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27 décembre 2016 2 27 /12 /décembre /2016 06:00

Je reviendrai

Lettres de Russie, 1942-1943

Eugénio Corti

Si Eugénio Corti est l'un des grands auteurs italiens du XXe siècle, les lettres (cartes postales ou télégrammes) qu'il adresse à sa famille entre 1942 et 1943 comme jeune officier artilleur italien sur le front de l'Est n'étaient pas destinées à être publiées. Elles constituent donc un témoignage précieux sur un épisode particulier d'un évènement majeur de la Seconde guerre mondiale.

L'Armée italienne en Russie, "ou VIIIe armée, forte d'une dizaine de divisions réparties en trois corps d'armée" (il est affecté au 35e CA), à laquelle appartient Eugénio Corti tient un secteur du front sud-oriental de 270 km. jusqu'au Don. L'auteur participe à cette aventure, dont on sait qu'elle se termine par une terrible retraite en plein hiver, dans un réel dénuement et ces lettres (si elles ne disent pas tout, comme la plupart des correspondances des soldats au front) décrivent à la fois son environnement, sa perception des évènements et (dans une moindre mesure) son rôle dans les opérations. Au fil des pages, des blessés, des prisonniers, la description des paysages, l'ordinaire d'une journée, les contraintes de déplacement de ses canons, le front et l'arrière-front, les villages polonais et ukrainiens et leurs habitants : "Partout des gens réduits à des loques par la faim, des scènes extrêmement pénibles ... Je désire que toute ma solde soit expédiée à Rome, aux Oeuvres pontificales correspondantes, pour être utilisées en faveur des civils de Pologne". Le titre du livre, Je reviendrai, est tiré de sa deuxième lettre, le 9 juin 1942, lorsqu'il s'efforce de rassurer ses parents avant d'embarquer à Bologne. Par la Hongrie et la Pologne, il rejoint son unité en Ukraine au milieu du mois de juin 1942 : "D'immenses étendues vertes aux légères ondulations séparent les villes ... Lieux magnifiques". Six mois plus tard, lorsque la température s'installe durablement en dessous de zéro, les commentaires ne sont plus du même ordre, même s'il affirme aux siens que la bonne humeur est toujours présente. Passant de première ligne en zone arrière de la division, il a une vision assez large de la situation réelle dans la zone de déploiement du contingent italien, d'autant qu'il se déplace presque quotidiennement à cheval en particulier pour aller chasser, ce qui lui permet de donner de nombreuses informations sur les conditions de vie, mais (auto-censure ou ignorance ?) il n'évoque pas avec précision les mouvements des unités, se contentant à telle ou telle date d'allusion sur un déplacement ("Nous avançons, nous avançons toujours ; il faut avancer pour mettre fin à la guerre et rentrer parmi vous"). Il fait par contre régulièrement connaître le retour vers l'Italie ou de l'arrivée sur le front de groupes de soldats : visiblement, si l'on en croit ces courriers, il entretient avec ses subordonnés des relations de confiance et d'estime réciproque ("Ils sont tranquilles et très respectueux, peut-être pas très empressés, après tant d'années de vie militaire, mais peut être les meilleurs soldats qu'on puisse imaginer").

Un texte presque "doux", parfois étonnamment "apaisant". En dépit des rigueurs endurées à l'hiver sur ce front oriental (même s'il n'a pas connu les pires moments), l'auteur semble presque inatteignable à la peine, à la douleur, à la fatigue. Un texte souvent étonnant sur ce front russe de la Seconde guerre mondiale, qui nous montre à la fois que les correspondances aux familles ne traduisent pas toujours la réalité des champs de bataille, et que d'un rédacteur à un autre, les expériences et les perceptions peuvent être bien différentes. Indiscutablement à lire et à connaître. 

Editions des Syrtes, Paris, 2016, 237 pages, 17,- euros.

ISBN : 978-2-940523-51-1.

Jeune officier italien sur le front russe
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30 novembre 2016 3 30 /11 /novembre /2016 06:00

Sois sage, c'est la guerre

Souvenirs d'enfance, 1939-1945

Alain Corbin

Ouvrage étonnant que ces "souvenirs" de guerre, dont Alain Corbin, âgé de quatre ans au début de la Seconde guerre mondiale, nous indique dès le début que l'exode du printemps 1940 constitue son premier souvenir clair.

Il ne s'agit donc pas pour lui de nous raconter sa perception de la guerre elle-même, mais plutôt de décrire, à son niveau, dans son milieu, et avec la compréhension qu'il pouvait avoir entre 4 et 8 ans, les effets (souvent indirects) de la guerre sur sa vie quotidienne et familiale dans un petit village normand, plus d'histoire sociale de la France rurale en guerre en quelque sorte. La guerre y est bien présente, mais par petites touches, dans une sorte de brouillard lointain parfois. Le livre est donc aussi une forme de présentation de la vie d'une famille aisée (le père, médecin dans un village, est un notable qui possède deux voitures pour lesquelles il ne manqua jamais d'essence : "En tant que médecin, mon père n'avait pas à installer de gazogène ; l'essence lui était fournie"), avec la jeune fille qui tient le rôle de la bonne dans la maison de famille, l'alimentation et les repas (visiblement il ne manque de rien : "On l'aura compris, Lonlay ne souffrait guère des privations" ... "Le veau, le poulet, le jambon ne manquaient pas dans ce bocage"), mais la situation est différente à quelques dizaines de kilomètres de là, dans la région d'Alençon, où réside une autre partie de sa famille. Nous y retrouvons aussi la perception qu'Alain Corbin peut avoir du travail de son père, du rôle d'un médecin de campagne, de ses relations avec le monde paysan, avec les soeurs infirmières ; et l'auteur sait insister avec pudeur sur la piété et la discrète culture de ce père, profondément catholique (la religion est très présente, aussi bien dans la vie familiale que dans celle de la communauté villageoise), originaire des Antilles, "sensible à la francéité de ces îles, (qui) attachait beaucoup d'importance à la pureté de la langue". Finalement, la vie est à la fois calme et monotone dans ce coin de France où il ne se passe pas grand chose malgré la guerre mondiale. Ce n'est qu'à partir de l'été 1942 (il a alors 6 ans) qu'Alain Corbin en a la perception plus nette, à la fois parce qu'il a lui-même grandi, parce qu'il quitte le cocon familial pour devenir interne, mais aussi parce que les conséquences du conflit deviennent plus sensibles avec les difficultés de l'occupant. C'est finalement à l'été 1944, après le débarquement, que la guerre devient matériellement présente, pour quelques semaines, dans la vie du jeune garçon et de sa famille, bien que son père ait pris soin de protéger sa famille en l'installant provisoirement dans une ferme isolée... de la région de Mortain. Mortain, le nom évoque immédiatement l'une des grandes opérations de la bataille de Normandie : "Nous entendions les grondements périodiques d'escadrilles de forteresses volantes américaines ... Je regardais cela comme un feu d'artifice ... Nous entendions au loin l'affrontement des mitrailleuses", etc. Le paysan, ancien poilu de la Grande Guerre, a même creusé quelques mètres de tranchée autour de sa ferme pour y protéger sa famille et ses hôtes ! Les dernières pages sont consacrées aux lendemains immédiats de la libération : paradoxalement, la guerre (ou plutôt ses conséquences) y est davantage présente, en particulier dans la vie sociale.

Un petit volume de souvenirs intimes, qui oscille entre histoire sociale et histoire culturelle et qui nous replace au coeur de ce qu'était une forme de ruralité française pendant la Seconde guerre mondiale. Loin des récits épiques, à lire avec intérêt.

Flammarion, Coll. 'Champs Histoire', 2016, 159 p., 8,- euros.

ISBN : 978-2-0813-7561-1.

Emotions d'enfance
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11 novembre 2016 5 11 /11 /novembre /2016 06:00

Les cheminots, Vichy et la Shoah

Des travailleurs ordinaires

Ludivine Broch

Pourquoi faut-il attendre que nous arrive du monde anglo-saxon une étude raisonnée, mesurée, équilibrée et argumentée ?

Une actualité récente, au tournant des années 2000-2010, a mis sur le devant de la scène, à l'occasion d'accords financiers aux Etats-Unis, la responsabilité de la SNCF dans la déportation des Juifs de France. Et, a contrario, nous avons aussi en mémoire les images des films illustrant la "résistance fer". Dans ce volume, Ludivine Broch nous présente en huit chapitres un tableau d'ensemble des entreprises et du personnel (quelques 400.000 personnes en juillet 1940) du réseau ferroviaire français pendant la Seconde guerre mondiale, de leur rôle pendant la Drôle de guerre aux grèves du printemps 1944 et aux sabotages qui accompagnent la libération (plan Vert). Concernant le transport des déportés, elle insiste sur un fonctionnement hiérarchique et administratif, l'importance de l'obéissance dans le fonctionnement du service. Elle détaille également les éléments du "mythe Bronchart", ce cheminot qui aurait refusé de conduire un convoi de Juifs, ou de prisonniers politiques.

S'appuyant sur un très important appareil de notes et complété par une importante bibliographie, ce livre semble clôturer les débats, souvent non dénués d'arrière-pensées, de ces dernières années.

Tallandier, Paris, 2016, 382 pages. 23,90 euros.

ISBN : 979-10-210-1827-3.

Une histoire complexe
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23 octobre 2016 7 23 /10 /octobre /2016 06:00

La guerre du Pacifique

1941-1945

Nicolas Bernard

Après la récente réédition en deux gros volumes en format poche de sa volumineuse synthèse sur "La guerre germano-soviétique", Nicolas Bernard nous propose aujourd'hui un ouvrage encore plus épais sur la guerre du Pacifique.

En quatre grandes parties ("Vers la guerre", "L'Extrême-Orient compliqué", 'Entre l'enclume chinois et le marteau du Pacifique", et "Réactions en chaîne"), il nous fait revivre cette immense lutte entre l'empire du japon et (essentiellement) les Anglo-Saxons, guerre sur terre, dans les airs et bien sûr sur mer, guerre qui s'étend des marches de l'empire des Indes aux côtes américaines et des îles Aléoutiennes à la mer de Corail. Une guerre sans pitié. Des combats titanesques sans commune mesure avec ce qui a pu exister sur le sol de France en 1940, ... et dont pour l'essentiel nos contemporains n'ont pas la moindre idée. L'intérêt de ce livre (outre son aspect de synthèse générale accessible à tous des opérations militaires) est de présenter le conflit dans toutes ses facettes et composantes, sur (presque) tous les fronts, dans les domaines politiques (intérieurs et internationaux), idéologiques (pour le Japon comme pour ses adversaires) et diplomatiques (cas particulier de la France et de l'Indochine), comme stratégiques (attitude à l'égard de l'URSS), logistiques, et parfois sociales (la questions des prisonniers, celle des travailleurs forcés), techniques ou culturelles. Il n'est matériellement pas possible de résumer en quelques lignes quelques 650 pages de texte courant aussi denses, mais observons que les notes et références, renvoyées en fin de volume, occupent plus de 100 pages, suivies par une chronologie assez complète (elle commence dans les années 1820 pour se terminer en 2016) et par plus de 30 pages de bibliographie. Quelques cartes très lisibles et de nombreuses citations des acteurs des événements viennent à l'appui du texte de Nicolas Bernard qui nous offre ainsi en peu de temps une belle seconde grande synthèse sur un théâtre d'opérations mal connu des Français.

A lire et à conserver.

Tallandier, Paris, 2016, 810 pages. 29,90 euros.

ISBN : 979-10-210-0470-2.

Extrême-Orient et Pacifique
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7 octobre 2016 5 07 /10 /octobre /2016 06:00

Les comtesses de la Gestapo

Cyril Eder

Paru pour la première fois en 2006, ce petit volume présente une galerie de portraits de "profiteuses" de guerre, ces mondaines et demi-mondaines qui représentèrent pendant les années d'occupation le gotha parisien.

Soyons clair, il n'y a rien là qui révolutionne l'histoire de la Seconde guerre mondiale ni même notre connaissance de l'occupation. Il y a même comme un petit parfum de scandale avec ces aventurières, maîtresses et courtisanes (d'ailleurs la première, Mara comtesse Tchernycheff, apparaît en public au début des années 1930 lorsqu'elle est "engagée dans un navet vaguement pornographique"), ces milieux interlopes "dans quelque tripot clandestin ou dans la salle de jeu d'un casino de province", avant de connaître la gloire factice des grands établissements parisiens, entre petits truands et magouilleurs pour les bureaux d'achat de l'armée allemande. Quelques affirmations croustillantes, des déviances sexuelles à l'usage de produits stupéfiants. On comprend bien qu'au fil de la dizaine de portraits ainsi dressés, ce n'est pas la partie la plus noble de l'humanité qui nous est décrite et que l'on est loin de l'engagement idéaliste... On n'est pas davantage surpris par les milieux qu'elles fréquentent : le cinéma et les spectacles, la haute couture et la parfumerie, l'hôtellerie de luxe, en un mot ces cercles où le seul signe de reconnaissance qui compte est l'argent, surtout s'il coule à flots. Finalement, il apparaît qu'après 1944-1945 un nombre non négligable est parvenu à échapper aux foudres de la justice, en s'installant à prix d'or à l'étranger et que, pour ceux qui restèrent en France, "les gestapistes furent fusillés mais leurs maîtresses semblent avoir bénéficié de la clémence des tribunaux. La justice ne pouvait pas les inculper pour iintelligence avec l'ennemi, leur vénalité primant tout autre intérêt". Et plusieurs devinrent informatrices de police avant de disparaître... On ne se refait pas.

Si le texte courant du livre est plus anecdotique qu'autre chose, les nombreuses notes de bas de page apportent d'utiles compléments d'ensemble à l'histoire de cette forme particulière de collaboration. A conserver pour évaluer les abyssales profondeurs de la faiblesse humaine, et en complément d'autres études plus académiques.  

'Texto', Paris, 2016, 258 pages, 9,- euros.

ISBN : 979-10-210-2115-0.

Vénales et perverses
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13 septembre 2016 2 13 /09 /septembre /2016 06:00

Journal du ghetto de Lodz

1939-1943

Dawid Sierakowiak

Retrouvés par hasard et sauvés in extremis lors de la libération du ghetto de Lodz, les cahiers de Dawid Sierakowiak, qui constituent l'essentiel de ce volume, ont été publiés pour la première fois en France en 1997.

Précédé par une mise en contexte d'Alan Adelson, qui précise comment fut créé dès l'automne 1939 le ghetto de Lodz et qui était le jeune Dawid Sierakowiak, le livre s'ouvre sur un plan précis et fort bien légendé du ghetto, ce qui permet de s'y reporter au fur et à mesure des pages. Ce journal personnel s'étend du 28 juin 1939, date à laquelle l'auteur part en colonie de vacances, au 15 avril 1943, un peu plus de trois mois avant sa mort de malnutrition, de maladie et de faiblesse physique. Lodz présente en 1939 deux caractéristiques : la ville compte l'une des plus importantes communauté juive et elle est l'une des plus actives d'Europe orientale. Au fil des pages, nous pouvons lire le quasi compte rendu des journées d'un jeune homme cultivé et curieux de tout. Ses propos, "au fil de l'eau", sont souvent étonnants, comme les commentaires qu'il fait sur le discours d'Hitler du 19 septembre 1939, et dès le 20 note que "le pillage des magasins et les 'soldes' ont peu diminué, mais les 'actions', la chasse aux hommes pour le travail forcé, continuent" puis l'on apprend le 23 que "les Allemands ont fermé les synagogues pour toujours". Tout n'est pas à prendre au premier degré, dès lors qu'il note des événements se produisant hors de son environnement proche et de sa ville : le 28 septembre, il croit savoir que "les Français livrent des batailles meurtrières contre les Allemands, mais ils avancent très lentement". On comprend mieux le sentiment d'abandon que ressentiront les Polonais. De même, il confirme les rumeurs persistantes pendant plusieurs semaines de conflit entre l'Allemangne et l'URSS, en dépit du pacte germano-soviétique. Très rapidement, la sous-alimentation commence et les premières mesures discriminatoires sont prises par l'occupant. Le 7 novembre l'étoile jaune est imposée, le 15 la synagogue est incendiée : "Nous retournons au Moyen-âge". La vie quotidienne ne cesse de se dégrader, la menace d'expulsion du logement est une inquiétude quotidienne et une forme "d'exode" se développe, la ville se vidant de sa population juive. Ponctuellement, Dawid Sierakowiak se fait l'écho de rumeurs : Hitler serait mort, des soldats de l'ancienne armée polonaise mèneraient des opérations de guérilla, etc. Dans le ghetto, désormais géré par des Juifs sous contrôle allemand, une forme d'autogestion sous contrainte, la situation alimentaire n'est pas catastrophique au début, mais se dégrade bientôt et les inégalités se creusent rapidement ("J'ai été examiné par un docteur à l'école. Elle a été terrifiée par ma maigreur"). En fait, sous les brimades et les privations, le ghetto vit en quelque sorte sa propre vie dans le monde en guerre, une forme "d'autonomie" sévèrement contrôlée mais qui offre à l'intérieur des espaces de relative liberté sous réserve de produire (dans des conditions extrêmement dures) pour l'effort de guerre allemand. L'auteur est membre actif d'un groupe communiste dans son école et participe même au lancement d'un journal militant. Entre considérations générales sur l'évolution de la guerre et informations pratiques sur un quotidien de plus en plus dur, le 22 juin 1941 est marqué par une immense joie : "Il parait que les Allemands ont déclaré la guerre aux Soviétiques ! Le ghetto tout entier est électrisé par cette nouvelle". Malgré les rumeurs affirmant que "les Russes marchent sur Varsovie", il faut bientôt déchanter. Au contraire, le développement de la guerre à l'Est correspond vite à une aggravation des conditions de vie dans le ghetto, dont le chef, Rumkowski est de plus en  plus fortement critiqué : il "est très habile pour reprendre l'augmentation de l'aide sociale ; tout ce qui l'intéresse c'est la hausse de la productivité, tandis que la faim peut demeurer la même. En fait, la faim est plus forte qu'avant". Le 9 août, il écrit : "Aujourd'hui, je suis complètement malade et tout simplement incapable de bouger". Désormais, son état général ne cesse de se dégrader et malgré ses efforts, sa volonté, la misère et la maladie progressent. Dans le ghetto, il faut de plus en plus travailler au profit des Allemands, au point que cette "enclave" "devient lentement le centre de travail juif du Reich !". L'arrivée de dizaines de milliers de Juifs venus d'autres villes de la région, puis de beaucoup plus loin en Pologne et jusqu'en Lituanie comme de Juifs chassés d'Allemagne, à l'automne bouleverse le fragile équilibre social et alimentaire : "Plusieurs familles dans une seule pièce, 3,50 mètres carrés par personne". A la fin du mois de mars 1942, une rumeur insistante annonce la "liquidation" du ghetto et et l'intensification des déportations. La survie permanente s'organise ainsi, de plus en plus difficilement, au sein d'une population qui fait preuve d'un fatalisme (ou d'une naïveté) étonnant : "Les Juifs papotent de nouveau en disant que la pollitique va bien, et que hop ! La guerre va finir. Propos idiots !". Même au printemps la situation se détériore encore : "On a le visage qui maigrit et blêmit, puis on gonfle, quelques jours au lit ou à l'hôpital, et ça y est. Quelqu'un vivait, quelqu'un est mort, ayant vécu et crevé comme une bête" : on en vient au vol des quignons de pain moisis au sein de la même famille,... lorsqu'il y a du pain. Tandis qu'une partie de l'encadrement juif du ghetto mange à sa faim et même "amasse de petites fortunes pour après la guerre, en particulier les agents juifs de la Kripo", le travail devient de plus en plus dur et une majorité de la population souffre de façon croissante d'une faim extrême. La tubercolose fait des progrès rapides, "nos forces vitales s'épuisent", et les décès se succèdent autour du jeune homme, tandis que les plus jeunes, les plus âgés et les plus malades, incapables de travailler, sont déportés pour être exterminés. Scène atroce : alors que sa mère est sur le point d'être emmenée, il voit son père manger "la soupe qu'avaient  laisssée sur la cuisinière les cousins qui se cachaient chez nous" et prendre "du sucre dans leur sac". Il ne s'agit plus que de survivre. Individuellement. Les dernières pages ne sont que l'accélération de la descente aux enfers, jusqu'à l'issue fatale finale.

Un témoignage dont on ne sort pas sans être ébanlé. Un excellent document, à connaître.

Editions du Rocher, Monaco, 2016, 347 pages. 20,90 euros.

ISBN : 978-2-268-08479-4.

Quotidien d'un ghetto en Pologne
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27 juillet 2016 3 27 /07 /juillet /2016 06:00

Si je survis

Vienne 1938 - Paris - Dordogne 1945

Moriz Scheyer

Ce témoignage particulièrement émouvant est celui d'un grand journaliste culturel viennois, contraint à l'exil en France après l'Anschluss, contraint de se cacher et d'errer après l'armistice de 1940 et qui finalement trouve refuge à la fin de l'année 1942, après deux arrestations, dans un couvent du Sud-ouest. Il commence peu après à raconter ses dernières années, alors que "pas un jour ne s'écoulait sans que je craigne de tomber le soir même entre les griffes allemandes". En une quarantaine de brefs chapitres, les étapes de son parcours sont égrenées et les événements, graves ou plus anodins, se succèdent. Moriz Scheyer raconte sa vie et ses aventures presque avec détachement, comme lorsqu'il s'agit de son séjour au camp de Beaune-la-Rolande (dont il est libéré de façon aussi "absurde" qu'il a été arrêté) dont il fait une description "froide", pour ne pas dire glaçante, mais sans excès, sans abus d'adjectif grandiloquent, sans formule emphatique. Son arrivée au couvent de Labarde après bien des péripéties n'a rien d'une réjouissance : "Une maison destinée aux débiles mentales, aux épileptiques et malades incurables. Un havre de la misère". Et pourtant, protégé, soigné, il se félicite rapidement de ce séjour ("Je ne sais pas s'il nous sera permis de rester et de survivre à Lagarde ... Nous profitons de chaque journée à peu près tranquille que nous passons ici, avec la gratitude que l'on éprouve en recevant un cadeau"). Ces pages nous valent quelques descriptions des patientes et des soeurs dans leur quotidien, lignes empreintes d'une grande sensibilité et de réalisme à la fois. Comme lorsque la supérieure explique : "Nous autres, au couvent, nous n'avons pas à nous mêler de politique. Cela ne nous empêche pas de devoir savoir ce qui se passe, ne seait-ce que pour déterminer où se situe notre devoir d'êtres humains et de Françaises". Au premier semestre de l'année 1944, la vie se fait de plus en plus angoissante du fait de la répression accrue exercée par les Allemands. L'annonce du débarquement de Normandie, le 6 juin au matin, est la source de l'immense espoir d'une libération prochaine. Les mois qui suivent, durant l'été, sont très durs : "On avait beau se retirer, s'enfermer dans la clandestinité, on était forcé de rester toujours aux aguets et sur la défensive. Chaque visage croisé pouvat être le masque d'un ennemi ... Et chaque jour qui passe nous appauvrit de l'intérieur, le gel se fait plus vif au fond de nous-mêmes, notre coeur se dessèche peu à peu. On est en vie. Mais pour le rester, pour avoir une chance de survivre, on se laisse dépérir, pièce par pièce"; Le 24 août, parvient la nouvelle de la libération de Paris et celle, plus immédiatement extraordinaire du départ des Allemands du département de Dordogne : "Tout autour de nous, de Belvès jusqu'au dernier hameau perdu, les cloches commencent à entonner l'hymne de la libération". C'est presque fini, quelques rencontres encore, des souvenirs, des regrets, des espoirs.

Un beau livre profondément humain. Un récit émouvant.

Flammarion, Paris, 2016, 376 pages. 23,90 euros.

ISBN : 978-2-0813-8554-2.

Témoignage d'un juif viennois
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25 juillet 2016 1 25 /07 /juillet /2016 06:00

Journal d'un vendu

Freddy Legrand

Voici des souvenirs absolument étonnants, ambigus, passionnants. En publiant dans le même volume ces deux sous-ensembles ("Mémoires d'un raté" et "Souvenirs politiques d'un vendu"), annotés par Antoine Bruneau, les éditions Anovi nous offre un témoignage rare, brut, "dans son jus" sur les années de guerre et la collaboration.

Freddy Legrand jette ses pensées sur le papier au jour le jour à partir du 24 novembre 1941 (du moins pour les cahiers qui nous sont parvenus). Avant d'entrer dans le vif du sujet, observons que le jeune homme semble visiblement mal dans sa peau, a indiscutablement des difficultés de relations avec le beau sexe et fait preuve d'une exaltation peu commune mâtinée de romantisme (jusqu'à comparer les tourments de sa vie à la légende médiévale de Tristan). Au fur et à mesure des pages, il raconte ce qu'il a fait dans la journée et se laisse aller à de multiples considérations sur son engagement personnel, sur la situation politique locale (département de la Nièvre), sur la Révolution nationale et l'Etat français, sur la collaboration et les partis parisiens, etc. Engagé volontaire pour cinq ans dans l'artillerie coloniale, il sert au Maroc puis participe à la Drôle de guerre, avant de vivoter pendant quelques mois puis de devenir membre et responsable local du Parti franciste de Marcel Bucard à partir de 1942. Par anticommunisme, il passe par les Chantiers de jeunesse, adhère à la LVF, se radicalise ("Le bourgeois, a dit Céline, chie, il a faim. C'est tout ! Rien de plus exact Ferdinand ! A toi le pompom pour les bonnes définitions") et bientôt ne se présente plus que comme "révolutionnaire" (nombreuses critiques des ruraux qui profitent de la guerre tandis que les classes urbaines laborieuses souffrent). Il témoigne souvent d'une grande faiblesse psychologique ("Je suis las et malade, car il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans ma carcasse"), mais tout aussi fréquemment d'une grande force intellectuelle, d'une rigueur inflexible, surtout au fur et à mesure que les mois passent et que la situation de l'Allemagne devient moins favorable ("Une chair de soldat ou de révolutionnaire, c'est fait pour souffrir", "J'étais, en 1940, fervent partisan du Maréchal parce que je croyais qu'il allait faire du fascisme. Je suis aujourd'hui un adversaire déclaré au gouvernement"). S'il n'a pas de mots assez durs pour les petits bourgeois, il critique tout aussi vertement l'armée d'armistice ou la gendarmerie puis se lance à l'hiver 1943-1944 dans l'action violente contre les résistants des régions voisines avec les "Equipes spéciales" du parti. Cela lui vaut une notoriété locale mais aussi la mort et il est lui-même exécuté par les maquisards au début du mois de février.

Une histoire personnelle (une descente aux enfers) compliquée, humainement et intellectuellement parlant. Mais surtout le témoignage particulièrement rare, complet, non retouché, écrit pendant les événements eux-mêmes, d'un collaborateur de base, un responsable de province loin des hiérarques parisiens. Un mélange de naïveté et de dureté, de rêveries et d'explosions violentes, d'espoir dans l'avenir et de pensées suicidaires, de fantasmes et de dénigrement de soi. Un ouvrage qui présente un intérêt tout à fait exceptionnel pour aider à comprendre certains parcours individels des années 1940-1945.

ANOVI, Chinon, 2016, 505 pages, 23,- euros.

ISBN : 978-2-914818-90-2.

Pour commander directement chez l'éditeur : ici.

Collaborateur
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13 juillet 2016 3 13 /07 /juillet /2016 06:00

Les opérations commandos

de la Seconde guerre mondiale

Dominique Lormier

Réédition en format poche du volume paru en 2014. Rien à changer à la présentation (ici) qui avait été faite à l'époque (écrire à propos de la bataille napoléonienne : "Un combat de front ou d'usure, destiné à fixer le plus de forces adverses ; un mouvement débordant de style 'commando', ayant pour objet de surprendre l'ennemi par une menace d'enveloppement ... ; une attaque principale lancée sur le point de moindre résistance ainsi créé"  est pour le moins abusif). Nous évoquions un bon roman à lire devant la cheminée. Soyons totalement honnête : un bon livre d'aventure à feuilleter sur la plage ou sur sa terrasse cet été.

Nouveau Monde éditions poche, Paris, 2016, 366 pages, 9,- euros.

ISBN : 978-2-36942-382-9.

Commandos
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9 juillet 2016 6 09 /07 /juillet /2016 06:00

Cinq ans au GQG de Hitler

Walter Warlimont

Publié une première fois en français en 1975, ces souvenirs d'un général qui a appartenu pendant presque toute la guerre au GQG de Hitler méritaient d'autant plus d'être réédités que le texte est régulièrement évoqué tout en étant rarement lu.

Posons immédiatement que l'historiographie a bien évolué en quelques dizaines d'années et que les propos du général Warlimont demande parfois a être nuancés. Il n'en depeure pas moins que leur intérêt reste entier, par ce que dit le texte, par la façon dont il le dit, que par ce qu'il ne dit pas. Le tableau qui est fait de l'organisation du haut commandement allemand et de son fonctionnement est pour le moins surprenant, et souvent bien loin de la réputation de rigueur et de professionnalisme qui accompagne souvent les états-majors allemands. Walter Warlimont s'étend à plusieurs reprises sur l'emprise qu'exerce le Führer sur les organes de commandement, réduits à la position de "greffier militaire" de décisions prises en dehors d'eux. A la veille de chaque grande décision, ordres et contre-ordres se succèdent, entre hésitations de certains chefs militaires, oppositions entre les uns et les autres, ambitions et interférences de Goering ou de Himmler, et bien sûr présence du Führer : il souligne le nombre de non militaires autour de Hitler et la présence désastreuse de "cadres du parti" ignorant tout des fondamentaux de l'art militaire : "en fin de compte, c'était plutôt Hitler qui, en régnant souverainement sur le Grand Quartier Général, donnait vie et forme" à l'état-major. Avec les premières difficultés, à l'hiver 1941-1942, le GQG gagne une certaine "autonomie tactique", mais reste dans l'impossibilité de "conduire la guerre" comme il le souhaiterait et le poids des impératifs politiques ne cesse de s'alourdir : "N'importe qui est capable d'assumer ce peu de direction des opérations. Le rôle de commandant en chef de l'armée est d'inculquer le national-socialisme à l'armée. Je ne connais aucun général de l'armée qui puisse accomplir cette tâche comme je l'entends. C'est pourquoi je suis résolu à assumer moi-même le commandement de l'armée", affirme le Führer. Les critiques de Warlimont se font alors plus vives, et les pages consacrées à la période du débarquement anglo-saxon en Afrique du Nord ou à la bataille de Stalingrad sont à cet égard éclairantes. De longs monologues de Hitler sont reconstitués, et ses arguments, face à Jodl en particulier, laissent parfois rêveur. De même, quelques mois plus tard, au moment du changement d'alliance de l'Italie, Keitel doit-il subir de longues tirades politico-sociologiques alors qu'il tente d'organiser la résistance allemande dans la péninsule. Quelques mois plus tard, les débats internes au sein du haut commandement politico-militaire lors du débarquement de Normandie sont-ils âpres, mais Warlimont relativise le refus d'engager immédiatement les divisions blindées allemandes de réserve. A nouveau, l'incapacité de la Luftwaffe a contrarier l'aviation alliée dans ses opérations est à plusieurs reprises soulignées.

Au-delà des seules considérations tactiques et opératives, le livre vaut également par les éclairages qu'il apporte sur la personnalité de Hitler et les mesquines mais foncières oppositions qui divisent le haut personnel du GQG, civils et militaires, membres du parti, militaires en eux. Un livre que l'on placera avec intérêt dans sa bibliothèque (sans négliger toutefois ses oublis et manques).

Perrin, Paris, 2016, 508 pages. 23,90 euros.

ISBN : 978-2-262-06091-6.

Au coeur de l'appareil militaire
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Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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