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9 juin 2017 5 09 /06 /juin /2017 06:00

L'armée d'Hitler

Benoît Rondeau

Dans un format relativement réduit qui correspond aux caractéristiques générales des publications de l'éditeur, Benoît Rondeau, bien connu par ses articles de presse et par ses récentes publications (ici, ici et ici), nous propose une histoire de l'armée de terre (mais aussi dans une moindre mesure de la Luftwaffe et de la Kriegsmarine) allemande pendant la Seconde guerre mondiale.

Après deux premiers chapitre qui rappellent ce qu'a été le réarmement du Reich à partir de 1935 sur la base de la Reichswehr et ce qu'étaient les relations entre Hitler et le corps des officiers, l'auteur organise son propos de façon chronologique et par grandes zones géographiques : la Blitzkrieg en 1939-1940, le front oriental entre 1941 et 1944, la Méditerranée puis le front Ouest durant la même période, les dramatiques mois du premier quadrimestre 1945 et la capitulation militaire enfin. Au total, pour chaque ensemble, une bonne synthèse des évolutions au fil de la guerre. Il termine par une quinzaine de pages sur une question en train de devenir classique : la Wehrmacht était-elle la meilleure armée ?

L'iconographie est abondante, le texte rédigé dans un style clair, des tableaux récapitulatifs et des encarts ponctuels agrémentent les différents chapitres de ce livre agréable à lire. Pas de révolution dans la connaissance ici, ce n'est d'ailleurs pas l'objectif du livre, mais une solide synthèse d'ensemble qui remet bien chaque phase en perspective. Un petit livre bien utile, qui doit rapidement devenir un outil de travail à portée de la main.

Editions Ouest-France, Rennes, 2017, 143 pages. 16,50 euros.
ISBN : 978-2-7373-7503-3.

Wehrmacht
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8 juin 2017 4 08 /06 /juin /2017 06:00

Les Français sous les bombes alliées

1940-1945

Andrew Knapp

Livre très intéressant, paru pour la première fois en 2014 en France (notre présentation ici). Dans toute la France, y compris dans la zone Sud jusqu'à Bordeaux, Avignon, Toulouse et Nice, les bombardements alliés ont causé entre 1940 et 1945 environ 57.000 morts, 74.000 blessés et la destruction de 300.000 habitations. Le livre raconte donc ces opérations aériennes, mais aussi tente de comprendre les choix des objectifs, le rôle de Vichy et la propagande, les évacuations des habitants, etc.

Nous n'avons rien à enlever à la présentation faite en 2014. Les soixante-dix pages de notes et références et les quinze pages de bibliographie ajoutent au solide texte courant une véritable plus-value. Un gros format "poche" qui doit figurer dans toute bonne bibliothèque sur la période.

'Texto', Paris, 2017, 631 pages. 12,50 euros.

ISBN : 979-10-210-2739-8.

Quelle utilité ?
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7 juin 2017 3 07 /06 /juin /2017 06:00

Cheminots victimes de la répression

Mémorial

1940-1945

Tomas Fontaine (Dir.)

Ce livre-mémorial clôture un chantier lancé en 2011 par la direction de la SNCF (faut-il y voir une forme de réponse aux menaces de procès outre-Atlantique ?) et à mobilisé plusieurs dizaines de chercheurs et rédacteurs.

Cette véritable somme rassemble les fiches biographiques de 2.229 cheminots, agents ou anciens agents de la SNCF, victimes de l'occupant allemand ou des autorités de Vichy. Pas un mot donc des accusation portées contre la SNCF d'avoir sinon favorisé du moins facilité les déportations. L'ouvrage s'ouvre sur une solide introduction en trois grandes parties (une cinquantaine de pages) qui permet de contextualiser cette question des cheminots victimes de la répression ou morts pendant la Libération. L'essentiel du livre, soit plus de 1.600 pages, est consacré à la succession de fiches biographiques, classées dans l'ordre alphabétique et parfois accompagnées d'une photo. Un premier groupe de 2.229 fiches regroupe ceux qui sont morts en déportation ou dans les jours qui suivirent leur retour en France du fait de leur faiblesse et des maladies contractées. Un deuxième groupe permet de réunir un peu plus de 440 cheminots morts pendant ou du fait des combats de la Libération, y compris ceux qui avaient fait le choix d'un engagement militaire.

Complété par des index et une solide bibliographie sur une quinzaine de pages, cette volumineuse publication sera sans doute rapidement indispensable pour quiconque veut s'intéresser au rail en France pendant la Seconde guerre mondiale.

Perrin, Paris, 2017, 1761 pages, 25,- euros.

ISBN : 978-2-262-06963-6.

Mémorial
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30 mai 2017 2 30 /05 /mai /2017 06:00

Histoire du STO

Raphaël Spina

Après l'ouvrage de Patrice Arnaud paru en 2014 (ici) qui correspondait déjà à une véritable avancée sur le sujet, voici ce qui est sans doute non pas l'impossible "étude définitive" mais au moins l'étude de référence pour de longues années.

Figurant parmi les principaux auteurs du remarqué La France en chiffre de 1870 à nos jours (ici), Raphaël Spina nous propose en effet une véritable synthèse de fond sur "l'inconnu le plus célèbre des années noires". Ce Service du travail obligatoire est étudié trois grandes parties regroupant 37 chapitres qui permettent d'aborder tous les aspects du dossier. La première partie fait le récit chronologique de ce système qui, en prévoyant la "relève" des prisonniers, rencontre finalement un écho initial certes éphémère mais plutôt favorable. A partir de l'automne 1942 toutefois, le mouvement s'inverse rapidement, en particulier du fait du sentiment d'injustice entre zone Nord et zone Sud qui pèse sur les familles et que les évolutions législatives et règlementaires ne parviennent pas à inverser. Au printemps 1943, le statut de ces travailleurs de moins en moins "volontaires" change et la proportion de désobéissance augmente en dépit de l'extension du régime aux étudiants et aux paysans. Finalement, l'échec de l'appel à l'automne précède le "transfert" de la charge aux étrangers (Espagnols, Italiens, Polonais) puis la suspension des départs pour finalement aboutir à de quasi-rafles "sous le nom d'opération de triage des oisifs". La deuxième partie étudie les conséquences de la mise en place du STO, pour la politique de Vichy et ses grandes organisations publiques et para-publiques, sur les rapports entre dirigeants pétainistes et collaborationnistes, mais aussi plus largement sur les familles de France, l'économie nationale, les églises et confessions, au sein de la résistance et pour les maquis (avec quelques pages passionnantes qui remettent en cause bien des idées reçues et des a priori). La troisième partie, enfin, analyse les motivations des refus d'obéissance, la vie de ceux qui partent en Allemagne, le retour à l'hiver 1944-1945 et les trous mémoriels qui s'ensuivent. L'auteur revient par exemple sur le parcours de Georges Marchais, que l'extrême-gauche accuse dans les années 1970 d'avoir été travailleur volontaire chez Messerschmitt : pour le futur secrétaire général du PCF, "une banale histoire de Français ... (...) ... qui entretient dans les esprits la confusion entre volontaires et requis". Finalement, "le grand perdant du travail obligatoire, outre les Français eux-mêmes, est le régime de Vichy. La réquisition est le dernier moment où il affirme son autorité, en se montrant capable d'exiler des centaines de milliers de ses concitoyens".

Complété par de nombreuses annexes et tableaux statistiques, une très solide bibliographie et plusieurs index extrêmement complets, le livre est de fait un véritable travail de référence qui doit absolument être connu de tous ceux qui s'intéressent à la France de la Seconde guerre mondiale.

Perrin, Paris, 2017, 570 pages, 26,- euros.
ISBN : 978-2-262-04757-3.

Travailleurs oubliés
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20 mai 2017 6 20 /05 /mai /2017 05:00

Tous les secrets du IIIe Reich

François Kersaudy et Yannis Kadari

Premier sentiment à l'ouverture du livre : "Encore !"... Quand un filon est bon, autant l'exploiter jusqu'au bout... N'oublions pas en effet les deux volumes récemment publiés par les mêmes auteurs sur le même thème, et dont ce livre est globalement la reprise en un seul ouvrage.

Une quinzaine de "secrets" sont ici rassemblés, abordant tout à la fois la personnalité d'Hitler ou ses choix politiques et stratégiques, quelques personnalités particulières (Hess, Canaris), les derniers mois de la guerre (forteresse alpine et Werwolf), etc.

Intéressant pour ceux qui n'ont pas lu les deux premiers ouvrages...

Perrin, Paris, 2017, 605 pages, 25,- euros.

ISBN : 978-2-262-06821-9.

Des secrets qui le sont de moins en moins...
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2 mai 2017 2 02 /05 /mai /2017 06:00

Paul Koepfler

Passeur et résistant

Marie-Claude Pelot

Cette recherche originale nous permet de découvrir un personnage tout à fait exceptionnel, l'un de ces héros anonymes ou au moins oubliés, héros de l'ombre qui en Franche Comté fut à la fois passeur et agent de renseignement.

Le livre commence par le récit de l'assassinat du jeune homme par les Allemands en 1943 puis des circonstances de son enterrement. A partir de là, Marie-Claude Pelot remonte le cours de l'histoire pour mieux nous conter celle de Paul Koefler (auquel on a même prêté l'évasion de Giraud vers l'Afrique du Nord). A l'été 1940, les premiers réseaux de passeurs se mettent en place en direction de la Suisse toute proche (le Jura est "le seul département français découpé en trois zones"). L'auteure donne toutes les précisions sur l'organisation matérielle de ces réseaux et leur fonctionnement, tout en décrivant l'environnement politique, social, sécuritaire dans lequel se déroulent les passages, pour lesquels il faut recruter une équipe et au sujet desquels la gendarmerie ferme pudiquement les yeux. A 20 ans, Paul Koepfler est à la fois à la tête d'un réseau de passeur un agent de renseignement, un intermédiaire avec la résistance : "Il recrute ses agents comme il a recruté ses passeurs, en se fiant à son instinct. Pétri de malice juvénile, Paul Koepfler a l'insouciance du gamin qui fait de bonnes farces. Mais son énergie, son intelligence vive et instinctive, la rapidité et l'exactitude de son jugement lui font prendre immédiatement les bonnes décisions". C'est aussi dans cette région une histoire de relations complémentaires entre l'armée d'armistice et la Résistance, que Marie-Claude Pelot sait nous raconter avec les mots justes. Le livre se termine sur la présentation d'autres membres de la famille Koepfler, engagés eux aussi contre l'occupant, et sur les recherches pour comprendre le guet-apens mortel qui fut tendu au jeune homme par le SD allemand.

Un récit simple et clair sur une tranche de vie assez exceptionnelle et qui méritait indiscutablement à la fois d'être mieux connue et replacée dans son contexte local, régional et national.

Cabédita, Divonne-les-Bains, 2017, 182 pages.

ISBN : 978-2-88295-781-8.

Héros méconnu
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17 avril 2017 1 17 /04 /avril /2017 06:00

Histoire de la collaboration

1940-1945

François Broche et Jean-François Muracciole

C'est une véritable somme que nous propose ici deux des meilleurs connaisseurs de la France de la Seconde guerre mondiale.

Le phénomène collaborationniste reste à la fois particulièrement flou (où commence-t-il et où finit-il ?) et marqué du sceau de l'infamie. Sous le terme générique de "collaboration" sont regroupés des comportements parfois très différents dans les domaines les plus variés. C'est cette complexité, souvent vaguement camouflée sous un discours plus idéologique qu'historique, que les deux auteurs décortiquent sous nos yeux. Après en avoir rapidement identifié les causes profondes selon eux (l'héritage politique de la IIIe République et le mythe Pétain), ils organisent leur livre en cinq parties chronologiques : "Lever de rideau, juin-décembre 1940", "Révolution nationale et ordre nouveau, janvier 1941-avril 1942", "Au nom de l'Europe, avril-décembre 1942", "Illusions et désillusions, janvier 1943-mai 1944", et "Le rideau tombe, janvier 1944-mai 1945". Le ton est à la fois posé et sans concession, les errements de la propagande (des propagandes) soulignés, et le tout s'appuie sur de très nombreuses citations et références. On peut ainsi suivre dans les méandres des manoeuvres indirectes les rapports entre Vichy et "politiques parisiens", s'intéresser à la collaboration économique, aux "vivhysto-résistants", à Laval ou au projet de constitution de Pétain au début de l'année 1944.  L'ouvrage se termine par une solide présentation critique des principaux ouvrages publiés sur le sujet depuis 1945, une belle bibliographie qui puise à tous les courants de pensée et par un index très complet.

Au bilan, un livre volumineux, fouillé, précis, qui s'efforce de présenter les comportements de ces années 1940-1945 dans leur diversité, avec autant de mesure que de précision. Une solide synthèse à conserver parmi ses ouvrages de référence.

Tallandier, Paris, 2017, 620 pages, 27,- euros

ISBN : 979-10-210-2264-5.

Diversité des parcours de collabrateurs
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16 avril 2017 7 16 /04 /avril /2017 06:00

France 1940

Défendre la République

Philip Nord

Dans ce livre dense, l'auteur tente finalement de déterminer quelles furent les causes de l'effondrement français de mai-juin 1940 : militaires ? politiques ? morales ?

Paru en 2015 en anglais, l'ouvrage est méthodiquement organisé en trois parties de deux chapitres chacune. La première ("Les préparatifs de la guerre") s'intéresse de près aux questions diplomatiques européennes des années 1930, avec en particulier les choix peu réalistes des Belges et des Britanniques. Il faut finalement attendre Munich et ses suites pour que la prise de conscience devienne collective. Elle s'attarde également sur les conditions morales, mais aussi industrielles et technique de la France dans les années qui précèdent la guerre, sans oublier ni quelques pages sur le bouillonnement intellectuel intérieur, ni un regard particulier sur la situation des deux puissances extérieures au concert européen occidental : l'URSS et les USA. La deuxième partie traite des opérations elles-mêmes ("La bataille de France"), dans l'analyse des plans de campagne, la question de la Ligne Maginot, les choix stratégiques, cette doctrine essentiellement défensive qui paralyse. Philip Nord s'attache ensuite au déroulement de la campagne de mai-juin 1940, aux responsabilités hollandaises et belges, l'emploi conjoint des panzers et des Stuka, l'incapacité à organiser une contre-attaque d'un volume suffisant, le manque d'enthousiasme des chefs français, etc. Au bilan, une défaite plus catastrophique qu'étrange. La troisième grande partie s'intéresse enfin à l'apparition du régime de Vichy ("Comment mourut la IIIe République"), des événements qui entourent la convention d'armistice (dont certains commencent à parler dès le début du mois de juin) au vote des parlementaires de juillet à Vichy : "A s'en tenir à ce qui précède, l'émergence de Vichy reposerait donc sur une double capitulation : celle de Paul Reynaud le 16 juin et celle de l'Assemblée nationale le 10 juillet ... Ce n'est pas tout à fait ainsi que je vois les choses". Pour l'auteur, il convient de "mieux répartir les responsabilités" et prendre en compte tous les intervenants (chefs militaires, partis politiques, alliés, commandement en Afrique du Nord, etc.). Finalement, pour Philip Nord, pas de complot à proprement parler contre la république, mais un manque d'adhésion, une faiblesse morale et intellectuelle assez largement partagée.

Pas de révélation à proprement parler ici, mais une mise en cohérence et en perspective d'informations diverses. Un bel exercice de synthèse, même si certains arguments sont un peu rapidement donnés et si quelques conclusions partielles peuvent être discutées.

Perrin, Paris, 2017, 237 page. 19,90 euros.

ISBN : 978-2-262-06560-7.

L'idée de république et 1940
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23 mars 2017 4 23 /03 /mars /2017 06:00

Les moutons noirs de Piron

La brigade Piron de la Normandie au coeur du Reich

Hugues Wenkin

Dans le droit fil de ses publications antérieures (le centenaire des chars ici et la chute du fort d'Eben Emael ici par exemple) nous propose désormais un (très) bel album sur ces Belges qui en 1940 refusèrent la défaite et la capitulation. Il dédie aussi son livre "à nos militaires. A tous, présents, passés ou à venir ! Qu'ils aient combattu sur l'Yser, la Lys, en Normandie, en Corée, en Afghanistan ou au Congo, nous leur devons depuis 1830 la persistance même de notre nation". Qu'il nous permette d'ajouter : et pas seulement en Belgique.

Voici donc l'histoire de ces soldats qui, en 1940, doivent "résister" et "se battre" au moins aux plans politique et administratif, aussi bien contre leur propre gouvernement qu'en Angleterre, pour avoir le droit de continuer la lutte contre l'occupant allemand : "On ne peut comprendre le professionnalisme et la rage de se battre de ces hommes sans décrire combien ils ont bataillé pour pouvoir simplement verser leur sang". Le livre est donc divisé en onze chapitres chronologiques, qui commencent avec la capitulation de l'armée belge au terme de la "campagne des 18 Jours" de mai 1940, pour se terminer par leur situation paradoxale, tue, de soldats oubliés, dès 1946. S'appuyant sur de nombreuses citations et références aussi bien aux archives qu'aux témoignages ultérieurs, le texte revient successivement sur les difficultés pour exister en tant que "Belges Libres" sur le sol anglais, sur les difficultés matérielles et administratives qui entourèrent la création de la brigade (les souvenirs de Piron lui-même et de bien de ses camarades au moins jusqu'en 1942 sont tout-à-fait éclairants) ; les crises morales (presque existentielles) qui se développent dans un contingent qui s'entraine mais reste divisé jusqu'à connaître des refus d'obéissance et même la grève pour pouvoir être engagé au combat avec les Alliés ; les difficultés du gouvernement belge en exil et ses rapports avec les autorités britanniques ; les débats qui entourent pendant de longs mois les réflexions sur le type d'unité à créer ; l'intégration de jeunes Luxembourgeois avec de faux papiers belges pour les préserver de l'accusation de trahison ; l'arrivée des compléments de matériels à la fin de l'année 1943 ; les derniers entraînements et le départ, enfin, au début du mois d'août, pour la Normandie où leur mobilité tactique doit faire merveille. En première ligne dès le 13 août avec la 1ère Armée canadienne, le First Belgian Group va se battre jusqu'aux faubourgs du Havre, puis en direction d'Amiens, d'Arras, remontant vers le nors-est parallèlement à la côte pour atteindre Rongy et la frontière belge au début du mois de septembre. Aussitôt, les hommes poussent sur Enghien, Bruxelles, Louvain et Anvers, où ils parviennent une semaine plus tard. Lorsque Montgomery lance l'opération Market Garden, les Belges contribuent à tenir la base du corridor utilisé par les blindés britanniques et les Belges se battent sur le canal de Wessem pour réduire les têtes de pont allemandes. Auparavant, "le manque de troupes pousse Piron à mettre en ligne ses blindés. Ils vont découvrir une faille dans le dispositif allemand et permettre de libérer le dernier morceau du sol belge". Le 16 décembre 1944, lorsque les Allemands lancent l'offensive des Ardennes, la brigade Piron est dissoute pour être refondue dans une nouvelle armée belge en cours de restauration, ce qui suscite entre camarades liés par des mois de combats côte à côte des mouvements d'humeur face à l'arrivée des "nouveaux", surtout lorsque ces derniers se voient confier les postes de commandement. La réorganisation va se poursuivre jusqu'à la fin du mois de mars 1945 et ce n'est qu'au début du mois d'avril que les soldats belges reprennent le chemin des opérations actives, en direction de la Hollande, où ils sont encore lors de la capitulation allemande, venant au secours de populations civiles affamées et épuisées.

Le récit est presque haletant, le livre-album se dévore, et il permet surtout de rappeler que quelques volontaires décidés permirent à la Belgique de tenir son rang parmi les vainqueurs, même si leur exemple ne fut pas toujours reconnu au lendemain du conflit.

Editions Weyrich, Neufchâteau (B), 2017, 242 pages, 34,- euros.

ISBN : 978-2-87489-408-4.

Pour commander directement chez l'éditeur : ici.

Une minorité, pour l'honneur
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17 mars 2017 5 17 /03 /mars /2017 06:00

Gestapo & Polices allemandes

France, Europe de l'Ouest, 1939-1945

Patrice Arnaud et Fabien Théofilakis (Dir.)

Dans l'organisation générale du système nazi en Europe, les différents services de police tiennent naturellement une grande place et ce livre offre l'intérêt rare dans la bibliographie francophone de nous en fournir une présentation à la fois aussi large que possible et absolument scientifique.

L'introduction semble mélanger les productions de petites maisons d'édition d'extrême-droite sur "la coopération militaire", qui est une chose, et les publications sur les services de police, ce qui en est une autre. Nous n'avions pas l'impression de les premiers dédouanent les seconds, et nous ne sommes pas davantage convaincus. L'ouvrage est divisé en neuf chapitres principaux, confiés à différents auteurs (Patrice Arnaud, Laurent Joly, Pierre Clément, Philippe Lecler, Cédric Neveu, Laurent Thiery, Robby van Eetvelde, Vaois Kalogrias et Stratos Dordanas, Fabien Théofilakis et Benoît Majerus), qui abordent le plus souvent le sujet sous un angle local (départements du Rhône, des Ardennes, de Moselle annexée, du Pas-de-Calais) ou étranger (Belgique, Grèce), et se termine sur le procès Eichemann à Jérusalem. Ces coups de projecteur sur des situations particulières sont bien sûr précédés par des textes de présentation d'ensemble et de remise en contexte, ce qui donne à l'ensemble une grande cohérence. Des détails (parfois morbides mais bien réels) aux principes qui fondent l'organisation et le fonctionnement de ces services allemands ou collaborationnistes, nous en apprenons beaucoup.

Pour la première fois sans doute en France, l'organisation et le fonctionnement (pas toujours sans rivalités entre eux) des services répressifs allemands en France et en Europe occupée sont ainsi décortiqués, mais les auteurs nous présentent aussi le plus souvent les jugements rendus après la guerre, jusque dans la réalité de leur application.

CNRS Editions, Paris, 2017, 277 pages, 25,- euros.

ISBN : 978-2-271-08945-8.

Système répressif continental
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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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