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5 décembre 2012 3 05 /12 /décembre /2012 07:00

Les Médicis

Splendeur et secrets d'une dynastie sans pareille

Alexandre Dumas

  dumas619.jpg

Deux reines de France, deux papes, des princes parmi les plus puissants d'Europe : quelle dynastie !

« Ce quarteron, ce bâtard social, ce républicain, n'en finit pas d'être fasciné par l'ordonnance héréditaire des dynasties ». Ainsi s'ouvre la préface à la nouvelle édition de l'hommage rendu par Alexandre Dumas à la famille des Médicis. Animé d'un intérêt certain, et sans cesse renouvelé, pour les grandes familles de ce monde, tant françaises qu'étrangères, qui ont modelé les hommes et l'histoire à force d'influence et de pouvoir, c'est sans réel étonnement que les célèbres dynasties des Borgia, Valois, Bourbons, ou autres Stuarts ont repris vie sous la plume d'un Dumas passionné. Néanmoins, à la différence de toute autre monographie dynastique, Claude Schopp précise d'emblée l'unicité de cet ouvrage sur les Médicis : il s'agit bel et bien d'une « œuvre de circonstance ». En 1840, fuyant la faillite, Alexandre Dumas choisit Florence comme refuge et se voit alors chargé de la rédaction d’un texte de présentation pour la Galerie de Florence. L'introduction à cet édifiant ouvrage est dédiée aux Médicis, mécènes par excellence. D'essence politique, cet écrit permet à Dumas une translation avec son temps : le roi et Guizot devraient être « les Auguste et Mécène d'une grande Révolution dont Hugo et lui-même seraient les Virgile et les Horace », comme l'explique Claude Schopp.

Entre vœu d'être reconnu comme auteur dramatique, et finalement sacré en tant que romancier, Alexandre Dumas n'en demeure pas moins une figure maîtresse de la littérature historique, ou à caractère historique (nous avons chroniqué il y a quelques semaines son Gaule et France). Son œuvre foisonnante, qui évolue dans une vie en hyperbole, continue d’ailleurs d'être source d'inspirations diverses. De fait, Claude Schopp, également auteur des annotations au fil de l'ouvrage, se définit comme inconditionnel du grand homme : « Il me complète, infiniment plus hardi que je ne le suis. Il est ma part aventureuse », déclare t-il dans une interview. Par conséquent, l’ouvrage qui nous est ici proposé se compose de deux grandes parties, selon une approche en diptyque. La plume est double mais le propos a un seul objectif : rendre hommage aux Médicis.

 Après avoir présenté un arbre généalogique des Médicis distinguant entre les membres de la branche aînée de la famille et ceux de la branche cadette, Alexandre Dumas commence à disserter sur les premiers, et choisit, pour ce faire, de replonger dans les fondements mêmes de la dynastie. Entre fable et histoire, l'auteur montre que la « race » des Médicis, depuis son apparition et jusqu'à aujourd'hui, est considérée comme « grande et populaire ». Quels que soient les déboires et les péripéties historiques, le nom et les armes des Médicis sont conservés, avec honneur : cette pérennité de  la famille et de son image sont le reflet de son implication pour sa ville, Florence, mais à plus grande échelle, pour son pays. De Foligno di Conte à Jean de Médicis, Alexandre Dumas se plaît à rappeler la grandeur de la dynastie, accompagnée de noms prestigieux tels que Machiavel, Brunelleschi, Pétrarque, Boccace, parmi tant d'autres.

A l'arrivée de Côme, l'ère de la République florentine, avec toutes ces avancées artistiques, s'ouvre. Mécène sans retenue, Côme use de sa fortune pour faire construire à Florence comme hors de sa ville, ce qui lui cause nombre d'ennemis et lui vaut d'en être chassé. La capitale toscane s'agite dès lors sans son protecteur, jusqu'à se rebeller. Côme est réintroduit, et laisse deux fils à la ville : Laurent et Julien. Face à l'omniprésence des Médicis, impulsée notamment par Laurent, se met en place la conjuration des Pazzi, opposés à leur domination sur Florence. La conjuration est contrée, et Laurent assoie sa puissance en signant la paix en 1480 avec Ferdinand de Naples. Laurent le Magnifique ayant expiré, son fils Pierre lui succède, avec moins de panache cependant, n'ayant ni aptitude politique ni fougue pour protéger et porter son pays vers le haut. Échouant dans ses alliances et ses traités, Pierre conduit la lignée à son exil. Le retour des Médicis n'a lieu qu'en 1512 et par l'intermédiaire des Espagnols, mais marque la fin du régime constitutionnel florentin et sonne le retour à l'oligarchie. La mort frappant la famille, la descendance est fragilisée. Alexandre règne mais finit assassiné par Lorenzo, en 1536 : ainsi s'achève la lignée débutée par Côme « l’ancien ». Père de la patrie. Côme, fils de Jean de Médicis, referme définitivement la période orchestrée par la branche aînée des Médicis, en accédant au pouvoir en qualité de « chef et gouverneur de la République ».

Côme Ier se voit attribuer la délicate mission de gouverner d'un bras de fer tout en n'en laissant rien paraître au peuple, fervent de liberté. Il a certes les capacités pour cette tâche, comme l'expose l'auteur : « il avait tous les vices qui font la vie privée sombre, et toutes les vertus qui font la vie publique éclatante », il perd ses deux fils puis sa femme, Éléonore de Tolède, de manière tragique. Malgré les vicissitudes et la noirceur qui agite l'entourage de Côme, celui-ci ne transige pas à son entreprise de protection des lettres. Artiste, mécène, il soutient la création artistique qui se développe activement autour de lui, s'emploie à attirer les plus grands noms à Florence et privilégie l'éducation. D'autre part, il restructure les secteurs de la politique, du commerce, de la société et de la religion à force de lois. Succédant à Côme Ier, François n'a alors pratiquement plus à se préoccuper de la bonne gestion de la « machine gouvernementale », celle-ci étant efficiente grâce à l'action de son prédécesseur. Néanmoins, une (nouvelle) affaire de femmes vient ternir son règne : il meurt empoisonné.

Ferdinand, son frère, prend alors le pouvoir et le conserve avec sérénité. En agriculture, dans le domaine du commerce, dans les arts, en musique -notamment dramatique- il apporte sa touche personnelle avec « magnificence, bonté et justice ». Regretté de tous, il laisse place à Côme II, qui hérite de ses valeurs (d'après Alexandre Dumas), à savoir : « la générosité, la justice et la clémence ». Cependant, il défend ces valeurs avec moins d'emphase, et n'est qu'une « pâle copie » de son père. A sa mort une régence temporaire est instaurée, puis Ferdinand II s'assoit sur le trône, pour un règne dont la mission première s'avère être le maintien de la paix, non dans ses propres États, mais dans ceux de ses voisins. Lui aussi accorde le reste de son temps aux arts, aux sciences, aux lettres avec les grand hommes de l'époque, tels que Galilée, Dati, San Giovanni, ou encore Cortone, et s'emploie à les mettre en valeur.

Côme III poursuit le travail de Côme II, et s'il a un règne long,  il marque toutefois la décadence de la dynastie des Médicis. Ainsi, Alexandre Dumas définit l'affaiblissement de la famille par « ses orages intérieurs et privés qui la secouent et la déracinent ». Tout ce qui était marque de vertu devient vice. Côme III n'arrive pas à préparer de successeur légitime et vertueux pour le trône : Jean-Gaston, adepte des vices de son époque, ne parvient à la toute-puissance qui pour y mourir, sans descendant. Il s'emploie cependant à assurer à la Toscane un successeur élu dans son sein, entreprise qui vole en éclats par la volonté des forces voisines. Le 8 juillet 1737 s'éteint Jean-Gaston, et la lignée des Médicis avec lui.

Sous la signature d'un grand nom de la littérature, de l'histoire, et du théâtre, nous (re)découvrons un ouvrage précieux, encore considérablement méconnu du grand public, concernant la famille des Médicis. En effet, avec son style (et ses effets de style), c'est avec une myriade de détails qu'Alexandre Dumas dépeint l'histoire de cette puissante dynastie. Exposant les drames, les affaires familiales, comme les points qui permettent d’expliquer la marche de la famille vers la gloire, puis son anéantissement, il propose, avec son talent de romancier, un ouvrage d'histoire. C'est avec délice que le lecteur se plonge dans les ressorts individuels et collectifs des destins de cette famille italienne qui nous semble si familière et qui reste pourtant, paradoxalement, si mal connue.

Une lecture particulièrement agréable et une réédition amplement justifiée.

Barbara FELICE

Editions La Librairie Vuibert, Paris, 2012, 183 pages. 15, 90 euros

ISBN : 978-2-311-01187-6.

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9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 07:00

Louis XIV, Homme et Roi

Thierry Sarmant

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Aux vues du nombre d'écrits consacrés à Louis XIV, à son enfance, à son gouvernement ou encore à ses relations avec les femmes, on pourrait avoir l'impression d’une connaissance absolue sur le personnage, mais c'est une illusion comme nous le prouve Thierry Sarmant, grand spécialiste louis-quatorzien, qui dédie son nouveau livre au Roi Soleil. Après avoir consacré ses précédents ouvrages au XVIIe siècle, et plus précisément à la France de Louis XIV, il se concentre à présent sur cette grande figure de l'Histoire de France. 

L'auteur tente d'offrir à son lecteur une nouvelle vision de l'homme et du roi. En effet, comme il l'explique dans son introduction, Sarmant souhaite se détacher des trois biographes louis-quatorzien quasi « officiels » des quarante dernières années, qui tendent à faire disparaître l'homme derrière le roi. En s'appuyant sur les témoignages de ses contemporains, à l'instar de Saint-Simon, Ézéchiel Spanheim, Fénelon ou encore Mme de Sévigné, il se concentre davantage sur sa personnalité et s'intéresse notamment à ses relations avec sa famille, sa Cour, ses ennemis, son rapport à Dieu et à la Chrétienté. L'auteur dresse le portrait du Roi Soleil au rythme des quatre « saisons » car « Louis XIV n'est pas resté identique durant presque soixante dix-sept années de vie et cinquante-quatre ans de gouvernement personnel ». Il dresse les portraits d'un enfant et adolescent qui au « Printemps » est victime de la Fronde. L'Été s'étend de sa prise de pouvoir de 1661 à ses quarante ans. L' « Automne » correspond à l'âge de la maturité durant laquelle il devient un homme plus prudent. Enfin, en « Hiver », Thierry Sarmant dépeint un vieil homme, affaibli mais qui, néanmoins, n'hésite pas à entrer en guerre contre l'Europe coalisée pour assurer à sa descendance le trône d'Espagne.

Cet ouvrage ambitieux a pour objet de nous faire redécouvrir un personnage emblématique de l'Histoire de France, un Louis XIV que l'auteur considère comme toujours méconnu. Le résultat est captivant. Le livre de Thierry Sarmant est à la hauteur de nos attentes et bien au-delà !

Mira YAMOUNI

 Éditions Tallandier, Paris, 2012, 606 pages.

ISBN : 978-2-84734-722-7

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6 novembre 2012 2 06 /11 /novembre /2012 07:05

Le Prince

Machiavel

Présenté par Patrick Boucheron

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Quelle belle réussite ! Un beau livre, aussi riche et dense qu'esthétique et agréable à lire.

Chacun connait, au moins de nom, le célèbre ouvrage Le Prince, de Nicolas Machiavel. Dans cet ouvrage dédicacé au prince Laurent II de Médicis, le Florentin expose sa conception de "l'art politique", du "réalisme politique". Son héritage, on le sait, a dépassé les siècles, au point de d'être assimilé à un qualificatif pélorativement connoté : "machiavélique". II n'en demeure pas moins que, de la "Typologie des Etats" à "Etat d'urgence en Italie" (véritable appel à l'unité italienne près de quatre siècle avant qu'elle ne soit réalisée), du "Mal en politique" aux "Bons et mauvais conseillers", en passant les relations avec la religion, les vertus princières (on se souvient de sa distinction entre Fortuna et Virtu)la question militaire ("Un prince ne doit jamais détourner sa pensée de cet exercice de la guerre") ou la "démagogie" ("La meilleure forteresse qui soit est de ne pas être haï par le peuple"), cet ouvrage de référence est un peu à la politique ce que L'art de la guerre de Sun Tzu est à la stratégie.

Au-delà, cette édition se distingue tout particulièrement par le soin apporté à la qualité de la présentation, par la contextualisation du texte d'origine, et (peut-être plus que tout) par les splendides illustrations, extraites des plus belles collections des plus grands musées et qui en font, dans le même temps, un véritable livre d'art.

Un magnifique ouvrage, digne des meilleures bibliothèques, et qui (en cette période de fin d'année) peut constituer un très beau cadeau.

Nouveau Monde Editions, Paris, 2012, 224 pages, 49 euros.

ISBN : 978-2-36583-329-5

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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 07:01

Philippe Egalité

Alain Queruel

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La collection des synthèses biographiques d’ANOVI s’enrichit d’un volume consacré à un personnage à bien des égards hors du commun, le prince Louis Philippe Joseph d’Orléans, né en 1747 dans la famille royale (il descend directement du Régent), condamné à mort et guillotiné en 1793.

Il reste célèbre dans l’histoire de France pour avoir adopté en septembre 1792 le nom de Philippe Egalité (dans des conditions décrites par l'auteur) et pour avoir voté quatre mois plus tard la mort de Louis XVI. Mais sa vie dans son ensemble est assez largement méconnue et tout le talent d’Alain Queruel est de retracer son existence au cours des dernières années de la monarchie, en replaçant les événements dans leur contexte, le tout en moins de 100 pages. Au fil des chapitres, différents encarts précisent tel point de l’historiographie ou la carrière et la vie de tel personnage de l’époque. On croise ainsi ses maîtresses, quelques grands du royaume, des dignitaires de la Franc-maçonnerie (ou les deux à la fois comme Louis de Bourbon-Condé), des hommes des Lumières et des scientifiques, des financiers et des industriels, etc.

Héritier de la plus grande fortune de France mais poursuivi par ses créanciers, politique hésitant, membre du club des Jacobins, il rejoindra même « le parti des Montagnards sans grand enthousiasme ». Après son vote favorable à la mort du roi, « même Robespierre exprima son dégoût pour cet homme qui était le seul député qui eût légitimement pu se récuser … C’était maintenant un homme seul et quasiment désespéré ». En résumé : « un faible qui se laissa entraîner dans des affaires dont il ne mesura jamais parfaitement les tenants et les aboutissants ».

Anovi, Fabrica Libri, 2012, 100 pages. 9,90 euros.

ISBN : 979-10-90447-17-2

Commande par correspondance auprès de : Editions ANOVI, La Maison Rouge, 37220 Avon-les-Roches, ou : contact@anovi.fr

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7 septembre 2012 5 07 /09 /septembre /2012 07:00

La Fronde, 1648-1653

Michel Pernot

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Partant d’un point de situation de la monarchie française au cours de la première moitié du XVIIe siècle, l’auteur débute son ouvrage par la présentation de l’organisation de la Régence du jeune Louis XIV en 1643, dans un environnement intérieur et international défavorable, puis expose « Les préliminaires de la Fronde » : « Toute cette agitation se déroule dans un climat de difficultés économiques et de tensions variées qui revêtent bien des traits de la grande crise à venir ».

A partir de ce constat initial, il aborde successivement en six chapitres la phase de révolte plus politique que militaire : « 1648, année révolutionnaire ? » ; la question du « Siège de Paris » et de la fronde parlementaire parisienne au début de l’année 1649 ; « Le renversement des alliances » qui suit au semestre suivant, sur fond d’oppositions entre Mazarin et le prince de Condé, « au milieu d’un invraisemblable imbroglio d’intrigues compliquées et d’évènements romanesques qui font de l’année 1649 la plus difficile à saisir pour l’historien de la Fronde » ; « La fronde princière », les révoltes en province jusqu’à « l’union des Frondes » et la chute de Mazarin ensuite.

En présentant « La propagande politique pendant les premiers temps de la Fronde (1648-1651) », le chapitre VII sert en quelque sorte de transition, avec une deuxième partie qui traite de « La marche vers la guerre civile » avec la révolte assumée du prince de Condé à la fin de l’année 1651 et « La guerre condéenne » (qui voit l’intervention directe des Espagnols dans le conflit) en 1652 : « c’est la décomposition progressive de ces trois Frondes, la parisienne, la provençale et l’aquitaine ». Quelques batailles emblématiques marquent cette période, « mais plus que l’action des régiments du roi, deux facteurs paraissent essentiels » dans l’échec de la (des) Fronde(s), l’absence de base politique et de projet viable du prince de Condé qui se dresse contre le roi lui-même, et la fatigue des populations et des élites intermédiaires, lasses des désordres : « Au fond, la Fronde s’est désagrégée d’elle-même à partir du moment où elle a été désavouée par l’opinion publique. L’armée royale a fait le reste ».

Les deux derniers chapitres reviennent sur des questions déjà longuement traitées dans l’historiographie, mais avec un notable sens de la mesure et une subtile prise en compte du contexte. Le chapitre XI s’intéresse aux « Idées politiques à la fin de la Fronde », et en particulier à la littérature politique de circonstance ; tandis que le chapitre XII dresse le « Bilan de la Fronde » dans le domaine politique, de la restauration de l’Etat et de l’évolution de la société, car « sous la triple action des maladies infectieuses, de la disette et des violences militaires, la mortalité [a] fait des pas de géant … Le royaume sort de la Fronde en partie dévasté et fortement dépeuplé ». La monarchie absolue personnelle et directe de Louis XIV en est la conséquence directe.

Une étude très précise, complétée par de multiples notes et références, qui permettra à chaque lecteur de mieux comprendre la France du Grand Siècle, sans tomber à propos de la Fronde dans l'expression "romantique" d'une hypothètique prélude à 1789.

 

Collection 'Texto', Tallandier, 2012, 475 pages, 11 euros.

ISBN : 978-2-84734-966-5

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28 juillet 2012 6 28 /07 /juillet /2012 07:00

Les Français sous Louis XV

Guy Chaussinand-Nogaret

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Profitons de ces belles journées du mois de juillet pour chroniquer un livre qui remet bien en perspective le règne de l'un de nos anciens monarques. Fin connaisseur du XVIIIe siècle, Guy Chaussinand-Nogaret s'intéresse, dans cet ouvrage vivement conseillé, aux 24 millions de Français qui peuplent le royaume autour des années 1750.

 

Avec Les Français sous Louis XV, le professeur Chaussinand-Nogaret, spécialiste reconnu du XVIIIe siècle et du Premier Empire, donne, selon ses propres termes, une « petite histoire de la vie quotidienne des Français ». Les chapitres dressent ainsi une série de portraits qui, par touches successives, aboutissent à une image complète et vivante de la société française sous le long règne de Louis XV.

Le soin porté à illustrer la présentation de chaque groupe par des anecdotes ou des extraits de mémoires rend l’ouvrage particulièrement agréable à lire, d’autant que le style, d’une élégante simplicité, est fréquemment émaillé d’expressions savoureuses et de pointes d’humour. Mais, derrière cette clarté et cette apparente aisance, se dissimule la maîtrise parfaite de l’historien chevronné, qui livre ici des analyses mûries au long d’années d’enseignement et de recherche.

Loin de toute pédanterie et de toute lourdeur analytique, ce parti pris de décrire avec clarté, joint au souci constant d’éviter les approximations, offre une synthèse, au meilleur sens du terme, des études historiques les plus récentes sur le XVIIIe siècle, pondérées les unes par rapport aux autres. Sur un fond scientifiquement irréprochable, le professeur Chaussinand-Nogaret réussit le tour de force de transmettre à des lecteurs curieux, mais ne possédant pas forcément de connaissances historiques solides sur la période, les conclusions et les réflexions nuancées nées de sa profonde expérience. La lecture de ce livre s’avère de ce fait un véritable plaisir intellectuel.

Jean-François Brun

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9 juillet 2012 1 09 /07 /juillet /2012 07:00

Histoire des maréchaux de France

à l’époque moderne

Fadi El Hage

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Ayant reçu le prix d’histoire militaire 2011 pour sa thèse, Fadi El Hage voit celle-ci éditée avec le soutien de la Direction de la mémoire, du patrimoine et des archives. Il est heureux que quelques (trop rares) travaux universitaires parmi les meilleurs bénéficient ainsi d’une aide à l’édition et l’on se félicite que de telles publications de référence puissent voir le jour.

En quelques 600 pages, l’auteur nous donne à tout connaître ou presque de l’histoire du maréchalat sous l’Ancien régime. Après avoir présenté en introduction son objet d’étude et son approche du sujet, il nous propose un ouvrage divisé en quatre parties (« Les maréchaux de France, symboles de la continuité monarchique », « Devenir maréchal de France », « Les maréchaux de France et le service de l’Etat », « Fortunes et gloires posthumes du maréchalat » »), chaque partie étant elle-même organisée en trois ou quatre chapitres. Des « mythes fondateurs de la monarchie française » au beaucoup plus prosaïque « Un traitement à la valeur décroissante » (ou l’on apprend par exemple que la monarchie paye peu, mal et avec retard ses maréchaux), en passant par « Le bâton de maréchal », mais aussi une étude sur le nombre de maréchaux (et le rythme de leur renouvellement) ou « L’ankylose sociale des guerres de Religion », « Les maréchaux protestants, symboles d’une tolérance de courte durée » et même « Un mérite récompensé selon les personnes et les circonstances » : pas un aspect du sujet n’échappe à la curiosité de Fadi El Hage qui note en conclusion : « Il faut attendre la création des maréchaux d’Empire pour voir promus des officiers généraux issus des armées de la France révolutionnaire. Ce ne fut qu’à ce moment-là que le bâton cessa d’incarner une confusion des pouvoirs symbolisant l’Ancien Régime ».

Comme il se doit pour un livre de cette qualité, le texte courant est suivi de seize annexes judicieusement présentées, sous forme de tableaux. Une chronologie complète 1499-1791, un état sans doute exhaustif des sources d’archives et de la bibliographie, et un index très complet terminent ce beau volume. Un ouvrage qui sera dès la prochaine rentrée universitaire indispensable pour quiconque voudra étudier les armées royales et cette étroite charnière politico-militaire où les grands capitaines côtoient les princes de sang.

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Qui Suis-Je ?

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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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