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26 mai 2014 1 26 /05 /mai /2014 06:20

Les Français sous les bombes alliées

1940-1945

Andrew Knapp

Vraie question, finalement peu débattue sans esprit polémique dans l'historiographie française (il est d'ailleurs amusant de constater que l'auteur est professeur en Angleterre)... Elle mérite d'être posée, mais finalement risque de rester sans réponse définitive, entre contraintes stratégiques et impératifs moraux.

Les premiers bombardements, dans le cadre de la bataille de France de mai 1940 s'inscrivent dans le cadre général des efforts franco-britanniques pour s'opposer à la progression allemande ; le dernier peut être daté du 15 avril 1945 sur la 'poche de Royan'. Entre temps, tout l'hexagone ou presque a été touché : au-delà de la Bretagne, de la Normandie et de la région parisienne, les raids seront par exemple nombreux au-dessus du Sud-est. Les chiffres totaux, dans leur sécheresse, sont impressionnants : 600.000 tonnes de bombes, 1.500 communes touchées, 57.000 civils tués, près de 3 millions d'immeubles détruits... Au total, les Anglo-Américains auraient consacré au territoire français 20% de leur effort de bombardement : "C'est près de sept fois plus que la Lufwaffe a déversé sur le Royaume-Uni (Blitz et armes V1 et V2 compris)", plus que sur l'Autriche ou l'Italie. Méfions-nous toutefois des instrumentalisations trop faciles. De très nombreuses opérations étaient (au moins stratégiquement) justifiées par les nécessités opérationnelles du moment : "Comprendre et explique le comportement des Alliés ne saurait excuser leurs très nombreuses bavures (et pire). Remettre en cause leurs actions n'équivaut pas à crédibiliser les thèses -sciemment distillés par la propagande vichyste, et encore courantes dans la France du XXIe siècle- selon lesquelles les Anglo-Américains cherchaient surtout la destruction de l'économie française". Après s'être intéressé à la stratégie des Alliés dans son principe (qui "finissent par se convaincre de la nécessité" des bombardements), Andrew Knapp étudie les objectifs traités par l'aviation (ports, infrastructure de transport, sites industriels, etc.), puis les réactions des autorités de Vichy, de l'organisation de la défense passive (essentiellement sur la base du volontariat) à la propagande mise en oeuvre contre les Anglo-Saxons. Les dernières parties sont essentiellement consacrées aux réactions de la population française sous les bombes et l'ultime chapitre aux rapports entre les bombardements, la résistance et le processus de libération du territoire : "Dans les limites de la science et de l'équipement il n'est pas faisable, et en définitive il n'a pas été possible, de parvenir à ces résultats militaires indispensables sans infliger des pertes et des souffrances sur les civils français habitant près de ces objectifs militaires", doit pudiquement admettre l'Air Cief Marshal Harris dès octobre 1944.

Accompagné de deux cartes très parlantes, de quatorze tableaux récapitulatifs et d'un cahier photos central, le livre s'appui sur une très volumineuse bibliographie et des sources extrêmement variées. Tout est référencé avec précision. Un travail solide qui pose, sans y répondre réellement (mais est-ce possible ?) la question de la hiérarchie entre nécessités opérationnelles et impératifs humanitaires.

Tallandier, Paris, 2014, 592 pages. 23,90 euros.
ISBN : 979-10-210-0461-0.

Une petite vidéo de présentation par l'auteur : ici.

Bombardés par les libérateurs...

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25 mai 2014 7 25 /05 /mai /2014 06:20

Histoire de la marine allemande

1939-1945

François-Emmanuel Brézet

Paru pour la première fois en 1999 et parfaitement complémentaire à L’histoire de l’armée allemande de Philippe Masson, cette étude (bien que parfois désormais un peu datée) méritait amplement d’être remise à la disposition du public dans un format « poche ».

Après avoir expliqué dans un premier chapitre comment la marine de guerre allemande passe de 1918 à 1939 (« De la Reichsmarine à la Kriegsmarine »), l’auteur aborde chronologiquement et méthodiquement les grandes phases de l’histoire navale de la Seconde guerre mondiale pour l’Allemagne, sans jamais oublier de les replacer dans le cadre plus large de la conduite générale de la guerre. La Drôle de guerre fait d’abord l’objet de deux chapitres (« Une entrée en guerre laborieuse » et « La guerre au commerce en mer du Nord et dans l’Atlantique ») qui permettent d’évaluer assez bien la place de la marine dans le dispositif allemand. Puis, François-Emmanuel Brézet traite des opérations du printemps 1940 contre les royaumes nordiques ; de l’opération Seelöwe et du projet de débarquement en Angleterre ; des débuts de la guerre sous-marine et de la « nouvelle » tactique mise en œuvre ; des opérations des croiseurs auxiliaires (les fameux « corsaires »), parfois aussi épiques pour quelques bâtiments qu’aux résultats presque marginaux à l’échelle du conflit ; de l’échec de la stratégie offensive avec les grands navires de surface et de la fin du Bismarck. Il étudie ensuite de façon assez détaillée la conduite de la guerre sous-marine en 1941-1942, dans l’Atlantique et la mer du Nord comme en Méditerranée (ce que l’on sait peu) ; et le « Repli stratégique sur la Norvège », sanctionné par la chute de l’amiral Raeder. Les deux dernières années de guerre, qui font l’objet des quatre derniers chapitres, abordent les mêmes grands thèmes (commandement supérieur de la Marine dans la guerre, flotte de surface, guerre sous-marine), dans un environnement général qui désormais ne cesse de se détériorer pour l’Allemagne, jusqu’à l’effondrement final. Pour la flotte du Reich, cette période pourrait être identifiée par la notion de « sacrifice », celui des sous-mariniers qui poursuivent jusqu’au bout malgré les pertes leurs missions, celui de la lutte de plus en plus difficile contre les convois alliés en direction de l’URSS par la voie maritime de l’extrême Nord, et celui douloureux de l’évacuation des civils et militaires allemands de Prusse orientale par la Baltique. Les personnalités et les choix stratégiques différents de Raeder et de Dönitz, qui servent en quelque sorte de fil rouge à cette histoire, sont enfin directement comparés dans une brève conclusion.

Le texte courant n’est pas exempt à quelques reprises d’une certaine forme d’admiration pour les campagnes et l’action de la Kriegsmarine, mais peut-il en être autrement lorsque l’on étudie pendant un sujet pendant de longues années ? Le livre se termine sur une cinquantaine de pages de notes, bibliographie, cartes et index, qui permettront aux amateurs d’aller plus loin s’ils le souhaitent. Un petit volume peu onéreux qui sera extrêmement utile.

Coll. ‘Tempus’, Perrin, 2014, 476 pages. 10,50 euros.

ISBN : 978-2-262-04409-1.

Rêves et sacrifice de la Kriegsmarine

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23 mai 2014 5 23 /05 /mai /2014 06:20

Les voix oubliées du débarquement

Roderick Bailey

Voici un livre original et utile : il raconte le débarquement à partir des témoignages oraux conservés par l'Imperial War Museum.

Presque exclusivement centré sur les témoignages des soldats et marins britanniques, le livre présente tous les avantages et les inconvénients de ce type d'ouvrage : une très grande proximité avec l'événement, mais une vision émiettée du déroulement de l'opération. Organisé en six grandes parties chronologiques, de "Les préparatifs" à "Pousuite des opérations", il colle au plus près de l'engagement des Anglais, assez systématiquement mis à l'honneur. Pour chaque thème ou sujet, Roderick Bailey a retranscrit les témoignages oraux recueillis, de lord Mountbatten aux officiers d'état-major, aux chefs de contact et aux simples soldats. L'entraînement préalable au déclenchement de l'opération est décrit : "A l'époque, tout le monde essayait de nous motiver à l'aide de souvenirs militaires", raconte le lieutenant David Wood, "Lorsqu'on se rendait sur le parcours du combattant, les gars criaient 'Rappelez-vous Hong-Kong !' ou 'Rappelez-vous Singapour !'. A un moment, mais pas quand nous y étions, il y a même eu des seaux remplis d'entrailles qui servaient à vous asperger de sang. Vous vous sentiez ainsi plus agressif". L'opération aéroportée de la nuit précédant le débarquement est bien sûr longuement décrite, dont le célèbre Pegasus Bridge : "Nous lancions plein de grenades. J'en ai lancé une ou deux et nous tirions des rafales en l'air rien que pour faire du bruit. Mes grenades, je les ai lancées vers la berge la plus éloignée du canal de Caen à la mer, mais elles sont tombées dans l'eau. Elles ont seulement tué quelques poissons, mais l'explosion était belle. Et les Allemands sont partis en courant. Ils se sont enfuis dans toutes les directions" (2e classe Denis Edwards). L'action des Britanniques sur les différentes plages est souvent vue à travers le prisme des officiers de la Navy : "Il y avait bien entendu des hommes qui trouvaient la plage très stressante. Je me souviens d'un groupe de membres de la police militaire qui se cachait derrière un véhicule blindé et je les encourageais à partir mener leur mission à bien. Je suis également tombé sur deux hommes -je n'avais jamais vu ça et je ne l'ai jamais revu ensuite- qui étaient verts de peur. Là aussi, il a fallu les encourager à se ressaisir. Ce n'était pas pire pour eux que pour les autres" (capitaine de corvette Edward Gueritz). Les combats à l'intérieur des terres ne sont bien sûr pas plus oubliés que les images symboliques : "C'est alors que, probablement cinq minutes plus tard, sont arrivés des bérêts verts, les commandos de lord Lovat. Aux côtés de lord Lovat se trouvait son cornemuse, Bill Millin, qui soufflait dans son instrument. Nous étions assis là et nous regardions effarés ces bérêts verts. Ils devaient être 600 ou 700 à débarquer".

En résumé, c'est plaisant, facile à lire et, par nature, très proche des hommes et du terrain. Pour une utilisation ultérieure des témoignages dans d'autres études, il sera bien sûr indispensable de recourir à des ouvrages de synthèse, mais il y a là, indiscutablement, une vraie richesse.

Ixelles Editions, Paris, 2014, 432 pages. 24,90 euros.
ISBN : 978-2-87515-215-2.

Témoignages du Débarquement

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16 mai 2014 5 16 /05 /mai /2014 06:25

Dans la tanière du loup

Les confessions de la secrétaire d’Hitler

Traudl Junge

Jeune bavaroise qui, dans son enfance, voit peu son père membre du corps franc Oberland puis « exilé » en Turquie pendant de nombreuses années après le putsch manqué de 1923, Traudl Junge reçoit une éducation très traditionnelle : « Vous devez devenir des gens convenables, ne pas mentir, être serviables, honnêtes et modestes, vous montrer accommodantes et avoir du tact, et ne pas vous mêler des affaires des autres ».

Une longue introduction nous présente les premières années de la jeune femme. Tout au plus sera-t-elle impressionnée, comme beaucoup d’adolescents, par l’ampleur et la mise en scène des grandes manifestations nationales-socialistes de la deuxième moitié des années 1930. Devenue secrétaire, elle se passionne pour la danse, à laquelle elle consacre l’essentiel de son temps libre à la veille de la Seconde guerre mondiale. Bref, une jeune fille ordinaire qui entre dans la vie active. Les souvenirs de Traudl Junge, rédigés en 1947, sont ensuite divisés en sept chapitres, dont seuls les trois premiers ont été titrés par ses soins : « Première rencontre », « Dans la tanière du loup », « Premières impressions du Berghof ». Les chapitres qui suivent présentent chronologiquement les dernières années de guerre, alors que Tradl Junge appartient à un ‘pool’ de secrétaires et travaille pour différents proches et collaborateurs du Führer, d’abord au GQG sur le front Est, puis à partir de janvier 1945 à Berlin. Après la mort d’Hitler, dont elle livre le récit que lui fait peu après Otto Günsche, c’est la tentative de sortie du bunker… Le livre se termine sur un commentaire de Melissa Müller, à l’origine de la publication initiale du livre, sur le thème « Chronologie d’un travail sur la culpabilité » qui retrace l’histoire de la secrétaire d’Hitler après la fin de la Seconde guerre mondiale, ses explications, ses doutes : « Traudl Junge a servi un régime criminel, mais n’a jamais participé aux actions meurtrières des nazis … Tout en ayant été si proche de l’événement, elle ne cadre pas avec le schéma de pensée de ces hommes », et pourtant, « elle ne s’est jamais sentie innocente après la guerre. Mais autant la honte et le regret des atrocités nazies la tourmentaient, autant il lui fut difficile de situer sa corresponsabilité au-delà d’une auto-accusation diffuse et abstraite »Dans le corps du volume, on découvre sous bien des aspects la vie privée du dictateur, la place d’Eva Braun, le côté de plus en plus taciturne d’Hitler, les conversations à voie basse autour de lui, le rôle de Bormann et les interminables soirées de plus en plus lugubres. Même les fidèles ne parviennent plus à discuter avec Hitler : « De temps en temps, je voyais les conseillers, généraux et collaborateurs sortir avec une mine consternée d’un entretien avec le Führer, ils mâchonnaient de gros cigares et ruminaient sans fin … Il leur est arrivé à maintes reprises de se présenter devant le Führer, armés d’une résolution de fer et de documents et arguments irréfutables, pour le convaincre qu’un ordre était impossible, une disposition irréalisable, et il commençait alors à parler avant même qu’ils aient terminé, et toutes leurs objections s’effaçaient, rendues absurdes par sa théorie. Ils savaient que ce ne pouvait pas être juste, mais ils ne trouvaient pas la fourberie. Ils le quittaient, désespérés, renversés, doutant de leur point de vue précédemment si ferme et si péremptoire, comme hypnotisés. Je crois que beaucoup ont essayé de se défendre de cette influence, mais la plupart sont devenus las et dociles et ont ensuite simplement laissé aller les choses jusqu’à l’extrême fin ». De multiples grands personnages de l’Axe passent devant elle, elle croise un certain nombre d’autorités militaires ou civiles lors de thés ou de moments de détente, et elle retranscrit ses impressions de manière très simple.

Le témoignage presque « détaché » d’une jeune secrétaire d’à peine plus de vingt ans auprès d’Hitler : l’image d’une vie presque simple dans un univers de folie, parfois déconcertant.

Coll. ‘Texto’, Tallandier, 2014, 307 pages. 10,50 euros.

ISBN : 979-10-210-0514-3.

La chute

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14 mai 2014 3 14 /05 /mai /2014 06:20

Résitant

Entretiens avec Marie-Françoise Bechtel

Robert Chambeiron

Un témoignage unique mais aussi ambivalent. Ancien secrétaire général adjoint du Conseil national de la Résistance, au programme duquel de nombreux courants politiques font toujours référence, proche de Jean Moulin, puis après la guerre député de gauche des Vosges et enfin député européen sur la liste du Parti communiste, Robert Chambeiron raconte dans un dialogue avec son amie Marie-Françoise Bechtel (elle-même parlementaire) ses souvenirs du temps de guerre. L’ouvrage est divisé en neuf chapitres, qui correspondent à autant d’entretiens entre eux. Le récit, par ailleurs passionnant, a deux caractéristiques : les événements sont racontés longtemps après les faits d’une part et les choix politiques de Robert Chambeiron sont fermement affichés dès les premières lignes.

Adjoint et ami de Jean Moulin, qu’il rencontre au cabinet de ministre de l’Air Pierre Cot, durant l’entre-deux-guerres et auquel il reste toujours fidèle, il est très tôt un membre actif de la Résistance et devient dès sa création un acteur clef (un des deux secrétaires généraux) du Conseil national de la Résistance. Son témoignage est donc important. Il a fréquenté, croisé, connu, dans des circonstances extrêmement dangereuses les principaux représentants des grands mouvements de résistance, mais plus que sur le détail de l’organisation, du fonctionnement ou de l’action, il revient (et les questions lui sont posées en ce sens) sur les aspects politiques. De même, les appréciations portées sur tel ou tel relèvent rarement de son engagement concret contre l’occupant, mais de ses choix politiques : untel était de droite, celui-ci d’extrême-droite, cet autre même de la Cagoule, etc. Au fil des pages d’ailleurs, les événements anciens et récents, où perdure à travers le temps les oppositions qui datent de 1943 ou 1943 entre des hommes comme Dewavrin ou Brossolette et Moulin, Mayer ou Chambeiron, s’entre-mêlent, ou un « coup de griffe » part soudain, comme à propos de Lucie Aubrac : « elle écrit souvent des choses qui, pour des gens qui étaient dans la Résistance, paraissent inimaginables ».

Parmi les points régulièrement évoqués, figurent bien sûr le rôle de Jean Moulin et ses rapports avec de Gaulle, la question de la séparation des branches civiles et militaires de la Résistance (CNR et Armée secrète), le fonctionnement quotidien du CNR jusqu’en août 1944 et l’élaboration empirique de son célèbre programme (et la place souvent négligée que tiennent les syndicats dans son élaboration). Le quatrième chapitre est consacré à la fameuse réunion de Caluire (à laquelle n’assiste pas Chambeiron) et à l’arrestation de Jean Moulin. Sur ce point, l’ancien membre du CNR reprend la thèse bien connue de la responsabilité de Hardy, responsable de la résistance ferroviaire à Combat et retourné par Barbie, et revient longuement sur l’opposition entre Frenay et de Gaulle, via Jean Moulin : « L’arrestation de Jean Moulin peut être considérée comme le résultat d’un complot sans doute fomenté par des gens d’extrême-droite et de droite contre Moulin, avec pour vecteur Hardy qui s’est trouvé disposé à se charger de cette besogne ».

Après avoir évoqué ses souvenirs de la création des FFI par rassemblement des différentes tendances et factions de la Résistance et l’insurrection parisienne autour de Rol-Tanguy, mais aussi (à nouveau) les « éléments douteux » (toujours les mêmes, de droite voire d’extrême-droite) qui entourent le général de Gaulle à Londres puis à Alger, le cinquième entretien porte sur le thème des rapports entre le CNR et le Parti communiste, les rapports entre la Résistance et l’idéal républicain, l’héritage de la Révolution française, etc. ; tandis que le sixième est centré sur l’Assemblée consultative provisoire (avec la réapparition rapide des anciens clivages politiciens) à Alger et le CNR en métropole occupée, dont le fonctionnement interne (contraint par les difficultés de l'occupation) est expliqué. Enfin, après avoir évoqué les liens intellectuels, moraux et politiques entre le 18 juin 1940 et le 27 mai 1943, il présente sa version (presque édulcorée) des relations entre Occidentaux et Soviétiques et du rôle des représentants de Staline en Europe orientale, avant de revenir sur Cot et Moulin ainsi que sur leurs relations avec le PC et les relations entre eux et de Gaulle, et de terminer par une nouvelle référence aux « élites qui ont trahi », en particulier militaires, hiérarchie religieuse, haute administration et grands chefs d’entreprise, puis une ultime anecdote sur le rationnement alimentaire.

Un ouvrage au final ambivalent, mais qui témoigne par ce fait aussi des caractéristiques et des difficultés d’une époque, et de leurs conséquences bien après la guerre.

Editions Fayard, Paris, 2014, 189 pages, 15 euros.

ISBN : 978-2-213-68156-6.

Résistance

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13 mai 2014 2 13 /05 /mai /2014 06:25

La ligne Maginot

Guide des forts à visiter

André Gegon et Didier Zylberyng

Il tient dans la main, il tient dans la (grande) poche. De la frontière franco-belge aux rives de la Méditerranée, ce petit guide nous entraîne à la découverte des forts et petits ouvrages de la ligne Maginot qu’il est encore possible de visiter aujourd’hui.

L’ouvrage est divisé en deux parties principales. La première, en sept chapitres sur une trentaine de pages, rappelle rapidement le contexte et présente l’histoire générale de la construction de ces ensembles fortifiés, de la conception des ouvrages à leur rôle pendant la guerre. La seconde est organisée en quatre sous-parties qui correspondent aux principales zones géographiques : « De Dunkerque à Longwy » (en fait du fort de Salmagne dans la région de Maubeuge), « La région fortifiée de Metz », « La région fortifiée de la Lauter » et « La ligne Maginot des Alpes ». Au total, près d’une trentaine de sites sont présentés, selon un plan type : facilités d’accès, description générale, historique de la place, conditions et modalités des visites, tarifs et réservations. Il s’agit donc bien d’un guide très pratique, très largement illustré de photos d’hier et surtout d’aujourd’hui. Pour connaître un peu, en particulier, les ouvrages de Guentrange, de l’Immerhof, du Hackenberg et du Simserhof, je peux confirmer que cette présentation est à la fois très honnête et quasiment complète. Peu connu, le secteur de la « ligne Maginot aquatique », entre Puttelange-aux-Lacs et Holving, qui devait permettre de stopper une attaque de chars allemands par un système d’inondations défensives, mérite également le détour. De même, l’ouvrage de Rimplas, dans les Alpes maritimes, vaut la visite, y compris pour le paysage magnifique qui s’offre au-dessus de la vallée de la Tinée (et dont on peut regretter que tous les étages en sous-sol ne puissent pas être visités).

Un guide qui vous accompagnera utilement dans vos voyages.

Editions Ouest-France, Rennes, 2014, 119 pages. 14,90 euros.

ISBN : 978-2-7373-6080-0.

Fortification permanente

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12 mai 2014 1 12 /05 /mai /2014 06:20

Condor

l'espion égyptien de Rommel

Hussein Gaafar

Il est souvent présenté comme l'un des "espions les plus surprenants du siècle", germano-égyptien au service de l'AbwehrPubliés pour la première fois aux Etats-Unis dans les années 1960, les souvenirs de Hussein Gaafer, fils d’une Allemande et d’un riche Libanais ultérieurement adopté par un juge qui deviendra ministre égyptien, tiennent du roman (et il est d’ailleurs acquis que certains passages ont été plus qu’embellis). Une histoire qui commence comme un film hollywoodien, où ne manquent ni les jolies femmes, ni les agents doubles, pour un jeune homme très aisé, qui s’ennuie et cherche l’aventure. On note également qu'il n'est pas à proprement parler "l'espion de Rommel", lequel n'apparaît que dans la dernière partie du livre.

Pendant une dizaine d’années, Hussein Gaafar, recruté par l’Abwehr de Canaris, sert à la fois d’intermédiaire entre les dignitaires musulmans et les services du Reich (il rencontre à plusieurs reprises le mufti de Jérusalem qu’il accompagne auprès d’Hitler, et est proche de l’insurrection irakienne) et d’agent de renseignement « classique » dans ce Moyen-Orient sous protectorat ou influence britannique. Les anecdotes sont très nombreuses dès les premières pages, comme ce souvenir de son éducation à la Mission laïque française du Caire où un « un vieux professeur lyonnais et radical-socialiste » faisait chanter chaque jour la Marseillaise aux enfants : « Il se tournait vers moi et, sans haine, mais avec une sorte d’inflexibilité qui venait de loin, il me clouait sur mon banc : ‘Toi, le Boche, reste assis ! Tu n’as pas le droit de chanter la Marseillaise ! ». Ses années de jeune homme aventureux, entre raids dans le désert et voyages risqués vers l’Ethiopie en guerre, le préparent : « J’étais donc mûr pour l’Abwehr. C’est pour cela que je n’étais pas resté sourd au premier appel de l’ambassadeur d’Allemagne au Caire ». Par défi contre les Anglais autant que par nationalisme égyptien, il se rapproche en particulier des « jeunes officiers », dont Sadate, futur Raïs : « Les révolutionnaires à une ou deux étoiles ne se trouvaient pas encore très nombreux ni très puissants, mais ils représentaient un potentiel que je ne pouvais pas négliger ». Et Sadate devient l’un des agents d’Hussein Gaafar. Il a 23 ans lorsqu’il s’engage et obtient … un quasi contrat de travail, garantissant qu’il ne travaillera jamais contre l’Egypte ni contre le Danemark (patrie de sa femme), et pour assurer l’avenir matériel de son épouse en cas de disparition soudaine, cas « unique dans l’histoire de l’espionnage allemand ». D’un stage de formation et d’intégration dans sa « presque patrie », il revient avec un certificat « d’arianité », mais aussi une perception au ras du sol et parfois peu flatteuse de l’armée allemande. Il commence ses missions en 1937, par un premier contact avec l’ancien mufti de Jérusalem, puis affirme avoir étudié la praticabilité des voies de communication pour des véhicules militaires aux confins caucasiens de la Turquie et de l’Iran, marche sur les pas de Wassmus pour préparer une éventuelle insurrection des tribus iraniennes, etc. Après avoir parcouru l’Afghanistan à la veille de la Seconde guerre mondiale, il est dans les Balkans durant la Drôle de guerre, puis retourne au nord de l’Irak et finit par rejoindre Bagdad où il participe à la préparation de la révolte des « officiers révolutionnaires » et nationalistes arabes (en prime quelques pages peu élogieuses sur la mythomanie du mufti de Jérusalem), dont il prévoit l’inéluctable échec. Avec le début des opérations militaires sur la frontière égypto-libyenne, il rentre au Caire et travaille désormais directement dans le domaine militaire, entre le canal de Suez et le Levant, et reste très dubitatif sur le potentiel des adversaires de l’Angleterre qui, « comme le mufti, brandissait l’épée de Saladin et chevauchait des nuées ». Des rêveurs, pour des « jeux d’enfants typiquement égyptiens ». Sa dernière grande mission, en soutien à Rommel qui approche du delta du Nil, le fait passer par Berlin, l’Italie, les bases arrières de l’Afrika Korps où il constitue une colonne motorisée qui doit foncer par le désert vers le sud-est pour rejoindre le territoire égyptien dans l’extrême-sud afin de contourner les défenses britanniques. Ce véritable raid dans un environnement particulièrement hostile se transforme en cauchemar physique et moral, mais Hussein Gaafar parvient à rejoindre Le Caire au terme d’un rocambolesque périple le 24 mai 1942. Par radio, il adresse quotidiennement ses comptes rendus à Rommel, auquel, malgré les moyens engagés, ils ne parviendront pas… et l’espion est finalement arrêté par les Britanniques. Le livre se termine sur quelques phrases désabusées : « L’Abwehr égale zéro ! Mais l’Intelligence Service aussi », « L’espionnage pratiqué dans l’un ou l’autre des camps représente une activité aussi coûteuse que peu sérieuse. Il n’existe d’espion efficace que dans la littérature spécialisée ».

La stricte réalité historique du récit est à aborder avec précautions, surtout dans ses détails, mais le livre se lit bien et traduit sans doute, avec un détachement et une distance de bon aloi, l’ambiance de cette période dans ce Moyen-Orient complexe, et brosse un portrait crédible à la fois de certains acteurs (ou situations) et de l’amateurisme qui nimbe souvent ces événements.

Nouveau Monde Poche, Paris, 2014, 399 pages, 8 euros.

ISBN : 978-2-36583-393-6.

 

Espionnage

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30 avril 2014 3 30 /04 /avril /2014 06:20

Un espion nazi à Paris

Interrogatoire du SS Roland Nosek

Olivier Pigoreau

Voici un document tout-à-fait exceptionnel, à partir du texte quasiment intégral du "debriefing" de l'un des responsables des services de renseignement allemands en France pendant la Seconde guerre mondiale.

Jeune officier subalterne lorsqu'il arrive à Paris quelques jours après l'armistice de juin 1940, Roland Nosek ne quitte la France qu'avec la défaite allemande en 1944. Durant ces quatre années, devenu "le plus parisien des Allemands de la capitale", il fréquente toutes les notoriétés, les élites (de la politique, de la presse, et ... du banditisme), rend beaucoup de services, noue d'utiles relations et termine la guerre en Autriche via l'Italie. Le document publié est le texte quasi-intégral du bilan rédigé par Nosek pour les services de l'armée française (275 pages !) et contient donc de nombreuses précisions sur l'action du SD en France et le rôle des uns et des autres. Le texte se présente donc de façon chronologique et se termine par une "Critique de l'activité des services en France", complété par quelques 75 pages d'annexes. On y apprend aussi le détail de l'organisation de chaque service allemand à Paris et en France, et l'on en sait plus sur le projet, en 1945, de larguer des agents français collaborateurs (membres du PPF) et d'organiser sur les arrières des Alliés, en territoire libéré, "l'équivalent" des maquis de la Résistance. De nombreux détails également sur les Français ayant travaillé pour les Allemands pendant la guerre, ou sur les activités (assez piteuses finalement) tentées en Afrique du Nord.

Bref, un récit "dans son jus", souvent d'une extrême précision, qui doit absolument être connu de quiconque s'intéresse à l'histoire des services "spéciaux" aussi bien qu'à celle de la Seconde guerre mondiale.

Histoire & Collections, Paris, 2014, 301 pages, 22 euros.
ISBN : 978-2-35250-357-6.

Témoignage

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29 avril 2014 2 29 /04 /avril /2014 06:20

L'outre-mer français dans la guerre

(1939-1945)

Gilles Ragache

Déjà auteur de plusieurs ouvrages sur la période, Gilles Ragache propose aujourd'hui un tableau très large de la participation (sous une forme ou sous une autre) des différents territoires coloniaux français aux événements de la Seconde guerre mondiale et de la façon dont ils les vécurent.

Il commence par dresser le bilan de cette présence outre-mer en 1939, y compris dans les colonies les plus petites ou les plus éloignées. On y croise par exemple la compagnie de Cipayes des comptoirs des Indes, la compagnie de tirailleurs de Nouméa et la mobilisation de 80 jeunes de Saint-Pierre et Miquelon en dépit d'une tradition voulant qu'ils soient exemptés de tout service militaire. Après avoir rapidement traité de la 'Drôle de guerre', il aborde les armistices de juin 1940, les premiers ralliements à Londres, "le choc de Mers el-Kébir" et le détail des votes des élus d'outre-mer lorsque les parlementaires se réunissent à Vichy le 10 juillet. Gilles Ragache s'intéresse ensuite à la conférence de La Havane, voulue par Roosevelt que préoccupe la situation aux Antilles, puis aux choix différents effectués, dans des circonstances parfois difficiles, par les territoires : "Si l'Inde françaisse veut avoir avec nous des relations commerciales, il faut qu'elle se rallie au général de Gaulle", déclare par exemple Churchill. De même, se souvient-on qu'un référendum ft organisé à Tahiti ? Djibouti, La Réunion, la Guyane : un vrai tour du monde des sentiments pro-gaullistes ou pro-Pétain. Le chapitre 5, consacré à la problématique du blocus britannique, s'intéresse en particulier à la Côte française des Somalis et même à l'épisode très peu connu de l'utilisation des îles Kerguelen comme base par des croiseurs corsaires allemands. Plus politique, le chapitre 6 traite des efforts pour enraciner la Révolution nationale dans les territoires restés fidèles à Vichy (Antilles et océan Indien) et le suivant au difficile équilibre que de Gaulle s'efforce de maintenir dans le Pacifique avec les autorités britanniques. Le ralliement de Saint-Pierre et Miquelon en décembre 1941 et ses conséquences, la crise franco-américaine aux Antilles en 1942, les pressions anglaises dans l'océan Indien (Madagascar, Mayotte) la même année, puis la chute des derniers bastions tenus par Vichy font l'objet des chapitres qui suivent., tandis que l'ouvrage se termine sur la conférence de Brazzaville et ses effets outre-mer. 

Un ouvrage original car il traite de territoires souvent peu évoqués dans la "grande" historiographie. Riche de multiples détails, complété par quelques annexes et une belle bibliographie, il trouvera sa place dans toutes les bonnes bibliothèques.

Economica, Paris, 2014, 227 pages, 27 euros.
ISBN : 978-2-7178-6692-6.

L'empire français en guerre

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28 avril 2014 1 28 /04 /avril /2014 06:20

Hitler face à Staline

Le front de l'Est, 1941-1945

Philippe Richardot

A la fois synthèse et ouvrage grand public, ce dernier volume de Philippe Richardot consacré à la Seconde Guerre mondiale a pour ambition de présenter l'ensemble des problématiques liées au front de l'Est, de la signature du pacte germano-soviétique en août 1939 à la signature de la capitulation finale.

Au fil des pages, en quelques 35 brefs chapitres, il s'interroge sur ce que sait Staline avant l'attaque allemande ("Je savais que la guerre allait éclater, mais j'espérer pouvoir encore gagner quelques six mois"), sur le potentiel réciproque de chaque armée, sur le rôle des grands agents de renseignement, les choix politico-militaire d'Hitler, les crises internes propres à chaque armée, la question des partisans, les négociations secrètes et le rôle de l'ombre d'Heinrich Müller, la question des "collaborateurs" soviétiques, et bien sûr les opérations militaires elles-mêmes. Sur ce plan, la densité du texte et les limites de la pagination obligent l'auteur à être très concis, ce qui induit quelques phrases un peu rapides (Stalingrad, Koursk). La conclusion est sans surprise. Le différentiel géographique, démographique, politique et militaire entre le IIIe Reich et l'URSS de Staline ne pouvait qu'aboutir à une défaite pour l'assaillant : "Incapable de remporter sur mer une bataille de Salamine, ne pouvant gagner des batailles de Marathon contre les débarquements anglo-américains, le Reich ne peut que livrer une succession de Thermopyles contre l'Armée rouge pour différer son inéluctable chute". Notons que les références sont essentiellement tirées d'ouvrages déjà publiés.

Un volume de synthèse qui brosse très largement le tableau d'un espace géographique et d'une période, que complètent utilement une vingtaine de pages de notes et de bibliographie.

Belin, Paris, 2014, 383 pages, 25 euros.

ISBN : 978-2-7011-7690-1.

Front de l'Est

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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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