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4 juillet 2019 4 04 /07 /juillet /2019 06:00

La bataille du Cotentin

6 juin - 15 août 1944

L'enfer des haies

Christophe Prime

Réédition en format poche d'un volume paru en 2015 (voir ici) et que nous avions alors apprécié. Appréciation sans changement donc, pour ce récit des onze semaines de combats entre la 1ère armée américaine du général Bradley et la 7e armée allemande du général Dollmann. En préambule, un texte du sergent Bill Anderson donne une idée de la dureté de ces combats : "On parle rarement d'une avance de quelques kilomètres dans l'espace d'une journée. On dit plutôt 'Nous avons progressé de onze champs'. Normalement le no man's land est large d'un champ, mais quelquefois il est seulement constitué d'une haie"... Saint-Lô, Avranches, Cherbourg ponctuent cette difficile progression après la pénible consolidation des têtes de pont.

Une solide synthèse d'actualité en cet anniversaire des combats de Normandie.

Texto, Tallandier, Paris, 288 pages, 9,- euros.

ISBN : 979-10-210-2690-2.

Batailles dans le bocage

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2 juillet 2019 2 02 /07 /juillet /2019 06:00

L'étrange capture, mai 1940

Carnets inédits d'un officier d'état-major de la Ière Armée

Général Montjean

Heureuse idée du petit-fils du général Montjean que de publier les carnets de son grand-père, qui rédige, pendant les premiers jours de sa captivité en juin 1940, l'histoire des vingt jours de campagne de la Ière Armée française (dont les archives ont été brûlées), le titre faisant bien sûr écho à L'étrange défaite de Marc Bloch.

Les évènements décrits se situent entre le 9 et le 29 mai, date à laquelle l'auteur, chef du 3e Bureau de la Ière Armée, est fait prisonnier. Le livre est donc à appréhender en fonction du niveau de responsabilité de son auteur, et de ce point de vue il est tout à fait intéressant. Tous les grands problèmes qui retiennent l'attention d'un chef de bureau Opérations sont tour à tour abordés, et l'on observe que le futur général Montjean revient régulièrement sur deux points principaux : les difficultés de "compréhension" entre les différents échelons hiérarchiques (du GQG aux CA) et la dramatique déficience des réseaux de communication, qui entraîne des délais inacceptables dans la transmission des ordres et des comptes rendus. Au-delà, on a aussi un portait (à mon sens peu flatteur par manque de volonté et de dynamisme) du général Blanchard, le récit détaillé des relations parfois difficiles avec les Britanniques, les tentatives de dégagement autour de Cambrai et la défense de Lille, l'impact sur la poche et l'évacuation de Dunkerque, etc.

Quelques précises annexes complètent le volume, ainsi que deux utiles index. Un témoignage qui doit impérativement être connu de tous les amateurs de la campagne de mai-juin 1940.

Editions Pierre de Taillac, Paris, 2019, 343 pages. 16,90 euros.

ISBN : 978-2-36445-131-5.

Disparition d'une Armée

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27 juin 2019 4 27 /06 /juin /2019 06:00

La bataille de Caen

Yann Magdelaine

Auteur de plusieurs ouvrages sur le débarquement et la bataille de Normandie aux éditions OREP, Yann Magdelaine s'intéresse ici à la si difficile et emblématique bataille de Caen.

La ville devait être prise par les alliés au soir du premier jour du débarquement : elle ne sera finalement libérée que le 19 juillet, au prix d'une succession de combats extrêmement durs. En quatre grandes parties chrono-thématiques ("Caen, objectif du Jour J", "6 juin, Caen hors d'atteinte", "Un mois de guerre de position", et "Caen enfin libérée"), l'auteur retrace tous les épisodes de cette histoire, de la conception d'Overlord aux différentes tentatives des Anglo-Canadiens. Il revient sur les combats de la 21e Panzer et la résistance de la Hitlerjugend et rappelle l'importance des bombardements aériens alliés : "A partir de 16h30, 120 nouveaux bombardiers se succèdent toutes les dix minutes", et donc le rôle des sauveteurs et de la Croix-Rouge (sans oublier les très nombreux civils réfugiés dans les carrières). Il n'oublie les aspects politico-militaires, les Britanniques étant presque accusés par les Américains de ne pas s'engager assez fermement. De part et d'autre d'une ligne de front qui se fige pendant plusieurs semaines, ni les Allemands, ni les Alliés ne parviennent à percer. Malgré l'échec de l'opération Epsom et en dépit de la résistance allemande, les Alliés pèsent cependant d'un poids croissant grâce à leurs réserves qui affluent et à leur puissante logistique, tandis que les mouvements allemands sont gravement handicapés par l'action de la résistance. Au cours du mois de juillet, plusieurs opérations successives permettent enfin aux Britanniques de progresser, de libérer la ville et de résorber la poche de Caen. Il faut dès lors penser à reconstruire une ville détruite.

Entre le livre et l'album grâce à une belle iconographie, ce volume séduira tous les amateurs. 

OREP Editions, Bayeux, 2019, 120 pages, 20,- euros.

ISBN : 978-2-8151-0452-4.

Ville-clef

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22 juin 2019 6 22 /06 /juin /2019 06:00

Saint-Exupéry dans la guerre

Légendes et vérités

Alain Vircondelet

Auteur prolifique depuis plus d'une quarantaine d'années et spécialiste de Saint-Ex auquel il a déjà consacré plusieurs ouvrages, Alain Vircondelet cible aujourd'hui son propos sur les années de guerre, "vues comme l'aboutissement et l'accomplissement d'une destinée humaine dont il a su exalter, dans une sincérité exemplaire, la part héroïque et la fierté d'être homme".

Avec une profonde connaissance humaine et psychologique de son personnage, Alain Vircondelet s'appuie sur un volumineux ensemble d'archives privées (et en particulier la correspondance) pour dresser le portrait (parfois élogieux) de son héros à la veille de la Seconde guerre mondiale, qui ne semble porté que par le désir de piloter : "Voler, c'est prendre de la hauteur, vivre poétiquement enfin", dans le tumulte d'une vie privée compliquée. Officier de réserve, il reprend du service dès 1939 avec le grade de capitaine et le désir de se frotter au danger. La "drôle de guerre" se traîne dans des conditions d'ennui pour "un pilote sans emploi". De repli en repli, c'est de Toulouse qu'il s'envole pour l'Afrique du Nord le 20 juin 1940. Après avoir tenté de jouer un rôle entre la France et les Etats-Unis, il part pour l'Amérique à la fin de l'année 1940, toujours sur fonds de relations conjugales compliquées. L'estime qu'il témoigne pour Pétain (même s'il considère "Laval et ses amis comme peu dignes de confiance") lui fait estimer que "Vichy est donc un pis-aller nécessaire". Il en résulte des relations tendues avec les Gaullistes, tandis qu'il écrit (Citadelle, Pilote de guerre, Le petit prince) et mène plus ou moins une vie de bohème et prône une "neutralité (ni Vichy, ni Londres) affirmée pour mieux préserver l'unité nationale et préparer la réconciliation". Il développe ses idées dans un appel à la radio qui lui vaut un flot de critiques et suscite l'irritation à Londres. L'interdiction de Pilote de guerre par les autorités d'occupation en France le fait basculer… du côté de Giraud et il peut rejoindre l'Afrique du Nord au printemps 1943. Dans l'atmosphère soupçonneuse d'Alger, il constate que "la guerre est plus intense entre giraudistes et gaullistes qu'entre Français et Allemands" et il ne songe qu'à partir pour des missions opérationnelles. Les derniers mois de sa vie sont marqués par la détérioration de son état psychologique, même s'il parvient enfin à se faire réintégrer dans son escadrille à la fin de janvier 1944.

Le livre se termine sur le récit de sa dernière mission à partir de la Corse l'été 1944, et sur la création du mythe Saint-Ex, paradoxal car l'écrivain est dans le même temps souvent réduit au Petit Prince "livre pour enfants", voire passé sous silence. Un livre passionnant qui nous entraîne au cœur des pensées et des passions d'un homme complexe, mais si profondément humain.

Editions du Rocher, Monaco, 2019, 235 pages. 18,90 euros.

ISBN : 978-2-268-09667-4.

Le petit prince

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18 juin 2019 2 18 /06 /juin /2019 06:00

Traces de guerre

Normandie 1944

Christophe Prime

Dans ce beau (presque luxueux) volume grand format carré, Christophe Prime, responsable des collections du Mémorial de Caen, nous présente une succession d'objets (souvent très originaux) de la campagne de Normandie accompagnés d'un bref commentaires.

Le premier de ces objets est un ceinturon sur lequel ont été fixé par un jeune garçon les insignes de coiffe des unités britanniques qu'il croise. Les seconds sont les insignes de bras des "divisions fantômes" imaginées pour mystifier les services allemands. On trouve au fil des pages un mannequin Ruppert identique à ceux largués dans la nuit du 6 juin, un poste radio (occasion pour évoquer les Comanches de la 4th Signal Company et leur rôle dans la transmission des ordres et des comptes rendus), une trousse de secours complète, une bouteille de pénicilline et des instruments chirurgicaux, un casque de la Hitlerjugend et un gilet d'assaut britannique, des billets de banque imprimés par les Américains pour l'administration de la France (AMGOT), un pistolet Luger (prise de guerre particulièrement recherchée), l'indispensable "pelle US" qui permet aux soldats de se protéger sous les bombardements, des jerrycan absolument indispensables pour le ravitaillement des véhicules, un mors de cheval qui nous rappelle que l'armée allemande est encore en grande partie hippomobile. Les photos sont d'une très grande qualité et parfaitement reproduites.

Un bel album qui peut constituer un très beau cadeau. A retenir !

OREP Editions, Bayeux, 2019, 96 pages, 20,- euros.

ISBN : 978-2-8151-0477-7.

De l'objet à l'histoire

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16 juin 2019 7 16 /06 /juin /2019 06:00

Les derniers jours de Paris

Alexander Werth

Plutôt connu pour ses témoignages sur la situation en URSS pendant la Seconde guerre mondiale (ici et ici par exemple), le journaliste britannique Alexander Werth tient au jour le jour son journal pendant la défaite de la France en juin 1940.

Sans aborder à proprement parler les questions militaires, le livre raconte au jour le jour, entre le 10 mai et le 14 juin, ce que voit, entend, fait, Alexander Werth à Paris, qui il rencontre, ses échanges, etc. En fin de l'introduction, il explique : "Le 'journal proprement dit a été écrit au jour le jour. Je n'y ai apporté aucune modification, sauf que j'ai donné au style plus de cohérence en liant certaines phrases les unes aux autres … Le récit de l'exode  a été écrit à bâtons rompus -en partie à Tours, en partie à Bordeaux, mais surtout à bord du Madura, qui nous ramenait en Angleterre. L'épilogue a pour objet de rechercher brièvement les causes de la capitulation de la France et ses conséquences immédiates". Evoquant la période de la "drôle de guerre", il considère que l'on ne se serait pas douté à Paris que le pays était en guerre. Au fil de ses déplacements et de ses rencontres, il note tout. Ses descriptions touchent le grand public, le monde de l'information et de la presse, quelques politiques, un projet de visite à la Foire de Paris ("On n'y voit pas un chat mais on va  la maintenir ouverte pour raison de prestige"), les réfugiés qui traversent la capitale. Il commente les articles publiés dans les journaux français et assiste aux conférences de presse organisées par le gouvernement. Il n'est pas tendre avec le personnel politique de la IIIe République finissante et dès le 13 juin entend parler de "capitulation pour demain". Après l'abandon de Paris par les autorités, sa (hélas trop rapide) description des pérégrinations à travers la France jusqu'à Bordeaux est riche d'enseignements… peu positifs. Même si certains croient encore que "la France continuerait à se battre, même s'il fallait transférer la capitale d'étape en étape jusqu'à Tizi-Ouzou". On a également une description intéressante des hésitations de nombreux Français, lorsque quelques passagers du navire qui doit les évacuer vers l'Angleterre souhaitent finalement revenir dans l'hexagone.

Un témoignage "dans son jus" qui présente de façon "kaléidoscopique" l'arrière et la capitale. A connaître par tous les amateurs de la période. 

'Tempus', Paris, 2019, 350 pages, 9,- euros.

ISBN : 978-2-262-07872-0.

Spectateur d'une défaite

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15 juin 2019 6 15 /06 /juin /2019 06:00

L'espoir au bout du pont

Histoire de la filière de Douvaine (1939-1945)

Laurent Neury

Une histoire presque totalement inconnue en France. Celle d'un réseau suisse d'évasion qui a sauvé, pendant la Seconde guerre mondiale, plusieurs centaines de personnes, principalement des Juifs pourchassés.

Commencé en hommage à ses arrières grands-parents et grands-parents, eux-mêmes passeurs, la recherche se réoriente vers un authentique travail d'historien, et l'auteur explique sa méthodologie en début de volume (recherche d'archives très diverses et de témoignages). La première partie est consacrée à la description des protagonistes de cette filière d'évasion, deux curés, quelques parents et surtout de jeunes paysans, au total une bonne vingtaine de personnes ; et à la présentation du cadre général : deux modestes villages de Haute-Savoie (Douvaine et Veigy-Foncenex) sur la frontière franco-suisse. La seconde partie s'intéresse à l'histoire du réseau lui-même, sa naissance, son développement, son organisation et ses modes d'action pour faire franchir la frontière aux réfugiés. Laurent Neury souligne les différences entre les périodes de responsabilité de Vichy, des Italiens puis des Allemands sur la région. L'histoire se termine au début de l'année 1944 avec le démantèlement du réseau et les arrestations (sans doute sur dénonciation), avant la déportation.

Un livre complet, témoignage d'une micro-histoire locale qui éclaire d'une lumière vive la grande histoire.

Editions Cabédita, Divonne-les-Bains, 2019, 234 pages.

ISBN : 978-2-88295-848-8.

Filière suisse

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14 juin 2019 5 14 /06 /juin /2019 06:00

Alarm !

Les Allemands face au débarquement des Alliés

Benoît Rondeau

Bien connu des amateurs pour ces nombreux articles et ses ouvrages sur la Seconde guerre mondiale (ici, ici et ici par exemple), Benoit Rondeau nous propose ici de nous intéresser au débarquement de Normandie "de l'autre côté", du point de vue allemand, "l'invasion".

Dans cette solide synthèse, après avoir présenté la situation de l'occupant en Normandie en juin 1944, la localisation et la capacité opérationnelle des divisions allemandes, l'état des défenses fixes du mur de l'Atlantique, il s'intéresse aux efforts des unités blindés -partiellement opérationnelles- pour rejeter les Alliés à la mer ("l'impossible contre-attaque"), puis aux efforts en partie infructueux du commandement allemand pour rameuter vers la Normandie des grandes unités de renfort, pour bloquer la progression alliée, assurer la relève des troupes de première ligne et éventuellement reprendre le terrain perdu. Benoit Rondeau donne ici (pp. 78-79) les dates de mises en route de ces renforts, leur effectif et le nombre de blindés concernés. Se pose dès lors tous les problèmes liés au transport, ferroviaire ou routier, avec la question de la praticabilité des axes et celle de la disponibilité des moyens de transport eux-mêmes. Après la mi-juin commence une période de lutte pied à pied pendant deux mois, de défense ferme et de replis progressifs à travers la Normandie, avec une supériorité alliée croissante du fait de la conquête et de la remise en état des ports, dont bien sûr Cherbourg. La solide défense allemande ("l'enfer du bocage" pour les Anglo-Saxons) ne peut finalement que permettre de gagner un peu de temps et l'auteur s'interroge en fin de volume sur "La responsabilité du haut-commandement allemand dans la défaite de Normandie", partant de Hitler et de l'OKW pour descendre jusqu'au niveau des commandants de division : "le meilleur côtoie le pire". Les dernières phrases sont sans appel : "Une fois la tête de pont assurée, l'adversaire était trop puissant pour être vaincu. Tout n'était pourtant pas écrit. Rommel avait donc vu vrai : les vingt-quatre premières heures de l'Invasion seraient décisives…".

Un livre, par ailleurs bien illustré, parfaitement complémentaire des nombreux ouvrages récents qui présentent naturellement les opérations vues du côté des Alliés. A inclure dans toute bibliothèque sur la Seconde guerre mondiale.

Editions Ouest-France, Rennes, 2019, 143 pages. 15,90 euros.

ISBN : 978-2-7373-7929-1.

Du côté allemand

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13 juin 2019 4 13 /06 /juin /2019 06:00

Le chef du contre-espionnage nazi parle

Walter Schellenberg

Réédité pour la première fois depuis les années 1950 et bénéficiant d'une présentation étoffée et d'un appareil de notes accru, ces souvenirs rédigés postérieurement à la guerre sont très intéressants.

Entré au NSDAP en 1933 et ayant intégré le Sicherheitsdienst quelques mois plus tard, Walter Schellenberg a rapidement "une réputation de travailleur infatigable et compétent", ce qui lui permet d'accéder au cercle des proches de Heydrich, puis de Himmler. Fonctionnaire exemplaire, il est l'un des fondateurs du RSHA, fusion de la police de sécurité et du service de renseignement sous l'autorité de la SS. Il devient ainsi au début de l'année 1940 le n° 2 du contre-espionnage, puis en 1941 de l'espionnage à l'étranger. Sa progression connaît une limite alors qu'il semble avoir atteint un sommet lorsque le RSHA absorbe les renseignements militaires : ces derniers sont déstabilisés tandis que les hommes de la Gestapo ne sont pas formés à ce travail spécifique. Aux derniers mois de la guerre, il tente sans succès de se rapprocher des Anglo-Saxons, mais est finalement contraint de se rendre. Jouant habilement des règles juridiques et se présentant comme ayant été de longue date favorable à la paix, il n'est (cas exceptionnel à ce niveau de responsabilité) condamné qu'à quelques années de prison, dont il n'effectue qu'une petite partie pour des raisons médicales. C'est alors qu'il rédige ces souvenirs, bien après les faits donc, et alors qu'il convient pour lui de se faire discret en période de dénazification. Le livre est organisé en 39 chapitre thématiques, qui correspondent presque tous à une opération particulière : l'invasion de la Pologne, les émissions radio à destination de la France pendant la campagne de 1940, la préparation d'un débarquement en Angleterre, le projet de kidnapper le duc de Windsor, les enquêtes autour de l'agent soviétique Sorge, ou lors de vol de Rudolf Hess pour le Royaume-Uni, les rivalités avec les Affaires étrangères, la manipulation plus ou moins réussie de la Garde de Fer en Roumanie et les tentatives de coup d'Etat, les opérations dans les pays nordiques et les relations avec l'Extrême-Orient ou la Turquie et l'affaire Cicéron, jusqu'à la dernière mission au Danemark et en Norvège, après le suicide d'Hitler, pour préparer la reddition dans ces deux pays. L'ensemble du texte semble rédigé sans état d'âme, au point que l'on a parfois l'impression de lire un rapport administratif, purement factuel. Mais le bilan est au final peu positif : beaucoup de projets irréalistes non aboutis et d'échecs avérés. Le livre nous éclaire également sur les luttes de pouvoir entre les grands services du Reich et la SS et entre les principaux subordonnés d'Hitler, dont le portrait qui est tracé n'est finalement pas flatteur.

Un livre qu'il faut utiliser avec précaution, mais qui se révèle indispensable pour tout amateur de la période, tant les ressorts politiques et militaires des projets et des actions de Schellenberg intéressent directement les opérations de la période, vue de l'intérieur de la haute hiérarchie nazie.

Perrin, Paris, 2019, 442 pages, 24,- euros.

ISBN : 978-2-262-07990-1.

Ambition mortelle

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12 juin 2019 3 12 /06 /juin /2019 06:00

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Nous, les hommes du commando Kieffer

Récits du 6 juin 1944

Stéphane Simonnet

Ancien directeur scientifique du Mémorial de Caen et auteur bien connu sur le débarquement et le commando Kieffer, Stéphane Simonnet nous propose ici un recueil de témoignages.

A partir d'entretiens oraux réalisés au début des années 2000, avant que nombre de survivants des faits ne disparaissent, l'auteur nous propose 22 portraits de combattants. Leur parcours personnel avant et après la guerre est rappelé (et l'on note le caractère souvent très "français moyen" -au sens noble du terme- de la plupart d'entre eux), puis la parole leur est donné. Ils racontent leur engagement, leur entraînement, leur débarquement, leur campagne de la Libération. Des phrases sobres sans emphase inutile, des mots aussi adaptés que simples, des propos qui sonnent justes et permettent de mieux comprendre qui furent ces premiers Français débarqués avec les Anglo-Saxons en Normandie le 6 juin 1944.

La guerre à hauteur d'hommes avec, en plus, cette marque du volontaire, celui qui a tout laissé pour poursuivre le combat mais n'envisage pas de bénéfice particulier pour lui. La modestie de ces héros en impose.

Tallandier, Paris, 2019, 316 pages. 20,90 euros

ISBN : 979-10-210-3840-0.

177

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Qui Suis-Je ?

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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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