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21 septembre 2015 1 21 /09 /septembre /2015 06:00

Une histoire des historiens français

Pim den Boer

Une étude originale qui se propose, de façon extrêmement complète, de retracer les parcours intellectuels des grands historiens français du XIXe siècle et du début du XXe, et d'observer leur rôle dans l'institutionalisation puis les évolutions de l'histoire comme discipline dans le monde académique.

Particulièrement riche, le livre est organisé en six grandes parties qui traitent méthodiquement de chaque facette du sujet ("La fabrique de l'histoire", "Un budget pour l'histoire", "L'histoire à l'école", "L'histoire et l'enseignement supérieur", "1870-1910 : l'émergence d'un  nouveau type de professeur d'université" et "L'évolution de l'écriture historique"). Replaçant le débat dans son contexte politique (souvent houleux au XIXe s.), Pim den Boer nous donne des éléments qui laissent aujourd'hui rêveurs : les budgets annuels des facultés françaises augmentent de 249%  entre 1870 et 1910, celui de l'Ecole des chartes de 62% et celui des Archives nationales de 23%... Entre 1852 et 1902, la part de l'histoire dans les volumes horaires hebdomadaires des lycées passe de 13% à 17% et le nombre de professeurs de 370 à 618... En 1910, 770 historiens professionnels sont employés dans les grandes institutions de l'Etat... En résumé, des chapitres qui font presque regretter de ne pas avoir été historien au XIXe siècle ! L'auteur traite bien sûr du rôle politique de l'histoire et de l'instrumentalisation qui en est faite. Rien de nouveau sous le soleil, si ce n'est peut-être que la "communication" n'ayant pas à l'époque la place qui est la sienne aujourd'hui les choses étaient peut-être plus claire. Il s'intéresse également au corps professoral et par exemple au concours de l'agrégation d'histoire ("le plus difficile de tous les examens français") qui n'est "accordé qu'à une petite élite" ; ou aux sujets des thèses aussi bien qu'aux sommaires des grandes publications comme la Revue Historique (qui existe toujours).

Une très volumineuse bibliographie complète cette étude.Par goût, par curiosité ou par intérêt intellectuel, un ouvrage qu'il faut lire si l'on s'intéresse à l'histoire de notre discipline, à son rôle politique et social dans le temps et à un certain âge d'or de l'histoire.

Une émission avec Pim den Boer présentant son livre sur France Culture : ici.

Editions Vendémiaire, Paris, 2015, 575 pages, 28,- euros.
ISBN : 978-2-36358-169-3.

Ceux qui ont fait l'histoire
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18 septembre 2015 5 18 /09 /septembre /2015 06:00

L'aveuglement

Une autre histoire du monde

Marc Ferro

Un livre étonnant (et parfois dérangeant) qui tente d'expliquer comment, selon l'auteur, experts, élites et masses se sont presque toujours systématiquement trompés face à l'approche et à l'émergence de crises majeures.

Considérant que tous les grands événements du dernier siècle n'ont jamais été anticipés, Marc Ferro s'interroge sur ces cas "d'aveuglement collectif" et en vient à considérer que "si le présent fut imprévu, n'est-ce pas que le passé fut mal compris ?". En clair, "il n'y a pas d'échelle de Richter de la prévisibilité en histoire". Pour démontrer son raisonnement, il divise globalement son ouvrage en deux grandes parties, l'une présentant une succession de cas concrets et d'exemples bien connus (novembre 1918, Munich 1938, terreur stalinienne, montée du nazisme, décolonisation, guerre d'Algérie, etc.), l'autre abordant de thématiques plutôt sociétales (perception du Coran et de l'Islam, racisme et xénophobie, mrché de l'information, etc.). Les événements sont bien décrits, mais bien sûr sous un angle qui avantage la thèse de l'auteur, en particulier toutes les dates retenues ne correspondent pas à des événements comparables et les exemples cités sont de pied très différents (la population allemande en 1918 et le Français d'Algérie en 1962). De même, ses présentations thématiques offre l'intérêt de mettre en relief incohérences et idées reçues, mais les chapitres ne comportent pas les transitions et les synthèses partielles qui donneraient une cohérence d'ensemble au discours. On a ainsi l'impression d'une succession de textes visant à démontrer une thèse initiale, sans qu'un fil rouge immédiatement compréhensible ne donne à l'ensemble un certain liant. De nombreuses observations pertinentes (par exemple sur l'Union européenne et sa politique à l'égard de la Russie de Poutine ou des interventions au Sahel de la France) même si l'on n'est pas toujours intimement d'accord, mais des réflexions finales qui ne semblent pas à la hauteur du défi annoncé dans le titre (il nous parle de la disparition des services publics dans les petites villes de province, du désert français, des équilibres européens). Et pour conclure, l'expression d'une crainte : "Veillons qu'au XXIe siècle, le rouge (du drapeau) ne soit pas celui de notre sang". Certes..., mais comment ?

Au bilan, un livre très intéressant parce qu'il évoque de nombreux sujets en mettant souvent "le doigt où cela fait mal", en pointant les incohérences et les discours lénifiants. Mais aussi le sentiment difficilement exprimable que la réflexion n'est pas terminée. Que l'auteur s'est arrêté en route. Que la synthèse et la conclusion sont trop minimalistes. Un livre qu'il est utile (et peut-être même important) de lire, parce qu'en posant des questions il force chaque lecteur à réfléchir.

Tallandier, Paris 2015, 427 pages. 21,90 euros.
ISBN : 979-10-210-0540-2.

Questions et doutes
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18 août 2015 2 18 /08 /août /2015 07:00

L'action militaire terrestre de A... à Z...

Didier Danet, Ronan Doaré et Christian Malis (Dir.)

Voilà un volume, conçu comme un dictionnaire alphabétique, qui doit immédiatement trouver sa place parmi les outils de travail et les usuels de tous ceux qui s'intéressent aux questions militaires actuelles comprises dans une définition large.

De A comme "Accrochage", "Action en coalition", "Arme blindée cavalerie", etc., à Z comme "Zones de combat", cet ouvrage collectif présente grâce aux contributions de plus de cinquante auteurs différents (militaires, enseignants et chercheurs) toutes les facettes de l'action militaire terrestre en quelques 80 articles de quelques pages. Les différentes armes, les principaux matériels, les questions doctrinales, de commandement ou éthiques, le cadre juridique des engagements et le monde virtuel du cyber, les FOB et autres COP, les conséquences de la topographie et de la géographie, les sociétés militaires privées et les forces spéciales, les questions de tactiques, les nouvelles formes de "guerre hybride", la projection de forces et leur soutien logistique, etc. : chacun trouvera sans aucun doute dans ce volume des éléments de référence, d'autant que les articles comportent fréquemment des notes de bas de page et qu'une importante bibliographie classée par thème est donnée dans les dernières pages. Je contribue avec un texte sur les "Evacuations de ressortissants", envisagées à la fois dans le temps long, dans leurs objectifs politiques et dans leur organisation militaire.

Un outil de travail et de référence indispensable non seulement aux militaires eux-mêmes (en particulier tous ceux qui préparent un concours ou qui suivent une formation), mais aussi aux étudiants sur les questions de sécurité et de défense et aux citoyens éclairés qui souhaitent comprendre les événements récents et en cours. 

Economica, Paris, 2015, 612 pages, 29,- euros.
ISBN : 978-2-7178-6787-9.

Dictionnaire militaire
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12 août 2015 3 12 /08 /août /2015 07:00

Eloge du droit naturel

Jean-Alphonse Bernard

Un ouvrage original dans la production actuelle, qui vise à réhabiliter en quelque sorte la philosophie classique et le droit naturel.

Pour ce faire, l'auteur, ancien haut fontionnaire et énarque plutôt spécialiste semble-t-il de la vaste région du sous-continent indien, articule sa démonstration en trois parties d'importance inégale. La première reconstitue "l'arbre généalogique" des grands courants philosophiques en partant de la Grèce antique et de Rome et en mettant en relief "le moment Montesquieu" : "Que Montesquieu ait été le premier Moderne ou le dernier Ancien en philosophie politique, c'est un beau sujet de dissertation. Mais qu'il ait été le dernier des philosophes de son siècle à s'appuyer franchement sur le droit naturel, n'est-ce pas reconnaître qu'il fait ainsi le pont entre la plus ancienne notion du droit et les préoccupations les plus pressantes de ce temps-ci ?". La seconde, plus brève (moins de 30 pages), fait en quelque sorte la synthèse et le lien avec la dernière partie en retraçant depuis Héraclite, Aristote et Platon l'histoire de l'idée de "loi naturelle" (qualifiée p. 147 "d'indéracinable racine de l'Occident"), reprise et développée par Saint-Thomas dont l'influence se fait sentir jusqu'à la déclaration d'indépendance américaine et la déclaration des droits de 1789, et qui constituerait un socle commun. La dernière partie enfin recherche dans la société d'aujourd'hui et ses grands thèmes les traces de ce droit naturel et les réponses qu'il pourrait apporter : "La plupart d'entre nous ne passent pas leur temps à violer la loi, non seulement pour ne pas risquer d'être arrêter mais aussi parce que notre conscience nous interdit de faire le mal. De même, la plupart d'entre nous honorent leurs promesses, jouent franc jeu, respectent les droits des autres et exécutent leur tâche même qquand le patron n'a pas l'oeil sur eux". Ce serait donc dans les réactions, les attitudes, les comportements individuels que l'on trouverait aujourd'hui plutôt le souvenir de ce fonctionnement "naturel" d'une socété, dans l'ancienne "sagesse populaire" et ses dictons en quelque sorte. On rentre ici "dans le dur" : "Ce qu'on voudrait montrer dans les pages suivantes c'est qu'à force de s'étendre la distance entre les humbles et les habiles, entre le peuple et les clercs aboutit à la perte du sens commun, cependant que l'idée de nature humaine a perdu toute légitimité, au moins aux yeux des clercs". Les chapitres sont alors essentiellement thématiques : "L'éducation", "Le sexe, le genre et la nature", "Loi naturelle ou charia", "Nature et culture", etc. Le propos est alors sans concession. L'école d'aujourd'hui : en ruine et inefficace, les lois sociétales (mariage pour tous, etc.) la victoire des "champions de la déconstruction et du postmodernisme", sur l'islamiste politique récent : "Révolutionnaire, universaliste en extension, totalitaire en compréhension". En résumé, il faut plus que des individus juxtaposés pour faire une société, et s'apppuyant sur les travaux d'anthropologues l'auteur considère qu'il faut des "rapports politico-religieux qui seuls permettent à des groupes, familles, clans et tribus de devenir une société". Il en revient donc aux fondamentaux grecs de notre culture ("Le génie d'Athènes fut de construire une synthèse de toutes ces cultures en un moment de civilisation incomparable") pour rejeter aujourd'hui "le triomphe d'une démesure tonitruante sous les coups de cymbale d'un marché débridé".  Définissant la loi naturelle, "source du droit naturel, comme ce que la nature en nous inspire à l'homme pour se bien comporter", très largement inspiré par la tradition catholique (le livre s'ouvre sur une longue citation de Benoît XVI et se termine presque par la formule : "Il nous fallait remonter à la source, au jardin des racines grecques et judéo-chrétiennes. De la Cité antique à la Cité de Dieu nous arrivons à l'exceptionnelle rencontre de la philosophie et de la religion ... qui avait permis d'édifier le socle commun sur lequel a reeposé la civilisation européenne"), il cherche dans les grands auteurs du XIXe siècle (Constant, Tocqueville) des sources d'inspiration et s'interroge sur la forme du "gouvernement" européen aujourd'hui ("Celle d'un libre-échange intégral, celle des droits sociaux indéfiniment étendus, la prospérité par le recours à des facilités financières sans épargne, dans un système de décision géré par une bureaucratie sans contrôle"), pour laquelle il appelle à la création d'un Sénat ("force de maintien") représentant les Etats membres. Après s'être rapidement demandé pourquoi la France conserve une armée, il en vient à la conclusion à analyser les termes Liberté, Egalité, Fraternité pour constater "le caractère révolutionnaire du droit naturel", représenté comme "un feuve puissant qui, s'il est longtemps contrarié, rompra ses digues avec fureur mais dont le cours ordinaire est celui d'une force tranquille". En résumé, "c'est l'autorité seule du droit naturel qui peut nous sauver"

S'appuyant sur une abondante (et diversifiée) bibliographie, l'ouvrage est nettement un engagement militant, presque "métapolitique", plus qu'un Nième livre de philosophie. Faisant régulièrement l'aller-retour entre les siècles précédents et les recherches actuelles dans de nombreuses disciplines des sciences sociales, recherchant les références les plus anciennes dont il piste le fil d'Ariane à travers le temps, il est particulièrement riche sur le plan intellectuel tout en ayant un caractère pratique ou appliqué que l'on n'est pas obligé de partager. J'avoue que les références à l'église catholique (toujours en retard d'une évolution scientifique ou intellectuelle depuis Galilée au moins) me lassent et que l'idéalisation d'un équilibre rêvé et perdu entre la société humaine et la nature a quelque chose d'artificiel. Mais les idéaux peuvent-ils se retranscrire dans les faits avec leur pureté conceptuelle ? Un débat intellectuel, philosophique et politique qui, au moins, interroge directement nos contemporains. 

Editions Desclée de Brouwer, Paris, 2015, 274 pages, 21,- euros.

ISBN : 978-2-22006-709-4.

Philosophie politique
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1 juillet 2015 3 01 /07 /juillet /2015 06:00

Berezina

Sylvain Tesson

Sur les traces de l'empereur, le lecteur est entraîné dans un récit assez exceptionnel. Le dialogue qui ouvre le livre donne le ton : "Pourquoi ne pas revenir à Paris en side-car ? A bord d'une belle Oural de fabrication russe ... Pourquoi ne pas faire offrande de ces quatre mille kilomètres aux soldats de Napoléon ? A leurs fantômes. A leur sacrifice ... C'est à nous de saluer la Grande Armée. Il y a deux siècles, des mecs rêvaient d'autre chose que du haut débit ... Ce sera un voyage de mémoire ... Pourquoi répéter la retraite exactement ? Pour le panache, chérie, pour le panache".

Le 3 décembre 2012, la petite équipe démarre, après un dernier tour en moto dans Moscou, pour suivre le même itinéraire que la Grande Armée deux siècles plus tôt : "Les livres seraient nos guides sur la route. Ils nous diraient par où passer et où sonner la halte. Le soir, en les ouvrant, un autre voyage commancerait, non plus sur le goudron des nationales slaves, mais dans le souvenir des survivants de 1812 qui avaient pris la plume pour conjurer le cauchemar". Au fil des chapitres et des kilomètres, des étapes et des paragraphes, le passé et le présent alternent, se croisent et parfois se mélangent, à Borodino, Wiazma, Smolensk, et jusqu'à la Bérézina et au-delà Vilnius et Varsovie. L'auteur tente de décrypter les choix tactiques de l'empereur (paradoxalement l'armée française multiplie les succès locaux sur fond de défaite stratégique) et ceux de Koutouzov, le général russe qui fait le choix de harceler les Français sans engager de bataille majeure. Sylvain Tesson s'interroge sur la guerre des partisans mais également détaille le voyage aujourd'hui par -12 ou -15° ; il raconte ses visites sur les lieux qui virent passer et souffrir les soldats de la Grande Armée, mais aussi son affectation pour les gens qu'il rencontre : "Ce voyage était certes une façon de rendre les honneurs aux mânes du sergent Bourgogne et du prince Eugène, mais aussi une occasion de se jeter de nids-de-poule en bistrots avec deux de nos frères de l'Est pour sceller l'amour de la Russie, des routes défoncées et des matins glacés lavant les nuits d'ivresse". Le ton, on le voit, n'est pas celui d'un livre d'histoire, mais c'est une véritable ode à l'histoire, un excellent hommage aux chefs et aux soldats, un journal de route à la fois passionnant et écrit avec verve, que l'on ne quitte qu'à regret en se disant "Déjà terminé ?..." Nous vous laissons découvrir toutes les formules enlevées et profondes qui scandent les pages. Vous ne risquez pas d'être déçu.

Un très bon livre de vacances, qui vient de recevoir le 29 juin le prix E. Bergot 2015, tout-à-fait mérité, pour rire et pleurer (après quelques vodkas) en mémoire des soldats de l'empereur et à l'amitié avec ceux du tsar. Allez, encore un toast ! Et vive la Berezina !

Editions Guérin, Chamonix, 2015, 199 pages. 19,50 euros

ISBN : 978-2-35221-089-4.

Road Story
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24 juin 2015 3 24 /06 /juin /2015 06:00

L'Arménie au coeur de la mémoire

Hélène Kosséian

Des massacres du XIXe siècle à la guerre du Haut-Karabagh à la fin du XXe, Hélène Kosséian raconte l'histoire du peuple arménien, tel qu'elle a été vécue et tel qu'elle a été perçue.

Nouvel ouvrage sur le sujet donc, en ce centenaire du génocide arménien de 1915, avec la particularité par rapport aux autres titres déjà publiés de s'intéresser plus longuement à la fois à l'histoire ancienne de l'Arménie, à son éphémère première république à la fin de la Grande Guerre (mai 1918), et jusqu'à son histoire récente, dans un contexte très particulier puisqu'à la fin de la Grande Guerre "les territoires arméniens de Turquie ne sont plus qu'un immense tombeau à ciel ouvert". Les exilés se dispersent à travers le monde, et en particulier en France, où ils s'intègrent parfaitement tout en conservant leur culture, ce qui leur vaut sur le sujet un chapitre complet. Nous suivons ensuite par exemple leurs contributions à la lutte contre les Nazis mais aussi les efforts parfois violents des plus radicaux pour faire reconnaître internationalement le génocide. Vient enfin avec le dégel de l'espace soviétique l'heure du retour (difficile) à une indépendance en partie contestée, mais le pays est pauvre, démuni de tout et peine à soutenir les luttes qui se succèdent (en particulier conflit du Haut Karabagh). Le livre se termine sur un ultime chapitre qui évoque la personnalité et l'assassinat de Hrant Dink en Turquie et sur les difficultés aujourd'hui encore d'être Arménien et de vivre en Turquie.

Un ouvrage qui adopte donc une approche différente, d'un style enlevé, facile à lire et riche de nombreuses informations. A ne pas oublier si le sujet vous intéresse.

Editions du Rocher, Monaco, 2015, 209 pages. 17,90 euros.

ISBN : 978-2-268-07743-7.

L'auteure invitée sur France 2 en avril dernier : ici.

Le Grand Mal
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19 juin 2015 5 19 /06 /juin /2015 06:00

La France s'est faite à coups d'épée

L'épopée des grandes batailles, d'Hastings à la Libération

Dominique Lormier

Nouvel ouvrage de Dominique Lormier, dans le droit fil de ses publications antérieures, avec les mêmes qualités et défauts. Un phrase de l'introduction donne le ton : "Le courage des soldats français -de la chevalerie du Moyen-Âge, en passant par les mousquetaires du roi, les grognards de Napoléon, les poilus de la Grande Guerre, les combattants de la France Libre et de l'armée d'Afrique- est entré dans la légende". Soit Et ensuite ? S'agit-il d'une particularité française et les soldats des autres pays ne font-ils pas preuve de qualités souvent égales ? Qui nie les victoires remportées au long des siècles ? Mais en faire l'exclusif et permanent éloge est-il d'une utilité quelconque ? Surtout quand le récit s'éloigne parfois de la réalité historique...

Quelques titres et sous-titres donnent bien le ton général : "La victoire éclair de Guillaume le Conquérant" à Hastings (comme victoire française, c'est approximatif), "Le triomphe de Philippe Auguste", suivi du "Retour triomphal de la chevalerie française", qualificatif que l'on retrouve avec "Le triomphe de l'armée française face à l'hégémonie des Habsbourg", suivi par "L'invincible armée française" du roi-soleil (les défaites de Louis XIV ont-elles existé ?), puis par "La suprématie des armées de Louis XV" (qui permet sans doute de conserver les "quelques arpents de neige" ?), "La victoire en chantant" en 1792, "L'incroyable succès" en 1794, "L'épopée" en 1796, de "Nouvelles victoires" en 1800, etc. On en vient à se demander pourquoi et comment certaines guerres ont pu être perdues ? Pour 1870-1871, l'explication tiendrait au "Triomphe de la puissance allemande", même s'il faut bien reconnaître que l'armée française était "mal préparée à un conflit moderne, très inférieure en nombre et très mal commandée" (affirmation d'ailleurs tout aussi rapide, à confronter aux récentes travaux sur la période...). De même pour mai-juin 1940, qui ne semble être qu'une série de victoires locales hélas entrecoupées de replis dont on discerne mal la cohérence et dont on finit par douter. La dernière phrase de la conclusion résonne en écho : "On ne peut comprendre l'histoire militaire de la France sans une vision panoramique des événements. Il est donc important de connaître ses batailles pour avoir une vision générale de l'histoire de notre pays". Certes. Mais comme toute monnaie (ou médaille !) a un avers et un revers, une "vision panoramique" avec un seul oeil ou sur une seule face n'apporte finalement que la moitié de la réponse. Personne de sérieux ne nie que le soldat français se soit bien battu et aujourd'hui encore se batte bien. La question n'est pas là. Mais ne présenter que des triomphes systématiquement glorieux procède d'une "vision panoramique" étrangement réductrice que démentent la chronologie dans le temps long et la réalité des aléas de l'histoire.

Le "roman -ou le récit- national" a son utilité, sa réelle utilité. Mais un roman -ou un récit- se doit aussi d'être crédible, au risque d'être lassant, voire contre-productif. Et il y a, là, plus qu'un hiatus.

Armand Colin, Paris, 2015, 316 pages. 19,90 euros.

ISBN : 978-2-200-60060-0.

Apologie systématique
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13 juin 2015 6 13 /06 /juin /2015 06:00

La bataille

Du fait d'armes au combat idéologique

XIe - XIXe siècle

Ariane Boltanski, Yann Lagadec et Franck Mercier (Dir.)

Revisiter l'histoire-bataille, ouvrir de nouvelles pistes sans renoncer aux fondamentaux, procéder par aller/retour "du haut" vers "le bas" et réciproquement, prendre en compte les recompositions mémorielles ultérieures, élargir la réflexion aux a priori et aux usages politiques : autant de thèmes abordés dans ce volume par les dix-sept contributeurs qui présentent de façon souvent très renouvelée autant d'engagements guerriers d'Hastings à Leipzig.

En abordant ainsi ces batailles du passé, les auteurs ont "l'avantage du terrain" : ils peuvent présenter de nouvelles réflexions et n'évoquer que marginalement certaines autres plus classiques sans susciter de débats éppidermiques entre tenants de telle thèse ou de telle école. L'ouvrage est donc particulièrement riche, d'autant plus que certains affrontements sont peu présents dans l'historiographie générale ("Ravenne, 11 avril 1512 : la première bataille moderne ?", par Jean-Louis Fournel ; ou "La prise de Cordoba de Calchaqui, décembre 1562. Emergence d'un ennemi intérieur indien", par Christophe Guidicelli par exemple). Qui se souvient aujourd'hui de la bataile du Cap Béveziers, en 1690, alors qu'elle "fut l'une des plus grandes victoires navales jamais remportées par la marine française sur sa grande rivale anglaise" ? Et pourtant, cet événement permet à Alan James de présenter un long développement sur les notions même de défaite et de victoire : "une victoire dépourvue des fruits de la victoire". De même, à partir de l'exemple de "la bataille des Cardinaux", en novembre 1759, Olivier Chaline tente d'identifier, de déterminer, de préciser, comment les acteurs et témoins, dès les derniers moments du combat (dernières phases parfois difficiles à identifier avec précision) s'efforcent d'en écrire l'histoire : quand se termine-t-elle effectivement ? Quels sont les premiers commentaires "à chaud" et comment orientent-ils les politiques du temps et les historiens du futur ? Quels en sont les échos ultérieurs ? etc.

En résumé, un volume passionnant, et pas seulement pour ceux qui s'inéressent aux conflits du XXe siècle. D'ailleurs, la conclusion souligne l'importance du contexte d'une bataille, et en particulier la notion de "campagne", sur laquelle il y aurait sans doute à travailler davantage.

Presses universitaires de Rennes, 2015, 286 pages, 19 euros.
ISBN : 978-2-7555-4029-3.

Autour de la bataille
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10 juin 2015 3 10 /06 /juin /2015 06:00

La France en chiffres

de 1870 à nos jours

Olivier Wieviorka (Dir.)

Histoire économique, politique, sociétale : toutes les données chiffrées sur près d'un siècle et demi d'histoire de France.

Ce volume va très rapidement se révéler indispensable pour tous les étudiants (pratiquement sans distinction de discipline), et au-delà comme document de référence et de travail pour tous ceux qui s'intéressent à l'histoire de la France depuis la fin du Second empire. Autour d'Olivier Wieviorka, Julie Le Gac, Anne-Laure Ollivier et Raphaël Spina représentent avec brio la jeune génération. D'une exceptionnelle densité, il donne tous les chiffres utiles pour la démographie, pour l'économie, pour la vie politique et les résultats électoraux, pour les questions de société et les habitudes de vie (les loisirs, la télévision, etc.), pour la presse, pour les religions, pour le sport, pour la santé, pour la justice, pour l'enseignement, etc. La dernière partie traite, sur quelques 130 pages des questions militaires, des guerres et des crises. Chaque chapitre est illustré par de nombreux tableaux récapitulatifs et graphiques, et complété par des références bibliographiques adaptées. Certes, les textes d'accompagnement sont parfois un peu brefs et, lorsque l'on connait un sujet, on peut trouver qu'ils manquent de finesse d'analyse. Mais le nombre de données chiffrées fournies est si important que chacun y trouvera matière à parfaire ses connaissances et à étoffer ses études.

Un livre qui doit absolument être connu de tous. Une excellente réalisation.

Perrin, Paris, 2015, 667 pages, 28,- euros.

ISBN : 978-2-262-02741-4.

Indispensable
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5 juin 2015 5 05 /06 /juin /2015 06:10

Rütli

Une voie pour l'avenir, 1940-2015

Pierre Streit et Suzette Sandoz

Un rappel historique, une leçon de civisme et quelques enseignements pour aujourd'hui et sans doute demain. Beau résultat en à peine plus de cent pages.

A partir du discours prononcé en juillet 1940 sur la prairie du Rütli devant plusieurs centaines d'officiers de l'armée suisse par le général Guisan (général en chef pour la durée de la guerre, élu par les deux Chambres réunies), les auteurs nous proposent de s'en inspirer dans les temps difficiles qui sont les nôtres. La prairie du Rütli est cosubstantielle de l'histoire de la Confédération helvétique (naissance plus ou moins mythifiée du pacte fédéral), et choisir ce lieu pour présenter la stratégie du Réduit national, mais surtout exhorter l'armée, le gouvernement, le peuple, à résister à tout prix à la menace de l'Allemagne victorieuse donnait déjà à l'événement une forte charge symbolique. Ce bref discours en quelque sorte fondateur peut inspirer aujourd'hui une politique. A partir de ce constat, Pierre Streit développe une série de thèmes directement liés à l'histoire, à sa place, à son enseignement, à son rôle. Dans le débat actuel, ses propos méritent d'être lus : "Le véritable 'devoir de mémoire', c'est la connaissance de l'histoire en général, avec ses hauts faits et ses horreurs, ses sacrifices et ses trahisons, ses petitesses et ses grandeurs, de l'histoire reflet de la nature humaine, source de connaissance et d'expérience. Cette histoire s'enrichit de mythes, sorte de grossissement ou d'idéalisation d'événements, voire de fabulation qui permettent à une population de se construire en échappant à la banalité des faits. Les myhtes sont à l'histoire ce que la religion est à la civilisation : un élément constitutif, une partie intégrante...""Il est sans doute intelligent de ne pas se contenter de l'histoire événementielle et d'essayer d'en faire une lecture raisonnée, mais on porte atteinte à la liberté d'opinion des élèves et on les déresponsabilise quand on les prive de la connaissance première des événements pour leur en imposer simplement la lecture à la mode"... Revendiquant à la fois la scrupuleuse méthodologie de l'historien et l'élan d'un indispensable 'roman national' structurant, l'auteur évoque successivement l'importance de l'histoire dans la formation des chefs (qui en sont aujourd'hui singulièrement démunis), ou l'enracinement indispensable que la politique devrait y trouver : "L'histoire est constituée de la succession des strates du passé et, par conséquent, modifie jour après jour la composition du terreau qu'elle forme. Ce qui importe, c'est que ces strates puissent elles-mêmes se greffer les unes sur les autres et sur le terreau de base afin d'éviter les ruptures dangereuses ou les failles béantes". Et puis l'histoire, avec ses mythes reconnus comme tels -et non à leur exclusion-, permet de construire l'avenir et peut être mise au service de l'action. Le livre se termine sur la reproduction d'extraits de quelques grands discours de l'époque (y compris l'appel du 18 Juin) et la réception du rassemblement du Rütli par les historiens suisses.

Le débat suisse peut-il avoir un écho intelligent en France ? Au regard des anathèmes et des excommunications que les uns et les autres se lancent depuis des mois, j'en doute, hélas. Raison de plus pour lire tranquillement et méditer ce petit volume. Après tout, "l'esprit de résistance" commence en chacun d'entre nous.

Editions Cabédita, Divonne-les-Bains, 2015, 117 pages

Héritage moral et intellectuel
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Qui Suis-Je ?

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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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