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15 février 2015 7 15 /02 /février /2015 06:00

Les tueurs de la République

Vincent Nouzille

Quelque part entre la réalité et le fantasme, et pourtant un constat : il s'agit d'une évidence sous tous les régimes et à toutes les époques.

Le terme "tueurs" dans le titre attire sans doute le regard, mais il correspond assez peu à la réalité, s'agissant de représentants de l'Etat mandatés au plus haut niveau. Et si l'ouvrage s'ouvre sur la présentation d'un François Hollande guerrier assumant sans sourciller la responsabilité des ordres donnés, commençons par préciser que les missions de ce type existent pour ainsi dire depuis la nuit des temps et sous tous les cieux, tout comme une certaine loi du silence au nom de la raison d'Etat. Jouer l'étonnement et les vierges effarouchées ne changerait rien à l'affaire. Depuis qu'il existe un pouvoir à défendre ou qu'une communauté se sent menacée dans sa substance, les chefs ennemis sont exécutés. Enfin, objectivement, la France n'est pas le pays le plus "pratiquant" en la matière et il ne fait donc pas être surpris. Jouant assez facilement sur les réactions émotionnelles (vocabulaire employé en particulier), Vincent Nouzille note néanmoins en introduction cette affirmation du chef de la DGSE devant les députés en 2013 : "Nous sommes des agents de l'Etat agissant sous les ordres de l'autorité politique pour la défense des intérêts de la République". Et il souligne en conclusion : "En dépit des qualités et du dévouement des hommes engagés dans ces missions périlleuses, ...". Voilà qui relativise les "tueurs"... Ceci étant rappelé et les choses remises à leur juste niveau, le livre est divisé, après une introduction qui tente de définir la notion d'un "droit de représailles" et ses rapports avec la raison d'Etat, en seize chapitres pratiquement chronologiques, de la guerre d'Algérie et ses suites à la guerre actuelle contre le terrorisme, en passant par les multiples "affaires" liées à la Françafrique, aux présidences Giscard puis Mitterrand, au 11e choc, à l'ex-Yougoslavie, à l'affaire des moines de Tibhirine en Algérie, au rapprochement croissant avec les Etats-Unis après le 11 septembre 2001 et aux présidences Chirac puis Sarkozy. Dans ce vaste survol des opérations secrètes de la Ve République, des exemples de nature différente sont proposés, de l'assassinat de tel dirigeant à la coopération avec différents services étrangers. Au passage, l'auteur évoque les fameux "carnets" du général Rondeau, saisis par la justice en 2006 dans le cadre de l'affaire Clearstream ; l'enquête sur "le compte japonais" de Jacques Chirac ; et les équipes "Alpha" (comme les opérations éponymes) entre 1986 et 2002 puis un retour en grâce à partir de la présidence Sarkozy (notons que la présence de "commandos" sur le sol libyen est un secret de Polichinelle). On peut regretter toutefois à pluseurs reprises une certaine confusion entre les diverses formes de "l'action discrète" : entre l'opération "homo" et l'envoi de quelques éléments du COS, il y a plus qu'une marge... Et sur un tel sujet, il est difficile de faire étalage de sources croisées !

En résumé, un livre intéressant sur les opérations "non publiques", à l'initiative et sur ordre de l'exécutif, et parfois des opérations militaires simplement "discrètes". Un livre qui se lira facilement mais qu'il faut prendre avec une certaine distance pour éviter le côté "sensationnel", impérativement croiser avec d'autres sources (rappelons que 95% de l'information est publique, il suffit de savoir la chercher au bon endroit), et éviter de considérer comme une vérité absolue. Des éléments avérés (la morale n'existe pas face à la raison d'Etat), mais aussi des extrapolations journalistiques...

Fayard, Paris, 2015, 347 pages, 20 euros.

ISBN : 978-2-213-67176-5.

Opérations (très) spéciales
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6 février 2015 5 06 /02 /février /2015 06:00

Corps à corps

Essai de transmission mémorielle par le cimetière militaire

Emile S. Fouda et Eve Comandé

Pour entretenir la mémoire et le souvenir, peut-on faire dire aujourd'hui aux cimetières militaires autre chose que ce pour quoi ils ont été aménagés ?

Le livre s'ouvre sur un étonnant avant-propos, vestige de souvenirs familiaux ?, mélange entre la brutale répression des Héréros dans le Sud-ouest africain allemand et le génocide des Juifs par les Nazis, puis évoque les combats de la libération et les cimetières de Normandie, autour de la personnalité d'un grand père qui aimait l'Allemagne... Puis l'introduction commence par une évocation de la rafle du 16 juillet 1942 à Paris pour s'interroger ensuite sur la mémoire et poser la question du cimetière militaire et de ce qu'il peut et doit transmettre aujourd'hui. L'itinéraire suivi n'a rien de la ligne droite... Le volume est ensuite divisé en cinq parties principales. La première tente de définir "Les cadres fondamentaux de la sociabilité du cimetière militaire", dans ce qu'il doit représenter et dans la façon dont il est organisé. La seconde partie reprend depuis la Grèce antique le traitement réservé aux morts (et en particulier aux guerriers morts) jusqu'à la Seconde guerre mondiale, en insistant sur le moment particulièrement important de la Première. La troisième partie nous en apprend beaucoup sur le fonctionnement et les modes de gestion des cimetières militaires dans les principales nations occidentales (France, USA, Royaume-Uni, Allemagne), à travers leurs grandes organisations étatiques ou para-étatiques (American Battle Monuments Commission, Commonwealth War Graves Commission, etc.). La quatrième s'intéresse, à partir d'exemples normands de la Seconde guerre mondiale essentiellement, à l'agencement interne propre à chaque cimetière, en recherche les points communs ou les différences (ordonnancement, végétation, pierres tombales, constructions, etc.). A titre anecdotique, on y apprend par exemple l'existence près de Caumont-L'Eventé du "plus petit cimetière du monde", puisqu'il ne compte qu'une seule tombe : "ce minuscule site est un espace clos, disposé et entretenu de la même manière que tout autre cimetière militaire". La cinquième et dernière partie enfin s'attache aux circuits mémoriels, à travers les personnes (les conservateurs des sites et les différentes catégories de visiteurs), la réglementation (ce qui y est autorisé et ce qui y est interdit), et jusqu'aux profanations. Le livre se termine sur une analyse de la "Place du corps dans les récits des témoins civils", intéressante mais à bien des égards trop inutilement intellectualisée pour être opérative. Considérant en conclusion que les soldats morts, assimilés aux héros antiques, ont toujours un message à transmettre, les auteurs en viennent toutefois à considérer que celui-ci a évolué et doit continuer à évoluer : "Aujourd'hui la valeur de liberté prend racine ailleurs et les jeunes adultes n'ont plus aucun lien avec la guerre, sauf si la famille raconte, sauf si la conscientisation se fait par les proches. La jeunesse, protégée par l'absence d'une expérience de guerre semblable à celle des grands-parents, veut rompre avec ce passé là. Les nouvelles valeurs sociales mettent en avant l'individu et ses droits aux dépens de son rapport à la collectivité et de son devoir de mémoire ... Une réponse s'impose : revaloriser les espaces de paix. Pour cela il importe de montrer les conséquences des processus de guerre. Leçon sans livres, les cimetières militaires s'y emploient". Le plus petit commun dénominateur, et le plus facile, est-il vraiment le plus pertinent ? On peut en effet se demander si "l'avenir" des cimetières est de "se transformer en éclaireurs de paix", sans que l'on ne sache plus pourquoi ces guerres et pourquoi ces morts.

Editions Codex, Talmont Saint-Hilaire, 2015, 219 pages, 24 euros.

ISBN : 978-2-918783-09-1.

Cimetières militaires
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24 janvier 2015 6 24 /01 /janvier /2015 06:15

Le val de Bresle

au fil de l'eau et du temps

Les productions des sociétés savantes locales sont souvent de grande qualité et nous essayons autant que possible d'en parler lorsque nous en avons (même tardivement) connaissance. Ce volume date d'une quinzaine d'années, mais conserve toute ses qualités.

Entre Aumale et Eu, sur une soixantaine de kilomètres, entre Picardie et Normandie, la vallée de la Bresle reste marquée par l'influence de la famille d'Orléans à travers ses édifices religieux et ses châteaux, mais aussi par ses productions artisanales que symbolisent en quelque sorte les anciens moulins. Page après page, au fil du fleuve, d'Aumale à Eu, le livre présente donc les témoignages et souvenirs de cette ancienne histoire. Pour chaque page double, un texte de présentation et d'explication relativement bref sur la page de droite fait face à une illustration (le plus souvent en noir et blanc), reproduction de gravure ou d'estampe. Outre les deux principales communes décrites en détail, Aumale et Eu, l'ouvrage nous entraîne ainsi de Senarpont à Arguel, de Rambures à Romesnil, de Blagny à Gamaches, jusqu'au Tréport et à Mers-les-Bains.

Un beau voyage dans le temps et dans l'espace, où l'on croise plusieurs rois de France et quelques grands princes. Un outil de culture générale et un guide touristique original pour visiter la région.

Les Amys du Vieil Eu, 1998, 102 pages, 30 euros.

Pour contacter directement l'association : ici.

Au long du fleuve
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17 janvier 2015 6 17 /01 /janvier /2015 06:15

Quelle histoire pour la France ?

Dominique Borne

La double question de "l'utilité" et des formes à prendre par l'enseignement de l'histoire de France aujourd'hui continue à alimenter un flux régulier de publications. Dans celle-ci, Dominique Borne affirme qu'elle reste indispensable et propose d'en écrire une nouvelle présentation : "La construction d'un nouveau récit, armé de toutes les avancées des recherches, apparaît pourtant d'autant plus nécessaire que la France n'occupe plus en Europe et dans le monde la place qui fut la sienne"

Dominique Borne propose donc dans une première partie un "Etat des lieux", qui s'intéresse d'abord à l'enseignement de la discipline à l'école ("Les élèves sont davantage invités à déplorer les victimes qu'à célébrer les héros"), puis aux "Usages politiques de l'histoire de France", à  travers les présidents de la Ve République, et aux grands moments traditionnellement soulignés du "roman national" autour desquels s'est construite (et à été reconstruite) l'histoire du pays, des Gaulois aux Francs et de Saint Louis à Napoléon. Il note ainsi, avec des objectifs politiques nettement différenciés, la cohérence dans la durée de l'usage politique de l'histoire nationale, avec deux grands récits (un monarchiste, un républicain), appelés à "prouver" l'existence d'un destin particulier. Constatant finalement qu'il "n'en subsiste que les pièces détachées d'une mémoire déglinguée", l'auteur se demande dans une deuxième partie s'il peut y avoir "De nouvelles histoires de France ?" : "Les guerres franco-françaises se jouent histoire contre histoire ... Comment retrouver des formes d'intrigue historique qui permettent le compromis et acceptent le pluralisme ?". Il propose plusieurs pistes. Tout d'abord se débarasser des grandes divisions chronologiques traditionnelles pour retenir quatre grandes périodes : "La France avant la France", "La France des rois", "La France des révolutions et des républiques" et "La France d'aujourd'hui", avouons que ce rejet d'une "chronologie structurante" nous semble sujette à discussion. Elle permet à l'auteur, de façon impressionniste, ou kaléïdoscopique, d'associer des éléments épars : "L'histoire de France que nous tentons d'imaginer ne met pas bout à bout les travaux des historiens pour dessiner une continuité intelligible. Elle utilise ces travaux pour éclairer des moments et les faire miroiter -jeux de glaces, reflets, transparences, échos". Sans être absolument conservateur, l'historien commence à tiquer. La multiplication des modèles, personnages restés peu connus voire inconnus, témoins ou acteurs des événements, accroît la confusion : le témoignage de l'un étant difficile à comprendre sans contextualisation et appropriation des fondamentaux en amont. Aux environ de la page 170, Dominique Borne commence à développer une série d'exemples, parmi lesquels la fondation de Marseille dans l'Antiquité, le royaume et l'Europe sous Louis XI, le tableau Le voeu de Philippe de Champaigne pour Louis XIII, la Déclaration des droits pour la Révolution, etc. A chaque fois, il s'efforce d'en retirer le ou les point(s) clef(s), les idées fondatrices, les interprétations originales, et ouvre des pistes pour des enseignements ultérieurs. Au final, si le projet ne manque pas d'intérêt, il peut sembler délicat de mise en oeuvre et pour certains peu convaincant. L'auteur consacre donc la dernière partie de son livre à "reconstituer" à titre d'exemple un discours historique en faisant "des habitants de ce pays les acteurs de toutes les intrigues", ce qui donne une curieuse succession de sujets ou citoyens pratiquement choisis par chacun : "Notre Panthéon est ouvert : au lecteur d'y placer les figures qu'il souhaite conserver de l'histoire de France"... Et de conclure : "Une histoire plurielle et libre, où la controverse est féconde puisque s'y affrontent toutes les expressions de la liberté et de l'égalité".

Un ouvrage étonnant, aussi intéressant qu'urticant. De propositions audacieuses, des idées indiscutablement novatrices, mais dont la mise en oeuvre "individuelle" semble pour le moins délicate quand on dispose pas des connaissances de base. Alors revient la question initiale : pourquoi et comment l'histoire de France ?

Gallimard, Paris, 2014, 358 pages. 22,50 euros.

ISBN : 978-2-07-013924-8.

Une (ou des) histoire(s)
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9 janvier 2015 5 09 /01 /janvier /2015 06:00

L'Histoire,

pour quoi faire ?

Serge Gruzinski

Un ouvrage original et ambitieux dans son propos, qui se propose de mieux nous faire comprendre notre monde et ses évolutions en regardant avec des yeux neufs vers la Renaissance, mais finalement sans réellement nous convaincre. 

Serge Gruzinski, historien spécialiste des mondes latino-américains à l'époque moderne, s'interroge dans ce volume sur un sujet aussi complexe qu'important : pourquoi l'histoire et comment intéresser les jeunes générations à l'histoire ? Au fil des neuf chapitres de l'ouvrage, l'auteur aborde divers sujets en dressant un intéressant parallèle entre notre époque et celle des « Grandes Découvertes », où les empires ibériques ont amorcé une première mondialisation du monde. A travers ce parallèle, Serge Gruzinski examine la place de l'histoire et de la mémoire dans les sociétés d'aujourd'hui, propose une utilisation nouvelle du cinéma pour aider la réflexion historique ou s'attache à convaincre de l'utilité d'une histoire plus détachée d'un point de vue trop "européo-centré". La position de l'auteur est clair dès l'avant-propos : « Les débats d'historiens, pour indispensables qu'ils demeurent, visent souvent davantage à redéfinir des territoires et des fiefs écornés qu'à bousculer les routines académiques. […] Prenons d'autres voies ». Le souci ressenti à la lecture de cet ouvrage est qu'à trop vouloir prendre d'autres voies, on finit par s'égarer, voire par se perdre. On a finalement l'impression d'un vague fourre-tout sur la place de l'histoire dans une planète mondialisée, et pourtant le mot de mondialisation n'est pas défini par l'auteur, sauf erreur de ma part. Les thèses abordées sur la manière dont les médias modernes, tels que le jeu vidéo ou la télévision, peuvent servir la réflexion historique sont intéressantes mais le choix des exemples donnés (à savoir le jeu vidéo Civilization et la série télévisée Game of Thrones) peut prêter à discussion et rendre l'argumentation caduque, voire erronée. Certaines formules malheureuses rendent parfois la lecture du texte compliquée, quand elles ne laisse pas tout simplement l'impression d'une contradiction dans le discours. La critique (assez systématique) de l'européanocentrisme des historiens occidentaux est elle aussi maladroite et n'apporte pas plus de solution que le reste du livre, bien que certains postulats initiaux se révèlent particulièrement pertinents. Pourtant, les informations distillées tout au long du livre sur la construction et la mutation des empires maritimes de l'Espagne et du Portugal sont d'un grand intérêt et à de nombreuses reprises appuient clairement la réflexion de l'auteur.

On en ressort avec l'impression que ce livre est un véritable bouillonnement d'idées, certes, mais qui n'a pas encore totalement débouché sur un discours structuré et accessible. Au final, on reste confus, un peu troublé, par la lecture de cet ouvrage qui pose beaucoup de questions (souvent pertinentes), mais que l'auteur semble laisser sans réponse.

Thierry Barroca

Fayard, Paris, 2014, 196 pages, 18 euros.
ISBN : 978-2-213-67752-1.

Relire la Renaissance
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18 décembre 2014 4 18 /12 /décembre /2014 05:50

Histoire de Huy et sa région

Une destinée captivante et tumultueuse

Jean-Pierre Rorive

Quand la passion et le sens de la recherche se conjuguent, cela peut donner des livres aussi originaux qu'intéressants.

Personnellement, si j'avais avant la lecture de cet ouvrage quelques notions sur la principauté de Liège, je dois reconnaître que j'ignorais tout de l'histoire de la ville de Huy. Or celle-ci, et l'auteur le démontre parfaitement, n'a rien à envier à bien d'autres cités beaucoup plus célèbres. Les premiers chapitres racontent rapidement l'histoire (en partie imaginaire à l'origine) de la cité depuis l'époque romaine et durant le Moyen-Âge. Il insiste sur deux points, présentés comme des caractéristiques de la commune, les églises, couvents et autres implantations religieuses d'une part, son formidable château-fort d'autre part. Les deux grandes parties qui suivent ("Les temps modernes" et "Les temps nouveaux") brossent un tableau particulièrement détaillé des évolutions connues par Huy à partir du XVIe siècle. L'industrialisation de la région et sa quasi-ruine à la suite de la guerre de Trente Ans ("Le malheur est omniprésent, tant le XVIIe siècle est tissé de guerres et de fléaux connexes"), puis des guerres de Louis XIV (la ville détient le record du nombre de sièges), misères qui se poursuivent avec la guerre de Succession d'Autriche qui laisse un territoire exsangue ("La démographie hutoise ne cesse pratiquement pas de régresser aux XVII et XVIIIe siècles. L'hémorragie est plus grave, plus précoce et plus durable que dans les autres villes"). Avec la révolution française, Huy connaît une nouvelle période de violences et doit surtout contribuer au financement des campagnes de la république, du consulat puis de l'empire (Napoléon passe deux fois rapidement), au point de transformer la ville en une cité où s'installent le chomage et la mendicité. Après le rattachement à la Hollande en 1815, puis en 1830 à la nouvelle Belgique, et avec le développement du chemin de fer, s'ouvre une nouvelle période de croissance. L'auteur détaille la production, analyse les rapports de force politiques, présente les différentes associations et sociétés qui animent la vie locale. Le fort est remis en état et modernisé et devient "l'une des principales et des plus médiocres places fortes du Royaume". En 1914, la ville est prise sans combat le 15 août et connaît ensuite le sort des territoires belges occupés par les Allemands, traverse l'entre-deux-guerres et devient un centre actif de la résistance pendant la Seconde guerre mondiale.

Cette histoire d'une (petite) ville belge, à la fois place forte et grand site religieux, nous fait revivre également tous les troubles importants de l'histoire européenne sur au moins cinq siècles, et apporte beaucoup d'éléments surtout sur les XVIe-XVIIIe s. Sur ces points au minimum, le livre mérite d'être connu, lu et conservé.

Impremierie P. Malherbe, Huy (B), 2014, 165 pages, 25 euros.

ISBN : 978-2-9601566-0-7.

Perle mosane
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14 décembre 2014 7 14 /12 /décembre /2014 06:00

Ils ont échappé à la mort

Les tentatives d'assassinat qui ont changé l'histoire de France

Luc Mary

De Gaspard de Coligny à Jacques Chirac, les tentatives d'attentat plus ou moins "foireuses", ayant échoué par amateurisme des organisateurs ou heureux hasard pour le rescapé.

Le livre commence avec l'attentat manqué contre Gaspard de Coligny le 22 août 1572, organisé par Catherine de Médicis, mère du roi Charles IX, qui débouche deux jours plus tard sur le massacre de la Saint-Barthélémy. Il se termine par le coup de feu de Maxime Brunerie contre le président Chirac le 14 juillet 2002, jeune d'extrême-droite qui veut tuer le chef de l'Etat pour devenir célèbre et sortira de prison dès 2009 pour tomber dans l'oubli. Les attentats du XXIe siècle n'ont plus ni l'aura ni les conséquences de leurs prédécesseurs... Entre temps, les "affaires" se sont succédées, sous tous les régimes, de Henri IV à Louis XV, de Bonaparte à... Napoléon, de Louis-Phillipe (plusieurs fois) à Napoléon III sur fond d'unité italienne, de Clemenceau au lendemain de la Grande Guerre à Laval dans le contexte trouble de l'occupation allemande, jusqu'à de Gaulle poursuivi à plusieurs reprises par les partisans les plus radicaux de l'Algérie française. La diversité des situations dans le temps et dans l'espace interdit d'en tirer des enseignements communs et significatifs.

Finalement, il s'agit de la description d'une succession de situations particulières, globalement bien replacées dans leur contexte. Un petit livre facile à lire et qui nous replonge dans des périodes de crises et de tensions. Agréable pour les vacances.

Tallandier, Paris, 2014, 210 pages. 18,90 euros.
ISBN : 979-10-210-0626-3.

Un détail qui change tout
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7 décembre 2014 7 07 /12 /décembre /2014 07:00

Guerres à l’horizon

Thomas Flichy de La Neuville et Olivier Hanne

Une grosse brochure, constituée par une série de textes sous forme d’articles de 4 à 6 pages chacun pour l’essentiel, visant à brosser le tableau des menaces qui pèsent sur l’Europe et surtout, nous précise l’introduction, à présenter des réponses concrètes.

Le volume est divisé en cinq parties de deux articles qui abordent des thèmes très différents, liés à des notions « stratégiques » (puissance maritime, « guerre douce ») ou à des aires géographique (Afrique, Moyen-Orient). Certains renvoient très directement à des ouvrages récents des principaux contributeurs (« Le retournement diplomatique de l’Iran »). On reste toutefois sur sa faim pour deux raisons principales : le caractère limité de chaque contribution réduit naturellement la possibilité de développements plus complexes d’une part, la dominante intellectuelle (« Ecole géoculturelle ») peine à convaincre de sa « nouveauté » par des retours fréquents à des thèmes très classiques, pour ne pas dire conservateurs. Certaines affirmations ou conclusions enfin peuvent être d’autant plus sérieusement discutées que ces articles ne sont accompagnés d’aucune bibliographie indicative et ne comporte pas (à quelques rarissimes exceptions près) de notes de référence. Et puis, finalement, une question de fond : y a-t-il réellement un « retour de la guerre » ? Celle-ci avait-elle disparu (quand ?) de la surface du globe ?...

Au bilan, comme pour d’autres publications antérieures, le sentiment d’un ouvrage publié trop vite (scories), avant d’avoir été suffisamment mûri sur le fond. Un kaléidoscope de situations conflictuelles qui ne sont pas toutes de même nature et dont on peut parfois se demander pourquoi elles sont traitées successivement. Des analyses plus journalistiques que de fond.

Editions Lavauzelle, Panazol, 2014, 95 pages. 13,80 euros.

ISBN : 978-2-7025-1613-3.

Zones de crise
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6 décembre 2014 6 06 /12 /décembre /2014 06:15

Géopolitiquement correct & incorrect

Harold Hyman et Alain Wang

Chroniqueur télévisé dont on se souvient au moins de l'accent anglo-saxon,  Harold Hyman brosse en une dizaine de chapitres le tableau des zones de crise de notre monde.

Il affirme dans son introduction vouloir "dévoiler et clarifier les noeuds de tensions entre puissances" et veut ancrer son propos en dehors de tout carcan "d'expertise" dans "la réalité des faits". Louable intention, qui menace toujours de nous rapprocher des conversations de café du commerce, car le bon sens et une solide culture générale ne peuvent pas toujours tout. Les deux premiers chapitres, consacrés pour l'un à la Russie et pour l'autre à l'Europe de la Défense, sont à cet égard tout à fait significatifs de cette ambiguité inhérente à l'ouvrage : quelques bonnes idées, quelques explications claires, mais aussi un mélange des lieux et des périodes pour renforcer son argumentation. D'Europe en Asie et en Afrique, et jusqu'en Amérique latine, Harold Hyman traite ainsi en quelques pages de toutes les zones de conflit, actif ou latent. Certaines pages emportent l'adhésion, d'autres laissent plus dubitatif. On apprécie, à la fin de chaque chapitre, les définitions en quelques lignes des principaux termes spécifiques à la région ou au sujet traité, mais l'on regrette que pas une seule référence ne figure dans ces quelques 200 pages. A croire que l'auteur n'en a pas besoin ?

Un ouvrage facile à lire, une carte par thème, quelques précisions de vocabulaire, et des affirmations parfois un peu rapides ou une démonstration un peu approximative. Enfin, le "géopolitiquement incorrect" trouve rapidement ses propres limites... A consulter, puis à chacun de voir si le livre peut lui être utile. 

Tallandier, Paris, 2014, 236 pages. 16,90 euros.
ISBN : 979-10-210-0534-1.

Comprendre les conflits actuels
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4 décembre 2014 4 04 /12 /décembre /2014 06:20

Michelet,

créateur de l'histoire de France

Lucien Febvre

Deux noms parmi les plus célèbres des historiens français. Michelet, au XIXe siècle, Febvre, au XXe. Le second exposant longuement en 1943-1944 tout ce que l'histoire doit au premier. C'est "beau comme l'Antique".

Après un très solide avant-propos de Yann Potin, l'ouvrage nous propose pour la première fois la retranscription complète des trente leçons publiques dispensées entre décembre 1943 et mars 1944 au Collège de France par Lucien Febvre. En pleine guerre, alors que l'occupation allemande se fait plus lourde, il explique que l'apport décisif de Michelet à l'historiographie est d'avoir libéré l'histoire de France de la notion de "race". Ni la race, ni le sol, ni l'économie, ni la religion n'expliquent l'existence et le destin de la France, la réponse se trouve dans le concept de nation. Les leçons qui se succèdent constituent ainsi une ode, un hommage, une démonstration de cette vérité qui constitue alors le socle d'une résistance intellectuelle : "France, pays un et multiple qu'il faut aimer si l'on veut le comprendre, dans son unité et dans sa multiplicité tout à la fois ; France qui n'est jamais tout à fait elle-même, et qui se renouvelle constamment ; France qui, plus qu'aucun pays au monde, appartient à tous ses fils pareillement, également, à tous ses fils porteurs d'idéaux nullement contradictoires -et qui, les uns après les autres, fournissent à l'heurequ'il faut l'homme qu'il faut, tantôt Etienne Marcel, et tantôt Jeanne d'Arc, tantôt Louis XI, Richelieu, Colbert ou Carnot, chaque fois l'homme qui peut le mieux incarner, à l'heure juste, la réaction de la Nation dressée pour la sauvegarde de son génie propre, contre le roi tour à tour, ou contre la noblesse, contre l'Eglise, la Cour ou l'Etranger". On le voit, la pureté de la langue, la force du style, l'immensité des apports parmi lesquels Febvre va puiser son argumentation forcent l'admiration. Reprenant le parcours et la bibliographie de Michelet, Febvre brosse avec brio les étapes de cette création originale qu'est la France. A la fin de la 20e leçon : "L'histoire de France ne peut pas commencer au Xe siècle. L'histoire de France commence au commencement. Dès qu'il y a sur le sol de ce qui est aujourd'hui, de ce qui sera demain, la France, pour ce que nous le valons, des hommes qui peinent, et qui inscrivent sur la terre de France les traces de leur dur labeur de laboureurs et de bûcherons. Des hommes qui chantent, des hommes qui rêvent, des hommes qui pensent". Une argumentation et une ode donc, et presque chaque page peut donner lieu à des citations caractéristiques : "L'histoire de France, comme l'histoire de tous les pays qui ont beaucoup vécu, c'est l'histoire d'une suite prodigieuse de hasards et de vicissitudes. La France de l'historien, c'est un hasard, un hasard compliqué certes ! Mais un hasard derrière lequel s'aperçoivent des centaines de milliers de volontés humaines, de volontés françaises, luttant pour maintenir les Français dans ses voies, dans sa ligne, conformément à une sorte de plan directeur dont on disait que les hommes, que les Français portaient en eux plus ou moins consciemment, plus ou moins obscurément, la notion, comme les abeilles, comme il faut bien que les abeilles portent en elles, plus ou moins obscurément, la notion de leur ruche" (25e leçon). Significativement, les dernières leçons sont consacrées à Paris, alors capitale occupée.

Alors que se développe depuis quelques années toute une polémique autour de la notion de "roman national", alors que l'enseignement de l'histoire fait l'objet de critiques et contestations diverses, voici un texte (par ailleurs superbe) de référence qu'il importe que chaque amateur (chaque citoyen) connaisse. 

Librairie Vuibert, Paris, 2014, 448 pages. 22,50 euros.

ISBN : 978-2-311-00108-2.

Hommage à un fondateur
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Qui Suis-Je ?

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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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