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9 novembre 2016 3 09 /11 /novembre /2016 06:00

1916 en Mésopotamie

Moyen-Orient : naissance du chaos

Fabrice Monnier

Pour imposer leur influence aux cheiks et émirs de la côte arabique d'une part et s'approprier les ressources pétrolières identifiées au nord du golfe persique d'autre part, l'empire britannique se lance dès 1914 dans la conquête de l'ancienne Mésopotamie. Ces opérations, et leurs conséquences après 1918, participent de l'actuel désordre oriental.

Déjà auteur chez le même éditeur l'année dernière d'une biographie de Mustafa Kemal Atatürk, Fabrice Monnier nous présente aujourd'hui un front de la Grande Guerre très mal connu en France, alors même qu'il fut considéré comme essentiel pour le Royaume-Uni. A ce seul titre déjà, le livre serait important. En dix chapitres alertes, l'auteur raconte chronologiquement la succession des évènements dans cette région qui dépend nominalement de l'empire ottoman mais est déjà pour toute sa partie côtière sous influence britannique. Les deux premiers chapitres posent le cadre général : importance nouvelle du pétrole pour la Navy et défense avancée de la route des Indes d'une part ; délabrement profond de la présence ottomane en Mésopotamie où le nationalisme arabe naissant (mais encore très largement représenté seulement par quelques individualités parmi les élites locales) et état réel extrêmement critique des armées turques dans les provinces arabes. Les opérations militaires de la Grande Guerre commencent avec le chapitre 3 qui s'ouvre sur une présentation de la (médiocre) armée des Indes ("Assurément, elle n'est pas une armée d'opérette, mais il s'agit simplement d'une force de gendarmerie militarisée équipée pour maintenir l'ordre et certainement pas pour intervenir outre-mer") et sur le coup de main que représente en novembre 1914 la prise de Fao et de Bassora. Dès lors, une forme de cercle vicieux s'enclenche, qui va conduire les troupes anglo-indiennes toujours plus loin vers le nord : "Une terrible empoignade en terrain spongieux alternativement sous un ciel de feu et sous de brusques averses qui, quand elles cessent, laissent place à un bain de vapeur étouffant". Avec un manque de clairvoyance impressionnant, les nouveaux occupants se mettent à dos les populations locales tout en étendant progressivement leur zone de sécurité. Le chapitre 4 nous entraîne du début (hésitant) de la marche vers Bagdad à la bataille de Ctésiphon (novembre 1915), victoire turque qui oblige la 6e division de l'armée des Indes à se replier jusqu'à Kut-el-Amara où elle choisit de se laisser enfermer dans l'attente de renforts. Le siège de Kut et sa capitulation au printemps 1916 sont au coeur du chapitre 4, sans que Fabrice Monnier n'oublie d'apporter moult détails sur l'organisation et le commandement des armées ottomanes (6e armée en Mésopotamie), sur les "conseillers" allemands (autour du vieux et talentueux Colmar von der Goltz), ainsi que sur les autres fronts plus ou moins voisins, à Aden et en Perse. Il se montre assez élogieux pour le colonel Halil bey, commandant les troupes ottomanes lancées à la poursuite des Britanniques en retraite dans un environnement terrible : "Quand Allah a créé l'enfer, il a trouvé que cela n'était pas assez, aussi il a fait l'Irak et il a ajouté des mouches". Les chapitres qui suivent, de 7 à 10, sont consacrés, parallèlement, au récit des opérations et à la description des difficultés logistiques en effet, compliquées encore par le climat et la topographie, qui rendent problématique la progression des colonnes (mal commandées) lancées au secours des assiégés. Les marches et combat du Tigris Corps sont détaillés, tout comme les faiblesses et déficits britanniques soulignés le sont en parallèle des succès turcs : "La véritable raison de l'échec anglo-indien, c'est la vitalité militaire dont fait preuve le vermoulu Empire ottoman". Parmi les personnalités qui émergent, sans succès, du côté anglais, on remarque "l'atypique" Gerard Evelyn Leachman, "l'un des très rares officiers britanniques capables de passer pour quelqu'un du cru auprès des autochtones". Fabrice Monnier, enfin, revient sur les opérations de ravitaillement par air tentées pour venir au secours de la ville, mais les paquets tombent surtout dans le fleuve et dans les lignes turques, faisant dire aux assiégés avec un humour so british : "Si un homme et demi mange une tranche et demie de pain en un jour et demi, combien faudra-t-il de voyages d'avions avant que les Turcs n'aient reçu plus de rations que nous ?". La garnison se rend le 29 avril 1916 et, si le peu efficace général Townshend part pour une captivité dorée à Constantinople, ses soldats entament une éprouvante marche en direction de Bagdad puis des camps de prisonniers. Pour Londres, qui quatre mois plus tôt a été contraint d'abandonner Gallipoli, l'échec est énorme.

L'épilogue retrace rapidement les deux dernières années de guerre, qui voient finalement la puissance britannique triompher d'un empire ottoman totalement affaibli. Annexes, index et belle bibliographie terminent cet ouvrage qui devrait passionner tous les amateurs d'opérations exotiques, tous ceux qui s'intéressent à la Grande Guerre dans sa dimension mondiale et ceux qui veulent réfléchir sur les empires et le Moyen-Orient.

CNRS Editions, Paris, 2016, 335 pages, 25,- euros.

ISBN : 978-2-271-09268-7.

Protéger la route des Indes
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1 novembre 2016 2 01 /11 /novembre /2016 06:00

Verdun

La guerre aérienne

Gilles Aubagnac et Clémence Raynaud (Dir.)

En parallèle de l'exposition éponyme au musée de l'air et de l'espace, ce superbe livre permettra à tous les amateurs d'avoir une bien meilleure connaissance non seulement du déroulement de la bataille aérienne au-dessus de la cité meusienne en 1916, mais aussi de tout l'environnement humain, matériel et doctrinal de cette longue année de guerre.

L'ouvrage, superbement illustré, est structuré en trois grandes parties, dans lesquelles s'intègrent les contributions des treize auteurs rassemblés autour des deux directeurs. La première (je le confesse), sur le thème de "La bataille oubliée", est un peu répétitive dans l'affirmation x fois répétée selon laquelle la composante aérienne de la bataille de Verdun serait "oubliée", propos qui paraissent excessifs. Certes, la première place n'est généralement pas donnée aux aviateurs, mais regardons d'abord ce que fut la bataille elle-même ; par contre de nombreux travaux (surtout dans la période récente) montrent toute l'importance des évolutions qui surviennent dans le ciel de la Meuse à partir du printemps 1916. Les deuxième et troisième parties (sept contributions pour la 2e, cinq pour la 3e) apportent par contre beaucoup à notre connaissance de ces événements et toutes méritent que l'on s'y arrête. L'aéronautique est décrite, dans ses hommes, son organisation et ses évolutions doctrinales majeures, intégrée à la bataille d'ensemble, présentée dans la diversité de ses missions, sans que les Allemands ne soient oubliés et en tenant compte du coût humain des opérations. Enfin, les aspects industriels, de propagande par le texte ou par l'image, les rapports avec la population civile et le souvenir conservé de ces combats (et des hommes qui les menèrent) sont bien mis en évidence.

Au total, un superbe livre, complété par une dense bibliographie finale, dont les riches contributions font un véritable ouvrage de référence.

Editions Pierre de Taillac, Paris, 2016, 216 pages. 29,90 euros.

EAN : 978-2-36445-084-4.

Verdun et la 3e dimension
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30 octobre 2016 7 30 /10 /octobre /2016 06:00

De Forcalquier à Metzeral

Carnet et lettres d'un chasseur alpin (1914-1915)

Joseph Barjavel

Lorsque l'on est historien et originaire de Château Arnoux, sur la Durance, la publication du témoignage d'un chasseur alpin bas-alpin ne peut qu'attirer l'attention. Ce volume, réalisé par une petite maison à laquelle on doit déjà plusieurs titres remarqués sur la Première Guerre mondiale (ici, ici et ici par exemple), mérite cependant par lui-même et ses propres qualités que l'on s'y arrête.

Une présentation générale de l'environnement du sergent Joseph Barjavel occupe les quelques 60 premières pages, suivie par une deuxième partie, d'une soixantaine de pages également, qui rassemble dans un ordre chronologique les lettres et notes dans son carnet du jeune chasseur. Beaucoup de ressemblances, naturellement, avec bien d'autres correspondances de guerre (nouvelles de la famille, santé, questions d'argent, météo, colis, etc.), mais aussi des situations très concrètes, des détails précis, des chiffres ponctuels : au soir du baptême du feu, les 19-20 août 1914, "de 250 hommes de la 4e Cie., il reste 48 hommes seulement". Un élément de réponse aux accusations de lâcheté contre le XVe CA et les "troupes de l'aimable Provence"... Comme bien d'autres bataillons de chasseurs, l'unité de Barjavel est dirigée vers les Vosges au début de 1915, avec les attaques locales, ses contre-attaques, ses résistances, dans un environnement montagneux. Une blessure et une citation à l'ordre de la division ("Papa l'a montrée à M. le maire"), avant le dernier combat du jeune chef de section dans le secteur de l'Eichwalde le 15 juin 1915. Cet épisode est longuement décrit dans la troisième partie, sur la base de témoignages d'autres chasseurs et des archives officielles (JMO). après une brève épilogue de quelques pages, la longue postface revient sur tout l'environnement de Joseph Barjavel et surtout de sa famille dans les Basses-Alpes (aujourd'hui Alpes de Haute-Provence) : on y trouve alternativement des informations complémentaires sur l'effort de guerre, sur la presse locale, sur le rôle des élus municipaux et parlementaires, sur les bataillons alpins, sur la camaraderie, etc.

Complété par quelques annexes (les morts de Forcalquier et ceux du 23e bataillon de chasseurs) et une solide bibliographie, le livre va ainsi bien au-delà de la seule publication d'un nouveau témoignage de combattant. C'est presque, à travers un exemple particulier, le panorama d'une ville en guerre et celui d'un type d'unités bien spécifiques. Si l'on n'échappe pas à quelques affirmations un peu rapide sur certains points (la rigueur de la discipline, effectivement, en temps de guerre...), un volume qui mérite indiscutablement d'être connu de tous les amateurs.

C'est-à-dire éditions, Forcalquier, 2016, 230 pages, 22,- euros.

ISBN : 9782918235224

Pour commander directement chez l'éditeur : ici.

Un poilu méridional
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29 octobre 2016 6 29 /10 /octobre /2016 04:14

L'ivresse du soldat

Charles Ridel

Un sujet sensible, puisqu'il touche à un sujet souvent intime aujourd'hui, mal combattu à l'époque et rarement reconnu toujours. Mais un sujet qu'il faut impérativement aborder de façon la plus neutre possible.

Dans cette étude extrêmement documentée, qui aborde la question sous tous ses aspects, l'auteur apporte beaucoup d'éléments de réflexion. La France du début du XXe siècle est un pays profondément alcoolisé, dans le monde rural comme à l'usine. De plus, l'économie de l'alcool, des vins et spiritueux, fait vivre plusieurs millions de personnes et rapporte à l'Etat des centaines de millions de francs. Dans ce contexte, il aurait été étonnant que l'armée ne soit pas concernée, d'autant que les périodes d'oisiveté dans les casernes du temps de paix incitent à la consommation et que le service militaire correspond à une forme de "rite de passage" à l'âge adulte traditionnellement marqué par d'intenses libations. L'état-major ne reste pourtant pas les bras ballants et dès 1900 les premières restrictions sont édictées, dans le contexte d'un mouvement hygiéniste mais aussi par souci d'efficacité opérationnelle, mais l'on ne lutte pas par un ordre contre un usage social aussi profondément ancré. La place de l'alcool dans la France d''avant-guerre et des années de guerre est décrite avec soin dans les chapitres 2 et 3 ("L'impossible prohibition" et "Le défi du ravitaillement"), tandis que la présence des produits alcoolisés aux armées est traitée dans les chapitres 4 et 5 ("Usage de l'alcool au front" et "De l'abus à l'indiscipline : la troupe indocile"). Le dernier chapitre enfin, particulièrement intéressant, traite du "Pinard, boisson de la victoire" et des conséquences dans le pays la paix revenue, au plan collectif comme dans l'intimité des familles. Une étude conduite à partir des sources les plus variées, faisant souvent référence à de nombreux témoignages et qui prend en compte les manifestations sociales du phénomène. Au bilan, si l'alcool est bien présent aux armées pendant la guerre, à la fois pour désinhiber les combattants avant les combats mais aussi pour "apaiser" les soldats, voire aider à combattre... l'ennui, il faut bien reconnaître que cet alcool est très largement présent avant et après la guerre au sein de la société dans son ensemble, ce que l'auteur reconnaît rapidement à plusieurs reprises mais sans réellement insister.

Une étude très riche et très complète sur la place des boissons alcoolisées dans l'armée française de la Grande Guerre, mais qu'il faut toujours remettre en perspective avec les données relatives à l'ensemble de la population. Le "jus de la treille" est une réalité, avec des pics de consommation en temps de guerre, mais n'a rien de spécifiquement bleu horizon.

Editions Vendémiaire, Paris, 2016, 428 pages, 25,- euros.

ISBN : 978-2-36358-242-3.

In vino veritas
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28 octobre 2016 5 28 /10 /octobre /2016 06:00

La tour Eiffel dans la Grande Guerre

Souvenirs d'un sapeur-télégraphiste

Jean Poncin

Edité avec l'aide de l'Union nationale des transmissions à l'occasion du centenaire de la Grande Guerre, ce volume s'ouvre sur une préface du général Boissan qui nous présente Jean Poncin et en replace le texte dans son environnement.

Entré en service au 8e régiment de génie (sapeurs-télégraphistes), créé  l'année précédente, Jean Poncin raconte sa découverte des communications militaires, de l'électricité et de la TSF, l'expérimentation des premiers postes mobiles, son arrivée à la tour Eiffel et sa rencontre avec le commandant Ferrié. La "grande antenne" au coeur de Paris dispose de six câbles qui, partant du sommet viennent se planter dans le sol à l'arrière de la tour. Nous avons dans ces pages la description précise, parfois comique, de ce que furent ces premiers temps héroïques de la radio. Dans le cadre des expérimentations, les premières écoutes aussi, d'abord afin de capter l'émission la plus éloignée en particulier. A ces activités techniques, s'ajoutent les éléments de la vie parisienne pour un soldat à la veille de la Grande Guerre, et de ce point de vue également nous apprenons nombre de faits, comme la projection du premier film en couleurs, sur le défilé du carnaval de Nice. Alors que l'auteur commence à compter les jours qui le sépare de la fin du service militaire, survient la crise de juillet 1914 puis la déclaration de guerre, et l'on apprend que le 3 août "Messimy, ministre de la Guerre, vint plusieurs fois à la tour conférer avec Ferrié" et l'auteur assiste au saccage "d'une boutique Maggi, proche du Champ-de-Mars". Dès lors, le rôle de la tour Eiffel dans le perfectionnement des matériels et plus globalement dans la guerre ne cesse de croître et les derniers chapitres nous en décrivent l'évolution jusqu'en 1915. Jean Poncin part alors pour l'autre grand centre de la TSF militaire, Lyon.

Un témoignage rare, qui fait sans aucun doute partie des "bonnes surprises" de ce centenaire, car il y a très peu de "transmetteurs" dans les souvenirs publiés. Il intéressera non seulement les historiens de la radio et leurs amis, mais plus largement tous ceux qui veulent en connaître davantage sur la France, son armée et sa modernité à la veille et au début de la Première Guerre mondiale.

Bernard Giovanangeli éditeur, Paris, 2016, 159 pages, 20,- euros.

ISBN : 978-2-7587-0165-1.

Grandes oreilles
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22 octobre 2016 6 22 /10 /octobre /2016 06:00

Les Etats-Unis dans la Grande Guerre

Léon Abily

Ouvrage datant d'il y a quelques années, que la proximité du centenaire de l'entrée en guerre des Etats-Unis conduit sans doute à remettre en avant. Il est sans doute dommage qu'à l'époque le livre n'ait été davantage connu.

L'auteur organise son propos en deux grandes parties de volumes très différents. La première, en quatre chapitres, s'intéresse très (trop) rapidement aux USA pendant leur période de neutralité, aux conditions de l'entrée en guerre et aux modalités de montée en puissance de la nouvelle armée nationale américaine. La seconde, en sept chapitres, s'efforce de suivre les unités américaines (en cours de constitution en armée nationale autonome sur le front de France) dans les opérations actives, du printemps 1918 à l'occupation en Allemagne et aux traités de paix. L'épilogue résume rapidement l'évolution de la situation à partir du milieu de l'année 1919 et au début des années 1920. Globalement, on apprécie un effort de toujours replacer le rôle et la place de l'armée américaine dans le contexte plus large de ceux des armées alliées et par rapport à l'ennemi du moment, l'Allemagne et l'armée impériale. Par ailleurs, le livre est extrêmement descriptif et présente donc les qualités et les défauts de ce type d'ouvrage : de très nombreuses informations très précises, des chiffres, des statistiques, des détails concrets, etc., mais aussi le regret d'un certain manque d'élévation, de synthèse, pour tirer les enseignements ou les leçons des événements décrits.

Si vous avez la possibilité de trouver ce livre, soit directement chez l'éditeur (ici), soit sur un site d'ouvrages d'occasion, soit dans les boutiques de plusieurs musées et mémoriaux, n'hésitez pas. Vous apprendrez très certainement beaucoup, et il sera ensuite possible de vous diriger vers des livres plus problématisés. Un très bon moyen de commencer à s'intéresser à la place des armées américaines dans la Grande Guerre.

Marines Editions, Rennes, 2010, 426 pages, 25,- euros.

ISBN : 978-2-35743-054-9.

Pour commander directement : ici.

Associés et non Alliés
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17 octobre 2016 1 17 /10 /octobre /2016 06:00

Pourquoi l'Allemagne a perdu la Grande Guerre

Décisions funestes de 1914 et 1917

François Cailleteau

Déjà auteur en 2008 d'un Gagner la Grande Guerre, François Cailleteau nous propose un petit volume qui tente d'expliquer ce que furent les erreurs de l'empire allemand, dirigeants politiques comme chefs militaires, entre 1914 et 1917.

Le premier chapitre trace rapidement le tableau des événements qui se succèdent entre l'été 1914 et novembre 1918, sur les différents fronts et pour les différents belligérants. L'essentiel de l'ouvrage est structuré en deux parties. La première traite du mois de juillet 1914 et du plan Schlieffen, soulignant les erreurs d'analyse et le caractère pour le moins osé ou audacieux des a priori initiaux et des hypothèses qui fragilisent toute la construction intellectuelle. Il s'intéresse aux éventuelles solutions que pouvaient adopter le haut commandement allemand, aussi bien face à la France qu'à la Russie et se hasarde à envisager des développements possibles des premières opérations. Tous les arguments ne sont pas absolument convaincants au même titre, et bien des considérations peuvent être discutées. La seconde au début de l'année 1917, au blocus et à la situation de la population civile allemande, entraînant la décision de lancer la guerre sous-marine à outrance. Après un examen critique du plan de la marine allemande, et après avoir constaté qu'il n'existe pas réellement d'alternative militaire, il avance la piste d'initiatives diplomatiques, en particulier via les Etats-Unis. Or, on sait bien qu'en 1916 et 1917 ce sont d'abord les Occidentaux qui refusent les propositions, officielles ou officieuses, de conversations de paix. L'auteur tente, pour terminer, d'expliquer comment ces erreurs ont pu être commises par les dirigeants allemands, politiques comme militaires (organisation politique, sociologie des dirigeants, autonomie des militaires, etc.). Les dernières pages, qui survolent rapidement les autres conflits jusqu'à l'Afghanistan et la Libye, ce qui n'est pas sans poser de problèmes de comparaison.

En résumé, un livre intéressant, sur des sujets passionnants, avec des idées qui méritent d'être entendues, mais finalement un ouvrage qui peine à convaincre dans sa globalité. Bien sûr l'Allemagne a commis des erreurs, mais dans toute guerre il y a deux camps et les Alliés ont également multiplié fautes et erreurs : alors, qu'est-ce qui finalement a fait la différence ?

Economica, Paris, 2016, 131 pages, 19,- euros.

ISBN : 978-2-7178-6911-8.

Erreurs allemandes
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9 octobre 2016 7 09 /10 /octobre /2016 06:00

Sortis de l'enfer

Les tanks ont 100 ans

Hugues Wenkin

Après un Rommel et surtout un Eben-Emael (ici) remarqués, Hugues Wenkin s'intéresse avec ce nouveau volume à la Première Guerre mondiale et à la naissance des chars d'assaut. Avec une ligne éditoriale et une forme de charte graphique qui donnent à ses différents volumes l'allure d'une collection, il nous propose pour ce centenaire des blindés un superbe album.

L'album est organisé en trois grandes parties : "Les machines", "Les hommes", et "L'apprentissage par la guerre". La première permet de faire un large survol de la question chez les principaux belligérants (Britanniques, Français, Allemands et Américains), la seconde s'intéresse à la réalité de la vie et des combats dans ces jerricans roulants au milieu des bruits, fumées et odeurs ("Se battre dans un Tank plus de deux jours de site est impossible tant l'inconfort des machines est grand"), la troisième dresse le bilan de la première année d'emploi par les Alliés et des réactions allemandes. Au bilan (même si on a le sentiment diffus d'une préférence pour les choix et l'organisation britanniques), Hugues Wenkin souligne bien toutes les difficultés rencontrées par l'arme naissante et les adaptations techniques et tactiques permanentes qui ont été nécessaires dans des délais extrêmement brefs pour en faire un outil de combat performant. Il faut aussi éviter de juger 1916 ou 1917 avec ce que l'on sait de la suite des événements, les tâtonnements de l'époque pouvant souvent s'expliquer lorsqu'ils sont remis dans leur contexte. Le texte est accompagné de très nombreuses photos et des profils des principaux engins tandis que les principales batailles (Flers, Berry-au-Bac, Laffaux, Cambrai) sont détaillées. La bibliographie finale ne compte qu'une trentaine de titres, mais sélectionnés et pertinents.

Un beau volume, soigneusement mis en page, agréable à feuilleter et riche sur le fond : tous les critères d'une belle réussite.

Editions Weyrich, Neufchâteau (BE), 2016, 217 pages, 32,- euros.

ISBN : 978-2-87489-386-5.

Les lecteurs intéressés peuvent commander directement auprès de l'éditeur : ici.

Monstres d'acier
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30 septembre 2016 5 30 /09 /septembre /2016 18:35

Rompre le front

Novembre 1914 - mars 1918

Comment percer les lignes ennemis et retrouver la liberté de manoeuvre ?

Rémy Porte

Merci très sincèrement à Erwan Le Gall pour cette lecture attentive.

Rompre le front, et les représentations convenues de la Grande Guerre

On ne présente plus Rémy Porte. Officier d’active et historien de talent à qui on doit notamment une remarquable biographie de Joffre, il est l’un des meilleurs spécialistes français de la dimension militaire de la Première Guerre mondiale. C’est cette expertise qui lui permet de présenter cette indispensable étude s’attachant à répondre à l’insoluble question qui se pose aux belligérants entre l’automne 1914 et le printemps 1918 : « comment percer les lignes ennemies et retrouver la liberté de manœuvre » ?1

Carte postale. Collection particulière.

Une telle démarche est, à nos yeux, doublement importante. Tout d’abord, cet ouvrage nous semble allumer un utile contrefeu aux  grilles de représentations qui, sous-couvert d’une histoire vue « par en bas », imputent la responsabilité de l’immobilisme du front à des officiers « imbéciles », « incompétents » et responsables de la mort de milliers d’individus dans des offensives inutiles. En second lieu, ce volume nous parait constituer une synthèse d’autant plus précieuse que la dimension strictement militaire du conflit n’est pas nécessairement la plus régulièrement abordée par l’historiographie. Là est d’ailleurs un paradoxe saisissant de ce centenaire que de, certes, commémorer le conflit de 1914-1918, mais sans toutefois s’attarder outre-mesure sur le champ de bataille. Constat d’autant plus regrettable que la réponse à une question telle que celle de la rupture du front pendant la Grande Guerre ne peut se cantonner au seul niveau des tranchées. C’est d’ailleurs bien ce que montre ce livre puisqu’il se compose de trois grands niveaux de réflexion, comme autant de réductions successives mais imbriquées de focales, la question étant traitée aux niveaux stratégique, opératif et tactique.

Ce faisant, c’est bien toute la complexité de la conduite de la guerre qui ici se révèle. Car celle-ci ne peut être déconnectée de réalités diplomatiques dont les implications rejaillissent directement sur la conduite des opérations. C’est par exemple parce qu’elle ne peut se priver de l’apport britannique que la France accepte les exigences de Londres sur le front d’Orient, ou au moment de l’offensive de septembre 1915, quitte à parfois donner l’impression d’être « à la remorque » (p. 47, 63). La difficile mise en place d’un véritable commandement interallié illustre d’ailleurs à merveille cet entremêlement des considérations militaires et stratégiques.

Au niveau opératif, l’analyse revient sur « ces offensives de détail pour conserver à la troupe son esprit offensif » en rappelant que celles-ci trouvent le plus souvent leur origine dans des réalités bien concrètes mais trop souvent perdues de vue : une position tellement défavorable qu’elle contraint à l’offensive afin de gagner les quelques mètres de terrain permettant d’aménager dans de meilleures conditions les tranchées ou encore la nécessité de prendre pied sur telle ou telle cote offrant un point d’observation indispensable à l’artillerie, celle-ci permettant en définitive une meilleure préservation de l’infanterie (p. 92).

Enfin, l’échelon tactique permet de percevoir l’armée dans toute sa dynamique, loin du bloc figé que l’on veut trop souvent dépeindre. C’est ainsi que l’auteur rappelle que si les fantassins sont au fur et à mesure du conflit toujours moins nombreux au sein des armées, les spécialités qui apparaissent (mitrailleurs, et grenadiers, artillerie lourde, convois automobiles et escadrilles aériennes, tanks…) « ont d’abord pour raison d’être de contribuer à faciliter l’action de l’infanterie » (p. 153). Ce faisant, loin du classique, et pour une large part dépassé, débat entre « contrainte » et « consentement », c’est une analyse en termes de courbes d’apprentissages, de learning curves, qui est ici proposée. Celle-ci aboutit d’ailleurs à une conclusion assez neuve, bien loin des représentations déshumanisantes de la guerre industrielle (p. 188):

« Le char, pas plus que l’avion, le fusil-mitrailleur, les grenades, les mines, les gaz, etc. ne peut revendiquer à lui seul le titre d’armement de la victoire. A tous les niveaux, sur tous les secteurs du front, l’homme reste au cœur du dispositif militaire […] »

Carte postale. Collection particulière.

Rendant compte il y a quelques mois, en ces mêmes colonnes, d’un ouvrage collectif traitant de la manière dont avait été anticipé le conflit qui se déclenche en 19142, nous plaidions pour une « recherche en histoire appliquée », démarche qui use de l’opportunité commémorative pour répondre à la demande sociale d’histoire et insuffler de la réflexion dans le trop-plein d’émotion. Cet ouvrage de Rémy Porte nous paraît parfaitement répondre à ce cahier des charges en s’emparant d’une question inédite (p. 12) et en rappelant que « personne, pas plus dans le monde militaire que dans la société civile, ne conçoit que la guerre puisse être gagnée à brève échéance en restant sur la défensive » (p. 16). C’est bien dans cette foi en l’offensive, partagée tant par la troupe que les cadres et l’arrière (p. 93-94) que réside, en fin de compte, l’explication fondamentale du terrible bilan de la Grande Guerre.

La démonstration est ici d’autant plus remarquable qu’elle use de nombreuses sources bretonnes – Jean Leddet, Georges Veaux, Joseph Le Segretain du Patis ou encore Louis Maufrais – tout en conservant en permanence un sens de la nuance qui est malheureusement bien rare dans la production historiographique, tant la volonté de synthétiser, et donc de simplifier, se fait pour beaucoup  d’auteurs bien souvent pressente. En effet, Rémy Porte ne perd pas de vue que la notion de « front » n’est pas nécessairement opérante tant celui-ci est vaste et recouvre des réalités différentes (p. 19) : « à la même heure, un soldat peut aller à la pêche en tenue débraillée près de Gerardmer et un autre se tasser dans son maigre abri sous les obus de Verdun ». A cette dimension spatiale, l’auteur en ajoute une autre, diachronique cette fois-ci, rappelant que les positions exprimées par un même individu au cours du conflit peuvent grandement varier tant celui-ci est long (p. 97). Autant de principes qui, pourtant frappés au coin du bon sens, sont trop souvent oubliés et rendent en conséquence indispensable la lecture de ce volume pour quiconque s’intéresse à la Grande Guerre, et aux questions militaires de manière générale.

Erwan Le Gall (ici)

SOTECA - 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2016, 250 p., 25,- euros

ISBN : 979-1091561846

Complexité et interactions
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17 septembre 2016 6 17 /09 /septembre /2016 06:00

Les boys d'Alabama
La Rainbow Division et la Première Guerre mondiale

Nimrod Frazer

Voici sans doute le premier d'une série de volumes à paraître dans l'année qui vient, sur le thème de la participation de l'American Expeditionary Force aux combats de la Grande Guerre en Europe.

Préfacé par Serge Barcellini, président du Souvenir Français, le livre suit le parcours du 167e RIUS, unité recrutant essentiellement dans le Sud américain profond et appartenant à la célèbre "division Arc-en-ciel" de la Première Guerre mondiale, la 42e division d'infanterie américaine baptisée ainsi car ses différents régiments provenaient de tout le pays. La division, et donc son régiment, ont été de tous les engagements de l'AEF sur le front de France et son histoire a déjà donné lieu à une très abondante bibliographie aux Etats-Unis. Fruit d'un intérêt personnnel de l'auteur -non historien de formation- pour le 167e, le livre s'appuie essentiellement à la fois sur la documentation militaire américaine officielle et sur de très nombreux témoignages de Sammies. C'est donc à la fois une reconstitution du parcours de cette unité et un hommage aux soldats qui le composaient. Le récit est vif et fourmille d'anecdotes, dont certaines peuvent ne pas être absolument authentiques mais rapportées au fil des ans par les anciens. Il est divisé en onze parties chronologiques, constituées de brefs chapitres. Nimrod Frazer commence son récit avec la mobilisation de la garde nationale en Alabama dans le cadre des interventions au Mexique en proie à la révolution et aux coups d'Etat et à l'intervention sous les ordres de Pershing contre le voisin du sud pendant que la guerre fait déjà rage en Europe, jusqu'à l'entrée des Etats-Unis dans la guerre mondiale. Nous suivons ensuite les soldats américains pendant leur entrainement, leur transfert en Europe, leurs compléments d'équipement et d'instruction, puis leur première montée au front en Lorraine. Après une phase d'adaptation à la première ligne au printemps 1918, ils sont en Champagne à l'été et participent à la deuxième bataille de la Marne, qui brise l'ultime assaut allemand. Puis c'est la Ferme de la Croix-Rouge, dans le secteur de Château-Thierry, pour ces combats intégrant unités françaises et américaines sous commandement supérieur français. En juillet, ils sont sur l'Ourcq, à l'automne à Saint-Mihiel puis dans l'Argonne, avant de marcher vers le Rhin et l'Allemagne après l'armistice et de s'installer en occupation à Sinzig. Le dernier chapitre nous racontre "le retour des Immortels", bien sûr triomphal, en Alabama : "Leur arrivée dans la ville donna lieu à ce qui fut sans doute le rassemblement le plus impressionnant jamais vu dans la ville".

Si le livre est volontiers très laudateur pour ses héros, ce qui en fait parfois un livre plus hagiographique qu'historique, il apporte pour le lecteur français de très nombreuses informations, y compris de détail de vie courante et sur le quotidien du séjour en France des soldats américains. Il se termine également sur plusieurs annexes, plus de soixante pages de notes et références et une solide bibliographie. Un très intéressant volume sur un sujet mal connu.

CNRS Editions, Paris, 2016, 390 pages, 25,- euros.

ISBN : 978-2-271-08793-5.

Sammies en France
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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