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10 juillet 2016 7 10 /07 /juillet /2016 06:00

La censure en France

pendant la Grande Guerre

Olivier Forcade

Une très belle synthèse d'ensemble sur les origines de la guerre de l'information et l'invention du XXe siècle : "la guerre en est le laboratoire moderne". Une synthèse dont on attendait depuis longtemps la publication.

Organisé en dix chapitres (de taille variable, d'une dizaine à une quarantaine de pages) thématiques, Olivier Forcade brosse un tableau extrêmement complet de l'ensemble du "phénomène" censure, dans ses origines et sa mise en place, son fonctionnement interne, ses modalités d'application et ses effets, les réactions qu'elle suscite et ses fréquents illogismes, l'attitude des gouvernants et celle des directeurs de journaux, les prises de position des partis politiques, etc. Il n'oublie pas, non plus, les autres "censures" : celles du livre, de la chanson ou du théâtre, avec quelques exemples et anecdotes qui parfois font sourire. Les lecteurs peu au fait des différences entre les principaux titres de la presse parisienne y trouveront en particulier de solides descriptions à la fois des orientations éditoriales de chaque journal et les précisions sur leur appartenance à tel ou tel réseau gouvernemental ou parlementaire. De même, "l'affaire du Bonnet Rouge" est présentée dans sa globalité, ainsi que la naissance et les difficultés du Canard Enchaîné. Dans le domaine politique, la censure s'exerce essentiellement à l'encontre des socialistes pacifistes dès 1916 et surtout à partir de 1917, mais jusqu'à l'accession au pouvoir de Clemenceau les autorités politiques font preuve d'une certaine mansuétude.

On apprécie en particulier à la fin de l'ouvrage les dizaines de pages de références et sources et l'importante bibliographie finale, suivie d'un index particulièrement complet. Un ouvrage indispensable pour quiconque s'intéresse à l'histoire du pays et à ses évolutions pendant la Grande Guerre. 

Fayard Histoire, Paris, 2016, 473 pages, 24,- euros.

ISBN : 978-2-213-69368-2.

Censure de guerre
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8 juillet 2016 5 08 /07 /juillet /2016 06:00

Indians on the Western Front

1914-1918

Santanu Das

Voilà un ouvrage intéressant à plus d'un titre, mais qui pose par ailleurs plusieurs questions : d'une part le rôle et la place des contingents de l'armée des Indes sur le front de France reste très mal connu, et il était tout à fait intéressant de réaliser une étude de fond ; d'autre part, pourquoi le ministère de la Défense finance-t-il l'ouvrage en anglais d'un universitaire londonien, qui multiplie les considérations sociales et culturelles (parfois hâtives) et n'aborde que marginalement les aspects militaires du sujet ?

On retiendra avant tout le nombre et la qualité des très nombreuses photos qui fournissent l'essentiel de la pagination de cet album, organisé en cinq parties principales : "The Home Front", "To the Front", "The Front and beyond", "Hospitals", "Prisoners". On le voit par les thèmes retenus, le livre fait la part belle à "l'environnement" du soldat, mais il ne faudra pas y chercher de précisions sur l'engagement au feu des uniités de l'armée des Indes. De plus, il ne semble pas que ce volume ait fait l'objet d'une double parution, en français et en anglais (internet est muet sur ce point), et l'on peut se demander si la publication d'un ouvrage aussi spécialisé en anglais a permis de fait avancer d'un seul millimètre la connaissance sur ce sujet dans l'hexagone ? Concernant les légendes qui accompagnent les photos, le lecteur prendra une certaine distance avec les textes proposés, souvent pétris d'a priori idéologiques ou de généralités approximatives (le regard hautain de l'officier britannique sur l'indigène...) et s'efforcera de remettre chaque document dans son contexte de temps et de lieu.

Un volume très intéressant pour son iconographie et que la relative rareté du sujet dans la bibliographie française rend d'autant plus important, en dépit des réserves émises pour les textes d'accompagnement.

Gallimard-DMPA, Paris, 2014, 155 pages, 29,- euros.

ISBN : 978-2-07-014680-2.

Armée des Indes
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5 juillet 2016 2 05 /07 /juillet /2016 06:00

Un ouvrier artisan en guerre

Les témoignages de Gaston MOURLOT 1914 – 1919

Voici un nouveau livre écrit par un sapeur qui raconte, en termes simples, sa guerre. Incorporé comme fantassin, il rejoint le génie en 1915, quand le Haut Commandement décide la création de nouvelles compagnies du génie. Il est incorporé à la 11/52, compagnie du 6ème RG. Une présentation très complète de ce livre est proposée par Alexandre LAFON, docteur en histoire de l’université de Toulouse. Il n’a cependant pas le regard attiré par le sapeur MOURLOT et c’est, à mon avis, un des grands intérêts de ce récit que de nous présenter ce qu’est la vie au front et à l’arrière front d’un sapeur, tant ces témoignages manquent dans l’historiographie liée à la Grande Guerre.
Ce livre fourmille d’anecdotes qui nous donnent une image précise et réaliste - un certain nombre de faits évoqués sont corroborés par le JMO de l’unité (26N 1291/29) - du vécu quotidien de G. MOURLOT entre 1915 et 1918. Il nous raconte, dans un style imagé mais précis et sans détails inutiles, sa vie quotidienne dans les tranchées de première ligne, en arrière des lignes dans l’attente de l’attaque, celle qu’il mène à l’arrière front, quand son unité est au repos et enfin ses permissions. On y apprend comment sont constituées les nouvelles compagnies du génie : « un homme de chaque compagnie d’un régiment [d’infanterie] forme une escouade. La première section est formée par le 64, 65, 93, 137. La deuxième par le 19, 62, 116, 118. La troisième par le 76°, et, enfin, la quatrième par des territoriaux du 7, 21, 22, 24 ». Ce qui explique, en partie, le manque d’efficacité initial de ces compagnies. Il évoque souvent le manque de matériel qui empêche de continuer le chantier ou qui impose le recours à la débrouille : « Pour étayer le premier [abri] il a fallu organiser une rafle dans tous les boyaux des
environs pour dénicher les rondins qui sont à la traîne »
.
Ses missions peuvent être difficiles et dangereuses (« … voyagé toutes les nuits sous les obus pour conduire l’infanterie sous la mitraille sans presque avoir de repos »), comme faciles et sans risques (« comme je n’ai que faire de rester regarder les hommes toutes la nuit je reste quelques temps dans le gourbi et y fais le meunier »). Il évoque les relations avec les autres armes et décrit la mauvaise volonté des hommes – qu’ils soient sapeurs ou fantassins territoriaux – comme celle des cadres de contact, à aller au travail quand le danger est trop fort. On comprend mieux alors pourquoi les travaux ne se faisaient pas aussi vite que l’ordonnaient les chefs. Il ne se considère jamais comme un embusqué, car il risque souvent sa vie, mais il a conscience qu’il est moins exposé qu’un fantassin. Sous un intense bombardement allemand, il écrit : « ce tonnerre nous empêche de nous entendre causer et la pluie tombe drue; ça doit faire un joli chantier pour le fantassin en ligne ». Il apprécie aussi particulièrement l’apport des outils venant des entreprises civiles « j’apprends le maniement de la perforatrice et du marteau-piqueur qui, tous deux, ne perdent pas leur temps dans les blocs que l’on traverse ».
Ce livre est aussi agrémenté d’un nombre important de croquis et de photographies réalisés par
son auteur. On y trouve aussi les notes (40 pages) prises lors d’un stage de formation fin 1917. Ce gros volume est une mine d’informations mise à la disposition du chercheur qui s’intéresserait au rôle joué par le génie dans la Grande Guerre.

Jacques Defretin

Editions Edhisto, Moyenmoutier, 2012, 559 pages, 25,- euros.

ISBN : 978-2-35515-012-8

Pour commander directement chez l'éditeur : ici.

Témoignage d'un sapeur
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1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 06:00

Marne, 1914

Une bataille qui  changé le monde ?

Holger H. Herwig

Il s'agit de la traduction en allemand de l'ouvrage The Marne, 1914, écrit par l'historien militaire allemand Holger Herwig. Son ambition est celle d'une synthèse chronologique à la fois précise et accessible de la bataille de la Marne, permettant de faire la lumière sur certains épisodes mythiques (les taxis) ou controversés (la mission du lieutenant-colonel Hentsch, les objectifs réels de l'OKH allemand) en exploitant les archives françaises et les documents de la troisième armée saxonne déclassifiés après la chute de la RDA seulement.
Le livre est divisé en neuf chapitres précédés d'un « prologue » et clos par un « épilogue » (une introduction et une conclusion). Il est intéressant de noter que l'auteur introduit longuement l'immédiat avant-guerre et les événements qui mènent au conflit (il y consacre 75 pages sur 300). Selon M. Herwig, la responsabilité du déclenchement des hostilités revient à l'Autriche-Hongrie, agressive et belliciste. Il insiste également sur la relative passivité de Paris, qui calque sa diplomatie sur Moscou dans les semaines qui précèdent le conflit, et sur la conviction partagée par presque tous les état-majors et appareils politiques (en particulier parmi les empires centraux) que « si guerre il doit y avoir, alors il faut qu'elle ait lieu maintenant ».

Ensuite, l'auteur détaille sur plus de cent pages les opérations militaires qui mènent à la bataille de la Marne. Il critique fermement l'état-major allemand, qui croit en un plan irréaliste car ne tenant pas compte des fortifications belges, de la lourdeur prévisible des pertes et du nombre des troupes françaises, qui disposent de réserves alors que les allemands utilisent les leurs en première ligne. Il n'épargne pas non plus le commandement français, en particulier le général Joffre. Pour Herwig, Joffre, qui fut nommé généralissime pour des raisons plus politiques que militaires, pèche par obstination (refusant de reconnaître, en dépit des évidences, que les allemands attaquent en force par la Belgique même une fois qu'ils ont envahi le pays depuis plusieurs jours) et par son obsession de l'offensive. Pour l'auteur, la victoire finale des troupes françaises tient surtout à la qualité de ses autres généraux, particulièrement Castelnau, Galliéni, Foch et Maunoury.

Enfin, une centaine de pages (sur 300) sont consacrées à la bataille de la Marne proprement dite. La défaite allemande est causée, selon Herwig, par le manque flagrant de coordination entre les armées allemandes et l'égoïsme de ses généraux, surtout Bülow, qui est décrit comme inconstant, malade et timoré lors des instants décisifs du combat, mettant à profit son statut de « premier parmi les égaux » (en tant que plus vieil officier prussien encore en activité et favori de Moltke) pour demander sans cesse renforts et assistance aux autres armées avant de se retirer précipitamment sans en informer ni les autres commandants d'armées, ni l'OKH.

Ce manque de coordination serait causé par des problèmes profonds dans les renseignements et les transmissions allemands, négligés avant la guerre alors que le ministère de la guerre impérial aurait dû prévoir qu'ils seraient essentiels pour qu'une offensive menée par 6 armées combattant sur un front de plusieurs centaines de kilomètres puisse réussir. Ceci serait aggravé par le refus de Moltke de s'approcher des zones d'opérations (que Herwig compare aux efforts faits par Joffre pour rendre très souvent visite à ses armées).

Au sein de ce dernier tiers du livre, la mission du lieutenant-colonel Hentsch, sujette à controverse, fait l'objet d'une tentative de « démystification » de plus de trente pages. Selon Herwig, bien que Hentsch outrepasse ses attributions, il le fait en accord avec une tradition non-écrite du haut-commandement allemand, convaincu de prendre la bonne décision. Herwig, grâce à diverses sources (notamment les mémoires des deux sous-officiers accompagnant Hentsch), reconstitue son parcours, semé d'images de destructions et de troupes allemandes éprouvées. Ces fragments du front observés près des premières lignes peuvent, selon Herwig, expliquer son pessimisme. Pour Herwig, c'est surtout Bülow et, dans une moindre mesure, Hausen, qui sont à blâmer : ils auraient dû demander l'avis de Moltke, ou au moins des autres commandants d'armées, avant d'ordonner la retraite alors que la situation militaire n'était pas défavorable et que la percée semblait possible (du fait des manœuvres de la première armée de Kluck et des attaques de la troisième armée dans le secteur de Saint-Gond). En conséquence, Herwig réhabilite Kluck : certes, son avancée a créé une brèche entre les première et deuxième armées allemandes... mais celle-ci n'a pas été la cause principale de la défaite allemande (qui résulte de la bonne décision de Joffre et Galliéni de reprendre l'offensive depuis des positions favorables et surtout des mauvaises décisions de Bülow, qui ne veut et, dans une certaine mesure, ne peut pas coordonner l'action de ses corps d'armée avec ceux des autres généraux). Selon Hentsch, du fait du manque de communication entre armées, de telles brèches sont apparues à plusieurs reprises dans les deux camps (et y compris entre les armées françaises).

Marne, 1914 dresse donc le portrait de belligérants peu préparés aux nécessités de la guerre moderne, rapidement incertains des actions à mener, bien en peine de contrôler les masses d'hommes sous leurs ordres. Souvent, Herwig insiste sur le chaos qui règne en première ligne, empêchant les officiers supérieurs de mener la bataille comme ils le veulent. Il cite une douzaine de cas de soldats tirant par erreur sur des alliés ou des civils, et analyse les exactions allemandes en Belgique et dans le Nord de la France comme une conséquence de ce désordre (la troupe, exténuée et paniquée, étant encline à sur-réagir à la moindre rumeur) plutôt que comme une politique délibérée du commandement allemand. Pour ce faire, Herwig s'appuie sur nombre de témoignages d'époque, généraux et aristocrates comme simple soldats étant abondamment cités. L'auteur combine ces descriptions de première main avec un style presque narratif, par moments assez proche de celui du romancier. Ceci rend le livre plaisant à lire malgré l'exhaustivité des détails, des numéros de divisions et de régiments qui s'enchaînent, mais semble parfois trop empathique et peu approprié pour un historien (par exemple, quand l'auteur dépeint longuement et avec force empathie, probablement en forçant quelque peu le trait, un millier de soldats français chargeant en terrain découvert, au son du clairon et derrière le drapeau tricolore, baïonnette au canon et sans tirer un coup de feu, au cri de « Vive l'Alsace française ! »).

Une synthèse de qualité.

Verlag Ferdinand Schöningh GmbH, 2016, 349 pages, 39,- euros.

ISBN : 978-3506781956.

1914
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26 juin 2016 7 26 /06 /juin /2016 06:00

Lettres de guerre (1914-1918)

Charles Oberthür

Edition présentée et préparée par Bernard Corbé et Yann Lagadec

Nouvelle publication d'un témoignage de combattant de la Grande Guerre, avec la publication de cette correspondance commentée de Charles Oberthür, célèbre grand imprimeur rennais, officier de réserve et chef d'une section de munitions d'artillerie pendant plus de quatre ans.

Yann Lagadec poursuit ses excellents travaux sur la Grande Guerre avec la publication commentée de cette vaste correspondance, intéressante car son auteur est à la fois un industriel important dans sa région d'origine, et parce qu'il exerce des responsabilités militaires d'un niveau intermédiaire et dans l'immédiat arrière-front. Il y a donc, au fil des courriers, des préoccupations liées à la société familiale (mais aussi comme tous les combattants à la situation de sa femme et de ses enfants), et un souci de faire partager son vécu quotidien comme ses analyses personnelles de la situation militaire. Ses responsabilités sont bien réelles (approvisionner les unités en obus), mais elles le mettent pour l'essentiel à l'abri des risques que connaissent les poilus en ligne. Il est bien difficile d'extraire telle ou telle citation de ces plusieurs centaines de lettres, mais constatons que Charles Oberthür manifeste bien les mêmes attentes que la quasi-totalité des combattants ("Je ne sais à quoi ça tient, mais depuis quelque temps, je ne reçois plus de lettres"), tout en menant le plus souvent une vie d'officier des services en zone arrière ("Les visites officielles ont lieu ici, tout comme en garnison"). Cela ne l'empêche pas d'avoir parfois une perception très concrète du front, comme lorsque sa section est chargée de l'approvisionnement de la première ligne au début de l'offensve d'avril 1917. Ce conservateur pratiquant ne rate pas un office ("Je désire seulement le départ des fantassins qui m'encombrent un peu. Mais cependant, je ne désire pas leur départ avant dimanche, qui est celui des Rameaux, car leur présence nous assurera sans doute plusieurs messes pour ce jour-là, ce qui est précieux") et marque parfois un étonnant détachement, comme lors d'un exercice de nuit auquel il assiste : "Il faisait clair de lune et un temps merveilleux. Le gibier dérangé par nous sur les collines, aveuglé par les fusées éclairantes et embêté par les vapeurs diverses des grenades, se baladaient en tous sens. Les perdrix rappelaient partout, les cailles aussi. C'était épatant". La guerre n'est pas la même pour tous et les situations sont pour le moins contrastées. Il s'agit pourtant bien de la même guerre. Aquarelliste, il adresse fréquemment à sa famille des dessins de son environnement ou des situations qu'il observe, dont plusieurs sont reproduites dans le volume.

Une approche intéressante de la Grande Guerre, car les caractéristiques sociales et humaines de Charles Oberthür, qui ne retrouve définitivement Rennes qu'à la fin de l'année 1918, se retrouvent dans son expérience du conflit et ses lettres témoignent bien de la diversité des situations. A connaître et à lire en détail.

Presses universitaires de Rennes, 2016, 418 pages, 24,- euros.

ISBN : 978-2-7535-4994-4.

Témoignage d'un industriel en guerre
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7 juin 2016 2 07 /06 /juin /2016 06:00

Rompre le front ?

Novembre 1914 - mars 1918

Comment percer les lignes ennemies et retrouver la liberté de manoeuvre ?

Rémy Porte

Mon dernier ouvrage vient de paraître.

Ni étude académique, ni "jargonnage" tactico-tactique, il a pour objectif de présenter de façon aussi claire que possible pour le grand public les différents projets et les hypothèses ou options qui émergent à partir de l'automne 1914 pour tenter de répondre à cette question qui obsède les états-majors : comment rompre les lignes allemandes ? Une première partie revient sur les particularités de ce "système-tranchées" évolutif qui interdit toute capacité de manoeuvre. Puis, du niveau stratégique et politico-militaire avec la question des alliances et des fronts extérieurs, à l'échelle du théâtre d'opérations avec les responsabilités particulières du Grand Quartier Général, et au plan tactique avec la multiplication des initiatives locales et l'arrivée de nouveaux matériels et armenents, une large présentation des projets, les plus classiques ou les plus novateurs. A partir de très nombreux extraits de témoignages (du simple soldat au général), une approche qui revient sur certaines idées reçues et replace chaque niveau devant ses propres responsabilités.

14-18 Editions, Saint-Cloud, 2016, 201 pages, 25,- euros.

ISBN : 979-10-91561-84-6.

Disponible chez votre libraire habituel ou auprès de l'éditeur : ici.

Vient de paraître
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2 juin 2016 4 02 /06 /juin /2016 06:00

La bataille de la Somme

L'hécatombe oubliée, 1er juillet - 18 novembre 1916

Marjolaine Boutet et Philippe Nivet

A l'approche des commémorations du centenaire du déclenchement de l'offensive de la Somme, cette synthèse générale vient à point pour nous permettre de retrouver tous les éléments d'une histoire assez largement méconnue dans les mémoires françaises.

Les deux auteurs abordent en effet de façon large leur sujet, en six grands chapitres, de "La préparation de la bataille" à sa mémoire. Le chapitre 2 revient ainsi sur les combats eux-mêmes, en soulignant les difficultés britanniques et les succès (réels mais relatifs) français des premiers jours, puis l'émiettement des affrontements avant un ultime effort pour relancer une bataille d'ensemble. Le chapitre 3 fait le point des matériels déployés en masse dans cette guerre industrielle (les critiques contre les généraux britanniques et les commentaires tactiques autour des pages 86-90 demandent parfois à être repris avec plus de réalisme, il est peu exact de faire des mitrailleuses des fusils automatiques..., et objectivement le fait que les avions "piquent sur les tranchées en faisant retentir leurs sirènes d'alarme avant de commencer à tirer" me paraît anachronique en 1916 ? -Si quelqu'un a des témoignages, je suis preneur-). Les auteurs s'intéressent ensuite aux combattants, aux simples soldats des différentes armées, et sur certains points les "raccourcis" peuvent prêter à contre-sens (ou au moins interprétation erronée). Pour ce qui est par exemple de la participation des troupes coloniales françaises (p. 130) leur contribution est en réalité tout à fait aisée à évaluer puisque l'organigramme des grandes unités est parfaitement connu. Quant à l'idée que "l'état-major les (les bataillons indigènes) utilise notamment comme troupes de choc dans les secteurs difficiles pour terroriser les Allemands", elle est fait écho à une idée reçue des années 1970-1980 et est très largement contestée par la simple réalité du déploiement des unités sur le terrain pour les différentes phases. Le chapitre 5 propose une belle approche d'ensemble des arrière-fronts, qu'il s'agisse de l'établissement des formations militaires et des états-majors ou des populations civiles, parfois évacuées lorsque la bataille s'approche. C'est un domaine que les auteurs maîtrisent parfaitement et la synthèse est de grande qualité. Le sixième et dernier chapitre enfin, sur "La mémoire de la bataille", s'ouvre sur le tournage de The Battle of the Somme, projeté dès août 1916 en Grande-Bretagne et vu par ... 20 millions de personnes en six semaines ! Il se poursuit par l'évolution de cette mémoire (et des formes prises) au long de l'entre-deux-guerres puis après 1945 pour se terminer au XXIe siècle, en rappelant utilement "la volonté des chercheurs comme des pouvoirs publics de rappeler que cette bataille ne fut pas que britannique".

En dehors des quelques réserves signalées dans le domaine strictement militaire, une solide synthèse utile pour tous ceux qui s'intéressent aux armées britanniques et plus largement à la période. On apprécie le nombre de notes de référence et l'importante bibliographie présentée en fin de volume. Un ouvrage à conserver.

Tallandier, Paris, 2016, 259 pages. 20,90 euros.

ISBN : 979-10-210-1849-5.

Offensive sur la Somme
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13 mai 2016 5 13 /05 /mai /2016 06:00

La Grande Guerre des écrivains

Romain Vignest et Jean-Nicolas Corvisier (Dir.)

Cette très volumineuse étude affirme ne pas prétendre à l'exhaustivité, ce qui est naturellement exact, mais brosse un tableau à la fois très large et très varié sur les auteurs français (et quelques approches étrangères) dont l'oeuvre a été profondément marquée par la Grande Guerre.

Réunissant plus de 35 contributions, le livre est divisé en trois parties : "En guerre", pour les auteurs combattants ou pacifistes pendant la guerre elle-même ; "L'empreinte", pour les influences ultérieures ; et "Regards étrangers", pour quelques travaux internationaux, de l'Afrique du Nord à l'Italie et des Etats-Unis à la Serbie. Les contributeurs sont extrêmement variés, du professeur émérite reconnu au jeune chercheur, ce qui donne à l'ensemble une diversité d'approches et de préoccupations intéressante. Par ailleurs, comme souvent pour de tels ouvrages, un professeur de lettres est rarement un spécialiste des questions militaires et l'approche est fréquemment exclusivement littéraire et culturelle, comme le précise Romain Vignest : "Ses trente-cinq articles composent la somme de la recherche universitaire sur l'impact (le mot, ici, convient) idéologique et esthétique de la Grande Guerre et sa représentation dans la littérature". Après une Introduction historique de Jean-Nicolas Corvisier, qui s'efforce de dresser un bilan de l'ensemble de ces publications et parfois des travaux associés "sous forme de pesée globale" (y compris l'attribution des prix littéraires et une rapide analyse par genre de publication), Jean-Pierre Rioux ouvre le cycle des contributions avec "Charles Péguy en pantalon rouge". Aucun grand nom ne manque ensuite, de Claudel à Barrès et de Léautaud à Romain Rolland, de Gide à Duhamel, d'Apollinaire à Cendars, de Dorgelès à Giono et de Céline à Drieu la Rochelle. Parmi les contributions les plus originales, celle de Cécilia Suzzoni, consacrée à "Albert Thibaudet, La campagne avec Thucydide. De la guerre du Péloponnèse à la guerre de 14-18 : une certaine figure de la guerre antique", à partir de l'affirmation que "les lettres classiques fournissent la grille de lecture pour le monde contemporain", une sorte de dialogue "entre hier et aujourd'hui, entre le moment et la chose de toujours". Dans la seconde partie, outre les classiques Roger Martin du Gard et Proust, on trouve également des approches plus larges ou plus atypiques, comme celle sur la littérature populaire et le roman d'aventures par Jean-Nicolas Corvisier et Guy Talon, ou l'article de Jean-Louis Loubet del Bayle sur "La guerre de 14. Des écrivains et les désillusions du progrès (Aragon, Drieu la Rochelle; Malraux)". La troisième enfin commence par une étude comparative par Georgette Wachtel de trois grands auteurs (Genevoix, Jünger et Remarque), entre témoignages, récits édulcorés et affirmations politiques (évolutives). L'originale étude de Guy Dugas sur "La Grande Guerre dans l'imaginaire maghrébin" s'appuie sur les travaux de trois artistes dont les oeuvres s'échelonnent entre 1920 et 1980, tandis qu'en fin de volume Milivoj Srebro revient sur le souvenir du désastre serbe de l'hiver 1915 : "Le Golgotha albanais ou la traversée des Enfers. L'écho de la Grande Guerre dans le roman serbe", véritable historiographie de la question jusqu'aux débats de la fin du XXe siècle sur le projet serbe et la Yougoslavie.

Au total, un volume qui plaira indiscutablement aux amateurs de littérature de la (Grande) Guerre, mais qui plus largement peut apporter beaucoup de pistes et d'éléments de réflexion à ceux qui s'intéressent aux traces et influences de la Première Guerre mondiale dans le temps long.

Classiques Garnier, Paris, 2015, 781 pages, 39,- euros.
ISBN : 978-2-8124-4732-7.

Guerre et littérature
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11 mai 2016 3 11 /05 /mai /2016 06:00

Un guerrier d'occasion

Journal du fantassin Pierre Perrin

(1914-1918)

Gilles Laurendon

Encore un témoignage récemment publié, celui d'un "guerrier d'occasion" en service entre 1914 et 1919 (ce qui en fait d'ailleurs pratiquement un professionnel).

Ce volume présente deux intérêts majeurs : d'une part le texte, scrupuleusement repris des notes rédigées au jour le jour, évite le piège du pathos permanent, et d'autre part il est très élégamment décoré d'illustrations à main levée dessinées sur le vif par l'auteur (il deviendra d'ailleurs après la guerre professeur de dessin). On apprécie que, fréquemment, les notes quotidiennes soient assez longues, ce qui permet à Pierre Perrin d'apporter un témoignage très complet, aussi bien sur les micro-événements du quotidien que sur les combats auxquels il participe et dont il décrit, à son niveau de visibilité et de compréhension, tous les détails jusque dans le comportement de ses chefs immédiats et camarades. Au fil des pages, l'auteur nous présente comment sont creusées et aménagées les tranchées (et comment cela évolue dans le temps), raconte les blessés et les pertes quotidiennes pendant la guerre de position même dans les secteurs calmes, les combats locaux pour prendre un bout de tranchée ennemie ou récupérer un entonnoir proche des lignes, quelques commentaires peu élogieux sur le comportement des recrues méridionales, les séjours à quelques mètres des Allemands avec ses brèves phases d'apaisement réciproque et ses coups de main presque permanents, la musique régimentaire et l'aumônier, les corvées pour "ramasser dans les anciennes lignes les fusils abandonnés et les débris d'équipement", les bombardements réguliers mais aussi la quasi "vie de caserne", réalité fréquente pour le poilu que l'on oublie souvent aujourd'hui. L'auteur est dans le secteur de Verdun à partir de la fin du mois de juillet, avec les violents combats des semaines qui suivent, avant d'être dirigé vers la Meurthe-et-Moselle, dans le secteur de Reillon, avec des commentaires peu élogieux, cette fois sur un contingent antillais. A la veille de l'offensive du printemps 1917, Pierre Perrin est en Champagne, à proximité de Reims, et il décrit les séances (peu pertinentes semble-t-il) d'instruction préalables à l'attaque et dont il décrit les difficultés de progression le premier jour au milieu des bombardements et de la fumée. Blessé, il est évacué et brosse le tableau des installations du Service de santé où il séjourne brièvement, puis revient en ligne et constate la baisse du moral, les renégociations non officielles du commandement de contact, la période des "mutineries" puis s'installe brièvement dans le secteur de Maisons-de-Champagne, avec son activité de patrouilles et de coups de main. Les premiers officiers américains qui viennent en ligne annoncent l'arrivée des troupes pour avril 1918 et pensent que la guerre va encore durer deux ans... Les exercices et entraînements se succèdent, marquant bien la priorité accordée désormais dans l'armée française à la formation individuelle et collective, et Pierre Perrin présente la nouvelle organisation de la première ligne, en "îlots" défensifs. On perçoit bien au total la place prise par l'artillerie dans les combats et l'on peut évaluer l'importance des crapouillots et autres "engins de tranchée", appuis désormais indispensables du fantassin.

Au total, un nouveau témoignage trés intéressant qui complète utilement ceux dont nous disposions jusqu'à présent.

Editions Ouest-France, Rennes, 2012, 375 pages, 20,- euros.

ISBN : 978-2-7373-5763-3.

Quotidien d'un fantassin
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9 mai 2016 1 09 /05 /mai /2016 06:00

1914-1918  Lettres d'un fils

Un infirmier de chasseurs à pied à Verdun et dans l'Aisne

Jean Pottecher

Une correspondance de poilu intéressante à plus d'un titre : le nombre de lettres concernées (345, dont 289 écrites au front) d'une part ; la particularité de l'auteur d'autre part : pacifiste, il ne refuse pas d'accomplir son devoir de citoyen mais fait le choix de servir "sans arme", au sein du Service de santé.

Dans sa présentation, André Suarès souligne l'intérêt que Jean Norton Cru portait à ce témoignage et rappelle : "Il n'a pas voulu être officier, lui qui devait l'être naturellement, et qui en fut dix fois sollicité. Il s'est rangé lui-même dans le corps du secours et du dévouement. Ici les grades ne sont rien. Je l'appelais Jean le Secourable". Dans la première lettre, datée du 3 septembre 1914, il annonce à ses parents sa décision de s'engager ("Au fond, ce qui m'a guidé, ce n'est pas un patriotisme instinctif : c'est la recherche seule d'idéal social et d'humanité. Il m'a semblé que pour le but que je poursuis, il y avait avantage à ce que la France soit victorieuse et que je combatte"). Passé à sa demande dans une unité d'active, le 19e bataillon de chasseurs, il fait preuve d'un souci permanent de ses camarades et d'une grande curiosité pour tout ce qui l'entoure, mais, bien malgré lui, passe l'année 1915 au dépôt de l'unité, à l'intérieur, tout en lisant beaucoup. Il se lance même dans la cuisine pour les malades, quitte à acheter les produits nécessaires avec son propre prêt du soldat. Quelques constats aussi, comme lorsqu'il assiste à une instruction sur le tir avec mitrailleuses : "Deux mitrailleuses qui marchent bien peuvent arrêter un bataillon de 1.500 hommes : mais très souvent des pièces cessent de tirer, l'incident est normal". Puis, c'est l'installation dans l'arrière-front et les exercices d'entraînement, souvent peu convaincants, surtout des marches avec, selon les secteurs, une amélioration progressive des conditions d'installation : "Nous sommes à peu près au même endroit que nos prédécesseurs, mais dans un bivouac au milieu d'un bois ; bivouac moderne, sous terre, et bien installé, à demeure ; et derrière chaque gourbi, un abri de bombardement". Il nous présente cette batterie d'artillerie lourde, qui ne tire presque pas ; il décrit plusieurs combats aériens au-dessus des lignes et le tir d'autocanons antiaériens. Une vie d'immédiat arrière-front : "Je suis bien fatigué le soir quand je me couche ; je dors peu, mais bien ; je mange mal, mais suffisamment ; je peux me tenir propre et je suis dispos quand je me réveille". Affecté au 59e bataillon (reconstitué) en juillet 1916, dont il dépeint avec verve et une réelle affection le personnel de santé, mais toujours dans un secteur assez tranquille, ce qui le désole car il a le sentiment de ne pas pouvoir faire assez : "Je n'arrive toujours pas à aller au feu : c'est pire qu'un vaudeville. Je me demande si la guerre finira avant que j'aie pu en voir la partie la plus réputée". Finalement, Jean Pottecher passe de longs mois très proche du front, mais sans jamais être dans un secteur particulièrement actif. Il décrit néanmoins la mise en place d'une attaque au gaz, les espoirs soulevés par l'entrée en guerre de la Roumanie, le dispositif allégé en toute première ligne, peut finalement suivre quelques patrouilles et alterne désormais entre première et seconde lignes. Il raconte également à la mi-décembre une "rencontre" et une conversation en avant des lignes avec deux Allemands mais aussi une pêche à la grenade qui tourne mal. Entre Vosges et Woëvre, le début de l'année 1917 est assez morose, sur fond d'initiatives diverses pour la paix. Les injustices et les fautes de commandement sont de plus en plus mal perçues et le quotidien se poursuit, dans le secteur d'Avocourt à la fin du printemps, avec quelques descriptions éclairantes de stratégies d'évitement et de croix de guerre injustifiées. Sans que l'on comprenne très bien pourquoi, les rotations entre première et deuxième lignes s'accélèrent (parfois à peine 24 heures) et finalement son unité est relevée quelques heures avant le début del'offensive à objectif limité du 20 août sur la rive gauche de la Meuse, alors que la compagnie compte "62 malades pour un effectif de 128", ce qui donne une idée du potentiel opérationnel effectivement disponible. A nouveau le secteur "si tranquille" de Mourmelon, les petits accrochages, les prisonniers, les blessés, les colis de la famille, le léger repli des Allemands dans le secteur de Vaux, la lutte contre la pluie et l'humidité, les bombardements intermittents, une morne régularité : "Rien de nouveau", "La situation reste inchangée"... Un secteur "qui fut héroïque, et qui était devenu agréablement casanier". L'hiver 1917-1918 est assez tranquille, avec le passage ou l'arrivée de quelques contingents alliés, italiens et américains, et la routine des vaccinations et des visites médicales quotidiennes. Il reçoit de loin les échos des premières offensives allemandes du printemps 1918, tout en subissant dans son secteur quelques puissants bombardements par obus chimiques et en constatant les progrès de l'épidémie de grippe. Les déplacements s'accélèrent car désormais les attaques allemandes se multiplient en mai-juin face à son bataillon, et Jean Pottecher décrit la technique des troupes d'assaut ennemies qui manoeuvrent par les ailes sans s'arrêter pour réduire les résistances résiduelles : les unités sont épuisées, il est le dernier infirmier subsistant, chacun attend avec impatience l'entrée en ligne des Américains. Dans son esprit, c'est désormais la défense de Paris qui s'organise, la deuxième bataille de la Marne, le pillage des hameaux, la description des premiers FT17, le luxe relatif dont bénéficient les troupes américaines et dont il faut terminer l'instruction ("Ce matin nous manoeuvrâmes devant les Américains, un exercice qui ne ressemblait en rien à la réalité, et qu'ils ont admiré de confiance" avec ce contraste : "Ils ont une discipline ultra-prussienne dès qu'ils sont rassemblés, et plus aucun ordre, une absolue liberté quand ils sont sortis du groupement"). Il participe à la contre-offensive de juillet, et désormais progresse peu à peu avec l'appui de l'aviation et des chars. Mortellement blessé avec plusieurs de ses camarades, il décède le 25 juillet.

Un témoignage passionnant qui doit absolument être connu.

Ysec éditions, Louviers, 2003, 208 pages, 17,- euros.

ISBN : 2-84673-022-9.

Infirmier au front
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Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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