que les problématiques de l’arrière, les sujets politiques que les aspects techniques, les contraintes diplomatiques que les évolutions sociales et culturelles, n’est pas donné à tous. Il faut, pour réussir ce difficile exercice, une connaissance approfondie de toute la période, afin d’intégrer au bon moment dans le tableau d’ensemble les paramètres les plus divers, mais il est tout aussi indispensable de n’avoir aucune « œillère » intellectuelle, afin de pouvoir restituer avec la plus grande finesse possible des réalités parfois fort différentes selon les lieux et les temps. Il fallait donc que François Cochet, dont les publications de référence sur la Grande Guerre se succèdent depuis une vingtaine d’années (depuis Rémois en guerre, 1914-1918. L’héroïsation au quotidien, Presses universitaires de Nancy, 1993) et qui anime à Metz les travaux universitaires les plus dynamiques sur l’histoire des conflits (Comme le cycle « Expérience combattante » depuis 2010 par exemple), mette tout son savoir et sa passion dans le projet. Le résultat est à la hauteur des attentes.

Dans un style dense et sobre qui n’abuse pas d’un vocabulaire inutilement intellectualisé, il dresse une large fresque de l’ensemble de la période, de la question des origines de la guerre à celle des conséquences des traités de paix. Son travail offre également l’intérêt de ne pas se limiter à l’étude du front occidental et de prendre en compte (au fur et à mesure des évènements) les théâtres d’opérations extérieurs, européens, africains et asiatiques sans oublier la guerre navale. De même, au fil d’un discours logiquement chronologique, il aborde les questions les plus diverses en revenant aux sources et en replaçant les événements dans leur contexte. Le deuxième partie, « L’été le plus meurtrier », comprend ainsi un chapitre consacré à « La course à la mer, une fiction mémorielle », mais aussi un sur les exactions allemandes dans les territoires occupés ou un autre sur la mise en place du discours de propagande. En neuf grandes parties (« Pourquoi la guerre ? », « L’été le plus meurtrier », « 1915 : la guerre s’invente dans les tranchées », « 1915-1916 : les sociétés dans la guerre », « 1916-1917 : le temps des hyperbatailles », « Hommes à la peine dans la tourmente des hyperbatailles », « Désarrois, révolutions et paix (1917-1918) : les fronts intérieurs », « 1918 : comme en 14 ? » et « 1919 et après »), il aborde, à raison de trois à dix chapitres par parties, les sujets les plus divers. Parmi ceux-ci, sans jamais oublier les grandes batailles du front de France, on relève par exemple les front orientaux et turcs, le financement de la guerre, les adaptations doctrinales, les protestations contre la guerre, le traitement des blessés, la situation des prisonniers, les échecs des tentatives officielles ou officieuses de paix, la question du moral et celle des opinions publiques, les combats de l’armée italienne et ceux des Américains, la problématique des démobilisations dans des sociétés traumatisées, le phénomène des anciens combattants, etc.

Au fur et à mesure que se développe le récit, l’auteur n’hésite pas à remettre en cause nombre d’idées reçues. Sur les réactions des soldats face au mur de feu auquel ils sont confrontés dès les premiers combats, il rappelle cette réalité des unités en campagne : « L’homme n’est jamais seul … En permanence sous le regard des camarades de combat ou des chefs de contact, le soldat ne réagit pas comme un individu, mais comme l’élément constitutif d’un tout. Se poser la question fondamentale des raisons qui ont fait tenir les soldats durant les quatre années de la Grande Guerre en ignorant cette dimension expose à de graves incompréhensions ». Comparant le front occidental et le front oriental, il souligne que « la densité des troupes qui sont en confrontation est assez radicalement différente à l’est par rapport à l’ouest. Lors de l’année 1915, alors que 110 divisions alliées font face à 100 divisions allemandes sur le front de l’ouest (soit approximativement 6,3 kilomètres linéaires par division alliée), sur le front oriental les empires centraux opposent 80 divisions aux 83 divisions russes (soit près de 20 kilomètres linéaires par division … Au plan tactique, la moindre occupation des sols débouche sur des comportements fort différents également ». A propos du rôle des journaux, il observe que « la presse généraliste évite de choquer son lectorat en fonction de ses attentes supposées relues par les journalistes. Le conformisme s’impose donc aux dépens de l’information. Car la presse fonctionne d’abord et avant tout sur le principe de l’entreprise capitaliste qui doit faire des bénéfices. Durant la Grande Guerre, elle accepte donc, par peur de disparaitre au vu de la raréfaction des lecteurs mobilisés et de la production de pâte à papier, de se conformer au discours ambiant ». Il souligne toute la complexité et parfois les ambigüités de la bataille de Verdun, où « la plupart des combats, à l’exception des ‘grands coups’ du 21 février ou de la reconquête de Douaumont, n’ont concerné que des unités élémentaires », car paradoxalement dans cette titanesque bataille de dix mois « la compagnie constitue ici l’unité de référence, comme souvent. Les échelons supérieurs -régiment, brigade et a fortiori division- ignorent le plus souvent la réalité locale du combat ». Plus loin, s’intéressant au développement du travail des femmes, il rappelle que celui-ci était déjà une réalité, en particulier en Allemagne, avant le conflit. De même, il « décortique » les ressorts de l’instrumentalisation politique (y compris américano-américaine) des combats de Bois Belleau ou du saillant de Saint-Mihiel : « En d’autres termes, l’AEF a besoin d’actions d’éclats pour se construire des mythes guerriers ». Les citations pourraient ainsi être multipliées, sur tous les sujets et dans tous les domaines.

Accumulant les exemples précis, les données chiffrées, les références les plus diverses (on apprécie les nombreuses citations et la longue bibliographie finale), cette Grande Guerre de François Cochet, qui ne s’arrête jamais à la seule répétition de considérations communes, doit indiscutablement marquer par son ampleur et sa qualité les publications du centenaire. Tel spécialiste de tel sujet pourra bien sûr regretter que son thème de prédilection ne soit pas davantage fouillé, c’est légitime. Mais tel n’était pas le but de cet ouvrage. En ouvrant aussi largement le champ de ses questionnements, en intégrant chaque problématique dans son environnement, et en dénouant l’écheveau des interactions entre les différentes disciplines et les différents niveaux d’analyse l’auteur nous propose une indiscutable -et rare- synthèse de référence, qui doit impérativement figurer dans toute bonne bibliothèque, généraliste ou spécialisée.

Perrin, Paris, 2013, 517 pages, 25 euros.

ISBN : 978-2-262-033313-2.

Vraie synthèse de référence
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18 décembre 2013 3 18 /12 /décembre /2013 06:45

Le Service de Santé des Armées

pendant la Première Guerre mondiale

Alain Larcan et Jean-Jacques Ferrandis

Ce volumineux ouvrage, illustré par plus de 450 documents, bien que paru il y a quelques années, conserve toute son importance. Il constitue dans la bibliographie actuellement disponible la présentation la plus large et la plus complète de l'action du service de santé pendant la Grande Guerre.

Le livre est divisé en trois grandes parties qui permettent de suivre, après un tableau rapide de la situation durant le XIXe siècle et des évolutions d'avant-guerre, puis des premières opérations et du "désastre initial" d'août-septembre 1914 :

- Deuxième partie : "L'organisation du service de santé et son évolution au cours des hostilités", avec les structures de commandement, les différentes catégories de personnel, les formations aux armées et les structures de soin, les innombrables hôpitaux, mais aussi une intéressante analyse du fonctionnement (dans la durée) de la chaîne d'évacuation et une étude des "Opérations envisagées au point de vue de la tactique sanitaire" en fonction des grandes batailles et des différentes phases.

- Troisième partie : "Progrès techniques". Les différents chapitres apportent chacun (ou presque) leur lot de découvertes, de la chirurgie de guerre, de l'examen et du traitement des plaies selon la partie du corps blessée, la question du "triage" (le mot est très laid, mais le procédé indispensable), des questions aussi diverses que l'anesthésie, la transfusion sanguine, les maladies infectieuses, la paludisme, la grippe espagnole, la psychiatrie de guerre, etc. Les auteurs n'oublient pas d'évoquer la question plus large de l'hygiène ou celle plus technique du ravitaillement sanitaire.

En résumé, un livre-bilan extrêmement intéressant, qui apporte une foule de détails, de chiffres, de dates, de précisions, etc. Une belle synthèse (peu critique, certes, mais très dense) qui apporte une indiscutable plus-value à votre bibliothèque sur la Grande Guerre.

LBM, Paris, 2008, 596 pages, 49 euros.

ISBN : 978-2-9153-4763-0.

Les éditions LBM proposent pour les fêtes une offre spéciale

de deux livres Grande Guerre, dont celui-ci, pour 48 euros : ici.

Noble mission
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16 décembre 2013 1 16 /12 /décembre /2013 06:15

Journal de guerre de Georges Faleur

Laëtitia Leick

Publié il y a maintenant plus de six ans, ce volume mérite que l'on s'y intéresse à nouveau à l'approche des commémorations du centenaire. Il présente en effet le témoignage tout-à-fait quotidien du responsable d'une ambulance installée à proximité de la ligne de front, mais qui ne connaîtra jamais le feu, un médecin qui voit arriver les blessés mais qui doit aussi occuper ses hommes et gérer les relations avec les autorités et les populations de l'immédiat arrière-front. 

La première partie de l'ouvrage est constituée par la retranscription des neufs carnets rédigés par Georges Faleur. De la frontière belge au Pas-de-Calais, nous suivons le médecin du 2 août 1914 au début de l'année 1917, et il nous décrit (avec parfois un luxe de détails et de précisions) le quotidien qui est le sien et celui de ses hommes. La seconde, à partir de la page 257, est l'édition critique en elle-même, avec une analyse chrono-thématique de la guerre vécue par l'auteur où, en dépit d'un rythme d'activité élevé, surtout au cours des premiers mois de campagne, c'est finalement l'attente et l'ennui qui dominent. Impression paradoxale peut-être, mais qui correspond bien à une réalité : à la guerre, d'abord, on attend. Des impressions sensorielles (le bruit du canon), des rumeurs en permanence, le récit indirect (puisque recueilli auprès des combattants qui passent par l'ambulance) des patrouilles et des actions de feu en première ligne. La lecture est parfois troublante et il faut sans cesse se souvenir que Faleur ne connait pas les lignes, ne voit pas le feu : il en parle essentiellement au travers des conversations qu'il a avec des soldats de passage, des blessés, des camarades, des voisins. Tout en étant, simplement, à quelques kilomètres de l'endroit où se déroulent les événements. 

L'ouvrage est donc intéressant à plus d'un titre, car il nous rappelle plusieurs réalités de la Grande Guerre peu évoquées. En dehors de l'infanterie, dont la proportion ne cesse de diminuer au long du conflit, une minorité de poilus a réellement connu l'épreuve des combats. Les phases de violence paroxysmiques sont espacées, parfois distantes de nombreux mois. Cette vérité doit être prise en compte dans le discours sur la violence de guerre, comme dans celui sur la rupture qu'aurait induit la Grande Guerre ou celui sur l'adhésion (ou non) des soldats. Très souvent, et aussitôt que possible, une forme organisée de vie quotidienne presque "normale" (le mot semble horrible en premier abord mais correspond bien à un vécu) s'installe derrière les lignes. Tous les événements ordinaires de la vie des hommes trouvent leur écho dans ce cadre qui ne connait "la tranchée" que ponctuellement pour certains qui ne verront jamais le moindre Allemand. Un témoignage tout-à-fait complémentaire de très nombreux autres carnets et souvenirs publiés ces dernières années.

CRULH, Metz, 2007, 358 pages, 25 euros.

ISBN : -285730-036-0

L'ouvrage semble toujours disponible et doit pouvoir être commandé auprès de : université de Lorraine, site de Metz : ici.

Témoignage d'un médecin aide-major
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14 décembre 2013 6 14 /12 /décembre /2013 06:30

Des cabinets ministériels à la boue des tranchées

Pierre Roland-Marcel

Au regard de nombreuses productions récentes ou actuelles, Pierre Roland-Marcel cumule deux handicaps importants : Sous-préfet au printemps 1914, il appartient à l'élite intellectuelle et administrative (il sera plus tard administrateur de la Bibliothèque nationale), d'autre part il effectue toute la guerre comme officier d'état-major... Un "embusqué" et un "incompétent" si l'on en croit la vulgate à l'honneur. Or, ces carnets de guerre sont tout simplement exceptionnels. 

Voilà un nouveau témoignage qui apporte une vraie connaissance complémentaire à notre compréhension de la guerre à partir du regard d'un "cadre intermédiaire", un officier de réserve servant en état-major Du premier au dernier jour de la guerre (au moins jusqu'en mai 1918), chaque jour, il note, il note, il note. Des considérations militaires, certes, sur la conduite des opérations ou sur l'analyse stratégique du conflit, mais aussi considérations sur ses hommes, sur ses pairs, sur le personnel politique, et ce mot à l'issue d'un repas avec d'autres lieutenants le 24 juillet 1915 : "Nous sommes sceptiques sur nos aînés" (civils et militaires). La mesure du haut fonctionnaire ne le quitte pas ("Ne point blâmer avant de tout savoir"), même si l'on sent peu-à-peu s'amenuiser sa patience..Les Russes sont fréquemment évoqués, les fronts "secondaires" également et, régulièrement, lancinante, revient en filigranne la question de l'organisation de la conduite supérieure de la guerre. Le risque : "Les Allemands n'auront pas vaincu, les Alliés ne seront pas victorieux"  ; l'inquiétude : "Je me demande quel est le vrai devoir ? Se sacrifier maintenant au fort de mon ultime jeunesse ? Attendre égoïstement que la guerre se termine et lutter avec l'inévitable arrière-pensée d'une notoriété toute civile". L'attente et l'ennui, presque à deux doigts parfois de la rupture morale : "Je pense que plus nous avançons dans la voie où nous a engagés cette guerre, plus nous marchons vers la fin du vieux monde ... Une sorte d'Apocalypse a commencé le 1er août 1914" (après l'échec de la deuxième offensive de Champagne à l'automne 1915). Et cet étonnement lorsqu'une blessure le contraint à séjourner dans la capitale : "Surprise désagréable : on se croirait en temps de paix. On me parle de crise ministérielle possible et de mille niaiseries subalternes ... Nous avons décidé d'obéir et eux ne savent pas commander"

On retrouve régulièrement sous sa plume les noms de Barthou, de Delcassé, de Briand, de Denys Cochin, de Poincaré, accompagnés de commentaires francs sur ce qu'il pense de l'action (ou de l'inaction) de ces hommes qu'il connait. On croise aussi, surtout à partir de son affectation au cabinet de Gallieni, ministre de la Guerre, des généraux célèbres : Joffre, Sarrail, Castelnau, Roques, Dubail. Et le 22 février 1916, ce terrible constat : "Le gâchis s'accentue au sein du Cabinet. C'est la fin, mais Verdun ?". Comme beaucoup de subordonnés directs de Gallieni, il exprime clairement son opposition à Joffre, mais ce dernier est loin d'être le seul à mériter ses flèches. En avril, il quitte la capitale pour rejoindre la 131e DI en Argonne. Le travail d'état-major, les visites aux unités, La Harazée, les camps d'entraînbement, le bois de la Gruerie, Le propos devient plus haché dans un secteur qui reste actif, les obsèques des camarades et les décorations remises aux blessés à l'hôpital. Le canon tonne au loin, mais l'inquiétude est toujours vive à propos de Verdun... Au cours de cette période, on se rend compte que les déplacements auprès des unités sont quasi-quotidiens, mais que, finalement, la guerre semble à la fois immédiate et menaçante, tout autant que lointaine et presque irréelle. Sentiment paradoxal, qui évolue d'une journbée à l'autre en fonction des vistes sur le terrain mais aussi des informations reçues des autres fronts.

Les mutations se succèdent. Le moral fluctue, les critiques se font plus vives. D'octobre 1916 à juin 1917 Pierre Roland-Marcel sert au cabinet du chef d'état-major général de l'armée, à Paris. A nouveau, les références à la situation internationale et aux plus hauts personnages de la République deviennent plus fréquentes, mais d'autres noms sont désormais sur le devant de la scène, Pailevé, Bourgeois, Sembat, Thierry. C'est la chute de Joffre en décembre : "Les militaires ont fait faillite", mais les politiques ne sont pas mieux lôtis : à propos de Briand, il écrit "le monstre gouvernemental dont il vient d'accoucher, ce désorganisateur". Et finalement ce commementaire désabusé : "Après s'être cachés derrière le général Joffre devenu maréchal pour être réduit à rien, ou s'être abaissés devant lui jusqu'à nous écoeurer sans limite, nos gouvernants et nos militaires le traitent comme une vieille barrique inutile. Quels mufles...". De juin 1917 à février 1918, il est affecté à l'état-major de la 153e DI, dans le secteur de Verdun en particulier ; puis jusqu'en mai 1918 il retrouve la 131e DI et repart pour la Somme. De mai à novembre, au 6e CA, les notes s'espacent. Comme beaucoup au printemps il craint que les Allemands ne parviennent à rompre le front allié, et les carnets s'achèvent à la fin du mois de mai pour céder la place à quelques textes ultérieurs, extraits de La Mutte sonnera, publié en 1920.

Un témoignage aussi rare qu'atypique. Absolument à connaître (pour mieux le croiser et le comparer avec d'autres) par tous ceux qui s'intéressent à la Grande Guerre. Très vivement conseillé.

Anovi, Avon-les-Roches, 2013, 463 pages, 19 euros.
ISBN : 978-2-914818-61-2.

Pour commander : ici

et la page FB d'Anovi : ici

Haut-fonctionnaire et officier d'état-major
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11 décembre 2013 3 11 /12 /décembre /2013 06:40

Journal de guerre

1914-1918

Maurice Bedel

Un journal de guerre tenu par un médecin, écrivain et fin observateur des réalités. Un journal de guerre qui (ils sont finalement peu nombreux dans la masse des publications) nous entraîne du 1er août 1914 au 15 décembre 1918.

Dans sa présentation de l'auteur, Chantal Verdon utilise abondamment les carnets et autres écrits d'avant 1914 et d'après 1918 de l'auteur, pour nous présenter celui qui fut aussi un grand défenseur de la langue française, ce qui permet de mieux cerner sa personnalité. Médecin aide-major au 170° RI, sa première phrase de la première page à la date du 1er août donne le ton : "Dans le train qui m'emporte vers Nancy tout le monde est ivre". Homme cultivé, il ne se sent pas à l'aise au milieu de cette populace qui "gueule" la Marseillaise. Néanmoins, (2 août), "tous nous avons la gaîté au coeur et la certitude de la victoire". Les portraits qu'il dresse au fil du temps, de ses chefs, de ses pairs ou de ses hommes, sont rédigés avec la même franchise et le même style direct, de même que pour les Territoriaux, "affolés par leur responsabilité". A partir du 23 août, la tonalité change, avec les premiers trains chargés de blessés, puis c'est la retraite, "lugubre" et les combats autour de Rambervillers. Commence alors une série de visites, plus ou moins spontanées, aux premières lignes ("Je suis retourné à la bataille, malgré la consigne. C'est d'ailleurs un plaisir de plus que d'y aller en désobéissant") et la description de ce qu'il voit ("Nos troupes ont pillé les magasins de la ville") ou de ce qu'on lui raconte. Après une brève contre-offensive en direction de Baccarat à partir du 12 septembre, voilà dès le 15 l'organisation défensive du terrain et le 17 septembre "la guerre c'est un jeu de cache-cache où les cachetes sont des tranchées". Tout en assurant son service de médecin, régulièrement il "cherche une ruse pour s'approcher de la ligne de feu" et ces aller-retour permanents entre l'extrême avant et l'immédiat arrière front nous donnent des descriptions saisissantes des fantassins ou des artilleurs. Les Vosges, la Meuse, l'Aisne : entre les bombardements et les périodes en réserve à l'arrière, Maurice Bedel saisit la moindre opportunité pour se déplacer, voir d'autres lieux, d'autres gens, d'autres formes de la guerre. Au fil des pages aussi "la monotonie de ces jours de guerre durant lesquels il se tire à intervalles éloignés un coup de canon par-ci, un coup de canon par-là". Mais bientôt, le retour aux tranchées et "le déjeuner souterrain à la lueur d'une bougie" et cette alternance de séjours en ligne et de journées à l'arrière, avec des descriptions toujours différentes selon les lieux et les temps. Blessé en 1915, il est évacué vers Lyon ("C'est la quatrième fois depuis ce matin que nous festoyons"), pendant que son régiment est dans les tranchées de Notre-Dame-de-Lorette. Un congé de convalescence de deux mois, qu'il supporte parfois difficilement loin de ses hommes et de ses camarades,et le retour à la fin du mois d'août ("Tous les officiers supérieurs du bataillon ont été tués ou évacués comme incapables. Les capitaines tués. Et tant de lieutenants ! Que reste-t-il de tous ces anciens ? Je le cherche. Je trouve deux ou trois noms"). C'est ensuite le front de Lorraine, la pluie avant la neige et le verglas, la description des nouveaux matériels d'artillerie lourde, celle des gaz de combat et celles des travaux qui accompagnent les préparatifs d'une attaque. Le 23 février, il note qu'à "150 kilomètres du champ de bataille, la terre tremble, l'air est lourd de bruit" : c'est Verdun. Tout en pratiquant le ski, il commente le communiqué officiel, décrit les combats autour du Linge, l'inanité de la presse parisienne : "le journaliste a toujours flatté l'appétit sanguinaire du public". Allant toujours du poste de secours en ambulance, de l'avant à l'arrière, il voit tout dans son secteur et note tout. Ses propos se font de plus en plus critiques ou pessimistes, mais il ne renonce pas pour autant à sa curiosité d'esprit. Au début du mois de septembre 1916, on lui annonce son départ pour le Maroc et il quitte ses tranchées ("Enfer, tu m'as élevé au-dessus des misères. Tu m'as élevé également au-dessus de la pitié. Et cela, Enfer, je ne te le pardonnerai jamais"), où il arrive le 15 pour être affecté à sa demande "au 3e bataillon de tirailleurs marocains qui opère dans le Moyen-Atlas". Dans un tout autre environnement, avec des soldats bien différents et à l'occasion d'engagements qui relèvent de la pacification (parfois rude), il poursuit son récit, multiplie les descriptions, sur les habitations, les modes de vie, les opérations et le quotidien des groupes mobiles. En mai 1917, c'est le retour dans l'hexagone, une tentative de torpillage de son navire et la description de Gibraltar où "la puissante Angleterre est là qui veille". C'est alors le front de l'Aisne : "L'Allemand a condamné ce pays à la peine de mort. Le pays a été exécuté ; et la terre est morte, et les maisons sont mortes, et les rivières sont mortes, et les champs sont morts". Un séjour à Soissons avant le Moulin de Laffaux ("J'ai envie d'écrire le Moulin de la Faux en songeant à une mort de Dürer"), les offensives allemandes du printemps 1918 ("31 mai : les Allemands sont sur la Marne"), l'arrivée des Américains, et le 20 juillet les premiers échos de la contre-offensive de Villers-Cotterêts. Le ton change, les phrases deviennent brèves, la guerre de mouvement reprend. Le 13 octobre, on annonce que les Allemands acceptent de discuter des conditions de paix. Désormais, quelques mots jetés rapidement sur le papier entre deux informations (ou rumeurs) sur les conversations d'armistice. Le 10 novembre encore : "La guerre sera longue, mais la victoire est sûre", mais rien le lendemain 11, rien vant le 15 novembre pour noter le décès d'un proche, six semaines plus tôt. Et à aucun moment dans les dernières lignes il n'écrit le mot paix ou un quelconque synonyme.

Un très beau et très grand témoignage qui doit impérativement être connu de tous les amateurs, étudiants, chercheurs. Dès à présent, un incontournable.

Tallandier, Paris, 2013, 661 pages. 29,90 euros.
ISBN : 979-10-210-0119-0.

Témoignage exceptionnel
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8 décembre 2013 7 08 /12 /décembre /2013 06:30

La Grande Guerre

vue du ciel

Michel Bernard

A partir d'une expérience et d'une mémoire familiales (expliquées en introduction), comme pour tant d'autres familles de France, Michel Bernard propose ici un trés beau livre qui allie, de manière originale, photos d'aujourd'hui et textes d'hier.

On est tout particulièrement séduit par les magnifiques photos aériennes qui, de la Meuse à l'Aisne, de la Meurthe-et-Moselle à la Marne, du Haut-Rhin aux Ardennes et à la Somme témoignent de manière extrêmement esthétique des traces laissées au sol par les combats de la Grande Guerre. Les paysages sont somptueux, très bien mis en valeur, par tous les temps et en toutes saisons. Des méandres de la Meuse aux tranchées, des cimetières aux forêts, les sites sont sublimés. Les images sont appuyées par un texte courant de grande qualité littéraire et par de nombreuses citations des écrivains et auteurs qui furent témoins et acteurs des événements : "La bataille de Verdun avait pris les proportions de la grande geste nationale et la patine des récits antiques" ... "Les capitaines levèrent leurs cannes dans la pâleur de l'aube et, suivant leurs chefs de section, les hommes grimpèrent aux échelles"...

Dense, artistique, émouvant, un album qui ne peut que faire écho aux sentiments personnels de chacun et qui résonne auprès de tous les amateurs, de toutes les familles, de tous les citoyens. L'auteur sera présent lundi 9 décembre aux Invalides (à partir de 20h00) pour présenter son livre (ici).

Perrin, Paris, 2013, 234 pages. 29,90 euros.
ISBN : 978-2-262-04071-0.

PHOTOS D'AUJOURD'HUI
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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