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17 septembre 2015 4 17 /09 /septembre /2015 06:00

Les six miliciens de Grenoble

Pascal Cauchy

A partir d'un article du magazine Life racontant en octobre 1944 l'exécution par des maquisards de six jeunes miliciens, l'auteur nous entraîne dans l'histoire de la région grenobloise au long de la guerre, l'occupation et jusqu'après la libération.

Après avoir présenté le détail du premier dossier d'archives (en particulier photographiques) à partir duquel il a travaillé, prétexte donc à une étude beaucoup plus large, l'auteur décrit l'évolution du Dauphiné et de l'Isère, traditionnellement terres d'accueil de réfugiés, entre 1940 et 1944, la relative "douceur" de l'occupation italienne, par comparaison avec la conduite des troupes allemandes à partir de septembre 1943. La répression devient d'autant plus forte que la résistance et les maquis sont actifs dans la région et il souligne les caractéristiques particulières de cette résistance au sein de laquelle les militaires tiennent une place importante. En parallèle, le chapitre suivant présente la Milice de Darnand, son organisation générale, son rôle, son école de formation interne et son rapprochement croissant avec le national-socialisme, de même que son action supplétive de la police. Lorsque les attentats se multiplient dans la région contre des membres ou des cadres subalternes de la Milice, Darnand se braque. Secrétaire général du maintien de l'ordre en décembre 1943, chef de toutes les forces de police en janvier 1944, il intègre sa Milice dans le processus officiel et institutionnel : "Le temps des indulgences est passé. La Milice française a supporté pendant cinq mois les coups des assassins sans riposter ... Nous nous sommes organisés pour la lutte. Nous avons étendu notre réseau de renseignement. Nous nous sommes armés". Mais il lui faut encore mettre sur pied les juridictions d'exception pour couvrir d'un semblant de justice l'engagement de ses hommes contre la résistance. Désormais de véritables opérations de guerre. L'étude se concentre alors sur la situation particulière à Grenoble et sa région, où tout bouillonne et où les tensions sont de plus en plus vives : les Miliciens "deviennent même un ennemi à privilégier comme tel". Miliciens, SS et Gestapo contre groupes francs et maquis : c'est la célèbre et triste affaire du Vercors avec tous les événements qui l'entourent. A l'été 1944, la Milice passe du statut de force de police à celui de formation combattante, elle "est désormais en première ligne". Le récit de Pascal Cauchy entre alors dans le détail des opérations des mouvements de résistance et, en parallèle, de la répression dont ils sont victimes, mais aussi des débats internes, où les questions politiques sont extrêmement présentes entre le PC et les autres composantes. Le 22 août, une semaine après le débarquement de Provence, les Allemands quittent Grenoble et le "préfet du maquis" prend le contrôle des services publics et des bâtiments officiels. Mais, "les officiers du maquis voient surgir toute une foule de résistants inconnus d'eux ... Les premières heures de la libération sont propices à un grand désordre allant de l'acte crapuleux de quelques uns à une situation pré-insurrectionnelle menée par des groupes décidés". Par ailleurs, "très vite, les communistes entendent compenser leur faiblesse numérique dans la résistance par une présence politique surdimensionnée". Dans une ambiance surexcitée, sur fond d'arrestations arbitraires et d'enlèvements politico-crapuleux, commence le 31 août l'instruction du procès de dix miliciens. Elle dure une journée et l'auteur en décrit le détail des interrogatoires. Le procés se déroule le 2 septembre et six des dix miliciens sont condamnés à mort, exécutables immédiatement.

Le livre se termine sur les suites immédiates de cette exécution, les modalités de "l'épuration légale" qui se poursuit à Grenoble comme dans le reste de la France et le souvenir qui a été conservé de cette période et de ces événements. A partir d'un cas concret parfaitement décortiqué, une étude qui sait faire l'aller-retour entre situation nationale et situation régionale. Très intéressant. 

Editions Vendémiaire, Paris, 2015, 222 pages, 19,- euros.

ISBN : 978-2-36358-188-4.

Epuration
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11 septembre 2015 5 11 /09 /septembre /2015 06:00

Histoire de la Première Armée française

Jean de Lattre de Tassigny

Nouvelle réédition d'un classique : l'histoire de la Première Armée française par son ancien chef, le général de Lattre de Tassigny.

Présenté par André Martel, qui retrace en particulier l'ensemble de la carrière du "vainqueur de Colmar", ce live de souvenirs s'ouvre sur 1943 et se termine en 1945. Avec une "froideur" revendiquée, le général de Lattre raconte l'ensemble des opérations militaires avec un souci du détail parfois poussé à l'extrême, mais il sait aussi aborder les relations avec Juinn et de Gaulle et s'élever au niveau des considérations interalliées, avec lesquelles les négociations sont parfois difficiles. Les pages les plus enthousiasmantes sont liées au débarquement de Provence et à la rapide et victorieuse poursuite des armées allemandes jusqu'aux Vosges (comme cet assaut surprise, dans la neige, le 14 novembre) en dépit des innombrables difficultés, en particulier logistiques, et de l'âtre résistance allemande. Il revient également à plusieurs reprises sur la question de la création d'une armée nouvelle avec "l'amalgame" entre les unités régulières, venues d'Afrique du Nord, et les maquis et groupes de partisans qui représentent l'armée intérieure. La libération de Belfort, de Mulhouse et Colmar constitue également un morceau de choix, à lire aussi une nouvelle fois au prisme non seulement de son déroulement tactique mais aussi des contraintes politiques et interalliées (préparation et mise en oeuvre du "plan de Noël"). C'est ensuite l'audacieux franchissement du Rhin le 31 mars, la marche au Danube et à l'Autriche, les marques de l'estime conservée à Weygand et la participation comme représentant de la France libérée à l'acte officiel de capitulation de l'Allemagne. L'ouvrage se termine enfin sur un ultime chapitre consacré à "l'esprit Rhin et Danube"

Le témoignage essentiel de l'un des (très) grands acteurs français de cette période. A lire impérativement par tous ceux qui s'intéressent à la Seconde guerre mondiale.

Nouveau Monde éditions, Paris, 2015, 671 pages, 26,- euros.

ISBN : 978-2-36942-038-5.

1ère Armée
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4 septembre 2015 5 04 /09 /septembre /2015 06:00

Les secrets de Vichy

Bénédicte Vergez-Chaignon

Ayant récemment publié une imposante biographie de Pétain, Bénédicte Vergez-Chaignon revient à sa thématique générale sur la Seconde guerre mondiale avec cette étude du régime de Vichy qui s'efforce d'apporter des éclairages nouveaux sur quelques moments particuliers, mal connus ou sujets à polémique.

Parmi les douze sujets traités, elle commence par nous présenter Vichy, "micro-capitale" d'un Etat impuissant mais qui tient à conserver les formes extérieures et la vie qui s'y développe dans les services officiels, puis s'intéresse aux "rédacteurs et correcteurs" des discours du maréchal (qu'il corrige néanmoins) : en 1940, "on constate que le nombre de personnes sollicitées pour présenter des projets est finalement assez élevé et les versions multiples", plus le cercle des rédacteurs privilégiés se structure, mais il reste relativement important. Elle analyse également quelques discours importants et se penche sur leur diffusion. Elle tente ensuite de déterminer qui est (qui sont) le(s) principal(paux) rédacteur(s) du statut des juifs de l'automne 1940, et si la première version "de travail" n'est pas de sa main, il apparaît clairement que Pétain apporte à ses versions successives plus qu'une attention particulière : il a pris une part importante. Ainsi de suite, du retour des cendres de l'Aiglon en décembre 1940 (concomittant avec la destitution de Laval) : la cérémonie "se révèle comme la mascarade qu'elle a toujours été" (avec le soupçon peu crédible d'avoir voulu attirer le maréchal à Paris pour le retenir prisonnier) ; à l'attentat de Versailles contre Laval à l'été 1941, qui permet de parler de la création de la LVF et de la carrière ultérieure du tireur, Paul Collette. Un chapitre est consacré au rôle particulier de Vichy dans la "solution finale" en France, sa réalité mais aussi ses ambiguités et ses limites ; un autre à la carrière et à la personnalité de Darnand, qui réussit "l'exploit" de devenir membre du gouvernement en décembre 1943 après avoir prêté serment de fidélité à Hitler... Le dernier chapitre traite des "Cent derniers jours de Laval", de juillet à octobre 1945, balloté vers le "réduit bavarois" au dernier stade de l'avance alliée, puis brièvement réfugié en Espagne avant d'êtrepris en charge par la Sécurité militaire française en Autriche et d'être ramené dans l'hexagone où il comparaît devant un juge à partir du mois d'août.

En résumé, une approche pointilliste de quelques moments importants ou de quelque scènes ordinaires du régime de Vichy qui permet à l'auteure de brosser le portrait de très nombreux responsables de la collaboration croisés au fil des pages, et de dresser le tableau peu glorieux d'une période définitivement sombre.

Perrin, Paris, 2015, 415 pages, 22,- euros.

ISBN : 978-2-262-02683-7.

Vichy
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16 août 2015 7 16 /08 /août /2015 07:00

Les fiascos militaires

de la Seconde guerre mondiale

Laurent Tirone

Déjà auteur d'un intéressant ouvrage sur Les armes secrètes du IIIe Reich (ici) et journaliste spécialisé, Laurent Tirone abandonne les matériels pour s'intéresser aux questions plus tactiques.

Comme dans l'ouvrage précédent d'ailleurs le titre ne semble pas tout à fait adapté au contenu de l'ouvrage. Plutôt que de "fiascos", il s'agit de décrire le déroulement d'une vingtaine de batailles qui se soldent par une défaite pour l'assaillant (phénomène assez fréquent dans l'histoire militaire, reconnaissons-le). De Montcornet aux prémisses de la bataille de Berlin en passant par Dakar, Dieppe, Kharkov, Midway, Kasserine, Market Garden, les Ardennes, nous suivons les principales armées engagées dans la Seconde guerre mondiale à l'occasion d'offensives ou d'opérations dont les résultats ne sont pas à la hauteur des attentes de leurs initiateurs. Pour chaque chapitre, Laurent Tirone en décrit les préparatifs et le déroulement afin d'en tirer très rapidement quelques enseignements en conclusion. De ce point de vue, l'ouvrage est intéressant et sera utile à ceux qui découvrent les opérations militaires des années 1940-1945. Il donne par exemple beaucoup de chiffres significatifs (engins engagés, effectifs, pertes, etc.) et synthétise en quelques phrases sobres les principales phases. Toutefois, on atteint là les limites de l'exercice et l'on peut regretter que des opérations totalement différentes par leur nature et leur contexte (la bataille de Montcornet dans l'hexagone en 1940 et le raid du Yamato vers Okinawa en 1945) soit successivement décrites sans conclusions partielles et sans qu'une synthèse plus élaborée ne soit tirée. Certes, quelques principes généraux sont régulièrement mis en relief (questions relatives aux matériels, à l'organisation du commandement, au mépris de l'adversaire, à la logistique, aux carences du renseignement, etc...), mais c'est finalement assez maigre et il est un peu facile de constater en conclusion qu'une "victoire correspond toujours à un échec pour l'adversaire"... Et puis, si conduire les opérations militaires se limitait à cocher les cases d'une liste pré-établie, cela se saurait sans doute.

Un volume d'été pour survoler quelques unes des principales opérations de la Seconde guerre mondiale.

Ixelles éditions, Paris, 2015, 219 pages. 14,90 euros.

ISBN : 978-2-87515-261-9.

Echecs cinglants ?
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7 août 2015 5 07 /08 /août /2015 07:00

La Kampfgeschwader 100

L'escadre au Drakkar

Jean-Louis Roba

Premier volume d'une nouvelle collection d'histoire des unités, cet ouvrage est consacré à une formation atypique qui, selon la conclusion de l'auteur, "reflète assez bien les tourmentes affrontées par l'aviation militaire du IIIe Reich tout au long de la Seconde guerre mondiale".

Créée au milieu des années 1930 comme unité d'expérimentation dans le domaine du guidage aérien (bombardement / transmissions), elle devient formation opérationnelle à partir de l'invasion de la Pologne en 1939 et sera dès lors engagée sur tous les théâtres, au-dessus de la mer du Nord, sur la Norvège puis dans le cadre de la bataille d'Angleterre, essentiellement en charge de missions de guidage aérien. A partir du deuxième semestre 1941, c'est contre l'Armée rouge et les sites industriels soviétiques, dans le cadre de Barbarossa, que ses appareils interviennent, avec un potentiel affaibli (les hommes comme les machines). Réorganisée en deux unités (son historique devient assez confus avec une succession rapides d'appellations différentes), elle sert pour partie au sud du front russe (Sébastopol, Stalingrad, Caucase) et pour partie à l'ouest au-dessus de l'Atlantique et de l'Angleterre. Nouveau changement au printemps 1942, avec un regroupement partiel en Grèce pour intervenir au profit de l'Afrika Korps de Rommel en Libye et en Egypte, mais aussi contre Malte. Les réorganisations et modifications de structure se poursuivent, entraînant de nouveaux changements de dénomination et la disparition de l'unité "historique", avec la création de trois formations opérationnelles distinctes et d'une unité d'instruction. A nouveau massivement employés au-dessus de la Méditerranée, les appareils reçoivent les fameuses bombes 'Fritz X'. Désormais les Alliés progressent au sud (débarquement de Sicile) et les Allemands prennent pour cible les navires italiens qui viennent de changer de camp (attaque du convoi de l'escadre italienne en septembre et destruction de son navire amiral, le Roma). La zone d'action s'étend aux îles du Dodécanèse, à la péninsule italienne, toujours aux côtes britanniques et à l'Atlantique et bientôt à la France métropolitaine à la suite des débarquements de Normandie et de Provence.

Une histoire à certains égards assez confuse, ou pour le moins compliquée (quelques organigrammes simplifiés auraient sans doute été utiles), mais qui permet de suivre les opérations aériennes (au plus près des pilotes grâce à de nombreux témoignages) d'un bout à l'autre de l'Europe en guerre. Comme de coutume chez Léla Presse, des centaines de photos et des dizaines de profils illustrent le texte qui se termine sur quelques annexes (liste du personnel, des commandants, des décorés, etc.). Un volume qui séduira les spécialistes, mais qui aurait encore gagné à faire davantage le lien entre opérations aériennes et combats au sol. Il sera néanmoins utile à tous, en complément d'études "terrestres", pour mieux comprendre l'ampleur et le développement des opérations sur les différents fronts. 

Editions Léla Presse, Le Vigen, 2015, 224 pages, 39,- euros.
ISBN : 978-2-914017-82-4.

Sur tous les fronts
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5 août 2015 3 05 /08 /août /2015 06:00

Le syndrome de 1940

Un trou noir mémoriel ?

Gilles Vergnon et Yves Santamaria (Dir.)

Ce volume présente les communications prononcées lors du colloque international qui s'est tenu à Lyon en janvier 2014 sur le thème de la compréhension de la défaite de juin 1940 par les contemporains et de son souvenir dans le monde politique et la société française de l'après-guerre.

Organisé en trois grandes parties ("Interpréter la défaite", "La bataille du souvenir", et "Vu d'outre-mer et de l'étranger"), ce volume est particulièrement riche. Dans la première intervention, "Relire la défaite à l'aune de l'historiographie récente", François Cochet dresse un tableau complet des travaux récents sur les chefs, les combattants, les matériels, et souligne l'intérêt (cela mérite d'être mis en relief) des "revues spécialisées habituellement peu prisées des universitaires ... On trouve souvent dans leurs colonnes une véritable érudition de la culture matérielle des armes". Les communications suivantes analysent les points de vue des résistants, des catholiques, de l'extrême droite, des gauches révolutionnaires sur les événements du printemps et de l'été 1940 : bref, un large survol des opinions publiques les plus marquées, analyses posées, équilibrées et mesurées. Dans la deuxième partie qui s'intéresse aux traces ultérieures de la défaite, on apprécie particulièrement les propos de Gilles Vergon ("Nous sommes le 9 mai 1940. Anamnèses récentes de la défaite de mai-jui 1940") qui décrypte propos officiels, commémorations et couverture  de presse pour les années 1980-2010, en lien avec les publications d'ouvrages divers sous les présidences Mitterrand, Chirac et Sarkozy. La présentation par Serge Barcellini des "Associations d'anciens combattants de 1940" mérite une lecture attentive, tandis que François Pernot analyse un étonnant article paru en 1955 dans la Revue de défense nationale française sous la signature d'un officier tchèque qui présentait les combats de mai-juin 1940 avec des armées allemandes et françaises équipées... d'armes atomiques ! Une sorte "d'histoire militaire alternative", originale même si elle n'est pas toujours absolument convaincante. Dans la troisième partie enfin, Guy Pervillé revient sur "La France et l'Algérie : les points de vue des 'indigènes' en mai-juin 1940 et après" ("facteur essentiel de la fin du prestige français et de l'essor du nationalisme algérien"), et Robert A. Doughty, dans "Comme une invasion de martiens. La défaite vue des USA", montre bien comment furent perçus et ressentis outre-Atlantique, comme une catastrophe incompréhensible, les événements métropolitains de mai-juin. Un véritable traumatisme et une interrogation restée sans réponse qui pèsera lourd dans les relations ultérieures entre Washington et la France Libre puis Paris. Enfin, en fil rouge de nombreuses interventions, cette question lancinante : la défaite de 1940 résonne-t-elle encore aujourd'hui, a-t-elle des échos à la fois dans l'image que les Français ont de leur pays et dans la perception que les autres nations ont de la France... 

A notre avis indispensable pour quiconque souhaite s'intéresser à cette période et à ses conséquences intellectuelles et morales, en complément des ouvrages de référence publiés depuis quelques années. Un exemple d'actes de colloque novateur et utile.

Riveneuve éditions, Paris, 2015, 301 pages, 24,- euros.
ISBN : 978-2-36013-302-4.

Comprendre l'écho de la défaite
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26 juillet 2015 7 26 /07 /juillet /2015 06:00

Carnets et lettres de guerre

Campagne d’Italie, de Provence et des Vosges (janvier-novembre 1944)

Jean Vaugien - Jean Albouy

Edités par Gauthier Langlois, leur petit-fils et petit-neveu, voici les souvenirs de campagne de deux beaux-frères issus du milieu des officiers des Affaires indigènes au Maroc et placés au commandement d’une unité des Goums marocains. Pour le premier, Jean Vaugien, il s’agit de la retranscription de ses carnets de guerre, pour le second, Jean Albouy, des lettres qu’il adressait à sa famille. Deux types de documents complémentaires donc, rédigés à la même période, parallèlement, par deux jeunes hommes proches l’un de l’autre, familialement, culturellement et « militairement ». C’est dire l’intérêt de ce témoignage croisé. L’ouvrage est organisé en trois grandes parties. Les deux premières, « Campagne d’Italie » et « Campagnes de Provence et des Vosges », sont constituées par les carnets de Jean Vaugien ; la dernière est complétée par les lettres de Jean Albouy, entre le 26 mai 1940 et le 1er novembre 1944.

Les carnets de Jean Vaugien nous renseignent sur le quotidien d’une unité des Goums marocains, les rapports entre les officiers et la troupe, leur état d’esprit et leur emploi. Ils sont également précieux pour ce qui est du regard qu’un officier français, dont l’armée renoue avec la victoire, porte sur l’Italie et les Italiens mais aussi sur les alliés. Il ne cache pas son admiration pour l’armée britannique, mais exprime à plusieurs reprises ses réserves sur les Américains. Dès le débarquement près de Naples, la pauvreté et la misère sautent aux yeux et, si les paysages, sites et monuments restent exceptionnels, les conséquences de la guerre dans les villages de l’intérieur sont particulièrement visibles. Au fil de ses notes presque quotidiennes, il raconte par exemple la destruction de l’abbaye de Monte Cassino, « transformée en véritable place-forte » par les Allemands, sous l’action de « plus de trois cent bombardiers en piqué [qui] l’ont réduite à un amas de ruines ». Après une brève période de repos vient le temps, en dépit de la vive résistance allemande, de la progression vers Rome. Le 19 mai : « Réveil à 3 heures et demi. Nous sommes prêts à partir. Les mulets sont trop chargés. Quinze sur vingt-huit sont blessés. Les hommes sont très fatigués. En outre le ravitaillement n’est pas arrivé. On marchera quand même ». Par les hauteurs, de piton en crête, d’accrochage en contre-attaque, les goumiers parviennent dans la capitale italienne : « Naples est la ville sale et dépravée. Rome est la ville propre, chic, digne. Quel plaisir de voir quelque chose de correct pour une fois en Italie … Les Français dans la rue se tiennent très bien, les Anglais encore mieux. Les Américains aussi mal que partout ailleurs. Les Français sont à l’honneur, la police est française, les drapeaux français sont nombreux ». Les combats ne sont pas finis pour autant et les assauts se succèdent jusqu’en juillet. C’est alors l’embarquement pour la Corse (« J’espérais mieux. En dehors d’Ajaccio, c’est tout à fait le bled marocain » écrit-il aux premiers jours, avant d’ajouter par la suite : « Après un premier contact un peu décevant, je découvre les uns après les autres tous les aspects particuliers qui font le caractère et le charme d’un pays », puis du petit village où il est stationné « Ce petit village est très Clochemerle. Tous les gens s’y mangent le nez. Les filles sont sauvages et en général pas très jolies, mais gentilles. Il y a beaucoup de vieux et de vieilles habillées de noir qui marchent pieds nus et qui parlent à peine le français. Nous avons la grosse cote parce que nous réunissons les deux qualités d’être du continent et d’être des combattants d’Italie ». Les observations sont parfois retranscrites de manière un peu "brutes" mais c'est la contrepartie de ce type de document, et elles se succèdent ainsi au fil de la poursuite de la campagne, avec le débarquement de Provence puis la libération de Marseille en août, la remontée à travers les Alpes et vers la Franche-Comté en septembre et jusqu’aux derniers combats à la tête de son unité dans les Vosges au début du mois d’octobre dans le secteur du col de Xiard (ces dernières parties plus rapidement survolées). Le récit cède alors progressivement la place aux lettres de Jean Albouy à ses parents qui, en quelque sorte, poursuivent la description (avec moins d’intérêt toutefois nous semble-t-il) pendant quelques semaines.

A la fin du livre, Gauthier Langlois ajoute, outre une sélection de photos originales, quelques très intéressantes annexes (organigrammes), dont un bel état des sources et de la bibliographie (incluant de nombreux témoignages antérieurement publiés sur les Goums). Un beau et bon témoignage, qui mérite d’être connu, sur les combats des Goums marocains en 1944.

Editions Lavauzelle, Panazol, 2015, 232 pages. 22,30 euros.

ISBN : 978-2-7025-1629-4.

Goums
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19 juillet 2015 7 19 /07 /juillet /2015 07:00

Guadalcanal

Cactus Imperial Air Force contre Marine impériale (1)

Bernard Baeza

La bataille de Guadalcanal, dans les îles Salomon, qui survient peu après celle de Midway, se prolonge pendant plus de six mois à partir de l’été 1942. Elle se traduit pour les Japonais par la perte de l’essentiel des forces terrestres engagées et pour les deux belligérants la disparition de dizaines de navires et de centaines d’avions. Elle marque enfin le début d’un lent reflux de l’armée nippone dans le sud-est asiatique. C’est dire son ampleur et son importance, d’autant que l’auteur prend en compte les combats pour Rabaul et les îles Salomon orientales.

Dans ce volume 1, Bernard Baeza nous décrit avec un luxe de précisions les opérations qui se déroulent entre la fin du mois de juillet et la mi-novembre 1942. Si les opérations aériennes sont naturellement privilégiées, l’auteur prend tout-à-fait en compte qu’il s’agit d’opérations combinées associant les trois armées : il n’oublie ni l’armée de terre, ni la marine de part et d’autre et sait replacer ces combats dans le cadre plus large du théâtre d'opérations. Après la description de la situation initiale en juillet 1942 et des forces en présence, Bernard Baeza divise son étude en sept grandes parties chronologiques, de la première attaque américaine au début du mois d’août jusqu’aux renforcements et à la relative pause dans les opérations imposée aux belligérants par les contre-offensives japonaises et les combats meurtriers de l’été et de l’automne. Le travail, nous l’avons dit, est d’une remarquable précision, jour par jour, parfois heure par heure, paradoxalement presque trop fouillé : on finit par se perdre dans les identifications des moindres unités, d’appareils, de pilotes, les déplacements, les renforcements, etc., et on en vient à regretter que chaque partie ne se termine pas par une synthèse en quelques lignes qui reprenne l’essentiel des pages précédentes. En dépit de cette réserve, il s’agit, on l’aura compris, d’une étude quasiment exhaustive qui permet aussi au lecteur d’identifier les qualités et les défauts des deux armées qui se font face et de s’interroger sur les tactiques mises en œuvre.

Comme toujours, le volume présente une riche iconographie souvent très originale (plusieurs centaines de photos), de nombreuses cartes détaillées, des profils de tous les appareils engagés et les bilans des missions, des victoires homologuées et des pertes subies par les escadrilles alliées et japonaises. Les nombreuses sources (témoignages, archives primaires, ouvrages antérieurs français, anglo-saxons et japonais) sont précisées dans les dernières pages.

Un ouvrage sans doute indispensable, en dépit de son prix, pour quiconque veut travailler sur la guerre du Pacifique.

Lela Presse, Le Vigen, 2015, 377 pages, 59,- euros.

ISBN : 978-2-914017-83-1.

Coup d'arrêt
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18 juillet 2015 6 18 /07 /juillet /2015 06:00

Mémoires

Erich von Manstein

Présentation par Pierre Servent

Après une biographie du maréchal Manstein (ici), Pierre Servent nous propose une édition des mémoires du maréchal allemand. L’intérêt est donc incontestable pour tous ceux qui se passionnent pour la Seconde guerre mondiale.

Ces souvenirs ne concernent pas l’ensemble de la carrière de von Manstein, mais uniquement la période 1939-1944. Ils commencent avec la présentation de la connaissance que les généraux allemands pouvaient avoir des desseins d’Hitler à l’égard de la Pologne, et se terminent avec son départ du front de l’Est en 1944. Avec toutes les réserves que l’on doit faire sur la véracité ou l’authenticité des témoignages rédigés longtemps après les faits, ce volume de souvenirs est donc important. Manstein multiplie les affirmations selon lesquelles il n’aborde que l’aspect militaire de ses liens et relations avec les dirigeants du IIIe Reich et Hitler lui-même et qu’il n’entre pas dans les questions politiques, idéologiques ou « philosophiques » (sic !), ce qui est un peu facile a postériori. Il présente par exemple sa version de l’élaboration et de la présentation au Führer du plan de campagne à l’Ouest au tout début de l’année 1940, revient sur l’ordre d’arrêt donné aux divisions allemandes par Hitler devant Dunkerque et traite assez longuement des préparatifs (tardifs et approximatifs) d’invasion de l’Angleterre à l’été, ce qui lui permet de tailler quelques croupières à Goering (il a également des mots très durs pour le chef de la Luftwaffe à l’occasion de son récit de la bataille de Stalingrad et plus généralement de sa description de la situation à l’Est) : « L’intention de conquérir la maîtrise de l’air au-dessus de l’Angleterre par une guerre aérienne isolée, commençant huit jours avant la première date prévue pour l’invasion, constitue une faute de commandement ». La seconde partie importante est le récit de la campagne de Crimée, qui constitue le deuxième titre de gloire de Manstein. Outre la description des opérations, on relève en particulier sa présentation des relations avec la 3e armée roumaine qui lui est subordonnée (et donc sur les relations entre alliés de « consistance » différente pendant une campagne). On note également l’importance des moyens d’artillerie mis à sa disposition, y compris l’artillerie très lourde, dont « la célèbre Dora de 800 mm. Celle-ci avait été prévue, à l’origine, pour agir contre la ligne Maginot. C’était un miracle de technique ». Sa position à l’égard du rôle qu’Hitler s’obstine à vouloir tenir comme commandant en chef est à la fois claire et ambigüe. Nul doute qu’il n’y ait été de plus en plus hostile, mais il sait aussi se mettre en valeur et se retirer dès qu’il est question d’une opposition frontale : « Mon but était d’obtenir que, tout en demeurant nominalement commandant suprême, il se décidât à confier pratiquement la directions des opérations militaires sur tous les théâtres à un chef d’état-major responsable devant lui, et à nommer un commandant en chef particulier sur le front oriental … Ces tentatives […] furent spécialement délicates pour moi, Hitler sachant fort bien que de nombreuses autorités de l’armée eussent désiré me voir occuper moi-même ces fonctions … Je n’ai pas l’intention de parler ici d’un changement par la force dans le gouvernement du Reich, ni de la tentative faite en ce sens le 20 juillet 1944 ». Le troisième point enfin faisant l’objet de longs développements est « La tragédie de Stalingrad », au sujet de laquelle il explique comment il aurait fallu faire, ce qu’il a proposé, et pourquoi selon lui l’armée Paulus n’a pas été sauvée. Il détaille en particulier tous les débats autour de la tentative de percée (4e et 6e Armées) et de la journée cruciale du 19 décembre, mais s’attarde aussi sur des considérations plus larges à propos de la reddition finale de Paulus, de ses responsabilités et de ses rapports avec l’OHL et Hitler. Les 150 dernières pages racontent enfin les opérations de 1943-1944, les difficultés croissantes de l’armée allemande (vues comme le reste du texte au niveau d'un commandant d'armée ou de groupe d'armées, on n'aborde que rarement les niveaux inférieurs à la division), l’abandon progressif du terrain conquis jusqu’au Caucase, permettant à Manstein de mettre en valeur les « principes militaires allemands qui ont fait leurs preuves : conduire les opérations d’une manière mobile et souple, laisser le plus de marge possible à l’initiative et à l’autonomie des chefs de tout grade. Ces principes, il est vrai, étaient en opposition complète avec les conceptions de Hitler ». On constate d’ailleurs, si l’on suit le maréchal allemand, que son opposition aux décisions du Führer ne fait alors que croître. La bataille de Kharkov, l’opération Citadelle et les combats dans le bassin du Donetz constituent alors le cœur du récit des opérations, Manstein se justifiant systématiquement de l’insuccès de telle ou telle action en plaçant les responsabilités au niveau du commandement en chef et d’Hitler. Tout espoir de victoire échappe définitivement aux Allemands : « L’année décisive, 1943, s’était écoulée sans amener au moins une solution de compromis à l’Est ». Relevé de son commandement au premier jour d’avril 1944, il quitte la scène et termine son récit par la description de ses adieux à son état-major.

Un livre tout particulièrement intéressant (avec les réserves soulignées en introduction).

Perrin, Paris, 2015, 576 pages, 25,- euros.

ISBN : 978-2-262-05077-1.

Le meilleur chef militaire allemand ?
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16 juillet 2015 4 16 /07 /juillet /2015 06:00

L'esprit de résistance au Panthéon

Les héros ne meurent jamais

Bernard Zahra

Mis en vente au moment de l'entrée de quatre nouvelles figures, toutes issues de la Résistance, au Panthéon, ce livre se veut une ode (assez réussie) à l'esprit de la résistance au nazisme.

Mettons immédiatement de côté l'avant-propos, (trop) long préchi-précha dans l'esprit de "l'après-Charlie", où l'abus de lettres majuscules ne parvient à compenser ni le caractère convenu du discours, ni le manque de hauteur d'analyse et qui ne nous a pas convaincu. Par contre, le livre lui-même s'organise en cinq grands chapitres intéressants, le premier consacré en parallèle à Jean Moulin et Jean Zay, "pratiquants de la mystique républicaine", les suivant s'intéressant à des personnalités aussi différentes que Germaine Tillion, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Pierre Brossolette et René Cassin. Chacun décrit la vie de l'intéressé(e), en insistant bien sûr sur son engagement et son rôle pendant la Seconde guerre mondiale. Au-delà des quelques moments de leurs vies gravés dans la mémoire collective, ils retracent pour nous des existences engagées, marquées par le souci du bien commun, du respect d'autrui et de la justice. Comme René Cassin, "ni sectaires, ni opportunistes", ils se sont engagés très tôt, par refus de la défaite et refus de la collaboration avec l'occupant, acceptant les pires souffrances et parfois la mort au nom d'une certaine conception de la France. "La peau au bout de ses idées" mise en pratique quotidienne, et non pas dans des discours de façade.

On n'échappe pas à quelques répétitions, mais commencez directement à la page 19 et vous prendrez plaisir à poursuivre votre lecture tout en apprenant bien des choses sur la vie de ces six héros, pourtant si différents, de la Résistance.   

Riveneuve éditions, Paris, 2015, 208 pages, 20,- euros.

ISBN : 978-2-36013-333-8.

 

Mémoire
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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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