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17 juillet 2013 3 17 /07 /juillet /2013 06:30

Les soldats oubliés de la 1ère DFL

Pierre Granier

Dans ce livre émouvant, Pierre Granier, lui-même ancien officier de la 1ère DFL, rend hommage à ces (ses) hommes venus des quatre coins de la métropole et de l'empire : "Sénégalais, Tchadiens, Algériens, Marocains, Tunisiens, Indochinois, Antillais, Tahitiens ou Polynésiens, ils étaient doublement français, et par leur origine et par le sang versé, et souvent meilleurs patriotes que beaucoup de Français de souche qui les regardaient passer dans les villes et villages libérés par l'armée d'outre-mer". Le ton est donné, avec ce rappel : "Les hommes sont tels qu'on les fait : il n'y a pas de mauvaise troupe, il n'y a que des mauvais chefs"...

Préfacé par le général Magendie, compagnon de la Libération, le livre s'ouvre sur l'explication de l'engagement du jeune Pierre Granier ("Le refus de la défaite"), son "trajet" de Libourne en Indochine puis au passage en Chine pour rejoindre les FFL et arriver au terme d'un quasi tour du monde en Tripolitaine. C'est ensuite le détail de la campagne d'Italie, à l'assaut de la Ligne Gustav dans "les djebels des Apennins" : une histoire au niveau de la section, voire de la compagnie. Une "histoire d'hommes" : les engagements locaux, les combats difficiles, les blessés et les morts, "des bonds de 10 mètres entre les obus", puis le débarquement de Provence, de nouveaux combats tout aussi durs (et dont finalement on parle proportionnellement assez peu), la famille brièvement retrouvée, la bataille des Vosges et les combats d'Alsace. Fait prisonnier au bord du Rhin, il ne pense qu'à s'évader et parvient finalement à rejoindre un poste de l'armée américaine. C'est la fin de la guerre en Europe, et Pierre Granier repart presque aussitôt pour l'Indochine, dans le "bourbier" de la fin de l'année 1945. Il devient l'un des officiers de renseignement de Salan durant cette difficile période de réinstallation en Extrême-Orient. Et en Indochine, il retrouve "ses" tirailleurs... La boucle est bouclée.

Un véritable hommage aux soldats de l'empire et un récit authentique sur le parcours d'un homme, jeune officier subalterne, à une époque extrêmement confuse. Où l'on comprend mieux l'importance du facteur "moral" et la puissance de la volonté individuelle. 

Les Presses du Midi, Toulon, 2004, 414 pages, 18 euros.

ISBN : 2-87867-627-0.

Soldats de l'empire
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17 juillet 2013 3 17 /07 /juillet /2013 06:25

Decision at Strasbourg

David P. Colley

Dans ce livre, aussi détaillé que critique à l'égard d'Eisenhower, l'auteur, journaliste et auteur spécialisé sur les questions militaires, cherche à déterminer pourquoi la décision a été prise à l'hiver 1944-1945 d'interdire à la VIe Armée US d efranchir le Rhin et en quoi cette décision fut une faute.

Le livre est divisé en plus de 32 chapitres de quelques pages, qui détaillent tout le processus de prise de décision, les planifications, les hésitations, le pour et le contre, la décision finale du commandant en chef américain, etc. L'ouvrage détaille en particulier les travaux préparatoires de l'état-major du général Denver, commandant la VIe Armée, auxquels il accorde visiblement un solide crédit Au fil des pages, Eisenhower n'est pas épargné et l'image du chef militaire en sort bien écornée. Le dernier chapitre (pp. 207-210) s'intéresse rapidement à l'hypothèse (cependant rapidement évacuée) d'un franchissement de vive force par les seuls Français de De Lattre. Plus de 30 pages de bibliographie, notes et index donnent à ce livre "engagé" une capacité à convaincre qui n'est pas négligeable. Mais on ne refait pas l'histoire et, contrairement à ce que l'auteur semble considéré comme possible, la guerre en Europe ne s'est pas terminée en février ou en mars 1945.

Naval Institute Press, Annapolis, USA, 2008, 251 pages.

ISBN : 978-1-59114-133-4

1944 : la "halte sur le Rhin"
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13 juillet 2013 6 13 /07 /juillet /2013 06:45

La répression allemande dans le Nord de la France

1940-1944

Laurent Thiery

Issu d'une thèse d'histoire remarquée pour sa grande qualité, ce livre constitue désormais indiscutablement la référence sur le sujet.

Laurent Thiery, qui exerce désormais ses talents et compétences au Cente d'histoire et de mémoire de La Coupole (Saint-Omer), présente dans ce volume de façon extrêmement complète l'organisation, la mise en place, la politique de répression de l'occupant allemand dans cette région particulière du Nord - Pas-de-Calais rattachée au commandement militaire allemand de Belgique. Après une introduction qui précise les enjeux particuliers de la répression en "zone rattachée" et détaille les nouveaux gisements d'archives qui ont pu être utilisés (on apprécie en fin d'ouvrage la présentation de toutes les sources), l'auteur détaille dans une première partie l'organisation des services allemands : "un territoire, des services, des politiques (juin 1940-août 1944)". Il s'intéresse ensuite à la mise en oeuvre à proprement parler : si l'occupation militaire en tant que telle est "pesante mais modérée", l'appareil répressif est déployé sans réserv, y compris contre les mineurs en grève qui protestent en 1941 et dont un certain nombre sont même déportés vers le camp de Sachsenhausen. La troisième partie est plus directement centrée sur la lutte contre les "terroistes" (prises et exécutions d'otages, arrestations des membres du parti communiste, répression de la résistance, etc.) et la quatrième, enfin, sur l'aggravation de la situation au cours des derniers mois (décembre 1943-août 1944), qui voient les militaires allemands dépossédés de leurs prérogatives au bénéfice de la police politique et des organes totalement inféodés au parti nazi. Des éclairages particuliers sont mis sur la protection des sites de V1, qui "justifie" des mesures particulières, et sur le dernier "train de Loos", constitué aux derniers jours d'août 1944.

Plus de soixante pages de sources, bibliographie, annexes et index terminent cet ouvrage d'une grande richesse, d'une extrême précision, dont les propos mesurés (pas d'enflure des qualificatifs) témoignent de la rigueur et du travail de l'auteur. Un indispensable volume de référence pour tous ceux qui s'intéressent à ces questions. 

Editions Septentrion, Villeneneuve d'Ascq, 2013, 366 pages, 28 euros.

ISBN : 978-2-7574-0450-8.

Le Nord / Pas-de-Calais en guerre
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11 juillet 2013 4 11 /07 /juillet /2013 06:40

Pourquoi Hitler n'a pas eu la bombe atomique

Nicolas Chevassus-Au-Louis

Ce nouveau volume de la collection "Mystères de guerre" est indiscutablement intéressant, mais il nous semble moins convaincant que le précédent. A quoi l'attribuer ? Au sujet ? A la façon de le traiter par l'auteur ? A une réticence personnelle ? Peut-être un peu des trois. Toujours est-il que ce Pourquoi Hitler n'a pas eu la bombe atomique nous laisse un sentiment mitigé en dépit de son intérêt. Dur, dur, d'être chroniqueur !

Le sujet en lui-même (chacun a entendu parler de "la bataille de l'eau lourde") est à la fois intéressant, important et peu connu. Nicolas Chevassus-Au-Louis commence par dresser le tableau de la puissance de la physique allemande avant la Seconde guerre mondiale, qui lui donne une relative avance par rapport aux autres nations développées dans "la course à l'atome" (mais on peut lire dans d'autres ouvrages que la France des Curie était à deux doigts d'arriver au résultat avant 1940). Il poursuit en expliquant que les documents et matériels saisis dans les pays conquis confortent cette avance et que le Reich se trouve en 1942 à un tournant. Mais, à partir de cette période, en dépit de réels progrès scientifiques, les moyens manquent, ou connaissent des accidents qui retardent tout le processus. En mars 1945 (et c'est là surtout que nous nous éloignons de l'auteur -qui reconnait d'ailleurs la faiblesse de sa thèse-, car sa démonstration ne repose que sur des associations d'idées, des coincidences, de très rares observations réalisées plus de 40 ans après les faits et les travaux d'un seul autre auteur), une "explosion atomique expérimentale" se serait déroulée sur le site d'Ohrdruf, en Thuringe. Ce genre de "révélation" se succède depuis les années 1950 et n'a jamais pu être prouvé. La dernière partie, en racontant comment les différents alliés se sont précipités à la recherche des scientifiques et physiciens allemands dès le printemps 1945 avec des équipes de recherche spécialisées est par contre très intéressante. Et effectivement, pour des raisons diverses d'ailleurs, sans être négligeable le "bilan" des prises françaises est le plus faible.

Au bilan (et on apprécie la bibliographie finale), beaucoup de confirmations, quelques vraies découvertes et de nouveaux éléments au dossier. Un ouvrage à lire, car il aborde de façon globale un sujet peu connu de façon sérieuse, mais dont une partie n'a pas emporté notre conviction. 

Economica, Paris, 2013, 128 pages, 19 euros.

ISBN : 978-2-7178-6593-6

Hitler et "La" bombe
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9 juillet 2013 2 09 /07 /juillet /2013 06:33

La traque du Bismarck

Les derniers jours d'un mythe

François-Emmanuel Brézet

François-Emmanuel Brézet nous livre ici une bonne synthèse sur un des événements les plus marquants de l'histoire navale de la Seconde Guerre mondiale, la traque du cuirassé de poche allemand Bismarck, dont le départ en mission au printemps 1941 instilla la plus grande inquiétude dans la plus puissante flotte de l'époque, la Royal Navy. L'auteur, docteur en histoire et ancien officier de marine, est spécialiste de l'histoire de la marine allemande et a publié de nombreux ouvrages dans ce domaine comme Le Plan Tirpitz (1897-1914) ou Histoire de la Marine allemande (1939-1945). Il relate ici toute l'histoire du Bismarck, de sa construction en 1935 à son sabordage le 27 mai 1941 après sa longue traque par les navires britanniques, en passant par sa victoire sur le HMS Hood, fleuron de la Royal Navy.

L'ouvrage commence par une première partie intitulée « Construire des cuirassés, pourquoi faire ? », qui donne de précieuses informations sur la politique navale du IIIe Reich et sur les raisons de la construction de cuirassés de poche (même s'il ne faut pas se leurrer sur le qualificatif "de poche" !) dans le cadre du plan Z de l'amiral Raeder, dont le Bismarck est le premier construit, avec son sister-ship le Tirpitz. Le deuxième chapitre, « Le cuirassé Bismarck », est consacré aux caractéristiques techniques de ce navire de guerre, rapidement considéré comme une réalisation majeure de l'ingénierie navale allemande, ainsi qu'à son équipage et son commandant, le très compétent capitaine de vaisseau Ernst Lindemann. La section suivante est une analyse de l'opération Rheinubüng, à laquelle le vaisseau est affecté, dans le cadre de la stratégie navale allemande durant la guerre qui s'apparente à une guerre de course contre les lignes de communications britanniques. S'en suit un court chapitre résumant les principaux événements navals du second conflit mondial et les conditions dans lesquelles l'opération Rheinubüng est déclenchée. Ensuite, le lecteur entre dans le vif du sujet avec quatre chapitres sur les épisodes qui vont forger la légende du Bismarck, du « Combat du détroit de Danemark », jusqu'à « La fin à bord du Bismarck », racontant avec une grande précision les faits et gestes de l'équipage du vaisseau de guerre allemand, sa traque acharnée par les Britanniques qui iront jusqu'à le faire poursuivre par une escadre aéronavale après qu'il ait coulé le Hood et gravement endommagé le Prince of Wales (qui finira aussi tragiquement), de la réaction de Churchill et de la psychose qui s'empare de la Grande Bretagne quand la nouvelle tombe et de son sabordage après une longue et exténuante poursuite. Le dernier chapitre, sobrement intitulé « Après », et la conclusion proposent une réflexion historique sur cet événement très particulier, qui sonne le glas de la tentative de renaissance de la Hochseeflotte tant redoutée durant la Première Guerre Mondiale.

Soutenue par une bibliographie pertinente, cette étude d'histoire navale de François-Emmanuel Brézet est extrêmement précise, touchant à la fois aux domaines technique, politique, diplomatique, de stratégie et de tactique navales, mais aussi aux aspects humains, pour éclairer le lecteur sur cet événement dont les récits déformés ou mythifiés de la Seconde Guerre Mondiale ont longtemps donné une image erronée. Un ouvrage indispensable pour tous les passionnés d'histoire navale.

Thierry Barroca

Perrin, Paris, 2013, 243 pages, 21 euros.

ISBN : 978-2-262-03631-7

Coulez le Bismarck !
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4 juillet 2013 4 04 /07 /juillet /2013 06:35

Guerre de Syrie, juin-juillet 1941

Bataille de Damour

Jacques Favreau

Voilà une histoire aussi complète que possible, semble-t-il, des combats qui opposent, à l'été 1941, Britanniques et Français Libres d'une part, troupes fidèles au gouvernement de Vichy d'autre part.

Hélas pour l'auteur, l'ouvrage commence par une présentation du contexte qu aborde la question de l'établissement du mandat français au Levant. Or, toute personne ayant travaillé cette période dans les archives (Défense et Affaires étrangères) constatera immédiatement que le premier chapitre ne repose que sur du sable, très probablement quelques articles de presse de l'époque et les témoignages d'autojustification publiés après les événements (voir par exemple "La guerre de Cilicie" ou "Le mal français"). Faire d'un résumé des positions du Bulletin du comité de l'Asie française une référence en histoire n'est pas vraiment crédible. C'est dommage, car on entre alors dans le coeur du sujet avec un sentiment défavorable.

Fort heureusement, à partir des pages 37-40, l'étude change de portage. En plus d'une vingtaine de brefs chapitres (parfois quatre pages simplement), Jacques Favreau entre dans le détail des opérations Merkur et Exporter, des forces en présence, de la bataille de Damas et des combats du Chouf. Visiblement plus à l'aise pour "décortiquer" les opérations militaires, l'auteur précise le rôle et la place des grandes unités, les missions propres à certaines armes, mais revient aussi sur la vie quotidienne dans la ville attaquée.  La conclusion est sans appel : en dépit de la bravoure individuelle des combattants auxquels l'auteur rend hommage, "Damour sera un exemple de résistance sur place sans possibilité de contre-attaquer" : un "énorme cafouillage" qui, à certains égards, n'est pas (selon nous) sans rappeler différentes phases de la campagne de France du printemps 1940 (aucune coordination de commandement, absence de réserves, méconnaissance du renseignement, etc.). On apprécie les quelques cartes, et l'on note que l'essentiel des sources est constitué par le carnet de campagne du lieutenant Favreau, par des "entretiens de l'auteur avec les amis de son père, colonels et généraux ayant combattu en Syrie", et par divers autres témoignages oraux ou écrits personnels, ce qui constitue à la fois une force (mise à disposition des chercheurs de nouvelles sources) mais aussi une faiblesse (limitation à un groupe homogène et identifié). 

Au bilan, un ouvrage important car il met l'accent sur un aspect particulier de la guerre franco-anglo-française de Syrie en 1941, mais qu'il faut impérativement compléter par d'autres ouvrages.

Economica, Paris, 2013, 230 pages, 27 euros.

ISBN : 978-2-7178-6584-4.

Guerre franco-française ?
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29 juin 2013 6 29 /06 /juin /2013 06:35

"L'heure des combats viendra ..."

Struthof  -  1er mars  /  23 décembre 2013

Cette belle exposition s'intéresse aux moyens de communication de la Résistance intérieure à travers les exemples du réseau Alliance et du plan Sussex. Une grande diversité de matériels et des commentaires tout-à-fait adaptés. Une visite à ne pas manquer si vous passer par les Vosges ou l'Alsace.

Renseignements complémentaires : ici

 

Les communications de la Résistance
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26 juin 2013 3 26 /06 /juin /2013 06:40

Raid sur Saint-Nazaire

L'incroyable récit d'une opération commando légendaire

Robert Lyman

Le sujet n'est pas nouveau, et il existe déjà plusieurs ouvrages plus ou moins récents sur le sujet, mais l'approche de Robert Lyman est intéressante en ce sens qu'il étudie l'opération dans son environnement et dans sa globalité.

Dans les premiers chapitres (1 à 9), l'auteur brosse le tableau général de la situation des Britanniques en 1942, avec la problématique de la guerre sous-marine et la question de l'attaque par des commandos des installations côtières et portuaires allemandes sur le continent. Il s'intéresse ensuite (chap. 10 à 14) à la phase de préparation de l'opération proprement dite et à sa difficile planification : il ne s'agit rien de moins que d'amener au nez et à la barbe des Allemands un vieux destroyer "bourré d'explosif" pour le faire sauter au coeur d'un port essentiel pour la Marine ennemie ! Il détaille enfin le déroulement de l'opération Chariot, le rôle de la Marine, le sabordage tardif d'un vieux destroyer, le sort des survivants (dont quelques uns parviendront à rejoindre le Royame-Uni via l'Espagne !), et celui des prisonniers, les pertes allemandes et le bilan de ce raid. Les citations sont nombreuses au fil du texte et Sir Alan Brooke en tire la conclusion : "Nous exécutons un certain nombre de raids sur les côtes occupées par l'ennemi de la Norvège au golfe de Gascogne, pour plonger l'ennemi dans un sentiment d'insécurité et d'incertitude". Et ce commentaire, quelques semaines plus tard, d'un officier de la Kriegsmarine : "Nous ne saurions nier le caractère chevaleresque des Britanniques. Tous les Allemands éprouvent du respect pour les hommes qui exécutèrent cette action ... Ils réalisèrent cette entreprise folle du mieux qu'ils le pouvaient. Ils se battirent jusqu'à la mort ou à la capture".

On apprécie la précision des sources et l'importance de la bibliographie, ce qui témoigne d'une vraie et importante recherche. Egalement très utiles, le glossaire final et les quelques cartes. Les amateurs apprécieront la longue liste des opérations combinées conduites par les alliés en 1940-1942 (annexe 1) et la retranscription des citations pour la Victoria Cross accordées à l'issue du raid (annexe 2). Un ouvrage complet qui doit figurer dans toute bonne bibliothèque sur la Seconde guerre mondiale.

Ixelles éditions, Paris, 2013, 366 pages. 23,90 euros.

ISBN : 978-2-87515-190-2.

Le plus grand raid
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21 juin 2013 5 21 /06 /juin /2013 06:40

L'affaire Jean Moulin

Trahison ou complot

Jacques Gelin

Un véritable pavé ! Et un livre à mettre, bien sûr, en parallèle de beaucoup d'autres, dont le récent De l'Histoire à l'histoire, que nous chroniquions le 16 juin (ici).

Revenant, sous la forme d'une enquête de plusieurs années, sur l'affaire de Caluire et la double question régulièremùent violemment débattue : Qui a renseigné les services allemands sur la réunion de Caluire ? Y a-t-il une autre raison qu'une "simple" trahison pour expliquer l'arrestation de Jean Moulin ? Ce sujet est régulièrement débattu avec vigueur depuis la fin de la guerre, et il est même possible qu'en dépit de l'imposante documentation rassemblée pour soutenir sa thèse, Jacques Gelin n'ait pas le dernier mot ! Si la thèse générale de l'auteur est parfaitement claire (la responsabilité de Hardy est considérée comme prouvée malgré les deux procès qui l'ont acquitté "sur le fil"), on apprécie qu'il traite dans le détail d'autres personnages croisés au long de l'enquête, qu'il s'efforce de retracer avec un infini souci du détail la chronologie la plus précise possible des événements qui précèdent, les déplacements et les rencontres des uns et des autres, les difficultés entre mouvements et tendances politiques de la Résistance, les contradictions et les impasses des procès de l'immédiat après-guerre, les silences des uns et les amnésies des autres. Bref, c'est très, très, très fouillé. Mais osons le mot : trop fouillé et peu synthétisé. Dans ce véritable caléïdoscope d'agents doubles, de vrais-faux résistants, de relations plus ou moins conflictuelles avec certains représentants de Londres ou de l'occupant, de préparation du débarquement et de "Plan vert" de sabotages, on finit par se perdre d'autant plus que l'auteur revient ponctuellement sur des éléments déjà donnés quelques dizaines de pages plus tôt (à un moment de la lecture, j'ai été tenté de prendre une feuille de papier et un stylo pour noter les détails fournis dans l'ordre chronologique). Pourquoi, sur un tel sujet, ne pas avoir rédigé de claires synthèses partielles successives ? Pour compliquer le tout, lorsque les données objectives sont insuffisantes ou muettes, Jacques Gelin échafaude une hypothèse, certes crédible, ... mais qui reste une hypothèse. Reconnaissons qu'il l'exprime honnêtement, dès le tire de certaines grandes parties : "Pléthore de témoins, peu de documents", ou "Les zones d'ombre de Caluire". Sous le titre significatif de "Il y a complot et complot", la conclusion (Jean Moulin était-il cryptocommuniste ? Etait-il un agent soviétique ? A-t-il été "donné" aux Allemands par ceux qui craignaient un coup de force du PCF à la Lébaration ?) est relativement équilibrée. L'auteur ne renie pas ses hypothèses (Frenay, Bénouville ou Groussard sont nettement suspectés), mais reconnait les faiblesses du dossier d'accusation. Un faisceau de présomptions, mais pas une preuve. Parlant de Hardy, les derniers mot du dernier paragraphe du livre sont à la fois inquiétants et troublants : "Un soldat perdu... un soldat tout de même. Un membre à part entière, en tout cas, du terrible cortège qui escortera encore longtemps Jean Moulin au Panthéon".

Accompagné de très nombreuses et parfois longues citations, véritablement "truffé" de notes pour certaines pages, le livre est indiscutablement à lire, mais nous aurions tendance de conseiller à ceux qui se lanceraient dans le sujet pour la première fois de commencer par faire connaissance avec l'histoire dans ses grandes lignes et les principaux personnages avant de plonger dans ce document, qui reste à nos yeux indispensable pour les spécialistes au regard des très nombreuses précisions qu'il apporte et des questions qu'il pose.

Gallimard, Paris, 2013, 505 pages. 24,90 euros.

ISBN : 978-2-07-013943-9.

L'affaire de Caluire
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20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 06:30

Churchill et Staline

Biographie croisées

Alain Frerejean

Auteur de nombreux ouvrages, mais à ce jour essentiellement centrés sur le monde industriel (on lui doit néanmoins un Napoléon IV, un destin brisé -1997- et un C'était Georges Pompidou -2007-), Alain Frerejean se lance aujourd'hui dans une redoutable aventure : tenter la biographie comparée de deux géants, Churchill et Staline.

Le livre est organisé chronologiquement en quatre grandes parties ("Les quatre cents coups", "Premiers affrontements", "Lagrande alliance" et "La désillusion"), divisées chacune en huit à seize chapitres. Alternativement, l'auteur aborde quelques mois ou quelques années, ou un épisode particulier de la vie de l'un de ses deux héros en les mettant plus ou moins en parallèle ("Les amours de Churchill", "Les amours et les évasions de Staline" ; "Churchill contre les bolcheviques", "L'irrésistible ascension de Staline" ; etc.). Il en ressort peu à peu une vision pointilliste des deux personnages. Quelques points communs certes, de tempérament ou de caractère, mais si peu de ressemblance(s) dans leurs parcours respectifs !

Pourtant, bien que l'un soit un aristocrate victorien, démocrate épris de liberté individuelle, et l'autre un fils du peuple devenu et resté dictateur par la guerre, la dissimulation et le crime, les deux hommes devront faire alliance contre le IIIe Reich. Alliance de raison, imposée par les événements les plus graves. Même si une certaine forme de fascination, voire pour de brèves périodes de sympathie, n'est pas absente (en particulier chez Churchill), les réalités s'imposent à nouveau très rapidement. L'évocation de la conférence de Téhéran en introduction en porte témoignage dès les premières pages. Alors, on peut bien sûr essayer de trouver des ressemblances "privées" (rapport à la famille par exemple), mais cela ne nous a pas entièrement convaincu. En fait, mais était-ce l'intention de l'auteur ?, ces deux biographies croisées nous montrent surtout ce qui sépare définitivement les deux dirigeants et, accessoirement, invite à réfléchir sur le caractère "froid", détaché de tout sentiment personnel, des alliances internationales. Sur d'innombrables points (dès qu'il ne s'agit plus directement de la guerre contre l'Allemagne), Churchill manifeste son désaccord face aux prétentions, aux exigences, aux prévisions de Staline, tandis que celui-ci n'hésite pas à provoquer le vieux lion britannique A la limite même, sans la menace nazie sur leurs pays respectifs, les deux hommes se seraient-ils tout simplement croisés ? Rien n'est moins sûr et le surprenant hommage que Churchill rend au dictateur soviétique en 1959 ("La Russie a eu une chance extraordinaire au milieu de ses tribulations d'avoir à sa tête un tel génie et un tel chef de guerre") ne fait objectivement référence qu'au souvenir des années 1941-1944.

Pour affiner et complèter le tableau, les lecteurs pourront se reporter à deux ouvrages récents chroniqués par Guerres-et-Conflits : le Churchill, de François Bedarida (ici), et le Staline, de Jean-Jacques Marie (ici). Au bilan, une impression mitigée : beaucoup d'informations, de nombreux détails, une bonne approche de chacun des deux grands hommes, mais une comparaison qui, sous cet angle, tombe un peu à plat. A retenir donc, car l'ouvrage, très riche et facile à lire, ne manque pas d'intérêt (on apprécie également la bibliographie indicative finale), mais sans chercher outre mesure des relations parfois artificielles ou de circonstances.

Perrin, Paris, 2013, 506 pages, 24 euros.

ISBN : 978-2-262-03797-0

L'aristocrate et le dictateur
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Qui Suis-Je ?

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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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