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24 octobre 2015 6 24 /10 /octobre /2015 06:00

Jasenovac

Un camp de la mort en Croatie

Egon Berger

Comme le précise la quatrième de couverture, la politique d'extermination menée par les nazis en Europe est dans la mémoire collective indissolublement liée aux noms d'Auschwitz et de Treblinka. Or ce livre nous présente les souvenirs d'un survivant du camp de Jasenovac, "le seul camp non géré par les nazis de sa construction à sa destruction, le plus grand camp de Croatie et le troisième camp de la mort le plus destructif".

Le silence fait sur ce camp est d'autant plus fort que la composante religieuse n'est absente ni du régime Oustachi, ni de l'appartenance des détenus, et aujourd'hui encore l'Eglise croate comme Zagreb peinent à admettre les faits, oubliant "la déclaration de l'évêque de Zagreb Alojzije Stepinac lors de sa rencontre avec le poglavnik Ante Pavelic : 'C'est Dieu Lui-même qi a fait cela et nos yeux sont émerveillés'. La Croatie devait être un Etat divin". L'auteur, Egon Berger, est arrivé dans le camp le 11 septembre 1941 et ne l'a quitté que le 22 avril 1945. Il doit à son exceptionnelle résistance physique, et à sa présence d'esprit en quelques circonstances, d'avoir survécu. Le récit qu'il fait est à certains moments hallucinant, et n'a rien à envier aux pires témoignages sur les camps de la mort allemands. Juifs, mais aussi Roms et Serbes orthodoxes sont rassemblés et mis au travail dans des conditions extrêmes de promiscuité, de mal-nutrition, de manque de soins ; mais aussi de brutalité et parfois de sadisme pur et simple. En dépit des morts par centaines, le flot des nouveaux arrivants maintient l'effectif global : "Les baraques se remplissaient et se vidaient au rythme des prisonniers nouvellement arrivés ou assassinés. Ce rythme variait selon les besoins des chantiers, conditionnant également la cadence des liquidations". Une série de brefs chapitres donne ainsi plusieurs exemples de crimes sauvages,allant jusqu'à l'égorgement systématique, ou l'usage de la hache et du maillet pour économiser des munitions. Des adolescents croates sont impliqués : "Puis apparurent une dizaine de jeunes oustachis, des Croates d'Herzégovine de moins de quatorze ans, envoyés à Jasenovac pour apprendre le métier d'égorgeur. Chacun d'entre eux découpa qui un nez, qui une langue, qui une oreille, et les enveloppa dans un mouchoir en se vantant de pouvoir montrer dans son village qu'il avait attrapé des partisans"... Et lorsqu'il faut "faire du chiffre", des prisonniers sont rassemblés par centaines et abattus à la mitrailleuse en quelques minutes. Si la visite d'une commission internationale amène une très provisoire amélioration, un grand nettoyage, mais aussi une mystification complète ("On leur montra un baraquement tout neuf, construit spécialement pour cette occasion"), un crématoire est bientôt aménagé dans le camp, tandis que femmes et enfants subissent désormais le sort jusque là réservé aux hommes. Les horreurs se multiplient, se succèdent, par milliers, par dizaines de milliers, jusqu'à ces cas de canibalisme... Peu à peu les prisonniers les moins affaiblis s'organisent, une forme de "résistance intérieure" au camp se met en place et quelques liens sont ponctuellement noués avec l'extérieur, un projet de soulèvement et d'évasion collective est mis sur pied. La mutinerie a lieu en avril 1945, l'évasion est réussie, l'horreur se termine.

Accompagnant ce texte, les photos d'époque ponctuent les pages sont parfois horribles (Oustachis plastronant avec la tête d'un Serbe décapité) et en reforcent le caractère inhumain. Inhumain au point que parfois, honnêtement, on doute. Comment de tels crimes ont pu être commis en si grand nombre ? La moindre contradiction fait surgir le doute, l'accumulation des actes de sadisme pose question. Et pourtant... Reportons-nous simplement aux Balkans des années 1990...

Editions des Syrtes, Paris, 2015, 154 pages, 15,- euros.

ISBN : 9782940523269

Auschwitz croate
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16 octobre 2015 5 16 /10 /octobre /2015 06:00

La route de Romain

De Sciences Po. à Buchenwald

François Perrot

Un témoignage émouvant sur une jeunesse en temps de guerre. Un témoignage de plus dira-t-on.

Dans son avant-propos, l'auteur souligne lui-même que la rédaction de ses mémoires du temps de guerre en 1987 pose indiscutablement un problème déontologique (à l'historien), "dans la mesure où bien des souvenirs se sont estompés et où la mémoire est parfois inexacte ou défaillante". Il ajoute dans l'introduction que c'est pour ses filles et petites filles qu'il s'est décidé à mettre par écrit ses souvenirs. En quatre grandes parties, le livre présente ainsi les "années noires mais glorieuses" de sa jeunesse. Il raconte son entrée en résistance, de façon très "artisanale" à l'été 1940 avec la fabrication d'autocollants archaïques avant d'avoir le projet de rejoindre la France Libre. Rapidement arrêté avec ses camarades, il est remis à ses parents poursuit ses études au lycée Henri IV , prend contact avec le mouvement Front National Etudiant et recommence à militer contre l'occupant. Arrêté à nouveau alors que deux supposés réfractaires au STO sont hébergés à son domicile, il passe par la rue des Saussaies de sinistre mémoire, puis par Fresnes (il raconte là les formes de communication entre prisonniers), croise l'abbé Stock, raconte le quotidien de sa prison. Il quitte un jour sa cellule pour la gare, et est interné au Frontstalag 122 près de Compiègne, où en dépit des difficultés la vie semble moins dure. Puis à nouveau le train en direction de l'Est, nus à cent par wagon après avoir franchi la frontière du Reich, jusqu'à Weimar. Nouveau transfert et arrivée dans un camp isolé : "Nous sommes arrivés dans un camp de concentration nommé Buchenwald". Il s'agit en fait "d'une réserve de main d'oeuvre pour les Kommandos", et l'auteur nous présente alors les Kapos qui collaborent avec les SS, les différentes populations prisonnières dans cette véritable "tour de Babel" . Encore un changement avec un départ pour l'annexe de Berlstedt, où les détenus travaillent dans le domaine des carrières et de la briqueterie. En avril 1945, les SS évacuent le camp et ils nomadisent en Allemagne pendant plusieurs jours avec leurs prisonniers, jusqu'à ce qu'ils soient libérés par les Américains de l'armée Patton. L'épreuve est terminée, c'est l'heure du retour vers l'ouest et de l'arrivée à Paris pour retrouver sa famille. 

Complété par plusieurs pièces annexes, le livre en lui-même ne nous apprend rien de particulier sur cette période et le sort réservé aux résistants arrêtés. Il apporte par contre un témoignage, simple et clair, sur ce qu'était le quotidien de ces jeunes hommes. 

Lavauzelle, Panazol, 2015, 189 pages, 19,- euros.

ISBN : 978-2-7025-1632-4.

Résistance et déportation
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30 septembre 2015 3 30 /09 /septembre /2015 06:00

Les mythes de la Seconde guerre mondiale

Jean Lopez et Olivier Wieviorka

Un ouvrage réussi à partir d'une association improbable : celle du professeur d'université et du journaliste qui se retrouvent sur le terrain de l'histoire.

Avec 21 contributeurs différents, parmi lesquels aussi bien d'éminents universitaires et que des journalistes spécialisés et un officier, ce volume veut aller au-delà es idées reçues sur de nombreux points de la Seconde guerre mondiale. La plupart des belligérants sont traités, selon des angles politiques ou militaires essentiellement. De "Les Britanniques étaient unanimement derrière Churchill", dans lequel François Kersaudy revient sur la fausse unanimité qui n'ose s'exprimer qu'après la victoire, à "Yalta, ou le partage du monde", dans lequel Georges-Henri Soutou explique ce que fut effectivement sur le moment la conférence entre les trois Grands, nous abordons successivement la défaite de 1940 avec Maurice Vaïsse, Pearl Harbor avec Pierre Grumberg, Rommel avec Vincent Arbaretier, la Waffen SS avec Jean-Luc Leleu, l'armée italienne avec Hubert Heyriès, le corps expéditionnaire d'Italie avec Julie Le Gac et le débarquement de Provence avvec Claire Miot, les kamikazes avec Pierre-François Souyri ou la contribution de la France à la victoire des alliés avec Jean-François Muracciole, par exemple. Le schéma général, qui s'inspire de la ligne éditoriale de l'excellent revue Guerres & Histoire, consiste à remettre les évènements décrits dans leur contexte du moment et à en analyser les causes et conséquences après en avoir décrit le déroulement. Chaque contribution est solidement référencée et peut se lire indépendamment des autres. C'est ainsi que le "mythe SS" est ramené à sa juste mesure (parfois bien faible tactiquement), que l'économie allemande redevient l'économie moyenne et sous tension qu'elle était, l'image d'Epinal de Bir-Hakeim rapidement reconstruite après les combats est décortiquée, l'absurdité des investissements colossaux au profit des "armes miracles" du Reich mais au détriment des armements conventionnels démontrée, etc.

Alors, bien sûr, telle ou telle affirmation pourra déclencher un débat, voire une polémique. Mais il faudra alors argumenter aussi solidement que les auteurs. Et alors, tant mieux pour la connaissance que nous pouvons avoir de la période. En attendant, un volume très intéressant, qui se lit par extraits et qui se savoure petit à petit. Un "must" qui ne dépareillera pas dans votre bibliothèque.

Perrin, Paris, 2015, 441 pages, 21,- euros.
ISBN : 978-2-262-04846-4.

Eclaircissements bienvenus
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22 septembre 2015 2 22 /09 /septembre /2015 06:00

Secrets et mystères de la France occupée

Michèle Cointet

Auteure de nombreux ouvrages sur la France de Vichy et l'occupation, Michèle Cointet souhaite avec ce nouveau livre présenter à travers dix-neuf épisodes, plus ou moins connus, ce que fut la vie en France occupée, au-delà des idées reçues et des histoires réécrites.

Du chapitre 1 qui raconte comment la république s'effondre en juillet, au chapitre 19 qui fait le récit du procès Pétain, nous passons successivement par l'envol du général de Gaulle pour Londres, par la mise au pas des grandes administrations, par les pénuries alimentaires et le marché noir, par le sauvetage des enfants juifs, la questions des prisonniers, déportés et STO (et la tragédie du Cap Arcona en mai 1945), s'interroge sur les causes de la collaboration individuelle ou collective (dont celle de nombreux intellectuels et artistes), sur les innombrables courriers de dénonciation (si nombreux que le préfet de la Vienne finit par demander à la population de faire preuve de mesure), sur le retour des anciennes provinces sous le patronnage de Vichy (dont le rôle des mouvements régionalistes mais aussi les arrières-pensées politiques qui inspirent les découpages), les vols et le pillage des oeuvres d'art, les bombardements alliés sur la France, sur la menace de détruire le centre de Marseille, sur une étonnante natalité dans un pays qui faisait jusque là peu d'enfants (et la place de la mère dans la politique de Vichy), sur l'image enjolivée de certains maquis (mais aussi leurs liens étroits avec les populations locales), sur les massacres de Tulle et d'Oradour-sur-Glane ou sur les relations compliquées avec les Américains. Ces coups de projecteur successifs font le tour de chaque question, sur un ton clair, posé, sereinement argumenté et dans un style agréable à lire.

Le livre, qui donne en annexe le texte commenté de la convention d'armistice, manque peut-être d'une bibliographie classée, mais l'on peut compenser en se reportant aux références des notes, chapitre par chapitre. 

Fayard Histoire, Paris, 2015, 334 pages, 22,- euros.

ISBN : 978-2-213-68256-3.

Vichy au quotidien
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17 septembre 2015 4 17 /09 /septembre /2015 06:00

Les six miliciens de Grenoble

Pascal Cauchy

A partir d'un article du magazine Life racontant en octobre 1944 l'exécution par des maquisards de six jeunes miliciens, l'auteur nous entraîne dans l'histoire de la région grenobloise au long de la guerre, l'occupation et jusqu'après la libération.

Après avoir présenté le détail du premier dossier d'archives (en particulier photographiques) à partir duquel il a travaillé, prétexte donc à une étude beaucoup plus large, l'auteur décrit l'évolution du Dauphiné et de l'Isère, traditionnellement terres d'accueil de réfugiés, entre 1940 et 1944, la relative "douceur" de l'occupation italienne, par comparaison avec la conduite des troupes allemandes à partir de septembre 1943. La répression devient d'autant plus forte que la résistance et les maquis sont actifs dans la région et il souligne les caractéristiques particulières de cette résistance au sein de laquelle les militaires tiennent une place importante. En parallèle, le chapitre suivant présente la Milice de Darnand, son organisation générale, son rôle, son école de formation interne et son rapprochement croissant avec le national-socialisme, de même que son action supplétive de la police. Lorsque les attentats se multiplient dans la région contre des membres ou des cadres subalternes de la Milice, Darnand se braque. Secrétaire général du maintien de l'ordre en décembre 1943, chef de toutes les forces de police en janvier 1944, il intègre sa Milice dans le processus officiel et institutionnel : "Le temps des indulgences est passé. La Milice française a supporté pendant cinq mois les coups des assassins sans riposter ... Nous nous sommes organisés pour la lutte. Nous avons étendu notre réseau de renseignement. Nous nous sommes armés". Mais il lui faut encore mettre sur pied les juridictions d'exception pour couvrir d'un semblant de justice l'engagement de ses hommes contre la résistance. Désormais de véritables opérations de guerre. L'étude se concentre alors sur la situation particulière à Grenoble et sa région, où tout bouillonne et où les tensions sont de plus en plus vives : les Miliciens "deviennent même un ennemi à privilégier comme tel". Miliciens, SS et Gestapo contre groupes francs et maquis : c'est la célèbre et triste affaire du Vercors avec tous les événements qui l'entourent. A l'été 1944, la Milice passe du statut de force de police à celui de formation combattante, elle "est désormais en première ligne". Le récit de Pascal Cauchy entre alors dans le détail des opérations des mouvements de résistance et, en parallèle, de la répression dont ils sont victimes, mais aussi des débats internes, où les questions politiques sont extrêmement présentes entre le PC et les autres composantes. Le 22 août, une semaine après le débarquement de Provence, les Allemands quittent Grenoble et le "préfet du maquis" prend le contrôle des services publics et des bâtiments officiels. Mais, "les officiers du maquis voient surgir toute une foule de résistants inconnus d'eux ... Les premières heures de la libération sont propices à un grand désordre allant de l'acte crapuleux de quelques uns à une situation pré-insurrectionnelle menée par des groupes décidés". Par ailleurs, "très vite, les communistes entendent compenser leur faiblesse numérique dans la résistance par une présence politique surdimensionnée". Dans une ambiance surexcitée, sur fond d'arrestations arbitraires et d'enlèvements politico-crapuleux, commence le 31 août l'instruction du procès de dix miliciens. Elle dure une journée et l'auteur en décrit le détail des interrogatoires. Le procés se déroule le 2 septembre et six des dix miliciens sont condamnés à mort, exécutables immédiatement.

Le livre se termine sur les suites immédiates de cette exécution, les modalités de "l'épuration légale" qui se poursuit à Grenoble comme dans le reste de la France et le souvenir qui a été conservé de cette période et de ces événements. A partir d'un cas concret parfaitement décortiqué, une étude qui sait faire l'aller-retour entre situation nationale et situation régionale. Très intéressant. 

Editions Vendémiaire, Paris, 2015, 222 pages, 19,- euros.

ISBN : 978-2-36358-188-4.

Epuration
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11 septembre 2015 5 11 /09 /septembre /2015 06:00

Histoire de la Première Armée française

Jean de Lattre de Tassigny

Nouvelle réédition d'un classique : l'histoire de la Première Armée française par son ancien chef, le général de Lattre de Tassigny.

Présenté par André Martel, qui retrace en particulier l'ensemble de la carrière du "vainqueur de Colmar", ce live de souvenirs s'ouvre sur 1943 et se termine en 1945. Avec une "froideur" revendiquée, le général de Lattre raconte l'ensemble des opérations militaires avec un souci du détail parfois poussé à l'extrême, mais il sait aussi aborder les relations avec Juinn et de Gaulle et s'élever au niveau des considérations interalliées, avec lesquelles les négociations sont parfois difficiles. Les pages les plus enthousiasmantes sont liées au débarquement de Provence et à la rapide et victorieuse poursuite des armées allemandes jusqu'aux Vosges (comme cet assaut surprise, dans la neige, le 14 novembre) en dépit des innombrables difficultés, en particulier logistiques, et de l'âtre résistance allemande. Il revient également à plusieurs reprises sur la question de la création d'une armée nouvelle avec "l'amalgame" entre les unités régulières, venues d'Afrique du Nord, et les maquis et groupes de partisans qui représentent l'armée intérieure. La libération de Belfort, de Mulhouse et Colmar constitue également un morceau de choix, à lire aussi une nouvelle fois au prisme non seulement de son déroulement tactique mais aussi des contraintes politiques et interalliées (préparation et mise en oeuvre du "plan de Noël"). C'est ensuite l'audacieux franchissement du Rhin le 31 mars, la marche au Danube et à l'Autriche, les marques de l'estime conservée à Weygand et la participation comme représentant de la France libérée à l'acte officiel de capitulation de l'Allemagne. L'ouvrage se termine enfin sur un ultime chapitre consacré à "l'esprit Rhin et Danube"

Le témoignage essentiel de l'un des (très) grands acteurs français de cette période. A lire impérativement par tous ceux qui s'intéressent à la Seconde guerre mondiale.

Nouveau Monde éditions, Paris, 2015, 671 pages, 26,- euros.

ISBN : 978-2-36942-038-5.

1ère Armée
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4 septembre 2015 5 04 /09 /septembre /2015 06:00

Les secrets de Vichy

Bénédicte Vergez-Chaignon

Ayant récemment publié une imposante biographie de Pétain, Bénédicte Vergez-Chaignon revient à sa thématique générale sur la Seconde guerre mondiale avec cette étude du régime de Vichy qui s'efforce d'apporter des éclairages nouveaux sur quelques moments particuliers, mal connus ou sujets à polémique.

Parmi les douze sujets traités, elle commence par nous présenter Vichy, "micro-capitale" d'un Etat impuissant mais qui tient à conserver les formes extérieures et la vie qui s'y développe dans les services officiels, puis s'intéresse aux "rédacteurs et correcteurs" des discours du maréchal (qu'il corrige néanmoins) : en 1940, "on constate que le nombre de personnes sollicitées pour présenter des projets est finalement assez élevé et les versions multiples", plus le cercle des rédacteurs privilégiés se structure, mais il reste relativement important. Elle analyse également quelques discours importants et se penche sur leur diffusion. Elle tente ensuite de déterminer qui est (qui sont) le(s) principal(paux) rédacteur(s) du statut des juifs de l'automne 1940, et si la première version "de travail" n'est pas de sa main, il apparaît clairement que Pétain apporte à ses versions successives plus qu'une attention particulière : il a pris une part importante. Ainsi de suite, du retour des cendres de l'Aiglon en décembre 1940 (concomittant avec la destitution de Laval) : la cérémonie "se révèle comme la mascarade qu'elle a toujours été" (avec le soupçon peu crédible d'avoir voulu attirer le maréchal à Paris pour le retenir prisonnier) ; à l'attentat de Versailles contre Laval à l'été 1941, qui permet de parler de la création de la LVF et de la carrière ultérieure du tireur, Paul Collette. Un chapitre est consacré au rôle particulier de Vichy dans la "solution finale" en France, sa réalité mais aussi ses ambiguités et ses limites ; un autre à la carrière et à la personnalité de Darnand, qui réussit "l'exploit" de devenir membre du gouvernement en décembre 1943 après avoir prêté serment de fidélité à Hitler... Le dernier chapitre traite des "Cent derniers jours de Laval", de juillet à octobre 1945, balloté vers le "réduit bavarois" au dernier stade de l'avance alliée, puis brièvement réfugié en Espagne avant d'êtrepris en charge par la Sécurité militaire française en Autriche et d'être ramené dans l'hexagone où il comparaît devant un juge à partir du mois d'août.

En résumé, une approche pointilliste de quelques moments importants ou de quelque scènes ordinaires du régime de Vichy qui permet à l'auteure de brosser le portrait de très nombreux responsables de la collaboration croisés au fil des pages, et de dresser le tableau peu glorieux d'une période définitivement sombre.

Perrin, Paris, 2015, 415 pages, 22,- euros.

ISBN : 978-2-262-02683-7.

Vichy
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16 août 2015 7 16 /08 /août /2015 07:00

Les fiascos militaires

de la Seconde guerre mondiale

Laurent Tirone

Déjà auteur d'un intéressant ouvrage sur Les armes secrètes du IIIe Reich (ici) et journaliste spécialisé, Laurent Tirone abandonne les matériels pour s'intéresser aux questions plus tactiques.

Comme dans l'ouvrage précédent d'ailleurs le titre ne semble pas tout à fait adapté au contenu de l'ouvrage. Plutôt que de "fiascos", il s'agit de décrire le déroulement d'une vingtaine de batailles qui se soldent par une défaite pour l'assaillant (phénomène assez fréquent dans l'histoire militaire, reconnaissons-le). De Montcornet aux prémisses de la bataille de Berlin en passant par Dakar, Dieppe, Kharkov, Midway, Kasserine, Market Garden, les Ardennes, nous suivons les principales armées engagées dans la Seconde guerre mondiale à l'occasion d'offensives ou d'opérations dont les résultats ne sont pas à la hauteur des attentes de leurs initiateurs. Pour chaque chapitre, Laurent Tirone en décrit les préparatifs et le déroulement afin d'en tirer très rapidement quelques enseignements en conclusion. De ce point de vue, l'ouvrage est intéressant et sera utile à ceux qui découvrent les opérations militaires des années 1940-1945. Il donne par exemple beaucoup de chiffres significatifs (engins engagés, effectifs, pertes, etc.) et synthétise en quelques phrases sobres les principales phases. Toutefois, on atteint là les limites de l'exercice et l'on peut regretter que des opérations totalement différentes par leur nature et leur contexte (la bataille de Montcornet dans l'hexagone en 1940 et le raid du Yamato vers Okinawa en 1945) soit successivement décrites sans conclusions partielles et sans qu'une synthèse plus élaborée ne soit tirée. Certes, quelques principes généraux sont régulièrement mis en relief (questions relatives aux matériels, à l'organisation du commandement, au mépris de l'adversaire, à la logistique, aux carences du renseignement, etc...), mais c'est finalement assez maigre et il est un peu facile de constater en conclusion qu'une "victoire correspond toujours à un échec pour l'adversaire"... Et puis, si conduire les opérations militaires se limitait à cocher les cases d'une liste pré-établie, cela se saurait sans doute.

Un volume d'été pour survoler quelques unes des principales opérations de la Seconde guerre mondiale.

Ixelles éditions, Paris, 2015, 219 pages. 14,90 euros.

ISBN : 978-2-87515-261-9.

Echecs cinglants ?
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7 août 2015 5 07 /08 /août /2015 07:00

La Kampfgeschwader 100

L'escadre au Drakkar

Jean-Louis Roba

Premier volume d'une nouvelle collection d'histoire des unités, cet ouvrage est consacré à une formation atypique qui, selon la conclusion de l'auteur, "reflète assez bien les tourmentes affrontées par l'aviation militaire du IIIe Reich tout au long de la Seconde guerre mondiale".

Créée au milieu des années 1930 comme unité d'expérimentation dans le domaine du guidage aérien (bombardement / transmissions), elle devient formation opérationnelle à partir de l'invasion de la Pologne en 1939 et sera dès lors engagée sur tous les théâtres, au-dessus de la mer du Nord, sur la Norvège puis dans le cadre de la bataille d'Angleterre, essentiellement en charge de missions de guidage aérien. A partir du deuxième semestre 1941, c'est contre l'Armée rouge et les sites industriels soviétiques, dans le cadre de Barbarossa, que ses appareils interviennent, avec un potentiel affaibli (les hommes comme les machines). Réorganisée en deux unités (son historique devient assez confus avec une succession rapides d'appellations différentes), elle sert pour partie au sud du front russe (Sébastopol, Stalingrad, Caucase) et pour partie à l'ouest au-dessus de l'Atlantique et de l'Angleterre. Nouveau changement au printemps 1942, avec un regroupement partiel en Grèce pour intervenir au profit de l'Afrika Korps de Rommel en Libye et en Egypte, mais aussi contre Malte. Les réorganisations et modifications de structure se poursuivent, entraînant de nouveaux changements de dénomination et la disparition de l'unité "historique", avec la création de trois formations opérationnelles distinctes et d'une unité d'instruction. A nouveau massivement employés au-dessus de la Méditerranée, les appareils reçoivent les fameuses bombes 'Fritz X'. Désormais les Alliés progressent au sud (débarquement de Sicile) et les Allemands prennent pour cible les navires italiens qui viennent de changer de camp (attaque du convoi de l'escadre italienne en septembre et destruction de son navire amiral, le Roma). La zone d'action s'étend aux îles du Dodécanèse, à la péninsule italienne, toujours aux côtes britanniques et à l'Atlantique et bientôt à la France métropolitaine à la suite des débarquements de Normandie et de Provence.

Une histoire à certains égards assez confuse, ou pour le moins compliquée (quelques organigrammes simplifiés auraient sans doute été utiles), mais qui permet de suivre les opérations aériennes (au plus près des pilotes grâce à de nombreux témoignages) d'un bout à l'autre de l'Europe en guerre. Comme de coutume chez Léla Presse, des centaines de photos et des dizaines de profils illustrent le texte qui se termine sur quelques annexes (liste du personnel, des commandants, des décorés, etc.). Un volume qui séduira les spécialistes, mais qui aurait encore gagné à faire davantage le lien entre opérations aériennes et combats au sol. Il sera néanmoins utile à tous, en complément d'études "terrestres", pour mieux comprendre l'ampleur et le développement des opérations sur les différents fronts. 

Editions Léla Presse, Le Vigen, 2015, 224 pages, 39,- euros.
ISBN : 978-2-914017-82-4.

Sur tous les fronts
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5 août 2015 3 05 /08 /août /2015 06:00

Le syndrome de 1940

Un trou noir mémoriel ?

Gilles Vergnon et Yves Santamaria (Dir.)

Ce volume présente les communications prononcées lors du colloque international qui s'est tenu à Lyon en janvier 2014 sur le thème de la compréhension de la défaite de juin 1940 par les contemporains et de son souvenir dans le monde politique et la société française de l'après-guerre.

Organisé en trois grandes parties ("Interpréter la défaite", "La bataille du souvenir", et "Vu d'outre-mer et de l'étranger"), ce volume est particulièrement riche. Dans la première intervention, "Relire la défaite à l'aune de l'historiographie récente", François Cochet dresse un tableau complet des travaux récents sur les chefs, les combattants, les matériels, et souligne l'intérêt (cela mérite d'être mis en relief) des "revues spécialisées habituellement peu prisées des universitaires ... On trouve souvent dans leurs colonnes une véritable érudition de la culture matérielle des armes". Les communications suivantes analysent les points de vue des résistants, des catholiques, de l'extrême droite, des gauches révolutionnaires sur les événements du printemps et de l'été 1940 : bref, un large survol des opinions publiques les plus marquées, analyses posées, équilibrées et mesurées. Dans la deuxième partie qui s'intéresse aux traces ultérieures de la défaite, on apprécie particulièrement les propos de Gilles Vergon ("Nous sommes le 9 mai 1940. Anamnèses récentes de la défaite de mai-jui 1940") qui décrypte propos officiels, commémorations et couverture  de presse pour les années 1980-2010, en lien avec les publications d'ouvrages divers sous les présidences Mitterrand, Chirac et Sarkozy. La présentation par Serge Barcellini des "Associations d'anciens combattants de 1940" mérite une lecture attentive, tandis que François Pernot analyse un étonnant article paru en 1955 dans la Revue de défense nationale française sous la signature d'un officier tchèque qui présentait les combats de mai-juin 1940 avec des armées allemandes et françaises équipées... d'armes atomiques ! Une sorte "d'histoire militaire alternative", originale même si elle n'est pas toujours absolument convaincante. Dans la troisième partie enfin, Guy Pervillé revient sur "La France et l'Algérie : les points de vue des 'indigènes' en mai-juin 1940 et après" ("facteur essentiel de la fin du prestige français et de l'essor du nationalisme algérien"), et Robert A. Doughty, dans "Comme une invasion de martiens. La défaite vue des USA", montre bien comment furent perçus et ressentis outre-Atlantique, comme une catastrophe incompréhensible, les événements métropolitains de mai-juin. Un véritable traumatisme et une interrogation restée sans réponse qui pèsera lourd dans les relations ultérieures entre Washington et la France Libre puis Paris. Enfin, en fil rouge de nombreuses interventions, cette question lancinante : la défaite de 1940 résonne-t-elle encore aujourd'hui, a-t-elle des échos à la fois dans l'image que les Français ont de leur pays et dans la perception que les autres nations ont de la France... 

A notre avis indispensable pour quiconque souhaite s'intéresser à cette période et à ses conséquences intellectuelles et morales, en complément des ouvrages de référence publiés depuis quelques années. Un exemple d'actes de colloque novateur et utile.

Riveneuve éditions, Paris, 2015, 301 pages, 24,- euros.
ISBN : 978-2-36013-302-4.

Comprendre l'écho de la défaite
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Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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