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2 juin 2015 2 02 /06 /juin /2015 06:00

De Gaulle / Pétain

Règlements de comptes

Herbert Lottman

Le propos est ambitieux, et audacieux, puisque Herbert Lottman ne nous propose rien de moins que de faire dialoguer dans le temps long (souvent à distance ou via des intermédiaires) De Gaulle et Pétain, de la première rencontre entre le jeune sous-lieutenant et le colonel avant la Première Guerre mondiale, aux ultimes considérations de l'ancien chef de la France Libre après la mort du vieux maréchal.

Paru pour la première fois en 2008, le livre ne manque pas d'intérêt, mais souffre aussi de certaines insuffisances. On apprécie les nombreuses citations qui émaillent le texte, mais celles-ci sont dans la quasi-totalité des cas extraites d'ouvrages d'auteurs bien connus. De même, les conclusions que l'auteur tire progressivement de cette mise en parallèle entre 1910 et 1950 sont souvent assez pertinentes, mais reposent aussi parfois sur une connaissance trop imprécise du milieu (en particulier l'armée française du temps) au sein duquel évoluent les deux hommes (dès la page 10 par exemple avec "l'interprétation" donnée du cours d'infanterie et de tactique de Pétain avant la Grande Guerre. Ah ! Ce mythe persistant de la formule "Le feu tue", jamais utilisée dans le texte original). De même, la période de l'entre-deux-guerres, c'est-à-dire celle durant laquelle De Gaulle et Pétain deviennent un temps très proches, mérite sans doute mieux que la trentaine de pages qui lui est consacrée (en particulier pour les postes tenus par De Gaulle à l'état-major du maréchal et au Secrétariat général de la Défense nationale, qui lui ouvrent bien des portes et lui donnent accès à bien des dossiers). Une place importante est par contre logiquement accordée à la Deuxième guerre mondiale, à l'opposition Vichy / Londres et à la rumeur d'une entente au moins tacite entre les deux, deux faces d'une même pièce supposée. Enfin, les derniers chapitres, post-1945, rappellent en particulier utilement le distinguo que l'ancien chef de la France Libre faisait entre le général "vainqueur de Verdun" et le maréchal de l'armistice et de Montoire, tout en considérant que les choix de 1940 et des années suivantes avaient créé une rupture définitive.

Un petit livre intéressant, mais essentiellement à partir d'autres ouvrages antérieurement publiés. Finalement, on reste un peu sur sa faim car, si certaines pistes sont ouvertes, aucune n'est poussée à fond et le contexte (évolutif) ne semble finalement pas assez pris en compte. Pourtant, son petit prix justifie tout-à-fait l'investissement, tout en connaissant les limites.

Coll. 'Tempus', Perrin, 2015, 240 pages, 8,- euros.

ISBN : 978-2-262-05022-1.

Parcours croisés
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27 mai 2015 3 27 /05 /mai /2015 06:00

Influentia

La référence des stratégies d'influence

Ludovic François et Romain Zerbib (Dir.)

"Il suffit de regarder un journal télévisé pour se convaincre de cette modification : ministre faisant une déclaration, haut fonctionnaire s'exprimant sur une crise, entreprise annonçant un plan social, etc. Tous ont préparé des éléments de langage, la plupart ont fait un média training. Aujourd'hui, l'industrie des relations publiques intervient partout, tant pour vendre une lessive que pour faire accepter une guerre. Leur métier est l'influence". Il est difficile de présenter en quelques lignes un ouvrage aussi dense, mais cet extrait de l'introduction en donne parfaitement l'objet.

Cette volumineuse étude collective en 23 (+ 1 ultime petit) chapitres, dont les auteurs appartiennent pour la plupart au monde de l'intelligence économique et de l'information au sens large, dresse un tableau très comple des questions aujourd'hui récurrentes autour de la "société médiatique" et de ses manipulations. Les questions militaires ne sont pas directement abordées, mais il est bien évident que les processus mis en oeuvre, les moyens utilisés, les objectifs poursuivis sont peu différents. D'où l'intérêt de ce travail qui n'est ni résolument "pour", ni obstinément "contre", mais qui décrit aussi complètement que possible un phénomène qui aujourd'hui nous environne totalement. Au fil des pages, tous les termes utilisés sont explicités (le vocabulaire est d'ailleurs souvent d'inspiration militaire, il s'agit "d'opérations") et le fonctionnement de chaque acteur décrit, qu'il s'agisse des entreprises, des journalistes, des médias, etc. Le chapitre 6 ("Guerre de l'information et terrorisme") est sans doute celui qui, sur une trentaine de pages, parlera le plus au plus grand nombre de lecteurs, même s'il est difficile d'accepter tous les commentaires de l'actualité la plus brûlante. Ainsi, pour Franck Chaix, depuis les attentats de janvier 2015, "la France est à la tête d'un élan mondial qu'elle a impulsé", ce qui semble pour le moins excessif. On lira également avec beaucoup d'intérêt le chapitre 7, sur le thème des opérations d'influence autour de l'organisation des grands événements mondiaux (avec l'exemple des expositions internationales, mais on pense aux coupes du monde et autres grands championnats sportifs) ; le chapitre 9 sur la question de la cyberinfluence et d'Internet ; le chapitre 14 sur le lobbying ; le chapitre 17 sur "Renseignement et subversion : l'arme de la vérité". On reste plus dubitatif lorsque sont évoquées au chapitre 19 les questions d'éthique et de déontologie sur un tel sujet... Jusqu'où peut-on manipuler ?.. Enfin, le chapitre 22 sur la gestion de crise mériterait d'être médité par bien des décideurs, en particulier lorsqu'il est question de l'analyse a postériori pour en tirer les enseignements. Finalement, les événements les moins attendus ou les moins probables peuvent survenir, les menaces sont multiples et permanentes. Sans devenir en rien paranoïaques ou tomber dans la crainte du complot permanent, peut-être serions-nous bien inspirés d'apprendre le fonctionnement de ces processus d'influence pour décrypter et comprendre les actions qui nous entourent. Ce serait une vraie réaction de citoyens.

Un livre très dense qui aborde, mine de rien, de très nombreuses facettes de notre société, au point que l'on se demande parfois s'il est encore possible de croire quelqu'un... Un livre qui peut aussi être lu utilement avec un esprit d'historien, car les stratégies d'influence ne datent pas de l'avènement d'Internet.

Lavauzelle, Panazol, 2015, 427 pages. 27,30 euros.
ISBN : 978-2-7025-1625-6.

Se défendre des "éléments de langage"
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22 mai 2015 5 22 /05 /mai /2015 06:00

Le retour d'Hitler

Alain Chauvet

Bienheureux pays que celui qui laisse toute latitude à la liberté éditoriale... Ou, quand le mélange des genres produit un résultat surprenant. Même après avoir terminé le livre, je ne suis pas certain d'avoir compris ce que veut démontrer l'auteur : il semble qu'il s'agit de dénoncer Marine Le Pen et le Front national, déduction inspirée par les permanents aller-retour d'Alain Chauvet entre les années 1930 et aujourd'hui. D'ailleurs, il titre une partie de son livre "C'est reparti comme en quarante" (il y évoque en particulier "un nouvel Hitler russe (qui) rejoue les Sudètes en Crimée" ?) et, tout en évoquant le Front national, il répète à plusieurs reprises que 2010 ressemble à 1930.

Il est très rare que nous critiquions nettement un livre dans ces colonnes, mais un sommet d'approximations décousues est ici atteint. Dans ce maelstrom, les affirmations préremptoires se succèdent sans visiblement la moindre vérification ni mesure dans le propos ("Devenu Führer tout puissant après le raz-de-marée électoral des nazis en 1932" ?), puis le raisonnement prend visiblement "de la hauteur" : "Nous croisons tous les jours dans la rue des Adolf Hitler, Joseph Staline, Mao Tsé-toung ou Philippe Pétain à l'apparence parfaitement civilisée". Mao - Pétain même combat... J'en parlais encore hier avec ma boulangère (Evita Péron, peut-être ?). On se perd dans les chapitres qui évoquent alternativement ce qu'il aurait fallu faire pour empêcher Hitler d'arriver au pouvoir (je sais : YAVAIKA !), les grands royaumes orientaux apparus en "Egypte et en Mésopotamie il y a 5000 ans" (sans que l'on sache si Ramsès II = Hitler), des extraits du Code noir promulgué en 1685 (chronologiquement, on se rapproche), la crise financière de 2008 et l'économie mondialisée, etc. Ouf ! Compliqué à suivre ! Pour résumer (autant que possible...), l'histoire se répète, ou risque de se répèter, sauf si nous parvenons à arrêter à temps Vladimir Poutine et Marine Le Pen, et pour cela il faut "tuer Hitler en nous". Rien de moins. C'est pire qu'Alien... Maman, j'ai peur !

On ne peut que conseiller à l'auteur de retourner à ses travaux économiques, dans lesquels il excelle probablement, et de renoncer au domaine de l'histoire et des sciences politiques. Il faut également se féliciter que l'on puisse imprimer tout et n'importe quoi dans le beau pays de France : c'est au moins la preuve qu'Hitler n'est pas encore revenu. Allez, pour oublier rapidement, j'hésite entre un double schnaps et un très gros rouge !

L'Harmattan, Paris, 2015, 218 pages, 23,- euros.

ISBN : 978-2-8061-0192-1.

Tout mélanger dans un shaker...
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18 mai 2015 1 18 /05 /mai /2015 06:00

La conscription en France

François Cailleteau

Est-ce que le 20e anniversaire de la "suspension" du service national, en 2016, fera l'objet de quelconques commémorations politiciennes ? En "avance de phase", en quelque sorte, François Cailleteau donne dans ce petit volume de très nombreuses informations chiffrées sur ce que fut le service ntional et ce qu'il était devenu sous la Ve République, avant de s'interroger sur son éventuel retour.

En huit chapitres chronothématiques, l'auteur décrit l'évolution de cette institution (dont on se souvient aujourd'hui qu'elle était "républicaine") depuis la fin de la guerre d'Algérie. Il estime que le maintien de la conscription en 1962 a pu être un choix politique, pour ne pas trop affaiblir une armée de terre déjà mal en point, mais également pour des considérations de coût (déjà !). Il détaille ensuite les modalités officielles mais aussi individuelles mises en oeuvre pour réduire le nombre de soldats incorporés, puisque la ressource théorique (une classe d'âge) était de beaucoup supérieure aux besoins, ce qu'il appelle l'époque de "la stratégie administrative bien connue du mistigri" (en clair, éludons les questions génantes). Au bilan : diminution de la durée (pour gérer des flux trop importants) et augmentation des dispenses finissent par produire un fort sentiment d'injustice, amplifié par les profondes différences dans l'exercice réel, quotidien, de ce service. De simili-réformes en pseudo-mesures, "en 1989, la conscription est une institution qui semble solide et peu contestée mais qui est en réalité vermoulue". Tous ceux qui d'une façon ou d'une autre peuvent manifester leur opposition sont exemptés, et seuls servent les "braves types" qui "se retrouvaient dans les emplois les plus exigeants". Au début des années 1990, François Cailleteau observe une forme de "tétanisation des armées", et en particulier de l'armée de terre incapable d'imaginer que l'on puisse se passer de cette institution. Sur quelques pages (pp. 68 et suivantes), le rappel des prises de position des dirigeants politiques est pour le moins éclairant des arrières-pensées et des a priori des uns et des autres. Les dernières pages sont consacrées à envisager les modalités de son éventuelle restauration aujourd'hui, et l'auteur rappelle les difficultés (juridiques, de formation, etc.) qui se poseraient en multipliant les renforts aux forces de police en matière de maintien de l'ordre (on y est ?). Pour ce qui concerne la formation morale et civique "universelle" d'une classe d'âge, garçons et filles confondus, il souligne également qu'il faudrait au moins 40 à 50.000 cadres d'active supplémentaires... Et se pose ensuite la question ultime : pour quoi faire, concrètement, chaque jour ?

Un dossier de fond, traité avec rapidité et négligence par la plupart des politiques qui n'y voient qu'un prétexte à petites phrases télévisées. Ce qui donne rarement de bonnes réponses.

Economica, Paris, 2015, 103 pages, 15,- euros.

ISBN : 978-2-7178-6798-5.

N. B. : Au-delà de tous les constats chiffrés de l'auteur, que l'on me permette quelques observations personnelles. Tout d'abord, l'armée française n'est pas "professionnalisée" : elle EST professionnelle, depuis 20 ans, et le service national n'est plus qu'un souvenir dans ses rangs. Parmi tous ceux qui aujourd'hui demandent le rétablissement d'un service national, lesquels l'ont effectivement défendu en 1996 ? Combien depuis n'ont cessé de diminuer les moyens des armées, aujourd'hui dans l'incapacité matérielle de remplir cette mission de cohésion sociale que l'on voudrait pourtant leur redonner ? Ne serait-ce pas finalement parce qu'un militaire corvéable à merci revient finalement moins cher ?... Avant d'émettre un avis sur les propositions actuelles, je vais aller vérifier ce que leurs actuelspromoteurs ont fait et dit depuis une vingtaine d'années...

Retour vers le passé ?
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19 avril 2015 7 19 /04 /avril /2015 06:00

Capitale de l'amour

Filles et lieux de plaisir à Paris au XIXe siècle

Lola Gonzalez-Quijano

Un peu de légèreté pour ce week-end dans un monde de brutes ! D'autant qu'à l'époque déjà, "le monde entier" se donne rendez-vous dans la capitale française et que les plus grands noms d'Europe ne sont pas les derniers à s'encanailler.

Géographie et histoire administrative et sociale de la prostitution parisienne en quelque sorte. Un voyage dans les méandres intérieurs de la vie parisienne. Parfois qualifié de "bordel de l'Europe", Paris connaît à la fois au XIXe siècle une profonde évolution de l'urbanisme et de nombreux changements sociaux. Au fur et à mesure du livre, on voit les établissements de plaisir évoluer, leur nombre diminuer, le luxe s'installer dans certains d'entre eux, les quartiers se spécialiser et Montmartre émerger, des formes parallèles prendre place dans les théâtres, les bals, les bars.  Il y a des établissements "adaptés" pour chaque classe de la société, généralement dans des arrondissements différents, sans compter les "indépendantes" qui chassent le mâle par elle-même. Dans le même temps, la police reste toujours à l'affut et très intéressé par ces établissements qui permettent à la fois de circonscrire le désordre public et de disposer de relais vers un monde plus trouble. La capitale européenne, sinon mondiale, du plaisir charnel devient ansi un objet d'études particulières qui ouvre sur les dessous de la Restauration, de la Monarchie de Juillet, du Second empire et de la IIIe République, dans leur fonctionnement politique et administratif, voire économique même.

Un ouvrage absolument atypique, sur un sujet qui pourrait être scabreux, et qui pourtant apporte de nombreux éléments sur les évolutions urbaines et socialesde la capitale.

Editions Vendémiaire, Paris, 2015, 253 pages, 22,- euros.

ISBN : 978-2-36358-167-9.

Babylone-sur-Seine
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17 avril 2015 5 17 /04 /avril /2015 06:00

Driant - Danrit

Jean Mabire

Bien connu pour ses nombreux ouvrages sur la Normandie, les SS et autres unités d'élite, la mer et les marins, intellectuel régionaliste engagé à l'extrême-droite, Jean Mabire s'est intéressé au personnage et à la production littéraire du capitaine Danrit, qui meurt sous son nom de lieutenant-colonel Driant au bois des Caures au début de l'offensive allemande sur Verdun. Cette petite étude (non publiée à ce jour ?), qui renvoie aux thèmes du héros et de l'aventure chers à Mabire, ne manque pas d'intérêt.

Les 25 premières pages sont consacrées à retracer (rapidement) la vie et la carrière de celui qui fut officier d'infanterie issu de Saint-Cyr ("d'un mérite absolument hors-ligne, d'une modestie, d'une attitude exemplaire, on ne connaît aucune qualité qui lui fasse défaut"), gendre du général Boulanger, parlementaire actif, journaliste et écrivain avant de reprendre du service à près de 60 ans en août 1914. Reconnaissons qu'un tel parcours incite à méditer... Suivent une douzaine de chapitres qui abordent les principaux livres de Driant/Danrit, dont on parle souvent mais que bien peu aujourd'hui ont lu, mais aussi de moins célèbres comme cette exceptionnelle Evasion d'empereur, publiée en 1905. Jean Mabire en raconte rapidement l'histoire et en extrait quelques phrases, formules et citations qui abondent dans le sens de son engagement personnel. Outre les grandes vertus traditionnelles du soldat et de l'homme libre, on y trouve en particulier nombre de considérations très datées (à remettre dans le contexte de l'époque) sur les races ultramarines et les religions autres que catholique. Jean Mabire met en valeur pour chaque volume le sens de l'innovation technique dont fait preuve Driant, qu'il s'agisse des véhicules à moteur de tous types, du sous-marin ou de la 3e dimension. Les enseignements mis en relief témoignent aussi de l'évolution d'une société dans son époque, dont il peut être délicat d'extrapoler les effets jusqu'à aujourd'hui.

"Laissez-moi vous dire et vous redire que la guerre est, à certaines heures, nécessaire aux peuples, car elles les rappelle à la pratique des grandes vertus, sans lesquelles les nations ne peuvent vivre" : choisir cette ultime citation en conclusion illustre clairement les choix personnels et idéologiques de Mabire. Mais, outre le caractère original de cette étude, il n'en demeure pas moins que dans la mièvrerie de commémorations souvent insipides, retrouver le style et l'ambiance de l'avant-Première Guerre mondiale n'est pas inutile, loin de là. Cela fait aussi partie de la contextualisation et de la compréhension d'une époque.

Editions Le Polémarque, Nancy, 2015, 95 pages, 12 euros.

ISBN : 979-10-92525-02-1.

Jules Verne militaire
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16 avril 2015 4 16 /04 /avril /2015 06:00

Traité de la violence

Wolfgang Sofsky

La violence est aujourd'hui banale, ordinaire, quotidienne, et elle entretient avec la culture, comprise au sens large, un rapport ambigu de fascination/répulsion.

Avec ce recueil de douze textes, qui correspondent à une série de conférences, Wolfgang Sofsky tente de déterminer ce qu'est la violence, d'où elle vient, qu'elles sont ses conséquences. Le premier constat est que la société est née de la violence, ou plutôt de la peur de la violence ("La guerre de tous contre tous ne consiste pas en un bain de sang perpétuel, mais à en avoir peur sans arrêt. Ce qui déclenche et fonde la socialisation, c'est la peur qu'ont les hommes les uns des autres"), et que tout pouvoir y puise donc sa force. C'est l'assujettissement accepté par crainte : "Sur l'autel de l'ordre sont sacrifiées des libertés". Dans un second texte, il s'intéresse à la nature des armes et à "sa valeur d'usage" ("L'objet fabriqué modifie l'action"), à la fois moyen de la violence et parfois origine de celle-ci lorsque elle offre de nouvelles "opportunités". Prolongement du corps, elle décuple les capacités de l'homme, modifie le rapport au temps, lie inextricablement attaque et défense. Le chapitre 3 est sur un registre différent, celui des rapports entre la violence et les passions humaines, à partir de l'exemple tout-à-fait particulier de Gilles de Rais au XVe s., avec son cortège de tromperies et de perversités : "une volupté de la violence". Suivent "La violence, la peur et la souffrance", "La torture", "Les spectateurs", "L'exécution", "Le combat", "Chasse et fuite", "Le massacre", "La destruction des choses" et "Culture et violence". Autant d'angles d'approche différents d'un même sujet, toujours à partir d'un exemple historique (souvent ancien) ou d'une situation passée qui devient source de réflexion. Sofsky manie volontiers le paradoxe ("Le combat ne commence pas avec l'attaque, mais au moment de la défense. Sans riposte de défense, point de combat") mais il sait aussi pointer quelques vérités : "Point n'est besoin que l'hostilité précède le combat. Souvent, elle ne se développe qu'au cours du conflit ... Plus un combat est acharné, plus il imprègne les combattants. La guerre produit ainsi le guerrier et le combat produit l'ennemi", jusqu'au moment où il n'y a plus rien à gagner et où le combat "se met à tourner absurdement à vide". Il aurait pu ajouter ici quelques considérations sur la propagande. A la dernière page, on a le sentiment d'un discours globalement très pessimiste. Rien ne semble pouvoir mettre fin à la violence et, dès lors qu'il y a plus d'un homme quelque part, elle est toujours susceptible de (re)surgir : "Ces intervalles pacifiques ne sont que des épisodes, ces âges d'or ne durent que quelques années, quelques décennies tout au plus. Dans les annales de la culture et de la société, ce ne sont que des pages blanches"... 

Entre philosophie et anthropologie, une réflexion sur le caractère inévitable de la violence... Et même si ce n'est jamais explicitement dit, pour une société, l'impératif de la contrôler, de la maîtriser, ... de disposer de forces armées suffisantes, encadrées et formées ?

Coll. 'Tel', Gallimard, 2015, 227 pages, 11,- euros.

ISBN : 978-2-07-014853-0.

La violence comme phénomène naturel
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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 06:15

Introduction à la géohistoire

Christian Grataloup

Pour quiconque s'intéresse à l'histoire militaire, l'importance de la géographie n'est plus à démontrer. Mais plus largement l'auteur constate que, globalement, dans l'enseignement supérieur, les deux disciplines divergent et qu'il manque (ou pourrait manquer) une approche géographique des différentes questions chez les historiens.

Il nous livre donc un petit ouvrage (qui sera très utile aux étudiants) qui, au fil des chapitres, rappelle quelques fondamentaux : les hommes se déplacent, en utilisant si possible les voies les plus aisées ; les mers relient au moins autant qu'elles séparent, et à bien des égards les déserts ressemblent aux mers ; les forêts denses constituent par contre de vrais obstacles, mais elles changent dans le temps long ; le rôle du climat n'est pas négligeable ; etc. Il aborde ensuite le(s) sujet(s) lié(s) au champ social replacé dans l'espace et dans le temps ; puis la prise en compte des moyens de déplacement et des modes de communication ; enfin les questions d'exploitation de la terre, de développement des zones tropicales et du nomadisme. Enfin, l'auteur s'intéresse aux formes de l'Etat, de l'Etat-nation à l'empire le plus souple. Il en résulte que "la position géographique de chaque société, à condition d'entendre ainsi simultanément sa spatialité, sa territorialité et son rapport au milieu, est un élément incontournable pour comprendre son historicité". Et plus une société est liée à d'autres, plus l'histoire est complexe et dynamique. La troisième et dernière partie revient sur les "principes géohistoriques" et développe une réflexion complète (complexe) sur les interactions entre les différents facteurs, la question de la diffusion (y compris par l'invasion) et des échanges, la place du territoire et de la géographie dans la légitimation du discours historique.

On peut regretter que certaines parties du livre soient parfois rédigées dans un style un peu compliqué, ce qui enlève de sa vigueur à une partie de la démonstration. Il n'en demeure pas moins que, sur le fond, l'essentiel est dit et que l'histoire et la géographie ont un intérêt réciproque à mieux se connaître, se comprendre et à travailler ensemble.

Armand Colin, Paris, 2015, 224 pages. 16,90 euros.

ISBN : 978-2-200-27910-3.

Interactions
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26 mars 2015 4 26 /03 /mars /2015 06:00

Images d'armées

Un siècle de cinéma et de photographies militaires, 1915-2015

Sébastien Denis et Xavier Sené (Dir.)

Superbe album, réalisé parallèlement aux diverses manifestations, dont l'exposition au musée de l'Armée, qui marquent le centenaire de l'ECPAD.

En cinq grandes parties, chronologiques pour les quatre premières et thématique pour la cinquième, les auteurs (parmi lesquels des noms de référence, déjà bien connus comme ceux de Laurent Véray, d'Hélène Guillot, de Gérald Arboit, de Stéphane Launay, de Bénédicte Chéron, de Claude Weber, etc.) nous présentent toute l'histoire et les missions de la photographie et du cinéma aux armées depuis la Première Guerre mondiale. Nous passons ainsi des images d'actualité ou interdites de la Grande Guerre (y compris un étonnant article sur les images médicales) au déploiement du personnel de l'ECPAD en Côte d'Ivoire, via le SCA pendant la campagne de 1940, avec le corps expéditionnaire d'Extrême-Orient ou la guerre d'Algérie. Dans la dernière partie, Sébastien Denis et Sébastien Roffat traitent de deux points particuliers : les films de fiction et ceux d'animation dans la production militaire. Entre chaque partie, honneur au personnel de l'ECPAD, avec les biographies de quelques photographes et la présentation de leur oeuvre. Le tout est, bien sûr, parfaitement illustré (c'est le moins !) avec un nombre impressionnant de clichés souvent très peu connus et d'une extrême qualité, parfaitement bien reproduits. 

Sans aucun doute un "must" pour tous ceux qui s'intéressent aux rapports entre l'image et la guerre. Un très beau et très riche volume.

CNRS Editions, Paris, 2015, 279 pages, 39,- euros.

ISBN : 978-2-271-08599-3.

Histoire en photos
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28 février 2015 6 28 /02 /février /2015 06:00

L'expérience traumatique

Expériences combattantes IV

François Cochet (Dir.)

Dernier volume de la série d'actes de colloques, tenus à Metz sur un cycle de quatre ans (I, Former des soldats au feu = ici ; II, Obéir et commander au feu = ici ; III, Les environnements du combattant = ici), sur le thème des blessures physiques et psychologiques.

Seize contributeurs dans cet ultime opus, dont les textes sont rassemblés en deux grandes parties : "L'expérience traumatique" et "Soins, prises en compte et gestions des traumatismes". Des exemples nombreux et des cas concrets variés de traumatismes "empruntés à différents conflits des XIXe au XXIe siècles" sont ici analysés par les historiens, "mais sont constamment mis en perspectives d'analyses juridiques, médicales, sociologiques et ethnologiques". Le volume s'ouvre sur l'un de mes textes, sur le thème de "La difficile évaluation des pertes", et se poursuit par une évocation "Des multitraumatisés : les prisonniers de guerre" (François Cochet), puis Julie d'Andurain s'intéresse au "Soldat colonial : gibier d'hôpital ?". Au fil des contributions, Christophe Bechet revient sur "Les traumatisés de Sedan (1870) et la Belgique" ; Jean-Noël Grandhomme sur "Quelques cas relevant de la psychiatrie parmi les officiers généraux de la Grande Guerre" ; Francis Balace nous parle avec brio et humour de "La 'parachutite' de mai 1940 en Belgique : hallucination collective ou dérive de précautions ?" et Hervé Tremblay des "Mutilations volontaires dans l'armée canadienne en Europe, 1940-1945". Parmi les contributions originales, relevons également celle d'Anastasios Zografos sur "Les volontaires grecs de la guerre gréco-turque en Asie mineure : des prisonniers de guerre de Mustapha Kemal" ; celle de Philippe Frin sur "La construction juridique du statut du blessé à partir de 1863" et les deux contributions de Yann Andruétan : "Les opérations extérieures vues par un psychiatre" et le très intéressant "Raconter la guerre à l'âge de YouTube, les nouveaux récits des combattants".

"Reliant à la fois le temps long aux événements récents (de 1870 à la dernière guerre d'Afghanistan), les espaces (le front et l'arrière) et la nature des blessures (de l'âme et du corps)", comme le souligne Julie d'Andurain dans sa conclusion, ce dernier volume clôture en beauté quatre années de travaux particulièrement riche. N'hésitez pas. A lire et à conserver.

Riveneuve éditions, Paris, 2015, 349 pages, 26,- euros.

ISBN : 978-2-36013-275-1.

Blessures physiques et psychologiques
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Qui Suis-Je ?

  • : Guerres-et-conflits
  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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