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12 juillet 2013 5 12 /07 /juillet /2013 06:35

Henri IV

L'énigme du roi sans tête

Stéphane Gabet et Philippe Charlier

Un roman morbide, une aventure scientifique, "les experts à Saint-Denis" !

Le mystère commence lorsque Louis XVIII, en 1817, fait ouvrir les fosses communes révolutionnaires de Saint-Denis pour recueillir les restes des anciens rois de France dont les tombes avaient été profanées en 1793 : le corps d'Henri IV a été décapité et la tête est introuvable. Une tête "réapparait" en 1919 à Montmartre, mais personne ne veut croire qu'il s'agit de celle du "bon roy Henri" et il faut attendre 2011 pour que finalement, au terme d'une incroyable enquête scientifique avec scanner, analyse ADN et renfort de l'informatique. Les deux auteurs, journaliste d'investigation et médecin légiste, reviennent en détail à la fois sur le périple de cette tête pendant plus d'un siècle ("Contre-enquête historique", pp. 93-108), et sur les trois années d'enquête qui leur ont été nécessaires pour obtenir une quasi-certitude. Dans ce véritable parcours du combattant, le "casse-tête administratif" car, par exemple, "les reliques conservées à Saint-Denis sont effet à la fois un objet archéologique, des pages d'une histoire familiale et des objets mobiliers qui appartiennent à l'Etat. Et Saint-Denis est à la fois un édifice national dépendant de l'Etat, classé à l'inventaire des Monuments historiques, une église et une nécropole familiale". On comprend qu'avant la réussite finale (voir en annexe 2 le récapitulatif des 23 arguments médico-historiques ayant permis l'identification), les échecs et les désillusions se soient multipliées. Et l'on admire la ténacité des deux enquêteurs.

On apprécie le "cahier photos" central, et les six pages de dense bibliographie finale. Une enquête historique en médecine légale : n'est-ce pas un bon sujet de livre pour les vacances ?

Librairie Vuibert, Paris, 2013, 157 pages. 16,90 euros.

ISBN : 978-2-311-01367-2

L'énigme de la tête d'Henri IV

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11 juin 2013 2 11 /06 /juin /2013 06:50

Léonard de Vinci

Homme de guerre

Pascal Brioist

Le nom de Léornard de Vinci est immédiatement associé au mouvement artistique de la Renaissance et chacun sait plus ou moins qu'au-delà de ses talents de peintre, il a dessiné de très nombreux objets et matériels "futuristes". Pascal Brioist, dans cet ouvrage, nous présente le parcours et les travaux de l'ingénieur militaire.

Il étudie d'abord la formation de Léonard de Vinci et explique comment celui-ci a pu être formé à l'art de la guerre et à celui des fortifications, puis s'attarde en détail sur son action, son rôle, sa place mais aussi ses influences lorsqu'il est successivement au service de Florence, de Venise et de Milan. C'est dire l'atmosphère qui l'entoure : l'époque glorieuse de la Sérénissime, la puissance des Sforza, le faste des Médicis, l'Italie des Condottieri... C'est le temps de Machiavel et du pape Alexandre VI, mort empoisonné. Tout en racontant les campagnes militaires de l'époque en Italie centrale et du nord, Pascal Brioist n'oublie jamais son héros, qui y participe activement et à l'occasion desquelles, comme ingénieur militaire, il est particulièrement bien rémunéré (p. 217). Léonard de Vinci y apparait presque comme un "chef d'entreprise", qui discute les projets, propose ses plans, sous-traite la réalisation à des artisans qu'il contrôle. Constructions et aménagements de places fortes, balistique, hydrologie (il pense pouvoir détourner le cours de l'Arno pour Florence en guerre contre Pise), combinaisons et appareils de plongée, principe du sous-marin, miroirs paraboliques incendiaires (en souvenir du siège de Syracuse), etc. : aucun domaine des techniques militaires ne lui semble étranger et l'auteur nous précise au fur et à mesure ses différentes contributions (avérées ou supposées) aux différentes campagnes. On apprécie ici les nombreux extraits de documents d'époque et les diversité des références d'archives utilisées.

Au total, outre la (re)découverte précise d'un homme et de son oeuvre, Pascal Brioist nous offre aussi un vaste tableau des conflits qui opposent les flamboyantes seigneuries italiennes de la Renaissance, de la vitalité et de la puissance de ces cités, de la "révolution" militaire en marche, des théoriciens du temps et des grands capitaines, de la violence des affrontements aussi, qui tranche (sans jeu de mots) avec le raffinement d'une culture en plein essor (voir le récit de la campagne française contre Gênes et l'entrée triomphale et incroyablement fastueuse de Louis XII dans MIlan). Un livre qui passionnera tous les amateurs de cette extraordinaire période d'ébullition intellectuelle.

Alma éditeur, Paris, 2013, 359 pages, 24 euros.

ISBN : 978-2-36-279070-6

Plus important que la Joconde ?

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26 mai 2013 7 26 /05 /mai /2013 06:50

Révoltes et révolutions dans l'Europe moderne

Yves-Marie Bercé

Reprise d'un ouvrage initialement paru aux PUF en 1980, le volume est hélas daté sur certains points. Il n'en demaure pas moins qu'il s'agit d'une étude de fond sur une période assez rarement traitée en tant que telle et qui reste de ce fait, malgré tout, de référence.

Plutôt que d'étudier successivement les différentes révoltes les unes après les autres, Yves-Marie Bercé a fait le choix d'un plan à dominante thématique qui permet de mieux saisir les éléments communs, et les différences, les lignes de force et les aspects ponctuels ou locaux. Des Provinces-Unies (futurs Pays-Bas) en Angleterre, de Hongrie en Moscovie, dans une atmosphère à la fois d'affaiblissement de l'Etat et de contestation de celui-ci, il nous propose d'identifier les meneurs de ces révoltes (le rôle des clercs et des prètres), les conditions sociales, politiques et économiques du temps, l'organisation de "partis" politique finalement assez modernes à certains égards, le rapport entre villes et campagnes et les procédés révoltionnaires qui peuvent être identifiés, la place de certains groupes (les jeunes, les femmes), le caractère de "défouloir" de certaines révoltes dont naissent de véritables fêtes popualires, mais aussi les réaction des Etats menacés, l'intervention militaire, le caractère parfois très violent des insurrections comme de la répression. L'auteur dresse dans les derniers chapitres (6 et 7) un tableau très complet des nombreuses révoltes paysannes qui surgissent du XVIe au XVIIIe siècles en Europe centrale et orientale, dont la célèbre "guerre des paysans" en Allemagne. Il se refuse en conclusion à tirer des "lois historiques" générales de cette étude, mais observe en particulier que "le plus souvent les insurgés reconnaissaient pour chefs des cadres traditionnels, tels le seigneur, le curé ou le maire", ce qui peut interdire d'y voir à proprement parler un processus révolutionnaire. Il réaffirme également, dans une postface à la nouvelle édition, ce point commun : tous les rebelles et révoltés se sentent "innocents" et sûrs de "leur bon droit". Leurs mouvements sont donc "étrangers à l'idée de subversion". Mais peut-être l'annonce-t-elle ?

Une plongée peu courante au coeur des révoltes populaires de la période moderne.

Coll. 'Biblis', CNRS Editions, Paris, 2013, 273 pages, 10 euros.

ISBN : 978-2-271-07782-0.

Rébellions récurrentes

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13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 06:59

Lépante

La crise de l'empire ottoman

Michel Lesure

Parallèlement à la consécration des « forces profondes » comme véritable moteur de l’histoire, certains événements spectaculaires n’en finissent pas de fasciner. Au sein de ce panthéon, la défaite inattendue de la toute-puissante flotte turque face à une coalition improbable d’escadres chrétiennes le 7 octobre 1571 occupe une place de premier ordre.

Il ne s’agit cependant pas uniquement pour Michel Lesure, spécialiste du monde ottoman et de ses relations avec Venise et la France au XVIème siècle, de retracer le déroulement d’une simple bataille navale. La question qu’il pose, dès 1972 dans la première édition de cet ouvrage, est celle de la portée véritable de ce qui est souvent perçu comme « un choc décisif entre deux civilisations, un retournement de l’histoire ».  Parfois loin de la mer elle-même, peu propice à la production de sources, le véritable projet de l’auteur est ici de présenter un aperçu des équilibres et des mentalités d’un XVIe siècle méditerranéen marqué par la crise d’un empire ottoman paradoxalement encore en pleine expansion.

Au service de ce but ambitieux, la pensée suit un plan à la fois chronologique et thématique. Dans une première partie correspondant aux mois précédant la rencontre, l’auteur s’attarde sur la difficile formation de la Sainte Ligue et sur les différentes représentations qui unissent comme fragmentent le camp chrétien. En miroir, la troisième partie présente la réaction de la Sublime Porte à l’annonce de la défaite et l’impact de celle-ci sur l’empire. Entre les deux, la seconde partie se consacre non seulement à la description de la bataille, mais encore à ses conséquences stratégiques à court terme. Cette triple approche s’appuie sur mise en perspective convaincante de lettres et de textes d’archives, notamment turques, en alternance avec des passages plus analytiques.

L’évènement exceptionnel, sans être ignoré, devient ainsi prétexte à une véritable « coupe transversale » des années 1570-1573, laissant apercevoir de nombreuses thématiques plus pérennes. Sont notamment abordés les modes de gouvernement ottoman, les rapports de pouvoir entre le centre et les provinces de l’empire, ou encore les difficultés que présentent déjà la planification et l’exécution d’une véritable opération internationale. A rebours d’une perspective marxiste, l’importance des individus est ici soulignée, et leurs témoignages croisés mis à contribution pour tenter de reconstituer les conceptions stratégiques de l’époque. Enfin, l’aspect maritime, bien sûr, n’est pas oublié, l’ouvrage présentant des informations très détaillées sur les paradigmes réels de la guerre navale moderne, mais surtout sur la nature des flottes en présence et sur les efforts à consentir pour en (ré)armer une.

Car c’est bien, au-delà de la victoire obtenue sur le terrain, c’est la capacité à remplacer rapidement les unités détruites et la lassitude des populations qui décide de l’issue du conflit qui s’achève en 1573. Ressentie comme l’accomplissement d’une treizième croisade par les populations d’Espagne et d’Italie, Lépante ne débouche en effet, à défaut de pouvoir être exploitée, que sur la perte de Chypre. Face à la désunion du camp chrétien, les seules conséquences de ce choc retentissant auront ainsi été de provoquer un sursaut ottoman salutaire et de détourner l’Espagne vers l’Europe et l’Amérique. Mais c’est finalement par son inutilité même au regard de son ampleur, en éloignant les deux « blocs » d’une confrontation frontale  en Méditerranée, que la bataille justifie pour Michel Lesure son statut exceptionnel : elle marque véritablement la fin des croisades et l’entrée dans la modernité.

Paul-Ascylte Aguila

Folio Histoire, Paris, 2013, 400 pages. 9,10 euros.

ISBN : 978-2-07-045087-9.

La plus grande bataille navale

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22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 07:04

Le siècle de Louis XV

Pierre Gaxotte

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D'aucuns pourront sans doute dire que ce livre, dont la première édition est parue en 1933, est dépassé dans le foisonnement de l'historiographie récente. Mais, comme le souligne dans sa préface Michel Antoine, "les libraires reçoivent tant de commandes de ce livre que, pour les satisfaire, il n'est d'autre solution que d'en remettre sous presse la dernière version revue et enrichie ... Un faveur aussi durable pour cet ouvrage tient à ses mérites de forme et de fond". Ajoutons que parfaitement rédigé dans une langue extrêmement agréable, il est tout autant un livre d'histoire qu'un plaisir de lecture.

Organisé en 13 grands chapitres qui reprennent chronologiquement la vie et le règne du "Bienaimé", le livre aborde toute les questions et évoque tous les grands personnages du siècle. De la mort de Louis XIV, de la Régence et du rôle des Grands ("Si la Régence fut bien une révolution, ce ne fut encore qu'une révolution des ducs et des pairs") aux luttes contre le Parlement et au départ de "la" du Barry, en passant par les questions coloniales (guerre contre l'Angleterre, les Indes, les Antilles et les "quelques arpents de neige" du Canada), l'émergence des Lumières "libérales", l'acquisition de la Lorriane et de la Corse (qui place presque la France dans ses frontières actuelles), ou la question récurrente des révoltes contre l'impôt dans plusieurs provinces, tous les aspects du règne sont étudiés. Contrairement aux publications de la génération antérieure (et parfois de certains successeurs), Pierre Gaxotte ne juge pas Louis XV et ses actions à l'aune des évènements ultérieurs et de la Révolution de 1789, mais en contextualisant les faits par rapport à leur propre passé. Il porte, en conclusion, un jugement modéré : "Cette révolution que certains annoncent, il l'a commencée de ses mains, sans crimes et sans violences, dans tout ce qu'elle a de raisonnable et de nécessaire". L'histoire est en effet rarement univoque.

Un excellent volume de synthèse (doté par ailleurs d'un bel index) dont la lecture ravira à la fois les amateurs d'histoire et, plus largement, ceux qui apprécient une "belle prose".

Coll. 'Texto', Tallandier, Paris, 2013, 487 pages, 11 euros.
ISBN : 979-10-210-0063-6.

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21 janvier 2013 1 21 /01 /janvier /2013 07:05

Charles Quint

Pierre Chaunu et Michèle Escamilla

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Aucun autre souverain des temps modernes ne régna sur un territoire aussi étendu et, si l'on prend en compte un domaine colonial encore très largement inexploré, cette affirmation peut être étendue à l'ensemble des périodes historiques. Et quand deux grands historiens, spécialistes de l’Espagne, unissent leurs compétences, le résultat ne peut être qu’intéressant. Ce livre imposant (même en format ‘poche’) est en fait judicieusement constitué par deux parties, complémentaires et associées en cohérence, mais totalement distinctes par leur mode de traitement du personnage.

La première, sous la signature de Pierre Chaunu, est une biographie historique au sens classique du terme. Sous le titre « De tant d’héritages accablé », elle nous raconte la vie de Charles de Gand, héritier de Bourgogne, des Pays-Bas, d’Espagne, roi des Romains et empereur germanique. Une vie à l’époque où le monde change, où un interminable conflit avec les rois de France (on se souvient de la bataille de Pavie et de l’invasion de la Provence) constitue un facteur de déséquilibre et de risques aussi important que la réforme de Luther ou le danger turc. Les questions d'héritage(s), familiales et de cohésion politique de cet ensemble territorial sont présentes à chaque page, compliquées par les alliances à maintenir et les guerres à conduire d'une extrémité à l'autre du continent. C’est assez dire si la vie de ce souverain, grand politique, intéresse l’histoire de toute l’Europe au-delà de son abdication finale.

La seconde, rédigée par Michèle Escamilla, s’efforce de rechercher qui était l’homme derrière l’empereur, mais il est « secret, mystérieux, difficile à atteindre ». En six chapitres, l’historienne s’intéresse à l’environnement, au cadre de vie, aux relations, aux références culturelles et religieuses de Charles Quint pour affiner petit à petit son personnage. Elle insiste en particulier, bien sûr, sur son rapport au catholicisme et sa pratique religieuse comme à la papauté (au plan temporel et spirituel), sur le repli au monastère de Yuste et interroge une notion intéressante : « L’empereur errant, l’Espagne au cœur ». L’épilogue traite du « Dernier voyage : la mort de Charles Quint », parfaitement décrite et contextualisée en une trentaine de pages. Dans sa conclusion, Pierre Chaunu fait rapidement le procès de l’école des Annales, dont il est pourtant issu, pour justifier le choix de rédiger la biographie d’un grand souverain et de traiter d’histoire militaire. Il rappelle ensuite l’importance de la religion catholique pour Charles Quint et son attachement à l’Espagne, au plus profond de lui-même, torturé peut-être, inquiet au moins, déchiré entre ses responsabilités politiques et dynastiques d’une part et sa foi de l’autre : « Voilà la faute : avoir suivi à Worms sa conscience et l’intelligence politique. Il a fini par ne plus pouvoir se pardonner ce qui fut pendant un quart de siècle sa vraie grandeur ».

Un grand livre à petit prix, particulièrement intéressant.

Coll. ‘Texto’, Tallandier, Paris, 2013 (rééd.), 1180 pages. 12,50 euros.

ISBN : 979-10-210-0055-1.

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15 décembre 2012 6 15 /12 /décembre /2012 07:00

Chants et musiques des combattants

de la guerre d’Indépendance américaine

Thierry Bouzard

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Un petit livre à la fois léger et solidement documenté. Spécialiste des répertoires musicaux militaires (il anime le site Canticum militare), Thierry Bouzard revient à travers le prisme particulier des musiques et hymnes militaires sur un épisode particulier : la naissance des Etats-Unis d’Amérique. En effet, « la guerre d’Indépendance est une occasion d’aborder l’histoire militaire sous l’angle musical en confrontant quatre répertoires contemporains aux opérations (anglais, allemand, français, espagnol), tout en assistant à la naissance d’un cinquième (américain) et aux débuts de la disparition d’un sixième (indien) ».

Après avoir brossé (pp. 13-18) le tableau de la situation politique et militaire entre le milieu du XVIIIe s. et 1783, l’auteur nous explique ce qu’est, et ce que représente, la musique militaire à l’époque (pp. 19-24), avant d’en arriver à la constitution d’un répertoire américain spécifique (pp. 24-40). Il détaille ensuite ce que seront les emprunts aux Etats allemands, à la France et à l’Espagne (pp. 41-59), aussi bien pour les marches que pour les batteries et sonneries réglementaires. Thierry Bouzard en vient ensuite aux chansons de soldat, là aussi des différentes nationalités, et il n’oublie ni les Québécois, ni les Indiens (dont 13.000 environ combattirent aux côtés des Britanniques). Enfin, les chants des marins anglais et français terminent ce volume. Une façon de ne pas oublier que les instruments de musiques ont toujours accompagné les armées, dans la paix comme dans la guerre. Au total, on retrouve, pour chacun des pays concernés, de « grands classiques » de la chanson et de la musique, non seulement militaires, mais populaires.

L’auteur a fait le choix judicieux d’inclure, au fil du texte, toutes les partitions des musiques et chants cités : si vous avez quelques notions de solfège et un instrument, vous allez pouvoir vous lancer, et agrémentez vos prochaines soirées familiales ! Plus sérieusement (ou si vous n’êtes pas vous-même musicien), vous trouverez dans ce petit volume des exemples parfois étonnants de transferts culturels (ou de rejets) en temps de guerre.

Une petite histoire des nations en guerre présentée en fa dièse !

Muller éditions, Paris, 2012, 177 pages, 24 euros.

ISBN : 979-10-90947-07-8

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5 décembre 2012 3 05 /12 /décembre /2012 07:00

Les Médicis

Splendeur et secrets d'une dynastie sans pareille

Alexandre Dumas

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Deux reines de France, deux papes, des princes parmi les plus puissants d'Europe : quelle dynastie !

« Ce quarteron, ce bâtard social, ce républicain, n'en finit pas d'être fasciné par l'ordonnance héréditaire des dynasties ». Ainsi s'ouvre la préface à la nouvelle édition de l'hommage rendu par Alexandre Dumas à la famille des Médicis. Animé d'un intérêt certain, et sans cesse renouvelé, pour les grandes familles de ce monde, tant françaises qu'étrangères, qui ont modelé les hommes et l'histoire à force d'influence et de pouvoir, c'est sans réel étonnement que les célèbres dynasties des Borgia, Valois, Bourbons, ou autres Stuarts ont repris vie sous la plume d'un Dumas passionné. Néanmoins, à la différence de toute autre monographie dynastique, Claude Schopp précise d'emblée l'unicité de cet ouvrage sur les Médicis : il s'agit bel et bien d'une « œuvre de circonstance ». En 1840, fuyant la faillite, Alexandre Dumas choisit Florence comme refuge et se voit alors chargé de la rédaction d’un texte de présentation pour la Galerie de Florence. L'introduction à cet édifiant ouvrage est dédiée aux Médicis, mécènes par excellence. D'essence politique, cet écrit permet à Dumas une translation avec son temps : le roi et Guizot devraient être « les Auguste et Mécène d'une grande Révolution dont Hugo et lui-même seraient les Virgile et les Horace », comme l'explique Claude Schopp.

Entre vœu d'être reconnu comme auteur dramatique, et finalement sacré en tant que romancier, Alexandre Dumas n'en demeure pas moins une figure maîtresse de la littérature historique, ou à caractère historique (nous avons chroniqué il y a quelques semaines son Gaule et France). Son œuvre foisonnante, qui évolue dans une vie en hyperbole, continue d’ailleurs d'être source d'inspirations diverses. De fait, Claude Schopp, également auteur des annotations au fil de l'ouvrage, se définit comme inconditionnel du grand homme : « Il me complète, infiniment plus hardi que je ne le suis. Il est ma part aventureuse », déclare t-il dans une interview. Par conséquent, l’ouvrage qui nous est ici proposé se compose de deux grandes parties, selon une approche en diptyque. La plume est double mais le propos a un seul objectif : rendre hommage aux Médicis.

 Après avoir présenté un arbre généalogique des Médicis distinguant entre les membres de la branche aînée de la famille et ceux de la branche cadette, Alexandre Dumas commence à disserter sur les premiers, et choisit, pour ce faire, de replonger dans les fondements mêmes de la dynastie. Entre fable et histoire, l'auteur montre que la « race » des Médicis, depuis son apparition et jusqu'à aujourd'hui, est considérée comme « grande et populaire ». Quels que soient les déboires et les péripéties historiques, le nom et les armes des Médicis sont conservés, avec honneur : cette pérennité de  la famille et de son image sont le reflet de son implication pour sa ville, Florence, mais à plus grande échelle, pour son pays. De Foligno di Conte à Jean de Médicis, Alexandre Dumas se plaît à rappeler la grandeur de la dynastie, accompagnée de noms prestigieux tels que Machiavel, Brunelleschi, Pétrarque, Boccace, parmi tant d'autres.

A l'arrivée de Côme, l'ère de la République florentine, avec toutes ces avancées artistiques, s'ouvre. Mécène sans retenue, Côme use de sa fortune pour faire construire à Florence comme hors de sa ville, ce qui lui cause nombre d'ennemis et lui vaut d'en être chassé. La capitale toscane s'agite dès lors sans son protecteur, jusqu'à se rebeller. Côme est réintroduit, et laisse deux fils à la ville : Laurent et Julien. Face à l'omniprésence des Médicis, impulsée notamment par Laurent, se met en place la conjuration des Pazzi, opposés à leur domination sur Florence. La conjuration est contrée, et Laurent assoie sa puissance en signant la paix en 1480 avec Ferdinand de Naples. Laurent le Magnifique ayant expiré, son fils Pierre lui succède, avec moins de panache cependant, n'ayant ni aptitude politique ni fougue pour protéger et porter son pays vers le haut. Échouant dans ses alliances et ses traités, Pierre conduit la lignée à son exil. Le retour des Médicis n'a lieu qu'en 1512 et par l'intermédiaire des Espagnols, mais marque la fin du régime constitutionnel florentin et sonne le retour à l'oligarchie. La mort frappant la famille, la descendance est fragilisée. Alexandre règne mais finit assassiné par Lorenzo, en 1536 : ainsi s'achève la lignée débutée par Côme « l’ancien ». Père de la patrie. Côme, fils de Jean de Médicis, referme définitivement la période orchestrée par la branche aînée des Médicis, en accédant au pouvoir en qualité de « chef et gouverneur de la République ».

Côme Ier se voit attribuer la délicate mission de gouverner d'un bras de fer tout en n'en laissant rien paraître au peuple, fervent de liberté. Il a certes les capacités pour cette tâche, comme l'expose l'auteur : « il avait tous les vices qui font la vie privée sombre, et toutes les vertus qui font la vie publique éclatante », il perd ses deux fils puis sa femme, Éléonore de Tolède, de manière tragique. Malgré les vicissitudes et la noirceur qui agite l'entourage de Côme, celui-ci ne transige pas à son entreprise de protection des lettres. Artiste, mécène, il soutient la création artistique qui se développe activement autour de lui, s'emploie à attirer les plus grands noms à Florence et privilégie l'éducation. D'autre part, il restructure les secteurs de la politique, du commerce, de la société et de la religion à force de lois. Succédant à Côme Ier, François n'a alors pratiquement plus à se préoccuper de la bonne gestion de la « machine gouvernementale », celle-ci étant efficiente grâce à l'action de son prédécesseur. Néanmoins, une (nouvelle) affaire de femmes vient ternir son règne : il meurt empoisonné.

Ferdinand, son frère, prend alors le pouvoir et le conserve avec sérénité. En agriculture, dans le domaine du commerce, dans les arts, en musique -notamment dramatique- il apporte sa touche personnelle avec « magnificence, bonté et justice ». Regretté de tous, il laisse place à Côme II, qui hérite de ses valeurs (d'après Alexandre Dumas), à savoir : « la générosité, la justice et la clémence ». Cependant, il défend ces valeurs avec moins d'emphase, et n'est qu'une « pâle copie » de son père. A sa mort une régence temporaire est instaurée, puis Ferdinand II s'assoit sur le trône, pour un règne dont la mission première s'avère être le maintien de la paix, non dans ses propres États, mais dans ceux de ses voisins. Lui aussi accorde le reste de son temps aux arts, aux sciences, aux lettres avec les grand hommes de l'époque, tels que Galilée, Dati, San Giovanni, ou encore Cortone, et s'emploie à les mettre en valeur.

Côme III poursuit le travail de Côme II, et s'il a un règne long,  il marque toutefois la décadence de la dynastie des Médicis. Ainsi, Alexandre Dumas définit l'affaiblissement de la famille par « ses orages intérieurs et privés qui la secouent et la déracinent ». Tout ce qui était marque de vertu devient vice. Côme III n'arrive pas à préparer de successeur légitime et vertueux pour le trône : Jean-Gaston, adepte des vices de son époque, ne parvient à la toute-puissance qui pour y mourir, sans descendant. Il s'emploie cependant à assurer à la Toscane un successeur élu dans son sein, entreprise qui vole en éclats par la volonté des forces voisines. Le 8 juillet 1737 s'éteint Jean-Gaston, et la lignée des Médicis avec lui.

Sous la signature d'un grand nom de la littérature, de l'histoire, et du théâtre, nous (re)découvrons un ouvrage précieux, encore considérablement méconnu du grand public, concernant la famille des Médicis. En effet, avec son style (et ses effets de style), c'est avec une myriade de détails qu'Alexandre Dumas dépeint l'histoire de cette puissante dynastie. Exposant les drames, les affaires familiales, comme les points qui permettent d’expliquer la marche de la famille vers la gloire, puis son anéantissement, il propose, avec son talent de romancier, un ouvrage d'histoire. C'est avec délice que le lecteur se plonge dans les ressorts individuels et collectifs des destins de cette famille italienne qui nous semble si familière et qui reste pourtant, paradoxalement, si mal connue.

Une lecture particulièrement agréable et une réédition amplement justifiée.

Barbara FELICE

Editions La Librairie Vuibert, Paris, 2012, 183 pages. 15, 90 euros

ISBN : 978-2-311-01187-6.

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9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 07:00

Louis XIV, Homme et Roi

Thierry Sarmant

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Aux vues du nombre d'écrits consacrés à Louis XIV, à son enfance, à son gouvernement ou encore à ses relations avec les femmes, on pourrait avoir l'impression d’une connaissance absolue sur le personnage, mais c'est une illusion comme nous le prouve Thierry Sarmant, grand spécialiste louis-quatorzien, qui dédie son nouveau livre au Roi Soleil. Après avoir consacré ses précédents ouvrages au XVIIe siècle, et plus précisément à la France de Louis XIV, il se concentre à présent sur cette grande figure de l'Histoire de France. 

L'auteur tente d'offrir à son lecteur une nouvelle vision de l'homme et du roi. En effet, comme il l'explique dans son introduction, Sarmant souhaite se détacher des trois biographes louis-quatorzien quasi « officiels » des quarante dernières années, qui tendent à faire disparaître l'homme derrière le roi. En s'appuyant sur les témoignages de ses contemporains, à l'instar de Saint-Simon, Ézéchiel Spanheim, Fénelon ou encore Mme de Sévigné, il se concentre davantage sur sa personnalité et s'intéresse notamment à ses relations avec sa famille, sa Cour, ses ennemis, son rapport à Dieu et à la Chrétienté. L'auteur dresse le portrait du Roi Soleil au rythme des quatre « saisons » car « Louis XIV n'est pas resté identique durant presque soixante dix-sept années de vie et cinquante-quatre ans de gouvernement personnel ». Il dresse les portraits d'un enfant et adolescent qui au « Printemps » est victime de la Fronde. L'Été s'étend de sa prise de pouvoir de 1661 à ses quarante ans. L' « Automne » correspond à l'âge de la maturité durant laquelle il devient un homme plus prudent. Enfin, en « Hiver », Thierry Sarmant dépeint un vieil homme, affaibli mais qui, néanmoins, n'hésite pas à entrer en guerre contre l'Europe coalisée pour assurer à sa descendance le trône d'Espagne.

Cet ouvrage ambitieux a pour objet de nous faire redécouvrir un personnage emblématique de l'Histoire de France, un Louis XIV que l'auteur considère comme toujours méconnu. Le résultat est captivant. Le livre de Thierry Sarmant est à la hauteur de nos attentes et bien au-delà !

Mira YAMOUNI

 Éditions Tallandier, Paris, 2012, 606 pages.

ISBN : 978-2-84734-722-7

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6 novembre 2012 2 06 /11 /novembre /2012 07:05

Le Prince

Machiavel

Présenté par Patrick Boucheron

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Quelle belle réussite ! Un beau livre, aussi riche et dense qu'esthétique et agréable à lire.

Chacun connait, au moins de nom, le célèbre ouvrage Le Prince, de Nicolas Machiavel. Dans cet ouvrage dédicacé au prince Laurent II de Médicis, le Florentin expose sa conception de "l'art politique", du "réalisme politique". Son héritage, on le sait, a dépassé les siècles, au point de d'être assimilé à un qualificatif pélorativement connoté : "machiavélique". II n'en demeure pas moins que, de la "Typologie des Etats" à "Etat d'urgence en Italie" (véritable appel à l'unité italienne près de quatre siècle avant qu'elle ne soit réalisée), du "Mal en politique" aux "Bons et mauvais conseillers", en passant les relations avec la religion, les vertus princières (on se souvient de sa distinction entre Fortuna et Virtu)la question militaire ("Un prince ne doit jamais détourner sa pensée de cet exercice de la guerre") ou la "démagogie" ("La meilleure forteresse qui soit est de ne pas être haï par le peuple"), cet ouvrage de référence est un peu à la politique ce que L'art de la guerre de Sun Tzu est à la stratégie.

Au-delà, cette édition se distingue tout particulièrement par le soin apporté à la qualité de la présentation, par la contextualisation du texte d'origine, et (peut-être plus que tout) par les splendides illustrations, extraites des plus belles collections des plus grands musées et qui en font, dans le même temps, un véritable livre d'art.

Un magnifique ouvrage, digne des meilleures bibliothèques, et qui (en cette période de fin d'année) peut constituer un très beau cadeau.

Nouveau Monde Editions, Paris, 2012, 224 pages, 49 euros.

ISBN : 978-2-36583-329-5

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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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